
Les rues et les places de Paris ont toujours été lieux de spectacles. Si le montreur de lanterne magique et le loueur de télescope ont depuis longtemps disparu, victimes de la concurrence d'images plus spectaculaires, les musiciens, les mimes et les acrobates attirent encore autour d'eux les badauds. De nouvelles formes de spectacles de rue continuent même d'apparaître, bien que les artistes de rue soient confrontés à maintes difficultés d'ordre légal et pratique.
Instrument à corde où la roue remplace l'archet, la vielle était très à la mode au XVIIIe siècle. Tout comme les ramoneurs et les montreurs de lanterne magique, les vielleurs étaient le plus souvent d'origine savoyarde ou piémontaise.
Le dressage des ours fut une spécialité des Tsiganes d'Europe centrale. Dès le Moyen Age, venus de Bosnie ou de Hongrie, les montreurs d'ours produisaient leurs animaux dans les villages et les villes de France où ils faisaient étape. Au son du tambourin, les ours dressés se déplaçaient sur leurs pattes postérieures. L'attraction, très impressionnante, était fort populaire. Néanmoins, les montreurs d'ours et les saltimbanques tsiganes éveillaient la crainte des populations comme des autorités. Maintes fois, ils se firent expulser comme étrangers « conducteurs d'animaux féroces ».
L'utilisation de l'orgue de barbarie (qui doit son nom, croit-on, à son inventeur, un certain Barberi) s'est répandue au XVIIe siècle. Savoyards et Auvergnats en étaient les spécialistes. Ils chantaient des airs populaires et des cantiques mais aussi des airs d'opéra à la mode, ce qui contribuait à faire connaître l'art lyrique dans les faubourgs.
Dans les foires, sur les marchés et les places de Paris, l'hercule faisait l'admiration des petits et des grands en accomplissant toutes sortes d'exploits physiques : soulever des poids, briser des chaînes, tordre des barres de fer, marcher sur des charbons ardent, etc. Les hercules n'étaient pas tous des forces de la natures. Les charlatans qui les embauchaient n'étaient pas très exigeants et étaient prêts à faire enfiler le caleçon traditionnel au premier gringalet venu.
Au début du siècle, l'astronomie populaire connut un véritable engouement. Le loueur de télescope installait son instrument sur les places et, contre quelques sous, montrait aux curieux soit la lune, soit les étoiles, soit les planètes. Aujourd'hui, les sources de lumière nocturnes sont si nombreuses à Paris que l'observation des étoiles ailleurs que depuis un observatoire est impossible.
Le dentiste moderne n'aimerait pas qu'on le compare à l'arracheur de dents d'antan. En effet, l'art pratiqué par ce dernier n'avait pas grand chose à voir avec la chirurgie dentaire moderne. Avant la loi de 1892 organisant les études dentaires, nul besoin de diplôme : n'importe qui avait le droit de s'improviser dentiste. Les arracheurs de dent venaient souvent du théâtre, parce qu'il leur fallait savoir faire la parade pour attirer les clients. Plus que dans l'art dentaire, ils excellaient dans la comédie et la musique. Ils travaillaient dans un véritable tintamarre, qui avait l'avantage de couvrir les cris de douleur des patients et d'assembler autour d'eux de nombreux curieux, soit autant de clients potentiels.
Autres métiers présentés dans cette partie :
Sous le Second Empire, l'aménagement des squares et des jardins publics a doté la capitale d'espaces spécifiquement voués aux loisirs de plein air. Un nouveau lieu de commerce s'est alors ouvert aux ambulants. Les marchands d'oublies, de glaces et de gaufres s'y sont installés, suivis par les marchands de ballons, de cerceaux et de moulins à vent. Ces jouets faisaient le ravissement des enfants. Aujourd'hui, s'ils peuvent paraître désuets, on peut encore les acheter dans les allées et les kiosques du Luxembourg ou des Buttes-Chaumont.
Au début du siècle, on pouvait acheter dans les jardins et les promenades publiques des ballons de toutes les couleurs et à tous les prix. Les ballons gonflés à l'air ne s'envolaient pas et étaient vendus attachés au bout d'une baguette rigide. Plus légers que l'air, les ballons gonflés à l'hydrogène étaient les plus appréciés des enfants, malgré leur tendance à s'échapper à la moindre inattention, à éclater, et surtout à s'enflammer, ce qui pouvait être cause d'accidents. En 1951, le Conseil d'hygiène publique de la Seine limita la taille des ballons gonflés à l'hydrogène et imposa qu'ils fussent munis d'une étiquette signalant les précautions à prendre pour leur maniement. Pour gonfler les ballons, on utilise aujourd'hui l'hélium, gaz léger et ininflammable.
Les chaisières du Luxembourg étaient employées par le Sénat pour percevoir un droit de location sur les chaises du jardin et traquer inlassablement les resquilleurs. Elles ont disparu il y a une vingtaine d'années à peine. Si son impopularité d'alors lui a valu de rester dans de nombreuses mémoires, on a oublié combien sa tâche était ingrate et son salaire misérable.
Apparu à la fin du siècle dernier, le loueur de petits bateaux est aujourd'hui encore une figure familière des jardins des Tuileries et du Luxembourg. Il rencontre toujours un certain succès auprès des enfants. Au Luxembourg, c'est le Sénat qui, moyennant redevance, attribue à la loueuse de bateaux une concession pour la location de voiliers miniatures, activité dont elle a le monopole.
Autres métiers présentés dans cette partie de l'exposition :