Grégoire XVII de Gênes




 La thèse la plus prestigieuse du sédévacantisme et de l'antipapologie contemporaine. C'est le cardinal Siri qui aurait été élu au conclave de 1958. Pour lire cette thèse, cliquer ici.

 Le cardinal Siri sous le nom de Grégoire XVII aurait été le seul successeur légitime de Pie XII. Sa renonciation au pontificat suprême aurait été arrachée sous la contrainte donc nulle.

 Pour saisir la portée eschatologique du choix de son nom, on se reportera à la littérature prophétique citée à propos des deux autres Grégoire XVII.'Il est sûr que la France donnera au monde un Grand Roi et un Grand Pape qui dépasseront les Monarques et les pontifes des plus beaux siècles.' écrit le Baron de Novaye, cité par le Marquis de la Franquerie. Ce pape descendant de Louis XVII réformera l'Eglise, rassemblera le troupeau dispersé et s'appellera, musique des nombres oblige, Grégoire XVII. Pour organiser en historien cette eschatologie franco-française du plus bel effet, le Marquis structure avec patience une centaine de prophéties dont celle du moine Padoue commentateur de la prophétie dite de Malachie, qui salue en Grégoire XVII le pasteur angélique de Rome, père très saint, pasteur nécessaire. Avec Grégoire XVII le ton est donné. Ce pape sera celui de la parousie. Cette figure se retrouve également dans les papes de romans qui portent ce nom. Le Jean-Grégoire XVII du Canada tentera de prouver son ascendance française. Elle s'applique un peu moins au Grégoire XVII espagnol qui rétablit son caractère eschatologique en annonçant qu'un jour il ressuscitera sous le nom de Pierre II. Il est clair que cette tradition française du Grégoire XVII agace au plus haut point et indispose les tenants de la succession d'Avignon et de l'actuel Benoît XXXVI.

 

Pour dépasser le sédévacantisme (le fait que le siège de Rome serait vacant depuis Pie XII) la solution d’organiser des conclaves a abouti à l’élection de trois papes dont on voudra bien lire la notice: Michel I (bis), Lin II et Pie XIII. Et voici qu’une nouvelle thèse renvoie ses 3 papes dos à dos!

La querelle des trois papes est aujourd’hui patente, trois papes issus du sédévacantisme via le conclavisme renouvellé, voilà donc une situation nouvelle qui ne satisfait personne. Une manière pourtant de disqualifier ces trois conclaves serait de prouver que le siège de Rome malgré ses papes indignes ou ses antipapes n’est pas vacant, et cette preuve est effective si l’on accepte une thèse formidable, plus qu’une thèse, un fait prétendent ses défenseurs. Cette idée géniale prétend qu’il n’y a pas eu solution de continuité apostolique à la mort de Pie XII et que malgré l’élection de l’antipape Jean XXIII un pape légitime a bel et bien existé. Le cardinal Siri, l’avant dernier survivant du conclave de 1958 et le dernier cardinal nommé par Pie XII y a été élu pape sous le nom de Grégoire XVII, puis a dû y renoncer sous la pression soit une menace explicite de persécution à l’est voire même l’imminence d’une bombe nucléaire sur Rome. Il aurait donc été pape non de facto mais de jure, selon Gary Giuffre, le grand penseur de cette mouvance.  Le plus célèbre adepte de cette théorie Hutton Gibson, père du très célèbre réalisateur Mel Gibson en est aujourd’hui l’un des plus farouches opposants Le principal témoin de cette histoire est un prêtre vietnamien le père Peter Tran Van Khoat qui aurait été envoyé, parce que parlant français, à la rencontre de Mgr Siri en 1988 afin de lui poser explicitement la question. Dans cette perspective le siège de Rome n’est pas vacant le 26 octobre 1958 mais bien le 2 mai 1989. De plus Grégoire XVII aurait nommé des cardinaux pour l’instant secret et les conclaves de 1990, 1992 et 1998 ayant élu Michel Ier, Lin II et Pie XIII ne sont en aucun cas légitimes!
Il semble qu’une première version de cette thèse sur Siri ait été évoquée par Louis Hubert Rémy, un sédévacantiste français, dans un article du journal Sous la bannière en juillet-août 1986.
( Editions Sainte Jeanne d'Arc, M. A.M. Bonnet de Viller, “Les Guillots”, Villegenon, F -18260 Vailly-sur-Sauldre). Louis Hubert Rémy aurait eu l’occasion de poser explicitement la question de son élection secrète  à SIri le 18 mai 1985. qui n’aurait pas démenti. Siri aurait été élu à la place de Paul VI puis de Jean-Paul II, la première fois, il aurait refué et la deuxième, il aurait été obligé de se retirer sous la menace d’un schisme. Ce n’est que plus tard que l’histoire a été déplacé au conclave de 1958. Depuis la mort un successeur aurait été désigné mais restera caché tant que durera la présente persécution de l’Eglise. Les tenants de l’élection du cardinal Siri appartiennent à une mouvance que l’on peut appeler sedeimpeditistes.
Elle s’appuie sur un fait évident pour eux, la couleur blanche du troisème tour du scruttin de 1958 qui prouve bien qu’un pape avait été élu ce soir là, bien avant l’annonce de l’élection de Jean XXIII. Cette article de Silvio Negro pour le Corriere della Sera (Milan, Italy) du 27 octobre aurait été en fait mal traduit et concerne le conclave de 1939.

La constitution de cette thèse exige que quelqu’un trahisse le secret des conclaves. Une autre faiblesse de cette théorie est le fait que le cardinal Siri participa aux deuils des papes Jean XXIII, Paul VI et Jean.Paul I et qu’il a été nommé à la direction du concile.
D’autres part dit-on, les cardinaux cachés, assimilés  à des cardinaux in pectore, perdent leur statut à la mort du pape, donc les cardinaux nommés par Siri ne seraient pas habilités à élire un successeur. S’y oppose en ces termes Lucio Mascarenhas un sédévacantiste indien et Teresa Benns qui est le mentor Michel Ier. Michel I lui-même se moque de cette thèse montrant qu’elle a évolué en fonction des ses propres critiques.
Le premier orthopape conclaviste en date condamne donc la thèse de Grégoire XVII comme une utopie romantique, plusieurs dizaines de pages de son propre site tentent de démonter la thèse de Siri comme une “Siridiocy” et Michel Ier continue de proclamer sa légitimité selon le principe que le premier arrivé est le premier en droit, comme le prouve l’histoire des papes légitimes au moment du grand schisme. Tout est mis en oeuvre aujourd’hui pour discréditer le père Khoat, le gand prophète de la thèse: sa chapelle aurait été transformée en temple bouddhiste, il aurait changé sa théorie au fil du temps etc...
Actuellement un cardinal de Michel Ier est connu, Robert Hunt qui est en charge de la prochaine élection pontificale réservée aux hommes dès 14 ans dix jours après la mort de Michel Ier. On peut s’inscrire sous réserve de la signature d’une déclaration de foi.

Plus difficile est la partitcipation au conclave des successeurs de Grégore XVII de Gênes.  Mais si on a la preuve qu’on a été nommé cardinal par Grégoire XVII alors on peut s’annoncer pour le prochainc concle
au Cardinal Camerlingue
Boite postale 262522
Houston Texas 77207.

On se rapportera également à la bibliographie de Michel I. Et pour ce qui concerne la littérature prophétique aux autres Grégoire XVII,

J. Bourdarias, B. Chevaller, J. Vandrisse, Les fumées du Vatican de Paul VI à Jean-Paul II, Fayard, Paris, 1979. Les intrigues et les longues incertitudes des deux préconclaves de 1978. Tout en ne parlant pas du tout de l’hypothèse Siri, l’ouvrage rapporte quelques conjectures amusantes sur le nom possible de l’élu. Un prêtre de Venise qui a prophétisé l’élection de Lucinani qui deviendrait Pie XIII, Grégoire XVII ou Jean XXIV et des journalises...

Marty, F., Chronique de l’Eglise de France, Le Centurion, Paris ,1980
Ce livre témoignage du cardinal François Marty se termine sur le récit des conclaves de 1978. Il dit avoir imaginé que le cardinal Albino Luciani choisirait le nom Jean XXIV ou Paul VII. On sait désormais grâce à Benny Lai que le cardinal vénitien Sebastiano Baggio avait tiré le cardinal Joseph Siri par la manche au moment où il partait s’enquérir de l’acceptation de l’élection de Luciani: “Consiglialo di prendere nome Eugenio”, ricordando come l’ultimo Papa veneziano fosse stato Eugenio IV.” Le service d’onomastique de l’institut de Pontictionnologie remarque que Eugène V est un nom qui n’a jamais été utilisé dans la littérature, il permet de signaler que Eugène IV n’est pas l’antipape qu’a prétendu le concile de Bâle  en lui opposant Félix V, il signerait donc la victoire définitive des papes sur les conciles tout en utilisant le prénom de baptême de Pie XII, quelle programme! Las, Jean-Paul I en a décidé autrement en faisant encore mieux que Marty ne le pensait. Cette anecdote rapportée par le cardinal Joseph Siri lui-même montre qu’il ne se sent pas extrêment liés par les secrets des conclaves, du moins pas autant que ne le prétend Michel I On est loin également des tumultes imaginés par les sédévacantistes.

C. Commeaux, Les conclaves contemporains, ou les aléas de l’inspiration, Editions France-Empire, Paris, 1985.
Ce livre fait revivre les neufs derniers conclaves soit de l’élection de Léon XIII en 1878 à celle de Jean-Paul II un siècle plus tard. On peut le comparer avec profit à tout ce qui raconte dans le milieu conspirationniste et voir que l’histoire est parfois plus simple. On y lira avec attention les péripéties de la non élection de Rampolla en 1903, et surtout la descritption des conclaves de 1958, 1963 et 1978 qui n’ont pas grand chose à voir avec la thèse des défenseurs de la papauté cachée de Siri.

T. Benns et D.Bawden (=Michel I) Will the catholic church survives the twentieh century? 1990
Ouvrage fondamental des partisans de Michel I, c’est à la lecture de cet ouvrage qui fonde la nullité du conclave de 1958 que Khoat aurait selon Bawden changé sa théorie en faisant remonter l’élection de Siri à ce conclave alors qu’il s’agissait bien au départ de 1978.

Khoat T. (=Peter Tran Van Khoat), “New event of Man’s History”, in Sangre de Cristo Newsnote, no 65, Juillet 1990, pp.14-15
Cet article reproduit le sermon de Pentecôte du 3 juin 1990, prononcé par l’abbé Khoat un peu plus d’une année après la mort du cardinal Siri, présenté comme Grégoire XVII. Tel une nouvelle Pentecôte le conclave imminent pour la nomination d’un successeur y est annoncé. L’exégèse de Khoat va jusqu’à montrer que lorsque Siri dans son ouvrage Gethsemane p.377 parlait de rebirth (...) of the true hope il faut désormais comprendre rebirth of the true pope!

B. Lai, Il Papa non eletto, Giuseppe Siri, cardinale i Santa Romana Chiesa, éditions Laterza, Bari,1993.
Ouvrage extrêmement documenté qui traîte notamment des quatres conclaves auxquels a participé Siri. Malgré le titre de cette étude il n’est fait aucune allusion à la fameuse thèse de son pontificat caché. L’ouvrage publie également le journal de Siri durant le concile. L’auteur rapporte que les cardinaux en 1958 étaient assez inexpérimentés à part lTisserant qui avait déjà élu Pie XII en 1939. Esperienza che, mancando agli altri cardinali, dette luogo a qualche impaccio, come l’incerto colore della “fumate”, né bianche né nere, con cui segnalava alla folla radunata in piazza San Pietro l’esito positivo o negativo degli scrutini (p.143) Et l’auteur de rappeler que Siri a alors assisté occasionnellement à la cérémonie où l’on procède à la crémation des bulletins de votes: nessuno del cardinali addetti allo scopo si preoccupava di metterre nella stufa, il materiale necessario per segnalare l’esito negativo degli scruttini. A propos de fumée on lit aussi cette anecdote, concernant l’issu du conclave où Siri réclame une cigarette au cardinal Tappouni. “Non avevo mai fumato. Mi offrì una sigaretta lunga e sottile, credo fosse orientale” (4.11.1959). Concernant le conclave de 1963, il semble bien que Tappouni ait fait campagne pour Siri contre Montini, Siri raconte qu’il s’est récusé fermement à la première approche, comme il l’avait fait au conclave précédent (25.11.1987). Il fait également cet aveu au père Damaso, en traversant la place rouge lors d’un voyage à Moscou en 1974! Lors des deux conclaves de 1978, Siri est le doyen de l’ordre des cardinaux prêtres.On y parla explicitement de lui comme papabile. Le cardinal espagnol Tarancòn explique à l’auteur en 1978 comment les votes se sont finalement reporté sur Luciani par la force des cardinaux progressistes, il révèle ainsi les discussions internes au conclave. C’est d’ailleurs Siri avec Felici et Villot qui vont recquérir l’acceptation de l’élection chez Luciani.
Une anecdote est à signaler pour les analystes d’onomastique pontificale, le vénitien cardinal Baggio a suggéré à Siri de conseiller à Luciani de prendre pour nom Eugène V! Le cardinal François Marty s’attendait à autre chose.
Le second conclave de 1978 s’ouvre sur un autre duel entre Siri et Benelli avec un léger avantage au premier, il semble même qu’au deuxième scruttin de l’après-midi du 15 octobre Siri n’a manqué son élection que de 4 ou 5 voix, Siri aurait probablement été élu s’il avait laisser transpirer la possibilité de nomme Benelli secrétaire d’Etat. Siri déclare même à l’auteur qu’il serait utile de lever le secret du conclave après quelques années pour raconter l’élection (15.5.1986). Nommant les aspirants à la papauté; Benelli, Baggio, Poma, Ursi et Willebrands, il précise: Uno di loro uscì distrutto dalla Sistina pen non essere stato eletto. (16.6.1982).

Selon cette thèse le Cardinal Joseph Siri aurait été pape de 1958 à sa mort survenue  le 2 mai 1989 sous le nom de Grégoire XVII.

Certains pensent que son successeur aurait été l’Archevêque Arrigo Pintonello qui n’avait pas signé selon eux les documents de Vatican II. Certains dévots de la thèse de Siri, membres del’Eglise en Eclipse, lui auraient explicitement posé la question. il n’aurait pas dit non mais répondu: Je suis trop vieux. Pintonello aurait donc été pape de 1989 au 8 juillet 2001.

Le Frère Khoat a annoncé en 2006 que les cardinaux nommés par Siri étaient encore aujourd’hui prêts à lui élire un successeur.

 

 

 


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