Le
Morte d' Arthur
| Nota Bene:
Pour visualiser ces pages dans les meilleures conditions, prenez le temps
de télécharger ces polices de caractères
que vous ne possédez peut être pas... This site uses special fonts available here... |


APRÈS LA mort du roi Uter Pendragon régna son fils Arthur, lequel dut âprement
guerroyer en son temps pour tenir toute l’Angleterre en son obéissance, car il
y avait en ce royaume d’Angleterre beaucoup de rois, de même qu'au pays de Galles,
en Écosse et en Cornouailles.
OR IL ADVINT qu'il y avait alors chez le roi un pauvre chevalier qu'on avait retenu
prisonnier du château six mois et plus pour avoir causé la mort d'un autre chevalier,
qui était cousin du roi. Le nom de ce prisonnier était Balain. Les barons firent
en sorte qu'il fût remis en liberté, car il avait réputation d'être valeureux
et il était natif du Northumberland. Adonc il se rendit secrètement à la cour
et fut témoin de cette aventure. Cela le stimula. L'envie lui prit de s'essayer
comme l'avaient fait les autres chevaliers. Mais il était pauvre et pauvrement
vêtu. Il ne chercha pas à traverser la foule. Pourtant, en son coeur il était
pleinement assuré de faire aussi bien, si tel était son destin, qu'aucun de ceux
qui se trouvaient là.
PENDANT QUE CE CHEVALIER se préparait à partir, il vint à la cour une dame qui
avait nom la Dame du Lac. Elle vint à cheval, richement parée. Elle salua le Roi
Arthur et lui demanda aussitôt son épée. « C'est vrai, dit Arthur. je vous ai
promis une faveur. Mais j'ai oublié le nom de l'épée que vous m'avez offerte.
- Son nom, repartit la dame, est Excalibur, autrement dit Tranche-acier. - C'est
juste, dit le roi. Demandez-moi ce que vous voudrez et vous l'aurez, s'il est
en mon pouvoir de vous l'obtenir. - Eh bien, dit la dame, je vous demande la tête
du chevalier qui a conquis l'épée ou bien celle de la demoiselle qui l'a apportée
ici. Je ne serais pas mécontente d'avoir l'une et l'autre, car lui a tué mon frère,
qui était bon et loyal chevalier, et cette noble demoiselle fut cause de la mort
de mon père. - Vraiment, répondit le roi Arthur, je ne peux en honneur vous accorder
aucune de ces deux têtes. Demandez-moi n'importe quoi d'autre et je satisferai
votre désir. - Je ne vous demanderai pas autre chose » , dit la dame.
EN CE TEMPS Là il y avait un chevalier, fils du roi d'Irlande, du nom de Lancer.
Il était plein de suffisance et s'estimait l'un des meilleurs à la cour. Quand
Balain réussit à prendre l'épée, il en conçut beaucoup de dépit, à la pensée qu'un
autre pût être considéré comme plus brave que lui. Il demanda au roi Arthur s'il
lui permettait de partir à la poursuite de Balain pour venger l'affront qu'il
avait subi. « Faites de votre mieux, dit Arthur, je suis très en colère contre
Balain. J'aimerais qu'il fût puni de l'outrage qu'il m'a fait, ainsi qu'à ma cour.
» Lors ce Lancer s'en fut à son hôtellerie afin de s'y préparer.
« ET C'EST AINSI que cette Dame du lac d’Avalon lui bailla cette épée qu’elle
apporta ici avec elle et lui dit que nul ne la sortirait du fourreau s'il n'était
l'un des meilleurs chevaliers du royaume, qu'il devrait être brave et plein de
vaillance et qu'avec cette épée il tuerait son frère. Voilà pourquoi cette demoiselle
est venue à cette cour. je le sais tout aussi bien que vous. Et plût à Dieu qu'elle
n'y fût jamais venue, car ce n'était pas pour y trouver des gens de bien afin
de bien faire mais uniquement pour faire le mal. Le chevalier qui a obtenu cette
épée mourra par cette épée. Ce sera grand dommage, car il n'existe en ce moment
nul chevalier plus vaillant que lui et vous lui devrez, Sire, beaucoup d'honneur
et de grands services. Il est bien regrettable que sa vie ne doive se prolonger
que peu de temps, car pour la force et la bravoure je ne connais pas son pareil
sur la terre. »
LoRs Balain regarda à l'entour et vit une demoiselle qui venait vers lui, montée
sur un beau palefroi, et qui chevauchait aussi vite que l'autorisait sa monture.
Lorsqu'elle s'aperçut que Lancer était mort, sa douleur ne connut plus de bornes.
Elle s'écria: « Oh ! Balain, ce sont deux corps que tu as tués mais un seul coeur,
deux coeurs mais un seul corps. Ce sont deux âmes qui te devront leur perte. »
Là-dessus elle prit l'épée de son amant qui gisait sans vie et s'affaissa sans
connaissance. Quand elle se releva, elle manifesta la plus vive douleur. Sa peine
affligea grandement Balain. Il alla vers elle pour lui enlever l'épée, mais elle
la tenait si fermement qu'il ne pouvait la lui ôter des mains sans lui faire du
mal. Tout à coup elle appuya le pommeau contre le sol et se transperça le corps.
Quand Balain vit ce qu'elle avait fait, il fut pénétré de chagrin, et il eut honte
qu'une aussi belle demoiselle eût mis fin à ses jours pour un amant dont il avait
causé la mort.
« MAINTENANT partons d'ici, dit Balain. je suis content de vous avoir rencontré.
» Cependant qu'ils s'entretenaient survint à cheval un nain de la cité de Camaalot.
Il faisait aussi vite qu'il pouvait. Il découvrit les corps inanimés et s'abandonna
à la douleur. De chagrin il s'arrachait les cheveux. il dit . « Lequel de vous
deux, chevaliers, a commis ce forfait?
SUR CES ENTREFAITES Merlin vint au roi Marc et, voyant tout ce dont il se chargeait,
il dit : « Ici même aura lieu le plus grand combat entre deux chevaliers qu'il
y ait eu ou qu'il y aura jamais, ces combattants aussi les amants les plus loyaux.
Aucun des deux cependant ne tuera l'autre. » Sur le tombeau Merlin inscrivit en
lettres d'or les noms de ceux qui combattraient en cet endroit. Ces noms étaient
Lancelot du Lac et Tristan. « Tu n'es pas l'homme qu'on attendrait, dit le toi
Marc à Merlin, pour parler de choses comme celles-là. Tu n'es qu'un rustre et
peu fait pour annoncer de semblables exploits. Quel est ton nom? demanda le roi
Marc. - À présent, répondit Merlin, je le tairai, mais plus tard, lorsque messire
Tristan s'éprendra de sa souveraine, alors vous entendrez. et saurez mon nom.
Alors aussi vous viendront aux oreilles des nouvelles qui ne vous plairont point,
» Puis Merlin s'adressa à Balain : « Tu t'es fait grand tort en ne sauvant pas
cette dame qui a mis fin à ses jours. Tu aurais pu la garder en vie si tu l'avais
voulu. - Sur ma foi, repartit Balain, je ne pouvais le faire, car elle s'est tuée
soudainement. - Je le déplore, dit Merlin. À cause de la mort de cette dame tu
porteras le coup le plus douloureux qu'homme ait jamais porté, exception faite
de celui que reçut Notre-Seigneur, car tu blesseras le chevalier le plus loyal
et l'homme le plus digne qui soit aujourd'hui sur cette terre. Suite à ce coup,
douze années trois royaumes connaîtront grande pauvreté, grand malheur et grand
chagrin. Quant au chevalier, il ne guérira pas de sa blessure avant longtemps.
» Lors Merlin prit congé de Balain. Balain s'écria « Si j'étais assuré que tu
dises la vérité et que je me rende coupable d'une action aussi funeste, je me
tuerais pour te faire mentir. »
LORS
Merlin les logea dans un bois sous la feuillée auprès du grand chemin. Il ôta
la bride à leurs chevaux et les mit à paître. À eux, il leur dit de prendre du
repos jusqu'à ce qu'il fût près de minuit. Merlin leur enjoignit alors de se lever
et de se tenir prêts, car le roi n'était pas loin. il avait secrètement quitté
son armée avec soixante cavaliers parmi les meilleurs de sa chevalerie, et vingt
d'entre eux allaient devant pour prévenir la dame des Vaux de l'arrivée du roi,
comme cette nuit-là il devait partager sa couche. « Lequel est le roi? demanda
Balain. - Patience, dit Merlin. Là, le chemin est en ligne droite. Vous y combattrez
avec lui. » Là-dessus il montra à Balain et à son frère où le roi chevauchait.
LORS le roi Arthur disposa son armée en dix compagnies. Néro se tenait prêt sur
le terrain devant le château de Terrabel. Il avait compagnies également et beaucoup
plus d'hommes que n'en avait Arthur. Néro était à l'avant-garde, avec la plupart
de ses gens. Merlin alla trouver le roi Lot des Orcades et l'empêcha de partir
en lui racontant une prophétie, cela jusqu'à ce que Néro et sa troupe fussent
mis hors de combat. À ce combat messire Keu le sénéchal fit merveille. Tous les
jours de sa vie la gloire qu'il en eut l'accompagna. Messire Hervieu de Rivel
accomplit d'admirables exploits aux côtés du roi Arthur. Le roi ce jour-là tua
vingt chevaliers et en estropia quarante. Le chevalier aux deux épées et son frère
Balan entrèrent dans la mêlée. Ils se conduisirent de manière si étonnante que
le roi et tous les chevaliers en furent stupéfaits. Tous ceux qui les regardaient
dirent que c'étaient ou des anges venus du ciel ou des démons sortis de l'enfer.
Le roi Arthur lui-même fut d'avis que c'étaient les meilleurs chevaliers qu'il
eût jamais vus, car ils assénaient de tels coups que chacun s'en ébahissait.
AUX FUNÉRAILLES DONC vinrent l’épouse du roi Lot, Morcade, et ses quatre fils,
Gauvain, Agravain, Guerrehet et Gahériet. Vinrent aussi le roi Urien, père de
messire Yvain, et Morgane la Fée, son épouse, qui était soeur du roi Arthur. Tous
ceux-là vinrent aux funérailles. Mais des tombes de ces douze rois le roi Arthur
voulut que celle du roi Lot fût la plus richement décorée, et il plaça cette tombe
à côté de la sienne. Puis Arthur fit faire douze effigies de cuivre jaune et de
cuivre rouge couvertes d'or pour représenter les douze rois. Chacune figurait
un prince tenant un cierge qui brûlait nuit et jour. la statue du roi Arthur fut
mise au-dessus d'eux tous. Il était debout, l'épée nue à la main, tandis que sur
les douze effigies les rois semblaient autant d'hommes vaincus. Tout ceci fut
l'oeuvre de Merlin. Il y employa ses subtils artifices. Il dit au roi : « Lorsque
je serai mort, les cierges s'arrêteront de brûler. Peu de temps après ce seront
pour vous les aventures du Saint-Graal. Vous les mènerez à bonne fin. » Il révéla
également à Arthur comment Balain, le valeureux chevalier, porterait le coup douloureux
qui susciterait une terrible vengeance.
UN JOUR OU DEUX PLUS tard le roi Arthur fut quelque peu malade. Il fit dresser
un pavillon dans une prairie. Là il se coucha sur un lit de camp pour y dormir
mais ne put trouver le sommeil C'est alors qu'il entendit un cheval qui faisait
beaucoup de bruit. Le roi regarda par le porche du pavillon. Il vit un chevalier
passer juste devant lui, donnant tous les signes d’une vive douleur. « Arrête-toi,
gentil seigneur, dit Arthur, et confie-moi le sujet de ce chagrin. - Vous n'y
pouvez changer grand chose », repartit le chevalier. Et il passa son chemin, en
direction du château de Méliot.
ADONC Balain et la demoiselle entrèrent dans une forêt et là rencontrèrent un
chevalier qui revenait de la chasse. Ce chevalier demanda à Balain pour quel motif
il se désolait pareillement. « je n'ai pas envie de vous le dire, répondit Balain.
- Si j'étais armé comme vous l'êtes, repartit le chevalier, pour cette réponse
je me battrais avec vous. - Cela n'en vaudrait guère la peine, dit Balain. je
ne crains pas de vous l'avouer. » Et il lui donna toutes les explications nécessaires.
« Ah! s'exclama le chevalier, est-ce là tout? À partir de cet instant, je m'engage
sur mon honneur à ne pas vous quitter tant que ma vie durera. » Il s'en alla donc
à son hôtellerie, s'arma puis tint compagnie sur sa route à Balain.
ILS CHEVAUCHÈRENT ENSUITE trois ou quatre jours sans connaître la moindre aventure,
lorsque le hasard voulut que leur logement se fit chez un gentilhomme qui avait
de la fortune et vivait, à l'aise. Tandis qu'ils étaient à table à souper, Balain
entendit quelqu'un gémir douloureusement qui était assis auprès de lui sur une
chaise. « Pourquoi ces plaintes? demanda Balain. - En vérité, je vais vous le
dire, répondit son hôte. Il y a peu, je fus à des joutes et joutai avec un chevalier
qui est le frère du roi Pellehan. Par deux fois je le renversai. Alors il me promit
de se venger aux dépens de mon meilleur ami, C'est ainsi qu'il blessa mon fils,
qui ne pourra guérir tant que je n'aurai pas eu du sang de ce chevalier. Il chevauche
toujours sans qu'on puisse le voir. je ne connais pas son nom. - Ah! dit Balain,
à moi il ne m'est pas inconnu. Son nom est Garlan. Il a tué deux de mes chevaliers
de la même façon, et j'aimerais mieux le rencontrer que de me voir offrir tout
l'or du royaume, en raison du tort qu'il m'a fait. - Eh bien, repartit son hôte,
voici qui va vous intéresser. Pellehan, roi de Listenois, a fait crier par tout
le pays un grand festin. Il se tiendra dans les vingt jours à venir. Nul, chevalier
n'y sera admis s'il n'amène avec lui son épouse ou la dame qu'il aime. Cet homme
qui est votre ennemi et le mien, vous pourrez l'y voir ce jour-là. - En ce cas,
dit Balain, je puis vous promettre de son sang pour la guérison de votre fils.
- Nous nous mettrons en route demain matin », conclut son hôte.
AusSITÔT tous les chevaliers se levèrent de table pour assaillir Balain. Le roi
Pellehan lui-même se, leva, plein de rage, et dit: « Chevalier, aurais-tu tué
mon frère? Tu le paieras de ta vie avant que tu partes. - Eh bien, répondit Balain,
chargez-vous-en. - Oui, repartit le roi Pellehan, personne d'autre que moi ne
se battra avec toi, pour l'amour que je portais à mon frère. » Lors il se saisit
d'une arme redoutable et vivement voulut en frapper Balain. Mais Balain de son
épée para le coup qui le visait à la tête. L'épée éclata en morceaux. Se trouvant
désarmé, Balain courut à une chambre dans l'espoir d'y trouver une arme quelconque,
puis ainsi de chambre en chambre, mais sans mettre la main sur rien, et toujours
avec le roi Pellehan à ses trousses.
LoRs Merlin survint et releva Balain. Il lui procura un bon cheval, car le sien
était mort, et lui dit qu'il lui fallait quitter ce pays-là. « je voudrais ma
demoiselle, répondit Balain. - Regarde, dit Merlin, c'est là qu'est son tombeau.
- Le roi Pellehan, quant à lui, resta longtemps au lit couché, gravement blessé,
et ne put jamais recouvrer la santé jusqu'à ce que Galaad le guérît par sa quête
du Saint-Graal. C'est dans ce château en effet que se trouvait un peu du sang
de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que Joseph d’Arimathie avait apporté en cette
contrée. C'est lui-même qui reposait en ce lit magnifique. Et la lance était la
même que Longin plongea dans le coeur de Notre-Seigneur. Le roi Pellehan était
proche parent de Joseph. C'était l'homme le plus digne qui vécût en ce temps là,
et grand dommage ce fut qu'il souffrît de cette blessure, car de ce coup résulta
beaucoup de douleur, de chagrin et de désolation. Lors Balain se sépara de Merlin
et lui dit : « Nous ne nous reverrons plus jamais en ce monde. »
LORSQUE GARNIER la vit ainsi couchée, de douleur le sang jaillit de sa bouche
et de son nez. De son épée il leur trancha la tête à tous deux. Puis il s'abandonna
à sa souffrance. Il s'exclama: « Oh! Balain, tu m'auras causé bien de la peine.
Si tu ne m'avais pas montré ce spectacle, mon chagrin aurait disparu. - Que dis-tu
là? repartit Balain. Je l'ai fait afin de ranimer ton. courage, qu'il te fût donné
de voir et de connaître sa fausseté, et pour que tu ne songes plus à aimer pareille
dame. Dieu sait que je n'ai rien fait d'autre que ce que j'aurais voulu que tu
fisses pour moi. - Hélas! reprit Garnier, maintenant ma peine est deux fois plus
grande, et je ne puis l'endurer. J'ai tué la personne que j'ai le plus aimée de
toute ma vie. '» Là-dessus soudainement, il se jeta sur son épée qui s'enfonça
jusqu'à la garde.
LORS devant lui il vit sortir d'un château un chevalier dont le cheval était tout
caparaçonné de rouge et qui était en rouge lui aussi. Quand ce chevalier vit Balain,
il lui sembla que c'était là son frère, à cause des deux épées, mais, pour ce
qu'il ne connaissait pas l'écu, il écarta cette idée. Ainsi donc ils couchèrent
leurs lances et se heurtèrent à une vitesse prodigieuse. L'un et l'autre frappèrent
contre les boucliers, mais leurs lances avaient tant de force et leur élan était
tel qu'hommes et chevaux furent jetés au sol et que tous deux, Balain et Balan,
restèrent sans connaissance. Balain, cependant, souffrit beaucoup de la chute
de son cheval, car il se ressentait des fatigues du voyage. Balan fut le premier
à se relever et à dégainer l'épée. Il alla au-devant de Balain. Celui-ci se releva
à son tour et marcha vers lui. Mais Balan porta le premier coup. Il leva son bouclier,
atteignit son adversaire au travers du sien et défonça le heaume.
LE MATIN arriva Merlin. Il fit inscrire sur le tombeau en lettres d'or le nom
de Balain : « Ci-gît Balain le Sauvage,. le chevalier aux deux épées, qui porta
le coup douloureux. » Merlin fit aussi dresser un lit en cet endroit. Nul n'y
devait pouvoir s'y coucher sans perdre l'esprit. Pourtant Lancelot du Lac en sa
noblesse d'âme détruisit ce lit. Peu après la mort de Balain, Merlin prit son
épée. Il en ôta le pommeau et en mit un autre. Puis il demanda à un chevalier
qui se trouvait là de prendre l'épée en main. Il essaya mais ne put y réussir.
Merlin se mit à rire. « Pourquoi riez-vous? demanda le chevalier. - Voici pourquoi,
répondit Merlin. Nul ne pourra jamais manier cette épée s'il n'est le meilleur
chevalier qui soit au monde, et ce sera messire Lancelot, sinon Galaad son fils.
Avec cette épée Lancelot tuera l'homme qu'il aimait le plus sur la terre, à savoir
messire Gauvain. » Tout ceci, il le fit inscrire au-dedans du pommeau de l'épée.![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |