Psychologie Jour 17
JOUR 17

COMPRENDRE

    Au delà de l'anxiété ressentie à l'idée d'une mort pénible et douloureuse, c'est surtout à propos de leur sort dans une autre vie que s'inquiètent les humains. On leur a parlé de récompenses, mais surtout de punitions effroyables. Comme le disait déjà Napoléon, les descriptions du bonheur éternel sont finalement peu attrayantes. Il a donc fallu rendre l'enfer phénoménalement effrayant pour pousser à la vertu. Dans un cas comme dans l'autre, ces deux traitements supposent que les humains posent librement les actes de leur vie, puisqu'on ne saurait ni récompenser ni punir quiconque à agi sous la contrainte. Les humains sont-ils libres?

    Il faut d'abord distinguer la liberté d'action de la liberté de décision (ou libre-arbitre). La liberté d'action existe indiscutablement; il s'agit de la plus ou moins grande capacité d'agir que chacun de nous possède. Un bébé en a moins qu'un adulte: il ne peut guère se servir à lui-même son biberon et mourra si on ne prend soin de lui. Certains adultes en ont plus que d'autres: impossible de se livrer au patinage artistique si on a les deux jambes cassées. Là n'est pas le problème.

    Décidons-nous librement du cours de nos actions? La plupart d'entre nous le pensent et, pourtant, il n'en est rien. Vous savez que vos actes sont déterminés par vos émotions et/ou le hasard, c'est à dire l'enchaînement inéluctable des causes qui échappent à notre perception et à notre contrôle. Vous portez aujourd'hui une cravate rouge. C'est bien vous qui l'avez mise. Mais, si vous possédez cette cravate, c'est que votre tante Germaine vous l'a offerte à Noël; la tante Germaine a remarqué cette cravate un jour que, n'ayant rien de mieux à faire, elle erait dans un centre commercial; la cravate a été tissée par un chinois du nom de Ling Tao, mis au monde trente ans auparavant par ses père et mère qui, neuf mois auparavant, avaient connu une nuit d'ivresse qui, après tant d'autres infructueuses, aboutit à la conception de Ling Tao. Hasard!

    Revenons à votre cravate. Auriez-vous pu en mettre une autre? "Bien sur", dites-vous, "j'en ai au moins trente à ma disposition". Vous avez théoriquement raison, mais comment en êtes-vous arrivé à celle-là? N'est-ce pas parce que vous en avez eu le désir (émotion fondamentale), que vous avez voulu la mettre? Ce désir a été créé automatiquement par l'idée qui vous est passée par la tête: "Tiens, la rouge ira bien avec mon complet et ma chemise". Cette idée a tout déclenché et vous l'avez eue, vous ne vous l'êtes pas donnée. Nous pensons tous, mais nul ne se fait penser. L'idée déclenche l'émotion et l'émotion, l'action. Vous deviez absolument, avec les idées que vous aviez en tête à ce moment, mettre cette cravate et nulle autre. L'avez-vous nouée librement? Personne ne vous a forcé, c'est vrai. Mais vous y étiez intérieurement forcé par les idées que vous avez eues et que vous n'avez pas choisi d'avoir. Les humains ne sont pas plus libre que le chien bien dressé qui suit inlassablement la piste du fugitif. Nous suivons immanquablement la piste de ce qui nous apparaît avantageux pour nous, sans jamais en pouvoir dévier.

    Si vous commetez des actes nuisibles aux autres ou contraires aux lois de votre milieu et que vous vous faites prendre, on vous pénalisera sans doute (amende, prison, etc..). L'aurez-vous mérité? Nous ne méritons rien, puisque notre liberté de décision n'est qu'un mythe. Mais, si vous étranglez ma femme, je souhaite qu'on vous arrête et qu'on vous impose une peine qui puisse contribuer `avous dissuader de recommencer. Cette peine rendra peut-être probable la naissance dans votre esprit de l'idée: "Mauvaise affaire pour moi d'étranler les femmes des autres ou même la mienne". Si cette idée vous habite, vous n'aurez plus le désire de vous livrer à cette activité et les femmes pourront dormir tranquilles.

    C'est finalement parce que nous ne nous donnons pas nos idées que nous ne sommes pas libres. Il nous est possible de modifier nos idées et croyances (c'est tout le propos de ce cahier). Mais encore faut-il que nous vienne dans la tête l'idée que c'est une idée d'y travailler. Ni moi ni personne ne peut vous faire penser ainsi. L'idée vous viendra peut-être: je ne peux vous en offrir que l'occasion.

    Pas de liberté, pas de récompense ni de châtiments éternels. Reposez-vous donc!

VÉRIFIER

COMPLÉTEZ LES PHRASES SUIVANTES:

1- La liberté d"action _______________.
2- Nous ne prenons _______________ décision.
3- Nos actions sont _______________ par nos émotions.
4- Certaines autres de nos actions sont déterminées par le _______________.
5- L'émotion est causée par l'_______________.
6- Nul ne fait _______________ de telle ou telle manière.
7- Nous ne _______________ pas nos idées.
8- Il est cependant possible de travailler à _______________ des idées.
9- Pour entreprendre ce travail, il faut avoir l'_______________ que c'est  une bonne idée de le faire.
10- Les humains ne méritent _______________.

S'EXERCER

Répétez-vous intérieurement dix fois au cours de la journée:

"Je fais ce que je veux, mais je ne me fais pas vouloir ce que je veux"

AGIR

1- Expliquez à une autre personne le contenu de cette journée. Répondez à ses immanquables objections.

CONTRÔLER

1- Avez-vous  fait l'exercice mentionné sous la rubrique S'EXERCER? OUI ou NON?
2- Avez-vous posé les gestes mentionnés sous la rubrique AGIR? Que constatez-vous?

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Réponses de la section vérifier:

1- existe 2- aucune 3- déterminées 4- hasard 5- idée
6- penser 7- choisissons 8- changer 9- idée 10-rien

*****
À demain

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