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Lundi le 16 mars 1998 j'assistais, à la Maison Ludger Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, au lancement d'un livre intitulé: "Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire...". Écrit par un collectif d'auteurs membres du Cercle Gérald-Godin, cette soirée était rehaussée par la présence du Vice-premier Ministre, monsieur Bernard Landry et du "Robin des bois des banques", monsieur Yves Michaud et ce, en plus des intellectuel(le)s déjà engagé(e)s dans le Cercle Gérald Godin. Bien que ce soit toujours un régal pour l'esprit et un tonique pour nos ardeurs de militant(e)s indépendantistes que d'entendre des intellectuel(le)s parler de notre pays, le QUÉBEC, comme une chose à faire à court terme ce qui m'a ému au plus haut point fut de voir madame Pauline Julien. Je suis un admirateur de longue date de Pauline Julien ayant assisté à une de ces premières prestations à Montréal soit en 1958, alors qu'elle présentait un intermède musical - un récital de chanson de Kurt Weil - entre deux pièces de théâtre en un acte au Théâtre Club de Monique Lepage. Ce fut le coup de foudre. J'ai, par la suite, assisté à la majeure partie des récitals qu'elle a donnés à Montréal, allant même jusqu'à aller la voir et l'entendre deux ou trois fois les semaines où tenait l'affiche de la boîte à chansons du Village québécois à La Ronde, durant l'Expo 67. Vous comprenez donc mon émoi lorsque je l'ai vu se diriger vers moi pour engager la conversation. J'ai sans doute rougi comme un collégien. Bien que limitée par la maladie, Pauline a gardé ce sourire moqueur, ce regard inquisiteur, cette allure de gavroche toujours prêt à monter aux barricades. C'est elle qui, après avoir interprété "Le Nouveau voyage" de Claude Gauthier qui se termine par ses mots: "je suis Québec mort ou vivant", a lancé un tonitruant "Vive le Québec Libre"devant une assemblée de dignitaires des pays de la Francophonie, au grand dam de Pierre-Elliott Trudeau qui prétendait, avec tout le sérieux qu'on lui connaît, que le Canada est un pays francophone. La dernière fois où j'avais vu Pauline Julien avant ce soir du 16 mars, c'était à l'enterrement de son poète qui était aussi le nôtre: Gérald Godin. C'est pour honorer sa mémoire que les auteurs du livre se sont réunie sous le nom de Cercle Gérald-Godin et c'est pour honorer un autre grand poète québécois que ce Cercle s'appellera dorénavant : Le Cercle Godin-Miron. Pauline a d'ailleurs chaudement applaudit ce changement d'appellation. Il faudra bien un jour trouver le moyen d'associer à nouveau le nom de Pauline Julien à celui de Gérald Godin et ainsi réunir ces deux militants de l'indépendance du Québec qui, CHACUN À LEUR MANIÈRE, ONT ENRICHI LA CULTURE QUÉBÉCOISE DE PLUSIEURS BEAU JOYEAUX. |