chateaux de mezarnou et brezal

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14 - LES CHATEAUX : MEZARNOU et BREZAL

          Si les manoirs étaient nombreux à Plounéventer, par contre deux châteaux seulement méritent vraiment cette appellation. Mézarnou et Brézal ont vécu les mêmes tribulations. Datant à peu près de la même époque, ils ont connu des jours heureux et furent tous deux victimes des assauts des révolutions. Mézarnou reprends vie dans ces ruines, Brézal a eu de la chance de se voir relever par la famille Le Roux et continue aujourd'hui une nouvelle vie, dans ce coin si pitoresque de Plounéventer et qui attire grand nombre de visiteur.

MEZARNOU
:

  Parcevaux de Mezarnou 

Août2001 - Photo Ch. JEZEQUEL


          A l' entrée de Plounéventer, un peu à l' écart de la  route, un manoir tombe en ruine. Pierre après pierre, l' édifice se désagrège.
          A l'origine pourtant,la demeure seigneuriale comptait parmis l' une des plus belles gentilhommières du XVI ème siècle. Le château était entouré d'un long et haut mur qui enfermait 17 hectares 30 ares de terres; c'était le parc. Près du château se trouvait un vivier. L'entrée principale était l'avenue qui, traversant la route de Plouédern, continuait en direction du Sud-Est et aboutissait au château d'eau actuel de Croas-Hir, sur la route de Saint-Servais. On voyait encore, à la fin du siècle dernier, la maison de garde à côté de la route. Là aussi devait se situer la croix de Mézarnou.
           Tout autour du château s'étendait un grand bois. En 1738, l'état civil de Plounéventer enregistrait la naissance d'un enfant dont les parents travaillaient comme sabotiers au bois de Mézarnou. Les loups et les sangliers y étaient nombreux. A l'Ouest du château s'étendaient de vastes marais où se faisait la chasse aux oiseaux.
          Chaque château, ou à peu près, avait son moulin. Mézarnou avait le sien à Penhoat. Lorsque Mézarnou fut construit au 16ème siècle, les eaux qui descendaient des marais vers Bourlogot, furent détournées de leur cours naturel et dirigées, au moyen d'une profonde tranchée aujourd'hui couverte, vers l'étang de Penhoat pour alimenter le moulin du château.
    Le château d'après Paul de Courcy, a été construit au milieu du 16ème siècle par Yves de Parcevaux et Jeanne de Bouteville. A l'origine, il se composait de deux corps de logis en triangle, clos par des portes cochères. Les deux corps de logis existent toujours, mais celui de l'Ouest a été endommagé et démoli en partie au pignon Sud où il se termine par un Pavillon hexagonal dont quelques marches d'escalier exisitent encore. Les façades Nord et Ouest sont en rnoëllons, le reste en pierres de taille. Les cheminées de la salle à manger et de la cuisine, de toute beauté, sont encore visibles. Un pavilion carré accosté d'une tourelle situé entre les deux corps de logis, renferme un immense escalier dont chaque marche, d'une seule pierre de trois mètres de long. Dans la cour d'honneur il ya une vasque de trois mètres de diamètre et d'une seule pierre; elle recevait un jet d'eau qui yarrivait de la fontaine de Saint Néventer.
          La chapellese trouvait au Sud à 100m du château, dans un champ appelé aujourd'hui Park ar Japel; elle a disparu ainsi que le colombier qui est signalé dans l'acte de vente de 1720.

          Grâce aux précieux renseignements recueillis par Monsieur Simon, recteur de Plounéventer, nous pouvons suivre la généalogie de la famille de Parcevaux longtemps propriétaire du château ainsi que l'histoire de celui-ci au cours des siècles.
          La famille des de Parcevaux est très ancienne et portait le titre de Seigneurs de Mézarnou bien avant la construction du château.
          En 1091, Pierre André de Parcevaux épouse Sybille de Trogoff. En 1145, Ollivier de Parcevaux fit une donation à l'Abbaye du Relecq. En 1173, son fils Jehan ratifie cette fondation et l'augmente pour faire, prier pour sa mère, Marguerite Anne de Kerouzéré. En 1250, Pierre de Parcevaux accompagne sire de Chateaubriant en Terre Sainte avec saint Louis et le Duc de Bretagne et est fait prisonnier à Mansourah. En1297, Pierre de Parcevaux, fils de Jehan, est à Lesneven au conseil du Duc de Bretagne. En 1360, Jehan de Parcevaux parait à la montre passée par Duguesclin à Pontorson (Manche). En 1393, Tanguy de Parcevaux, seigneur de Mézar nou, épouse Odile de Kerlouan. Le fils de ce dernier, Allain, fut secré taire de Jean V de Bretagne. Il épousa Jeanne de Prat-Hir et eut une fille, Marguerite et un fils, Maurice. En 1742, celui-ci épouse Typhaine de Campir et eut un fils, Yves qui épousa en premières noces Marie de Kergrannec. De ce mariage naquit Jeanne de Parcevaux qui épousa, en 1507 Jean Barbier, sieur de Kerjean. Devenu veuf, il épousa Jeanne de Kerven de Ploudaniel et mourut en 1519. De ce mariage naquirent cinq enfants: Maurice, François, Jean, Prigent et Louise. François fut Grand Vicaire de Léon et recteur de Plounéventer de 1550 à 1562. Maurice, l'ainé, épousa Jeanne de Prat-Hir et mourut en 1571. Son fils Yves, seigneur de Prat-Hir, épousa Jeanne de Bouteville le 20 mars 1554. C'est lui qui fit bâtir le château de Mézarnou. La seigneurie de Mézarnou est donc très ancienne. Qu'était Mézarnou avant la construction du château dont on voit aujourd'hui les ruines ? on ne le sait.
          Yves de Parcevaux mourut et ses deux filles décédèrent, au berceau. Jeanne de Bouteville épousa en secondes noces, en 1559, Claude de Goulaine. Elle mourut en 1574.
          A la mort de Yves, Maurice de Parcevaux s'établit à Mézarnou à la place de son frère. Il épousa Françoise de Carné, cousine de Jeanne de Bouteville. De ce mariage naquit Hervé de Parcevaux. Celui-ci épousa en premières noces une demoiselle Paré qui le laissa veuf et sans enfant . En 1591 Hervé épousa, en secondes noces, Renée de Coêtlogon, veuve de Lancelot de Chevoir qui avait une fille, Marie, qui sera enlevée, comme nous le verrons plus loin, par La Fontenelle.
          Allain de Parcevaux fut seigneur de Mézarnou. En 1613, il épousa Suzanne de Guénadeuc, veuve de François de Kersauzon depuis 1610. Il n'eut qu'une fille, Françoise, et mourut en 1817. Sa veuve se remaria au seigneur Jean de Kerliver, de Hanvec, en 1623, dans la chapelle de Mézarnou. La fille d'Allain de Parcevaux épousa messire René Barbier du château de Kerjean en 1630. Ils eurent un fils, Joseph René. Françoise de Parcevaux mourut en 1688. Sa petite fille, Gabrielle Henriette Barbier, épousa, en 1689, Alexandre de Coatanscour, mais elle mourut en 1703. Le 23 avril 1720, ses héritiers vendirent Mézarnou, probablement pour liquider l'héritage. Avec Mézarnou furent aussi vendus Keraudy, Kergréguen et Penhoat, le tout pour 587.000 livres au sieur de Poinçonneau. La fille de celui-ci, Pétronille, épousa Jean Louis Bédé de La Granville, du diocèse de Vannes. Mézarnou resta propriété de la famille de Granville jusqu'à la Révolution. Jean Bédé n'habita pas le château mais le loua. Jusqu'en 1749, la famille Toullec l'occupa comme fermiers. Lorsque cette famille disparut, les Abhervé-Guéguen s'y établirent comme locataires.
          A la Révolution Mézarnou fut vendu comme bien national et la ferme fut achetée par Bonaventure Ollivier. Après le Concordat, Monsieur Ollivier se décida de ce défaire de ce bien mal-acquis. Il trouva des fermiers pour l'acheter " en sureté de conscience". La famille Abhervé-Guéguen devint alors propriétaire de Mézarnou en 1806. Une fille Abhervé-Guéguen épousa Jean Marie Martin qui fit passer la propriété à ses enfants.
          En 1985, une moitié du château et des terres appartenaient à la famille Martin. L'autre moitié du château, seule partie habitable, ainsi que 1'autre moitié des terres ont été vendues en 1960 Monsieur Louis Appéré par Mademoiselle Jaffrès, en Religion Soeur Marthe , religieuse de Saint-Joseph de l'Apparition de Lyon. Depuis le mois de Janvier 1970, cette partie est devenue propriété de Monsieur Joseph Le Goff, de Poulmarch.
          En 1995, partagé entre trois propriétaires ( la Société d'Histoire et d'Archéologie du Finistère, Joseph Le Goff, Roget Aballain ), le manoir a fait l'objet de nombreuses propositions de rachat en vue d'une réabilitation, sans qu'aucune  n'aboutisse. Pourtant une initiative relance l'espoir de le revoir un jour dans ses atours d'origine. A suivre...

Août2001 - Photo Ch. JEZEQUEL

Façade Arrière - Août2001 - Photo Ch JEZEQUEL

Août 2001 - Photo Ch JEZEQUEL


Le Pillage de Mézarnou - Le Rapt

 

Du Liscouët ( ou Liscoët ) fit le pillage de Mézarnou,La FONTANELLE en enleva la fille.

          On attribue le pillage de Mézarnou à Du Liscouët . " Un traité fait par le Marquis de Sourdéac, gouverneur de Brest, imposait à tous de payer une certaine somme au Roi, pour monter qu'on était de son parti, sous peine d'être molesté, ravagé et fait prisonnier ". Il fit bannir que tous les habitants devaient être soumis au roi le 1er août 1594 pour 2h00 de l'après midi et avoir prêté serment de fidélité. Mr de Parcevaux avait l'intention de s'y soumettre et voulait faire lui-même le voyage de Brest. Il avait même demandé à son ami Du Liscouët de l'y accompagner. Celui-ci avait promis, mais par traîtrise, il fit remettre à Hervé de Parcevaux son voyage de jour en jour, si bien qu'ils arrivèrent trop tard à Brest. Le délai était expiré, d'où le pillage de Mézarnou.
          Du Liscouët était un grand capitaine, mais homme dépourvu de conscience. Quoique frère de l'évêque de Quimper à cette époque ( 1582-1614 ), il se fit calviniste pour épouser la femme qu'il aimait " préférant dit le chanoine Moreau, faire banqueroute à Dieu et à son salut qu'au beau nez d'une femme ". Comme ami de la famille de Parcevaux, du Liscouët avait reçu différentes fois l'hospitalité à Mézarnou. Il avait donc pu admirer la belle installation de cette demeure, et comme il était fourbe et avare, il devait se réjouir le jour où il fit arriver Mr de Parcevaux en retard à Brest, à la pensée qu'il aurait le plaisir de voler et saccager le château.
          Le soir du 1er août 1594, Du Liscouët vint donc à Mézarnou où il devait diner. Hervé de Parcevaux alla à sa rencontre jusqu'à Landerneau. Le souper fut gai et Du Liscouët ne cessa de témoigner de l'affection au seigneur de Mézarnou ... Mais aussitôt le souper fini, au moment d'aller se coucher, il met la main au collet de son hôte et le fit prisonnier. Il fut enfermé avec les siens dans la petite salle Est, contigüe à la salle à manger. Du Liscouët et ses gens se livrèrent alors au vol et au pillage. Connaissant la maison, il leur était facile de découvrir ce qu'il y avait d' intéressant. Ils emportèrent toute l'argenterie et ce qu'il y avait de précieux. Bien plus, ils pillèrent les églises de Plounéventer et de Lanneufret, Plouédern et Trémaouézan emportant les croix, calices et ornements que ces paroisses avaient déposés à Mézarnou comme en lieu sûr.
          Hervé de Parcevaux fut conduit à Brest et mis en prison. Il ne fut relâché qu'après 6 mois de cachot et avoir payé une rançon de 9.500 écus à Monsieur de Sourdéac.
          La paix revenue, Hervé de Parcevaux intenta un procès à la veuve Du Liscouët, en 1603. Dans sa requête il exposa toutes les circonstances du pillage et fit monter la valeur de ce qui avait été pris chez lui à la somme de 70.000 écus. Ce procès dura longtemps, puisque 20 ans après, on voit Françoise de Parcevaux, petite fille d'Hervé, s'en occuper encore. Obtint-elle gain de cause ? C'est fort peu probable.

 

Le Rapt de Marie le Chevoir par la Fontanelle.


          La Fontanelle, de son vrai non Guy Eder, était originaire de la paroisse du Vieux-Bourg de Quintin ( Côtes-D'Amor ). Né en 1572, il fut envoyé de bonne heure à Paris, au collège Boncourt. Il s 'y trouvait en 1587 avec le chanoine Moreau. A cet âge, il donnait déjà des indices d'une vie dépravée. Rentré en Bretagne, il forma une bande de jeunes gens dont il prit la tête et dans laquelle il reçut des pillards. entreprenant et hardi, il pilla d'abord les bourgades, puis les châteaux.
          En 1593, il s'empara du château du Granec, en Collorec et s'y installa. De là, il effectuait des expéditions dans les pays environnants. Il pilla Landerneau et visita probablement alors Mézarnou. Il prit aussi à cette époque le château de Coatfrec, près de Lannion. Délogé de ce château, aujourd'hui en ruines, il alla habiter l'île Tristan, près de Douarnenez. De là, il voyageait et pillait. Il détruisit Penmarc'h et se conduisit d'une manière ignoble à Pont-Croix. Le chanoine Moreau dit qu'il vola plus de 200.000 écus, tua plusieurs hommes, violant partout femmes et enfants. " De l'île Tristan, dit encore Monsieur Moreau, il fit une expédition dans le Léon et enleva la fille de Mézarnou, Marie Le Chevoir, âgée seulement de 9 ans. Il la conduisit à son île, la prit pour femme malgré son jeune âge ". Cet épisode date probablement de 1595. Il restera longtemps gravé dans la mémoire des Bas-Bretons qui, deux siècles plus tard, chantaient encore la complainte de leurs amours, car La Fontanelle aima toujours Marie, fit son possible pour la rendre heureuse et celle-ci à son tour, sera d'un dévouement extraordinaire pour son mari, dans des circonstances difficiles.
          Mais La Fontanelle ne se corrigea pas. En 1602, il fut roué vif à Rennes pour avoir participé à la conspiration du maréchal de Biron. Il n'avait que 30 ans. Sa femme le pleura et le suivit peu de temps après dans la tombe. Elle est morte, en 1603,au château de Quénéquan, paroisse de Merléau, Côtes-D'Amor, minée par le chagrin.
          Le rapt de Marie Le Chevoir par La Fontanelle nous a valu deux chansons populaires recueillies par Monsieur de Kergariou qui les communiqua en 1833 et 1835 à Monsieur de Frémenville qui en reproduisit une et Monsieur de La Villemarqué une autre. Voici les premiers couplets de " Fontanella ", tiré de " Barzas-Breiz "- il y a 29 couplets. On peut chanter sur l'air du cantique breton: " E sakrifis an oferenn, Jezuz a ra d'e veleien..."
1
Fontanella, a barrez Prat,
Braoa mab a wiskas dilhad,
En deus lammet eur bennerez
Diwar barlen he maguerez.
2
Pennerezig, d'in lavarit
Petra er c'hleuz-se a glaskit ?
Klaskout aran bokejou hanv
D'am breurig maguer a garan.
3
D'am breurig maguer a garan
Klaskout aran bokejou hanv
Hogen aoun 'm euzken a granan
Na erruje Fontanellan.
4
Pennerezig', d'in lavarit
Fontanella a anavezit ?
Fontanella n'anavezan ket
Klevet komz anean 'm eus gret.
5
Klevet komz anean 'm eus gret,
Laret oa gwal botr 'm eus klevet
Laret penaos e lamm Merc'hed...
ha dreist holl pennerezed.
6
Tre e ziou vrec'h he c'hemras,
Hag he briata a reas,
Hag var lost e varc'h he zaolas
Ha da Sant Malo he c'hasas.

          La deuxième version, reproduite par de Villemarqué comporte 37 couplets. Dans plusieurs de ces couplets, il est question du Roi. Henri IV avait, en effet, en grande estime La Fontanelle et le considérait comme un homme de valeur. "I1 l'absout de tous ses crimes, maléfices, prises de châteaux et de l'enlèvement de la fille de Mézarnou." La Fontanelle aurait pu devenir une des belles figures de l'Armée française si, dans sa fougue, il ne s'était pas lancé dans la conspiration du maréchal de Biron. La critique a été sévère pour lui, et peut-être même trop sévère. Dans les Côtes-D'Amor, où il habitait au château de Coatélan, avec sa femme, Marie Le Chevoir de Mézarnou, malgré sa conduite honteuse, il est resté très populaire... " S'il fit le mal, il dut aussi faire le bien."
  

Août 2001 - Photo Ch JEZEQUEL Vue intérieure - Août2001 - Photo Ch JEZEQUEL Août2001 - Photo Ch JEZEQUEL Vue intérieure - Août2001 - Photo Ch JEZEQUEL Vue intérieure - Août2001 - Photo Ch JEZEQUEL Vue intérieure - Août2001 - Photo Ch JEZEQUEL

Restauration du Château:

Avril 2004 - Photo Ch JEZEQUEL
avril 2004
Avril 2004 - Photo Ch JEZEQUEL
avril 2004

 

Avril 2004 - Photo Ch JEZEQUEL
avril 2004
Avril 2004 - Photo Ch JEZEQUEL
avril 2004
Avril 2004 - Photo Ch JEZEQUEL
avril 2004
Avril 2004 - Photo Ch JEZEQUEL
avril 2004



LE CHATEAU DE BREZAL:

ETYMOLOGIE.
Il y en a deux:

1) BREIZ, hauteur - AL, autre : " autre hauteur.
C'est l'étymologie donnée par Mr Daniel dans son livre " Etymologie des noms bretons, gallois,et celtiques." Le Roi Morvan habitait le château de La Roche et fît demeurer son fils sur une autre hauteur qui serait Brézal.


2)
Monsieur de Kerdannet avance une autre version. " Une ancienne chanson bretonne apprend qu'au 9ème siècle le Roi Morvan avait tenu un siège dans son château de La Roche contre un lieutenant de Louis Le Débonnaire qui s'était retranché derrière le château de Brézal, dans un lieu nommé " Camp Loïs ". Un grand nombre de Bretons ayant déserté leur prince pour passer a l'ennemi, on donna au château le nom de " Breiz-all " Bretagne opposée. Après la mort du Roi Morvan, en 818, les Bretons élurent pour Roi Viomarc'h, prince de Léon, qui fit une guerre acharnée à la France, fut pris et massacré dans son château de Brézal, en 825.

château de Brézal - Août2001 - Photo Ch. JEZEQUEL

Le chateau de Brézal appartenait au 14ème siècle à la famille de ce nom. Le premier noble portant ce nom est Yves, qui figure à la montre de la noblesse à Gouesnou, le 15 octobre 1378, comme écuyer. Jean ,son fils, y vivait en 1400 et épousa Sybille de Rodalvez.  Derrien, leur fils, parut à Lesneven le 18 février 1426: il épousa Marguerite de La Roche Vincent. Leur fils, Guillaume, vivait en 1438, épousa Isabelle de Kérascoêt. Leur fils, Yvon était en 1479 capitaine des Francs-Archers et époux de Marguerite Auffray. Leur fils Guillaume, devint page de la Reine de Bretagne et épousa Marguerite Le Sénéchal. Il vînt habiter à Brézal et y fit construire le moulin féodal ( aujourd'hui: Restaurant ) à côté de l'étang de Brézal qui a 2 hectares, 30 ares, 90 de surface. La tradition prétend que le fond de l'étang est insondable et que si la chaussée, bien solide, venait à être emportée par les eaux, les habitants de Landerneau n'auraient d'autre solution que la fuite.

château de Brézal - Août2001 - Photo Ch. JEZEQUEL

       

" Pa grenvo chausser Brézal, e vo poent da Landernéis paka o stal "

          En 1553, Guillaume de Brézal construisit la chapelle de Pont-Christ. Elle fut d'abord l'église du château, puis devint trève de Ploudiry sous le nom de Pont-Christ-Brézal. Elle était desservie jusqu'à la Révolution. La chapelle avait été construite en l'honneur de " Dieu et Notre-Dame-de-Secours ". On y célébra la messe jusqu'en 1885; on y fit des enterremens jusqu'en 1882 et on voit encore quelques tombes dans l'enclos. La chapelle est aujourd'hui en ruines.

          Vincent de Brézal, fils de Guillaume, est né le 15 février 1586. Le 6 juillet 1617, il épousa la belle et spirituelle Marie de Coskaer. Ils n'eurent qu'un enfant, Guy, qui épousa Suzanne de Pentrez. Leur fils, Joseph, épousa Françoise Antoinette de la Marnière, de Saint-Malo. Il mourut le 25 septembre 1734 sans laisser d'enfant du sexe masculin. Avec lui s'éteignait le nom des Brézal qui avait brillé pendant 400 ans en ce château.

          Une des fille de Joseph, Bonaventure Julienne, épousa le 25 août 1710, Gilles de Kersauzon. C'est cette maison qui s'établit dès lors à Brézal. De ce mariage naquirent six enfants. En 1646, Jean Jacques épousa Renée de Kérampuil. Il aimait recevoir en son château. On y vit tour a tour, le Duc d'Orléans et Philippe Légalité en 1772, le comte d'Artois en 1773. C ' est de ce temps que doit dater la tradition selon laquelle,  après maints paris, les seigneurs et hôtes s'amusaient à lancer des pièces de 2f ou de 2 écus pour faire des ricochets de la rive droite à la rive gauche de l' étang. On pensait que le fond de l'étang était rempli d'argent. Il est certain que le peuple le crut à un certain moment, et le soir des pardons de Pont-Christ, on a vu plusieurs y plonger dans l'espoir de récupérer quelques pièces. Mais ils plongèpent en vain.

          Dieu ne permit pas que le nom de Kersauzon se perpétuât à Brézal. Du mariage de Jean Jacques de Kersauzon et de Renée de Saisy de Kérampuil, il naquit que des filles. L'une épousa un membre de la famille de Tinténiac, une autre René de Montboucher. Ces deux familles habiteront Brézal de temps en temps et auront leurs appartements particuliers.

          Hyacinthe Joseph de Tinténiac, époux de Marie Yvonne Guillemette de Kersauzon, avait sa résidence à Brézal où il continua les traditions de faste de son beau père. En 1792, Monsieur de Tinténiac émigra et Brézal est déclaré bien national, en octobre de cette année. Le Directoire de Lesneven fait procéder à l'inventaire du mobilier qui est mis sous séquestre. D'après cet inventaire, il y avait dans le château 52 chambres portant chacune son nom, des fauteuils, un billard, de nombreux ustensiles en argent, dont une demi-douzaine de couverts, 34 casseroles à la cuisine, quantité de serviettes, des nappes, des draps.
          Dans l'inventaire on relève aussi des barriques de vins, blanc et rouge, des caisses de vins fins. Il signale également 6 chevaux, 5 vaches, deux boeufs, une meute de 24 chiens. Le Directoire de Lesneven conserva 8 domestiques pour entretenir le château et les paya.

          Le mobilier fut vendu ainsi que les bois, taillis, en février 1793, ce qui rapporta la somme de 28 044 livres. Le château ne fut pas vendu tout de suite, mais mis en location. Mr Madiec le loua pour 800 livres pour 3 ans. Il avait comme condition, de quitter le château à la Saint-Michel qui suivait la vente, si Brézal était vendu.

          Une première vente comprenant le château et le pourpris, eut lieu le 11 therminator an IV. Les acquéreurs étaient Radignet et Dominique Valentin. Le moulin fut vendu le 25 messidor an IV.

          Monsieur Le Tom, de Paris, racheta le tout plus tard et vint par la suite y habiter, honni de tous. Aussi, devait-il s'y trouver mal à l'aise. Venu à Plounéventer comme témoin de la naissance d'un enfant de son secrétaire, il signe sur le registre d'état civil: Roland Le Tom, habitant ordinairement Brézal.
          Il s'empressa donc de mettre en vente la propriété, le 27 ventose an X. En 1808, nouvelle transaction, Monsieur Pouliquen, ancien maire de Brest en est le propriétaire.

          En 1814, la veuve Pouliquen la vend à Joseph Pierre André Malin, capitaine de vaisseau, domicilié à Toulon. En 1818, Brézal passe aux mains de Monsieur Dodin du Breil, demeurant au château de Trébodennic en Ploudaniel, époux de Josephine Malin. Monsieur Dodin du Breil a été maire de Plounéventer de 1830 à 1834. En 1837, Monsieur Denis Véron, Directeur du Constitutionnel, achète Brézal: il voulait être éligible pour la députation dans cette circonscription. N'ayant pas réussit il se débarassa de Brézal en 1847, en la cédant à Mr Guillaume Le ROUX, négociant en toile à Landivisiau ( MR Hervé Pondaven, dans sa " Petite histoire de Plounéventer - 1976 " dit que Monsieur Le Roux était banquier à Morlaix ? ).

         Monsieur Guillaume Le Roux démolit les restants de l'ancien château et fit bâtir l'actuel, une belle maison moderne. Dans le salon, la cheminée vient de l'ancien immeuble. Il en est de même des boiseries en chêne qui garnissent la salle à manger. La petite chapelle édifiée dans le bois, est dûe à Monsieur Le Roux aussi. On ignore où se trouvait la chapelle de l'ancien château, à moins que ce soit celle de Pont-Christ.

          La famille LE ROUX resta propriétaire de Brézal jusqu'en 1979. A cette date, après avoir déjà vendu les fermes des environs: Grande et Petite Métairies, Brézalou..., Vincent Huon de Pénanster,fils de Charles Huon et de Clara Le Roux, mit en vente la Propriété de Brézal qui, cette fois, se trouva divisée en deux lots. Monsieur Robert Gourlaouen, traiteur-restaurateur, acquit le château avec son parc, ainsi que l'étang, le colombier et le moulin, tandis que Monsieur Charles Berrégard de Runpoulzic achetait la majeure partie des bois, y Compris la chapelle.

 

   Caché dans les bois au-dessus de Pont-Christ, le château de Brézal est une belle demeure. Bien que postérieur à la révolution, il ne manque pas d' allure avec ses deux tourelles. Il existait autrefois un autre château à Brézal où en 1777, le comte d' Artois, futur Charles X soupa et passa la nuit au cours d' un voyage qu' il effectua à Brest. Brézal a appartenu à la famille Leroux de qui descendent les Huon de Pénanster. Tous les membres défunts de cette famille, sont enterrés à la chapelle du château, qui domine l' Elorn, et dont on aperçoit le clocheton de la route reliant Landerneau à Landivisiau. Michel de Mauny écrit : " du château de Brézal ne restent que les souvenirs de la vie épicurienne que menaient au XVIII ème siècle le marquis Jean-Jacques de Kersauson et sa femme Marie-Renée de Kérampull dans ce séjour des grâces et des muses où ils se plaisaient à réunir une société élangante et choisie".

LA LEGENDE DES KORRIGANS DE BREZAL

 
   Une légende raconte qu'une châtelaine de Brézal commit l' imprudence d' abandonner ses deux petits-enfants dans leur berceau, pour aller au feu de la Saint-Jean à pont-Christ. Les servantes, tout aussi folles, imitèrent leur maîtresse et laissèrent seuls les enfants. Les Korrigans voyants le manoir désert, volèrent les deux enfants et mirent à leur place deux affreux gnomes velus. A son retour, la dame de Brézal poussa des cris de désespoir, se repentant un peu tard de son étourderie. Puis elle se résigne à élever les deux êtres hideux, espérant que l'on ferait de même de ses enfants.
     les "Korrigans" se conduisaient comme des diablotins d'enfer. Ils braillaient, griffaient, pinçaient quiconque s'approchait d'eux et épuisaient leur nourrice, sans que leur taille augmentât d'un pouce.
     Trois ans passèrent. Ils n'avaient pas grandi et ne prononçaient pas un mot. N'y comprenant rien et subodorant quelque maléfice, la châtelaine s'en fut trouver un sorcier réputé de Saint-Derrien. Sur ses conseils, elle vida autant de coquille d' oeufs qu' il y avait de domestiques et commanda aux servantes d'y tremper la soupe. Puis laissant seuls les Korrigans, elle les épia. Bien étonnée fut elle en les entendant dire : " Nin horz beuz guelet ha da divernou Coat ar Gal, dansal da hanter noz el lech ma benn Brézal, hoguen en hor beuz guelet kenen all " , ce qui veut dire: " Nous avons vu semer les chênes du bois de la salle, dansé à minuit au lieu où est l' étang  de Brézal et cependant dans notre vie , nous n' avons jamais vu pareille chose.
      Ayant la preuve que les deux marmots n' étaient que des très vieux nains, maîtresse et servantes de se jeter sur eux et de leur administer une fessée à en garder des siècles, la mémoire. A leurs hurlements, toute la famille des Korrigans accourut pour reprendre les deux polissons et rendre à la dame de Brézal ses deux enfants frais et roses.

UN TRESOR AU FOND DE L' ETANG ?

étang de Brézal - Photo Ch. JEZEQUEL

étang de Brézal - Photo Ch. JEZEQUEL

      Cet étang a connu beaucoup de drame, noyades accidentelles et quelques suicides.
      Après la délibération, un camion américain est tombé dans l' étang mais on dit qu'avant de se replier sur Brest, les Allemands ont jeté dans l' étang des caisses.
      Plusieurs plongeurs ont tenté de les retrouver mais l'eau est noirâtre et on n'y voit rien.
       De plus, l' étang est relativement profond puisqu' il atteindrait près de dix mètres. 
       Pour le moment, il est donc permis de rêver de trésor !

étang de Brézal - Photo Ch. JEZEQUEL