La fronde
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Introduction


Ce site, comme vous l'avez vu, est basé sur ma collection d'artefacts antiques. Je ne désire pourtant pas qu'il ne se limite qu'à ça. C'est pourquoi je vous propose des articles. Celui-ci partira de ma balle de fronde pour étudier cette arme trop souvent considérée comme un simple jouet. Nous utiliserons pour cela un plan des plus classiques :
Dans une première partie nous ferons un court historique de cette arme, puis nous nous intéresserons à l'utilisation de celle-ci. Nous nous attarderons ensuite sur l'efficacité de la fronde avant de voir son utilisation tactique par les armées antiques.
 
Rome ne s'est pas faite en un jour ! L'article est en train d'être rédigé et devrait bientôt être là. Si vous voulez parler de la fronde vous pouvez aller sur le forum dans la section "les grands débats de l'antiquité".
 
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Historique


La fronde remonte à... Longtemps avant J.C. (amis de "La Cité de la Peur" bonsoir !). En vérité on ne connaît pas exactement ses origines, la fourchette est donc relativement large (entre le 12ème et le 6ème siècle avant J.C.). Elle est apparue dans le monde méditerranéen, au climat semi-aride, sans étendu de végétation dense et riche en terrains montagneux et rocailleux. Une myriade de peuples semble avoir utilisé cette arme pour la chasse dans un premier temps, pour la guerre ensuite. Cette fronde est très peu cher et ses projectiles facilement trouvables dans la nature. Elle est une bonne alternative aux "armes riches" employant de grande quantité de bronze ou de fer. C'est à partir de la XXème dynastie que la fronde est adoptée en Egypte, cette dernière n'apparaît que durant le VIIIème siècle dans les armées assyriennes, pour couvrir les archers (deux frondeurs pour un archer).

C'est à partir de l'antiquité "greco-orientale" que la fronde va connaître une forte utilisation. En effet, avec le développement des sociétés et d'une certaine forme d'industrie, les métaux, pouvant être transformés en terribles projectiles, vont véritablement être maîtrisés et usinés. Ainsi, même si les projectiles en pierre ou en terre cuite ne seront jamais abandonnés, la balle en plomb de forme oblongue (comme celle de ma collection) a été adopté par beaucoup de frondeurs à partir de cette époque. La masse de celle-ci tournée autour de 60 à 110 grammes. Bien que ne connaissant pas les lois de l'aérodynamique, les frondeurs avaient vite remarqué qu'à masse égale, le projectile le plus dense offrait de plus grandes portées et avait des effets vulnérants supérieurs, le choix du plomb devenait alors inévitable. Les moules leur donnaient parfois une inscription en relief comme "Voilà pour toi" ! Xénophon mentionne souvent les frondeurs et souligne leur capacité à tenir à distance les troupes adverses. Ils deviennent des professionnels, parfois des mercenaires. Certaines régions deviennent très renommées comme Rhodes ou les Baléares.

Les armées de la république romaine, comme les armées de Carthage, intègrent des divisions de frondeurs. Pompée et César recruteront, pour leurs troupes respectives, des régiments entiers de ceux-ci.

Plus tard, les Wisigoths auront également la réputation d'être d’excellents frondeurs.

La fronde fut ensuite couramment utilisée jusqu'au XVIème siècle pour lancer certes des pierres, certes des balles de plomb, mais également des grenades.

Durant le Moyen Age, l'empereur germanique Henri VII (1274-1313) s'accompagna de frondeurs, les Castillans en firent également un usage intensif. Un chroniqueur, Froissart, affirme que le roi castillant disposait en 1386 près de 30 000 frondeurs ! En 1572, les Huguenots, enfermé à Sancerre, manquant d'armes à feu, utilisèrent des frondes (les "arquebuses de Sancerre"). Les conquistadores durent faire face aux milliers de frondeurs qu'alignaient les Incas et les Aztèques.

En Europe, la fronde continua à être utilisée comme arme des bergers pour éloigner les loups ou les chiens. On la retrouve en Dalmatie dans les Alpes (jusqu'au XXème siècle), en Angleterre (jusqu'au XXème siècle), dans les îles Baléares (jusqu'au XXème siècle), en Espagne, en Syrie, en Palestine, en Jordanie, au Hedjaz, en Afrique du Nord, dans les îles Canaries...

La fronde fut également utilisée durant la Grande Guerre pour augmenter la portée de jet des grenades. Lors du siège de l'Alcazar à Tolède, les Républicains se servirent de cette arme pour lancer des grenades dans la forteresse.

On peut donc dire que cette arme a été utilisé, depuis son invention, quasiment sans interruption. Cette longévité prouve bien son efficacité selon moi.





Utilisation pratique



La fronde est un instrument simple qui ne peut avoir qu’une seule forme. Cependant il en existe différentes variétés en terme de longueur. On peut comparer les frondes avec les arcs du Moyen Age. L’arc français était relativement simple a employé, l’arc anglais nécessitait, quant à lui, une expérience beaucoup plus importante pour l’utilisée de manière optimale, en revanche il était bien plus performant. Pour la fronde c’est la même chose : la longueur des brins déterminent la puissance de la fronde. Plus ceux-ci sont longs, plus la fronde envoie ses projectiles loin et plus elle est difficile à manipuler.

 

La fronde, malgré son apparente simplicité, est un instrument aux multiples utilisations. Décrivons les ici :

 

- La première est utilisée pour des tirs horizontaux, utiles à une distance faible. Il faut faire tournoyer la fronde au dessus de sa tête autour d’un axe vertical. On imprime le mouvement avec le poignet puis on utilise le coude et l’épaule pour accélérer de manière plus importante la rotation. L’un des deux lanières est alors relâchée, ouvrant la poche et libérant la balle. Il semblerait que les Romains entraînaient leurs frondeurs à lâcher le projectile dès la première rotation ce qui nécessite un très bonne entraînement. Le nombre de tour ne doit cependant pas dépasser les trois ou quatre car cela constitue un coût important en termes de fatigue musculaire sans pour autant augmenter la vitesse du projectile de manière sensible. Le défaut de cette technique réside dans le fait qu’il est difficile de choisir la direction dans laquelle part le projectile si on a peu d’expérience. Regardons les illustrations ci-dessous pour voir la technique de tir et les ratés possibles.

 

 




 
- La seconde consiste à faire tournoyer la fronde avec le poigner, sur un plan verticale le long du corps.  Au bout de deux tours le projectile est près à être lancé. Cette technique donne à la balle une trajectoire en forme de cloche très utile pour atteindre des troupes à l’arrière de la l’arrière ligne ennemie, pour envoyer le projectile au-dessus de ses propres rangs ou pour tirer au-dessus d’un mur ou d’un obstacle quelconque. Ici la direction du projectile est maîtrisée, en rechange il est plus difficile d’anticiper la distance à laquelle il va s’écraser. Les deux prochaines illustrations illustrent ce tir.



- La troisième technique est la plus rapide. Il ne peut en effet y avoir qu’une seule rotation qui n’est d’ailleurs même pas complète. Cette technique a quelque chose du coup de fouet. L’accélération est beaucoup plus brutale que les deux dernières méthodes. La poche est au sol, d’un coup, le frondeur la tir en arrière vers le haut est lâche le premier brin dès que son coude est au niveau de sa tête.


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- La quatrième technique utilise un bâton. La fronde est associée à celui-ci, on retrouve alors le mécanisme de la catapulte romaine ou du trébuchet médiéval. Cette technique permet à un frondeur inexpérimenté de réaliser de jolis tirs. Certes c’est plus encombrant, mais son utilisation semble plus aisée et moins aléatoire. Mais des images vous en apprendrons plus que de longs discours.







Les projectiles sont relativement variés. Il est évident qu’il n’est pas obligatoire de les usinés, une pierre ramassée étant une balle bien assez meurtrière. On peut aussi cuire des boules d’argile. Il ne faudra pas penser que ces projectiles doivent être gros, au contraire. La densité est bien plus importante. Apparaît donc rapidement des balles de plomb, métal très dense. La forme oblongue de ces balles (comme la mienne), permettait à la fois de les maintenir de manière efficace dans la poche durant les rotations mais également de concentrer tout le poids des projectiles sur un point très précis lors de l’impact permettant de casser des os et de provoquer des hémorragies internes.




Efficacité


Tentons d’abord de raisonner par analogie : Comparons la fronde et l’arc d’un point purement physique. La balle de fronde est très utile contre les armures (de cuir ou de métal) et les casques car ces protections sont très difficiles à transpercer pour la flèche. La fronde, elle, n’est pas obligée d’ouvrir une brèche, de pénétrer. En effet elle peut provoquer des fractures graves et des hémorragies internes (très mal, voir pas du tout maîtrisables dans l’antiquité). Il faut toutefois nuancer, les distances, les puissances des arcs, l’alliage et la forme des flèches compensent parfois ses lacunes. En revanche on sait que l’arc réagit très mal à certains climats, l’humidité n’affectant jamais la fronde.

 

La vitesse du projectile est bien plus importante que celle d’une flèche. L’effet de « feu plongeant » permet à la balle de fronde d’augmenter considérablement sa vitesse, contrairement à la flèche qui n’emmagasine que peu d’énergie lors d’une chute. Pour R. Dohrenwend, un spécialiste de la fronde, un projectile lourd pouvait même atteindre les performances d’une balle de 357 magnum !

Qu’est ce que le « feu plongeant » ? Regardons le schéma ci-dessous.



Le frondeur, encore plus que l'archer, profite des collines. Ses projectiles n'en deviennent que plus meurtriers. Vous pouvez voir sur la coupe ci-dessus différente élévation. Un frondeur inexpérimenté peut atteindre une vitesse initiale de 36.48 lors de son lancé. Mais la pente peut permettre une accélération formidable.
Comparons les angles de pente et l'accélération de la vitesse grâce à ce tableau d'après R. Dohrenwend :


La précision est relativement aléatoire, tout dépend de l’environnement et de l’expérience du frondeur. Dans les îles Baléares, certains affirment que les hommes étaient capables de frapper une zone d’un mètre carré à 200 mètres. On peut donc penser qu’il existait de véritables « snipers » antiques. Mais la majeure partie des frondeurs tirait sur les masses compactes des armées, la précision étant ainsi relativement secondaire. Il est toutefois envisageable que certains visaient de préférence les officiers.

 

La portée est fonction de l’environnement mais les projectiles atteignaient en règle général 200 mètres.

 

La cadence de tir est très élevée, plus élevée que l’arc antique. Ainsi les bergers du Proche Orient tenaient à l'écart les bêtes fauves avec leurs frondes. Or, un lion couvre 100 mètres en quatre secondes lorsqu’il s’élance, il fallait donc envoyer les balles de manières très rapide sachant que toutes n’atteignaient pas leur but. Un minimum de 6 à 12 balles par minutes est donc envisageable.

 

 



Considérations tactiques


Dans quelques heures...