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La Grippe Aviaire

 

Qu’est ce que c'est ?

Les virus influenza responsables de la grippe sont classés en différents types : A, B et C. Les plus fréquents, les virus Influenza A sont classés en 15 sous-types H et neuf sous type N. Chez les oiseaux (grippe aviaire ou “peste” aviaire, grippe du poulet ou influenza aviaire), les infections par des sous types H5 et H7 sont particulièrement pathogènes, avec des mortalités de l’ordre de 90 à 100 %. Cette infection due à un virus de la famille des Orthomyxoviridae peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Le virus se transmet entre animaux essentiellement par contamination aérienne (secrétions respiratoires) soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par l’exposition à des matières contaminées (via la nourriture, l’eau, du matériel et des vêtements contaminés). Les oiseaux sauvages sont plus souvent des porteurs de souches de virus sans pour autant ne présenter aucun symptôme. Le contact de ces oiseaux migrateurs avec des volailles domestiques a été à l’origine de différentes épidémies aviaires.

Le virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc ou d’autres mammifères. On parle d’épizootie de grippe aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d’animaux à la fois dans une région donnée.

Transmission à l’homme ?

Le virus de la grippe aviaire de type A (H5/N1) ne se transmet qu’exceptionnellement de l’animal à l’homme. C’est ce qui s’est produit depuis janvier 2004 en Asie, mais également en Chine en 1997 ("grippe du poulet à HongKong") avec un virus A (H5/N1) et aux Pays-Bas au printemps 2003 avec un virus A (H7/N7). La contamination aérienne se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections). De ce fait, ces cas restent exceptionnels et concernent principalement les personnes qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée : éleveurs, techniciens de coopératives, vétérinaires, équipes de nettoyage et de désinfection…Il n’y a pas (ou très peu) de transmission interhumaine de ce virus.

Transmission d’homme à homme ?

Concernant le virus aviaire H5N1, il n’existe pas de preuve d’une transmission inter humaine significative en Asie selon l’Organisation mondiale de la santé. Seules quelques suspicions très limitées (le cas d’une mère au chevet de sa fille mourante a un temps été évoqué) ont été évoquées. Mais le risque d’une pandémie humaine repose sur la survenue d’un virus influenza aviaire pathogène "humanisé".

Une telle opération pourrait se faire en cas d’infection du virus aviaire chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine : des échanges de matériel génétique entre ces deux virus pourraient aboutir à l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de se transmettre d’homme à homme, avec un risque d’épidémie voire de pandémie.

Mais ces réarrangements génétiques peuvent également se produire spontanément.

Pandémie ?

Une pandémie grippale se définit comme une forte augmentation dans l’espace et dans le temps des cas de grippe qui finit par diffuser à l’ensemble des pays, accompagnée d’un nombre important de cas graves et d’une mortalité élevée. Elle résulte de l’introduction dans l’espèce humaine, le plus souvent à partir d’un réservoir animal, d’un virus grippal complètement nouveau, vis-à-vis duquel la population n’est pas encore immunisée.

Depuis décembre 2003 et l’apparition de cas humains d’infection à virus aviaire en Asie, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère que nous sommes en phase pré-pandémique. Le dernier niveau avant la phase pandémique sera atteint lorsque le nouveau virus aura acquis une capacité de transmission inter humaine.

Phases pandémiques de l’OMS

Description

Phase 0, Niveau 0 de l’OMS
Interpandémique

Aucune indication d’un nouveau sous-type de virus n’a été signalée.

Phase 0, Niveau 1 de l’OMS
Identification d’un nouveau virus chez un humain

Détection d’un nouveau virus chez une personne.

Peu ou pas d’immunité dans la population générale.

Précurseur potentiel, mais pas inévitable, d’une pandémie

Phase 0, Niveau 2 de l’OMS
Infection humaine confirmée

Confirmation que le nouveau virus a infecté deux personnes ou plus, indiquant que le virus est infectieux chez l’homme.

Phase 0, Niveau 3 de l’OMS
Transmission interhumaine confirmée

Le nouveau virus présente une transmission soutenue de personne à personne avec au moins une éclosion au cours d’au moins une période de deux semaines dans un pays ou l’identification du nouveau virus dans plusieurs pays.

Phase 1 de l’OMS
Pandémie confirmée

Déclaration par l’OMS qu’une pandémie se produit lorsque le nouveau virus cause des taux exceptionnellement élevés de morbidité ou de mortalité dans de multiples régions géographiques étendues.

(Nota : Cela est susceptible de se produire au Canada après la déclaration par l’OMS d’une pandémie, mais peut se produire plus tôt si le nouveau virus émerge au Canada ou qu’il est rapidement importé après son émergence à l’extérieur du Canada.)

Phase 2 de l’OMS
Éclosions dans de multiples régions géographiques

Propagation accrue du virus avec la déclaration d’éclosions dans de multiples régions géographiques, entraînant le premier pic de morbidité et de mortalité.

Phase 3 de l’OMS
Fin de la première vague

Fin de la première vague à l’arrêt de l’activité grippale ou à sa réversion dans les régions initialement affectées.

Phase 4 de l’OMS
Deuxième vague ou vagues ultérieures

Recrudescence des éclosions causée par le virus pandémique (dans les trois à neuf mois selon les pandémies précédentes) suivant la vague d’infection initiale ; peut affecter différents segments de la population.

Phase 5 de l’OMS
Postpandémie/Rétablissement

Retour au cycle saisonnier "épidémique" avec un impact majeur de la maladie chez les personnes âgées et les enfants en bas âge.


Symptômes de la grippe pandémique ?

La période d’incubation est de quelques jours. Les symptômes de la grippe aviaire chez l’homme sont d’abord comparables à ceux d’une grippe banale, puis des troubles respiratoires graves apparaissent rapidement et peuvent entraîner la mort. Si vous ressentez des symptômes de la grippe dans les jours qui suivent votre retour des zones affectées par l’épizootie, consultez immédiatement votre médecin.

Le danger est que les premières victimes de ce nouveau virus se mélangent aux 3 millions de cas hivernaux de la grippe saisonnière. Dans ce cas, il sera difficile de les repérer. S’il existe des tests de diagnostic rapide de grippe, ils ne permettent pas d’en distinguer le type. Seule une virulence plus élevée de ce nouveau virus avec des conséquences sanitaires importantes (hôpitaux débordés…) permettra de donner l’alerte.

Vaccin ?

Il n’existe pas de vaccin pour l’homme car la souche identifiée au Vietnam (H5N1) est différente de celle qui provoque les épidémies de grippe humaine. De ce fait, le vaccin actuel contre la grippe ne fournit malheureusement aucune protection contre ce virus. Mais cette vaccination permet d’éviter aux personnes exposées au virus H5N1 une co-infection avec un virus humain, situation à haut risque de recombinaison génétique entre les 2 souches. Son indication est actuellement très limitée : avant tout le personnel exposé au risque de contamination (éleveurs, abatteurs, équarrisseurs, vétérinaires…). Il n’est pas recommandé chez le voyageur “standard”. Plusieurs laboratoires travaillent à l’élaboration d’un vaccin humain spécifique à la souche H5N1, ce qui prendra au minimum plusieurs mois. Un vaccin totalement efficace ne pourra être fabriqué que lorsque la souche du virus responsable de la pandémie sera connue et isolée. Le délai de fabrication serait de plusieurs mois (4 à 6 selon les experts).

Traitement préventif ou curatif efficace ?

Deux classes de médicaments antiviraux sont disponibles :

  • Les inhibiteurs de la protéine virale M2 sont actives contre les virus influenza A, mais ont une mauvaise tolérance rénale, hépatique et neurologique. De plus, des résistances apparaissent rapidement ;
  • Les inhibiteurs de la neuraminidase sont efficaces en réduisant l’intensité et la durée des symptômes s’ils sont administrés dans les 48 heures après l’apparition des premiers symptômes. Ces médicaments possèdent également une action préventive vis-à-vis de l’infection de la grippe. 

En cas de pandémie, seuls les inhibiteurs de la neuraminidase seraient efficaces. Les antibiotiques, inactifs sur les virus, ne sont utilisés qu’en cas de surinfection bactérienne.

Différentes mesures devraient être respectées afin de ralentir la propagation du virus, parmi lesquelles :

  • Le maintien à domicile des personnes atteintes, en l’absence de complications graves, permet d’éviter la transmission du virus notamment en milieu de soin. Les professionnels de santé libéraux assureront la prise en charge à domicile et décideront de l’hospitalisation des cas graves ;
  • La quarantaine à domicile pendant 6 jours des personnes ayant eu des contacts sans protection avec des malades ;
  • Le port de masque permet de limiter le risque de transmission du virus ;
  • Le virus peut aussi se trouver sur les mains et les surfaces inertes. Le respect strict des mesures classiques d’hygiène permet également de limiter le risque de transmission du virus : le lavage des mains est essentiel. Il doit se faire soigneusement au savon durant au moins 30 secondes et doit être répété dans la journée, en particulier après les mouchages et les éternuements, après chaque contact avec un malade, après chaque sortie et retour au domicile. Il est également essentiel de se couvrir la bouche et le nez chaque fois qu’on tousse ou qu’on éternue ; ne pas cracher par terre, mais toujours dans un mouchoir ; utiliser des mouchoirs en papier à usage unique ; toujours se laver les mains après chacune de ces actions ;
  • Enfin, en situation pandémique, des mesures visant à interdire les lieux de rassemblement pourront être prises.
Recommandations aux voyageurs ?

Des foyers d’épidémie ont été signalés dans une dizaine de pays d’Asie avec des cas de transmission à l’homme au Vietnam, en Thaïlande, au Cambodge et en Indonésie. Alors que ce virus infecte essentiellement les volailles, des rapports officiels font également mention de cas chez des canards et des porcs au Vietnam. 

Les stratégies de lutte contre l’influenza aviaire reposent essentiellement sur le diagnostic, l’hygiène, l’éducation, la quarantaine et la réduction de la taille des élevages. Des mesures d’abattage massif de volailles ont été mises en œuvre dans le but d’éviter toute exposition au virus et d’éradiquer la maladie. Déjà plus de 20 millions de poulets ont été abattus. Une stratégie de vaccination animale ciblée est également envisagée, mais sa mise en route prendrait plusieurs mois.

L’OMS ne préconise pas de restreindre les voyages dans les zones concernées. 

Risque de contamination ?

La transmission du virus Influenza aviaire s’effectue par voie aérienne. Le risque de contamination de l’homme par ingestion de viandes infectées est donc considéré comme faible voire négligeable : d’une part, les propriétés infectieuses des virus influenza sont détruites très rapidement à des températures supérieures à 60°C (pendant 5 minutes à 60°C, 1 minute à 100°C), d’autre part, dans l’hypothèse d’une ingestion de viande de volaille ou d’oeufs contaminés et crus, le virus serait détruit par l’acidité du liquide gastrique. La cuisson élimine le virus.


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Direction générale de la santé, Afssa, OMS, UE