Les Organismes Génétiquement Modifiés |
L'introduction d'un gène dans une cellule qui ne le possède pas ou la suppression ou modification de l'expression d'un gène déjà présent chez l'hôte sont des manipulations permisent par le développement du génie génétique.
Un OGM (Organisme Génétiquement Modifié) est un organisme vivant dont le génome a été modifié par génie génétique et cette modification génétique est transmissible à sa descendance.
Une plante transgénique est une plante dont le génome a été modifié par l'introduction d'un gène étranger pouvant coder une nouvelle protéine.
Les produits dérivés des OGM, n'ayant aucune capacité de
reproduction, ne sont pas des OGM, même s'ils peuvent éventuellement contenir le gène
introduit ou la protéine codée par ce gène.
Par exemple, des plants de colza transgénique sont des OGM, leurs graines aussi. En
revanche, l'huile de colza n'est pas un OGM, mais un produit dérivé d'un OGM.
1/ Repérage d'un caractère intéressant dans un autre organisme vivant et identification de la protéine responsable de ce caractère.
2/ Identification et isolement du gène codant cette protéine.
3/ Réalisation d'une "construction génique" qui contient le gène d'intérêt
et des séquences d'ADN (promoteur, terminateur) indispensables à son fonctionnement dans
le génome d'une cellule végétale. Ces séquences sont impliquées dans la régulation
de l'expression du gène. Elles permettent de cibler le lieu d'expression du gène dans la
plante (graines, racines, feuilles...), voire de faire en sorte qu'il ne s'exprime qu'au
moment nécessaire, lors de l'attaque d'un insecte ou de l'infection par un virus par
exemple. Cette construction contient éventuellement un gène marqueur de repérage des
plantes transgéniques (par exemple un gène de résistance à un antibiotique). Cette
construction génique est ensuite insérée dans un plasmide bactérien (mini-boucle
d'ADN) pour être multipliée.
4/ Introduction de la construction génique dans le génome de la cellule végétale par
deux méthodes principales :
- transfert biologique : au moyen d'un vecteur, la bactérie du sol Agrobacterium tumefaciens, qui transfère naturellement une partie de son ADN (auquel on a donc ajouté la construction génique à intégrer) dans le génome des plantes.
- transfert mécanique : les constructions géniques, portées par des microbilles de tungstène, sont projetées dans la cellule végétale.
5/ Sélection des cellules exprimant le gène ajouté.
6/ Régénération de plantes entières à partir de ces cellules. Ces plantes sont
testées en serre puis en champ afin de vérifier la conformité de leur développement,
la stabilité de l'expression du gène ajouté, sa transmission à la descendance.
Une plante transgénique, dans laquelle a été introduit un gène exprimant un caractère intéressant, par exemple une résistance à une maladie, peut servir à améliorer les plantes cultivées.
Le génie génétique constitue un outil supplémentaire pour les sélectionneurs car il permet d'introduire plus rapidement un gène intéressant, tout en étant précis puisqu'on utilise un gène bien défini. De plus, il donne accès à un plus grand nombre de gènes et permet de les introduire dans les plantes cultivées même si celles-ci ne se croisent pas avec l'organisme porteur du gène visé (plante d'une autre espèce, micro-organisme...).
Les plantes transgéniques doivent être appréciées au regard de leurs impacts - positifs ou négatifs - aux niveaux de l'environnement, des pratiques agricoles et de la sécurité alimentaire.
Il est logique de penser que les gènes introduits par transgenèse puissent être disséminés par le pollen de la plante transgénique dans les variétés classiques de la même espèce ou dans les espèces sauvages apparentées. Pour le maïs et le soja, le problème de la transmission aux espèces sauvages apparentées ne se pose pas en Europe car il n'y existe aucune espèce sauvage avec laquelle ces deux plantes sont susceptibles de se croiser. En revanche, le risque est à considérer pour d'autres espèces comme la betterave ou le colza.
Des recherches sur les risques de sélection de populations d'insectes résistants aux plantes transgéniques sont aussi menées. Elles concernent un maïs dans lequel on a introduit un gène codant une protéine spécifiquement toxique pour un insecte ravageur. A ce jour, en conditions expérimentales, aucun cas de résistance à la toxine n'a pu être mis en évidence chez la pyrale. Il n'en reste pas moins que des stratégies préventives qui permettraient de retarder ou d'éviter la sélection d'insectes résistants sont d'ores et déjà étudiées, ce qui est nouveau dans le domaine de la lutte contre les insectes. L'une de ces stratégies consiste à ménager, dans ou autour des cultures de maïs transgéniques, des zones plantées de maïs non résistants (zones refuges).
Enfin, en complément des études précédemment décrites, il faut également analyser l'impact des plantes transgéniques sur les insectes utiles comme l'abeille.
En collaboration avec 4 instituts techniques - l'Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM), le Centre Technique Interprofessionnel des Oléagineux Métropolitains (CETIOM), l'Institut Technique de la Betterave (ITB), l'Institut Technique des Céréales et des Fourrages (ITCF), l'évaluation des conséquences de l'introduction de plantes génétiquement modifiées dans les systèmes de culture (propriétés agronomiques, qualités des produits obtenus, balances avantages/inconvénients, coût/bénéfice pour l'agriculeur), leur impact sur l'environnement, ... est étudiée.
Dans le cas du colza par exemple, un dispositif d'étude à trois niveaux a été mis en place : suivi dans la rotation (étude de l'impact des repousses de colza dans la rotation), dissémination dans l'espace (évaluation de l'acquisition de la résistance par les plantes sauvages présentes autour du dispositif), essais de désherbage (comparaison de l'intérêt du système de résistance à l'herbicide par rapport aux pratiques actuelles d'utilisation des herbicides en culture de colza).
Pour les plantes transgéniques, le problème se pose différemment selon que l'on consomme des produits frais (légumes, fruits...), transformés (concentré de tomate par exemple), ou des produits dérivés (farine, sucre, huile...).
Dans le premier cas, le gène introduit et sa protéine sont présents dans l'aliment et sont soumis à la dégradation digestive. Dans le cas des produits transformés ou dérivés, le procédé de fabrication peut ou non entraîner une perte de fonctionnement de l'ADN et une dénaturation des protéines, voire leur quasi-élimination (huile, sucre). Le gène introduit pourrait par exemple coder une protéine nouvelle potentiellement allergisante. Il faut savoir reconnaître ce risque allergène.
Un autre problème peut se poser si le gène introduit perturbe certaines fonctions de la plante. Ce problème de toxicité peut également apparaître dans le cas où le gène introduit code une protéine qui rend la plante résistante à un herbicide : la dégradation de l'herbicide pourrait générer des composés toxiques. Ici, l'analyse de la composition des plantes transgéniques et des aliments qui en sont issus, associée à des tests toxicologiques, permet d'évaluer ce risque.
Enfin, une perturbation du fonctionnement de la plante peut aussi entraîner une modification du contenu nutritionnel de l'aliment. Là encore, l'analyse de l'aliment s'impose. L'INRA développe des recherches sur ces différents aspects.
Tous les travaux sont menés dans le respect des réglementations françaises et européennes relatives à la création d'OGM, à leur utilisation en milieu confiné dans les laboratoires, à leur dissémination dans l'environnement (champs) et à l'utilisation des nouveaux aliments et ingrédients alimentaires.
En France, deux commissions nationales, la Commission de Génie Génétique (CGG) et la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB), sont responsables du respect de ces réglementations par les laboratoires. Tous les essais en champs de plantes transgéniques sont ainsi examinés et doivent obtenir l'aval de la CGB. D'autres commissions interviennent dans l'évaluation des OGM : l'avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Public de France est obligatoirement recueilli lorsque l'existence d'un risque éventuel pour la santé publique lié à la consommation des produits provenant d'OGM est signalée par la CGB. Dans le domaine de l'alimentation animale, c'est la Commission Interministérielle et Interprofessionnelle de l'Alimentation Animale qui peut être consultée.
Il semble indispensable de poursuivre activement les recherches sur la transgenèse car elles ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes pour la compréhension du vivant et l'amélioration des plantes.
Avenir agroéconomique des filières utilisant des OGM, ou n'en utilisant pas, garantie de sécurité alimentaire et de qualité, respect de l'équilibre naturel et protection de l'environnement, tels sont les enjeux qui doivent être pris en compte dans leur globalité et avec lucidité.
Merci à : http://www.inra.fr/ACTUALITES/DOSSIERS/ogm.html
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