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La discothèque idéale ou presque..... Manuel des civilités binaires à l'usage des jeunes générations. |
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Voilà les disques que vous devez absolument découvrir. Ce sont des groupes ou artistes majeurs de l'histoire du rock. Un tableau en forme de grille de lecture, si l'on veut. La période se déroule entre le mois fatidique de 68 ( sur l'air de La Génération Perdue, On Ne Tues Pas Son Prochain et Révolution ou L'opportunisme ) et cette date limite non moins historique, d'un mai présidentiel 81 cornaqué par le socialisme. Cette liste est une butée. Point de tables du rock sans excommunications ni damnations. Difficile de faire des choix d'écarter un nom, un titre de ce missel , de cet Everest du vertige de la tête. Un seul disque et tous les disques en un, voilà l'absolu. C'est celui qu'on veut acheter. En attendant un écho du Pays des Surfeurs, bonne visite à toutes et à tous and take it easy ! |
| The Beatles | Abbey Road | ||
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Abbey Road, comme chacun sait est le nom de la rue londonienne où se trouvent les studios d'EMI, que les Beatles visitent une dernière fois ensemble pour cet album. Mc Cartney qui apparait pieds nus sur cette pochette ( on le croit alors mort ) est présent musicalement sur tout le disque, et c'est même le grand artisan de la somptueuse suite qui occupe toute la seconde partie, collage très habile de morceaux pourtant diversifiés à l'extrême et clou de cet album qui ne manque pas de moments forts. Harrison est au sommet de sa forme aussi bien comme guitariste que comme compositeur ( Something et Here comes the Sun ). Lennon inspiré par Yoko, se montre obsédant dans I Want You (She's So Heavy) et mordant avec Come Together au climat tendu. Et Ringo, égal à lui-même étale sa fantaisie de ci de là. "Abbey Road" demeure une des plus parfaites réussites, les dissensions internes n'affectent pas la beauté de ce qui va se révéler un testament. Regardez la tablature ! |
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| The Jimi Hendrix Experience | Electric ladyland | ||
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Hendrix, c'est un cas. Le premier cas ouvertement pathologique de la "pop music". Mi-Africain mi-Cherokee, James Marshall va être, dix ans avant Stevie Wonder ( vingt ans avant Prince ), le premier musicien de couleur à franchir la ligne. Traîne-savate de Woodstock, touriste de l'île de Wight, ou gauchiste de Berkeley, son public est blanc. Uniformément blanc. Il nous pond ici un son absolument sans équivalent dans la "pop music". Du blues à jamais enraciné dans le cur des tripes. Un double LP gravé sans buter contre les limites de l'inventivité et sans se mettre à tourner en rond. Un superbe gratteur de guitare et de plaies intérieures pour qui le rêve est tout le contraire d'un refuge. L'artiste n'a vécu qu'en fonction de son oeuvre et n'est mort que pour elle |
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| The Rolling Stones | Let it bleed | ||
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Dans Beggars Banquet, les Stones avaient fait les malins et posé aux chantres de la révolution en marche ( Street Fighting Man, quelle farce ! ). Let It Bleed est l'album où, rattrapés par leur destin, les cailloux se mettent à saigner, pour de vrai ! Brian Jones meurt pendant l'enregistrement et une série d'erreurs font de ce LP un disque maudit. Mais Let It Bleed tiens debout envers et contre tout. C'est l'album de musiciens dans la force de l'âge rock qui reviennent à leurs racines bluesy. Mais... you can't always get what you want... vous n'avez jamais tout ce que vous désirez. Alors, si ce disque ne vous plait pas pleinement... |
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| John Lennon | Imagine | ||
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Personne n'eut le courage de déclarer: " Le rêve est fini ! ". Belle remise en question ou simple lucidité ? Au moins le reveil ne signifiait pas la fin du plaisir. Ni celle des illusions. Imagine s'imposait comme la suite du premier album du Plastic Ono Band. Croyez- le si vous voulez, John Lennon est le seul Beatle qui eu et ait encore une grande personnalité. Les trois autres n'étaient que de merveilleux musiciens, toutes leurs oeuvres postérieures à la séparation du groupe de démontrent abondamment. On peut préférer Paul à Georges ou Ringo à John, ou le contraire : c'est là une réaction sentimentale plus qu'un jugement artistique presque objectif. Chacun des Beatles a toujours eu ses fans à lui et les gardera, quoi qu'il fasse. Imagine est une splendide démonstration de la maturité spirituelle à laquelle a atteint John. |
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| The Doors | L.A. Woman | ||
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L.A. Woman est le plus bel album de rock que les Doors aient jamais enregistré. Il est toujours assez équivoque de parler en termes élogieux du dernier album d'un artiste qui vient de mourir. Le rock y côtoie un blues lourd et pesant, le R'n'B est présent lui aussi. Un disque d'une grande cohérence où rien n'est approximatif. Les parties de piano et d'orgue de Ray Manzarek se sont enrichies considérablement, donnant au groupe un son plus étoffé sur lequel Morrison "pose" une voix énorme. Jamais il n'avait aussi bien chanté, Morisson..... Rider In The Storm |
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| The Who | Tommy | ||
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Certainement l'une des plus grandes pièces de la rock musique. Concept d'album fabuleux. C'est la grande réalisation de Peter Townshend, le rêve et le projet, l'opéra rock qui doit influencer tous les autres, l'uvre de sa vie, que rien ne semblait annoncer et surtout pas son apparition au festival de Woodstock en 1969. Les who avaient déjà une de groupe provocateur, rebelle, attirant particulièrement les jeunes anglais déshérités et l'achèvement que représente Tommy, grâce à qui les Who pénètrent un autre univers, plus mystique et plus envoûtant, un peu désorienté au début pour, ensuite, fasciner et récolter le triomphe. Comme toujours avec les Who, la base des accorts est simple mais la construction de la théorie est forte, intelligente. Regardez la tablature ! |
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| David Bowie | Ziggy Stardust | ||
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A la sortie de l'album en 1972, notre caméléon de la pop n'en est plus à son coup d'essai depuis ses débuts en 1964, mais ses différentes tentatives, souvent mal récompensées pour ne pas dire ignorées, permettrons à ce garçon fragile, plutôt timide, de secouer la planète avec un des concepts les plus provocants de l'histoire du rock, autour duquel se cristallisera sa propre légende. Ziggy Stardust, personnage essentiel de la mythologie de l'uvre de Bowie, l'androïde aux cheveux oranges et à la pâleur inquiétante, la scandaleuse rock star androgyne et sa saga de science-fiction dont Bowie sera bien vite le prisonnier. Regardez la tablature ! |
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| The Clash | London Calling | ||
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Voila une musique qui perdurera au-delà des éjaculations punk : de tous les groupes au son déchirant et à l'attitude destructrice, seuls les Clash tiennent la route vingt ans plus tard. Le son est clair, pur, cristallin. Jamais la section rythmique des Clash n'a été mieux saisie sur le vif. Et puis les guitares ont du son, du volume à profusion, et on dirait que la voix de Strummer arrive du cosmos tellement elle est claire et pure ! Enfin les Clash ont abandonné leurs slogans ragnagnarévoltés pour produire ce qu'on attendait d'eux en rêve : un disque digne de ce nom. Fichtre ! Si vous n'avez pas acheté de disque depuis cinq ans ou depuis cinq jours, c'est London Calling qu'il vous faut. Précipitez-vous sur le premier double album du dernier groupe punk ! |
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| Bob Dylan | Blonde On Blonde | ||
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Oui ! Blonde On Blonde est génial. Vous y retrouvez le Dylan de Highway 61 Revisited dans une forme encore plus éblouissante, dans une forme supérieure. Il y a tellement à dire sur Dylan..... Les plus belles années.... les sixties, celles que je n'ai pas vécues. Trop jeune, pas assez vieux. On se consolera toujours avec ce folk-singer qui manie si bien les images poétiques, peint avec tant de délicatesse. Ecoutez aussi Blood On The Tracks, l'album du retour en 74. de tous les retours. Retour de la voix, de la guitare acoustique après une longue tournée avec le vieux Band. |
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| The Eagles | Hotel California | ||
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Il en va des albums comme de certains films qui capturent et résument une moment d'histoire, un style de vie. Don Henley frappe trois fois: Hotel California, ou Vol au-dessus d'un nid de coucou à Bel-Air, Life Fast Lane et The Last Resort. La première, avec son intro de guitare aussi classique désormais que celle de Stairway to Heaven final étourdissant à la Abbey Road, dénonce l'incarcération mentale du mirage jet-set de l'ultime frontière; la seconde, bluesy à la CSNY ; les abus et les dangers de la vie « à la limite »: l'expression est, depuis, passée dans le langage courant... La troisième, enfin, mesure d'un rêve, d'une illusion, le poids d'une exploitation. Le reste, quelle que soit sa qualité, notamment New Kid in the Town, le hit de Glenn Frey, n'est plus que liaison cohérente et plaisir purement musical. |
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| Janis Joplin | Cheap thrills ( Big Brother And The Holding Company ) | ||
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Fin 68, le premier album d'un groupe inconnu, entièrement enregistré en public, se répand instantanément sur la planète entière, celle des hippies, bien sûr. La pochette y est pour quelque chose... avec une Janis Joplin charnue comme un pur fantasme. La Joplin arrive dans ce groupe, rodée dans les bouges à routiers de son Texas natal : blues, rythme and blues et soul à fond la caisse ! Cheap Thrills est un album très black. Janis quittera Big Brother quelques mois plus tard et ne retrouvera pas le même souffle incendiaire sue les deux albums quelle aura le temps d'enregistrer avant sa mort le 4 octobre 1970. |
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| Led Zeppelin | II | ||
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Certains considèrent que le quatrième voyage de Zeppelin est le meilleur ne serait-ce que pour Starway To Heaven. Il doit m'arriver d'y penser. Mais quand cette question fondamentale me guette, je prends le Zeppelin II, je commence tout simplement par le commencement et le débat devient ridicule, sans objet, comme un combat truqué. On n'affronte pas Whole Lotta Love. On ne s'expose pas à la basse de John Paul Johns. On ne se fie pas aux répits trompeurs des gourdins de John Bonham. Et Robert Plant le prend de trop haut. Sans parler de Page qui, non content de poser les bases intelligentes du Heavy Metal, joue les pilotes suicides en survol de la plage. Des groupes jouant à la limite au bord de la rupture, on en a entendus quelques-uns, mais Led Zeppelin, non seulement a lancé le HeavyHard, mais a également donné un nouveau son au vieux blues chéri des rockers anglais. Et puis, franchement, sonner si fort, si beau, si dur, si longtemps en semblant toujours bien carré, bien posé sur ses jambes, on n'a pas fait mieux. Un ensemble de neuf titres, qui sont posés bruts comme autant de ruptures ou d'accélérations successives. Mais l'impression est si forte que sur les plages de pause, résonne encore le tonnerre des précédentes. Regardez la tablature ! |
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| The Velvet Underground | The Velvet Underground | ||
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Pour beaucoup le Velvet Underground est un mythe; le soutien d'Andy Warhol, contribua largement à la propagation d'une aura avant-gardiste. Pour beaucoup aussi le Velvet Underground c'est trois titres: Waiting For The Man, Venus In Furs et Heroin. Tous extraits de ce fameux premier album à la banane pelable imaginée par ce vieux nightclubber d'Andy W. Le troisième et avant-dernier album du groupe, The Velvet Underground, est celui de la brisure: avec Warhol, et cela avant même la sortie de l'album précédent White Light, White Heat. Avec Nico, la voix hantée de " Femme Fatale " égérie germanique et modèle en vue, dont la séparation d'avec Lou Reed fit jaser les branchés du New York des sixties. Brisure encore avec le départ de John Cale, le bassiste et violoniste du groupe. The Velvet Underground est bien le testament dont se réclamera tout le mouvement new-yorkais de 1977 à nos jours. |
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| Creedence Clearwater Revival | Willy And The Poor Boys | ||
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La voix : difficile d'imaginer que le type est né avec. Les mélodies : simplicité absolue. Les arrangements: impossible de faire plus dépouillé. Aux USA, d'emblée, Fogerty est un héros, juste avant Springsteen, il est honnête. Le psychédélisme brique ses bimbeloteries et lui débarque avec ses chemises écossaises! Râlant contre les inégalités mais appuyant le système. Creedence va balancer cinq albums massues en deux ans; Willy and The Poor Boys est sans doute l'un des deux meilleurs. Parce qu'on y trouve Fortunate Son et qu'on ne peut faire plus élémentaire que ses instrumentaux. Il est réconfortant d'avoir cette preuve vivante qu'à toute époque, en tout lieu, il peut surgir des types aussi hors du temps que ce Fogerty. |
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| Neil Young | Harvest | ||
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Pour moi, cl est une des figures les plus énigmatiques et les plus originales qui soient issues des années 70. C'est un artisan complet, éclectique, peut-être trop doué, et qui aura certainement gâché une partie de ses dons, qui sera sans doute passé à côté de son vrai destin. Harvest est l'album suprême pour Young, mais déjà le début de sa chute. Les mélodies sont superbes, les textes ne sont pas aussi efficaces que dans son précédent ouvrage: After The Gold Rush. Il y a quelque chose d'erratique dans son écriture, en particulier les " lyrics ", et si on ne peut se passer de Neil Young et de son album pour peindre le tableau complet de la discothèque idéale, il n'empêche qu'on éprouve un manque quand on le réécoute quelques années plus tard, mais je n'arrive pas à définir ce manque. Sa renommée va retomber aussi vite qu'elle avait monté. C'est une des nombreuses lucioles de cet art mineur majeur. |
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| Pink Floyd | The Piper at the Gates of Down | ||
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Sans pouvoir apprécier complètement le sens de leurs mots, très faiblard bilingue que je suis a pourtant subi dès le départ l'underground langage des flamants roses. La pochette de illustre tout le psychédélisme en voie de développement en cette seconde moitié des sixties. Chemises fleuries, chevaux en guerre contre la normalité, photo dédoublée comme la personnalité du déjà schizophrène Syd Barrett. Le disque s'ouvre sur Astronorny Domine, futur cheval de bataille live qui imposera la marque de fabrique du Floyd par son ambiance spatiale. Un titre sublimé plus tard dans le double Ummagumma. Avec Lucifer Sam (qui a bien dû inspirer quelques psycho-killers récents) apparaît la vraie image du Floyd naissant, un groupe empêtré dans une foultitude de références et visant des univers sonores, visuels et intérieurs encore inexplorés. Un fait marquant quant au crédit des titres : huit sur onze sont signés Barrett. Une Indication qui prouva sans doute que le Floyd n'aurait pas connu la gloire immense qui est encore sienne sous l'égide de cet introverti et que le vrai succès populaire doit plus aux accents poppy de Waters et Gilmour et à leurs tubes calibrés pour les charts. Regardez la tablature ! |
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| Crosby, Stills, Nash and Young | Déjà Vu | ||
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Avec eux, il n'y a pas de mystique, il n'y a aucun prestige fabriqué, il n'y a rien de légendaire, même si l'on rêve encore de Stills et de Young lorsqu'ils réinventaient une certaine forme de beauté avec les autres Buffalo Springfield. Aujourd'hui, ils sont riches, ne recherchent pas la consécration. Elle leur vient tout naturellement parce qu'ils ont énormément de talent travaillent sans cesse pour essayer de toujours faire mieux ne se moquent pas des gens qui les aiment ni de ceux qui les ont aidés. Ils parviennent ainsi à toucher ceux oui ne comprennent pas le sens des mots qu'ils chantent, ceux qui n'entendent que les sons, il suffit de la musique pure, projection quasiment graphique d'une émotion pour que chacun perçoive dans toute son étendue la portée si profondément humaine du chant de ces hommes. Je crois que c'est cela, l'art. |
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| Sly and The Family Stone | Stand ! | ||
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Sly and The Family Stone reste le groupe qui, à la fin des années 60, a créé ce que l'on appelait alors le " psychedelic soul ", mariage du rock sidéral et de la musique noire. Ils sont sept (Sly, voc. Freddie Stone, Id-t, voc. Cynthia Robinson, tpt. Larry Graham, bs, voc. Rosie Stone, o, pi, voc. Jerry Martini, anches . Greg Errico, dms), qui jouent une musique assez spéciale. De très belles chansons ( Everyday People, Stand), une remarquable cohésion vocale et instrumentale ( Sex Machine , instrumental d'un quart d'heure qui met particulièrement en valeur le guitariste Freddie Stone, de longs breaks haletants suivis de tempos déchaînés, une variété de voix qui fait que le disque n'est pas lassant un instant. |
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| Jeff Beck | Beck-Ola | ||
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De nos jours, avec le type de concurrence qu'il y a dans le métier de la musique, il est pratiquement impossible de faire quelque chose d'original. Jeff Beck fut l'apôtre qui a posé les jalons de ce qui, quelques mois plus tard, se nommera " rock progressif " et même le " heavy metal " façon Led Zeppelin. Ce "guitar-hero", remplaçant Dieu Clapton dans les Yardbirds, n'est pas un garçon facile. Musicalement, ses partenaires, tous des fans inconditionnels de son talent, se plaignent du manque de cohérence et de construction de son travail. Il est l'un des précurseurs du son psychédélique, cela se sent dans l'album Beck-Ola, avec toutes les caractéristiques de cette période: flottements, approximations, mais aussi formidable innovation dans l'utilisation de l'instrument: maîtrise du feedback, de la distorsion, du sustain, autant de techniques dont les artistes de la décennie suivante profiteront commercialement de manière prolifique. |
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| Cream | Wheels Of Fire | ||
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Trois petits Anglais, nourris de blues et bien dans leur temps. Ayant fait leurs classes dans les grands groupes britanniques du moment. Jack Bruce et Ginger Baker s'étaient connus chez Manfred Mann et Eric Clapton, ex-Yardbird, avait rencontré Bruce au sein du John Mayall Bluesbreakers. Lorsque les trois musiciens - déjà stars individuellement - s'associent pour créer Cream, au début de l'année 1967, ils deviennent les pionniers d'un nouveau genre musical, le blues rock. L'existence de Cream fut éphémère: à peine deux ans. Et seulement trois albums: Cream, Disraeli Gears et, le plus accompli, Wheels on Fire, un double album dont l'un des deux disques est enregistré en public. Car c'est surtout sur scène qu'il fallait les entendre, dans l'énorme Madison Square Garden de New York. Quelques semaines plus tard, à la fin 1968, ils se séparent. Déjà la fin des illusions ! |
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| Iggy and the Stooges | Raw Power | ||
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Il mérite parfaitement son titre: MC5 à côté, c'est Sinatra, et les Pistols, la reine d'Angleterre. Aujourd'hui, faut être d'humeur pour se taper les deux faces de cet hymne permanent à la saturation: comme musique-à-embêter-les-parents c'est idéal, et parfaitement prémonitoire de l'époque Punk. On comprend l'amitié qui lie Iggy Pop et David Bowie, lequel d'ailleurs a mixé ce disque : Iggy a tout ce qui lui manque, y compris une bonne dose d'inconscience. Bête de scène, exhibitionniste forcené et amateur de gros havanes, Iggy Pop aurait connu un succès plus large si l'image avait pu accompagner ce déploiement de force tendue que le microsillon ne rend qu'imparfaitement. |
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| Steppenwolf | Live | ||
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Tout pour plaire. Oui, John Kay avait tout pour satisfaire le goût de son public pour les héros révoltés mais bandants, les poètes taciturnes qui savent brûler à l'heure de la scène, les dandys sanglés de cuir et drapés de satin noir. Les Hell's Angels ont adopté Steppenwolf : le nom sans doute, évocateur de quelque confrérie des loups. Mais, surtout, la chanson Born to Be Wild, hymne au vent, à l'autoroute, au son grave des Harley " on the run ". Un groupe phénoménal, hard avant l'heure, blues comme il faut, rock and roll toujours, qui aura plus tard l'intelligence de se saborder avant que de sombrer dans l'auto parodie. Vingt ans après, les breaks de Born to Be Wild sont encore intacts, dans toute leur violence et leur nécessaire précision. |
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| MC5 | Kick Out The Jams | ||
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Premier album du MC5, Kick Out The Jams incarne surtout, avec le Raw Power des Stooges. Ici révolte de Detroit et reste l'image d'un certain jusqu'au-boutisme suicidaire. La pochette du disque, où se chevauchent mille images aveuglantes, ne restitue-t-elle pas à elle seule, l'hystérie des samedis soir au Grand Ballroom de Detroit ? Le MC5 fut un groupe unique par la violence (de sa musique d'abord, et par sa tentative, ensuite, d'exprimer par le rock, forme simple appréhendable par tous, un message politique. Il y eut, autour du MC5, à l'époque à laquelle fut enregistré cet album, un mouvement véritable, une prise de conscience, et c'est pourquoi Kick Out The Jams est beaucoup plus que la simple restitution d'un concert : l'ultime témoignage d'un sursaut trop vite annihilé. |
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| AC/DC | Highway To Hell | ||
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Angus Young se balade en culotte courte dans le couloir en répétant deux-trois accords, Malcolm Young, l'autre jeunot, se tape une bière dans le frigo, Bon Scott se racle la gorge une dernière fois avant d'entrer dans le living room et les deux autres font les morioles en attendant le signal de départ. Je ne vous l'ai pas encore dit mais ce soir, AC/ DC joue chez vous, dans votre appartement. Attention, ça commence ! Qu'est-ce que c'est que ce machin-là Highway To Hell, ça s'appelle ! Du tonnerre gravé sur le sillon. Simples comme bonjour, les riffs d'Angus vous propulsent directement au plafond. Au revoir le monde ! La voix rocailleuse de Bon Scott joue au lance-pierres avec vos oreilles clouées au mur. La rencontre deux corps chimiques dons l'éprouvette de Satan. Le meilleur moyen d'emmerder ses voisins. Regardez la tablature ! |
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| Black Sabbath | Paranoïd | ||
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Il n'y a vraiment pas de quoi crier a ou génie, les musiciens en question n'étant pas considérés comme de grands compositeurs. Un bon guitariste, une section rythmique sans reproche qui voudrait faire peur, un chanteur qui ne chante pas très bien, se contentant surtout d'effets vocaux, avec écho, réverb', et tout ce qu'il faut pour impressionner les midinettes. D'ailleurs, ce n'est pas bien grave car Black Sabbath cherche surtout à faire de l'effet justement. Paranoïd en lui-même est un bon titre que les puristes doivent dédaigner ("de la soupe, ce truc") tandis qu'ils doivent apprécier War Pigs et sa construction complexifiée à ravir. Que je les apprécie ou non aucune importance et plus rien ni personne n'empêchera Black Sabbath de devenir très vite l'un des groupes les plus importants de l'avenir. C'en est même inutile de m'engueuler. Regardez la tablature ! |
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