| Les Roubaïates
118 O toi qui domines tous les grands de l'univers!sais-tu quels sont les jours où le vin réjouit l'âme? Ce sont: le dimanche, le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi, en plein jour. 119 Fréquente les hommes honnêtes et intelligentsFuis à mille Farsakhs loin des ignorants. Si un homme d'esprit de tonne du poison, bois-le; si un ignorant te présente un antidote, verse-le à terre, 120 Nous sommes des poupées que la roue du ciel agite,ceci est une vérité et non une métaphore. Nous sommes, en effet, des jouets sur ce damier des êtres, que nous quittons pour entrer un à un dans le néant. 121 Aujourd'hui, éperdus d'amour, pleins d'agitation, nous sommes ivreset dans le temple des idoles, nous rendons au vin son culte. Oui, aujourd'hui, entièrement détachés de notre être, nous aurons atteint le trône de l'éternité 122 J'ai vu sur les murs de la ville de Thous un oiseauposé devant le crâne de Key-Kavous. L'oiseau disait à ce crâne:"Hélas! que sont devenus le bruit de ta gloire et le son du clairon?" 123 Que la crainte du futur ne jaunisse pas tes joues;que le présent ne te fasse point frémir d'effroi; jouis, dans ce monde de néant, de la part du plaisir qui te revient, n'attends pas pour cela que les faveurs du ciel te soient retirées. 124 O Khayyam! quand tu es ivre, sois dans l'allégresse;quand tu es assis près d'une belle, sois joyeux. Puisque la fin des choses de ce monde c'est le néant, suppose que tu n'es pas, et puisque tu es, livre-toi au plaisir. 125 Jusqu'à quand l'échec de tes entreprises te chagrinera-t-il?Le tourment est le partage de ceux qui craignent l'avenir. Vis dans la joie, n'afflige pas ton coeur des soucis de ce monde, sache que le vin n'augmente en rien l'amertume des peines. 126 Bien que le vin soit défendu, bois-en sans cesse,bois-en soir et matin, bois-en au bruit des chansons, au son de la harpe. Quand tu pourras t'en procurer, de celui-là qui brille comme le rubis, jettes-en une goutte à terre et bois le reste. Votez pour ce site au Weborama |