LA COURBE DES LIGNES FERROVIERES

LA COURBE DES LIGNES
FERROVIERES

Une spirale, celle de Cornu, aussi appelée clothoïde.
Approche mathématique
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Source: Carré d'A.S. mathématiques

 

1 Introduction

Les courbes utilisées pour construire les autoroutes et les lignes de TGV ne sont pas uniquement constituées de droite et d'arcs de cercles. En effet, si une portion de ligne droite était subitement suivie d'un arc de cercle de rayon R, l'accélération normale du véhicule se déplaçant à la vitesse V passerait brutalement d'une valeur nulle à la valeur V²/R, entraînant désagrément pour les passagers et forte contrainte pour le matériel. Il est donc nécessaire d'utiliser des portions de courbes passant progressivement d'une courbure nulle à une courbure donnée. C'est le cas de la spirale de Cornu, également connue dans cette application sous le nom de clothoïde.

Dans cet article nous assimilerons systématiquement le plan R2 au plan complexe C, permettant ainsi de traiter les vecteurs par leur seule affixe complexe plutôt que par leurs deux composantes.

2 La spirale de Cornu

Considérons la fonction F définie sur R à valeurs dans C :

F(t) =

 

lorsque t décrit R, F(t) décrit une courbe du plan complexe appelée spirale de Cornu (voir l'encadré). En séparant parties réelle et imaginaire, on a

F(t) = C(I) + iS(t)

où les fonctions C et S sont les intégrales de Fresnel :

C(t)=

et S(t)=

Cette courbe est donc facile à tracer sous forme paramétrique en utilisant un logiciel graphique. La figure suivante a été effectuée en utilisant Maple.


Maple: plot([FresnelC(t),FresnelS(t),t=-5..5])

Pour t croissant, le parcours se fait de la partie gauche vers la droite. Les intégrales de Fresnel étant des fonctions impaires, la courbe est symétrique par rapport à l’origine. Sa tangente à l'origine (en t = 0) admet pour vecteur directeur F’(0) = 1. Elle est donc portée par l'axe des abscisses.

Cornu, Marie Alfred

Né à Orléans en 1841 et mort à Romorantin. en 1902, Alfred Cornu est connu pour ses travaux sur la diffraction de la lumière. Il introduit la courbe qui porte son nom afin de représenter les intégrales de Fresnel.

 

D'autre part, elle admet deux points asymptotiques,
en +/- (l+i)/2

Car:

lim F(r)=

(1+i)

t->+inf

2

Pour le montrer, il suffit de montrer que:

=  
(1+i)

2

(voir l'encadré à droite -->).

Construction des autoroutes
et lignes ferrovières

Les courbes utilisées pour construire les autoroutes et les lignes de TGV ne sont pas uniquement constituées de droite et d'arcs de cercles. En effet, si une portion de ligne droite était subitement suivie d'un arc de cercle de rayon R, l'accélération normale du véhicule se déplaçant à la vitesse V passerait brutalement d'une valeur nulle à la valeur V2 / R, entraînant désagrément pour les passagers et forte contrainte pour le matériel. Il est donc nécessaire d'utiliser des portions de courbes passant progressivement d'une courbure nulle à une courbure donnée. C'est le cas de la spirale de Cornu, également connue dans cette application sous le nom de clothoïde.

En effet, si F(t) s'interprète comme la position d'un point à l'instant t dans le plan, alors sa dérivée F'(t) est le vecteur tangent à la courbe au point considéré et s'interprète physiquement comme sa vitesse:

F '(t) = exp( i * Pi * t² /2)

Cette dérivée est de module 1. En termes mathématiques, ceci signifie que t est une abscisse curviligne de la courbe. En termes physiques, ceci signifie que la courbe est parcourue à vitesse constante V=1

Calcul de l'intégrale de Fresnel


Spirale de Cornu clans un échangeur autoroutier

F' (t) est le vecteur tangent unitaire orienté dans le sens des t croissants. F''(t) est alors égal à n/RR est le rayon de courbure de la spirale au point considéré. Son inverse C=1/R est la courbure et n le vecteur normal formant un repère direct avec le vecteur tangent.

Physiquement, F''(t) = (V2 / R) n est l'accélération normale. Il n'y a pas d'accélération tangentielle. On obtient:

F''(t) = i * Pi * t * exp(i * Pi * t²/2)

D'où C = Pi * t. La courbure est donc proportionnelle à l'abscisse curviligne. En partant de l'origine; elle varie de 0 à +inf. le long de la spirale.

Réciproquement, on montre que les spirales de Cornu sont les seules courbes répondant à la question. En effet, si la courbure C est proportionnelle à l'abscisse curviligne s, on a les trois relations suivantes:

  1. C= Lambda* s = d(Phi)/ds
    Où Phi est l'angle entre le vecteur tangent et l'axe des abscisses
  2. dx/ds = cos(Phi)
  3. dy/ds = sin(Phi)

La relation (i) permet de déduire que Phi=lambda*s²/2 (en choisissant Phi=0 pour s=0, quitte à effectuer une rotation de la courbe).

Puis les relations (ii) et (iii) donnent :

(en choisissant x=y=0 pour s=0, quitte à translater la courbe). En effectuant enfin une homothétie de rapport racine de (lambda/Pi), on retrouve notre spirale de Cornu


Deux segment de droites orthogonaux, reliés d'une
part par un arc de cercle (courbe la plus haute et la
plus courte), d'autre part par deux arcs de clothoïde.
Dans ce dernier cas, il y a continuité de la courbure
tout le long de la trajectoire.
(Tracé réalisé avec
Maple)

 

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