LA VIE MARITIME
LE GRAND FLEUVE
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Le Saint-Laurent, cadeau de la Providence, est le plus beau boulevard naturel que l'on puisse souhaiter ! Les Amérindiens s'en servaient depuis des milliers d'années. Les Français arrivent et le sillonnent. Ici et là, où l'atterrissage est facile, c'est un commencement de colonisation. à Saint-Charles-des-Roches, c'est près du moulin banal. On constate qu'il y a des marées. On s'en sert pour remonter le fleuve, on s'en sert pour descendre plus vite. C'est une force gratuite. Un jour, les bateaux à vapeur arrivent. Denis Papin exploite cette force naturelle de la vapeur. Les navires sont plus gros. Les voiliers viennent à disparaître. Ils étaient si beaux ! On doit creuser le fleuve, spécialement aux Grondines. Actuellement, le chenaux (ou chenal) a trente-cinq pieds de profondeur et huit cents pieds de largeur, à mer basse. Le chenal est indiqué par des bouées éclairantes. Les bouées noires sont au sud, les rouges au nord', les vaisseaux n'ont qu'à passer entre les deux. Aux Grondines, on voit en plus une bouée blanche (auparavant deux) : cette bouée signale une aire de mouillage ou poste d'ancrage. C'est un endroit très vaste, où les bateaux peuvent s'arrêter lors d'une brume ou quand le radar ne fonctionne pas. On voit parfois le matin un, deux, trois navires sortir drôlement des banc de brume, comme des fantômes. Avec le progrès technique, c'est rare maintenant.
Le sirène sert encore pour mieux localiser un bateau. Le pilote salue son épouse, en passant devant sa maison. Pour aider les pilotes et les capitaines à diriger leur bâtiment. il y a les phares sur les deux rives du Saint-Laurent quatre du côté des Grondines. ça fonctionne deux par deux. C'est d'après leur alignement, qu'on actionne le gouvernail. Vers 1910, on libère le chenal de la glace, au mois de mars et même avant'. les inondations printanières sont heureusement évitées. Depuis une dizaine d'années, des bateaux garnis d'armature de fer,affrontent les glaces tout l’hiver et gardent ainsi un passage libre. Mais ces navires brisent la glace et on ne peut plus, comme auparavant, installer nos cabanes, pour pêcher la petite morue Il y a une petite anse convenable, dans le Bas de la paroisse. Ailleurs, il faut des précautions sérieuses. Tendre la ligne au poulamon, ça nous manque un peu. Et c'était une source de revenu.
LES GOÉLETTES, LES NAVIRES
On compte aux Grondines un bon nombre de goélettes autrefois, surtout il y a 120, 130 ans et plus. Il y a aussi des petits caboteurs, appelés < portefaix > ou petites goélettes. Tous avancent par la force du vent. En 1831, Jean-Baptiste Arcand lègue par testament son vaisseau, le Saint-lean . Onésime Audet a cinq goélettes. Joseph Guilbault, une M. John Paquet, une; Narcisse Hamelin, une, et Edouard Ricard, une aussi. Et plusieurs autres sont inconnues. On parle du St-Louis, transporteur de bagages. Onésime et Télesphore Rivard ont une grosse goélette, appelée Maria. On nomme le Préfontaine et le Batiscan . On est plus familier avec le Sainte-croix , du type de l'Étoile . Il est donc mû par la force de la vapeur. C'est surtout de l'Etoile dont rêvent les anciens et nos parents', ils se souviennent de son capitaine, l'unique Joseph Paquet. Le père de Gilles Pelletier venait chercher en bateau des patates, cultivées à Saint-Ubalde. Gilles amarre parfois son voilier au grand quai.