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Les photos de l'Erika        Les grandes catastrophes         Les oiseaux mazoutés         La pollution          Les analyses

 

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Fioul De L'Erika : 2.240 tonnes pompées depuis le début de la semaine (Business Village , 07 juillet 2000)

Quelque 2.240 tonnes de mélange de fioul lourd et de diluant ont été pompées au total depuis lundi de l'épave avant du pétrolier Erika. Avant le début du pompage, TotalFinaElf avait estimé à environ 6.000 tonnes la cargaison encore contenue dans l'épave avant. Mais hier, des responsables du groupe pétrolier ont estimé que l'épave pourrait contenir moins de fioul lourd que prévu.

Le navire de pompage Crystal Ocean a poursuivi ses opérations de pompage primaire sur les différentes cuves de l'épave avant, tandis que 500 m3 de diluant ont été transférés du pétrolier Mélide au Crystal Ocean. Par ailleurs, trois nouvelles prises d'échantillons du fioul lourd contenu dans l'épave ont été réalisées par un huissier de justice, nommé à la demande de TotalFinaElf par le tribunal de grande instance de Brest.

 

Erika : Débat juridique autour de la loi déchets de 1975  (Business Village , 06 juillet 2000)

L'affaire Erika est au centre dune bataille juridique avec dun côté les communes sinistrées représentées pour loccasion par la commune de Mesquer (Loire-Atlantique) et de lautre le groupe TotalFinaElf. Ainsi, le débat consiste essentiellement à déterminer si la loi déchets de 1975 est applicable à la marée noire. Cette question technique a été évoquée Mercredi après-midi, durant près de quatre par les deux parties.

Le cabinet HUGLO-LEPAGE, qui représente depuis cet hiver une cinquantaine de communes sinistrées, sappuie sur le principe de « pollueur-payeur », alors que les défenseurs du groupe pétrolier dénoncent un détournement de procédure qui fait fi de la réglementation en vigueur. Deux filiales du groupe TotalFinaElf sont mises en cause dans cette procédure, TotalRaffinage Distribution et Total International, respectivement producteur et propriétaire de la cargaison de l'Erika. Le tribunal de commerce de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) rendra son verdict le 8 novembre.


La cargaison de l'Erika est "du fioul numéro deux", affirme TotalFina (AFP, 30 janvier 2000)

- Le pétrolier Erika, qui a coulé début décembre au large du Finistère et provoqué une importante marée noire, transportait du "fioul numéro deux classique", a affirmé dimanche le groupe TotalFina, rejetant les accusations d'un laboratoire sur une possible toxicité de la cargaison.

"C'est un fioul numéro deux tout ce qu'il y a de classique, qui n'est pas plus particulier que cela", a déclaré à l'AFP une porte-parole du groupe.

Des analyses, a-t-elle précisé, ont été effectuées par l'Institut français du pétrole (IFP), l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE) et le centre anti-poison de Rennes.

Le produit "a été parfaitement analysé. Tout le monde en a un échantillon. C'est du fioul numéro deux", a-t-elle souligné.

Dimanche, un laboratoire privé de Cuers (Var), Analytika, spécialisé dans l'analyse de composés de mélanges complexes, a affirmé que la cargaison de l'Erika était "un résidu provenant d'une double distillation de pétrole brut (...) toxique et cancérigène".

Le laboratoire a déclaré avoir effectué son analyse sur des échantillons prélevés le 4 janvier sur l'île de Groix, face à Lorient (Morbihan).

 

TotalFina estime que ses engagements pris après le naufrage de l'Erika devraient représenter une charge "de l'ordre de 700 millions" de francs en 2000. Une partie de ces dépenses devrait être assumée par le fonds d'indemnisation des compagnies (Reuters, le 26 janvier 2000)

 

Le P-DG du groupe, Thierry Desmarest, s'est dit favorable à un doublement des fonds du Fipol (actuellement de 1,2 milliard de francs). Il s'est surtout prononcé pour un relèvement "massif" du plafond de responsabilité de l'armateur et par conséquence de celui de l'assureur, qui serait alors plus strict.

"Nous ne sommes pas du tout au clair aujourd'hui de ce que représentera le coût définitif dans les comptes de TotalFina/Elf en l'an 2000. Notre évaluation à l'heure actuelle, c'est une charge avant impôts de l'ordre de 700 millions de francs", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

"Ceci dit, toutes les dépenses que nous finançons sont éligibles aux remboursements du Fipol", a-t-il ajouté en précisant toutefois que TotalFina, affréteur de l'Erika, avait décidé de laisser "en priorité" le Fipol prendre en charge le remboursement "des préjudices économiques" et des "frais engagés dans la lutte contre la pollution aussi bien en mer qu'à terre".

"S'il reste de la place, comme c'est probable, à l'intérieur du Fipol, il y aura une partie de ces dépenses qui vont être prises en charge par le Fipol. On ne sait pas aujourd'hui avec précision ce que sera la charge", a-t-il souligné.

Thierry Desmarest a rappelé que son groupe avait prévu 50 millions de francs pour le nettoyage des côtes, environ 400 millions de francs pour la récupération de la cargaison de l'Erika (quelque 20.000 tonnes de fioul lourd à réchauffer préalablement) et 200 millions de francs pour le traitement des déchets (120.000 tonnes actuellement comprenant du fioul mais aussi du sable).

Il a rappelé que TotalFina avait décidé de durcir la sélection des navires, en refusant désormais d'affréter des pétroliers de plus de 80.000 tonnes âgés de plus de 20 ans.

Au-delà, a-t-il assuré, le naufrage de l'Erika, qui a sombré le 12 décembre au large des côtes Atlantiques, pose la question de la fiabilité des sociétés de classification car le pétrolier avait été jugé apte. Il a prôné la mise en place d'un organisme mondial ou européen de contrôle et d'agrément de ces sociétés, des arrêts techniques plus rapprochés pour les navires de plus de 20 ans et un accès aux dossiers techniques pour les affréteurs. Il s'est enfin dit favorable à un renforcement des contrôles portuaires.

 

L’inspection détaillée de l’épave du pétrolier Erika, ainsi que son traitement (pompage, renflouement, etc) pourrait être entièrement déléguée à Total, sous contrôle de l’État. Une convention est à l’étude. L’engagement de Total à avancer les fonds de ce chantier et à ne passer qu’en «dernier créancier» devant le Fipol pourrait garantir que le traitement de l’épave ne grève pas l’indemnisation des victimes. (Ouest-France, le 12 janvier 2000)

 

L’exploration de la partie arrière du pétrolier Erika par le robot Triton XL s’est achevée mardi en fin de matinée. Seule constatation : « des filets très faibles de fuel s’échappant du pont et des lâchers de bulles d’air sporadiques », indiquait mardi la préfecture maritime de Brest. Le remorqueur Abeille Supporter et son robot, après un nettoyage de Triton, se sont remis à l’ouvrage dans la foulée, profitant d’une météo satisfaisante, pour aller inspecter la partie avant du pétrolier, distante de 17 km. Contrairement à la partie arrière, posée sur le fond sur sa quille, l’avant repose quille en haut. Triton a pu observer un suitement qui, selon la préfecture maritime reste « à confirmer ».Triton n’a pas vu l’Abyssub, premier robot à avoir inspecté l’arrière de l’épave, où il est resté bloqué depuis sa mise à l’eau le 1er janvier. A priori, l’Abyssub est toujours coincé sur le pont du pétrolier. Triton, qui n’a pas de bras, n’aurait rien pu y faire. Achille, censé venir sauver Abyssub, lui, n’a encore pas été utilisé, pour raison météo.

Ces ennuis de robots ont provoqué quelque raillerie chez certains professionnels spécialisés dans les travaux sous-marins, habitués aux opérations difficiles pour l’industrie pétrolière.

C’est précisément vers eux que l’on va désormais se tourner pour réaliser l’expertise détaillée des deux morceaux de coque pour définir la meilleure manière de neutraliser les 10 à 15 000 tonnes d’hydrocabures qui s’y trouvent encore : pompage depuis la surface, renflouement des épaves, enfouissement sous du béton ou des sédiments marins.

Total maître d’ouvrage délégué

L’État ne sera vraisemblablement pas en première ligne sur ce chantier qui s’annonce de toute façon « coûteux, complexe et risqué », » selon les termes du préfet maritime de Brest. Une convention est actuellement en cours de rédaction, par laquelle l’État délèguerait à Total la maîtrise d’ouvrage de l’expertise de l’Erika puis de sa neutralisation. Ceci sous le contrôle d’un comité de pilotage dirigé à un niveau élevé de l’État, ministère ou Secrétariat général à la mer par exemple.

Ce montage s’inscrit logiquement dans le cadre de l’offre faite par Total lors de la réunion au sommet du jeudi 6 janvier, de pré-financer ce chantier. Celui-ci est, dans un premier temps, estimé à 400 millions de francs. Mais l’expérience d’autres pompages montre que ces opérations très lourdes, soumises aux caprices de la météo, peuvent financièrement déraper.

De source proche du dossier, on souligne d’ailleurs le fait que Total n’a pas fixé de limite maximum à son offre et s’est au contraire déclaré prêt à financer intégralement l’opération, pour ne passer ensuite devant le fond d’indemnisation Fipol qu’en dernier créancier.

De ce fait, le versement des indemnisations aux victimes ne serait plus suspendu à l’achèvement du traitement de l’épave. En outre, le montage proposé par Total ne ferait supporter qu’à la compagnie pétrolière seule le dépassement du montant total des fonds disponibles (76 millions de francs par l’assurance de l’armateur, 1,18 milliard de francs par le Fipol).

André THOMAS.

 

Un mois déjà que l’Erika s’est cassé au large des côtes finistériennes. Sa marée noire aura battu un triste record du monde : celui du nombre d’oiseaux mazoutés. En fin de semaine dernière, on en avait ramassé plus de 35 000, vivants ou morts. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, estiment les ornithologues. (Ouest-France, le 11 janvier 2000)

 

A l’Île-Grande, près de Lannion, Gilles Bentz dirige la clinique permanente de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), créée après les marées noires de l’Amoco-Cadiz et du Tanio. Bon an mal an, on y soigne 300 oiseaux marins souillés par les dégazages clandestins. C’est ici que sont arrivées les premières victimes de l’Erika. Très vite, les capacités d’accueil ont été submergées. Les deux autres centres de soins agréés du littoral Manche-Atlantique, à Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime) et à l’école vétérinaire de Nantes, ont aussi reçu des dizaines, puis des centaines de volatiles. « Noël a été terrible, raconte Gilles. Le 24 décembre à 18 h, 2 160 oiseaux avaient déjà été collectés. Le lendemain à 14 h on en était à 6 060 et le soir, à 20 h, on approchait les 10 000. »

Du jamais vu : en 24 heures l’Erika pulvérise les bilans de l’Amoco Cadiz (4 000 oiseaux recueillis) et du Tanio (4 500). Quelques jours plus tard, le compte des oiseaux mazoutés dépasse largement l’impact de la marée noire la plus meurtrière de l’histoire : celle de l’Exxon-Valdez en Alaska en 1989 avec 21 000 oiseaux. Et encore, la majorité des cadavres n’atteignirent jamais le rivage. Les associations estiment que la fourchette se situe plutôt entre 150 000 et 300 000 victimes, voire davantage.

« Le pétrolier a fait naufrage au plus mauvais endroit au plus mauvais moment », résume Guillaume Gélinaud, ornithologue de l’association Bretagne vivante. « Il s’est brisé dans la zone où la plupart des guillemots d’Europe de l’Ouest, et surtout ceux de la mer Celtique, passent l’hiver. Et en voulant éloigner l’épave des rivages pour éloigner le risque, les autorités n’ont fait qu’aggraver les choses. »

Les naufrages de l’Amoco et du Tanio s’étaient produits au début du printemps et plus près des côtes, touchant plutôt les oiseaux du littoral que ceux qui vivent sur l’eau, en pleine mer. Mais le fioul de l’Erika, en s’approchant du rivage, englue maintenant les espèces côtières : cormorans, eiders, harles et grèbes. Migrateurs pour la plupart, ces oiseaux appartiennent au patrimoine mondial.

À catastrophe internationale, solidarité sans frontières. Les Hollandais, les Belges, les Anglais ont pris en charge plusieurs milliers d’oiseaux mazoutés. Et, de la baie d’Audierne au bassin d’Arcachon, une dizaine de centres de soins se sont ouverts.Ces jours-ci, au gymnase de Theix dans le Morbihan, des spécialistes finlandais, sud-africains et américains travaillent main dans la main avec des employés communaux, des bénévoles du pays et des jeunes de la banlieue parisienne. L’organisation, aussi rigoureuse que celle d’un hôpital de campagne, est réglée par les ornithologues de Bretagne vivante et… la Croix-Rouge.

Reste que cette lutte pour la vie coûte très cher. À l’Île-Grande, il a fallu agrandir les locaux et débourser près de 100 000 F pour installer une chaudière indispensable au fonctionnement de la « machine à laver les oiseaux » donnée par Elf. « En quinze jours, nous avons dépensé deux fois notre budget annuel », confie Gilles Bentz. À Theix, à Noirmoutier, en baie d’Audierne et ailleurs, la facture devient de plus en plus salée. Elle sera sans doute présentée à Total-Fina et à l’armateur de l’Erika. En attendant, les associations lancent un appel à l’aide financière.

André FOUQUET.

 

C’est décidé : TotalFina crée une « Fondation pour la mer » afin de réparer les dégâts écologiques de l’Erika. Son PDG, Thierry Desmarest a annoncé, mercredi, qu’elle sera dotée de 50 millions de francs sur cinq ans. (Ouest-France, le 6 janvier 2000)

 

Depuis mercredi, TotalFina a commencé à déployer ses équipes et surtout celles de ses sous-traitants (Safen, Bouygues, Eiffage…) sur le littoral pollué : Moëlan, Belle-Ile, Groix, La Turballe, etc. En attendant de s’attaquer au pompage de l’épave, «le plus rapidement possible», a affirmé son PDG, Thierry Desmarest, sans plus de précision. Évaluant le coût à 400 millions – pour couper court à certaines estimations plus lourdes – il a seulement remarqué que la zone d’échouage du navire n’était «pas très facile» et souvent «chahutée, même en été». Seule certitude affichée : ce sera moins long que pour le Tanio (18 mois), qui avait un fioul de nature proche, semblable au Nutella. En substance il faudra réchauffer le fioul puis le pomper à partir d’une plate-forme de forage ou d’un bateau à positionnement dynamique.

Réparer les dégâts écologiques

En fait, au-delà de cette lutte immédiate contre la pollution, le groupe pétrolier cherche à reprendre la main d’une communication plus positive, moins défensive, en s’engageant sur l’avenir. Chose promise chose due : conformément à ce qu’il affirmait à Ouest-France dès le 23 décembre, Thierry Desmarest a annoncé la création d’une «Fondation pour la mer» chargée de réparer les dégâts écologiques de l’Erika, en liaison directe avec les collectivités locales et les associations de protection de l’environnement. Dotée d’un budget de 50 millions de francs pour les cinq ans à venir, elle interviendra dans trois domaines, dès la fin du nettoyage des côtes polluées. Une première, semble-t-il, dans le monde pétrolier.TotalFina promet la restauration des sites et des paysages, avec une attention plus soutenue pour les zones difficilement accessibles : fonds de baies, estuaires, vasières. Il affiche également une attention particulière pour les oiseaux. Des programmes nationaux et internationaux de suivi et de réhabilitation seront élaborés, notamment pour la famille ornithologique la plus touchée, celle des alcidés, guillemots en tête.

Bonne volonté sur la sécurité maritime

Enfin la fondation s’attachera à restaurer les habitats marins des zones côtières : plages, zones de marnage, herbiers, habitats rocheux.

Le pétrolier français cherche aussi à montrer sa bonne volonté sur la question centrale de la sécurité du transport maritime. Thierry Desmarest a écrit à ses homologues mondiaux pour les réunir ce jeudi à Londres sur le sujet, dans le cadre de l’OCIMF, un «forum» de compagnies pétrolières.

Annonçant un durcissement de la sélection des navires affrétés par son groupe, il avance quelques idées. Renforcer le rôle des sociétés de classification mais en évaluant mieux leur travail, intensifier le contrôle des ports, améliorer la circulation de l’information sur l’état des navires. Le hic, c’est que c’est l’organisation maritime internationale (OMI) qui décide et qu’elle ne semble pas très pressée.

Paul BUREL.

 

 

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:Erika mise en perce (5 juillet 2000)

 

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