Nouveaux poèmes (1998-99)

Nouveaux poèmes

(1998-99)








Voici mes derniers écris...Bientôt d'autres suivront, du moins si la muse est clémente avec mes inspirations poétiques !!





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Nouveaux poèmes 1999





La maison bleue


Si près de la route,
Et si retiré du monde,
Cachée par les ombres,
La maison bleue
Illumine la vallée par sa beauté.


Les fleurs fanées, l'herbe haute,
Le chemin biscornu et bosselé qui l'approche
S'abandonne à la nature,
Les orties envahissent ce qu'il y reste de vivants.


Un coup de vent balaie la vallée,
Le portail s'ouvre et m'invite.


Le pas hésitant, la tête basse,
Les yeux rêveurs, les narines éveillées,
Je m'évade dans cet îlot de bonheur,
Un retour sur ma mémoire meurtrie.


Silence.


Les couleurs pastels des volets fermés côtoient
Les fissures des colombages
Et les moisissures des murs fatigués,
La rose et le rouge ont disparu de cet endroit.


La façade arc-en-ciel de la bâtisse
Cache la froideur intérieure,
Araignées et fourmis en sont les derniers survivants,
Le noir poussiéreux est le maître des lieux.


La maison a brûlé, la passion a fui
Elle n'est plus que cendres et pleurs,
C'était mon premier amour,
Je retourne sur mes pas,
Dans le droit chemin.



Cyril SuquetMai 1999.





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Au pied du mur


Trou noir.
La tête dans les nuages,
Je lève les yeux au ciel,
Face à cette masse immobile.
Le sommet semble inaccessible,
Je ne l'aperçois même pas.
L'air me trouble,
Mes mains tremblent,
Mes ongles s'accrochent,
Mon corps a froid,
Mes yeux décrochent.
Je m'agrippe à cette roche sans état d'âme,
Je me fixe de nouveaux points à atteindre.
Quelle folie m'a entraîné en ce lieu,
Quel délire m'a précipité dans ce défi ?
Je ne crains pas la chute,
Je l'ai imaginé.
C'est l'escalade.
La tête dans le brouillard,
Mes pieds dérapent,
Un fil me tient, un crochet me soutient,
Je vois défiler ma vie,
Un condensé d'essentiel en quelques secondes,
Un rien la retient.
A tout moment, mon destin peut basculer,
Je ne suis qu'une poussière collée à cette montagne,
Si elle décide de se débarrasser de ma présence,
Je n'aurais qu'à suivre son chemin.
La peur au ventre, je n'avance plus,
Je ne trouve plus de prises,
Je me lance dans le vide.



Cyril SuquetMai 1999.





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Caresse d'un clair de lune


Le sable vogue au vent, la vague à l'âme,
Doucement, la nuit se laisse aller,
Nous sommes allongés sur ce lit douillet,
Seuls, les yeux rivés sur l'horizon scintillant,
Les sentiments emportés par les courants,
Ce tableau bleuté est notre sésame.

Sur la plage abandonnée, emportés par un tourbillon de caresse,
Nos coeurs dérivent sur un radeau,
Les grains de sable accompagnent notre lune de miel.
Nos deux corps enlacés sortent la tête de l'eau,
Le coucher du soleil nous émerveille,
Nos émotions prient pour que jamais cela ne cesse.
Les vaguelettes nous bercent tout doucement :
Elles lèchent nos pieds engourdis,
Elles effleurent nos sens assoupis.
Nos paupières se ferment lentement, très lentement.

La plage s'est éteinte, les coquillages se pressent sur le rivage étoilé,
Des petits crabes amusés flirtent avec nos pieds.
La mer se retire, effleurant le sable coloré, sans bruit,
La lune veille, la brise se lève, sifflant minuit.
Nos mains liés par le sort, se sont endormies.
Nez à nez, nos souffles contemplent nos coeurs épris.

Le soleil se lève et pose son regard sur le lit satiné.
Les jeunes mariés se sont évanouis,
Une vague de tendresse s'est présentée ,
La mer les a surpris,
Noyés dans un bonheur salé,
La mer les a repris.



Cyril SuquetFévrier 1999.





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Effets de style


Yeux dans les yeux,
Le regard parfumé,
Les paupières s'illuminent.

Nez à nez,
La respiration subjuguée,
Les vibrations s'emballent.

Bouche à bouche,
Le souffle coupé,
Les lèvres songent.

Main dans la main,
Les doigts évadés,
Les bras roucoulent.

Pied sur pied,
Les poils hérissés,
Les orteils frémissent.

Corps à corps,
La peau enflammée,
Les sens s'affolent.



Cyril SuquetFévrier 1999.





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Envolées noyées


Calme plat sur la plage.
Le temps des rêves et des conquêtes est effacé.
L'heure des constructions de l'esprit, des mirages
N'est plus à la page, c'est oublié.

Quinze ans après, loin du tumulte d'antan,
Les envies de ras de marée
Sont enfouies dans les souvenirs du bel âge,
Qu'est devenu cet ouragan ?

Les rives passent avec le temps,
Les poissons nagent sans envie de grêve,
Il n'y a plus de courant
Dans le moulin à rêves.

Des années se sont écoulées,
L'eau a poursuivi son chemin,
La rivière a continué de couler,
Elle ne soucie plus du lendemain.

Des barrages ont fait surface,
Calmant les tourbillons et les vents d'audace. L'eau claire et ambitieuse
Est devenue sage et silencieuse.

La conscience est rentrée dans le rang,
Les poissons sont partis dans les filets,
Les eaux troubles n'ont plus versé de sang,
Les envolées se sont noyées.



Cyril SuquetJanvier 1999.





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Retraite sur fonds sonores


Retraite à demi-mot,
Dans le silence et l'oubli,
Au rythme de la vie des autres,
Aux mouvements répétés sur fonds sonores.

Le flot continu des cylindrés sur le cratère autoroutier,
La valse intempestive du vent dans l'air du temps,
Les gouttes de pluie sur la fenêtre, qui m'épient,
L'écho lointain de paroles sournoises,
Le bourdonnement des mouches qui suivent mes mouvements,
Le murmure de pas douteux des voisins dans la nuit,
Le ronronnement insolent du chat épanoui,
La musique que je n'écoute plus depuis longtemps,
La télévision qui vie davantage que je ne puis l'envisager,
Le facteur qui ne sonne que pour les impôts,
La sonnerie du téléphone des autres,
Le café au goût amer qui se fait,
Le cri des enfants dans la rue,
Les chuchotements de ma bouche endormie,
Le tic-tac alarmant du réveil.

Mon âme qui ne dort plus
Et qui réveille ma conscience,
Sommeille au chaud avec mes pantoufles.
Je ne vis dans le silence et l'oubli,
Que de fonds sonores,
Je ne suis plus qu'un fond sonore par procuration,
Je ne suis plus qu'une ombre vivante en sursis.



Cyril SuquetJanvier 1999.





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Nouveaux poèmes 1998





Plus bas que terre


Descente, déchéance,
Lente et rampante.
Destitution sociale,
Destruction physique,
Lente et nauséabonde.
La mort pointe son nez,
Au coin d'une rue,
Par hasard,
Au bout du tunnel,
Comme un lézard,
Sans lumière, sans espoir,
Aucun.
La vie est partie,
Sans repères,
Par peur, elle s'est enfuie.
L'enfer sur terre
N'est pas utopie,
Il a ses réverbères.

La nuit, sans cesse,
Même au lever du jour.
Décadence, déchirement,
Fin des cadences,
Descente au rythme chaotique
Rapide et sure.
La faim s'annonce,
Les regards s'écartent,
L'indifférence circule,
Les yeux dans le brouillard,
L'âme coulée dans les eaux usées.
Terré, humilié,
Oublié,
Plus bas que terre,
La malédiction se prononce,
Avec l'assentiment de la rue.
Rideau.



Cyril SuquetJanvier 1998.





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Partie de chasse


Chemin faisant,
Deux chasseurs du dimanche
Avancent tant bien que mal
Dans l'univers forestier.
Rien ne les arrêtera,
Dans leur quête de sensations fortes,
Pas même le froid,
Pas même l'odeur nauséabonde du sang coagulé,
Pas même la peur d'une mauvaise rencontre.
Au moindre bruit suspect,
Ils se terrent dans des trous de souris;
Les taupes font la conversation
A ces convives de dernière heure.
Un battement d'ailes sous les feuillages
Et c'est le feu d'artifice !
Un jaillissement de couleurs,
Du vert au marron glacé.
Pauvres bougres !
Il ne s'agissait que d'un coup de brise
Des coups de feu pour du vent en somme,
Histoire de ne pas rouiller le fusil,
Histoire de tuer le temps,
Histoire de ne pas se refroidir,
En attendant mieux, en attendant le moment propice,
En attendant la récompense tant convoitée.
Les deux chasseurs se fondent dans la nature,
A croire qu'ils veulent passer inaperçus !
Les oiseaux se fendent la poire,
Ils ont l'air de deux pommes,
A moitié pourries, complètement givrées.
Chemin faisant,
Les deux lascars reprennent du service
Et scrutent l'horizon sans trop de conviction.
A peine relevés de leurs émotions,
Le premier marche royalement dans un crottin tout frais,
Le second s'éclate de rire comme une chasse d'eau,
Réduisant à néant leurs efforts de discrétion :
Deux vraies chèvres ces chasseurs !
Il leur faudrait des échasses
Pour se voir ainsi ridiculisés.
Le bruit court alors dans la forêt
Que deux clowns tentent désespérément
De réussir leur numéro de chasse,
Ils sont devenus la risée de la faune
Qui ne voudrait pas rater ce spectacle hilarant.
Le doute et le regret s'installent chez les deux compères :
Quelle poisse cette chasse,
C'est vraiment la chiasse,
Autant aller à la pèche,
Assis sur une chaise,
Le châssis au chaud.
Le poisson, ça mord et ca joue
Sans se déplacer,
Sans se cacher,
Sans se chercher !
Refroidis par leur chasse à cour,
A cour de victuailles,
Réchauffés par la crasse
Qui a pris possession de leurs déguisements,
Démunis, dépités et sans recours,
Les deux aventuriers des temps anciens sont à la masse,
C'est sûr, ils vont rentrer bredouille !
Aucun gibier en vue,
Aucune âme qui vive,
Juste deux troubadours qui survivent,
Et demeurent sans voix
Dans le noir silencieux.
Aucun animal à perte de vue,
La faune est sans pitié,
Pour ces deux fauves d'une autre nature.
Chemin rebroussant,
Les deux chasseurs de tête oublient leur mauvais sort,
Chassent leurs idées noires,
Et rentrent la tête vide dans leur tanière
Avec des rêves de grillade envolés.



Cyril SuquetJanvier 1998.





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A la limite


Vivre en marge, à la limite,
Un songe qui me frôle, parfois,
Une idée qui me dérange, souvent,
Et pourtant tout ce qui m'entoure
Est parfaitement délimité, minuté, cloisonné,
J'en connais les frontières,
Je vis avec ses limites, sciemment.
Si un jour, la vie m'offrait,
Inconsciemment, naïvement,
De vivre à la frontière,
De passer dans l'au-delà,
Je m'y engouffrerais, sans raison
Je m'y donnerais, sans limite,
Et m'envolerais, libre,
Au-delà des limites et des frontières,
A la découverte de nouveaux horizons,
Je deviendrais une âme sans frontières.
Mais ce jour n'est pas venu,
Les frontières me rappellent à l'ordre
Et je me limite a cet univers clos
Qui m'est imposé, sans lueurs d'espoirs.
Vivre en marge, un jour peut-être,
Une nuit, sûrement,
A la limite.



Cyril SuquetAvril 1998.





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L'envol



Par bleu, que je l'envie !
Sans voix, l'oiseau s'envole
Au rythme de la viole,
De peur qu'on ne le vole
Et qu'on ne lui viole
Sa liberté : va, vit !

Quitter la terre noire,
Immaculée de sang.
Partir pour ne plus voir
La terreur du non-sens.
Où fuir ? Dans quel sens,
Sans suivre l'entonnoir ?

Ciel d'azur, quelle envie !
Par monts et par ailes,
Son cri sonne la révolte,
Son chant d'hirondelle
Résonne et virevolte.
Aux cieux, ciel, il revit !



Cyril SuquetMars 1998.





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Je vous ai



Je vous ai
Aimé, adoré,
Adulé même.
Je vous ai
Tout donné,
Vous m'avez courtisé,
Je me suis sacrifié,
Étranglé à la tâche même.

Je vous ai
Soutenu sans relâche.
Nous avons tout connu,
Tout vu ensemble
Et aujourd'hui, vous me lâchez
Vous m'ignorez,
Vous me trahissez même.

Je vous ai
Légué mon savoir,
Je vous ai
Servi de butoir,
j'ai été votre miroir
Et sans même vous avoir déçu,
J'ai été déchu,
Qui l'aurait cru ?

Quand je revois notre longue route,
Je me dis que j'aurais dû appréhender
Les virages par trop sinueux,
Les secousses qui annonçaient la déroute.
A l'approche du temps orageux,
J'aurais dû alors partir.
Mais il y avait tant de chemin encore à parcourir
Vous m'avez abandonné en cours de route.
Je vous hais.



Cyril SuquetAvril 1998.





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Franco(phonie) de port



La Francophonie
De Nice, de Bordeaux,
Transporte, chante son havre de paix.
Par de là Marseille, Montpellier,
De port en port, telle un radeau
Elle s'improvise comme un tuteur, un pilier.

D'Alger à Beyrouth,
La mer transporte des vents de liberté,
En déviant sa route par la voie de Djibouti, de Tunis,
Elle chante ses valeurs d'égalité et de fraternité.

La Francophonie,
Symbole de la terre de France,
Voyage
De Dakar à Douala,
Vibre à tous les arrimages
De Bora-Bora à Nouméa.

< Elle crie son hymne à la tolérance
De Mahajanga à Port-Louis,
Et fait honneur à sa terre d'enfance,
Nos rois rêvent en paix à Saint-Denis.

Francophonie, tu es dans toutes les têtes
A Ho Chi Minh, à Trois-Rivières.
Des mots arrivent par flots entiers,
La culture brave les vagues et les guerres,
La langue offre la connaissance de la liberté,
Les symboles se jouent des tempêtes.

A Oran, à Constanja,
La Francophonie,
Là où l'horreur sévit,
Se libère, se crie.
A Monaco, à Bastia,
De port à port,
La Francophonie s'imagine, s'interprète, se vit.



Cyril SuquetAvril 1998.



Poème écrit dans le cadre du "thème du mois" organisé par le service culturel de l'ambassade de France au Canada. Le théme du mois d'avril 97 est intitulé "L'amour de la Francophonie"




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Au fil du temps



Oh
Le temps passe
Et la mémoire s'efface

File
Le train roule
Et la vie se déroule


Rêve au souvenir, la vie s'apprend
Et la mort te prend

Tant
Qu'il est encore temps
de vivre un dernier printemps



Cyril SuquetAvril 1998.



Poème écrit dans le cadre du "Mondial de la poésie", organisé en mai 1998 par l'association Philagora et parrainé par Huguette Bertrand




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Cueillette à vélo



En ballade à vélo,
Qu'il est bon de panser,
Qu'il est sain de voguer,
Vent de face, vent de dos.

Par chemins et sentiers,
Le guidon dans le Colza,
Les neurones dans le blé,
On Hume, de-ci de-là.

En ballade à vélo,
Les paysages défilent,
L'horizon se dessine,
Le soleil est plus beau.

En scelle à toute vitesse,
Les odeurs vacillent,
Les lumières scintillent,
Le ciel nous caresse.


En ballade à vélo,
On récolte les vers,
Plus de méli-mélo,
On déboule de travers.

A la croisée des champs,
Pneu et jambe crevés,
Ne sont pas mécontents
Enfin de se poser.




Cyril SuquetMai 1998.





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Ballon rond



Ballon
Blanc, jaune, noir
Ballon tout rond.

Ballon passion,
Terre qui vibre en émoi,
Sensations qui tournent pour toi.

Ballon sensations,
De tristesse, de rires
De plaisir.

Ballon spectacle,
Champion des coeurs,
Poumon des spectateurs.

Ballon gazon,
Les pieds dans les paquerettes,
Des rêves d'étoiles plein la tête.

Ballon rond,
Balle au bond,
Au bord du rond.

Ballon chanson
Bal au rebond
Clameurs à l'unisson.

Ballon pour tous,
Égaux par les règles du jeu
Par le plaisir simple, unis et heureux.

Ballon
Blanc, jaune, noir
Ballon tout rond.




Cyril SuquetMai 1998.






Poème écrit dans le cadre d'un dÈbatorganisé en mai 1998 par l'association Philagora




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