| Conseil Géneral
VOTE DU BUDGET - 22 DECEMBRE 2000
Intervention de Jacques MEZARD au nom du Groupe
de l'Opposition Départementale
Monsieur le Président,
Le vote de ce dernier budget de votre mandature est symbolique. C'est le moment tout à
la fois d'apprécier un bilan et de regarder l'avenir.
Pour subir dans d'autres collectivités des comportements peu démocratiques, permettez
moi tout d'abord au nom du Groupe d'Opposition PS-PRG de vous remercier pour le climat
courtois et serein qui a marqué les relations entre nos différents groupes.
Nous avons voulu conjuguer opposition et proposition. C'est l'essence de la
démocratie, aussi pouvons-nous revendiquer humblement une part dans le bilan de notre
collectivité commune. Je pense en particulier au travail d'Yves DEBORD sur
l'environnement, au Lioran, au Puy Mary, à l'Aire de Garabit. Jamais notre concours n'a
fait défaut lorsque l'intérêt du Département devait primer. Les interprétations qui
ont pu en être faites relèvent du dérisoire parfois du méprisable.
Un budget, ce sont simplement des recettes permettant des dépenses, surtout pas
l'inverse.
L'opposition a considéré depuis le début du mandat qu'il y avait une priorité :
briser la spirale haussière de la pression fiscale. Ecoutés dans un premier temps avec
une certaine ironie, je constate que depuis trois ans nous avons été largement entendus.
Voici le troisième budget où les taux baissent de 1 %, c'est une excellente chose tant
économiquement que psychologiquement pour nos concitoyens. Ceux qui critiquaient ce choix
il y a deux ans en conviennent aujourd'hui.
Monsieur le Président, vous avez hérité d'une situation financière difficile, on
peut même dire que le Département a frôlé dans le début des années 1990 la
catastrophe financière.
Aujourd'hui, la situation est rétablie, le travail des services et de leur Directeur
Général doit être salué.
Dans la structure de nos finances, je note que l'Etat, loin de se désengager, accroît
son concours financier, si nous perdons 42 MF de recettes avec la suppression de la
vignette, les dotations de l'Etat progressent de 51 MF dont 42 MF au titre compensation
vignette.
Par contre les participations de la Région Auvergne diminuent ce qui constitue un
véritable problème, le Cantal est le parent pauvre de la Région.
- Dette : Le remboursement de l'emprunt passe à 99,5 MF dont 24,9 MF d'intérêts. Il
y eut une politique de désendettement favorisée par le contexte économique général,
c'est bien. Il y a encore un encours de la dette de 580 MF en légère augmentation par
rapport au budget 2000 ! et supérieur à la moyenne des départements comparables.
- Sachons tous nous souvenir de deux évidences encore incontestables rendant les
exercices financiers toujours délicats.
- Notre département ferme pratiquement la marche en France quant à la richesse fiscale.
- Cela entraîne un poids du prélèvement par l'impôt sur nos concitoyens très
largement supérieur à la moyenne nationale d'environ 150 %.
- Si l'on examine les dépenses d'équipement bruts réels, on note après une
stagnation 1999-2000 de 214 à 217 MF une progression à 234 MF soit 8,2 % cette année
mais avec une progression de 24 % des emprunts nouveaux et un léger affaissement de notre
capacité de désendettement.
Cela signifie que les prochains budgets seront encore très difficiles à établir, que
la stabilité fiscale nécessitera des choix drastiques et donc courageux, une politique
très ferme.
Si l'on examine la structure de nos dépenses par rapport à des départements
comparables, je m'y suis livré et grâce aux documents de deux départements, en
particulier les Hautes Pyrénées, on s'aperçoit que notre budget social, première de
nos compétences obligatoires, est très inférieur en pourcentage à ce qu'il est dans
ces départements. Si l'action de nos services est perçue par tous comme très positive,
il n'empêche que ce secteur justifiera un développement dans un partenariat renouvelé
avec d'autres collectivités envers les plus démunis, la prévention en matière de
jeunesse, l'accueil des personnes âgées.
Comme il n'est pas envisageable de réduire les budgets à effet multiplicateur dans
les domaines économique, agricole, touristique et environnemental, cela veut dire que
c'est dans le secteur de la voirie qu'il faudra être plus sage encore plus planificateur,
c'est là le courage politique.
Soyons réalistes, depuis des dizaines d'années le pouvoir politique au Conseil
Général et dans les Cantons s'exprime beaucoup par la capacité à faire réaliser des
investissements routiers, sans partialité et j'aurai mauvaise grâce personnellement à
m'en plaindre cette année.
Cependant, ceux qui auront à décider dans les prochains budgets seront confrontés à
de nouvelles hiérarchisations et à des réductions budgétaires inévitables.
D'aucun ici pourrait nous dire pourquoi nous abstenir alors que vous avez voté la
plupart des rapports..
La réponse vient d'être précédemment ébauchée. De plus les rapports visent
ponctuellement des actions que nous considérons en général positives, ce qui n'exclue
pas que nous aurions certainement défini parfois d'autres priorités, d'autres
orientations.
Lesquelles ?
Tout d'abord, pour nous il est essentiel que le Conseil Général pour l'avenir :
- définisse très fermement sa politique,
- l'applique,
- la fasse respecter,
- la fasse connaître.
Le Conseil Général ne peut émietter ses actions, saupoudrer ses interventions, d'où
recentrage sur les compétences obligatoires et pour les optionnelles agir
fortement là où on peut avoir un effet multiplicateur.
- Poursuivre les efforts de remise en ordre des Syndicat Mixte et SEM, là où le
Conseil Général est majoritaire, il doit après concertation avec ses partenaires
définir sa politique. Nécessité d'un responsable administratif de ces structures dans
nos murs.
- Se garder des effets d'annonce à usage des médias dans le genre 200 000 ha en l'an
2000, dans le genre Pacte de qualité.
C'est par le canal du partenariat avec les territoires de proximité que nous pourrons
peser plus fortement sur le développement cantalien. DGDI, FEC, sont des outils
performants s'ils sont utilisés avec une volonté politique. Il en est de même de nos
Syndicats Mixtes et SEM.
Comité d'Expansion et CDT sont deux organismes qui ont vocation à davantage de
synergie. Nous souhaitons que les aides à nos entreprises et artisans soient davantage
ciblées vers l'aide à la création, à l'innovation. Simplifier les démarches, pallier
à l'absence de capitaux de démarrage et de fonds propres, voilà des axes forts.
Dans le domaine agricole, nous devons définir davantage notre politique, favoriser à
la revalorisation du prix du lait, la diversification, l'agriculture bio.
Dans aucun secteur la politique du Conseil Général ne peut, ni ne doit lui être
dicté de l'extérieur.
Monsieur le Président, nous attendons une politique qui soit le fil rouge de toutes
nos actions, une politique volontariste de lutte contre la déprise démographique. C'est
à la vraie tranversalité des actions de demain. Nous avons participé au séminaire de
réflexion, nous avons fait des propositions, il faut agir.
Que ce soit au niveau de la valorisation de l'image du Département ou de l'accueil de
population, en modifiant une citation de Louis GALTIER,
l'éloquence s'est substituée à l'action.
Le problème de la démographie malgré l'adoption de mesures en séance publique, n'a
pas été assez pris en compte (états généraux, valorisation de l'image par un
professionnel).
Sur les services publics : "La Montagne" de ce jour, annonce la suppression
de 14 postes dans l'enseignement primaire pour la rentrée prochaine.
D'où la nécessité, et nous l'avons demandé hier à l'occasion du débat sur les
Collèges, d'avoir une réflexion prospective sur la question "maintien des services
publics/démographie" pour passer d'une attitude défensive à une action offensive.
La démographie, l'aménagement de notre territoire, ce doit être notre priorité et
notre responsabilité fondamentale.
Je conclurai sur l'image du Conseil Général, assez d'auto flagellation ; elle mérite
aussi d'être valorisée, ici des hommes travaillent, des élus proposent et construisent
au delà des clivages. Ils sont capables de consensus, dans l'intérêt général, on ne
devient pas conciliateur par faiblesse, mais par raison, par vocation et par devoir. Pour
atténuer les conflits et utiliser l'énergie qu'ils produisent, il ne faut pas être
démuni de force.
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