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Maurice Gouiran, les héros de vos romans voyagent souvent, cette fois c'est en Polynésie. Je suppose que vous y êtes allé. Est-ce au cours d'un tel voyage que vous est venue l'idée de ce roman ?
J'ai commencé à écrire ce roman à Tahiti en juin 2002, lors des après-midi d'orages que connaît cette île. C'est à Tahiti qu'on m'a raconté l'histoire de ce Français qui fut Roi d'une île avant d'être chassé et de revenir en Europe travailler dans un cirque (cf question 3.), d'où mon personnage de Bébert. C'est à Papeete également que j'ai connu l'histoire du nucléaire et du CEP.
Est ce que le personnage de Pouvanaa Oopa a réellement existé ?
C'est la suite logique de la question précédente. Pouvanna Oopa a réellement existé. Tous les faits et les personnages que je cite dans l'histoire du nucléaire en Polynésie sont rigoureusement exacts Et vérifiés. Je ne prends jamais de liberté avec l'Histoire.
3) Et Bébert, devenu roi des îles, vous a-t-il été inspiré par un personnage réel ?
En complément à la question 1, si un personnage m'a inspiré pour le rôle de Bébert, je reconnais que j'ai inventé sa vie. Ce gars n'était pas de la Belle-de-Mai, ni de Marseille je pense. Je ne crois pas qu'il soit revenu dans les îles, ni qu'il se soit produit dans les cirques que je cite. L'histoire du tatouage de Gauguin est une fiction (même si la description de la vie de Gauguin à Punaauïa est exacte..). Mais il faut avouer que cet aventurier devenu roi, puis qui a connu la déchéance, était éminemment romanesque...
Vous aimez bien, dans vos romans, placer des extraits de poème, vous citez souvent Louis Brauquier, je suppose que c'est un de vos poètes préférés, ou de chanson, ici Brassens, Michel Sardou ou Jean-François Michaël avec Adieu jolie Candy. C'est assez rare dans les "polars", Pourquoi ce choix ?
La peinture, la poésie et la chanson font partie de l'ambiance de mes histoires ou de mes personnages (autant que leurs amours ou leurs emmerdes). Louis Brauquier est un poète important (et assez méconnu) de Marseille. Sa vision de la ville et du port coïncide bien avec l'atmosphère que j'aime donner. Parmi les 3 chanteurs cités, Brassens est une référence, Sardou une coïncidence et J. F. Michael un clin d'oeil. On retrouve souvent le premier (avec Ferré) dans mes bouquins. La chanson de Sardou collait avec l'ambiance de l'expo coloniale. "Adieu jolie Candy" illustre bien le coté un peu ringard de la "variété" polynésienne actuelle qui regorge de ces succès démodés entendus à tous les coins de rue.
Page 147 vous citez des phénomènes exposés dans le cirque Barnum. Encore une fois ces personnages ont-ils existé ou sont-ils le fruit de votre imagination ?
Tous les personnages des "zoos humains" et les "monstres de foire" que je cite ont existé. Ils ont été célèbres de leur temps. Je dispose de photos d'eux. Même le personnage de Carl Forster (le violoniste qui jouait avec les pieds) a existé. Comme il avait un rôle qui s'écartait un peu de sa réalité dans mon histoire, j'ai modifié son nom. il s'appelait Carl Hermann Huntam. Strauss l'engagea dans son orchestre en 1863 et il mourut en 1929 dans des circonstances qui n'ont rien à voir avec mon bouquin (d'où le changement de nom...)
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