Encéphalite Spongiforme Bovine - Le site de Pow0 Hit-Parade

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Généralités    Tissus Infectants    Farines    Transmission    Mesures    Historique    Tests    Coût    Résultats

 

Généralités

 

L'Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB) a été identifiée pour la première fois en Grande-Bretagne en 1985 et déclarée en 1986.

Cette maladie appartient au groupe des encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST) connues chez d'autres espèces animales (chat, mouton, wapiti, vison…). 

Ce sont des maladies dégénératives du système nerveux central et sont dues à des agents infectieux appelés "agents transmissibles non conventionnels (ATNC)" ou "prions pathogènes".

L'ESB se caractérise par l'apparition de symptômes nerveux sur des animaux âgés qui conduisent progressivement (entre un et six mois) et inéluctablement vers la mort.

La durée d'incubation n'est pas connue avec précision mais semble être  toujours longue, de l'ordre de 5 ans.

Les diagnostics permettant d'établir avec certitude la présence du prion pathogène responsable de l'ESB sont pratiqués après la mort ou l'euthanasie  de l'animal et reposent :

- soit sur un examen histopathologique permettant de mettre en évidence des lésions spongiformes de l'encéphale caractéristiques   

-soit sur un test de Western Blot réalisé sur un fragment du tronc cérébral et présentant un résultat positif.  

A l'heure actuelle, il n'existe pas de diagnostic de certitude sur des  animaux vivants en incubation.

Ces éléments de base ont été établis grâce aux études épidémiologiques et les expérimentations de transmission de l 'ESB ainsi qu'à partir de la  connaissance des maladies apparentées.

 

 

Tissus Infectants

 

Les encéphalopathies (encéphalo + pathie=cerveau + maladie) spongiformes transmissibles sont comme leur nom l'indique, des maladies atteignant le système nerveux central.  

Des séries d'expériences de transmission ont été réalisées pour connaître l'infectivité (pouvoir de transmission) de différents tissus des animaux malades. Les expériences de ce type présentent de nombreuses variables et leurs résultats peuvent être facilement interprétés de façon erronée. Les conditions expérimentales sont souvent très éloignées des conditions de terrain : c'est par exemple le cas des injections intracérébrales.

 Les variables de ce type d'expérience sont notamment :  

-le tissu d'origine (cerveau, foie, muscles, glandes mammaires etc.…)

-la voie d'administration (injection intracérébrale ou voie orale par exemple)

-le modèle animal utilisé (souris, rat, mouton, porc, singe etc.…)

 

L'une des difficultés de cette évaluation dans le cas de l'ESB est sa longueur d'incubation supposée (autour de 5 ans chez les bovins). Le modèle utilisé le plus souvent pour cette raison est la souris, chez laquelle l'ESB a été reproduite par voie intracérébrale de façon régulière avec une durée d'incubation beaucoup plus courte que chez les bovins et avec des doses infectantes beaucoup plus faibles que par voie orale (facteur de 1 à 200.000).

Des expériences attestent le passage de l'ESB à d'autres espèces telles que notamment le mouton (par voie orale). Le passage par voie orale à d'autres espèces domestiques telles que le porc ou la volaille n'a pas été mis en évidence.

 

Le niveau d'infectivité des différents tissus a fait l'objet de classifications.

On peut néanmoins retenir les points suivants.

Les seuls tissus de bovins atteints à partir desquels on a pu reproduire l'ESB sont en nombre très limité :

-le cerveau 

-la moelle épinière

-les yeux

-et l'iléon.

 

Les expériences conduites sur d'autres tissus n'ont pas permis de détecter de pouvoir infectieux.

 

 

Farines et alimentation animale

 

Les études épidémiologiques britanniques ont montré que la diffusion de la maladie en Grande-Bretagne est due à une modification du traitement technologique utilisé dans la fabrication des farines au début des années 1980. 

Afin d'augmenter la teneur protéique de ces farines, leur traitement thermique a été diminué à cette époque en Grande-Bretagne et a permis au prion de conserver son pouvoir infectant. 

La modification de ce facteur a permis à la maladie de prendre des proportions exceptionnelles en Grande-Bretagne.

 

 

Transmission

 

La maladie peut se transmettre par voie orale. Outre les études épidémiologiques ayant permis d'identifier la farine contaminée comme facteur explicatif de l'épidémie bovine britannique, plusieurs expériences de transmission par voie orale ont permis de confirmer cette hypothèse.

La transmission par voie orale est en effet naturelle pour toutes les encéphalopathies spongiformes transmissibles à l'exception de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Toutefois, ce mode de transmission est relativement inefficace comparé aux transmissions par injection et la transmissibilité de ces maladies dépend de la dose ingérée.

 

La transmission par voie orale de l'ESB a pu être mise en évidence dans des conditions naturelles dans d'autres espèces ayant consommé des farines contaminées ou des déchets de bovins atteints. Le cas s'est notamment produit dans des zoos britanniques où quelques cas ont été constatés sur des espèces d'antilopes et de fauves. La maladie a aussi été rapportée en plus grand nombre chez des chats domestiques.

 

La transmission expérimentale par voie orale a pu être démontrée sur d'autres espèces telles que le vison, la souris et les petits ruminants (mouton, chèvre). Les expériences de transmission par voie orale réalisées sur les porcs ou les volailles n'ont pas permis la reproduction d'une maladie du même type.

 

Du fait de ce mode de transmission orale chez les bovins, un seul animal atteint dont les tissus infectants sont incorporés dans la farine insuffisamment traitée, elle-même incorporée dans des rations mélangées à d'autres produits, peut largement diffuser la maladie. Il faut environ 1 gramme de tissu nerveux contaminé pour transmettre la maladie par voie orale à un autre bovin. On peut donc estimer qu'un animal infecté incorporé à la chaîne alimentaire animale peut contaminer jusqu'à 600 bovins. Le phénomène a été aggravé par la durée d'incubation longue de la maladie. Ce n'est donc que 5 à 6 ans plus tard, lorsque le cycle de diffusion (selon les études britanniques, la durée moyenne de ce cycle est estimée à 3 ans) était largement amorcé que la maladie a pu être identifiée. L'utilisation des farines animales est une source de protéines qui n'a jamais constitué l'alimentation exclusive des bovins. Elle a été utilisée dans des systèmes de production intensive de type laitier en complément de rations essentiellement végétales.

 

 

Mesures

 

Première mesure : la Commission européenne interdit l’introduction dans les autres États membres des bovins nés avant le 18 juillet 1988 ou nés d’une femelle suspecte d’ESB (décision 89/469/CEE du 28/7/89, publiée au JOCE du3/8/89). 

À noter : cette mesure concerne les animaux vivants, pas les viandes britanniques, qui ne seront l’objet de restrictions qu’en 1990, avant de faire l’objet d’un embargo total en 1996.

Nota : Toute mesure réglementaire s’intitulant “décision” s’applique (sauf pour un texte réglementaire national contraire pris sur la base de clause de sauvegarde) dans l’ensemble des États membres à partir de sa date de publication au JOCE (ou de la date d’entrée en application qui est inscrite dans la décision). Cette décision 89/469 s’applique donc en France à compter du 3 août 1989.

 

Mesure complémentaire : À nouveau, la Commission européenne prend une décision qui limite, à compter du 1 er mars 1990, la possibilité d’introduction de bovins vivants du Royaume-Uni à ceux âgés de moins de 6 mois et non nés d’une femelle suspecte ou atteinte d’ESB et portant un marquage spécial (dans le cadre d’un régime canalisé jusqu’à l’abattoir).

Cette décision 90/59/CE du 7/2/90 prévoit aussi leur abattage obligatoire au plus tard à l’âge de 6 mois dans l’État membre importateur.

  

Historique des mesures prises:

 

1990

Considérant que la production animale prend une place de plus en plus importante dans l’agriculture et qu’en outre, les coproduits animaux qui ne sont pas correctement éliminés peuvent répandre des agents pathogènes dans l’environnement induisant une diminution de la productivité et du rendement dans ce secteur, la Commission européenne harmonise les conditions de fabrication des farines.

Directive n°90/667/CEE du 27/11/90 paru au JOCE le 27/12/90

Ce texte établit les règles sanitaires relatives à l’élimination et/ou la transformation des coproduits animaux en vue de la destruction des agents pathogènes qu’ils sont susceptibles de contenir et la production d’aliments pour animaux selon des méthodes visant à prévenir la présence d’éventuels agents pathogènes dans ces aliments :

- en distinguant, dans les coproduits animaux, les matières à haut risque (MHR) des matières à faible risque (MFR)

- en imposant la transformation des coproduits animaux dans des usines spécifiques agréés

- en définissant les conditions de traitement des matières à haut et faible risque

- et en fixant des critères microbiologiques sur les produits finis.

 

1992

La directive 90/667 offre la possibilité d’une transformation des matières à haut risque par un système alternatif de traitement par la chaleur.

Décision n°92/562 du 17/11/92 paru au JOCE le 9/12/92

Les usines de transformation des MHR utilisant un système ou une combinaison de systèmes de traitements alternatifs (aux paramètres 133°C – 20 minutes – 3 bars – particules d’une dimension inférieure à 50 mm) décrits en annexe de la décision peuvent être agréées si :

- les termes et conditions de la directive 90/667 sont strictement respectées

- l’usine de transformation prouve aux autorités compétentes que le produit fini a été échantillonné quotidiennement pendant un mois et qu’il répond aux normes microbiologiques définies dans ladite directive.

 

La taille des particules des MHR, les paramètres de temps et de température ne sont pas définis pour ces systèmes alternatifs de traitement thermique.

Par ailleurs, aucun de ces paramètres n’est défini pour la transformation des MFR. Toutefois, les critères microbiologiques s’appliquaient à ces produits après transformation.

 

1994

· Le traitement des FVO pour l’inactivation de l’agent des ESST.

Des études scientifiques préconisent des paramètres physiques minimaux à respecter lors du processus de transformation des coproduits animaux afin d’assurer l’inactivation des agents de la tremblante et de l’ESB et identifient, à ce titre, certains procédés de traitements thermiques comme non efficaces.

Décision n°94/382/CE du 27/06/94 publiée au JOCE le 7/07/94

Sont concernées par ladite décision les coproduits de ruminants (excepté la gélatine, les cuirs et peaux, les organes à usage pharmaceutiques, le sang, le lait, les graisses et les boyaux).

La transformation de ces coproduits de ruminants doit se faire :

- soit par chauffage (133° pendant 20 minutes sous une pression de 3 bars) sur des particules de taille de 50 mm

- soit par des systèmes alternatifs très stricts de traitement thermique (décrits aux chapitres Ier, II, III, IV, VI et VII de l’annexe de la décision 92/562/CEE) à la condition que les exigences de taille de particules, de température et de temps définies à l’article 2 de la décision 94/382/CE soient respectées.

Sont interdits d’utilisation tout autre système alternatif de traitement thermique.

 

1995

Décision n°95/29/CE du 13/02/95 publiée au JOCE le 18/02/95

Elle modifie quelque peu la décision 94/382 en intégrant notamment la possibilité d’autoriser les systèmes de traitement en discontinu sous certaines conditions.

 

1996

Les résultats d’études scientifiques démontrent qu’un seul système de traitement thermique est en mesure d’assurer l’inactivation quasi totale de l’agent de la tremblante dans les FVO : celui réalisé sous 133°C sous une pression de 3 bars pendant au moins vingt minutes, sur des particules de 50 mm maximum.

N.B. : l’agent de la tremblante est réputé plus résistant que celui de l’ESB.

 

Décision n°96/449/CE du 18/07/96 paru au JOCE le 24/07/96

Elle s’applique à la transformation de coproduits animaux de mammifères et uniformise l’efficacité des traitements thermiques de ces coproduits à la seule technique intégrant les paramètres d’au moins 133°C pendant 20 minutes sous une pression de 3 bars pour des particules maximales de 50 mm, sachant que cette transformation peut être effectuée par lot ou en continu.

sachant que les établissements de transformation ne peuvent traiter des coproduits de mammifères que si ce système de traitement a fait l’objet d’une validation officielle.

 

 

Les tests rapides et le choix français

 

Depuis peu, des tests dits rapides ont été mis au point : ils mettent en évidence, en moins de 12 heures, la protéine infectieuse à partir d'un prélèvement de cerveau de bovin, ce qui exclut donc pour l'instant tout diagnostic sur des animaux vivants.

 

Un appel d'offre européen a été lancé par le Ministère de l'agriculture et de la pêche français pour choisir le test à utiliser à grande échelle dans le cadre de l'équation de l'année 2000. Trois tests immunologiques rapides de détection de la protéine prion pathogène, dans le système nerveux central des bovins, avaient été validés par la commission en 1999, selon la décision 98/272 précitée. Chaque pays de l'Union européenne est libre de choisir l'un de ces trois tests pour mener le programme de recherche sur son territoire.

 

En France, les ministères de l'agriculture, de la santé et de la consommation ont décidé de retenir le test AES Prionics après examen de 7 critères :

- la récolte du prélèvement

- l'exécution du test

- la présentation du kit

- l'exécution en LVD (Laboratoire vétérinaire départemental)

- les expériences réalisées

- les qualités du test

- le prix unitaire par test

 

Trois raisons majeures ont conduit la France à retenir le test AES Prionics :

 

- Ce test a déjà été utilisé à grande échelle dans les conditions du terrain, puisqu'il s'agit du même test que celui employé par le programme UP 99 conduit avec succès en Suisse, l'an dernier et cette année.

- La formation, l'assistance et le service après-vente proposés par le laboratoire sont à la hauteur des attentes de l'administration.

- Ce test est bien adapté aux contraintes du terrain pour la réalisation et la simplicité du transfert des prélèvements.

  

Par ailleurs, l'AFSSA, procédera, dans le cadre de protocoles scientifiques spécifiques à :

- L'intercomparaison des 3 tests disponibles à ce jour

- La constitution d'une banque de prélèvements permettant des travaux de validation complémentaires

 

Le coût du programme de recherche en France

 

271 millions de francs français ont été dédiés exclusivement à la couverture des coûts supplémentaires de dépistage de l'encéphalopathie spongiforme bovine sur 48 000 bovins en France. Ce montant couvrira notamment le coût des tests et des analyses, le renforcement des contrôles en abattoir, ainsi que l'indemnisation des éleveurs dont les troupeaux seront abattus en cas de résultats confirmés positifs. En effet, toutes les assurances sont acquises sur l'indemnisation de tout nouveau cas d'ESB qui pourrait être confirmé lors de l'étude (en plus des cas dépistés selon le dispositif " classique " qui, bien entendu, se poursuit normalement).

 

 

Les différents résultats possibles des tests et le devenir des animaux

 

1 - Les résultats au test rapide

 

> Les échantillons présentant un résultat négatif au test rapide :  

- n'entraînent pas d'action sanitaire sur le cheptel d'origine

- la carcasse consignée (lors de l'abattage d'urgence) est livrée à la consommation (sous réserve des autres éléments de l'inspection sanitaire) à l'exception de la tête, des viscères et du sang qui ne peuvent pas être conservés pendant ce délai.

- les échantillons sont conservés en laboratoire de référence dans une "banque de prélèvements" où ils  pourront être exploités pour des études complémentaires.

 

> Les échantillons présentant un résultat positif au test rapide :  

- sont adressés au laboratoire national de référence (AFSSA LYON)  amènent à considérer le bovin concerné de suspect et entraînent la mise sous surveillance de son élevage de provenance, dans l'attente du résultat du diagnostic effectué selon les méthodes officielles par l'AFSSA LYON

- et la carcasse consignée (lors de l'abattage d'urgence) est dirigée dans tous les cas vers l'équarrissage aux fins de traitement puis d'incinération.

Tout animal ayant un résultat positif, même au test rapide, est donc incinéré.

 

 2 - Les résultats des tests de référence sur les échantillons positifs au test rapide

 

 L'AFSSA Lyon réalise les analyses sur les échantillons ayant présenté un résultat positif au test rapide dans les LDA, par le test officiel de confirmation (Western-blot)

 > Les échantillons présentant un résultat négatif au test officiel de référence entraînent la mise en œuvre d'un protocole spécifique de recherche concernant tout le cheptel

 > Les échantillons présentant un résultat positif au test officiel de référence amènent la mise en place des mesures habituelles de police sanitaire, consistant à la destruction de tous les animaux du troupeau.

 

 

 

 

Retour

Un grand merci à:

http://europa.eu.int/comm/food/index_en.html

http://www.mhr-viandes.com/fr/docu/docu/d0000604.htm

http://perso.infonie.fr/vetolavie/bse.htm