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A l'occasion de la réédition, au mois de juillet, chez Folio, de Meurtres à l’antique Polar a rencontré son auteur : Yvonne Besson. Mais tout d'abord Polar tient à remercier Benjamin Duquenne (http://www.livrenpoche.com) qui avait le premier formulé la même demande auprès de Yvonne Besson, mais qui a accepté de réaliser son interview ultérieurement, après la sortie de son roman.
Polar : Yvonne Besson, pourriez vous vous présenter aux lecteurs de ce site ? (âge (si ce n'est pas trop indiscret), profession, etc.)
Yvonne Besson : Si, c’est indiscret ! Bon… Je suis née à Rennes et j’ai deux ans de moins que le webmaster de MonPolar ! Je vis à Dieppe depuis 1972 et j’y sévis comme prof de français (longtemps en collège, maintenant dans un lycée technique… ). J’ai deux grands enfants et un mari adorable ! (P. : Je laisse aux lecteurs le soin de mener leur enquête pour trouver l'âge de Mme Besson)
P : Question traditionnelle : Pourquoi écrire ? Pourquoi du polar ? Avez-vous écrit, publié autre chose ?
Y.B. On n’écrit pas pour. On écrit parce qu’on ne sait faire que ça ? Tout simplement parce qu’on aime ça ! Idem pour le choix du polar. J’ai écrit des nouvelles ( mais pas polar ) dont deux sont parues dans Ouest-France. J’ai pondu aussi un certain nombre d’articles sur Louis Guilloux et particulièrement la postface de Labyrinthe ( Gallimard, L’Imaginaire ). Et comme tout le monde, des tas de débuts de romans inachevés, depuis que je suis petite !!!
P : Vous avez écrit deux romans à la Table Ronde, celui qui est réédité est votre premier. De quand date-t-il ? Quel est le type de vos romans ? Noir, whodunit, suspens, procédural ?
YB : Le premier, Meurtres à l’antique, novembre 98. Le deuxième, La Nuit des autres, novembre 99. C’est plutôt du procédural. Enquête et personnages situés dans un contexte social précis. En gros, mes modèles sont les Anglaises ( P.D. James particulièrement, ou Elizabeth George, bien qu’elle soit américaine ). Le cadre, bien français : un port de la côte normande. Si je m’éloigne du “ noir ”, c’est que j’essaie de raconter comment le crime survient dans un milieu apparemment à l’abri de la violence et très policé. Une petite ville de province, c’est encore un lieu où ce qu’on voit à la télé paraît ne pouvoir arriver qu’aux autres…
P : D'après ce je sais le héros de ce roman est en fait une héroïne, est ce un personnage récurrent ? Pourquoi une femme ? Est ce plus facile a mettre en scène ?
YB : Elle est capitaine de police judiciaire, elle a 35 ans dans le premier, et s’appelle Carole Riou. C’est un personnage récurrent, une fille qui a eu des malheurs… Son histoire personnelle évolue d’un livre à l’autre. Je n’ai pas choisi une femme par conviction féministe, elle s’est imposée à moi, je crois. Je l’aime bien !
P : Savez-vous si le second sera aussi réédité ?
YB : Je ne peux que l’espérer ! Rien de fait pour le moment. Tout dépendra du sort du premier, alors achetez-le !
P : Pourquoi La Table Ronde qui n'est pas un éditeur (à ma connaissance) spécialisé dans le polar ?
YB : La Table Ronde est une maison prestigieuse ! J’avais envoyé le manuscrit à quelqu’un que je connaissais, juste pour avoir un avis. Ils ont aimé, ils ont gardé. C’est donc la seule porte à laquelle j’aie frappé. Et encore, pas vraiment frappé. Puisqu’ils ne font pas, normalement de polars, je n’espérais vraiment qu’un avis ! La suite a été comme un conte de fée !
P : Combien de temps pour écrire un roman ?
YB : Un an ? Six mois dans la tête, six mois d’écriture. Un peu plus sans doute pour le troisième. Il a du mal à avancer. Peut-être parce que je perds trop de temps avec mes cyber-camarades de Rompol ??
P : C'est possible, on est très bavard sur RomPol ! Si je comprends bien, vous partez donc d'un plan bien défini. Il n'y a pas de place au hasard. Ce n'est pas comme certains auteurs qui partent un peu à l'aventure sans trop savoir où ils vont ?
YB : Vous avez raison ! Je ne commence à écrire que quand je sais exactement qui, pourquoi et comment. Quand j'ai trouvé mes fausses pistes, quand je sais quels fils j'emmêlerai dans la première moitié et démêlerai dans la seconde... C'est un peu comme un problème d'algèbre, un polar... On ne peut pas improviser.
P : Autre question traditionnelle : Quelle est votre définition du polar ?
YB : Pas de définition. C’est un genre trop varié. Comment réduire à une définition commune un déjanté comme Mizio ( pardon Francis, mais tu seras d’accord ! ), Paul Halter, Simenon ou Jim Thompson ? Je dirai que c’est le genre littéraire qui donne le plus de bonheur à ses lecteurs… La preuve, il n’y a pas de liste de diffusion des lecteurs de “ roman tout court ” ! Et “ tout court ”, c‘est réducteur, non ?
P : Vos auteurs de polars préférés ?
YB : Il y en aurait trop, et dans tous les genres et de toutes les époques.
P : Les auteurs non polar que vous aimez ?
YB : Même réponse. Une mention quand même pour Louis Guilloux, évidemment. Autrement, ça va de Sophocle à Modiano, en passant par Zola et Dostoïevski. Je viens de découvrir un auteur irlandais, très fort : William Trevor.
P : Avez-vous un autre roman en chantier ? Si oui pouvez-vous en donner le titre et l’argument principal ?
YB : Oui à la première question. Non aux autres. Je suis superstitieuse !
P : Depuis cette interview ce roman est sorti, il s’agit de Double dames contre la mort.
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