puy mary

QUESTION A                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Page Accueil
Jacques Mézard

CONSEILLER GENERAL

Monsieur Jacques Mézard, Conseiller Général d'Aurillac IV, ancien premier adjoint au maire d'Aurillac de la précédente municipalité, actuellement conseiller municipal d'opposition, a accepté de répondre à nos questions. Son point de vue sur l'opération Grand site au Puy Mary et le rôle du syndicat mixte à la présidence duquel il a été candidat en font un interlocuteur de poids.


TRIBUNE : Monsieur le Conseiller général, vous avez créé la surprise récemment lorsque vous avez été candidat à la présidence du syndicat mixte du Puy Mary : la candidature de M. Cerruti comme candidat de consensus était-elle inopportune ?

JACQUES MEZARD : Je veux profondément que l'Opération Puy Mary Grand Site National réussisse. Pour cela, il faut ramer dans le même sens, surmonter tant les clivages des groupes politiques que les antagonismes personnels, convaincre sur le terrain les habitants des communes concernées et écouter tant leurs aspirations que leurs craintes.
Ce projet est un projet de développement local ambitieux, moderne, donc avec mes amis conseillers généraux et régionaux socialistes et radicaux nous avons décidé de soutenir les efforts du Président R.BESSE qui a largement pris en compte nos propositions. Je considère que le Président du Syndicat Mixte doit être appuyé par une très large majorité sinon le projet échouera. Il s'est avéré que la candidature de mon collègue R.CERRUTI présentée par R.BESSE était rejetée par les conseillers généraux du groupe centriste d'où la "candidature de B.DELCROS. Ce conflit de personnes sans aucun débat de fond ne pouvait qu'entraîner l'élection d'un Président à une courte majorité et la mort du projet. J'ai donc présenté ma candidature et un programme pour débloquer la situation et faire prendre conscience à l'ensemble de nos collègues qu'un Président d'union s'imposait, ce ne pouvait être que le Président du Conseil Général. Je souhaite surtout que la sagesse et la volonté de travailler soient durablement au rendez-vous.

TRIBUNE : Qu'attendez-vous du Syndicat mixte du Puy-Mary ?

J.M. : D'abord une forte volonté d'entreprendre, de faire revivre l'ensemble du Massif Cantalien du Lioran à Salers. Faire travailler ensemble les acteurs politiques, associatifs, économiques des différents versants, c'est déjà un bouleversement.
Pour cela nous devons convaincre sur le terrain, dans les communes, nos concitoyens de l'importance de cet enjeu et les faire participer au maximum à la réflexion sur les projets, mais aussi aux projets pour que cette opération devienne la leur. Le Conseil Général s'investit de manière exceptionnelle (70% de l'investissement et du fonctionnement, le Parc Régional des Volcans aussi 20%), la Région nous a assuré de son concours, ceux de l'Europe et de l'Etat ne feront pas défaut.
Le Puy Mary Grand Site National c'est :
- en premier lieu la préservation du site lui-même, restituer au maximum la pureté et la grandeur du site original, organiser la fréquentation du site
- en second lieu, dans les vallées, promouvoir une politique de développement local, une politique d'accueil des touristes, lutter contre la désertification.
En résumé, le Puy Mary Grand Site National se doit être la vie en harmonie avec la nature.

TRIBUNE : Quels aménagements doivent être programmés sans délai ? l'auberge acquise par le département doit-elle être démolie comme prévu initialement ?

J.M. : Dès la première réunion du Syndicat j'ai proposé un programme d'actions immédiates afin de concrétiser sur le terrain notre volonté
- recrutement d'ici mai 2000 d'un chef de projet avec comme objectif l'élaboration des programmes définitifs Grand Site.
- Dès cet été une action de communication et d'animation sur le site et dans les communes sera réalisé en partenariat avec les structures et association Grand Site National, créer une collaboration entre les vallées pour mieux accueillir les visiteurs, informer les sensibiliser les habitants.
- Le Syndicat Mixte a accepté sur ma proposition que dus 2001 l'entretien et la mise en valeur des itinéraires de randonnée soient assumés par les Syndicat Mixte d'où une cohérence à échelle du Massif Cantalien et un allégement de la charge des communes.
- Les opérations Cœur de Villages seront favorisées dans chaque commune afin d'aboutir à une harmonisation dans l'aménagement des espaces publics.

En ce qui concerne l'auberge acquise par le Département, le Syndicat Mixte devra prendre la décision définitive de démolition ou de rénovation, quelle que soit la décision. Ce qui importe, c'est l'intégration du bâtiment au site. Un espace d'accueil public est indispensable ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. Nous devons faire de cet espace un exemple architectural : sobriété et qualité.

TRIBUNE : La gestion globale d'un site touristique de la dimension du Puy-Mary requiert sans doute des compétences que les collectivités territoriales n'ont pas toujours : doit-on abandonner l'idée d'un recours au savoir-faire d'un opérateur privé ?

J.M. : Cette question est la présentation habile d'un procès d'intention, fait à mon avis à tort au Conseil Général, de confier la gestion du Puy Mary à Transmontagne déjà installé au Lioran. En réalité, pour le Syndicat Mixte, nous avons décidé un autre choix : recruter un chef de projet d'excellent niveau, lequel aura pour mission de travailler prioritairement à l'élaboration du programme définitif.
Je crois que c'est la bonne formule et que la mise en place de l'Opération Puy Mary Grand Site National requiert l'alliance d'une forte volonté politique au Syndicat Mixte et d'un professionnel de qualité qui mettra en place la politique déterminée par le Syndicat Mixte. Peut-être plus tard faudra-t-il envisager d'autres solutions sachant que je vois mal les raisons qui pousseraient un opérateur privé à vouloir s'investir dans une opération de développement local où il aurait peu ou pas d'espoir de rentabiliser son investissement.

TRIBUNE : Quel est votre sentiment sur l'opportunité d'un schéma de cohérence paysagère en ce qui concerne les travaux routiers et la préservation de l'environnement ?

J.M. : L'idée du schéma de cohérence paysagère pour les travaux routiers et la préservation de l'environnement est bonne et je l'ai souhaité. L'atout fondamental de notre territoire c'est le patrimoine naturel. Il est donc essentiel d'avoir une politique forte de protection de ce patrimoine à travers une démarche intercommunale des opérations cœurs de village, un contrat rivière, des recommandations architecturales : ne pas faire n'importe quoi n'importe où.
Ceci étant rappelé, je refuse d'accepter la défense de l'environnement comme un retour au passé, comme la conjonction de tous les obscurantismes et de toutes les peurs. Non à l'écologie intolérante dogmatique, l'écologie mérité mieux. Nos routes doivent être intégrées au paysage mais doivent être de qualité. Je continuerai à me battre contre ceux qui voudraient, sous couvert d'environnement, transformer notre territoire en "réserve", empêcher nos concitoyens de chasser, de vivre libre dans leur territoire : non au désert vert, vive la vie.

TRIBUNE : La vallée de la Jordanne est l'une des plus belles et des plus fréquentées du département : quelles retombées attendez-vous de l'opération grand site" pour les habitants des communes ?

J.M. : La Vallée de la Jordanne c'est un patrimoine naturel exceptionnel, une population attachante, un potentiel touristique formidable, toutes les communes depuis Aurillac sont en réalité une porte d'entrée de l'Opération Grand Site qui permet de conjuguer protection du patrimoine naturel et développement local.
La valorisation de l'image Puy Mary Site National doit s'accompagner d'actions fortes dans la Vallée pour profiter des plus touristiques (400 000 visiteurs au Puy Mary). Nous avons largement commencé la mise en place de ces actions par la politique de point fort touristique, la réalisation et l'embellissement des espaces publics communaux (cf le travail exemplaire de la commune de Saint Simon), les projets de zones de loisirs sur plusieurs communes, les actions de protection et de mise en valeur du patrimoine architectural et culturel (cf Trésor cantonal de Lascelles).

Toujours dans le cadre de l'intercommunalité, nous développons avec les hôteliers et restaurateurs une politique de produits touristiques complets tels que le produit pêche (dont les premières dizaine de clients ont réservé pour ce printemps).
En 2001 doit s'ouvrir le grand projet privé touristique et sportif autour de la Sablière de Lascelles avec un village de gîtes important, une activité pêche et équestre autour du concours complet.

Pour nous, élus de la vallée, l'accueil doit se décliner sous toutes ses formes. C'est aussi pour cela que nous expérimentons à Velzic un nouveau système de Résidence pour personnes âgées autour de familles d'accueil, que nous avons mis en place Cyber Cantal et la NTCI dans chacune des communes.
La Vallée de la Jordanne est aujourd'hui dynamique, volontariste. Les communes, les associations, les habitants se mobilisent pour que demain nos enfants puissent avoir un avenir ici. L'Opération Puy Mary Grand Site National est un des éléments fondamentaux de cette mobilisation.

TRIBUNE : A la fois élu de la vallée et élu d'Aurillac, vous occupé une position de choix pour conduire la complémentarité entre le chef lieu du Cantal et la Vallée : comment l'analysez-vous ?

J.M. : Le canton d'Aurillac Nord ce n'est pas uniquement Aurillac et "la Vallée" c'est aussi le haut de la Vallée de l'Authre avec les commune de Marmanhac et Laroquevieille et la l'aval de la Vallée de la Cère avec les communes de Giou de Mamou et Yolet. C'est sur l'ensemble de ce territoire qu'avec l'ensemble des municipalités nous préparons un projet de territoire de proximité après avoir mis en place une opération de point fort touristique en partenariat avec la Région et le Conseil Général.

La complémentarité entre ces communes dite rurales et la commune d'AURILLAC est vécu au quotidien par nos citoyens. Une majorité de la population active de toutes ces communes travaille chaque jour à Aurillac, nombre d'Aurillacois y possèdent leur résidence secondaire, en sont originaires ou tout simplement vont y jouir d'une nature exceptionnelle.

Quatre communes du canton font partie du District puis de l'Agglomération depuis l'origine : Saint Simon, Velzic, Giou de Mamou et, depuis 1995, Yolet. Aujourd'hui, avec la Loi Chevènement et la création de la communauté d'Agglomération du Bassin d'Aurillac, il est invraisemblable, injustifiable de laisser les cinq communes du Haut de la Vallée de la Jordanne et de la Vallée de l'Authre isolées et sans espoir. A mon initiative aujourd'hui, avec les élus de ces communes, nous travaillons sur l'éventualité d'une demande d'adhésion à la communauté d'agglomération. A titre personnel je suis convaincu qu'il n'y a pas d'autre solution raisonnable et que le plutôt sera le mieux afin qu'aucun conflit électoral ne vienne polluer l'examen de ce problème.
Ces communes ne viennent pas sans rien. Outre pour deux d'entre elles des entreprises industrielles, elles apportent un potentiel touristique et économique important, l'espace dont notre agglomération a besoin.

Nous Cantaliens, si prompts à critiquer l'aménagement du territoire vu d'une Région Parisienne hypertrophiée, devrions-nous à l'échelle locale faire les mêmes erreurs ? Ne serions nous pas capable d'aménager de manière équilibrée l'ensemble de notre bassin d'habitat des bords du Lac de Saint Etienne au Puy Mary en passant pas le Square ?

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