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Sommaire

-Palestine : tous les peuples de la région sont concernés ! Hocine Bellaloufi 28 03 2011

- Non à l'agression impérialiste en Libye Hocine Bellaloufi 20 03 2011.

- Les révoltes de jeunes ont ébranlé l’ordre autoritaire Inprecor Chawki Salhi 24 01 2011

- Dérive droitière du néo patriotisme de gauche Nadir DJ. 24 02 2011

- Manifestation victime de la surenchère. Nadir Djermoune 17 02 2011

- Pourquoi nous n’allons pas participer à la marche du 12 février. Association Nedjma

- Déclaration des Amis du livre Béjaia. 10 02 2011

- Grand Moyen-Orient, Guerres ou Paix ? Plaidoyer pour une révolution arabe - à propos du livre de Hocine Belalloufi. Revue contretemps. 05 02 2011

- Tunisie, Egypte : les révolutions en marche. Quatrième Internationale.30/01/2011

- كي لا ينجح صنائع بن علي في إجهاض الثورة الشعبية في تونس24 012011

-Les révoltes en Algérie : un signe avant-coureur du futur des luttes sociales. Omar Kitani. 16 10 2011

-Les révoltes des jeunes, l’univers informel et la démocratie. Nadir Djermoune 13 01 2011

-          - «La bourgeoisie maffieuse a fait avorter la révolte populaire» Mohand Saddek Akrour  El Watan le 13.01.11 |

-            

-La révolte des exclus Salhi Chawki 11janv 2011 paru dans Tout est à nous

- Face aux menées du lobby néocolonial autour de Camus Alerte aux consciences anticolonialistes

- Eléments d’analyse sur les élections du 09 avril Par Nadir U Haddad

- Contribution à la réflexion collective Cheikh El Hocine

- 1er mai une date symbole du mouvement ouvrier. Boualem Chouali

- A propos des émeutes Hocine Guernane

Interview dans El Watan de notre camarade Moh Sadek Akrour

- Bataille pour la démocratie

- Le PST débat des présidentielles (Nadir, Kakou, Chawki, Hocine G)

- Crise capitaliste dans le monde et en Algérie Une chance à saisir Cheikh El Hocine

- Sortir du sous développement grâce à une super mosquée...  Krimo

- Fateh Agrane proteste contre le tabassage des femmes recommandé par la série Hadj Lakhdar moul el Imara

- Irak un texte de Hocine Guernane 27.01.03

- Appel d'Azwaw

 

Palestine

Tous les peuples de la région sont concernés

 

La poursuite de la colonisation totale des terres palestiniennes par Israël rend impossible toute perspective d’un Etat palestinien sur les territoires de 1967. Même Richard Falk, le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés, a reconnu dernièrement que « l’idée d’un Etat palestinien est illusoire ». En effet, la décision du gouvernement Netanyahou, à l’automne 2010, de ne pas proroger le moratoire israélien  de 10 mois sur la colonisation – moratoire qui avait expiré à la fin septembre 2010 – a relancé de plus belle la spoliation de ce qui subsiste des terres et des demeures des Palestiniens, en particulier à Jérusalem-Est.

 

Israël piégé par sa propre politique

Mais en ôtant toute base solide à l’édification d’un Etat palestinien viable sur les territoires de 1967, Israël redonne vie, malgré lui, au vieux projet de l’OLP d’édification d’un Etat laïc et démocratique sur tout le territoire de la Palestine historique. Un Etat où vivraient, sans discrimination aucune, des citoyens musulmans, chrétiens, juifs ou sans convictions religieuses.

Que faire en effet des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, s’ils n’ont plus de perspective d’édifier leur propre Etat ? Et que faire des Palestiniens restés chez eux après la nakba de 1948 et qui sont devenus depuis des citoyens Israéliens de seconde zone ? Les bannir en les expulsant massivement vers les pays arabes ? Une telle solution impliquerait un état de guerre général avec la totalité ou, à tout le moins, la majorité des pays arabes de la région : Liban, Syrie, mais aussi Jordanie et Egypte. Cela n’est pas évident.

 

Deux Etats ou un seul ?

Le refus de l’Etat sioniste de renoncer à son rêve de conquête de toute la Palestine, le soutien inconditionnel dont il bénéficie de la part des puissances impérialistes et l’absence de volonté des Etats arabes de l’affronter pour lui imposer l’option de deux Etats (Palestine et Israël) redonnent crédibilité à l’idée d’une Palestine laïque et démocratique portée autrefois par l’OLP de Yasser Arafat. Un tel objectif pourrait devenir le projet commun des Palestiniens et des Israéliens juifs antisionistes.

Il revient aux Palestiniens, en tant que victimes du processus colonial sioniste et peuple résistant à ce processus, de choisir, en toute liberté, l’option qu’ils jugent la meilleure. Quelle que soit leur choix, celui-ci se heurtera à Israël et impliquera inéluctablement le démantèlement de l’Etat sioniste colonial, raciste et expansionniste.

 

Les peuples de la région confrontés aux mêmes ennemis

Dans son combat, le peuple palestinien doit pouvoir compter sur la solidarité de tous les peuples de la région qui ont les mêmes ennemis que lui : les grandes puissances (USA et UE), Israël et les régimes arabes. Israël a fait la guerre à tous ses voisins (à l’exception de l’Arabie Saoudite) et il continue de les menacer jusqu’à aujourd’hui.

Les régimes arabes compradores (Egypte, Arabie Saoudite, Jordanie, Maroc…) se sentent menacés par leurs propres peuples et ils ont raisons comme on peut s’en apercevoir depuis la révolution tunisienne. Ils se sentent également menacés par l’Iran, mais pas par Israël. L’Egypte qui cogère depuis des années le blocus de Gaza avec l’Etat sioniste va-t-elle enfin changer de position, à la suite du renversement de Moubarak, mais pas de son régime ? Affaire à suivre.

Les régimes arabes aident par ailleurs les multinationales à piller les ressources naturelles (pétrole, gaz, phosphate…) de la région. Appliquant avec fermeté des politiques libérales élaborées à Washington, Paris et Londres, ils ont empêché ou brisé le développement de leurs économies et plongé leurs propres peuples dans la misère.

 

Combat commun contre l’impérialisme

Israël, les grandes puissances impérialistes (USA, UE) et les régimes locaux dominent, à des degrés différents, les peuples de la région. Il s’agit d’un système de domination impérialiste. En revendiquant leur liberté (Palestine, Irak…), en menant des grèves contre les effets de la politique économique libérale et en se soulevant pour la liberté politique (démocratie) comme ils l’ont fait en Tunisie, en Egypte, au Yémen, à Bahreïn et ailleurs, les travailleurs et les peuples de la région s’attaquent à ce système. Ils se soutiennent donc les uns les autres, non pas tant parce qu’ils sont arabes ou musulmans, mais parce qu’ils sont victimes du même système. En affaiblissant leur ennemi local (Israël, régime arabe ou troupes américaines), ils affaiblissent tout le système de domination de la région.

C’est ce système qu’il s’agit de détruire en travaillant à la convergence de toutes les luttes éparses des peuples de la région : luttes de libération ou de résistance nationale contre les occupants (Irak, Palestine, Liban, Sahara Occidental…), révolutions démocratiques et sociales contre les régimes autoritaires et luttes économiques contre les politiques libérales et pour la justice sociale.

 

Hocine Belalloufi

 

Non à l’agression impérialiste contre la Libye

 

Georges Walker Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron, soutenus par le « socialiste » José Louis Zapatero prétendent que leurs avions de chasse ont commencé à bombarder les troupes d’El Gueddafi le 19 mars 2011 pour «protéger le peuple libyen ». C’est un mensonge !

Au même moment, Georges Walker Obama demandait pudiquement à son fidèle allié Ali Abdellah Saleh – le boucher de Sanaa qui venait de massacrer des dizaines de manifestants pacifiques – de « tenir sa promesse d’autoriser les manifestations à se dérouler pacifiquement ». Ainsi, le peuple yéménite ne bénéficiera pas, lui, de la protection désintéressée des dirigeants des grandes démocraties impérialistes. Le peuple bahreïni qui fait face à la répression de la monarchie locale assistée des troupes saoudiennes et émiraties ne disposera pas davantage de l’assistance des grandes démocraties impérialistes. On sait depuis longtemps, depuis 1948 au moins, que les alliés de Londres, Paris et Washington peuvent en toute impunité massacrer leurs peuples ou les peuples conquis.

 

Les impérialistes protègent leurs intérêts, non le peuple libyen

Mais les dirigeants impérialistes auraient tort de penser que les peuples du monde arabe sont dupes et qu’ils prennent pour argent comptant leurs belles professions de foi sur la liberté, la démocratie, la protection des populations… Ils auraient tort de considérer que leur insatiable soif d’or noir et de gaz a échappé à l’attention des peuples de la région.

Quand on a comme eux soutenu les massacres commis par la soldatesque sioniste à l’encontre des Palestiniens de Gaza en 2009 et des Libanais en 2006, quant on a soutenu jusqu’à la fin les dictateurs amis Moubarak et Benali, lorsqu’on continue de soutenir le régime le plus réactionnaire et antidémocratique qui soit, celui de la famille El Saoud, lorsqu’on se partage les riches eaux de pêche de l’Atlantique sur le dos du peuple sahraoui, lorsqu’on a sur les mains le sang de centaines de milliers de Rwandais et que l’on fomente la guerre civile en Côte d’Ivoire, on ne dispose d’aucune crédibilité.

Georges Walker Obama, l’homme qui a renié son engagement de fermer la prison de Guantanamo située sur la partie de l’île de Cuba que l’impérialisme américain occupe militairement, l’homme qui a reconduit les mesures policières illégales du Patriot Act aux Etats-Unis, l’homme qui finance généreusement les banquiers responsables de la crise et les magnats de l’industrie automobile, l’homme qui poursuit la guerre en Afghanistan et en Irak, l’homme qui a activement participé au putsch contre le président légitime du Honduras, qui poursuit l’occupation d’Haïti et qui soutient militairement la clique d’extrême-droite à la tête de la Colombie, l’homme qui refuse d’exiger la moindre chose des colonisateurs israéliens, cet homme sans scrupules ose encore se présenter comme un homme de paix, porteur de démocratie et de liberté des peuples.

Qui peut-il encore tromper ? Il arrive peut-être à abuser une partie du peuple américain qui n’a pas encore compris que le locataire de la Maison-Blanche, qu’il soit noir ou blanc, est avant tout le fondé de pouvoir du grand capital américain, c’est-à-dire des magnats de la finance qui ont provoqué la crise de 2008 et de ceux du complexe militaro-industriel au sein duquel on compte les magnats du pétrole.

Mais dans le Sud de la planète, et singulièrement dans le monde arabe, Georges Walker Obama ne fait pas illusion et est pris pour ce qu’il est réellement : le défenseur des intérêts impérialistes US. Il en va de même pour les dirigeants européens, ces grands démocrates qui ont contraint le peuple irlandais à revoter plusieurs fois jusqu’à ce qu’il acquiesce à un Traité européen qui n’est pas pour rien dans la crise sociale aigue que vit ce même peuple aujourd’hui et ses semblables du vieux continent (Grèce, Espagne, Portugal, France…). Ces démocrates européens qui ont refusé que leurs peuples soient consultés par référendum de peur qu’ils ne les rejettent. Ce sont ces gens-là qui viennent aujourd’hui nous donner des leçons de démocratie et qui se présentent, toute honte bue, comme les défenseurs et protecteurs du peuple libyen. Silvio Berlusconi peut-il être crédible en défenseur des peuples ?

 

La responsabilité écrasante du régime d’El Gueddafi

Il va de soi que les va-t-en guerre américains, français, britanniques, italiens et canadiens doivent être dénoncés et combattus. Idem pour les régimes arabes qui tentent de donner une coloration arabe à cette agression impérialiste : ceux qui participent directement à l’action militaire (Qatar et Emirats arabes unis) et le reste des régimes de la Ligue arabe qui ont tous cautionné la décision du Conseil de sécurité.

Mais peut-on passer sous silence la responsabilité écrasante du régime d’El Gueddafi dans ce qui se déroule ? L’expérience du régime de Saddam Hussein ne nous a-t-elle donc rien appris ? L’expérience plus récente du régime de Khartoum ne nous a-t-elle rien enseignés ? Peut-on exiger d’un peuple soumis à l’arbitraire d’une clique militaire depuis quarante ans de continuer à subir ce régime sous prétexte de « ne pas faire le jeu de l’impérialisme » ? Ceux qui n’ont rien appris de l’Irak et qui refusent d’apprendre aujourd’hui de la Libye ne comprendront rien, demain, lorsque le problème se posera de nouveau au Soudan, mais aussi en Syrie ou en Iran. Le problème est pourtant d’une aveuglante clarté. Les régimes qui résistent aux grandes puissances impérialistes tout en opprimant leurs propres peuples se privent de la seule arme de dissuasion et de résistance réelle contre les impérialistes et leurs alliés. Ils scient la branche sur laquelle ils sont assis et préparent non seulement leurs propres défaites mais, surtout, la défaite de leurs propres peuples.

Pourquoi la « petite » résistance nationale libanaise arrive-t-elle à contrecarrer les agressions de l’armée sioniste et à infliger des défaites politiques à l’Etat colonialiste israélien ? Parce qu’il s’agit d’une résistance populaire qui dispose du soutien du peuple libanais et qui travaille à le conserver et à l’étendre. Il n’y a pas de miracles. La victoire de la résistance libanaise repose sur sa symbiose avec son peuple. Il ne s’agit pas d’une victoire militaire au sens étroit et réducteur du terme, mais d’une victoire politique. Qu’elle perde ce soutien politique et son sort sera irrémédiablement scellé.

C’est donc El Gueddafi lui-même et son régime qu’il convient en premier lieu de blâmer. El Gueddafi, l’ami de Berlusconi et de Sarkozy. El Gueddafi, l’homme qui a accepté de jouer le rôle peu glorieux de garde-frontière de l’UE dans sa traque des émigrants venus en Libye pour tenter de rejoindre la riche Europe qui exploite et pille leurs pays par le biais des multinationales et des groupes financiers américains, européens et japonais. El Gueddafi, l’homme qui a généreusement ouvert ses champs de pétrole aux compagnies occidentales, cet homme doit être dénoncé et sa responsabilité écrasante mise en lumière dans l’agression impérialiste.

Peut-on efficacement combattre les troupes impérialistes alors qu’on leur vend l’essentiel de ses hydrocarbures ? Peut-on engager une lutte efficiente contre l’occident impérialiste lorsque l’on place l’argent du pétrole et l’argent détourné par une poignée de dirigeants libyens dans les grandes banques des pays du G7 et dans les paradis fiscaux que ces derniers contrôlent ? Peut-on sérieusement résister à l’impérialisme après avoir tenu son peuple d’une main de fer ? Les exemples du régime de Saddam renversé sans réaction du peuple irakien et du régime d’Omar el Bachir qui a perdu toute la région sud du Soudan dont la population avait subi les affres de la dictature militaro-islamiste de Khartoum prouvent que non.

 

La nécessaire décantation au sein de l’opposition libyenne

On ne peut reprocher aux Libyens de s’être révoltés contre le régime dictatorial d’El Gueddafi. La révolte du peuple libyen reste légitime et il ne peut être question de réduire de manière caricaturale les opposants au tyran de Tripoli à une bande de marionnettes monarchistes aux mains des impérialistes.

On dispose de très peu d’informations sur cette opposition, mais il est certain que des marionnettes existent en son sein. Des Karzaï naissent partout. Ils peuvent même, à un moment donné, se trouver en position dominante. De même y a-t-il des opposants qui, confrontés à l’offensive bien réelle des troupes d’El Gueddafi, ont pensé en toute sincérité, qu’il leur fallait utiliser tactiquement l’aide militaire d’où qu’elle vienne, mais qui refusent toute entrée des troupes étrangères en Libye. Enfin, il existe également des Libyens opposants réels au régime d’El Gueddafi, mais qui refusent toute intervention militaire impérialiste qu’elle soit terrestre ou aérienne parce qu’ils ont saisi la motivation réelle de Washington, Paris et Londres.

Il faut aujourd’hui que ces deux derniers groupes d’opposants se démarquent clairement des puissances impérialistes et de leurs marionnettes et qu’elles développent un programme démocratique contre le régime dictatorial, mais aussi un programme social et anti-impérialiste axé sur le refus du pillage économique des richesses et de la mainmise politique des grandes puissances du G7 sur la Libye, de la normalisation avec l’Etat colonial d’Israël, etc.

Ces deux groupes doivent proposer un pacte aux forces qui soutiennent El Gueddafi en vue de faire face ensemble à l’intervention militaire impérialiste. Mais la condition d’une telle alliance réside dans la démocratisation de la Libye. On ne peut exiger des forces rebelles qui ne sont pas pro-impérialistes de se soumettre à un régime dictatorial, corrompu et qui n’est pas anti-impérialiste. Une alliance entre les forces fidèles au régime et celles de la rébellion en vue de dénoncer et combattre l’agression impérialiste est possible et nécessaire à condition que s’instaure un climat démocratique entre ces forces.

L’émergence de ces forces aurait été plus facile si un ou plusieurs régimes progressistes avaient soutenu la rébellion au lieu de laisser les impérialistes français, américains et anglais apparaître aux yeux de nombre de Libyens comme leurs amis désintéressés. Malheureusement, ces régimes progressistes ne purent ou ne voulurent pas aider la rébellion libyenne contre El Gueddafi. En refusant de soutenir les insurgés voire en soutenant El Gueddafi sous prétexte que les Américains étaient contre lui, ces régimes ont ouvert un boulevard politique dans lequel Sarkozy s’est engouffré. Rappelons-nous que c’est la création du Parti communiste chinois (PCL) en 1921 – avec le soutien politique de l’Internationale de Lénine et de Trotski – et le triomphe au sein de ce même PCL de l’orientation de Mao Zedong qui permirent au peuple chinois de combattre successivement et avec succès le dictateur Chiang Kaï-chek puis l’impérialisme japonais puis, une nouvelle fois, le dictateur Chiang Kaï-chek.

Il relève donc de la responsabilité des anti-impérialistes d’apporter un soutien politique à ceux des opposants libyens qui refusent que leur pays ne se transforme en nouvelle plate-forme au profit des impérialistes et autres sionistes tout en résistant au régime dictatorial d’El Gueddafi. Il convient également de fustiger les marionnettes aux mains de Georges Walker Obama, de Nicolas Sarkozy et de David Cameron.

Certes, la voie est complexe et étroite, donc difficile pour ceux qui refusent d’opposer légitime révolte du peuple libyen contre le régime dictatorial d’El Gueddafi à refus de la domination impérialiste. Mais à moins de se réfugier dans des dénonciations incantatoires moralement confortables mais politiquement inopérantes, il n’existe pas de solution simple. C’est au sein du peuple libyen et seulement en son sein que se lèveront les forces qui bouteront dehors les impérialistes tout en mettant fin à la dictature militariste locale. Ces forces représentent l’avenir, donc l’espoir. S’appuyer sur un régime dictatorial et corrompu pour combattre l’impérialisme ne peut que pousser le peuple libyen dans les bras des impérialistes. Seul un peuple libéré de l’oppression sera en mesure de résister consciemment et efficacement à l’impérialisme.

Partout dans le monde, nous devons dévoiler les motifs profonds de l’agression impérialiste de Georges Walker Obama, de Nicolas Sarkozy et de David Cameron, la condamner, la combattre politiquement, elle et ceux qui la soutiennent.

 

Alger, le 20 mars 2011                                                                                      Hocine Belalloufi

 

 

 

Les révoltes de jeunes ont ébranlé l’ordre autoritaire

Par Chawki Salhi

 

Après une semaine, l’incendie émeutier a allumé ses derniers feux laissant un sentiment d’amertume, un gout de cendre. Mais l’ampleur nationale des révoltes et la paralysie quasi totale qui en a résulté ont ébranlé l’ordre autoritaire en place et ouvert la possibilité de changements qualitatifs dans la situation politique.

Commencées le 5 janvier à Alger (Fouka, Staoueli, Bab el Oued), Oran et Djelfa, les révoltes de jeunes se sont étendues et ont enflammé, au propre et au figuré, des centaines de quartiers de toutes les régions du pays. Il n’y a ni slogan, ni revendication et encore moins de structuration. Il ne s’agit pas de manifestations populaires massives qui auraient dégénéré en casse. Le plus souvent, il s’agit plutôt de petits groupes de jeunes qui descendent de leur quartier périphérique vers une artère centrale qu’ils ferment en brûlant des pneus, en saccageant quelques véhicules et en se confrontant violemment aux forces de police accourues. Une fois la place prise, un pillage survient dans les magasins alentour. Rôdées par plusieurs décennies d’émeutes, les autorités retirent immédiatement les très nombreux policiers disséminés dans la ville sous le prétexte de la lutte antiterroriste et confient aux brigades antiémeutes la défense des centres essentiels. En attendant les opérations de reconquête, la rue est abandonnée aux révoltés. Des établissements publics ou privés sont attaqués, siège de mairie, hôtels, agences téléphoniques, écoles, centres de formation professionnelle. Des édifices publics sont assiégés comme le commissariat de Bab el Oued mais dans le même quartier, on saccagera aussi les show-rooms de Renault et Dacia et leurs voitures inaccessibles. Les agences bancaires publiques ou privées et les bureaux de poste ont été les cibles privilégiées avec l’intention manifeste de prendre l’argent qui s’y trouve. Le pillage a aussi préféré les bijouteries, les magasins d’articles de sport, les voitures somptueuses, sans épargner des commerces ordinaires et des passants modestes dépouillés sans ménagement.

Cette violence désordonnée qui n’épargne pas les pauvres gens fait cesser la sympathie populaire, au départ unanime. Les lycéens et les secteurs moins précarisés de la jeunesse se désolidarisent. Ils organisent plutôt l’autodéfense de leur espace contre les pillages.

 

Comment ça marche ?

Les tristes analystes qui tiennent le haut du pavé en ces temps de régression attribuent chaque mouvement populaire à quelque machination d’appareil, provocation policière ou complot d’un groupe occulte. On a, ici, évoqué d’abord les luttes de clans du pouvoir, de préférence militaires, qui comme chacun sait n’ont aucune identité sociale, aucun projet politique distinctif, à l’inverse de leurs homologues des pays avancés qui bénéficient de la plénitude de leur humanité et d’une lisibilité par l’analyse marxiste. On a ensuite imputé le mouvement aux spéculateurs, importateurs ou grossistes, accusés d’avoir activé leurs réseaux informels de distributeurs pour contester la pression de l’administration qui exigeait d’eux de se soumettre à l’impôt.

En fait ces manipulations, si elles existent, sont anecdotiques. La situation se prêtait à l’explosion, elle a explosé. Les révoltes initiales sont semblables aux émeutes sporadiques qui surviennent sans discontinuer depuis des années. Leurs acteurs privilégiés sont les mêmes jeunes précarisés. Concrètement, les quelques évènements des 4 et 5 janvier, sont très localisés. La caisse de résonance de la presse privée leur donne un retentissement national. Porte-voix du ressentiment du monde des affaires et de la  communauté internationale capitaliste contre la tentative de repli protectionniste, la presse privée couvre généreusement toute protestation. Et c’est tant mieux pour nos luttes. Dès les premiers incidents, de Bab el Oued et Oran, les quotidiens consacrent leur première page à une image de désolation urbaine barrée d’un titre ravageur : « Les émeutes de la fin », « Nuit agitée à Bab el Oued », « Emeutes : l’embrasement ».

Partout, les jeunes attendent l’arrivée du grand soir dans leur localité. Et c’est, par contagion, comme en octobre 1988, que se répand la révolte gagnant peu à peu d’autres quartiers de la ville et d’autres régions du pays.

On prêtera rétrospectivement au mouvement une simultanéité qui n’existe pas. Quand le mouvement est terminé dans les quartiers du 5 janvier, il commence à peine dans les villes de l’Est et la Soummam kabyle. Ce qui existe, par contre, c’est une colère générale des gens modestes devant la hausse subite des prix en ce début d’année. Et cette hausse n’est qu’un dommage collatéral inattendu de la tentative gouvernementale de réduire le fonctionnement informel de l’économie. En Algérie, on paie en billets de banque une voiture ou même une villa d’un million d’euros. Il était notamment prévu à la fin du mois de mars 2011, d’interdire le paiement en espèces pour les sommes supérieures à 500 000 dinars soit 5 000 euros (trois ans de salaire minimum). En prévision de cette échéance, les producteurs ont demandé à leurs grossistes distributeurs de produire un document du fisc en vue de l’établissement d’une facture. Cela signifiait quitter l’informel, payer des impôts, voire des charges sociales ! Devant cette intolérable agression étatiste contre la liberté du commerce et de l’exploitation des salariés, les grossistes ont cessé les enlèvements de marchandises. Il en résulte une pénurie. Pénurie, spéculation, hausse immédiate des produits de base de l’alimentation.

Les adolescents et jeunes gens qui se révoltent ne sont pas concernés par les achats quotidiens de leurs parents qui pestent contre cette pression intolérable pour le porte-monnaie. Ils sont plutôt investis dans le petit business informel. Ils ont investi la rue dans ce contexte de colère populaire généralisée contre les prix, mais ce qui les concerne plus directement, c’est le démantèlement progressif des marchés informels qui squattent les grandes rues commerçantes. Comme le jeune Bouazizi qui s’immole à Sidi Bouzid en Tunisie, ils sont sinistrés, privés d’un emploi décent, contraints de s’en sortir en occupant un coin de rue pour vendre des cigarettes ou des produits chinois divers parvenus par les filières de contrebande et échappant au fisc. Comme les jeunes Harraguas qui fuient leur pays sur des embarcations incertaines pour rejoindre l’esclavage salarié de l’agriculture espagnole ou les petits boulots précaires à la française, ils crient leur mal-être dans une société bloquée. La pénurie de logements provoque l’entassement des familles et pérennise un patriarcat anachronique et un rigorisme  moral strict. Sans logement, sans revenu stable, le mariage est tardif. La misère sexuelle n’a d’avantage que la faible diffusion du virus du Sida. Pour le reste, elle aiguise le désespoir dans un pays que l’Europe recolonise, un pays dont on détruit les entreprises productives et leurs emplois au  nom de la raison du marché, un pays qui est envahi par les valeurs de l’Occident triomphant, mais un pays que l’Europe interdit de quitter.

 

Grogne populaire

Cette révolte générale est le débouché attendu d’une grogne populaire qui déverse, depuis plusieurs mois, son agressivité contre Abdelaziz Bouteflika et son régime, associés à l’émergence de fortunes insolentes qui heurtent une culture populiste égalitaire, un régime compromis dans des affaires de corruption, aux montants astronomiques, qui s’étalent à la « Une » des grands quotidiens. En pleine crise diplomatique algéro-française, le gigantesque chantier de 1 200 km d’autoroute, gloire du programme de Bouteflika, aurait été attribué aux Chinois par Mr Pierre Falcon, fabricant d’avions et trafiquant d’armes français, lui-même chargé de redistribuer la commission de 20 % du montant de 11 milliards de dollars. Et l’on découvre à cette occasion un réseau françafricain au cœur d’un régime issu de la guerre de libération. Dans un quartier huppé des hauteurs d’Alger, où le mètre carré de terrain à bâtir peut atteindre les 5 000 euros, Bouteflika offre 760 ha au dinar symbolique le mètre carré à un groupe émirati. Les privilèges accordés aux magnats du Golfe sont régulièrement dénoncés par la presse et par les élites polarisées plutôt en direction de la France. Ces cadeaux sont expliqués par les affinités du président avec ses hôtes émiratis de sa période d’exil.

La compagnie nationale du pétrole Sonatrach est dépouillée par ses responsables dans des contrats de gré à gré surévalués. Elle l’avait déjà été, pareillement, quelque temps auparavant, au profit de BRC, une filiale  de Halliburton liée à Dick Cheney le vice-président des États-Unis de Bush. Voilà donc une des raisons de la solidité des relations Algérie-États-Unis.

Ces révélations de la presse et les affaires judiciaires qui s’ensuivent, parfois, produisent des sanctions dérisoires contre quelques hauts responsables, plutôt des seconds couteaux, alors que la main de leur justice de classe frappe lourdement les jeunes désespérés qui se révoltent, ici et là, pour obtenir une route goudronnée, pour imposer le raccordement au réseau de distribution d’eau potable ou de gaz, pour protester contre une distribution des logements sociaux jugée injuste ou pour exiger un emploi. Il y a aussi ces peines de prison prononcées contre les émigrants illégaux, ces harraguas qui risquent leur vie sur des bateaux de fortune.

La chasse aux vendeurs informels et les procédures contre les petits commerçants réfractaires à l’impôt étendent le ressentiment populaire. Les multinationales, elles, sont exonérées à titre d’encouragement et l’ensemble des entreprises privées industrielles et commerciales échappent, peu ou prou, à l’obligation fiscale, qui ne concerne finalement que les salariés déclarés et les entreprises du secteur public.

Paradoxalement, le relogement des habitants des bidonvilles est aussi source de mécontentement. Ils sont plutôt rares, pourtant, les pays qui distribuent des milliers de logements gratuits aux pauvres gens. Mais les Algériens ne sont pas tout à fait résignés à la société de classe. L’émergence de la bourgeoisie est somme toute récente. Le droit au logement a été conquis à l’indépendance dans l’occupation confuse des villes désertées par les colons français. Il continue de contredire et de contester le sacro-saint droit de propriété consacré par la loi. Le régime Bouteflika qui a commis les avancées libérales les plus agressives continue, par endroits, une démarche populiste qui tient à son histoire. On distribue des milliers de logements. C’est une goutte d’eau dans l’océan des besoins. Les logements offerts, F2, F3, ne suffisent pas à contenir toute une famille, les nouveaux arrivants dans le bidonville ne sont pas concernés et les quartiers urbains surpeuplés, qui attendent de loger leurs enfants depuis des décennies, pestent contre une opération qui les ignore, car la priorité est de résorber les baraques qui enlaidissent la ville. La corruption est aussi pointée du doigt. En situation de pénurie, quoi de plus habituel que le favoritisme et la corruption.

 

Reculades du pouvoir

C’est d’ailleurs autour du logement que les émeutes de ces derniers mois ont défrayé la chronique, avec la lutte symbole de Diar Echems au cœur d’Alger dont la violence convainc le pouvoir de renoncer à sa politique de reprise en main musclée de la rue et d’écrasement des grèves.

Les affrontements de Diar Echems, en octobre 2009, coïncident avec la révolte du quartier d’El Ançar à Oran, métropole de l’Ouest du pays, contre la pollution d’une carrière. Au même moment, les cheminots déclenchent une grève surprise qui désorganise l’économie et menace d’une paralysie totale. Le pouvoir décide alors une politique de conciliation, effrayé à l’idée de mettre le feu aux poudres dans la capitale. Cette nouvelle grève des cheminots obtient une augmentation à quelques mois d’intervalle. Les animateurs du comité de grève, baptisé cellule de crise, sont dispensés des poursuites habituelles pour leur action légitime mais pourtant « illégale » au regard des procédures draconiennes en vigueur. Les habitants de Diar Echems se voient promettre le relogement à court terme. Et les chefs de la police s’enorgueillissent que la plupart des blessés soient des policiers, preuve de leur « maitrise de la situation ». Depuis Diar Echems, chaque mouvement gréviste, chaque opération de relogement a eu à tester dans le bruit et la fumée cette nouvelle et bienvenue « capacité de retenue » des porteurs de matraques. La vengeance s’exerce chaque fois contre quelques poignées de jeunes livrés à la justice pour tenter d’intimider les masses.

Cette reculade du pouvoir, depuis un an, n’apparaît pas si clairement à tous. Lorsqu’explose la révolte, on ne se dit pas que la répression s’est adoucie, et on se prépare à la confrontation. Les chocs sont rudes. Tous, par contre, perçoivent que, de bataille en bataille, le gouvernement fait des concessions. La fureur des analystes libéraux est à son comble. Les grands quotidiens dénoncent la « prime à l’émeute » du gouvernement qui promet des centaines de milliers de logements sociaux au lieu de laisser le marché réguler tout ça. On montre du doigt le populisme des autorités : malgré un ton de fermeté et des dispositifs policiers impressionnants, malgré une législation sévère et une persécution judiciaire des acteurs du mouvement social, elles finissent toujours par céder à chaque mouvement gréviste.

Ainsi les grands mouvements des enseignants et des médecins…  et leurs syndicats autonomes en lutte depuis 2003 ont obtenu divers dispositifs provisoires avant une augmentation assez conséquente à effet de janvier 2008 dans le cadre d’une revalorisation générale de la fonction publique. Mais les petits salariés, qui sont la majorité, ne progressent pas beaucoup. Les communaux, les paramédicaux et autres corps communs n’obtiennent pas de réponse satisfaisante. Il y a là une volonté de rétablir la hiérarchie des salaires mise à mal par plusieurs décennies d’augmentations uniformes, de valoriser les « couches moyennes » selon les recommandations du FMI pour mieux stabiliser la société. Mais ces augmentations, obtenues sous les coups de boutoir des grèves et dans la douleur des coups de matraque, ne suffisent pas à redonner aux salariés supérieurs un revenu comparable à celui de leurs homologues des pays voisins. La contrepartie à ces concessions salariales est un nouveau statut de la fonction publique qui instaure la contractualisation, la précarisation des fonctionnaires dans des contrats à durée déterminée légalisant le fait accompli d’une régression massive.

Les grèves du secteur économique ont un impact subjectif considérable. Les grèves spectaculaires de ces bastions ouvriers convoquent des bataillons de brigades antiémeutes et mobilisent l’attention. Elles permettent d’obtenir un premier petit rattrapage salarial, après 15 ans de gel des salaires. Les cheminots obtiennent après plusieurs grèves sauvages, rattrapées par des négociateurs syndicaux désemparés, plus de 50 % d’augmentation.

Le complexe sidérurgique à Annaba, les cheminots, l’usine de camions à Rouiba et la zone industrielle alentour, le port d’Alger mobilisent des effectifs moins nombreux que les grandes grèves nationales de la fonction publique, mais leurs luttes convoquent l’imaginaire de tous les salariés et ils fonctionnent comme une avant-garde déléguée. Elles interviennent après une décennie de démoralisation et de démantèlement rampant des entreprises publiques.

La nouvelle politique de lutte contre les importations réhabilite la production nationale et remplit les carnets de commande. On embauche dans des unités au bord de la fermeture, comme Ferrovial, cette usine de wagons à Annaba, réduite à produire des brouettes. On passe d’une situation rythmée par les départs volontaires et les compressions d’effectifs à des embauches massives. Les travailleurs, qui consentaient au gel des salaires pour retarder la fermeture de leur entreprise, retrouvent le moral.

Les luttes débordent toujours les directions syndicales locales et surtout la direction nationale de l’UGTA qui, après son baroud d’honneur de la grève générale de 2003 contre les privatisations, s’enfonce dans une servilité de plus en plus indécente. Mais ces grèves se déroulent toutes dans le cadre de l’UGTA curieusement remise en selle malgré un discrédit avéré. Sur la soixantaine de syndicats existants, la centrale UGTA est le seul syndicat généraliste. Les syndicats autonomes les plus représentatifs concernent des corporations particulières de la fonction publique : professeurs de lycée, enseignants universitaires, médecins… Une autre raison de cette survie et de cette hégémonie de l’UGTA est le rapport de forces encore défavorable aux travailleurs. Dans un secteur public officiellement condamné à la disparition, les marges de négociation sont nulles, la capacité de chantage de la grève est réduite à néant. Arrêter la production ? C’est justement ce que le FMI demande. Les travailleurs d’une fabrique de chaussures de Chéraga ont vécu cette impasse. En lutte depuis des mois, ils trouvent, un matin, le portail clos avec une pancarte indiquant la fermeture définitive de leur unité. Dans ces conditions désastreuses, l’UGTA, partenaire complaisant des autorités, fonctionne comme syndicat parapluie. Le prestige des syndicats autonomes est immense malgré la bureaucratisation rapide de la plupart d’entre eux, mais la réalité du combat syndical demeure pour beaucoup la tentative de se réapproprier l’UGTA, synonyme de syndicat pour la majorité des salariés. C’est une question de rapport de forces.

Que dire alors du secteur privé qui surexploite dans des conditions désastreuses la majorité des salariés du pays. En 2007, les chiffres officiels indiquaient 78 % de travailleurs non déclarés dans les entreprises privées. Il s’agit là des entreprises légales qui font semblant de payer leurs taxes. Mais les entreprises informelles échappent à tout contrôle et à toute statistique alors qu’elles emploient une part considérable de la main d’œuvre. Le droit du travail n’existe plus. On peut augmenter le salaire minimum, discuter les retraites, revoir la législation syndicale, cela ne concerne plus l’écrasante majorité des travailleurs. Alors le droit syndical et le droit de grève, il n’en est pas question. Les luttes dans le privé sont rares et brutales. En situation de pénurie d’emploi, on remplace immédiatement les travailleurs récalcitrants.

Quelques grandes grèves ont néanmoins concerné le privé. Celle du groupe Tonic (emballages) qui vivait sous perfusion dilapidant des prêts bancaires publics de plus d’un milliard de dollars. Celle des chantiers des entreprises chinoises chargées de l’autoroute, où des ouvriers algériens dénoncent l’esclavage et où des ouvriers chinois demandent simplement à être payés. Et, bien sûr, la grève symbole du complexe sidérurgique, fleuron de l’industrie nationale, vendu à Arcelor Mittal. Les travailleurs réussissent à déloger la maffia syndicale au service de la multinationale. La nouvelle équipe dévoile divers trafics et révèle les performances dérisoires du géant mondial de l’acier qui n’arrive pas à égaler la production du complexe sous gestion publique. Mais surtout il met en échec les plans de réduction d’effectif et impose une augmentation de salaires. Ce qui permet cette victoire, c’est la mobilisation ouvrière massive, mais c’est aussi la perspective de la renationalisation du complexe dans le nouveau cours économique du pouvoir. Arcelor Mittal fermerait-il le complexe que celui-ci reprendrait la production sous gestion publique. Moins rentable financièrement, peut-être, mais tellement plus efficace pour l’économie nationale. Et Mittal préfère rester et continuer de dominer un marché algérien porteur, qu’elle alimente par des importations de ses usines plus rentables.

 

Limites de l’autoritarisme et des libertés

La nature des revendications de la protestation sociale algérienne est totalement occultée au service d’une construction idéologique qui légitime la domination impérialiste sur ces pays-là, corrompus et incompétents — génétiquement.

Il faut le savoir : les enseignants en grève générale nationale demandaient la retraite après 25 ans de travail, jugeant leur métier pénible, et une hausse de 100 % des salaires qu’ils ne sont pas loin d’avoir obtenue. L’annonce, il y a deux ans, de la suppression de la retraite optionnelle à 50 ans provoque une révolte immédiate de la zone industrielle de Rouiba, près d’Alger, et une mobilisation des pétroliers. Elle est quand même décidée il y a un an et toujours pas appliquée. On parle de moratoire, pour cause d’incendie social. Les émeutiers du relogement refusent les F2 neufs et gratuits qu’on leur propose. La suppression de la médecine gratuite en 2002, est immédiatement reportée après les émeutes d’Ain Fakroun. Elle devait être appliquée au cours de ce semestre — gageons que les émeutes de janvier pousseront les autorités à approfondir la réflexion. Depuis des années, on tente de relever le ticket de restaurant universitaire. Il est actuellement à un centime d’euro le repas. La qualité du repas est déplorable, bien sûr, et le serait encore en cas d’augmentation. Les enseignants universitaires ont exigé et obtenu des salaires plus confortables mais aussi leur droit prioritaire à un logement social.

Notre camarade Daniel Bensaïd, de passage en Algérie quelques mois avant sa disparition, comparait cette situation à celle du Mexique qui disposerait aussi d’acquis sociaux hérités d’une situation révolutionnaire passée, acquis dont le rouleau compresseur libéral peine à effacer les traces.

Car les autres préoccupations sont liées, elles, à la mondialisation libérale. Le chômage massif des jeunes est une conséquence du démantèlement du secteur public et de l’ouverture débridée qui livre le marché à la concurrence déloyale des produits de l’esclavage salarié en Chine ou à celles des exportations subventionnées de l’Union Européenne. La précarisation généralisée n’est pas originale, elle prépare un nouveau contrat social pour une exploitation plus profitable. La baisse draconienne du pouvoir d’achat provient de la division par vingt de la valeur du dinar par glissements successifs depuis le Plan d’ajustement structurel de 1994. Mais ça ne marche pas ! Les salaires ont pu être les plus bas du Bassin méditerranéen, mais la main d’œuvre n’est pas assez disciplinée, pas assez soumise. Les investisseurs ne sont venus que pour la rente pétrolière ou les rentes des compagnies de téléphone. L’exploitation capitaliste est profitable en Algérie. Mais apparemment beaucoup moins qu’en Chine.

Un autre aspect à souligner c’est celui des relatives libertés qui demeurent sous ce régime autoritaire dont nous dénonçons régulièrement la répression et l’arbitraire. Les révoltes d’octobre 1988 ont imposé une ouverture démocratique, le pluralisme politique et médiatique, la liberté de manifester, la légalité des grèves. Dés le départ les gouvernements successifs se sont attachés à entraver les libertés populaires et à ne tolérer que les activités de salon et les meetings électoraux. Mais la lassitude populaire, après la décennie sanglante qui apparaît comme le fruit de l’ouverture, permet au pouvoir d’asseoir une reprise en main musclée. Bouteflika professe publiquement son allergie au pluralisme et rêve d’un bipartisme à l’américaine, entre deux partis jumeaux. Associations, syndicats, partis se heurtent au refus d’agrément. Les activités sont chichement autorisées sauf en période électorale où les partis, empêchés de se construire, apparaissent dérisoires. La loi électorale durcit les conditions. Et Bouteflika est conforté par le discrédit des partis, de tous les partis, et par leur corruption. Mais octobre 1988 n’est pas totalement effacé, loin s’en faut. Ce n’est pas tant les restrictions infâmes qui limitent l’expression populaire, mais plutôt le désenchantement populaire à l’égard de la démocratie et le discrédit de la politique.

Ainsi, les informations sur les émeutes se trouvent dans les 78 quotidiens, les commentaires politiques sont insolents, les responsables malmenés, le président moqué. Les opposants politiques s’y expriment avec virulence. Les affaires de corruption sont détaillées à pleine page, les plus hauts responsables sont cités y compris l’entourage présidentiel. Les révélations sont dues aux rivalités du sérail, aux actions des services secrets. Certes, c’est comme ça que ça marche dans la presse bourgeoise du monde entier. La presse états-unienne qui a porté la propagande contre l’Irak — « quatrième armée du monde » —, s’est divisée au moment de la réélection sur la question du mensonge de Bush sur les armes de destruction massive. Au moment des combats fratricides entre le clan Sarkozy et le clan Chirac nous avons vu surgir le général Rondot des services spéciaux. Faut-il pour autant s’en remettre aux rivalités de personnes et abandonner une analyse qui privilégie les enjeux de classe ?

Non, ce que nous reprochons à cette presse c’est sa ligne de surenchère libérale et d’appui aux revendications des brigands impérialistes qui demandent le libre accès aux richesses nationales et le contrôle du marché et qui demandent la disqualification de leurs concurrents indigènes.

L’information sur nos luttes est plutôt abondante. Les « Unes » incendiaires montent en épingle chaque grève, chaque révolte de quartier dans une campagne destinée à déstabiliser le gouvernement parce qu’il ne va pas assez vite dans la voie libérale. Depuis 2008, c’est plus virulent. Car il s’agit d’imposer au président Bouteflika et à son premier ministre, Ahmed Ouyahia, de faire machine arrière sur leur cours protectionniste. Cela semble paradoxal que les ultralibéraux soutiennent nos luttes. Pas vraiment. En fait, lorsqu’un média suisse rend compte d’une lutte sociale en évoquant les généraux et la corruption depuis l’indépendance, il soutient cette lutte comme la corde soutient le pendu. Car il exonère le capitalisme libéral qui répand à travers le monde les mêmes contrats de plein emploi, la même précarité, les mêmes bas salaires pour rendre profitable l’investissement. Car il fait campagne pour la reconquête, pour la recolonisation en cours.

 

Le Tournant patriotique de Bouteflika

Le premier mandat de Bouteflika, 1999-2003, avait été celui des professions de foi ultralibérales mais ses promesses à ses tuteurs impérialistes ne se sont pas concrétisées. Ses projets ont été entravés par les résistances de la bureaucratie d’État civile et militaire au suicide de l’édifice économique, ils se sont heurtés à l’irritation du patronat privé devant la préférence donnée aux multinationales. Surtout l’hostilité de l’appareil syndical au libéralisme a permis une mobilisation importante. Les résistances populaires obligent Bouteflika à reconsidérer ses projets. Les grèves des pétroliers empêchent la loi sur les hydrocarbures. Le mouvement populaire de Kabylie impose le retour aux grands travaux de l’État au grand dam des orthodoxes libéraux du retrait de l’État. La révolte d’Ain Fekroun dans les Aurès reporte la suppression de la médecine gratuite, la grève générale de l’UGTA fait renoncer à la privatisation totale, les syndicats autonomes des enseignants, des médecins, remettent en cause le gel des salaires (1).

La réélection de Bouteflika, en 2004, contre Ali Benflis, le candidat du FLN et du chef de l’armée, lui donne la légitimité nécessaire pour passer outre. La loi sur les hydrocarbures est votée. Elle privilégie outrageusement les compagnies étrangères admises à bénéficier de concessions. L’OPEP, les monarchies du Golfe, Chavez s’inquiètent. Un programme indécent de privatisation totale est adopté… puis Bouteflika tombe malade. Le régime se met en position pour les luttes de succession mais Bouteflika physiquement affaibli continue de régenter tous les domaines.

En Juin 2006, un ton nouveau apparaît, plus soucieux de préserver les intérêts nationaux, la loi sur les hydrocarbures est gelée avant d’être amendée au profit de la compagnie nationale. En 2008, les cours du baril s’effondrent, les importations qui avaient triplé en quelques années consomment toutes les recettes pétrolières. Les privatisations apparaissent comme un échec avec la situation d’Arcelor Mittal mais surtout avec la multinationale égyptienne Orascom, qui revend au prix fort les cimenteries acquises avec le soutien de l’État et sa compagnie de téléphone Djezzy, qui saigne la balance des paiements en rapatriant près d’un milliard de dollars de bénéfices.

Les lois des finances complémentaires prennent alors des mesures draconiennes pour rétablir les équilibres. Des taxes et des mesures administratives désorganisent les importations, les entreprises étrangères sont obligées de trouver un partenaire algérien majoritaire…

C’est cela l’arrière-plan qui explique le changement de ton des chancelleries occidentales malgré l’attrait des 150 milliards de dollars d’investissements publics et les contrats juteux.

C’est cela qui est en jeu dans la bataille pour donner une direction politique au mécontentement populaire, aux grèves des travailleurs et aux révoltes de la jeunesse.

Pour notre part, déterminés à continuer à converger largement sur les questions démocratiques, nous ne voulons pas servir de marchepied aux partis et aux ambitieux qui font de la surenchère libérale en faisant mine de se préoccuper de la misère des pauvres gens.

Alger le 24 janvier 2011

 

 

 

* Chawki Salhi est secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs d’Algérie.

1. Cf. Inprecor n° 482 de mai-juin 2003.

 

www.inprecor.fr/article-inprecor?id=1098

 

www.inprecor.fr/article-inprecor?id=1098

Dérive droitière du néo patriotisme de gauche 

 Les dynamiques de contestation propulsées par les révolutions en cours en Tunisie et en Egypte et qui se propagent dans d’autres pays de la région arabe révèlent un fort caractère politique. Sur un fond de crise économique et sociale due aux contradictions générées par la crise du capitalisme mondiale dans sa version la plus libérale, en vigueur d’une manière inégale dans ces pays, les protestations combinent des revendications sociales et politiques. C’est cependant et essentiellement sur le terrain politique, dénonçant la rapine, la « hogra » et le despotisme des régimes en place, que les soulèvements populaires se cristallisent. Les dernières manifestations marocaines et surtout le soulèvement des libyens qui, il faut le souligner, ne vivent pas le même type de crise économique, confirment cet élan.

En Algérie, les contradictions non plus ne sont pas les mêmes, ou du moins ne sont pas aussi aigues que celles qui ont poussé ces différents peuples à suivre l’exemple tunisien. La différence réside essentiellement sur le terrain politique. Issu d’une guerre d’indépendance radicale et populaire, traversé par des contradictions et crises successives, le pouvoir despotique de la bureaucratie bourgeoise en Algérie s’est vu obligé de s’adapter au pressions démocratiques et sociales entamées depuis octobre 88. De la guerre civile et la résistance à la barbarie islamiste jusqu’à l’insurrection de la Kabylie de 2001, des multiples grèves des travailleurs aux émeutes de jeunes, les combats contre la tyrannie du pouvoir ne se sont pas arrêtés. Une brèche démocratique est acquise. Mais ce processus à dents de scies n’est pas achevé. Il est éclairé et conforté par la révolution tunisienne en cours avec ses effets d’entrainement sur ses voisins. Si les masses populaires hésitent à s’engager dans un affrontement final et ne répondent pas aisément aux surenchères révolutionnaires, les grèves des différents secteurs, celle des paramédicaux, des communaux et la mobilisation nationale des étudiants sont l’occasion de rassemblements massifs qui témoignent que la radicalité sociale n’est pas ébréchée.

Initiée par une fraction de la ligue de droits de l’homme (LADDH), celle qui réduit les droits de l’homme aux droits formels, la coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD) regroupe différentes catégories sociales et politiques. Elle est composée sociologiquement de travailleurs, d’étudiants, de syndicalistes, d’universitaires, de chômeurs et de femmes. Elle rassemble différents horizons politiques et idéologiques, des libéraux, des démocrates libéraux, des social- libéraux, des sociale-démocrates, des socialistes… Boostées par les révolutions tunisienne et égyptienne, l’initiative a un sens même si certaines tendances ont prêché par la surenchère en faisant fi de l’état de mobilisation des masses. Les motivations mégalomanes et les calculs politiciens, inévitables dans ce genre d’action, de certains acteurs notamment des libéraux, ne doivent pas servir d’arguments pour délégitimer et diaboliser la dynamique engagée par la coordination, aussi modeste soit-elle au regard des enjeux posés. C’est une réaction d’arrière garde. Le jugement à apporter n’est pas d’ordre moral. Il est politique. Est-elle au service du libéralisme et de l’impérialisme ? l’attitude des libéraux qui la composent l’est.  Le discours proche de l’autre fraction de la LADDH, celle qui prône les droits de l’homme en lien avec les droits sociaux, s’est déclaré clairement pour un soutien au régime, le véritable relai de l’impérialisme, au nom de la préservation des mesures économiques dites patriotiques.

Dans cette situation, le danger d’une offensive libérale et impérialiste est réel. Mais ce n’est pas en épargnant le régime au nom d’une défense abstraite de la nation qu’on construira une conscience antilibérale et anti impérialiste. Bouteflika ni n’est Chaves ni Boumedienne. Il est même choyé et courtisée par les diplomaties des milieux financiers, notamment française, comme en témoigne la visite de Raffarin en ces moments où des questionnements et bouleversements régionaux auraient poussé les capitales impérialistes à plus de critiques et de pressions si le régime algérien, comme le prétendent « la voix travailleurs » et celle des « droits de l’homme », est menacé par une intervention étrangère. Ce n'est pas dans une dénonciation systématique du complot impérialiste, qui n’est qu’une fabulation vu la nature du régime algérien, que se trouve la réponse aux revendications politiques en gestation. Cette démarche rejoint ainsi la rhétorique de « la main étrangère » et la théorie du complot qu’utilise le pouvoir pour attaquer et diaboliser toute revendication et protestation démocratique et populaire.

La matrice théorique de cette rhétorique est ancienne. C’est celle qui a prôné un soutien critique à la « gauche » de Boumedienne afin de neutraliser sa « droite ». Si, dans ces années caractérisées d’édification nationale, ce soutien peut avoir un sens avec le recul d’aujourd’hui, l’attitude qui consiste à réduire les contradictions qui traversent et structurent la société à une dichotomie abstraite gauche/droite au sein du pouvoir neutralise et paralysie le mouvement de protestation et le canalyse vers l’arbitre « Bonaparte ». C’est ainsi qu’en 80, le soutien apporté à la « gauche » de l’ancien président Chadli, incarnée par Yahyaoui, ancien coordinateur du FLN, face à la « droite » représentée par l’inamovible ministre des affaires étrangère de Boumedienne, Bouteflika, a conduit les tenants de cette doctrine à diaboliser la première protestation populaire et démocratique de l’Algérie indépendante, celle d’Avril 80 en criant, comme aujourd’hui, au complot étranger et aux manœuvres impérialistes. Aujourd’hui, dans un exercice sémantique qui ne risque pas de tromper les incrédules, « la gauche » devient « patriote » et la droite devient « démocrate ». Si Louisa Hanoun du parti des travailleurs assume, avec les manières les plus claires et les plus précises qu’on lui connait, son soutien au président de la république et à son gouvernement présentés comme les protecteurs et les stabilisateurs de l’économie nationale, les plus lâches, politiquement parlant, se cachent derrière la camisole religieuse où « l’avenir est du ressort de la classe ouvrière » et renvoient la solution finale aux calendes grecques.               

Les révolutions tunisienne et égyptienne ont ouvert une nouvelle aire dans la région mais aussi une faille dans l’édifice impérialiste jusqu’ici solidifié par la chute du mur de Berlin. Cette faille combinée à la crise économique du capitalisme mondial implique une nouvelle dynamique et des changements dans les rapports de forces des puissances impérialistes. Il est difficile de pouvoir les anticiper aujourd’hui, même si l’on souligne leurs présences comme des charognards prêts à exploiter n’importe quelle brèche. Le seul rempart réside dans la mobilisation et la défense des exigences populaires pour une démocratie politique et une dignité sociale.

Dans ce contexte, les actions unitaires les plus large pour les libertés démocratiques, le droit de manifester, de s’organiser, le droit à toute personne, association, collectif ou organisation d’exprimer librement son opinion sont à l’ordre du jour. Si la lutte démocratique et sociale, porteuse des aspirations des jeunes et des travailleurs et des démunis, ne doit pas conforter les campagnes hostiles au protectionnisme des courants ultralibéraux des classes possédantes, elle ne doit pas non plus servir à cacher le caractère despotique et antisocial du régime que dirige Bouteflika. Le combat contre le libéralisme va de pair avec le combat contre l’autoritarisme de Bouteflika pour imposer son libéralisme patriotique. La ligne de mire des luttes du moment n’est pas d’ordre strictement économique, entre moins d’Etat ou plus d’Etat. Elle est surtout d’ordre politique, sur la nature de ceux-là même qui constituent l’Etat au de-là de leurs clivages internes. Elle obéit aux exigences populaires pour une démocratie sociale et une dignité politique contre une dictature libérale et bureaucratique qui avance avec un « patriotisme économique» conjoncturel mais qui cache mal le développement et la fructification de son capital économique et de son pouvoir politique.

Nadir dj. le 24-02-2011

 

 

Manifestation victime de la surenchère

 

Les 1000 à 2000 manifestants présents à la place du 1° mai le 12 février en réponse à l’appel de la coordination nationale pour le changement démocratique n’ont pas réussi à marcher sur la place des martyrs comme prévu par les organisateurs. L’impressionnante mobilisation de l’appareil répressif, les intimidations par l’interpellation policière d’une centaine de manifestants ont évidemment rendu impossible toute initiative allant dans ce sens.

 La déception est grande chez ceux et celles qui attendaient une «contagion révolutionnaire» qui allait balayer en quelques jours le pouvoir algérien. Si la lame de fond des révolutions en cours en Tunisie et en Egypte introduite dans le débat algérien légitime cette attente, un regard réaliste sur l’état psychologique des masses populaires, sur les rapports de force politique dans la société et sur la situation économique, ne permet pas cette illusion.

 

La peur des lendemains incertains

Ce n’est évidemment pas la peur de l’affrontement physique avec l’appareil policier qui a empêché un déferlement populaire ou une participation massive à la protestation. Pour cela, les flammes des barricades et les affrontements émeutiers sont tellement familiers pour les algériens qu’ils relèvent de faits divers. C’est devenu, à force de persister, la marque de fabrique d’une génération insoumise aux dictats militaro-policier et aux pressions islamistes de ces dernières années. Mais la peur existe. Une peur des lendemains incertains ; une peur d’un inconnu, résultat d’une guerre civile de plus d’une décennie qui a laissé les Algériens exsangues et peu disposés à se soulever contre un régime qui se légitime encore de son triomphe sur l’islamisme radical au prix de dizaines  de milliers de morts.

  « La société garde une peur profonde des situations de vide », note Said Benmerrad, enseignant chercheur à l’université d’Alger. « L’insécurité au quotidien », souligne-t-il à juste titre,   « ressentie depuis déjà plus de deux décennies, s’est conjuguée à une forme de doute sérieux sur l’avenir et sur l’absence totale de dynamique politique et sociale positive que de très nombreux algériens expriment et qu’ils considèrent comme la cause principale des mouvements sociaux du mois de janvier 2011 ». C’est l’heure des bilans des années de braise et un round d’observation devant les « tumultes » révolutionnaires tunisiennes et égyptiennes. D’autant plus que l’exemple tunisien a surpris plus d’un. La pouvoir de Ben Ali passait pour l’un des plus solides et le plus stable de la région. C’est surement un signe de maturité qui ne trompe pas, pour continuer l’idée de S. Benmerad.  La société sait en effet de quelle assurance elle a besoin même si elle ne semble pas se doter d’un projet politique fort et clair pour transcender cette « phase de vide ».

 

  Une situation financière aguichante !!!

Ce qui met aussi la société dans une posture d’attente c’est aussi une conjoncture économique où la crise n’est pas aussi aigue en Algérie que ne l’est celle du voisin tunisien ou encore celle de l’Egypte. L’économie de ces deux derniers pays est exclusivement soutenue par les IDE et est essentiellement centrées sur le tourisme. Avec les deux autres secteurs clés, l’agriculture et l’industrie textile, elle est totalement orientée vers le marché européen. Cette ouverture complète et cette inféodation absolue au marché européen a rendu ces économies vulnérables, vite mises à nue par la crise financière que connais le capitalisme mondial et notamment européen. La concentration des échanges avec l’Europe place la Tunisie, comme meilleur exemple, dans une situation de dépendance critique. Les retournements de conjoncture et la reprise très incertaine de la croissance en Europe ont affecté directement les « records » tunisiens. Cela vaut aussi bien pour le secteur du textile que pour celui du tourisme, les secteurs d’activités les plus significatifs en termes de recettes externes.

Tout le contraire pour l’économie algérienne. L’aisance financière due à la rente pétrolière et gazière place le pouvoir algérien dans une certaine autonomie vis-à-vis des pressions du capitalisme mondial et des pressions populaires internes. La faiblesse des exportations en dehors des produits énergétiques et l’inexistence d’une activité touristique orientée vers une consommation extérieure met l’économie algérienne à l’abri des fluctuations de la finance mondiale.

Mais cette bonne santé purement financière à l’échelle macroéconomique n’élimine pas les disparités sociales et les incohérences dans le développement du pays. Il y a autant de contradictions dans les développements sectoriels que dans le développement global. L’argent mis dans différents secteurs, dans la construction des logements urbains et la résorption de l’habitat précaire, dans l’aide au développement rural, dans l’aménagement du territoire ou encore dans la réhabilitation du secteur de la santé publique, pour ne citer que ce qui est spectaculaire, sonne plus comme une distribution clientéliste de la rente qu’un réel projet de développement économique et social intégré. Ce sont surtout des réponses ponctuelles aux protestations populaires légitimes, mais aussi à des pressions des réseaux beaucoup plus larges et complexes d’intérêts qui lui sont liés. Cette rente pétrolière tant convoitée à l’intérieur du pays et à l’extérieur agglomère un corps politique directement intéressé au maintien du régime.

 

Crise politique latente

C’est sur le terrain politique que le jeu semble serré. Le pouvoir policier algérien est différent de ses voisins dans sa forme d’expression et dans ses mécanismes de gestion de la société. Le pouvoir despotique en Tunisie tout comme en Egypte est concentré entre les mains d’une seule personne. Le Raïs égyptien focalise toutes les haines et les rancœurs ; l’autocratie tunisienne combinée à l’implication de la quasi-totalité de la famille Ben Ali dans la rapine du pays offre une cible facile à la vindicte populaire. En Algérie en revanche, le despotisme de la bureaucratie est « collectif ». L’histoire houleuse à crises successives du pouvoir algérien, de la mise à l’écart de chadli, l’assassinat de Boudiaf, l’éphémère haut comté d’état (HCE), la démission de Zeroual jusqu'à l’arrivée de Bouteflika, autant d’épisodes qui ne permettent pas une constitution au pouvoir, et encore moins sa consolidation en si peu de temps, d’une aristocratie familiale ou régionale. Les tentatives par exemple de présenter Saïd Bouteflika comme successeur de son frère, à l’image de Gamel Mobarek le fils du Rais déchu, obéissent plus à des campagnes médiatiques qu’a des constructions sociopolitiques réelles.

Le pouvoir algérien ressemble plus à une coalition bureaucratique et des classes possédantes qui dispose d’une base plus large que les dictatures personnalisées tunisiennes et égyptiennes. Il est par conséquent moins fragile. Les dictatures délayées sont plus difficiles à chasser que celles qui offrent un pignon sur rue aux rancœurs populaires, comme c’était le cas du chah d’Iran pour ne citer que cet exemple notoire. La rente pétrolière permet d’atténuer la colère populaire et sursoir à sa radicalisation du moins tant que la bureaucratie à sa tête la hiérarchie militaire demeure peu visible sur la scène politique et capable d’intégrer, en les soumettant, une partie des appareils politiques qui joue au jeu de la cooptation.

 

Protestation orpheline d’une perspective politique :

Mais cette situation n’exclue pas la possibilité ni la nécessité de reprendre la construction d’une alternative démocratique et populaire. Réduite à des jacqueries et émeutes, l’insolence populaire radicale a besoin d’un prolongement politique crédible. La question qui se pose est qu'est-ce qui pèsera dans la balance : la chape de plomb du passé ou la vague de fond d'une révolution d'un nouveau type. Ce qui se passe en Tunisie et en Egypte est totalement inédit : dans des pays engagés dans la mondialisation libérale sous la poigne de dictatures diverses et variées, les peuples cherchent les voies de la démocratie et exigent leur droit à vivre dignement. Cette vague redistribue complètement les cartes. Le soulèvement des peuples n'est-il pas en train de faire ce que les dictatures ont été impuissantes à faire : contester dans la conscience des masses l’islamisme et l’impasse libérale ? Quant aux changements et dynamiques dans les rapports de forces des puissances impérialistes mondiales inévitables, il est loin de pouvoir les anticiper, même si l’on souligne leurs présences comme des charognards prêts à exploiter n’importe quelle faille. D'où les enjeux : jusqu'où les révolutions en cours et celles à venir seront-elles capables de porter un projet d'émancipation sociale et politique. C'est cette conscience que l'avenir des combats émancipateurs se joue en ce moment devant nous.

 La ligne de démarcation immédiate est donc entre d’un coté les exigences populaires pour une démocratie politique et une dignité sociale et de l’autre côte une dictature bureaucratique qui avance avec un « patriotisme économique» conjoncturel mais qui cache mal le développement de son pouvoir et la fructification de son capital. Dans ce contexte algérien, il ne s’agit ni de faire dans la surenchère révolutionnaire au risque de perdre toute crédibilité politique, ni de faire les pompiers en stigmatisation des tendances les plus réactionnaires présentes dans la dynamique engagée par la coordination. Car, quand il y a un vent de changement, les dynamiques populaires sont plus aptes à transcender tous les écueils. C’est l’hypothèse de l’espoir et de l’action contre celle de la résignation et de la prudence.  

 Nadir Dj. Le 17-02-2001

 

 

Déclaration de l’Association Nedjma :

«Pourquoi nous n’allons pas participer à la marche du 12 février»

10-02-2011

Nous avons, comme prévu, pris part à la rencontre de cette coordination, à laquelle on nous a conviés et qui a eu lieu à la maison des Syndicats. Durant cette rencontre, nous avons exposé notre appréciation de la situation, nos positions politiques et notre objectif à travers notre participation à cette réunion. La démarche adoptée par nos noyaux consiste à prendre part à cette rencontre pour utiliser la tribune qui nous a été offerte afin de nous adresser à la base de cette coordination, sans aucune prétention de prendre part à la constitution du «front» ni à sa direction.Par nos interventions, nous, militants jeunes, avons expliqué, que notre combat se situe à la fois sur le terrain démocratique et social. Pour nous, les émeutes de janvier 2011 sont l’expression d’un marasme social généralisé. La révolte de la jeunesse est intervenue dans un contexte de montée de luttes sociales et ouvrières. La stagnation des salaires pendant plus d’une décennie, la montée galopante du chômage, l’érosion du pouvoir d’achat avec la dévaluation du dinar et la flambée vertigineuse des prix des produits de première nécessité, la fermeture du champ politique, la répression, la remise en cause des acquis sociaux, des libertés d’organisation, syndicales et démocratique… sont les causes de cette explosion sociale.La réponse du régime, qui, en guise d’apaisement, a réduit le prix du sucre et de l’huile, en accordant un nouveau cadeau aux patrons producteurs et importateurs, ne peut nous faire taire autant que ceux qui tentent, parmi les relais de la bourgeoisie de le faire en intimidant nos luttes ouvrières et les protestations des chômeurs et des opprimés et en les réduisant à «des tubes digestifs», pour nous demander, enfin, de sacrifier nos intérêts de classe au détriment d’un consensus «démocratique», qui cache mal les intérêts de la bourgeoisie.
Nous avons expliqué que notre rejet du régime ne se conjugue pas avec celui des patrons et des importateurs. Nous le rejetons pour sa politique de paupérisation, antisociale, antidémocratique, capitaliste aux ordres des grandes puissances impérialistes et de la bourgeoisie locale. Si les mesures de la loi de finances 2009 ne nous ont pas satisfaits, parce qu’elles tendent en réalité à gérer la crise et rencarder l’économie capitaliste, en vue d’assurer sa pérennité, mais en aucun cas à satisfaire les besoins de la population. Si nous contestons les timides mesures du gouvernement qui a essayé d’imposer des impôts aux patrons et aux importateurs, parce que nous
jugeons qu’il est grand temps de finir avec l’évasion fiscale et la bazardisation du commerce extérieur par l’imposition de plus d’impôts, par l’expropriation des entreprises réfractaires et par le monopole de l’Etat sur le commerce extérieur sous le contrôle des travailleurs
et de la population.  Nous avons exprimé notre attachement aux questions démocratiques et à la liberté, mais celles qui servent la véritable majorité de la population. Contre la liberté et la démocratie qui permettent à Rebrab d’exploiter les travailleurs, de ne pas payer d’impôts et d’interdire la constitution d’un syndicat au sein de son entreprise, et en licenciant des travailleurs, nous avons opposé la démocratie qui donne le droit aux travailleurs de Rebrab de se constituer en syndicat pour défendre leurs intérêts et le droit de contrôle sur leur production. Pour nous, même la Constitution la plus démocratique ne donnera pas le droit à la parole au petit travailleur recruté en CDD et à qui on interdit le droit de s’autodéfendre, de contrôler sa production. Nous avons dénoncé ceux qui comptent sur l’ingérence des impérialismes français, américain et allemand pour «instaurer la démocratie en Algérie». Nous nous sommes appuyés sur l’exemple tunisien et irakien, pour expliquer que l’impérialisme n’a d’autres intérêts que la spoliation de nos richesses, l’exploitation de nos travailleurs et l’ouverture de notre marché à leur surproduction. Sur ce plan, nous avons réaffirmé notre combat anti-impérialiste, contre les puissances mondiales qui sont à l’origine de notre misère et de la crise de l’humanité entière.  Nous avons également mis l’accent sur l’auto-organisation des masses et des travailleurs. Qu’il ne s’agit pas de créer des cadres bureaucratiques, détachés des masses comme substitut et nous autoproclamer «direction des luttes» pour «chasser le régime». Pour nous, l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Car même les revendications les plus révolutionnaires n’ont aucun sens sans une auto-organisation des travailleurs, des chômeurs, des paysans et des masses opprimées en tant que bloc social.» «Vous ne trouverez pas cette déclaration dans notre très démocratique presse locale qui a refusé de le publier. Vous ne la trouverez pas non plus dans aucun média dominant parce que la patrie n’a d’autre refuge que sa propre terre et la poitrine ouverte de ses révoltés.» 

Association Nedjma

club scientifique et culturel "Les Amis du Livre"

 

                                                           déclaration

Ces derniers mois, l’actualité est marquée essentiellement par une recrudescence d’émeutes ; blocages de routes, fermetures de sièges d’APC et de daïra, sit-in devant les différents ministères, grèves des travailleurs et manifestations.

Le 05 janvier, l’émeute s’est généralisée, touchant pratiquement tout le territoire national, ou la jeunesse s’est soulevée spontanément en s’attaquant aux signes de richesses de la bourgeoisie exhibés ostentatoirement, et à l’Etat qui n’est que  son expression politique.

Cette révolte est l’expression d’un profond malaise social. Les larges masses, cloitrées et négligées, sont livrées à elles-mêmes, confisquées du fruit de leur travail : chômage endémique, crise de logement, déperdition scolaire et restriction des libertés individuelles, collectives et syndicales (l’interdiction aux travailleurs du secteur privé de s’organiser en syndicat, …), sont les conséquences de l’orientation libérale prônée par le gouvernement.  

La politique économique libérale a livré notre économie construite par les efforts gigantesques des travailleurs durant deux décennies à la bourgeoisie nationale et internationale, en se soumettant aux injonctions du fond monétaire international et de la banque mondiale, qui ont imposé la politique de rééchelonnement de la dette, dévaluation du dinar, plan d’ajustement structurel et d’autres injonctions qui ont eu des répercussions dramatiques sur les larges masses populaires avec la destruction de l’industrie, fermeture de plusieurs entreprises publiques, privatisation et licenciement de millions de travailleurs et le désengagement financier vis-à-vis des secteurs jugés improductifs et non rentables (santé, éducation et enseignement).

Sans organisation, la révolte s’est essoufflée sans acquis pour la population. En réponse à la révolte, l’Etat, expression politique de la bourgeoisie, a levé les taxes sur les importations et réduit la TVA au profit des barons d’importation, et des grands commerçants au détriment des travailleurs, chômeurs et tous les opprimés.

Les répercussions de la crise financière de 2008 qui a secoué l’économie capitaliste se font cruellement sentir par tous les travailleurs et autres opprimés du monde vu qu’ils étaient les seuls à payer les conséquences d’une telle crise. En France, Espagne, Grèce, Portugal, Maroc, Egypte des attaques contre le monde du travail étaient menées et des acquis étaient remis en cause.  

La misère a fait sortir les masses dans les rues, mais le manque d’un parti qui pourrait offrir des perspectives politiques réelles aux masses opprimées peut laisser le champ libre pour des organisations libérales et réactionnaires pour se proposer comme une alternative aux victimes du libéralisme.

Pour nous, les revendications sociales et démocratiques vont de paire. La démocratie est aussi le droit à un travail décent, à un logement, le droit à la scolarité, le droit d’accès à des soins gratuits et le droit de se syndiquer, l’égalité des sexes. Pour nous, le changement ne peut venir que des travailleurs et des chômeurs, et de tous les marginalisés par des actions (manifestations et grèves) autour de revendications telles : l’augmentation des salaires et une échelle mobile des salaires, monopole de l’Etat sur le commerce extérieur, nationalisation des secteurs stratégiques. 

Nous appelons le peuple, travailleurs, chômeurs, et étudiants à l’auto-organisation autour de leurs revendications de classe.

                                                                                                         C.S.C Les Amis du Livre,

                                                                                                        Bejaïa, le 10/02/2011

 

Grand Moyen-Orient, Guerres ou Paix ? Plaidoyer pour une révolution arabe - à propos du livre de Hocine Belalloufi

Journaliste et militant politique en Algérie, Hocine Belalloufi a signé en 2008 un essai « prémonitoire » autour de l’actualité d’une nouvelle révolution arabe, que vient spectaculairement remettre au goût du jour les événements en cours en Tunisie, au Yémen et en Egypte. En même temps que cette impopularité croissante des régimes arabes corrompus et autoritaires, la recrudescence des agressions impérialistes dans la région du « Grand Moyen-Orient » (GMO) (guerre du Liban en 2006, l’invasion de Gaza fin 2008), le retour à une forme de domination directe (Afghanistan, Irak), la poursuite de la colonisation en Palestine ainsi que les menaces à l’encontre des régimes jugés « récalcitrants » (Iran, Syrie) remettent à l’ordre du jour la nécessité d’une résistance de tous les peuples de cette région.

L’auteur pose d’emblée ce qui constituera la problématique de son ouvrage : « confrontés à l’agression américaine qui entend ramener la région à l’ère tribale, que doivent faire les peuples du GMO?1 [1] », et met aussitôt le lecteur en garde contre l’idée (simpliste) que l’alternative qui s’offrirait à ces peuples se limiterait à un choix entre la voie dite « moderniste » incarnée par les régimes dictatoriaux ou celle des « islamistes » et de leur « aventurisme ethniciste ». Pour l’auteur, « ces deux voies ont beau s’opposer sur de nombreux points, elles n’offrent aucune perspective de libération réelle aux peuples de la région ». L’idée qui traversera constamment le livre est qu’une autre alternative est possible. En prenant au sérieux le projet américain de GMO – contrairement à l’attitude qui prévaut chez de nombreuses personnes en France, qui n’y voyaient que l’expression du verbiage de G.W. Bush et de son administration néoconservatrice – l’auteur estime que la résistance acharnée que provoque ce projet réactive objectivement la perspective d’une « nouvelle révolution arabe ».

Guerre du Liban de l’été 2006 : leçons politiques et raisons d’une victoire

Cette « 6e guerre israélo-arabe » présente un grand intérêt stratégique : le succès de la résistance libanaise a permis de jeter « les bases d’une stratégie alternative à celle des régimes arabes et des islamistes – qui s’attaquent tous deux à leurs peuples ». Pour autant, de nombreuses questions ont surgi au sein du camp « démocratique » et anti-impérialiste dans le monde arabe et au-delà (Europe, Etats-Unis) au sujet de la résistance libanaise et de sa principale force politique, le Hezbollah. Ce dernier est-il un « parti islamiste » ? La résistance libanaise est-elle « islamiste » ? Quelle attitude les forces progressistes et anti-impérialistes doivent-elles adopter face à cette résistance et face au « parti de Dieu » ? L’auteur répondra tour à tour à ces questions en s’attardant sur la troisième, qui présente pour lui un enjeu stratégique majeur. S’il qualifie le Hezbollah de parti islamo-nationaliste, la résistance libanaise n’en devient pas pour autant islamiste car « le caractère politique de la résistance libanaise découle (…) de l’objet même de son combat et non de la nature de sa direction ou de sa composante sociale majoritaire ». En s’opposant à l’invasion et aux incessantes agressions israéliennes, ainsi qu’aux projets des puissances impérialistes (principalement américaine, française et européenne), « la résistance libanaise possède un caractère national et anti-impérialiste ».

Les raisons de la victoire de la résistance libanaise – dont nombre de forces politiques arabes feraient bien de s’inspirer – sont, selon H. Belalloufi, dues a) à la justesse de l’orientation de cette résistance, b) à l’habileté politique du Hezbollah (dont le discours est resté constamment et exclusivement politique), c) à la volonté des masses libanaises, d) au côté relativement « démocratique » du régime libanais ainsi qu’à la faiblesse de celui-ci. Bien qu’entamée sur le plan militaire contre Israël, la bataille sur le plan interne se fera sur le terrain politique, opposant le camp pro-impérialiste du bloc du 14 Mars à celui de l’opposition (dont le Hezbollah est l’un des éléments majeurs). La capacité de cette opposition « à être candidate au pouvoir sur un programme national, démocratique et social sera déterminante pour l’avenir du pays du Cèdre et de son peuple ».

Contre les éradicateurs précoces de tous bords

L’auteur revient au passage sur le « prisme algérien » adopté par de nombreux « progressistes » – spécialement en France – qui consiste à assimiler le FIS au Hezbollah et à ainsi qualifier la résistance libanaise de confessionnelle. Les conséquences d’une telle assimilation sont désastreuses, car « en refusant de prendre parti pour la résistance libanaise sous prétexte qu’elle serait islamiste, [certaines anti-islamistes, démocrates ou non] renvoient dos à dos le colonisateur et le colonisé, le fort et le faible. Ils aident ainsi indirectement l’agresseur en privant l’agressé de leur soutien ». La même assimilation est opérée entre le FIS et la résistance « islamique » palestinienne du Hamas et du Djihad islamique, deux organisations qui sont des « composantes du mouvement de libération nationale », contrairement au FIS qui est un « parti fasciste », qui n’a pas hésité à retourner ses armes contre son propre peuple. S’il nous semble pertinent de rappeler les différences profondes de nature entre les organisations précitées et le FIS, qualifier ce dernier de « parti fasciste » nous semble problématique, dans la mesure même où le fascisme renvoie précisément à une forme de gouvernement qui cherche à résoudre par la force et la violence une crise profonde et structurelle d’une économie capitaliste avancée. Or, tel n’était assurément pas le cas de l’Algérie de la fin des années 80 et du début des années 90.

La question de l’union étant centrale pour les forces progressistes, il convient de mener la réflexion en évitant les visions unilatérales consistant à « refuser l’unité d’action avec les forces islamistes libanaises ou palestiniennes qui combattent réellement Israël et l’impérialisme sous prétexte qu’ailleurs, ou en d’autres circonstances politiques, l’islamisme représente l’ennemi principal du peuple », ou à « ignorer le caractère d’ennemi de l’islamisme » sous prétexte que l’ennemi principal est Israël ou l’impérialisme. L’auteur estime donc nécessaire de combattre idéologiquement et politiquement – de façon certes secondaire, mais permanente – les idées fausses et dangereuses des « partis islamistes », et de s’organiser de façon indépendante, voire de se défendre lorsque l’on est attaqué par eux. Sur ce point précis, l’utilisation un peu trop vague par H. Belalloufi du terme d’« islamisme », participe elle-même à cette entreprise – qu’il dénonce pourtant – de confusion des esprits en cours en Europe et aux Etats-Unis, où le terme est uniformément utilisé pour désigner des formations politiques n’ayant que très peu à voir les unes avec les autres. Plus encore, tout ce qui a trait de près ou de loin à l’Islam finit par être qualifié d’« islamiste », terme dont la connotation est immédiatement péjorative en France, par exemple, étant donné le surinvestissement idéologique dont fait l’objet cette religion.

Crise de la domination impérialiste du GMO ?

Comme nous l’avons déjà souligné, l’auteur prend au sérieux le projet américain de remodelage du GMO, qui sous couvert de lutte contre le « terrorisme », entend imposer une pax americana en écrasant les régimes jugés récalcitrants ainsi que les mouvements politiques opposés à Washington et à son allié israélien. Citant la fameuse phrase de Lénine pour qui l’impérialisme est bien le temps des guerres et des révolutions, H. Belalloufi place ce concept d’impérialisme au cœur de son analyse politique de la région ; avec les Etats-Unis à sa tête, l’Union Européenne, Israël et la quasi-totalité des régimes arabes, le camp impérialiste, en dépit des contradictions qui le traversent, considère le régime iranien comme son principal ennemi.

Bien qu’il n’existe pas à ce jour d’alternative crédible à leur domination, les composantes de ce camp impérialiste seraient entrées en crise. Parmi d’autres facteurs, la résistance libanaise lors de la « 6e guerre israélo-arabe » aurait entrainé un affaiblissement des régimes arabes pro-impérialistes, qui « se sont ainsi démasqués aux yeux de leurs propres opinions publiques qui ont pu constater que ce qui manquait le plus à leurs dirigeants, pour résister victorieusement à l’armée israélienne et lui infliger des pertes sérieuses, ce n’étaient pas des armes ou une prétendue suprématie aérienne, mais la volonté politique, arme que l’on trouve pourtant en abondance au sein des masses arabes ». Malgré le maintien d’une posture offensive et en raison même de celle-ci, les bases mêmes de la domination impérialiste dans la région – et celle des régimes arabes en premier lieu – se trouvent sapées, élargissant ainsi le spectre des résistances.

Luttes de libération nationale et luttes démocratiques et sociales

Les trois fondements de la nouvelle révolution arabe sont constitués par 1) l’alliance existante entre le sionisme et l’impérialisme, qui fait d’Israël le premier et principal pilier de la domination impérialiste dans la région, 2) le retour à une forme de domination militaire directe, comme le montrent les occupations de l’Afghanistan et de l’Irak, et enfin par 3) le triomphe des régimes réactionnaires arabes. A propos de ces derniers, l’auteur relève à juste titre que leur caractère autoritaire présente l’avantage de conférer « spontanément aux luttes sociales une dimension politique, ce qui constitue un puissant facteur de conscientisation des masses ». En effet, toute revendication sociale, même minimale (par exemple contre la "vie chère") se transforme en revendications contre le manque de libertés (d'expression, d'association, syndicale etc.) et par conséquent en critique du régime en place et de ceux qui en sont à la tête.
Les différentes formes de domination impérialiste (directe ou via des bourgeoisies compradores locales), ainsi que les menaces qui pèsent sur certains régimes impliquent une diversité des formes de résistance des peuples de la région. Luttes de libération nationale et luttes démocratiques et sociales participent donc toutes deux à la résistance à la domination impérialiste dans la région.

Revenant sur la situation particulière des trois Etats dits « voyous » - Soudan, Syrie et Iran – H. Belalloufi relève que ce dernier est « celui qui s’oppose le plus systématiquement à la politique des Etats-Unis et de l’Union européenne dans la région », faisant de Téhéran le « verrou politique et militaire ultime que les impérialistes voudraient voir sauter afin d’asseoir définitivement leur domination sur la région ». A l’instar de ce qui a été dit précédemment au sujet du Hezbollah, l’auteur n’ignore pas les questions que ne manque pas de soulever – notamment en France – la qualification du régime iranien de réactionnaire et d’anti-impérialiste. A l’appui des travaux de Lénine et Trotsky, H. Belalloufi rappelle qu’anticapitalisme et anti-impérialisme sont loin d’être synonymes et « des forces petite-bourgeoises, voire bourgeoises peuvent, dans certaines conjonctures historiques, s’opposer à l’impérialisme tout en défendant le capitalisme ou, plus exactement, pour mieux le défendre dans leur pays ». Le débat en cours sur l’attitude à adopter face au régime iranien doit donc éviter le double écueil de ne prendre en considération que le côté réactionnaire de ce régime et d’oublier par là même son opposition à l’impérialisme, à Israël et aux Etats arabes pro-impérialistes, ou à l’inverse d’occulter totalement le caractère antipopulaire du régime iranien, pour ne souligner que son opposition à l’ennemi principal qu’est l’impérialisme.

Dialectiques de la nouvelle révolution arabe

L’ancienne stratégie de la révolution arabe, élaborée par l’aile gauche de la résistance palestinienne, privilégiait l’option d’une guerre populaire de longue durée contre l’Etat sioniste, afin de tirer avantage du nombre d’habitants et de la profondeur géographique du monde arabe. Une telle stratégie eut pour conséquence de menacer « directement les régimes arabes pro-impérialistes (Jordanie, Liban…), mais aussi les régimes progressistes (Egypte, Syrie…) qui préféraient passer un compromis avec Israël et l’impérialisme plutôt que d’assumer jusqu’à ses ultimes conséquences un affrontement avec eux ». En cherchant à faire coïncider l’agenda de la révolution arabe avec son propre calendrier, et en privilégiant excessivement le combat armé au détriment du combat politique et social, la stratégie adoptée par la révolution palestinienne conduisit à un échec. Pour autant, l’auteur concède que « dans les conditions où elle se trouvait objectivement placée, la résistance palestinienne pouvait difficilement adopter une autre stratégie que celle de la guerre populaire prolongée par laquelle elle concrétisait l’interaction subjective de la révolution palestinienne et de la révolution arabe, dont le fondement objectif reposait sur l’alliance de l’impérialisme, du sionisme et de la réaction arabe ».

Mais alors qu’elle semblait durablement bloquée, la poursuite de la colonisation de la Palestine, le triomphe des bourgeoisies réactionnaires arabes et le retour à une domination directe de l’impérialisme vont créer les conditions d’une renaissance de la révolution arabe. Il s’agit dès lors de prendre la mesure des échecs passés et du nouveau contexte historique.

Centralité de la révolution palestinienne

Elle est induite par les relations mêmes existant entre l’impérialisme et le sionisme : « toute la politique régionale des grandes puissances mondiales, à commencer par celle des Etats-Unis, repose sur le primat absolu de la sécurité d’Israël et le caractère indiscutable de la domination de cet Etat colonial, raciste et expansionniste ». L’Afghanistan et l’Irak sont certes occupés à l’heure actuelle, mais cette occupation revêt un caractère provisoire et n’est pas conçue pour le long terme, contrairement à ce qui se produit en Palestine.

S’agissant de la question de savoir sur quelle proportion du territoire de la Palestine mandataire devait porter la libération, l’auteur estime que ce sont « Israël et son parrain américain qui rendent possible, à long terme, la libération de toute la Palestine ». Parmi les principaux facteurs qui tendent vers une telle perspective, se trouvent l’incapacité de la « démocratie israélienne » à intégrer en son sein les citoyens « Arabes israéliens », le refus obstiné d’Israël de voir érigé un Etat palestinien réellement indépendant et de restituer les terres conquises au détriment de la Syrie et du Liban, ainsi que le soutien inconditionnel apporté à Israël par les « grandes puissances » et le retour de celles-ci à une politique de domination directe ou de menaces d’intervention militaire. A ne vouloir rien céder, l’auteur estime qu’Israël court le risque de tout perdre. N’ignorant ni l’extrême déséquilibre des forces en présence, ni le reflux d’une conscience anti-impérialiste dans le monde arabe et ailleurs, H. Belalloufi reproche aux défaitistes arabes de mettre constamment en avant le caractère irréversible de la colonisation de la Palestine. Il estime à juste titre que toute l’expérience historique milite contre un tel défaitisme car « la colonisation ne devient irréversible que si et seulement l’un des deux aspects de la contradiction colonisateur-colonisé est éliminé ».

Caractère inégal et combiné de la nouvelle révolution arabe

Comme l’ancienne, la nouvelle révolution arabe a pour principal ennemi le système de domination impérialiste. Mais les peuples du GMO se trouvent également confrontés à des « ennemis secondaires » presque aussi redoutables : les régimes et forces politiques menacés par l’impérialisme, qui tout en lui résistant, oppriment parallèlement leurs peuples. Face à eux, « il convient d’éviter soigneusement toute approche unilatérale qui ne prendrait pas en considération le caractère contradictoire de ces régimes » et d’adopter en conséquence une politique dialectique.

La nouvelle révolution arabe possède donc un caractère national et anti-impérialiste, qui fait que « son programme politique – programme de mobilisation et non projet de société – ne vise pas la destruction du capitalisme, l’abolition de l’exploitation et de la propriété privée des moyens de production ». Mettre uniquement en avant les revendications du socialisme et du pouvoir ouvrier constitue donc un déni de la réalité, celle de l’oppression impérialiste. H. Belalloufi invite néanmoins à rompre avec le nationalisme arabe qui renverrait à l’image d’une « nation arabe » mythique ou aurait régné l’unité et la prospérité avant que le colonialisme n’advienne. Ce dernier, en étant le « vecteur d’un capitalisme qui bouleversa les sociétés arabes et engendra des résistances sociales et politiques en leur sein, créa les conditions matérielles de l’émergence d’Etas-nations modernes et renforça la formation de consciences nationales différenciées n’ayant rien d’artificiel ». L’auteur en conclut donc que « confrontés au même système de domination impérialiste, les peuples de la région n’ont pas besoin d’une perspective d’unification nationale dans le cadre d’un seul et même Etat pour constater que leurs luttes sont interdépendantes ». Malgré cette interdépendance, le caractère inégal et combiné de la domination impérialiste « exclut d’emblée, au stade actuel de la confrontation, tout type de stratégie globale et uniforme du genre de la guerre populaire prolongée ». Parallèlement, « les Palestiniens n’ont pas à attendre de changements préalables dans l’ensemble du monde arabe pour déterminer le contenu, les formes et les rythmes de leur combat ».

Cinquante ans après le mouvement de décolonisation, le GMO est aujourd’hui mûre pour une nouvelle tentative de libération !

1 [2] Sauf mention, toutes les citations sont extraites du livre de Hocine Belalloufi.

 

 

 

Tunisie, Egypte : les révolutions en marche

Quatrième Internationale

30 janvier 2011

 « Le trait le plus incontestable de la Révolution, c’est l’intervention directe des masses dans les événements historiques. D’ordinaire, l’Etat, monarchique ou démocratique, domine la nation ; l’histoire est faite par des spécialistes du métier : monarques, ministres, bureaucrates, parlementaires, journalistes. Mais, aux tournants décisifs, quand un vieux régime devient intolérable pour les masses, celles-ci brisent les palissades qui les séparent de l’arène politique. (...) L’histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d’une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées. »
Léon Trotsy, Histoire de la révolution russe

La situation, comme dans toute révolution, évolue, d’heure en heure. Telle ou telle appréciation sera surement dépassée dans les heures ou les jours qui viennent, mais d’ors et déjà, les peuples tunisien et égyptien sont en train d’écrire les pages des premières révolutions de ce 21°siècle. Elles provoquent une onde de choc dans tout le monde arabe, d’Alger à Ramallah, d’Amman à Sanaa au Yémen. Ces révolutions résultent, dans les conditions historiques particulières de ces pays, de la crise qui secoue le système capitaliste mondial. Des « révoltes de la misère » sont combinées à une immense mobilisation pour la démocratie. Les effets de la crise économique mondiale conjugués à l’oppression des dictatures, font de ces pays, dans la conjoncture actuelle des maillons faibles de la domination impérialiste. Elles créent les conditions pour l’ouverture de processus de révolutions démocratiques et sociales.

Manifestations, grèves, assemblées, comités d’autodéfense, mobilisations des syndicats, des associations démocratiques, mobilisation de toutes les classes populaires, « ceux d’en bas » et « ceux du milieu » qui basculent dans l’insurrection, « ceux d’en haut qui ne peuvent plus gouverner comme avant », convergences des partis d’opposition radicale contre le système, ce sont tous les ingrédients de situation prérévolutionnaire ou révolutionnaire qui sont là, présents explosifs.

C’est aujourd’hui au tour de l’Egypte de voir des millions de travailleurs, de jeunes, de chômeurs se dresser contre la dictature de Moubarak.

En Tunisie, une dictature sanglante a été abattue. Elle a concentré la haine de toute une société, des classes populaires et surtout de la jeunesse.

Il fallait en finir avec l’ordre de Ben Ali, sa répression, sa corruption, son injustice sociale, système soutenu par toutes les puissances impérialistes, la France, les USA, l’Union Européenne. C’est ce même mouvement qui submerge aujourd’hui l’Egypte.

Il y a, bien sûr, des différences historiques entre les deux pays. L’Egypte est le pays le plus peuplé du monde arabe. Elle a une place géostratégique décisive au Moyen Orient. Les structures de l’Etat, les institutions, l’Armée y sont différentes. Mais c’est un même mouvement de fond qui touche les deux pays.

Les masses tunisiennes n’en pouvaient plus, aussi, d’un système économique - « bon élève de l’économie mondiale » selon Mr Strauss-Khan - qui les affamait. L’explosion du prix des produits alimentaires de base, un chômage de près de 30 %, des centaines de milliers de jeunes formés, qualifiés sans emploi ont constitué le terreau d’une révolte sociale qui en se combinant avec une crise politique, a débouché sur une révolution.

Il y a eu, de 2006 à 2008, une hausse dramatique des prix de tous les produits essentiels, dont le riz, le blé et le maïs. Le prix du riz a triplé en cinq ans, passant d’environ 600 $ la tonne en 2003 à plus de 1800 $ la tonne en mai 2008.

L’augmentation récente du prix du grain est caractérisée par un bond de 32 % enregistré durant la deuxième moitié de 2010 dans l’indice composite des prix alimentaires.

La forte hausse des prix du sucre, des céréales et des oléagineux a conduit les prix alimentaires mondiaux à un record en décembre, dépassant les coûts de 2008, lesquels avaient déclenché des émeutes à travers le monde.

En même temps, le FMI comme l’OMC exigent la levée de toutes les barrières douanières et l’arrêt de toutes les subventions aux productions vivrières.

La récente hausse spéculative du prix des aliments a, donc, favorisé un processus mondial de création de la famine d’une ampleur sans précédent, qui frappe un ensemble de pays d’Afrique et du monde arabe.

L’Egypte a subi aussi les effets de cette explosion des prix alimentaires. L’économie ne parvient pas à créer assez d’emplois pour subvenir aux besoins des Egyptiens. Les politiques néolibérales mises en œuvre depuis les années 2000 ont provoqué l’explosion des inégalités et un appauvrissement de millions de familles. Malgré une croissance économique de 5%, 25% de la population vit au dessous du seuil de pauvreté. Près de 40% des 80 millions d’Egyptiens continuent de vivre avec moins de deux dollars par jour. Et 90% des chômeurs sont des jeunes de moins de 30 ans. L’autre chose remarquable est que la fédération syndicale nationale égyptienne — dirigée par des personnes engagées par le gouvernement — a partiellement lâché le gouvernement pendant les 2 semaines suivant l’insurrection tunisienne. Ils voulaient un contrôle des prix, une augmentation des salaires et un système de distribution subsidié pour la nourriture, les gens n’arrivant pas à trouver des produits de base comme le thé ou l’huile. Que les dirigeants du syndicat demande ça est sans précédent parce que ces gens ont soutenu le néolibéralisme. Ça, c’est l’impact de la Tunisie

Dans ce pays, cette révolution vient de loin : Le mouvement social actuel l’aboutissement d’un cycle de mobilisations et de mouvements qui puisent leur force dans l’histoire des luttes du peuple tunisien et de ses organisations, en particulier, le mouvement étudiant, les multiples associations pour les droits et libertés démocratiques et des syndicats comme nombre de secteurs de l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) :

Les luttes de certaines personalités pour leurs libertés d’expression et de voyage en1999, les mouvements lycéens, en 2000, les mobilisations contre la guerre en Irak en 2001, la deuxième Intifadha en 2002-2003, les grèves et manifestations de Gafsa en 2008, Ben Guerdane, en Juin 2010, et Sidi Bouzid, qui fin 2010 ouvre la voie à la révolution.

C’est un mouvement historique qui a commencé avec cette combinaison de révolte sociale et de renversement d’une dictature mais qui aujourd’hui cherche ses voies pour aller plus loin. C’est une révolution démocratique radicale qui a des exigences sociales anticapitalistes.

Ben Ali a du s’enfuir, mais l’essentiel de son régime policier est resté en place. La force de la mobilisation a contraint les anciens benalistes à partir progressivement du gouvernement, mais à l’heure où ce texte est écrit, le Premier ministre est toujours le benaliste Ghannouchi.

Et la révolution veut, justement aller plus loin : « RCD dégage ! », « Ghannouchi, dégage ! », derrière ces revendications, c’est tout le système politique, toutes les institutions, tout l’appareil de répression qu’il faut éradiquer. Il faut en finir avec tout le système Ben Ali, et établir tous les droits et libertés démocratiques : droit d’expression, droit de grève, droit de manifestation, pluralisme des associations, syndicats et partis.

Liquidation de l’institution présidentielle et instauration d’un gouvernement provisoir révolutionnnaire ! En finir avec la dictature comme avec toutes opérations qui veulent sauver le pouvoir des classes dominantes exigent aujourd’hui l’ouverture d’un processus d’élections libres pour une Assemblée constituante. Pour ne pas être confisqué par un nouveau pouvoir des oligarchies, ce processus doit s’appuyer sur l’organisation de comités, coordinations et conseils populaires qui ont émergés de la révolution

Dans ce processus, les anticapitalistes défendront les revendications clé d’un programme de rupture avec l’impérialisme et le système capitaliste, la satisfaction des besoins vitaux des classes populaires - le pain, les salaires, l’emploi -réorganisation de l’économie en fonction des besoins sociaux fondamentaux-les services publics de qualité et gratuit, l’école, la santé, les droits des femmes, une réforme agraire radicale, la socialisation des banques et des secteurs clé de l’économie, l’élargissement des protections sociales -chômage, santé, retraite-, annulation de la dette, et souveraineté nationale et populaire, Voilà le programme d’un gouvernement démocratique qui serait au service des travailleurs et de la population.

En même temps, que cela soit pour organiser la défense des quartiers, chasser les dirigeants RCD de l’administration ou des grandes entreprises, réorganiser la distribution des produits alimentaires, les salarié-e-s et les jeunes se dotent de leurs propres assemblées et comités. Les secteurs les plus combatifs et les plus radicaux doivent appuyer, stimuler, organiser et coordonner toutes ces structures d’auto-organisation. Ce sont des points d’appui pour établir un pouvoir démocratique des classes populaires.

En Egypte, à l’heure où nous écrivons cette déclaration, le pays est en état d’insurrection. Malgré une répression sanglante, les vagues de mobilisation du peuple s’amplifient. Des millions de manifestants sont dans les rues, du Caire mais aussi d’Alexandrie, de Suez. Les locaux du parti au pouvoir et les symboles de la dictature sont mis à bas. La haine du système Moubarak, le rejet total de la corruption, l’exigence de la satisfaction des revendications sociales vitales contre la hausse des prix ont créé et stimulé la mobilisation de toutes les classes populaires. Le pouvoir vacille. L’Etat major de l’ armée appuyée par les USA tente un auto-coup d’Etat en flanquant Moubarak d’Omar Souleiman, chef des services secrets, et pilier du régime actuel. Cette armée est aujourd’hui sous tension. On a vu ces scènes de fraternisation entre le peuple et les soldats. Mais face à la détermination des Egyptiens, la direction de l’armée peut aussi choisir l’affrontement et la répression sanglante. L’exigence de millions et millions est nette et claire : il faut en finir avec la dictature. Moubarak doit partir, mais c’est toute la dictature, tout l’appareil de répression qu’il faut abattre, et instaurer un processus démocratique avec tous les droits et libertés fondamentales. L’appel à une journée de mobilisation le mardi 1er Février est la prochaine échéance.

Là aussi, il faut en finir avec une dictature et instaurer un processus démocratique avec tous les droits et libertés démocratiques fondamentales.

Le mouvement actuel est le plus important depuis les émeutes du pain de 1977, mais là aussi le mouvement vient de loin.

Depuis 30 ans, Moubarak maintient un régime dictatorial, emprisonnant et assassinant les opposants, réprimant toute expression indépendante du mouvement social et de l’opposition politique. La mascarade électorale de novembre 2010, entièrement contrôlée par le PND qui en est ressorti avec plus de 80% des sièges, en est le dernier exemple. Les dernières années ont vu le développement d’importants mouvements de grève, notamment autour des ouvriers textiles de El-Mahalla, des grèves générales et manifestations et protestations de diverses catégories sociales, d’importantes mobilisations anti-impérialistes contre l’occupation militaire de l’Irak et de l’Afghanistan en 2004, marquant le désaveu et l’isolement d’un régime soutenu à bout de bras par les USA et l’UE.

L’Egypte est, avec Israël et l’Arabie saoudite, un des trois piliers de la politique impérialiste dans la région. Les USA, Israël et l’Europe vont s’arc-bouter pour empêcher que l’Egypte n’échappe à leur sphère d’influence et feront tout pour s’opposer à un développement révolutionnaire de la protestation

La révolution tunisienne a embrasé la région arabe. C’est aussi pour toute une génération leur première révolution. Tout peut basculer aujourd’hui avec le soulèvement du peuple égyptien. La mobilisation, aura sans aucun doute, des répercussions dans toute la région, et en premier lieu en encourageant le peuple palestinien, et ce malgré les déclarations honteuses de Mahmoud Abbas.

Il faut aujourd’hui un mur de solidarité autour des processus révolutionnaires qui déferlent sur la Tunisie et l’Egypte, relayés par une solidarité active avec les mobilisations de tout le monde arabe. On ne peut écarter les mauvais coups de l’appareil de répression de Ben Ali, ou les menaces de son ami Khadaffi. De même, si le régime décide l’affrontement, l’Etat major de l’Armée peut déclencher une répression sanglante.

Face à l’approfondissement du processus révolutionnaire, les puissances occidentales comme les classes dominantes peuvent essayer de reprendre la main en brisant cet immense espoir.

Les peuples tunisien et égyptien, doivent compter sur l’ensemble du mouvement ouvrier international, sur tout le mouvement altermondialiste. Dans les syndicats , les associations, les partis de gauche, il faut soutenir les luttes de ces peuples et la révolte qui gronde dans la région arabe. !

Vive les révolutions tunisiennes et égyptiennes
Solidarité avec les luttes populaires dans le monde arabe !

Le bureau de la IVe Internationale
Le 30. janvier 2011

 كي لا ينجح صنائع بن علي في إجهاض الثورة الشعبية في تونس

 


الاثنين 24 كانون الثاني (يناير) 2011

 

المنتدى الاشتراكي (لبنان)- أنصار المناضل-ة(المغرب)- مركز الدراسات الاشتراكية(جمهورية مصر العربية)

 

لم يكن النصر العظيم ، الذي حققته الجماهير الشعبية الواسعة في تونس على دكتاتورية زين العابدين بن علي، ليكتسب أهميته فقط من كونه أنهى 23 عاماً من القمع الفظ والاستغلال والنهب والقهر لتلك الجماهير، بل أيضاً لأنه ألقم حجراً كبيراً لأوساط واسعة من المثقفين المنتقلين، في العقود الأخيرة، إلى أحضان اليمين الرأسمالي الرجعي، والذين سمَّموا أفكار جموع كثيفة من الناس بما أشاعوه، ولا يزالون، من اليأس، بصدد قدرة كادحي هذا العصر ومعذَّبيه على إعادة الاعتبار لمقولة الثورة، عبر نجاحهم في صناعتها.

إن الغضب الشعبي، الذي شمل شتى أرجاء تونس، وتفجَّر في مدنها وأحيائها، إلى حد إثارة الهلع الشديد لدى أحد أعتى طغاة منطقتنا، بحيث بادر إلى الفرار مع أفراد عائلته وأصهاره وأقرب المقربين إليه، هذا الغضب يكشف حقيقة لم ينفك يؤمن بها الثوريون، وهي أن الصراع الطبقي حافل بالمفاجآت، وأنه قد يذهل «الراسخين في العلم» بما يحمل به من إمكانات التغيير.

بيد أن ما حصل إلى الآن ليس نهاية المطاف، ذلك أن النظام المترنح في تونس يحتفظ بقدرات حقيقية على الصمود، مراهناً سواء على آلة قمعه التي لا تزال سليمة نسبياً – وإن كانت تلقت ضربات قاسية من إرادة القتال لدى الجماهير الشعبية العزلاء – أو على أوساط مؤثرة في المعارضة مستعدة للانخراط معه في تسويات مخزية على حساب الدماء الزكية التي سالت في شوارع تونس، والانجازات التاريخية التي حقَّقها المنتفضون هناك. هذا فضلاً عن الدعم الذي يتلقاه من الإمبريالية العالمية وإسرائيل، من جهة، وحتى من أنظمة عربية كثيرة، من جهة أخرى، أصابها بالذعر ما شهدته من بطولات لدى أهلنا في تونس، لا بد من أن تكون لها ارتدادات شعبية كبرى، لاحقاً، في شتى أرجاء المغرب الكبير والوطن العربي ككل.

لذا، ولكي لا تنجح فلول النظام المتهاوي في مساعيها لتثبيت سلطة حزب التجمع الدستوري الديمقراطي، عبر صنائع فعليين للطاغية الهارب، من أمثال فؤاد المبزِّع ومحمد الغنوشي، وما يجري الإعداد له من انتخابات رئاسية زائفة لاحقة، على أساس القوانين الانتخابية الفاسدة نفسها، التي أنتجتها مرحلة بن علي، ومن تشكيل حكومة من رموز النظام المذكور، مطعَّمة ببعض الانتهازيين في المعارضة، المتهافتين على موقع لهم في سلطة تنتظر من يوجِّه إليها رصاصة الرحمة لتسقط إلى الأبد، نقول، لكي لا ينجح ذلك، لا بد من خلق شروط استمرار الثورة التونسية، ومنع مصادرتها من جانب القوى الطبقية البرجوازية المحلية المتضررة منها، والحاظية بأقصى الدعم من سادتها وحلفائها في الغرب الإمبريالي، كما في المغرب الكبير والمنطقة العربية ككل.

ولأجل ذلك، يعتقد موقعو هذا البيان، من المغرب الكبير وبلدان عربية شتى، أن ثمة مهامَّ أساسية يجب أن يضطلع بها، من دون إبطاء، كل الثوريين والديمقراطيين الحقيقيين هناك، فضلاً عن الأدوات النقابية (وفي مقدمتها الاتحاد العام للشغل)، والأحزاب والمنظمات السياسية والاجتماعية المناهضة للنظام القائم، وممثِّلون أصيلون للفلاحين المفقرين والعمال الزراعيين، واللجان التي تشكلت في الأيام الأخيرة دفاعاً عن الشعب وثورته، في مواجهة العصابات التي أطلقها النظام لأجل القتل والنهب والحرق والاعتداء على الأملاك العامة، كما الخاصة.

هذه المهام هي الآتية:

1. القطع الكامل مع رموز السلطة الحالية ومؤسساتها، وتشكيل حكومة ثورية مؤقتة، تضم ممثلين عن القوى المذكورة أعلاه، وتحضِّر لانتخاب جمعية تأسيسية ، في مهلة أربعة أشهر من الآن، تضع دستوراً جديداً يضمن الجمع بين مبادئ كل من الديمقراطيتين السياسية والاجتماعية، ويتم انتخابها من كل أبناء الشعب، رجالاً ونساءً، على أساس التمثيل النسبي، والنزاهة والشفافية الكاملتين، بعد إتاحة المجال لنقاش شعبي واسع، وتنافس ديمقراطي فعلي للبرامج والتوجهات،على أن يتم بعد ذلك عرض مشروع الدستور على استفتاء شعبي لإقراره.

2. مبادرة هذه الحكومة التي يجب أن تحظى بصلاحيات انتقالية واسعة، وبتمثيل شعبي حقيقي، إلى اتخاذ الخطوات العاجلة التالية:

أ- إلغاء حالة الطوارئ وإطلاق سراح كل المساجين السياسيين فوراً، وإشاعة أوسع الحريات الديمقراطية،عبر إقرارحق الشعب التونسي في التعبير والتنظيم والتجمع والتظاهر والاحتجاج والإضراب، من دون قيد أو شرط.

ب- إعلان انعدام أي صفة شرعية لرئاسة فؤاد المبزِّع ولحكومة محمد الغنوشي، وحل البرلمان المنتخب في ظل سلطة بن علي البائدة.

ج- حل حزب التجمع الدستوري الديمقراطي ومصادرة مقراته وممتلكاته، وإحالة كل رموزه الضالعة في القمع والفساد إلى المحاكمة، بعد مصادرة الأملاك والثروات التي نهبتها من الأموال العامة، فضلاً عن استصدار مذكرات توقيف بحق بن علي وكامل أقاربه وحلفائه الهاربين، ومصادرة أملاكهم، والعمل على استعادة الأموال التي هرَّبوها إلى الخارج.على أن يتم اعتماد الرقابة العمالية على إدارة الأملاك المصادرة.

د- حل كل المؤسسات القمعية والمخابراتية، ولا سيما الحرس الرئاسي وميليشيات النظام، وجزء أساسي من أجهزة الشرطة والأمن الداخلي الضالعة في القمع وأعمال القتل والتعذيب والاعتداء على الناس وحقوقهم.

ه- إعادة تأطير الجيش الحالي بصورة جذرية، في إطار تعبئة مكثفة بين جنوده وضباطه الصغار، بوجه أخص، بحيث يصبح بقيادة أشخاص معروفين بنزاهتهم ووطنيتهم وعدم مشاركتهم في المجازر، وأعمال القمع بحق الجماهير الشعبية،وبحق الرموز السياسية الجذرية المعارضة للنظام.على أن يكون هؤلاء القادة،من شتى الرتب، يحظون بثقة الجنود،مع إتاحة المجال أمام هؤلاء الأخيرين للتعبير عن مطالبهم الحقَّة وتلبيتها.

و- إلغاء كل مظاهر عسكرة الجامعة والمؤسسات التربوية الأخرى، وإطلاق الحريات النقابية في قطاع التعليم.

ز- ملاحقة كل رؤوس وأفراد العصابات المشبوهة، التي مارست نهب الأملاك العامة (والخاصة)، بعد فرار بن علي، ومحاكمتهم، وإنزال أقسى العقاب بهم.

ح- إلغاء القوانين الانتخابية الحالية، ووضع مراسيم حكومية بقانون انتخابي ديمقراطي مؤقت، يتم على أساسه تنظيم الانتخاب إلى الجمعية التأسيسية.

ط- إعادة تأميم كل القطاعات والشركات والمؤسسات التي سبق أن خصخصها بن علي، سواء امتلكها توانسة، أو شركات أجنبية، وقطع كل علاقة بتوجيهات البنك وصندوق النقد الدوليين، ومن ذلك التخلي جذرياً عن إجرآت ما سُمِّي بالتصحيح الهيكلي، التي أدت إلى المزيد من إفقار الشعب التونسي ونهب المال العام.فضلاًعن وقف تسديد الديون الخارجية،واعتبار كل الاتفاقات التي سبق أن وقَّعها الطاغية بن علي مع الإمبريالية لاغية.

ي- خفض الأسعار بصورة لافتة،وخفض الضرائب على جميع الشرائح الشعبية،وإقرار زيادة موحدة ،دفعةً واحدة،في أجور كل العمال والمستخدمين ، والموظفين، تعادل نصف أجر العامل المتوسط، واعتماد السُّلَّم المتحرك للأجور، ووضع سياسة جذرية لامتصاص البطالة، من ضمنها تعويض كافٍ عنها يتم تمويله من الضرائب التصاعدية على الدخل،كما على الثروة،وأعمال البورصة ،و شتى الصفقات المالية ، ولا سيما على أرباح الشركات المحلية والأجنبية العاملة في تونس. فضلاً عن اعتماد ضمان اجتماعي متقدم يشمل قضايا العمل والصحة والتعليم، والشيخوخة، وغير ذلك من المسائل التي يتوفر على أساسها العيش الكريم لجميع المواطنين والمواطنات ، وتحل في آن معاً مشكلة ما يسمى الهجرة غير الشرعية، وما يلازمها من ضحايا الانتقال غير الآمن بواسطة ما بات يُعرف بمراكب الموت.

ك- وضع أسس إصلاح زراعي جذري يتم بواسطته توزيع كل المُلكيات التي يجب ان تُصادَر من عائلة الدكتاتور الهارب ،وأصهاره وأزلامه،في حزب التجمع الدستوري وخارجه،ونسبة عالية من ممتلكات أصحاب الأرض الكبار-في إطار تحديدٍ واضح للحد الأقصى للملكية الزراعية-على الفلاحين المفقرين ،والذين بلا أرض.

ل- الوقف الفوري لكل أعمال التطبيع مع الكيان الصهيوني، ومحاكمة المسؤولين عنه بتهمة الخيانة.

م- فضح محاولات التدخل الأجنبي، بشتى أشكالها، وتعبئة الجماهير التونسية ضده، وتنظيمها لمواجهته.

ن- إطلاق إسم الشهيد محمد البوعزيزي على أكبر ساحة في وسط العاصمة تونس، واعتباره بطلاً وطنياً، يتم الاحتفال بذكراه في كل عام، في اليوم الذي استشهد فيه.

هذا وبمقدار ما يتلاقى كل الوطنيين والثوريين، من شتى الاتجاهات والمنظمات السياسية والنقابية، حول هذا البرنامج ويبادرون إلى تطبيقه، فيما هم يستنهضون روح المبادرة والثورة التي لا تزال حارة وحية لدى المنتفضين، ويعبئونهم حوله، بمقدار ما سيتم إفشال كل محاولات البرجوازية التونسية، وأسيادها وحلفائها في الخارج، لإجهاض الثورة التونسية، التي قد يمتد لظاها عندئذ ليشمل أقطاراً عربية عدة، ويمهد لخلق شروط تحوُّل جدي مغاربي وعربي شامل نحو الاشتراكية.

وبالتالي، فإن واجب كل القوى الثورية والديمقراطية والوطنية، في كامل الوطن العربي والمغرب الكبير، أن تمد يد العون بشتى أشكاله، المادية والمعنوية، إلى أهلنا المنتفضين في تونس، ولا سيما عبر السعي، بمختلف الوسائل، لإفشال كل محاولات حكومات بلدانها لإنقاذ بقايا نظام بن علي.

المجد لشهداء الثورة التونسية والنصر للشعب الذي أراد الحياة!!

المنظمات الثورية الموقِّعة، في المغرب الكبير والمنطقة العربية:

المنتدى الاشتراكي (لبنان)

أنصار المناضل-ة(المغرب)

مركز الدراسات الاشتراكية(جمهورية مصر العربية)

 

 

 

 

 

Les révoltes en Algérie : un signe avant-coureur du futur des luttes sociales

Omar Kitani *

Pour la première fois, toutes les wilayas, régions et villes de l’Algérie, se sont soulevées en même temps et pour les mêmes « revendications ».

Les émeutes ont commencé durant la dernière semaine de l’année 2010, où des quartiers populaires à Alger ont connu de forts mouvements de contestation. Les habitants de plusieurs quartiers ont envahi la rue pour contester la manière dont certains logements ont été distribués en posant de nouveau la problématique de la crise du logement. En effet, ces mêmes quartiers, appelés « quartiers-bidonvilles », ont déjà marqué l’actualité politique en Algérie plusieurs mois en 2009. Après une lutte acharnée, le gouvernement algérien avait reculé devant la détermination des habitants en décidant de les reloger dans des cités nouvellement construites.

Mardi 4 janvier, des émeutes ont éclaté dans certaines localités à l’ouest d’Alger. Les manifestants contestent cette fois-ci l’augmentation généralisée des produits alimentaires de base deux jours auparavant. Le lendemain, c’est au tour de Bab El-Oued, un quartier au cœur d’Alger connu pour être le bastion de la révolte d’octobre 19881, d’entrer en scène. En deux jours, c’est toute l’Algérie qui s’embrase. Un soulèvement populaire jamais connu auparavant, étant donné que pour la première fois, toutes les wilayas, régions et villes de l’Algérie se sont soulevées en même temps et pour les mêmes « revendications ».

Les principaux acteurs sont les jeunes âgés entre 15 ans et 30 ans, gagnant la sympathie de presque toute la population

Cela est tout à fait normal, sachant que le taux de chômage chez les jeunes dépasse les 25 % et qu’ils représentent plus de 65 % de la population. La propagande annonce un taux de chômage beaucoup moins élevé : 10 %. Le système éducatif, devenu un laboratoire d’expérimentation des différentes théories libérales de l’éducation - afin de trouver le moyen d’insérer les futurs diplômés dans le marché du travail – a, a contrario, « formé » des millions de chômeurs sans aucun horizon social. Un échec cuisant : une étude a démontré qu’un élève sur quatre arrive en classe terminale. Des milliers de jeunes qui quittent l’école très tôt n’ont le droit à aucun encadrement : même les associations à caractère culturel ont été interdites ces dernières années ; la restriction de la liberté d’organisation et d’association a atteint son paroxysme.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase

L’augmentation des prix des produits alimentaires de base, combinée à la dévaluation du dinar (20 %) induisant une dégradation du pouvoir d’achat, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mais, ces causes directes n’expliquent pas à elles seules ce soulèvement populaire. L’augmentation de 50 % des salaires de la police fin décembre 2010 avec effet rétroactif à partir de 2008 a été une claque pour les jeunes ; le taux galopant du chômage, la crise du logement ; la restriction des droits démocratiques et syndicaux comme le droit à la grève, le droit aux marches, la corruption à grande échelle sont, entre autres, les causes conjoncturelles de cette révolte. Toutes ces causes sont, en réalité, les conséquences directes de l’échec des politiques néolibérales appliquées depuis le début de 1990.

En effet, après l’échec du capitalisme d’État algérien de l’après-Indépendance, caractérisé par une période d’accumulation primitive du capital ayant duré plus de 20 ans, l’État a opté pour l’économie de marché comme solution au problème de la dette des années 1980 et pour, bien évidemment, permettre à la bourgeoisie algérienne de s’insérer dans l’économie capitaliste mondiale. Le désengagement financier de l’État des secteurs dits « non productifs », le bradage et la privatisation de l’industrie algérienne ainsi que la levée des barrières douanières ont mis à plat tous les secteurs économiques, sans exception. Résultat des courses de ladite « ouverture économique » : l’Algérie s'est transformée en un grand marché de consommation, caractérisé par un secteur informel considérable. A part les hydrocarbures et quelques secteurs insignifiants, elle est aujourd’hui entièrement dépendante du marché mondial.

Le rouleau compresseur néolibéral a tout dévasté

Le rouleau compresseur néolibéral a tout dévasté, et n’a épargné aucun secteur : des milliers d’usines sont fermées et offertes aux multinationales pour faire d’elles le dépôt de leurs marchandises produites dans des pays asiatiques, mettant ainsi des millions de travailleurs et tavailleuses au chômage. Ce rouleau compresseur est, en plus, conjugué à une politique de répression de tous les mouvements sociaux. Manipulation politicienne, assassinats de manifestants, emprisonnement de militants qui s’opposent à cette politique dévastatrice, étaient en général l’unique réponse des classes dominantes. L’état d’urgence est mis en place depuis le début des politiques d’austérité, en interdisant toute marche et manifestation politiques… sauf les manifestations folkloriques pour acclamer les sorties officielles des dirigeants de l’État. Seuls les partis et les organisations qui soutiennent l’orientation néolibérale ont le droit de s’exprimer dans les médias publics. Tous les acquis du mouvement de l’indépendance et du mouvement ouvrier sont remis en cause. La gratuité de l’enseignement et de la santé est aujourd’hui dans le collimateur néolibéral. C’est une crise structurelle du mode de production capitaliste mondial

Aujourd’hui, la crise alimentaire en Algérie est le prolongement de la crise alimentaire qui a secoué plusieurs pays du Sud en 2007 : Égypte, Tunisie, Maroc, Mexique, Haïti, Pakistan, Mozambique, Bangladesh, Bolivie, Niger… Des millions de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur colère et leur faim. C’est une crise structurelle du mode de production capitaliste mondial, provoquée par la mainmise des grandes firmes agroalimentaires sur tous les maillons de la chaine de production alimentaire (production, transformation, distribution). Du coup, ces firmes internationales font la pluie et le beau temps sur le marché mondial en contrôlant les prix de la nourriture.

En 2007, l’Algérie n’a pas été épargnée par un mouvement de contestation, malgré la subvention de l’État de certains produits alimentaires de base. Sauf que ce mouvement n’a pas pris la forme de celui des pays cités précédemment, c’est-à-dire les « émeutes de la faim ». En Algérie, on a assisté à une montée des luttes ouvrières et syndicales qui mettaient en avant la question salariale et le pouvoir d’achat. Des grèves illimitées et cycliques ont été observées dans tous les secteurs autour de l’augmentation des salaires. Cette montée des luttes ouvrières était la conséquence directe de la flambée des prix des produits alimentaires sur le marché mondial et national. Le gouvernement a répondu, comme à l’accoutumée, par la répression : plusieurs militants syndicalistes ont été arrêtés ou licenciés. Puis il a dû reculer devant la détermination des travailleurs. Ces derniers ont arraché des augmentations insignifiantes, car elles sont vite rattrapées par d’autres flambées des prix.

Les jeunes, dépourvus de structures traditionnelles de lutte, vu que la majorité d’entre eux sont des chômeurs, ont réagi à la crise alimentaire de 2007 et à la misère sociale autrement : par l’émigration clandestine, appelée phénomène d’el-haraga. A partir de 2007, des dizaines de milliers de jeunes ont pris le large dans des embarcations de fortune en direction de l’Europe. Certains ont réussi à traverser la Méditerranée, d’autres sont arrêtés par les gardes-côtes et jetés en prison, alors que des centaines ont péri durant leur traversée !

En 2010, les autorités ont recensé plus de 11 500 émeutes. Les émeutes en Algérie sont monnaie courante : c’est la seule voie d’expression des jeunes dans un pays où les libéraux au pouvoir ont fermé tous les canaux de communication et d’expression.

A partir de l’année 2000, les protestations populaires et les grèves ouvrières ont repris de plus belle. Plusieurs pensent que cela s’explique par le retour au « calme », après une décennie de terrorisme islamiste. Cette explication simpliste est souvent avancée par les classes dirigeantes afin de cacher les véritables raisons de ces mouvements qui caractérisent le paysage politique algérien. Au début du XXIe siècle, les politiques d’austérité imposées par le FMI à partir du milieu des années 1990 et l’orientation néolibérale de l’État ont « porté leurs fruits » : des millions de travailleurs et travailleuses au chômage, des centaines de milliers de jeunes arrivent sur un marché du travail libéralisé incapable de les prendre en charge. On assiste à la dégradation et destruction des services publics et à la paupérisation de pans entiers de la société. Ce sont les raisons objectives expliquant la montée des luttes sociales durant la dernière décennie. En 2001, le mouvement de la Kabylie a donné le « la » à un nouveau cycle de protestations populaires qui ne s'arrêtera pas tant que les politiques et les choix économiques antipopulaires qui l’ont engendré sont toujours de mise.

Ampleur et radicalité du mouvement

L’ampleur et la radicalisation de ce mouvement ont pris le gouvernement à contre-pied. Le premier jour des émeutes, le gouvernement, tout comme les partis libéraux, a observé un silence total sur ces événements. Le deuxième jour, seuls les partis de gauche ont commenté et soutenu les jeunes révoltés. Le troisième jour, quand le mouvement a pris une dimension nationale, le gouvernement et la droite sont sortis de leur silence. Ils ont tous donné leurs explications quant à cette insurrection, mais aucun d’entre eux n’a reconnu que cette crise est le résultat des politiques libérales qu’ils ont eux-mêmes revendiquées, accompagnées et soutenues, et l’État n’a pas voulu battre sa coulpe : il a accusé les commerçants et les grossistes. En un mot, la spéculation qui est à leurs yeux la cause de la flambée des prix. D’autres partis libéraux – qui ne sont pas au gouvernement – ont pointé du doigt, à travers la presse dominante, le prétendu « patriotisme économique », entrepris par l’État fin 2009. Ce « patriotisme économique » n’est que de la poudre aux yeux, vu qu’aucune mesure réelle n’a été prise dans ce sens depuis. Même si la droite a « soutenu » les jeunes émeutiers au début, pour essayer de surfer politiquement sur cette vague de contestation en vue des élections législatives de 2012 pour les uns, et pousser le gouvernement à poursuivre ses réformes néolibérales pour les autres, ils ont vite compris qu’ils étaient en train de jouer avec le feu.

Même si les jeunes ne sont pas organisés et ne portent pas des revendications « claires » formulées politiquement, les cibles des insurgés témoignent du caractère de classe que revêt cette révolte. Après les commissariats de police, les premières cibles des jeunes révoltés, les jeunes se sont attaqués aux firmes internationales installées en Algérie : les concessionnaires automobiles comme Renault, Peugeot, Dacia, Wolkswagen, Toyota, Suzuki, les compagnies internationales de téléphonie mobile comme Djezzy, Nedjma, Samsung, les banques internationales, comme PNB Paribas, ou la Société Générale, qui ont été ciblés et saccagés.

Ces multinationales ont réagi en usant de leur pouvoir médiatique afin d’éteindre et de discréditer la révolte qui commence à remettre en cause leurs intérêts en Algérie. La presse dominante algérienne, béquille des multinationales, a d’emblée changé son discours vis-à-vis de cette révolte. La Une de l’un des grands journaux francophones, qui titrait « Pourrissement », avec un quart de page accordée au constructeur automobile Dacia pour une annonce publicitaire, nous renseigne sur le pouvoir du capital étranger en Algérie. C’est le cas de tous les autres journaux soumis à ce capital qui les alimente en pages de publicité quotidiennement.

Les gouvernements européens ont aussi été sollicités par les détenteurs du capital mondial afin de venir à leur rescousse en Algérie. La France a même suggéré l’envoi de renforts policiers pour aider les forces de l’ordre algériennes et tunisiennes, dépassées par l’ampleur de la révolte, à sécuriser les biens et les sites de ces firmes. Michèle Alliot-Marie était catégorique dans sa déclaration à ne pas exposer les intérêts de ses seigneurs à la furia des révoltés dans ces deux pays. Le gouvernement, quant à lui, a choisi de répondre en premier lieu par la répression : 1 500 jeunes arrêtés, des centaines de blessés et 5 tués par balles. Il a construit 35 prisons rien qu’en 2010. Il a ensuite pris des mesures économiques dans un Conseil interministériel extraordinaire en faveur des importateurs des matières de base entrant dans la fabrication des produits alimentaires. Ces mesures se traduisent par la suspension et l’exonération des droits de douanes, de taxes d’impôts représentant un total de 41 %, jusqu’au 31 août 2011. La suspension pour ces mêmes produits de la TVA (17 %) ainsi que l’exonération de l’impôt sur le bénéfice des entreprises.

Les différentes mesures économiques prises à la hâte sont un cadeau supplémentaire aux patrons des grandes sociétés privées.

Par ces mesures, le gouvernement a satisfait toutes les revendications du patronat et de l’industrie de l’agroalimentaire formulées lors d’une conférence de presse par le PDG et propriétaire de l’un des grands groupes, Cevital, au troisième jour de la révolte. Les patrons, très satisfaits de ces mesures, les ont qualifiées de « salutaires », « utiles », « d’avenir », « importantes »… Et comment ! 300 millions d’euros offerts sur un plateau d’argent aux patrons. On doit se rendre à l’évidence : le rôle de l’État bourgeois est de servir la classe sociale qui détient le pouvoir.

Ces mesures économiques ne pourront pas constituer une solution à la crise, cette dernière ne se limitant pas aux seuls produits alimentaires (sucre, huile) comme le gouvernement se borne à le déclarer. C’est une crise structurelle et multidimensionnelle de 20 ans de libéralisme. Les libéraux ont détruit les établissements publics économiques, l’agriculture et avec eux la seule chance pour l’Algérie de faire face à cette crise alimentaire mondiale, et ce, en mettant le commerce extérieur et intérieur entre les mains du monopole privé. Ces mesures sont un nouveau jalon vers une future crise qui va s’ajouter à celles qui gangrènent déjà le capitalisme algérien.

Algérie et Tunisie, même combat !

Si on fait l’impasse sur les détails, les insurrections populaires en Algérie et en Tunisie ont plus de similitudes que de différences. Les deux sont causées par une crise socio-économique qui touche les classes sociales les plus défavorisées. La réaction est presque la même : une explosion sociale sous forme d’émeutes, animées essentiellement par des jeunes chômeurs. Les revendications aussi : travail, logement, liberté… et le départ de Ben Ali du pouvoir pour les Tunisiens. Les raisons de la crise sont aussi identiques : le néolibéralisme et les politiques d’austérité dictées par les institutions financières internationales (FMI, OMC, etc.).

Les gouvernements algérien et tunisien excellent tous deux dans la mise en œuvre de ces politiques. Si le FMI décernait des Prix Nobel à des présidents appliquant à la lettre leurs politiques d’austérité, il aurait du mal à départager Bouteflika et Ben Ali. Probablement, ce dernier aurait plus de chance de décrocher ce trophée, vu qu’il est à la solde de cette institution depuis maintenant un quart de siècle. Sa gestion dictatoriale de la Tunisie devrait aussi plaire aux instigateurs du néolibéralisme qui n’ont cessé de le présenter aux autres présidents des pays du Sud comme l’exemple à suivre. Tout comme ils l’ont fait d’ailleurs avec le sanguinaire Augusto Pinochet durant les années 1970 au Chili. Après avoir assassiné plus de 50 citoyens tunisiens, qui revendiquaient juste leur droit à la vie, voilà qu’il passe au stade suprême : celui d’écraser militairement la révolte des jeunes ! Les peuples algérien et tunisien ne connaîtront de prospérité qu’en se débarrassant de ces acolytes du FMI.

La libération des jeunes arrêtés comme cheval de bataille du mouvement

Plusieurs organisations syndicales, politiques, associations estudiantines, ligues des droits de l’Homme, intellectuels de gauche, se sont distingués par leurs appels à se solidariser avec les jeunes insurgés, à l’image de notre parti (PST), du Comité pour la solidarité avec des luttes populaires, en appelant les travailleurs et les jeunes à s’organiser pour contrecarrer les attaques libérales menées contre le peuple, notamment par le biais de plusieurs rassemblements de solidarité dans les universités, comme ceux qui sont animés par l’association estudiantine Nedjma au niveau de la faculté d’Alger et les marches des étudiants de la faculté de Béjaïa. Des ponts se créent pour associer la lutte des quartiers à celles des travailleurs et des étudiants. Mais le cheval de bataille de ce mouvement, qui commence à prendre forme, doit être, avant tout, la libération des jeunes écroués dans les prisons, vu que la révolte s’est arrêtée au bout du sixième jour. Victimes d’une double répression, ces opprimés doivent faire l’objet d’une mobilisation pour les libérer.

Un projet de rupture avec les politiques néolibérales qui ont démontré leurs limites et leur incapacité à satisfaire les besoins les plus élémentaires du peuple doit aussi faire l’objet de réflexion de ce mouvement. Un autre système économique et social pouvant prendre en charge les aspirations et les besoins quotidiens des travailleurs, des femmes, des jeunes et d e toutes les couches sociales défavorisées est la seule solution pour dépasser réellement cette crise. ■

* Omar Kitani est militant du Parti socialiste des travailleurs (PST) d’Algérie. Cet article a été d’abord publié sur le site du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-monde (CADTM).

 

Les révoltes des jeunes, l’univers informel et la démocratie.

 

La goutte qui a…

Alors que le débrayage de 900 dockers du port d’Alger est passé inaperçu, en pages centrales, presque dans les faits divers, dans certains médias du jeudi 05 janvier, les « émeutes d’Oran » avec photo à l’appui sont mise à la une de tous les journaux.  Certains vont même dans la surenchère. Un « octobre 88 » en ébullition est suggéré.  Un concentré d’informations, avec des gros titres tapants,  toutes centrés sur les émeutes qui donnent l’image d’une Algérie en feu. La veille déjà, Face book  a alerté l’opinion. Les SMS questionnent. 

Qu’en est-il exactement ?

Protestation à Oran …; Charraga, des jeunes bloquent la route… Ouargla, la révolte… Tipaza,  malaise après les heurts… peut-on lire dés jeudi matin.

En lisant attentivement les articles en question, on trouvera, à l’image des événements d’Oran, qu’il est plus question de panique que de protestation : « Un mouvement de panique s’est emparé du centre ville d’Oran, hier dans l’après-midi, suite à la propagation d’une information selon laquelle des émeutiers venant de la périphérie allaient envahir cette partie de l’agglomération qui concentre le gros du trafic »,… Le rôle de la surenchère médiatique dans ces événements est réel. Elle a surfé sur l’effet d’entrainement des manifestations tunisiennes qui, à ce moment là, n’était qu’aux premiers balbutiements, mais aussi sur les multiples révoltes, émeutes et protestations populaires qui en réalité ont continué à s’exprimer d’une manière sporadique depuis la grande révolte insurrectionnelle de Kabylie de 2001.    

Mais le jeudi soir, la révolte des jeunes est générale et réelle.

La question d’une manipulation est posée. Rejetant toute conception policière de l’histoire, dominante dans l’opinion algérienne y compris chez les élites politiques, regardons les choses avec les ingrédients de la dialectique. Il ne s’agit ni de chercher des boucs émissaires, ni des responsables à l’intérieur des clans mythiques du pouvoir ni de chercher à atténuer la crise.  Il s’agit de situer l’ennemi, de clarifier les enjeux du moment et d’aller aux origines profondes du malaise. Car, même si l’idée en est abstraitement suggérée par les médias, elle n’a pas pour destination d’organiser une émeute et encore moins une révolte. Mais le terreau est fertile, le vase est plein. Il y a déjà le feu. Et comme le souligne la formule populaire, on a mis de l’huile sur le feu.

L’huile de toutes les discordes.

Dire que ce sont les augmentations des prix de l’huile de table et du sucre qui sont la cause directe de la révolte des jeunes c’est aller vite en besogne. Cette explication est donnée par les médias dés les premiers soubresauts. Elle est confortée par la décision du gouvernement de supprimer les taxes liées à l’importation de ces produits comme mesure d’apaisements.   Pourtant tout le monde s’est accordé à noter qu’aucun mot d’ordre, aucune pancarte et aucun slogan n’est brodé par les manifestants. C’est plus une attitude dénonciatrice du malaise social et culturel qui règne dans le pays, notamment dans leur univers,  qu’une revendication précise qu’ont exprimé tous ces jeunes en furie. Celle-ci n’a d’équivalent en termes d’image que cette « fureur de vivre »  qui a accompagné les liesses exprimées  après la qualification de l’équipe nationale de football pour la coupe du monde par cette même jeunesse. Ce sont la les deux faces de la même médaille. Une jeunesse qui étouffe et qui cherche un exutoire à son énergie, à ses frustrations, à ses échecs et à ses aspirations. Certes, il y a un malaise social qui touche essentiellement les travailleurs, les couches populaires défavorisées. Les surprenantes et douloureuses hausses des prix intervenues aux premiers jours de l'année nouvelle sur les produits de premières nécessités, notamment l’huile et le sucre, ont rendu dérisoire les dernières augmentations de salaires. Les difficultés à accéder à un logement décent, la rareté de l’emploi et l’absence de perspectives de développement et d’émancipation sont autant d’ingrédient qui poussent à la révolte. Mais les jeunes ne sont pas les délégués des adultes ou les dépositaires syndicaux des parents en crise, fatigués par tant d’échecs et laminés par la dureté de la vie. Ils ont leurs propre univers. Ils ressentent la crise économique, les contradictions sociales et les impasses politiques en développant leurs propres reflexes qui ne sont pas forcément le copier-coller des catégories des adultes.   La réponse à l’endroit exclusif des préoccupations des adultes risque d’étouffer l’œuf en gestation.

Le poids de l’informel :

Cette révolte des jeunes a révélé au grand jour le poids de l’économie informelle. Elle a permis une prise de conscience de son poids dans l’économie du pays et surtout de son rôle néfaste dans les équilibres de la société. Longtemps considéré comme « hallal », la libéralisation de l’économie algérienne a enfanté tout un secteur de la vie économique et sociale qui échappe à tout contrôle de l’Etat. Une catégorie sociale qui se situe, sociologiquement parlant, à mi-chemin entre une bureaucratie bien ancrée dans les rouages de l’administration de l’Etat et une bourgeoisie qui cherche encore les ficelles pour sa légitimation s’est formée dans ce sillage. Son poids ne fait que grandir.     

« Lorsque la politique capitule ou se retire », écrit Daniel Bensaid, « l’économique apparaît comme une seconde nature et comme une loi naturelle. Le recul de la politique et son discrédit entraînent l’acceptation de l’économique comme une sorte de destin, de fatalité de l’ordre des choses. (…) On ne pourrait donc rien faire contre la loi naturelle de l’économie et du marché. Mais qui a édicté cette loi ? Qui en a décidé ? D’où vient-elle ? Est-ce une loi divine ? Les marchés sont-ils des despotes ventriloques ? Pourtant, les rapports sociaux, y compris les rapports économiques, sont des rapports humains. Nous les avons créés. Nous devons pouvoir les contrôler, les maîtriser, les changer ».

L’informel constitue l’enfant  naturel du capitalisme en général et dans sa version libérale en particulier. Les secteurs informels en Italie sont gérés par la mafia. Valable en USA et aujourd’hui en Russie. Le film « Le Parrain » du cinéaste américain Martin Scorsses  a bien mis en évidence le rôle de la Mafia gérant l’économie informelle du capitalisme américain et les mécanismes de sa légalisation.  Cet informel est cependant jugulé par une discipline de façade. La formation historique du  capitalisme a imposé une discipline qui prend appui sur la disciplinarité spatiale qui en est le support obligé comme le montre Michel Foucault.  Dans « surveiller et punir » l’auteur montre, dans chaque secteur où elle s’exerce, que la discipline réside dans la volonté économique du pouvoir, dans la vocation qu’il assigne à réaliser la productivité maximale, qui passe par la mise en ordre des personnes et des activités. Le paradigme de la disciplinarité serait à lire dans les dispositifs et les dispositions mis en place au moyen âge ; lorsqu’une ville se trouvait atteinte par la peste. Dans cet espace clos, découpé, surveillé en tout points, ou les individus sont insérés en une place fixe, il voit l’utopie de la cité parfaitement gouvernée. Cette lecture se confirme en Tunisie ou la discipline policière est accompagné par une discipline spatiale, urbaine et architecturale malgré sa pauvreté esthétique et sa simplicité urbaine : tout est blanc avec des fenêtres bleues. En Algérie, en revanche, la discipline répressive  policière est en complète contradiction avec l’indiscipline de l’espace urbain et territorial formel et informel. Le recours à une loi pour la régularisation des constructions illicites traduit  bien l’ampleur du phénomène. Mais cette indiscipline dans l’espace urbain contemporain valorise, pour les générations actuelles, la qualité et la discipline de l’espace du 19° siècle, celui du colon triomphant et d’une bourgeoisie conquérante. Elle cache malheureusement la disciplinarité, dont parle M. Foucault, des camps de regroupement mis en place lors de la guerre de libération et surtout celle des champs agricoles où la discipline du découpage territorial se conjugue avec la mise au pas esclavagiste des ouvriers agricoles.

   L’informel touche ainsi divers secteurs de la vie sociale et culturelle. Le débat sur l’école privée, revendication d’une partie des couches moyennes aisées pour palier à la crise que vit l’école publique,  est malheureusement abordée par sa seule lorgnette idéologique. Il  cache mal la généralisation d’un enseignement privé et informel sous forme de cours particuliers ou s’exerce un véritable chantage mafieux sur les élèves et leurs parents.

Incompétence et mauvaise gouvernance !

La critique des libéraux de cette situation est connue. Après la légalisation de toute activité commerciale dans toutes ses formes, considérée comme « hallal » par les milieux islamistes, elle sera « tolérée » par les libéraux « laïcisant » au non de la libre circulation des marchandises et de la « main invisible » du marché. Mais dés que la crise pointe, l’Etat est appelé à la rescousse au mieux dans la tradition Keynésienne. En Algérie cette critique prend la forme d’une critique technocratique. Ce serait la faute à l’incompétence des chargés des affaires de l’Etat. La mauvaise gouvernance nous dit-on !! ! Certes il y a surement  de l’incompétence chez nos dirigeants, ministres, wali ou directeurs centraux. Mais la gabegie avec laquelle se gère les deniers publics n’est pas le fruit d’une incompétence technique. La critique de gauche met l’accent sur la bureaucratie comme couche sociale avec ses contradictions, à l’image de celle qui a miné les anciens pays le l’Est. Il faut donc une transformation sociale et démocratique dans la gestion des affaires de l’Etat. Mais cette critique de gauche en Algérie a du mal à s’exprimer. Elle est à (re)construire. Les voix qui se veulent celle des travailleurs et de l’action syndicale et qui ont un large pignon sur rue adopte malheureusement un soutient critique à cette bureaucratie au nom d’un patriotisme abstrait et naïf.   

Degré zéro de l’organisation

L’autre facette que révèle cette dernière révolte des jeunes est le niveau d’organisation.  La logique émeutière traduit le degré zéro de l’organisation. Les structures politiques, syndicales et associatives, celles considérées les plus représentatives ont fait le vide autour d’elles notamment à l’endroit des jeunes. En 88 la protestation était déjà mieux armés. Le modeste héritage propulsé par « avril 80 », le 1° séminaire de yakouren , les structures universitaires, les comités de lycées, les ciné club, était autant de repères qui ont permis la mise en place d’un tissu associatif et une nébuleuse que l’émergence dans la légalité des partis politiques, du MCB ; a  fédéré politiquement et a donné au mouvement un élan et une poussée qualitative, notamment en Kabylie. Ce même élan a permit d’atteindre un niveau insurrectionnel en 2001.  Ailleurs dans le reste du pays, les structures sous hégémonie islamiste dans les universités d’abord, autour des mosquées ensuite ont malheureusement palier à l’absence de structures démocratiques. Aujourd’hui, ce qu’a entamé l’islamisme dans la destruction de l’idée même de l’organisation est achevé par l’impasse de la révolte de la Kabylie de 2001 sous la direction des « Arrouchs ».ça a donné par exemple l'idée d'un "deusième séminaire du MCB" pour capter les énérgie. et ça a amarché. parceque il y avait un premier séminaire comme repére. aujourd'hui??? les aarrouche ont anéanti toute idée d'organisation. du moin pour la kabylie. dans le reste du pays le rouleau compresseur islamiste est passé par là

Entamée dans la lutte clandestine dés avril 80, le  processus de construction démocratique a été interrompu dans le sillage du terrorisme islamiste des années 90 avec un verrouillage et un contrôle du pouvoir policier.  Les conséquences tragiques ont laissé des séquelles profondes dans le corps social et politique. Si le terrorisme islamiste agonise, il est temps de reprendre le travail de construction pour dépasser le multipartisme  de façade, le pluralisme syndical boiteux et une mythique « société civile ». Une nouvelle étape de construction démocratique s’ouvre. Quels sont les mécanismes à mettre en place ? Réponse qui passe un bilan exhaustif des combats que nous avons mené, pour endiguer les jacqueries et les émeutes

Nadir Dj.

 le 13/01/2011


Mohand Sadek Akrour. Ancien porte-parole du Mouvement populaire (comité de la wilaya de Béjaïa)

«La bourgeoisie maffieuse a fait avorter la révolte populaire»  le 13.01.11 |

Description : http://www.elwatan.com/img/trans.gifDescription : http://www.elwatan.com/img/trans.gifDescription : http://www.elwatan.com/img/trans.gif- Le pouvoir politique met décidément les bouchées doubles. Il refuse de faire des concessions politiques malgré l’envergure et la profondeur du mouvement de contestation populaire. Est-ce une logique «jusqu’au-boutiste» ?

Actuellement, il n’existe pas l’ombre d’une volonté politique de faire des concessions à ce mouvement de révolte populaire.
La situation actuelle arrange et renforce le clan (du pouvoir) dont le rapport de force a tourné déjà en sa faveur. Les mesures prises en conseil interministériel nous renseignent sur les tenants et les aboutissants de ces derniers événements. La question de savoir à qui profite le crime ne se pose plus. Car le crime profite incontestablement aux barons de «l’import-import» devant lesquels le pouvoir algérien s’est agenouillé. Ce dernier les a exonérés de TVA, de droits de douane, d’IBS, etc. Il faut dire que le pouvoir algérien n’avait pas vraiment besoin de faire autant de morts parmi les émeutiers et causer autant de destructions pour satisfaire les besoins des néolibéraux et de la bourgeoisie maffieuse. Par ailleurs, les opprimés de ce pays, la jeunesse qui souffre du chômage, de la vie chère, du mal de vivre, n’ont besoin que d’une petite étincelle pour se révolter. Le potentiel de révolte de la jeunesse algérienne est énorme. Les mouvements de jeunes de Ouargla, El Oued, etc, l’ont très bien démontré. Malheureusement, cette fois-ci, comme ce fut le cas d’ailleurs du mouvement de 2001, la révolution des opprimés a été avortée.

 

- Le pouvoir dénie toute dimension politique à ce mouvement de contestation. Daho Ould Kablia, le ministre de l’Intérieur, parle d’agissements criminels Le gouvernement relie ces émeutes à l’augmentation des prix de certains produits de première nécessité. Emeutes du pain en Tunisie, émeutes de l’huile et du sucre en Algérie… Les régimes algérien et tunisien se sont-ils donné le mot ? Le faux consensus saura-t-il occulter la véritable lame de fond de ce mouvement ?


Tous les problèmes du monde sont des problèmes politiques et les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde. Ce n’est pas moi qui le dis. Ce mouvement pose des problèmes foncièrement politiques, leur soubassement est politique, les intérêts sont d’ordre économiques. Le pouvoir algérien a pris des engagements vis-à-vis du capitalisme mondial – accord d’association avec l’UE, coopération avec les USA, etc. – desquels il ne peut aujourd’hui se soustraire. Le capitalisme mondial n’acceptera jamais qu’il y ait retour à l’étatisation, qu’il y ait plus d’Etat. Il ne voudra pas de décisions qui réhabilitent le secteur public… ni n’acceptera que l’Etat subventionne, par exemple, les produits de première nécessité. Et puis, la bourgeoisie locale a-t-elle vraiment intérêt à ce qu’on éradique le secteur informel ?


- Ce sont donc ces mesures dites de «patriotisme économique» qui auraient mis le feu aux poudres. Vous soupçonnez les clans du pouvoir de travailler pour l’intérêt général…


Le pouvoir, je n’apprends rien à personne, est traversé par des clans. Je n’exclus pas qu’en son sein, il puisse exister un clan animé plus ou moins de bonnes intentions qui œuvre dans le sens de l’étatisation. Mais le pouvoir, dans sa composante majoritaire, est ultralibéral, résolument opposé aux mesures dites de patriotisme économique. Actuellement, les rapports de force au sein du pouvoir sont en faveur de la bourgeoisie maffieuse. C’est ce clan qui symbolise l’ultralibéralisme qui a gagné en usant du chantage à l’émeute. S’il y avait vraiment une volonté politique d’aller vers l’étatisation, on s’y serait pris autrement. On aurait sollicité l’adhésion populaire. Mais le DRS est passé par là, a fait son travail, comme en 2001. On a poussé les jeunes à casser du bien public pour discréditer la révolte populaire. Malgré les tentatives de construction du mouvement populaire, il y avait déjà un projet d’avortement d’une réelle révolte populaire. En 2011, on a un autre avortement, mais à une échelle plus importante.


- La convergence démocratique peut-elle encore se réaliser ?


La convergence démocratique s’impose. Relève-t-elle pour autant du domaine du possible ? Je ne le pense pas. L’échec du mouvement de 2001 y est certainement pour quelque chose. Par ailleurs, il ne peut y avoir de passerelles entre les émeutiers et les mouvements syndicaux, politiques, tant cette révolte étonne de par sa spontanéité, de par l’absence de slogans.
Pour nous, il s’agit d’un combat de classes. La seule démocratie véritable, c’est la démocratie socialiste. En 2001, on a tenté ce type de regroupement, les partis de droite nous ont poignardés. A cette époque déjà, ils ne voulaient même pas reconnaître le caractère social du mouvement et l’ont réduit à un mouvement pour «tamazight, langue nationale et officielle».

 

- La révolte de la jeunesse ne pose-t-elle pas la question essentielle de la répartition équitable de la richesse nationale, la problématique de la justice sociale ?


Bien sûr que la jeunesse en a été complètement exclue. C’est une génération victime du pouvoir, qui n’a rien à perdre. Elle est de fait potentiellement explosive. Nous avons, certes, un ministre de la Jeunesse et des Sports, mais en réalité il n’est que ministre du foot, «wazir el kora al arabia», ministre du foot arabe. Mais aucunement ministre de la jeunesse, des préoccupations de la jeunesse.
Elle a raison, cette jeunesse. Ses revendications sont légitimes. C’est une jeunesse frustrée, rongée par l’oisiveté, le chômage, la cherté de la vie, formatée par l’islamisme, l’interdit, le hram. Avec le réveil du mouvement social – je pense, entre autres, aux mouvements de la jeunesse de Ouargla, des villes du Sud, etc.–, on s’achemine inexorablement vers une véritable révolution. C’est d’ailleurs pour cela que le pouvoir a fait avorter cette révolte.


- Qu’est-ce qui empêche justement les partis politiques de franchir le pas, d’appeler à des actions pacifiques et concrètes, au lieu de se contenter de pondre des déclarations et des communiqués qui restent souvent sans suite ? Que signifie le fait qu’aucun parti ni organisation n’ait demandé une autorisation pour organiser une marche pacifique ?


Je ne sais pas. C’est une question qu’il faut poser à ces partis. Mais tous vous le diront : les partis de l’opposition sont atomisés. Ici à Béjaïa, on a tenté, avec ce qui reste de la «gauche» à la fois de conscientiser, de politiser les gens mais aussi de les amener à ne pas détruire les biens publics. Nous n’avons pas à remplir le rôle de pompier. Dans la commune que je préside, Barbacha en l’occurrence, nous avons élaboré, avec le mouvement associatif, une plateforme de revendications. Cette plateforme dit «Non à la cherté de la vie», «Non à la dictature des barons de l’import-import», «Non au chômage», «Non à la corruption», «Pour la sécurité des citoyens et des biens des peuples» parce que, hélas, les services de sécurité ne veulent pas les protéger, «Pour une politique au service du peuple». Pour les exprimer, nous avons opté pour une marche pacifique ici, au chef-lieu de la commune. Et pour ce qui est d’appeler à de grandes marches pacifiques, le souci prégnant est là, c’est celui de ne pas, justement, être accusé de vouloir faire dans la récupération politique. Mais nous considérons toutefois qu’il y a un mouvement de masse qu’il faudrait prendre en charge. Sinon, il y a des initiatives pour regrouper les syndicats. Nous prévoyons une réunion extraordinaire de la direction du parti, dans les prochains jours, pour voir ce qu’il y a lieu de faire.


- Maintenant que le mouvement de contestation semble s’être essoufflé, faut-il tourner la page, passer à autre chose comme le suggère le pouvoir ?


On ne passe pas à autre chose, on doit passer à la chose la plus sérieuse. Ceux qui ont allumé la mèche, ce sont ceux-là mêmes qui l’ont éteinte. Les décisions du conseil interministériel ont mis fin aux émeutes. Maintenant, c’est aux opprimés d’agir.
 

Mohand Aziri

 

La révolte des exclus.

Le mouvement émeutier semble allumer ses derniers feux mais, par son ampleur nationale et son impact c, il peut constituer un tournant dans la situation.

A travers des centaines de quartiers urbains des groupes jeunes ont, depuis le 5 janvier, fermé les routes, brulé des pneus, des voitures, mais aussi des banques privées ou publiques, des bureaux de poste, des écoles… Ils ont  pillé des magasins et plus rarement des passants.

5 morts, 800 blessés. Ce n’est pas octobre 88  ni le printemps 2001 et leurs tirs sur les révoltés, ni la Tunisie 2011 d’ailleurs. La police omniprésente sous le prétexte du terrorisme, a déserté l’espace urbain. Le ministre de l’intérieur se flatte d’une capacité de retenue de ses troupes se contentant d’arrêter un millier de jeunes plutôt au hasard.

En prévision de l’interdiction des gros paiements en espèce de mars 2011, les gros monopoles privés de l’agro alimentaire se sont résignés aux procédures légales. Leurs grossistes distributeurs ont refusé les enlèvements. Pénurie, Spéculation. Hausse immédiate des prix dés le 1er janvier. C’est ce qui déclenche la révolte. Mais le début de démantèlement des marchés informels avait déjà donné lieu à des affrontements. La distribution de milliers de logements sociaux, une goutte dans l’océan des besoins, était accompagnée de violences dans chacun des bidonvilles concernés, et semait le mécontentement alentour. Depuis plusieurs mois ça bouillonne une agressivité nouvelle s’exprime à l’égard de Bouteflika et de son régime qui distribue les milliards de dollars aux affairistes nationaux dont l’ascension rapide heurte une tradition populiste égalitariste. Mais on fulmine aussi quand les émiratis acquièrent au dinar symbolique un arc de 670 hectare dans les beaux quartiers d’Alger, ou quand on lit dans la presse que Pierre Falcon, marchand d’armes français, était chargé de redistribuer la commission de 20% du marché de l’autoroute (11 milliards de dollars).

Mal vivre des jeunes privés d’emploi, de logement de loisirs dans une société rigoriste …

Aucun slogan, aucun mot d’ordre, aucune structuration. Belhadj (FIS) et Layada (MIA) qui tentent le contact sont rejetés. On n’entend plus les rumeurs sur les complots de militaires du pouvoir, on parle de chômage, des gros producteurs privés, des grossistes, des importateurs et de la misère des salariés et des pauvres gens.

 

Cette situation est la conséquence de 20 ans de libéralisme : démantèlement des entreprises publiques mais qui assuraient la protection sociale et un plein emploi relatif. Essor du secteur privé parasitaire qui généralise la précarité et le travail au noir. Envahissement par l’informel. La qualification dans un système scolaire prolifique devient alors inutile.

La tradition émeutière depuis 30 ans gaspille la combativité sociale. Les destructions ont réussi à transformer une sympathie générale en une hostilité qui s’organise pour préserver sa cité ou sa rue.

L’émeute est le résultat d’une politique qui maintient l’Etat d’urgence, refuse les agréments aux syndicats, partis, aux associations, aux journaux, empêche les réunions, matraque les marches, les grèves et ne laisse d’issue que l’émeute.

L’envergure des évènements de 2011 peut produire une ouverture mais le pouvoir peut être tenté par une fuite en avant autoritaire et se servir des reflexes d’autodéfense contre les pillards.  Sur le plan économique le gouvernement s’aplatit devant le lobby de l’agroalimentaire dispensé d’impôts et de taxes douanières jusqu’à aout prochain. Il dit renoncer à libérer l’espace public des commerces informels. Des bagarres au couteau ont accompagné la reconquête des trottoirs évacués ces dernières semaines.

L’enjeu est aussi celui du maintien ou non du virage patriotique et de ses mesures protectionnistes. La bourgeoisie, les grands quotidiens font campagne pour obtenir un retour à la norme ultralibérale, revendiqué par la fraternité mondiale des pillards capitalistes.

Chawki Salhi. Alger, le 11 01 2011.

 

 

Face aux menées du lobby néocolonial autour de Camus

Alerte aux consciences anticolonialistes

Le corps de Jeanson, le dernier de nos martyrs, n’a pas encore vraiment refroidi, que des institutions officielles algériennes rejoignent, dans une «émouvante communion» et un tapage médiatique sans précédent, la caravane célébrant l’écrivain et journaliste colonial Camus, militant avéré et définitif de l’Algérie française. la caravane qui sillonne aujourd’hui l’Algérie, associant nos institutions à celle de l’État français, ne lui rend pas seulement un hommage qui envahit tout l’espace médiatique algérien, de la télévision aux titres privés et qui a été constamment refusé notamment à Francis Jeanson. Elle constitue aussi une réhabilitation du discours de l’Algérie française.

Le lobby néocolonial en est à sa deuxième campagne. La première a eu lieu en 2004 et 2005 accompagnant et légitimant la mise en place de la loi française du 23 février 2005.

La campagne d’aujourd’hui encouragée après l’absence de réactions en 2005 va plus loin : elle criminalise nos maquisards, délégitime leur combat et les compare à l’OAS réactivant l’ancienne appellation de terroristes pour nos combattants et faisant passer les crimes de l’armée coloniale, de l’usage du napalm et de la torture à la corvée de bois, pour une violence légitime et légale. La participation d’institutions officielles algériennes, les émissions télé et articles de la presse écrite dithyrambiques, l’accueil officiel, la décision de donner son nom à un édifice public et de lui ériger une stèle sera une première grande victoire de ce lobby néocolonial. Leur prochaine étape sera le centenaire de sa naissance en 2013. Avec la force de pénétration de ce lobby et ses capacités d’anticipation, il est clair que le manège commencera en 2012, année du cinquantenaire de notre indépendance. Ce lobby va submerger ce grand événement sous la fête camusienne avec comme message : o combien de malheurs vous auriez évité en restant sous tutelle française.

A la base de cet hommage une immense mystification veut nous faire passer l’image d’un Camus sensible à cette terre et à notre peuple. Il n’est rien de tout cela.

Sur le plan esthétique Camus était un écrivain colonial Edward Saïd en a dressé le portrait dévoilé la fonction idéologique :

«Camus joue un rôle particulièrement important dans les sinistres sursauts colonialistes qui accompagnent l’enfantement douloureux de la décolonisation française du XXe siècle. C’est une figure impérialiste très tardive : non seulement il a survécu à l’apogée de l’empire, mais il survit comme auteur «universaliste », qui plonge ses racines dans un colonialisme à présent oublié.»

Pas si oublié que cela ! Oh, cher Edward Saïd.

Sur le plan politique, il a été un militant de l’Algérie française.

Dès 1937 et jusqu’en 1939, Camus n’a cessé d’appeler à des mesures de charité pour couper l’herbe sous les pieds des nationalistes avec point d’orgue sa couverture du procès de Messali Hadj en 1939. En 1945, il s’est tu. En 1952, en pleine guerre de libération du Vietnam, il publie un texte disqualifiant toute révolte par ses résultats supposés sur la négation des libertés. Il a, dès 1955, développé la contre offensive idéologique contre l’ALN, renvoyant la violence révolutionnaire légitime au même plan que la violence coloniale incessante et permanente. Il a réduit notre guerre à une entreprise inspirée et dirigée par Nasser, la ravalant à une manipulation. Il a, dès 1955, toujours, accusait nos amis français, en réalité Francis Janson pour son livre «L’Algérie hors la loi», de vouloir la démission de l’état c’est-à-dire en clair de trahir la France , accusation qui fut l’argument essentiel au procès de ce réseau en 1960.

Pour cet homme la dignité de la dénomination d’algériens se réservait aux seuls pieds noirs pour lesquels il rêvait d’une

«Algérie blanche» indépendante et toujours française. Malgré la lutte armée déjà portée par notre peuple, il ne nous concède que la vague reconnaissance d’une vague «personnalité arabe» nous refusant l’égalité et l’unité des statuts. Et enfin refusera de nous nommer autrement que par une incertaine notion d’«Arabes» nous parquant selon l’analyse de Fanon, dans un «autre compartiment» de l’humanité. Jusqu’à sa mort il défendra cette Algérie Française en nourrissant l’espoir à peine caché que se réalise une république blanche sur le modèle de compartimentage.

L’Algérie officielle se rend-elle compte qu’en accueillant avec cette chaleur le chantre de l’Algérie française, elle ridiculise par avance son projet de loi criminalisant le colonialisme la vide de son sens et devient nul ?

L’année 2010 devait être pour nous l’occasion de célébrer le 50ème anniversaire des indépendances des ex colonies françaises en Afrique ce lobby l’a transformé en célébration d’un militant convaincu de la colonisation !

L’année 2010 est également le cinquantenaire de la parution en 1960 du livre de Jeanson : Notre guerre, immédiatement saisi.

Symbole des porteurs de valises, de l’engagement et de la commune destinée de tous les humains.

Cette alerte est un témoignage pour que nul ne dise qu’il ne savait pas ce qui se trame derrière l’immense entreprise de falsification de l’histoire, de mensonges, de mystifications.

Car ce lobby ne continue pas seulement une guerre du passé mais construit la domination néocoloniale d’aujourd’hui. La preuve par le concret reste qu’à chaque émission sur Camus c’est le retour de l’Algérie française quand on nous chantait la séparation de l’art et de la politique ?

Nous en appelons à la mobilisation de toutes les consciences anticolonialistes pour honorer le combat des justes.

 

Premiers signataires (PS: Ceux, parmi vous qui veulent se joindre à nous, peuvent envoyer leur signature à : musmadi@gmail.com) ou mbouhamidi@yahoo.fr.) :

Maitre Ali Haroune -Samia Zennadi éditrice -Mustapha Madi universitaire - Mokhtar Chaalal écrivain -Abdou.B, journaliste et consultant- Bouzid Harzellah poète et journaliste – Amar Belhimeur, universitaire et chroniqueur – Hassen Bachir Cherif directeur « La Tribune » - Mohamed Salah Mentouri ancien ministre, ancien Président du Conseil National Economique et Social.

Mohamed Bouhamidi philosophe et chroniqueur -Ahmed Halfaoui journaliste et consultant- Abdelkrim Hammada Journaliste – Aberrahmane Zakkad écrivain, officier de l’ALN - Yasmina Chaalal, retraitée- Rabia Kerzabi, ancienne ministre de la solidarité et de la famille. Nacerdine Akkache, ancien cadre supérieur de l’État. Mouloud Achour Ecrivain- Ammar Azzouz Auteur - compositeur -Mustapha Toumi Poète Moudjahid. Annie Steiner Moudjahida.  Abdelmadjid Azzi Ecrivain Moudjahid. El Hadi Boudib Enseigant. Sonia Hadj Slimane Enseignante. Nadir Djermoune Architecte –urbaniste. Lahcen Moussaoui Poète. Zine El Abidine Artebas, Directeur entreprise- Amel Artebas, cadre commercial- Djamel Lahmar, cadre entreprise- Assia Lahmar, femme au foyer- Ouaret Fayçal, architecte et écrivain. Bourboune Fateh, écrivain- Chaffir Ahnine économiste Enseignant universitaire. Mohammed Elkorso historien (Ass.8 mai 45). Aziz Boubakir universitaire et chroniqueur.  Ahmed Hamdi, doyen de faculté.  Ahmed Menour, professeur et critique littéraire.  Habib Sayah Romancier. Abdelkerim Ouzeghla journaliste et écrivain- Kérouani Fatah, architecte, fils du Chahid. Mohamed Kérouani. Saadna Mustapha, Entrepreneur en retraite. Saadna H’lima, retraitée des services hospitaliers. Mezaache Amel, enseignante. Samai Abderahmane, chef d’entreprise. Latri Abdelhamid, pharmacien. Messahal Nourdine, universitaire. Bousbaa Abdelhakim, médecin. Zineb Derbal, ex. cadre au CCA (Paris).  Mezaache Yacine, cadre commercial. Reggad Azzouz, commercial. Abdelkader Bouteldja Cadre éducation. Retraité Tiaret - Adel Abderrezak... Enseignant universitaire au centre universitaire de Khenchela- Ammar Hamma Cadre supérieur de l’état en retraite - Abdelkrim Ghezali Directeur de la rédaction La Tribune. - Soumia Salhi Militante syndicaliste et militante des droits des femmes. Abdelnasser Chiker ingénieur et archéologue. Ahnine Chaffir Economiste Enseignant universitaire. Nait mebarek Chabane journaliste. Mahmoud Rechidi Juriste - Chafia Djemame militante des droits des femmes. Fatah Agrane. Aidali Hamou. Hocine Bellaloufi écrivain, journaliste. Rabah Moulla (Ancien journaliste Alger Rép). Yassine Temlali Journaliste. Yahia Yahiaoui Retraité. Dr. Fadila Maiza, Maître de conférences-Biologie PhysicoChimique Bejaïa. Yahia-Cherif  Hamza, Fonctionnaire. Maiza Mohamed Larbi, architecte. – Tighiouart Mohamed Salah, cadre bureau d’études.  Guettal Tateb, homme de théâtre.  Bouhlel Laid, ancien marin. Abed Saàdane, professeur de mathématiques.  Douadi Mouloud, fonctionnaire. Samai Abderahmane, chef d’entreprise. Chaalal Rafik, commercial maison d’édition.  Krimo khalfa entraîneur foot ball. A. Nedjar Ghania , Architecte. Chedri Merbouha.  Maître Mabrouk Belhocine,  Avocat, ancien bâtonnier Moudjahid.  Hakim Oumokrane  Enseignant faculté des lettres Bejaia. Rachid Hadj Lazib, Cadre supérieur de l’état en retraite. Said Mansour Universitaire retraité.  Abdelalim Medjaoui  Ecrivain  Moujahid.  Baya Medjaoui, universitaire retraitée. Mohamed Ghriss   Auteur. Journaliste indépendant. Abdelkrim Tazarout Ecrivain journaliste. Menaà Salah, avocat. Salakdji Abdelhamid, Fondation du 8 mai 45 de Sétif. Harkat Ameur, ancien ministre. Mekki Leila, Moudjahida. Saïd Dahmani, conservateur en chef honoraire, historien. Eliette Loup, Moudjahida.  Aek. Benghalia Directeur régional EX.AL SPA/Oran. Mokhtar Allem ancien conservateur de la bibliothèque universitaire de Sétif. Ali Ghanes, Cadre. Kaddous Med Zinelabidine, universitaire. Souâd  Bensaada, étudiante. Mebrouk  Atouani, retraité. Brahim Ferkaoui , ancien cadre de societé nationale à la retraite. Amar Belkhodja: journaliste historien. Tiaret. Mohamed Aissat dit Zehar, cadre en retraite, Tiaret. Redouane Semar, responsable d'une agence de communication Blida. Hmida HenicheLazhar Hakkar, artiste peintre. Mohamed-Noureddine Djebab, enseignant universitaire (inst.de philosophie). Mohamed Arezki Ferrad, historien. Mohamed Abas, écrivain et journaliste -azizi Abdessalem, enseignant et traducteur -Djilali Harfouche journaliste

 

 

 

Eléments d’analyse sur les élections du 09 avril

Par Nadir U Haddad

1-      L’évidente victoire de Bouteflika à sa propre réélection ne souffre d’aucun soupçon ! Sa large victoire de plus de 90% et son immense écart avec ses adversaires est aussi une évidence. Ces derniers se contentent d’ailleurs de simples dénonciations abstraites de la fraude sans preuves tangibles, juridiquement parlant, mais surtout sans capacité d’action politique sur les fraudeurs. Mais cette fraude est une permanence dans la gestion des élections en Algérie. Nous vivons encore sous un régime antidémocratique. Depuis l’ouverture politique sur le multipartisme, aucune élection ne s’est déroulée sous des auspices transparentes et démocratiques. Il faut une armée de militants égale aux forces de polices et aux fonctionnaires de l’administration pour un contrôle réel des élections. Seul le FIS dans le passé a pu le faire en 1991 en contrôlant toutes les APC, point de départ de la falsification, et en assurant une présence partout où existe un bureau de vote. Mais l’absence d’un tiers a permis à ce dernier de jouer au nouveau gendarme, à embrigader lui-même les votant et à falsifier pour son compte les élections.

2-La réalité d’aujourd’hui dépasse le simple contrôle des bureaux de vote ou le respect des règles formelles de la campagne électorale. L’interrogation réside dans  le mode de gouvernement instauré par Bouteflika dés son premier mandat. Ce ne sont pas seulement le «savoir-faire» électoraliste de l'administration ou l'ancrage clientéliste des partis et associations qui roulent pour sa candidature et qui sont les pourvoyeurs des auditoires compacts dont nous avons constaté la présence dans ses meetings. On peut même affirmer que la participation de ceux-ci à sa campagne a connu un engouement populaire moindre que celui espéré par le Président candidat. La victoire de Bouteflika est surtout celle des ralliements successifs composés d'une faune d'opportunistes excellents dans l'art de voler au secours d'un succès sans risque.  Il suffit que Bouteflika évoque des changements qu'il se dit déterminé à opérer pour que la fascination ou le pouvoir qu'il exerce sur beaucoup opèrent à nouveau. Ces mécanismes nourrissent et construisent la mégalomanie du président. Car la mégalomanie du personnage est devenue la seconde nature d’un régime déjà assez autoritaire.

3- L’enjeu de ces élections est le taux de participation. Car le président  ne pouvait pas accepter un taux humiliant. Il y va de son image et des apparences. Tout a été donc fait pour que les résultats soient à la hauteur des exigences du président réélu. La clé de leur réussite vient de bouche ministre de l'Intérieur, dans sa conférence de presse annonçant les résultats. Pour réussir une révision des listes concernant toutes les familles qui ont bénéficié de logement ces dernières années, expliquait-il, un million et demi de familles, a-t-il précisé, une campagne de proximité faite par des femmes qui ont pu pénétrer au sein de ces familles, qui les ont accueillies les bras ouverts; un nombre important de jeunes qui ont atteint l'âge de voter, qui sont volontairement venus s'inscrire sur les listes électorales, pour pouvoir faire leur devoir, etc. Le ministre avait tout préparé pour justifier l'effarant taux de participation de 74%.  La réalité est évidemment moins idyllique. Tous ceux qui ont visité les centres de vote au cours de la journée du 9 avril ont pu constater qu'il n'y avait ni rushes ni bousculades qui auraient pu crédibiliser un tel taux de participation. Cependant, il faut reconnaître que, loin d’atteindre l'élection présidentielle de 1995, la seule qui s’est faite dans rushes et bousculades,  les bureaux de vote n'étaient pas totalement vides. Il n y a pas eu boycotte massif. Devant l’effritement et l’inconséquence de l’opposition, la clientèle de Bouteflika a eu toute la latitude de s’exprimer. C’est ce qui explique les 90% mais elle n’explique pas les 74%.  

4- La vérité est dans la nature du régime. Nous assistons à l’instauration d’une dictature policière. Cette dynamique a ses origines dans l’inachèvement du processus démocratique post indépendance. Si elle est ébranlée par la révolte d’octobre 88, elle s’est vite reconstituée dans le sillage de la guerre antiterrorisme islamiste en s’adaptant au nouvel échiquier social et politique puis s’est reconsolidée sous l’ombre de la  mégalomanie de Bouteflika.  On ne s’étonne donc pas d’une situation que l’on connaît déjà. Ces élections se sont déroulées dans un contexte de gouvernance qui allie l'autoritarisme dans l'exercice du pouvoir, la fermeture de tous les canaux d'expression politique, syndicale ou associatif d'un côté, et la prédation, la dilapidation des fonds publics d’un autre. Dans un contexte de crise mondiale, le virage patriotique engagé par le gouvernement, conjugué avec « le soutien critique » de notre «Chavez » national Louisa Hannoun, la marmelade peut facilement prendre et l’espoir est permit pour ces milliers d’algériens  travailleurs, paysans et chômeurs orphelins d’un projet alternatif.

5- Abdelaziz Bouteflika entame son nouveau mandat dans un climat de suspicion et de malaise social. Il lui sera difficile de regagner la confiance sereine et la quiétude nécessaire des Algériens qui n’ont, depuis longtemps, plus aucune illusion sur le système de pouvoir de leur pays. Mais il ne s’agit ni d’incriminer Boureflika ni son régime d’avoir laminer ou programmer l’échec de son opposition, comme le proclame le misérable discours libéral de droite. On est en combat politique et on n’attend pas de cadeaux de nos ennemis. Le pluralisme politique algérien a sa sociologie politique, son histoire, sa géographie et ses particularités épistémologiques. La Kabylie a dans ce passé récent joué le rôle d’étendard de ce combat démocratique. Elle a aussi joué le cache sexe d’une opposition inconséquente. L’impasse de la révolte populaire de 2001 semble sonner le glas d’une génération de militants et annonce ainsi  la fin d’un cycle !?. Devant l’incapacité du tandem Ait ahmed- Hamrouche, renforcé récemment par Méhri  à sortir cette « démocratie » de son isolement kabyle c’est Ben Bitour, cet autre ex-chef du gouvernement déchu,  qui offre ses services. Mais peut-on se contenter d’une fragile aura médiatique et d’un passé sans gloire quand on connaît les révoltes réelles et les jacqueries légitimes des jeunes algériens. Pourtant dans la coalition présidentielle l’effritement s’accentue. Après le FLN qui ne s’est pas totalement  remis de sa mésaventure de 2004, c’est autour du MSP (hamas) de couver une scission. Seul Ouyahia semble tenir son RND d’une main de fer.  Louiza peut-elle tirer son épingle de cet imbroglio ? Sa récente référence à Chafez cache malheureusement mal son incapacité à s’émanciper du président. Autant de questions qui jalonnent le parcours vers un changement radical, démocratique et anti-libéral. Nadir U.H. Le 17-04-09       

 

Contribution à la réflexion collective sur l’élection présidentielle du 9 avril 2009 et les perspectives politiques de notre parti

 

. Une irrépressible tendance à la « Benalisation » du régime

L’élection présidentielle du 9 avril a représenté un pas supplémentaire dans le sens de la fermeture politique du régime. Avec plus de 90% de voix en faveur de Bouteflika et, surtout, un taux de participation de 74,11%, la « Benalisation » du régime est en marche. Au-delà de leur caractère ridicule et archaïque, politiquement parlant, ces résultats renseignent sur la détermination inébranlable du pouvoir à passer en force. Pour y arriver, tous les moyens étaient bons. De la révision de la constitution en novembre dernier à la fermeture du champ politique qui donnait un caractère déloyal à la confrontation, en passant par les pressions exercées sur toutes les catégories sociales pour les « inciter » à voter : « visites » administratives au domicile des électeurs, pressions sur les cadres de l’Etat pour qu’ils signent en faveur du « candidat indépendant », menaces à peine voilées sur les entrepreneurs privés (FCE…) pour que leurs organisations se prononcent en faveur de Bouteflika et que leurs membres participent financièrement et/ou matériellement à la campagne du « candidat indépendant », exigence de présentation de leurs cartes d’électeurs et de la photocopie de celles des membres de leurs familles par les membres de certains corps de l’Etat…

L’utilisation assumée de tous les moyens de l’Etat en faveur de Bouteflika lors de la campagne et le trafic des résultats visaient à contrer le désintérêt constaté d’électeurs confrontés à des problèmes de survie quotidiens (cherté de la vie, chômage, logement…) et, accessoirement, les appels au boycott ou à l’abstention émanant des forces politiques d’opposition (FFS, RCD, PST…).

Le culte de la personnalité organisé autour de Bouteflika, phénomène nouveau dans notre pays, pose par ailleurs un certain nombre de questions sur lesquelles nous devrions réfléchir. Cette personnalisation du pouvoir n’est-elle qu’une mise en scène conjoncturelle ? Ne correspond-elle pas plutôt à une réelle concentration des pouvoirs entre les mains du président ? Qu’en est-il de la supposée perte de pouvoir de la haute hiérarchie militaire en faveur du président ? Assiste-t-on à un accaparement du pouvoir au profit exclusif, ou du moins dominant, du clan Bouteflika, comme cela s’est opéré ces dernières décennies dans la majorité des régimes arabes (Irak, Syrie, Egypte, Libye, Tunisie) devenus des « monarchies républicaines » ? Bouteflika ne joue-t-il pas plus simplement le rôle d’arbitre, ou celui de cache-sexe, de courants politiques (FLN, RND, MSP) unis dans une « alliance présidentielle », mais traversés par des contradictions importantes sur des questions économiques (position par rapport au capital étranger, au secteur public…), politiques (amnistie…) voire militaires (acceptation ou non de bases militaires étrangères…) ?

D’autres facteurs, tout juste signalés ici, méritent d’être notés car ils confirment la tendance du régime à refermer toutes les brèches démocratiques qui subsistent des années 1988-1992. Le renforcement impressionnant de l’appareil répressif (police, gendarmerie…), dont on a pu avoir une petite idée le jour du scrutin, et son utilisation systématique pour réprimer les mouvements de révolte populaire, la généralisation de la corruption à des fins politiques et le soutien sans faille des puissances impérialistes et des dictatures voisines.

 

. Echec du boycott et limites de l’abstention

Une autre leçon de ce scrutin réside dans l’échec du mot d’ordre de boycott. Certes, l’ampleur de la participation électorale de la population est loin de correspondre au taux astronomique avancé par le pouvoir (74,11%), mais la participation semble plus importante que lors du scrutin de 2004. On constate surtout qu’en dehors de quelques villes et villages de Kabylie, la population n’a pas suivi le mot d’ordre de boycott. Elle s’est globalement abstenue, mais n’a pas suivi les forces politiques ou mouvements qui appelaient à empêcher la tenue du scrutin.

Le mot d’ordre d’abstention n’a pas davantage fait la preuve de son efficience politique. Il s’agissait davantage d’une attitude suiviste par rapport à l’esprit de démission politique régnant au sein des masses et d’un refus d’aller à contre-courant de ce sentiment, que d’une attitude de combat politique lors d’un scrutin qui, en dépit de son caractère joué d’avance, constituait tout de même un terrain de bataille politique qu’il ne fallait pas déserter.

Enfin ce scrutin illustre une nouvelle fois l’inconséquence du PT de Louisa Hanoune qui avait très justement décidé de participer à la bataille électorale. Au terme d’une campagne très intéressante politiquement autour d’un programme pratiquement identique au nôtre – si on fait abstraction de son opportunisme par rapport au pouvoir et de sa position réconciliatrice vis-à-vis de l’islamisme – le PT ne s’est pas donné les moyens de contrôler le scrutin en plaçant ses militants et sympathisants dans tous les bureaux de vote. Les représentants du PT ont déserté les lieux, laissant tout le loisir à l’administration de manipuler à sa guise les résultats.

 

. De quelques conclusions provisoires

1.    La tendance de plus en plus autoritaire du pouvoir donne un caractère central, politiquement parlant, à la question démocratique dans notre pays. Face à un régime qui étouffe progressivement mais inexorablement les libertés, la résistance à l’instauration d’une dictature militaro-policière constitue la tâche politique centrale des marxistes d’Algérie, car de son issue dépend la capacité du mouvement populaire à s’organiser et à s’unifier en vue d’arracher la liberté, c’est-à-dire d’en finir avec ce régime.

2.    Il s’agit, comme l’a fait jusqu’à présent notre parti, d’imprimer un contenu national (au sens d’anti-impérialiste), antilibéral (au niveau économique) et social à ce combat démocratique afin d’en disputer la direction à des forces politiques bourgeoises et petites-bourgeoises par nature de classe inconséquentes parce qu’elles découplent le caractère politique de la revendication démocratique (libertés démocratiques, assemblée constituante…) de ses caractères national (anti-impérialiste), antilibéral et social.

3.    En dépit des énormes différences de contexte politique avec la Guadeloupe, le mouvement de l’hiver dernier dans cette colonie française constitue un exemple dont nous devrions nous inspirer, dans un certain nombre d’aspects bien évidemment. Le mouvement intervenu dans cette île des Antilles constitue un modèle d’organisation et de convergence d’un authentique mouvement populaire rassemblant ouvriers, employés, chômeurs, paysans, commerçants, intellectuels et membres de professions libérales… Ce mouvement n’est pas né spontanément, mais est le produit du travail de militants politiques (de nos camarades du GRS en particulier) qui ont investi et construit patiemment des syndicats, des associations, des mouvements et ont travaillé à leur convergence autour d’une plate-forme démocratique et sociale. C’est cette voie qu’il nous faut emprunter, en tenant compte, bien évidemment, des réalités forcément différentes de notre pays.

4.    Il nous faut enfin définir une tactique politique précise vis-à-vis du PT et l’appliquer de façon offensive. Nous connaissons l’opportunisme de Louisa Hanoune vis-à-vis du pouvoir, mais le contenu du programme qu’elle a développé lors du scrutin est quasiment le nôtre. Si nous voulons pousser le PT plus loin ou, à l’inverse, l’amener à se démasquer définitivement aux yeux des masses, il nous faut l’appeler publiquement et à chaque fois à l’unité dans les luttes et l’interpeller sur la nécessité d’unir les rangs de tous les socialistes puisque nous avons eu le plaisir de constater que Louisa Hanoune se réclamait de nouveau ouvertement du socialisme. Cette tactique unitaire en direction de ce parti sera susceptible, le moment venu, d’attirer vers nous tous les déçus du PT.

 

Cheikh el Hocine

 

Alger, le 12 avril 2009

 

1ER MAI, Une date-symbole du mouvement ouvrier
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Que reste-t-il du 1er Mai, date-symbole de la lutte des travailleurs à l’ère de la mondialisation?

Le monde du travail accueille la Journée internationale des travailleurs dans une conjoncture loin d’être favorable aux travailleurs. En effet, avec un secteur public en nette régression en effectif d’une part et une Fonction publique plus que divisée par l’émergence de nouvelles structures syndicales, d’autre part, les travailleurs sont livrés à eux-mêmes en l’absence d’un cadre unitaire, revendicatif, combatif, solidaire et démocratique.

Que reste-t-il du 1er Mai, date-symbole de la lutte des travailleurs à l’ère de la mondialisation où les multinationales dictent leurs lois en remettant en cause parfois même la souveraineté nationale? Instaurée à l’origine comme journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail, puis reformulée dès 1866 par l’Internationale des travailleurs comme une journée de manifestation pour obtenir une journée à 8 heures de travail, le 1er Mai demeure un repère pour le mouvement ouvrier construit autour de la revalorisation «des salaires et la réduction du temps de travail».
Aux Etats-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une journée de travail à 8h. Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai, comme premier jour de l’année comptable et les contrats ont leur terme ce jour-là. Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à quelque 200.000 travailleurs d’obtenir la journée de 8 heures. Le 3 mai fut organisée la plus grande manifestation regroupant quelque 350.000 travailleurs des entreprises, auxquels les patrons ont refusé la journée à 8 heures. La manifestation fut réprimée, 3 morts parmi les grévistes de la société, McCormick Harvester de Chicago, 8 autres arrêtés, 5 condamnés à mort et 4 d’entre eux furent exécutés «pendus», le 11 novembre 1887, dont August Spies qui a proclamé la fameuse phrase: «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui.» C’est ainsi que la tradition du 1er Mai s’enracine dans la lutte ouvrière et fut propagée à l’Europe depuis 1889. La montée du mouvement ouvrier a donné à réfléchir aux gouvernements. Cette avancée des droits des travailleurs s’est concrétisée par l’avènement de l’Organisation internationale du travail (OIT), créée en 1919 à Paris sous le slogan «Aucune paix sociale et durable sans une véritable justice sociale».
Aujourd’hui, dans notre pays, toute la dimension de cette date symbole est réduite à de simples collations et autres célébrations loin de la réalité des travailleurs menacés par l’érosion du pouvoir d’achat, le chômage, la contractualisation, le travail au noir, l’informel...
Les acquis sociaux des travailleurs, chèrement arrachés par des luttes, sont plus que menacés, notamment après l’émergence d’un secteur privé loin d’adhérer aux conditions générales de travail.
Le 1er Mai de cette année est marqué à Béjaïa par une seule manifestation de rue appelée par le Parti socialiste des travailleurs (PST) qui veut remémorer l’événement par une marche populaire avec les syndicalistes, les retraités, les chômeurs...pour dire non à la misère sociale et pour une répartition équitable des richesses du pays.

Deux siècles après l’émergence et la mise en avant de la revendication salariale et la réduction du temps de travail, la question reste entière quant à l’approche de la révision du Code du travail, la réforme de la retraite et l’augmentation du temps du travail avec la projection de la semaine à 48 heures.

Boualem CHOUALI

 

A propos des émeutes Hocine Guernane

Les nombreuses émeutes qui éclatent quotidiennement aux quatre coins du pays, comme les différents conflits intercommunautaires sont l’expression d’un profond malaise social. De Taourirt Ighil à Berriane en passant Dar chioukh et Mliliha (Djelfa), Beni M'haffeur (Annaba), Zaaroura (Tiaret), Douar cheikh benyahia (Ain Defla), la réalité socio économique et culturelle de toutes ces masses populaires est dramatique. Le dérapage survenu le 14 fevrier à Taourirt Ighil (Adekar) en est l’expression aggravée de ce marasme.

 

En tournant le dos aux attentes de la population. L’Etat ne l’aide pas à évoluer, à sortir du sous développement et à rompre ses liens avec les archaïsmes de toutes natures et les survivances négatives du passé. Ces populations tentent pourtant de forcer leur destin et de sortir des rets du communautarisme avec son lot de sous développement dans lesquels les confinent le pouvoir.

 

 A Taourirt Ighil, les revendications portées par le comité de citoyen sont le minimum démocratique que l’Etat doit en prendre en charge rapidement. C’est le pourrissement  que l’Etat cultive à l’endroit de ces attentes qui fait couver les ressentiments. C’est la pauvreté des ressources qu’il accorde aux populations qui alimente les frictions.

 

Au lieu d’être une partie prenante dans le conflit, l’exécutif communal doit mettre en avant l’intérêt collectif de la population en appuyant les tendances de développement futur de la commune. La construction du centre ville à Taourirt qui a été longtemps freiné est irréversible. Elle est inscrite dans son devenir historique.

 

La population des villages n’a rien à gagner à retarder le développement du centre ville. Tout comme cette future ville ne doit nullement se construire aux dépens du développement des villages qui l’entourent. Légitimement, chaque village en Kabylie mérite d’avoir sa propre assemblée municipale (Mairie ?). La France chez qui on a pris le modèle, plus de 7000 communes ont moins de 150 habitants. Il y en a même qui n’ont que dix habitants alors qu’on ferme chez nous des écoles pour quinze élèves.

Les citoyens du village de Tizi el Korn et autres ne doivent pas se laisser abuser par la démagogie du discours communautariste insidieusement distillé par des apprentis sorciers qui tirent profit de leur détresse et crédulité.

 

Non, la défaillance de l’Etat et de ses différents rouages ne doit pas être payée par la population de la région. Celle-ci doit unir ses efforts pour accélérer le développement de leur commune et lutter pour améliorer le cadre de vie dans leurs villages. Parce que seule la lutte paye. Hocine Guernane

 

 

Interview dans El Watan de notre camarade Moh Sadek Akrour

 

MOHAND SADEK AKROUR. Ancien porte-parole du Comité populaire (mouvement de Kabylie)

«La Kabylie a été punie, tout comme les autres régions»

Propos recueillis par Mohand Aziri

 

Le président de la République a déclaré à Tizi Ouzou vendredi dernier «ne pas savoir qui a provoqué les événements de Kabylie». Que vous inspire une telle déclaration?

S'il ne sait pas, il ne doit pas être le président des Algériens. Ramener tous les maux de l'Algérie à la Kabylie comme le fait Bouteflika, c'est poser faussement le vrai problème. La Kabylie n'est qu'une partie de ce pays. Qu'il y ait 126 morts en Kabylie ou à Aïn Defla, je ne crois pas que cela doit intéresser beaucoup Bouteflika. Son seul souci est de préserver les intérêts de la bourgeoisie nationale et ceux des multinationales, de garder le contrôle de la rente pétrolière.

Pour revenir à votre question, je rappelle que dans ses conclusions, la commission Issaâd a responsabilisé le pouvoir dans les assassinats qui ont eu lieu pendant les événements de Kabylie.

Le pouvoir est l'instigateur. La Kabylie a été punie, au même titre que les autres régions d'Algérie. Le meilleur exemple pour illustrer cela c'est le chômage qui touche tous les Algériens sans exception.

Quel bilan tirez-vous, 8 ans après, des événements de Kabylie ?

Autant il y a eu des ouvertures démocratiques, autant le mouvement avait imposé un élargissement de la contestation au niveau national et qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui, autant c'était un gâchis énorme.

Les forces de droite ont agi en synergie pour casser la dynamique du mouvement. L'échec assez important de ce dernier a eu des conséquences néfastes sur les mouvements sociaux, sur l'esprit combatif, que ce soit en Kabylie ou ailleurs. M.A.

 

Bataille pour la démocratie

 En décidant de ne pas prendre part aux élections présidentielles prochaines, et quels que soient les arguments des uns et des autres, nous nous plaçons de fait dans le camp d’opposition démocratique au pouvoir de Bouteflika. Ce camp est qualifié de démocratique autour d’une principale idée : celle du refus du monarque. En effet, la mégalomanie du président qui a amené à l’amendement de la constitution à la sauvette, sa volonté de se pérenniser à son poste, sa gestion autoritaire et méprisante des différentes revendications sociales, syndicales et politiques sont des actes suffisants pour marquer une opposition franche. Les différentes voix de cette opposition restent cependant hétéroclites sans contenu politique clair et conséquent pour leurs alternatives démocratiques. Devant cette situation, le président bien qu’affaiblit et installant un doute auprès des franges de la population, a encore des marges de manœuvres pour maintenir, et sans grandes inquiétudes, son fauteuil de potentat. La crise est plutôt du coté de l’opposition. C’est d’ailleurs ce qui explique en grande partie le « boycott » annoncé. Notre attitude non plus n’est pas loin de cette incapacité à mobiliser des populations mécontentes et en attente d’une action organisée.

 Pourtant le camp anti Bouteflika ne se désarme pas totalement. Même le gel des activités du RCD est présentée comme un acte de bravoure/ « reculer pour mieux sauter » disent-ils. Nos actions pour une convergence démocratique visent à accompagner cette résistance, à maintenir ce piquet de lutte et de préparer des lendemains durs pour détruire l’édifice despotique qui se met en place et qui se renforcera avec une victoire large de Bouteflka. Même sans grande illusion sur une mobilisation d’envergure, il s’agit pour nous de diriger nos attaques contre le président et sa coalition avec les forces qui vont dans le même sens mais sans diaboliser les participants au scrutin, car la non participation ou le « boycotte » ne sont pas les seules actions d’opposition.

    Si ce positionnement avec les forces qui ont choisit le «boycotte» pour s’opposer à Bouteflika relève d’une démarche tactique nécessaire dans la conjoncture actuelle, le contenu démocratique de notre programme a une place stratégique. Le rapport au pouvoir et la manière de changer les institutions politiques actuelles est un questionnement qui doit accompagner la construction du parti. Toute notre démarche politique doit consister à faire faire aux masses l'expérience de cette nécessité. Notre discours politique sera axé sur cette idée centrale. C'est en même temps le meilleur moyen d'habituer les masses travailleuses et populaires à poser les questions du pouvoir.

C'est la démocratie qui est au cœur du projet à refonder. Une démocratie sociale et politique sans précédent. Sur cette voie, l’affrontement est double : avec le pouvoir politique ainsi celui économique de la bourgeoisie et de sa bureaucratie. Dans notre discours, nous avons l'habitude de revendiquer les "libertés démocratiques" auprès d'un pouvoir accepté comme une sorte de fatalité. Le mot démocratie est affublé d'attribut bourgeois chez nos militants. En réalité, "La démocratie n’est pas un supplément d’âme à la justice sociale"[1]. Elle en est à la fois le moyen et la fin. La lutte pour le socialisme passe plus que jamais par une rupture démocratique.

 De ce point de vue, la démocratie pour nous n’est pas un subterfuge sémantique ni un substitut lexicale au socialisme pour ne pas heurter la culture et la sensibilité des masses sous la domination de l’idéologie libérale et l’hégémonie la culture musulmane. Ce n’est pas non plus un habit bourgeois qu’on emprunte le temps d’une tactique ponctuelle. Elle est notre identité. Mais nous ne lui donnons pas le même sens ni le même contenu que les potentats libéraux. Ce n’est pas parce que nos ennemis ou nos adversaires s’en revendiquent qu’on doit l’abandonner. Tout ceci peut se concrétiser par le refus que toute l’organisation du pouvoir pivote autour d’un monarque président, qui transforme le parlement en une chambre d’enregistrement. La récente révision de la constitution par un parlement illégitime, illégitimité soulignée par le président lui-même et une partie de ses alliés, est une occasion de rappeler la nécessité de passer par les choix du peuple, c’est-à-dire par une constituante. Mais notre démocratie n’est pas formelle. Elle a un contenu social. C’est cette articulation qu’il faut réussir dans une campagne unique et pas séparée.   

La construction du parti va de paire avec l'édification d'une rupture démocratique avec les institutions politiques actuelles pour donner vraiment la parole au peuple et aux salariés. Plus que ça. Ceci a des conséquences sur la manière même d'envisager l'avenir de la société, le combat révolutionnaire, et d'ériger en fondements des besoins que le mouvement ouvrier, au delà du stalinisme, n'a pas réellement clarifié. 

Nadir le 25/02/09 .    

 

Le PST débat des présidentielles

TEXTE 1

 PROPOSE PAR NADIR D. ALGER

 

Sans la présence massive des masses populaires organisées, toutes les dérives sont possibles

1-    c’est dans un climat d’indifférence généralisée que se préparent les élections présidentielles 2009. Cette indifférence des électeurs est l’expression d’un sentiment d’impuissance face à un pouvoir autoritaire. C’est aussi un comportement démissionnaire qui alimente le nihilisme : « il n y aurait plus rien à faire pour changer les choses ». Ce sentiment a une base objective. Il se nourrit du marasme social dominant, des crises successives et des défaites politiques. Mais c’est surtout dans l’absence d’alternatives crédibles que ce désintéressement prend son explication profonde. Or le vide laissé par ce désintérêt est « naturellement » comblé par ceux qui continuent à faire de la politique et à exercer le pouvoir.

2-    « Les conditions pour l’organisation d’une élection démocratique ne sont pas réunies... » Voila l’argument principal avancé par les diverses officines politiques et médiatiques pour surfer sur l’indifférence générale. Sans donner de ligne claire, ce discours prépare l’opinion à une abstention pour décrédibiliser la victoire déjà admise de Bouteflika, qui par ailleurs retarde l’annonce de sa candidature. C’est une partie de cache-cache qui contribue au désarroi global. Il est vrai que ces élections présidentielles ne se préparent pas dans des conditions démocratiques. Au-delà des procédures techniques et administratives qui empêchent une véritable confrontation des programmes, qui au demeurant reprennent le SMIG des démocratie occidentales, c’est surtout l’absence de toute liberté d’expression, de manifestation, de liberté syndicale qui caractérise la fermeture du jeux politique. Ces élections en soi ne sont pas plus fermées que celles organisées dans le passé. Ce n’est pas la présence des observateurs internationaux, avec ou sans les responsables du parlement européen comme le réclament certaines parties, qui changeront quelques choses. Nous ne pouvons compter que sur notre combat.

3-    « Les élections sont pour les révolutionnaires une simple tribune…. ». Cette attitude qui s’appuie pour les socialistes sur le modèle de la révolution russe et les différentes révolutions sociales, démocratiques et nationales réalisées durant le 20° siècle, confirmé par la fin dramatique de la « révolution » chilienne de S. Alende,  constitue un raccourcie à objectifs ambiguës quand à l’issue démocratique et révolutionnaire de cette forme d’action politique. Ça voudra dire dans sa traduction concrète que les socialistes ne seront crédibles que dans une situation révolutionnaire. En attendant ce moment, les peuples et les travailleurs en quête d’alternatives concrètes se détourneront des révolutionnaires et chercheront des issues chez les partis de droite, auprès de ce qu’on pourrait qualifier, selon ce paradigme, de « réformistes », ou au pire par une démission. Le processus en cours en Amérique latine, sans pour autant l’idéaliser, montre bien que la prise de pouvoir par les peuples pauvres et les travailleurs est possible par des processus électoraux. Tout est affaire de rapport de force entre les classes qui se construit, il faut le souligner, en dehors du moment des élections. Cette question reste ouverte…..

4-     Aujourd’hui en Algérie, le problème ne se pose pas en terme de possibilité de changement un tant soit peut dans les rouages du pouvoir politique en place. Et ce n’est pas les chimères « honnêteté » ou « dignité » de l’ex président Zeroual, ou encore le réformisme de l’ex « réformateur » Hamrouche, que certaines officines poussent pour jouer les opposants, qui peuvent redonner espoir aux populations algériennes. Eux même ne se prononcent pas. Mais l’absence de réelles possibilités de changement ne doit pas nous pousser à l’inaction, synonyme de démission. Ce n’est pas la modestie de nos moyens matériels ou de nos forces militantes qui doit définir notre démarche politique. C’est  plutôt le contenu politique de notre projet. Ce n’est pas l’ultime socialisme des calendes grecs, mais un projet transitoire en partant de la situation actuelle qui doit guider notre travail. La difficulté à porter ce projet vers les larges masses à l’intérieur des règles de jeux fermées instaurées par Bouteflika ne doit pas évidemment nous empêcher de proposer cette alternative ne serait-ce au niveau du discours. C’est un minimum non négociable. La séparation entre une campagne électorale et  une campagne politique émane d’une vision mécaniste qui fait le jeu de Zerhouni et du formalisme bourgeois.   

5-    L’économie mondiale à laquelle le capitalisme algérien tente de s’insérer est rentrée dans une crise globale, d’abord financière puis économique et sociale. Elle annonce les limites historiques du capitalisme. Mais ce n’est pas « la fin du capitalisme ». Car il n’ y a pas de situation sans issu du capitalisme sans une action politique pour son renversement. Le capitalisme algérien tente, sous la direction du même gouvernement qui chantait les louanges du libéralisme, d’instaurer une forme de « libéralisme sous contrôle de l’Etat ». Il faut combattre ce gouvernement sur son propre terrain. Il n y aura pas de solution libérale quand bien même étatique. Il n y aura pas d’économie « étatique » avec un état sous contrôle antidémocratique des affairistes et des voleurs. Seul un contrôle démocratique et populaire des institutions peut engager l’Algérie dans la voix d’une sortie de crise.

 

Nadir le 11/01/09         

TEXTE 2

PROPOSE PAR KAKOU A.

 

Démantèlement du secteur publique à travers la politique de privatisation tout azimut des entreprises publiques, caporalisation de la centrale syndicale UGTA par le pacte économique et social signé avec le gouvernement et le harcèlement de syndicalistes refusant l’état de fait imposé par ce même accord, atteintes sans précédant aux acquis démocratiques d’octobre, verrouillage des champs médiatique et politique… 

Voila le bilan d’une décennie de règne de Bouteflika, bilan que lui-même a jugé négatif et qualifiant sa propre politique de néfaste pour l’économie nationale.

Exagérions-nous si nous disons que cette politique représente l’attaque la plus virulente de la part des tenants du système libéral contre les travailleurs et les masses populaires ? Loin s’en faut ! Les licenciements et le chômage technique n’ont jamais été aussi massif et nombreux malgré la manne financière (plus de 140 milliards de dollar), avec Bouteflika nous avons même connu le phénomène inédit du suicide collectif de travailleurs licenciés, le pouvoir d’achat a été mis à plat à travers les énièmes augmentations qu’ont connus les produits de base et, quelle était notre surprise avec la nouvelle grille des salaires de la fonction publique ? Qu’en fait, le pouvoir d’achat des travailleurs n’était pas aussi bas qu’on le disait puisque avec la nouvelle grille des salaires, on a trouvé le moyen de l’enfoncer davantage ! La justice n’a jamais été autant instrumentalisée dans les conflits sociaux (les dockers des ports d’Alger et de Djendjen, les émeutiers de la misère et la criminalisation du phénomène « Harragua »).

Que peuvent encore espérer les travailleurs et les masses populaires de la part de  Bouteflika entre 2009 et 2012 ? Le démantèlement de ce qui reste de l’économie nationale. Après la tentative de privatisation de SONATRACH, la privatisation du complexe sidérurgique d’EL-HADJAR au profit d’ARCELOR Metal Steel avec une probable compression d’effectif si la crise mondiale du capitalisme persiste, la cession du terminal à conteneurs du port d’Alger au profit de DP World, la cession de la gestion du métro d’Alger au profit de l’entreprise française gérante du métro de Paris, cession de la gestion de l’aéroport international d’Alger a la société de gestion de l’aéroport d’Orly Charles De Gaule, la réalisation des grands travaux cédée à des entreprises étrangères (le bâtiment, l’autoroute est-ouest, les barrages de rétention d’eau…). La gestion de l’eau sera cédée à la « lyonnaise des eaux », la privatisation des banques serait à l’ordre du jour si ce n’est la crise financière que connait la planète finance depuis septembre de l’année écoulée. La santé, les soins, l’éducation sont graduellement payants, le médicament de plus en plus cher et de moins en moins remboursé et cela quand on a un travail avec une couverture sociale car les rangs des travailleurs non couverts par la sécurité sociale ne cesse d’augmenter.

Et pour finaliser ce tableau, qui est encore loin d’être exhaustif de la décennie Bouteflika, citons simplement sa politique de « réconciliation nationale » et de la « paix  retrouvée » toujours à l’ombre des faux barrages, des explosions, enlèvement, racket et fait nouveau, attentats « KAMIKAZE ».      

La campagne pour le troisième mandat est l’expression d’une crise de régime !

Après deux mandats de Bouteflika, les Algériens croyaient en finir avec son règne sans partage et autoritaire, mais ce n’était surtout, que  l’expression d’un vœu qu’ils savaient difficile d’être exaucé puisqu’une cacophonie autour de la révision de la constitution de Zeroual a déjà commencé pour permettre au président sortant de briguer un troisième mandat, et effectivement, après plus de deux années de spéculations médiatiques (presse écrite) Bouteflika imposa sa révision constitutionnelle. Mais, ne nous leurrons pas, Bouteflika sans la bénédiction des clans au pouvoir n’aurait rien imposé du tout. Quelle signification doit-on donner à ce coup de force ?

Il a fallu que le système se retrouve en situation de crise de régime, à court de candidat crédible, pour que Bouteflika se voie reconduit pour un troisième mandat malgré sa gestion catastrophique des affaires du pays et la culture de l’émeute qui se généralise dans tout le pays car si sa gestion est ultralibérale au niveau économique, elle est autoritaire et répressive au niveau politique et social.

L’objectif premier assigné par le pouvoir  pour cette mascarade électorale est de créer un semblant de compétition politique autour du futur vainqueur Bouteflika, en somme, un président ‘démocratiquement’ élu ! Ce formalisme démocratique auquel le pouvoir s’astreint, est seulement pour l’impératif de plaire aux puissants de ce monde et les assurer de la stabilité des institutions du pays en présentant  une façade démocratique.

Telle est la lecture que doit faire le PARTI de ce 3ème mandat de Bouteflika. A partir de là, quelle attitude devrions nous  adopter ?

Est-ce,  en acculant le pouvoir en place en le poussant jusqu’à son dernier retranchement  ou bien, en l’aménageant en faisant l’impasse sur la nature libérale, autoritaire, répressive et méprisante de toute forme de contestation aussi minime soit-elle de sa politique?

La réponse pour nous est claire. S’opposer de la manière la plus ferme au pouvoir libéral et autoritaire,  à commencer par la mascarade présidentielle d’avril 2009 qui représente l’échappatoire par laquelle le pouvoir libéral compte se donner un sursis de cinq autres années.

Vu le peu d’intérêt et d’engouement que suscite cette énième mascarade chez les travailleurs et les larges masses populaires, traduit par les taux d’abstentions de plus en plus grandissants, cette forte abstention est l’expression d’un rejet  populaire pour ces mascarades électorales, et cela est un fait que nous constatons tous les jours, que ça soit dans les usines, les universités, les quartiers… l’indifférence de la société à cet élection est flagrante.

Boycotter cette mascarade nous positionnera du coté du camp du refus c'est-à-dire celui, du plus de 65% d’abstention, des émeutiers de Ouargla, Tiaret, Chlef, Béjaïa, Tizi-Ouzou…, des dockers, des travailleurs de l’éducation et des travailleurs de Metal Steel que la compression d’effectif menace, car notre opposition doit être inscrite dans une stratégie globale de résistance à la tempête libérale et de construction du PST auquel nous aspirons.

Pour ceux qui estiment que « le rouleau compresseur de la campagne pour le 3ème mandat mérite la présentation d’une candidature pour dire notre refus du pouvoir libéral et autoritaire », ils ont peut être la mémoire courte, mais rappelons-nous des dernières élections législatives, nous nous sommes vus censuré à chaque fois que nous citions Bouteflika et sa politique libérale. Ainsi , l’argument de la tribune offerte devient caduc si on ajoute le désintérêt et le rejet des larges masses populaires pour cette mascarade.

Les partis comme le FFS, RCD et le MDS…, et les personnalités comme El Ibrahimi, Hamrouche, Benflis… ont boudés cette mascarade, même le Général Zeroual qu’on nous a prédit comme le lièvre de marque de cette mascarade a fini par publier  un communiqué déclarant son refus d’intégrer cette dernière. Qui est en face de Bouteflika ? Louisa Hannoun ? A moins d’un changement de stratégie elle est plus là pour le ménager que le contredire car, elle n’a jamais entretenu l’image d’une opposante à Bouteflika.

Donc  l’autre grand hic de cette mascarade pour le pouvoir, c’est le manque de lièvres  Bouteflika cherche lièvres désespérément ! ». Bouteflika se retrouve comme en 1999 avec le retrait collectif des candidats en lice, c’est-à-dire un candidat unique discrédité au grand jour. Parce qu’il y aura  plus d’opportunités de rebondissements avec un pouvoir faible,  nous préférons franchement affronter aux lendemains de cette mascarade un pouvoir libéral et autoritaire mal élu, qu’un pouvoir libéral et autoritaire élu avec la caution de ses opposants et nous devons refuser de donner une quelconque caution pour son élection ! Car c’est comme telle, que sera vue  par les masses populaires toutes participations à cette mascarade électorale.

Rien que le fait d’annoncer une quelconque participation, même sans y aller jusqu’au bout, le pouvoir tentera de récupérer cet effet d’annonce. Pour cette raison, nous considérons cette option non constructive, et aussi en partie, c’est en cela que nous qualifions la motion adoptée à la réunion de la DN d’option irréaliste, inadaptée à la situation politique et les enjeux réels de l’échéance d’avril 2009 car pour reprendre les termes de l’autre motion (rejetée) à la même réunion de la DN, les moyens organisationnels et politiques du parti ne permettent pas de présenter une candidature et d’engager une collecte de signatures. Pourquoi alors appeler à participer ?

Qu’importe les obstacles que nous pourrons rencontrer aux lendemains de cette mascarade présidentielle nous ne pensons pas qu’il y est un obstacle qui puisse nous obliger à vendre notre âme car, c’est la constance de notre discours et la cohérence de nos  positions qui ont constitué le capital sympathie et respect que nous avons là où nous existons même parmi nos adversaires politiques.

BOYCOTTONS CETTE MASCARADE PRESIDENTIELLE QUI NOUS PROMET UN POUVOIR ENCORE PLUS LIBERAL ET PLUS AUTORITAIRE !

INITIONS DES COLLECTIFS ANTILIBERAUX !

 

K. A. le 19 01 09

       

TEXTE 3

PROPOSE PAR CHAWKI S.

 

1- Le contexte mondial

La situation actuelle se caractérise d’abord par la crise économique mondiale. La crise financière débouche sur une récession grave et promet  destructions massives d’emplois, crises politiques et exacerbation des concurrences et des rapines militaires.

L'échec patent du libéralisme discrédite le capitalisme et affaiblit les directions bourgeoises contraintes de faire intervenir l’Etat pour sauver l’économie du libre marché. Le camp des travailleurs et des peuples souffrira, lui, de la détérioration drastique des conditions sociales. Chômage, misère, famine seront un obstacle à l’émergence d’une alternative au capitalisme.

Le contexte mondial est aussi celui de l’échec du leadership impérialiste unilatéral US. Enlisé en Irak et en Afghanistan, il n’a pu différer davantage la mise à nu de sa fragilité économique devant une concurrence européenne et asiatique en progrès. Le soutien des milieux d’affaires à Obama est une prise de conscience de cet échec et marque une volonté de redéployer le leadership US dans un monde multipolaire qui  reconnaît le rôle grandissant des puissances capitalistes de second rang comme la Chine, la Russie ou l’Europe.

La  marge de manœuvre des résistances au rouleau compresseur de la mondialisation  libérale peut être plus grande, mais la situation n’est pas comparable à celle qui prévalait durant la guerre froide et pendant la période d’essor des luttes nationales. L’espoir porté par Chavez, Morales et Cuba, la résistance héroïque du peuple palestinien qui refuse de se résigner au régime d’apartheid  n’ont pas encore conduit à une contre offensive des travailleurs et des peuples ni à l’émergence d’une nouvelle direction anti-impérialiste.

 

2- L'autocritique de Bouteflika

Au niveau national, Bouteflika exprime depuis juin 2006 une remise en cause hésitante de sa politique ultra-libérale au service des grandes puissances. Malgré les luttes, malgré les résistances syndicales et même patronales, malgré les réticences de ses partenaires politiques, il avait fini par mettre en oeuvre, durant son 2ème mandat, sa politique de destruction de l'économie productive et de bradage des richesses nationales. Sur le terrain, la grandiloquence des propos autocritiques et le spectacle de la crise mondiale qui délégitime l’ouverture sauvage n’empêchent pas la marche libérale de continuer, certes reformulée notamment par le maintien d’un noyau d’entreprises publiques. Zone arabe de libre échange avec la zone franche de Dubai, retour de la tutelle européenne sous couvert de l’UPM, privatisations d’EPE productives, partenariats pétroliers, dé monopolisation de Sonelgaz et Naftal, concessions de services essentiels comme le téléphone, le port d’Alger et bientôt l’eau, l’aéroport, le métro, voire les lignes ferroviaires rentables. Alors que la dépendance alimentaire montre ses dangers, Bouteflika, malgré les discours, continue de distribuer les contrats aux multinationales et  de développer la dépendance. Et après la réélection annoncée, d’autres menaces se préparent contre les protections sociales, les retraites, la santé gratuite et le droit du travail.

 

3- Non à la dérive monarchique.

Non au 3ème mandat libéral et despotique !

Le système ultra-présidentiel a permis à Bouteflika de prendre l’ascendant sur ses tuteurs militaires affaiblis politiquement par la décennie 90. Le cours libéral au service des multinationales achève d’asseoir son autorité et de renvoyer ses alliés politiques à un rôle subalterne. La perspective libérale suppose de démanteler les acquis sociaux et de réduire les résistances et les traditions d’insolence populaire. Par delà les différences politiques et culturelles et malgré les ambitions personnelles contradictoires, le camp des affairistes et des bourgeois, et la masse des petits profiteurs du système ont accepté de se redéployer autour du "sauveur de la Nation" et de la poigne de son ministre de l’intérieur. Puis la dérive monarchique s’est accentuée et les rites d’allégeance au président sont devenus la seule expression tolérée. Enfin, la révision constitutionnelle, qu'ils disent moins ambitieuse que prévu, est venue consacrer la toute puissance présidentielle en privant le gouvernement et surtout le chef de gouvernement, désormais Premier Ministre, de leurs attributions et en abrogeant, de fait, le pouvoir de contrôle de l’APN sur l’exécutif. 

Ce qui a motivé la révision constitutionnelle qui a renforcé des pouvoirs présidentiels déjà exorbitants, c'est le  3ème mandat. Bouteflika nous demande un 3ème mandat pour rectifier les graves erreurs commises durant le 2ème. La campagne médiatique contre le 3ème mandat a posé le problème du point de vue de normes abstraites renvoyant l'Algérie à son sous développement et louant l'Occident dit démocratique.

Nous sommes contre le 1er le 2ème et le 3ème mandat pour quiconque disposerait de pouvoirs aussi étendus. Nous sommes délibérèment pour la collégialité, pour le pouvoir d’assemblée plurielle et contre tout pouvoir personnel contre toute présidence autre que protocolaire.

Nous nous opposons d'abord à Bouteflika pour sa politique. Nous sommes contre un troisième mandat de répression des luttes et d’étouffement des libertés, contre un 3ème mandat de dépossession nationale et d’accaparement privé des biens de la communauté. Nous sommes contre un troisième mandat libéral et despotique.

5- Boycott ou démission ?

Les concurrents de Bouteflika au sein de sa propre famille politique se sont vite résignés.

Ouyahia a préféré préparer l’avenir comme premier ministre que continuer sa guerre sourde et périlleuse contre le rouleau compresseur du 3ème mandat.

Zeroual sollicité par des milieux divers qui expriment en particulier les rancoeurs des milieux militaires a renoncé à sortir de sa retraite.

La candidature Hamrouche, récurrente, est portée depuis quelques années par le FFS autour de l'initiative Ait Ahmed, Mehri, Hamrouche. Mais les hésitations de Hamrouche, toujours velléitaire, à s’engager sans un agrément de l’armée conduiront le FFS à appeler bientôt au boycott.

Le RCD a longtemps travaillé à une candidature de Sadi pour occuper l’espace laissé par le retrait d’Ait Ahmed.  Mais le souvenir de la cuisante défaite de 2004 l'a fait hésiter et manœuvrer. Que peuvent des observateurs étrangers, quels qu'ils soient, sinon constater la réélection sans gloire d’un candidat porté par le matraquage de la propagande étatique pendant que ses adversaires sont interdits d’expression et empêchés de s'organiser.

Confirmation du reflux de l’islamisme malgré une religiosité massive, les manifs pour Ghaza confirment le discrédit de l’islamisme modéré (MSP Nahda, Islah) et la décomposition de la mouvance FIS mais il y a aussi une recomposition et de nouveaux acteurs. Pourtant avec les manifs massives du 9 janvier appuyées sur la sortie des mosquées et avec Hamas en Palestine le crédit des islamistes peut remonter. Les marchandages de Djaballah avec Belkhadem montrent les limites actuelles de ce courant

Il n’y a pas de boycott. Il y a des appareils qui renoncent à participer après l’échec de leurs projets de candidatures. Sadi n'organise pas de boycott il décide le gel de son parti jusqu'en avril ! Le FFS a glissé de l'espoir d'un candidat vers un discours de rupture mais il n'a plus les moyens d'organiser le boycott des Kabyles. Taleb et Zeroual se retirent de la politique. Hamrouche craint la confrontation. Une écrasante majorité de la population ne votera pas. Y a t-il un mouvement politique implanté dans la société capable de concrétiser un boycott ?

 

4- Elections déloyales

Notabilités politiques et journalistes parlent d’élections fermées. Seraient-elles ouvertes si un autre Benflis représentant une fraction d’intérêts bourgeois était en lice. Seraient-elles ouvertes si Hamrouche était choisi comme candidat du consensus par les lobbies du pouvoir ? Non les élections ne sont pas loyales et depuis longtemps. La confrontation politique est faussée par l’impossibilité de créer un parti ou fonder un journal, par le refus d’agrément aux associations qui ne soutiennent pas le 3ème mandat, par les entraves manifestes aux libertés syndicales et au droit de grève, par le harcèlement judiciaire contre toute expression d’opposition, par l’interdiction des marches dans la capitale et la répression, par l’empêchement de toute diffusion publique par le monopole des médias lourds. Despotique parce que libéral, le pouvoir remet en cause l'ouverture politique et les libertés acquises en 88.

Cette déloyauté qui n’est pas nouvelle n’a pas empêché notre participation à divers scrutins depuis 91. Faut il rappeler que les conditions draconiennes des dernières élections locales, bien plus antidémocratiques que l’exigence des 75000 signatures nationales des présidentielles  n’a pas empêché une participation aux bilans contrastés dans un contexte national fait d’ambitions personnelles, de corruption et de clientélismes qui ne pouvait qu’obscurcir le débat politique.

Les élections sont aussi faussées par la fraude, cela renvoie au climat d'intimidation mais cela renvoie surtout à la mobilisation de la société. Il y a la fraude, il faut se battre contre, il faut l'empêcher. Il y a peu de fraude en Kabylie quand les appareils, représentatifs en 91, du FFS et du RCD se confrontent en Kabylie. Et le pouvoir n'a pu empêcher la victoire du FIS quand les quartiers populaires sont mobilisés pour lui. Démocratie signifie pouvoir du peuple. Le pouvoir triche, les candidats trichent. On ne peut faire la démocratie sans le peuple.

Quelle que soit notre décision, le PST dénoncera le caractère antidémocratique de ces élections. Par avance, comme aux législatives, nous contestons la légitimité du résultat.

 

7- Boycott, non participation ou candidature du PST.

Peut on transformer le désintérêt massif des jeunes et des masses populaires en une campagne de boycott ou va-t-on appeler boycott une démission de chacun devant son poste de télé, en fait une attitude d’abstention formulée de manière guerrière.

En 90, nous avons mené une campagne de boycott qui a réussi en Kabylie seulement. As t'on pu concrétiser le boycott populaire en refusant de reconnaître les mairies RCD élues avec une poignée de voix ? En 91, nous avons tous participé et la moitié des Algériens n'ont pas voté. En 2002, il y a eu un vrai boycott en Kabylie et un harcèlement des indus élus jusqu'à la dissolution de 2005.  En 2007, la non participation populaire est la plus massive de l'histoire malgré la participation massive des partis.

Les Algériens n'iront pas voter. Le mépris des élections est général. C'est un divorce avec le pouvoir mais c'est aussi un divorce avec toutes les représentations politiques. Le FFS n'est plus le parti du peuple de Kabylie, le RCD n'est plus une organisation active, la coalition présidentielle ne mobilise plus. Les partis islamistes sont en plein reflux. Le PT et le FNA sont des phénomènes électoraux pas des mouvements construits. Faut-il parler des MDS. Le PST ne peut raisonnablement envisager d'organiser un boycott.

Alors vient l'hypothèse d'une candidature de témoignage, d'une campagne comme en 2007 pour dire non, haut et fort, pour déconstruire le discours libéral et donner un peu de visibilité à nos idées et à notre parti mais aussi un peu d'espoir à nos alliés dans les luttes.

L'avantage d'une campagne présidentielle est qu'il n'y a pas de clientélisme familial ou régional, le PST en tant que tel fait sa propagande politique. Le recueil des signatures aurait pu être l'occasion d'une mise au travail concrète de nos militants et de nos adhérents à travers une trentaine de wilayas, l'occasion d'une diffusion de nos idées et de notre plate forme.

 

8- Il est trop tard pour participer.

Le principal défaut politique de l'option d'une candidature PST est que depuis 2007 nous n'avons pas réussi à maintenir le minimum de présence nécessaire. Nos efforts pour être présents aux côtés des luttes sociales ou avec Ghaza ne sont pas visibles. Notre campagne commence au moment des candidatures; Mais il y a plus grave;

La convocation du corps électoral peut avoir lieu le 26 janvier au lendemain de notre rencontre, il nous resterait alors quinze jours pour faire campagne. Au mieux, les dates pourraient se décaler de quinze jours. Il faudra produire le matériel de campagne, distribuer les imprimés et les recueillir dans ce délai très court ? La carnage de Ghaza interdit la campagne électorale par décence.

En 1999 nous nous sommes contentés d'annoncer une candidature autour d'une déclaration mais cela était précédé par un effort de propagande sur la nécessité d'une candidature anti-libérale. Mais en 99 on a pu l'annoncer à la télé et donner quelques éléments de son programme.

En 2009, une candidature témoignage alors que Bouteflika est pratiquement seul est déjà un peu risquée. La presse privée nous boycottera réduisant le bénéfice de visibilité.  Mais notre campagne risque de se limiter à la proclamation d’une candidature du PST. Cela peut seulement comme une caution complaisante d’un pouvoir isolé ?

Dans le contexte politique actuel, et en considération du retard de notre campagne ainsi que des conditions organiques et politiques du parti  le PST doit opter pour la non participation aux élections présidentielles.

 

Chawki  S. - le 20 01 08

 

Texte 4

Proposé par Hocine G 

(Remarques sur le texte 2 de kakou ci-dessus NDLR)

 

 

Pour commencer, mes félicitations pour l'effort.

 

1-       la caporalisation de l’UGTA n’est pas due au pacte social, mais au fait de sa direction composée de cadre du FLN & RND. En fait une annexe des deux partis au pouvoir.

2-      Paragraphe 6 : A/ a supposer que les algériens dont il s’agit sont les masses populaires, comment en finiraient elles avec le règne sans partage  de boutef ?  En émettant des vœux ou en organisant les forces pour ensuite engager le combat ?

                              B/le vœu s’avère difficile à être exaucé en raison d’une cacophonie autour de la révision de la constitution ou à cause d’une accumulation insuffisante des forces et des luttes ?

                              C/ « Boutef…règne sans partage » plus loin « sans la bénédiction des clans…il n’aurait rien imposé du tout ».une chose et son contraire  en fait.

   3-Si le pouvoir est à court de candidat crédible il ne va pas reconduire Boutef qui est discrédité. Le critère ici n’est pas la crédibilité mais la maîtrise du processus électoral dont lequel l’administration, acquise au candidat déjà au pouvoir, est passée maîtresse incontestable. En fait, Boutef dispose d’une marge de manœuvre importante

   4- A/ Ce qui intéresse les affairistes intérieurs et extérieurs qui se servent des différents rouages du pouvoir pour s'engraisser se foutent de la façade démocratique. Leur devise est:" gagner les élections et non la sympathie du peuple".

        B/Les élections prochaines auront lieu de toute façon. Elles interviennent à, terme échu. Elles sont ordinaires. Elles ne sont donc pas une échappatoire (paragraphe 11), mais un rendez-vous électoral prévu de longue date. Toutes les formalités démocratiques sont formellement réunies à commencer par l'amendement constitutionnel. Les limites sont inhérentes à la démocratie formelle d'une bourgeoisie compradore.

                     C/ Le pouvoir peut toujours offrir les conditions meilleures sans pour autant risquer de perdre l'élection

                     D/ S'il s'agit de voir dans la participation à la campagne électorale une caution parce que le candidat du pouvoir, Boutef, se représente, en quoi la présentation d'un autre candidat  par le même pouvoir changerai la situation?

   5- On aimerait bien pouvoir "acculer le pouvoir.", mieux, le faire changer. Mais pour le moment, c'est nous –les révolutionnaires et les masses laborieuses- qui sommes acculés.

   6-Le paragraphe 12 &13:" Abstention massive et camp du refus".

      A/ Hormis la presse bourgeoise qui est loin d'être neutre, c'est-à-dire qui n'exprime pas du tout, le point de vue des masses, nous n'avons aucun moyen de sonder l'état d'esprit de ses masses.

      B/Quant au camp du refus, il n'existe nulle part si ce n'est dans une hypothétique pétition qu'il ne faut pas amalgamer avec l'abstention potentielle.

      C/L'abstention exprime une attitude de démission qu'il n'est pas possible de capitaliser. Cette attitude est plus réceptive au discours religieux qu'à celui d'un parti politique invitant à la lutte. Il faut sans doute ajouter que des collectifs de travailleurs suspendent régulièrement leurs grèves pour ne pas contrarier Boutef. Ca aussi témoigne d'un type d'état d'esprit.

   7-paragraphe 14:La tribune dont il s'agit n'est pas la TV mais l'opportunité du moment, le contact avec les masses dans une situation de polarisation politique. La facilité relative d'accès aux lieux de rencontre…

   8-Paragraphe 15: L'objectif de ces gens (RCD et autres…) ne peut pas être le même que le nôtre. Il s'agit pour eux d'accéder au pouvoir par le jeu de l'alternance en gardant le système. Il s'agit pour nous de construire  les forces nécessaires pour prendre le pouvoir et changer l'ordre social.

   9- "Les moyens organisationnels et politiques du parti ne permettent pas de présenter une candidature…".  Nous n'avons aussi aucune possibilité de faire la révolution mais nous travaillons pour. Ce sont nos objectifs politiques qui déterminent notre conduite et non l'inverse. Nos moyens organisationnels déterminent en partie la distance parcourue.

 10- Au dernier paragraphe le camarade méprise les obstacles que nous pourrons rencontrer au lendemain de cette mascarade électorale. Is depuis quand a t-on connu des élections démocratique chez nous? Lorsqu'on a le souci de construire le parti révolutionnaire, on n'a pas le droit de banaliser et mépriser les obstacles sur son chemin et qui retardent son développement.

      Il n'est pas question de vendre notre âme de révolutionnaire, mais plutôt de la réaffirmer et de l'éprouver partout et en tout temps. Nos positions cohérentes ne sont pas notre démission devant les événements (les élections en sont un), mais la dénonciation du camp bourgeois et la défense de celui des masses laborieuses et opprimées. Mais, ce discours constant doit être expliqué et acheminé auprès des masses les plus reculées. C'est le seul moyen de gagner les masses à nos idées. La question n'est pas d'avoir peur des erreurs mais d'oser des initiatives, d'exploiter les situations et les brèches pour s'approcher de nos objectifs.

 

 

 

 Crise capitaliste dans le monde et en Algérie 

Une chance à saisir 

Cheikh Hocine

Il faut le dire et le répéter afin que le maximum de travailleurs, de paysans pauvres, d’intellectuels et de citoyens en prennent conscience : l’actuelle crise financière mondiale qui a déjà commencé à s’étendre à l’économie productive est une crise, une de plus, du système capitaliste. Face aux nouveaux repentis du libéralisme (une espèce en voie de développement accéléré par les temps qui courent), mais également face aux keynésiens de toujours qui entendent sauver ensemble le capitalisme en nous expliquant que la catastrophe a pour cause une prétendue déviation d’un système jugé fondamentalement sain, il convient de rappeler que le néolibéralisme a représenté, au cours des trois dernières décennies, le capitalisme réellement existant. Le néolibéralisme n’est rien d’autre que la forme dans laquelle le capitalisme s’est reproduit au cours de cette période.

Devant les nouvelles illusions qui percent, il s’avère indispensable d’expliquer que le keynésianisme vers lequel se tournent aujourd’hui dirigeants affolés et économistes et idéologues déboussolés ne constitue pas un remède miracle. Certes, il est possible – mais nullement inéluctable – que le retour à une régulation étatique de l’économie capitaliste contribue, à court ou moyen termes, à apaiser quelque peu la tension et à en limiter les effets économiques et sociaux les plus dévastateurs. Mais ce retour s’opèrera au prix de l’apparition de nouvelles contradictions et de grands dangers.

En prônant le patriotisme économique (protection de l’économie nationale) les différents Etats aiguiseront la concurrence entre les entreprises de leurs pays respectifs et, surtout, lui donneront un contenu politique qui se transformera certainement à moyen terme en un nationalisme économique qui risque de nous mener vers de nouveaux affrontements voire vers une nouvelle guerre mondiale. L’impérialisme se caractérise en effet par la lutte sans merci à laquelle se livrent les grandes puissances, ainsi que les puissances « émergentes » pour un partage et un repartage permanent de zones d’influence politique et économique. Par la destruction massive des forces productives qu’elles entrainent, les guerres font donc partie des moyens à même de « résoudre » provisoirement les contradictions du système capitaliste en permettant de relancer la machine économique, au moins pour quelques décades. Sauf que la prolifération des arsenaux nucléaires et autres armes de destruction massive menacent désormais toute l’espèce humaine et la planète elle-même.

 

Le socialisme, seule issue à la crise

Il convient donc d’expliquer, en résumé, que néolibéralisme et keynésianisme constituent les deux faces d’une même pièce, celle du capitalisme. Ces deux modes de gestion peuvent alterner, pour tenter de répondre, à un moment donné, aux problèmes concrets rencontrés par le système capitaliste. Mais ni l’un ni l’autre ne peuvent résoudre les contradictions fondamentales du capitalisme ni empêcher l’humanité de sombrer dans la barbarie ou dans l’autodestruction.

Seul le socialisme sera à même de dépasser ces contradictions fondamentales que sont :

- la contradiction entre le caractère de plus en plus mondial de l’économie et le caractère étroitement national des Etats.

- la contradiction entre le caractère de plus en plus social de la production et le caractère privé de son appropriation.

Cela, indépendamment des effets catastrophiques de la recherche effrénée du profit sur l’environnement de la planète.

Il y a donc nécessité pour tous les anticapitalistes de mener une lutte idéologique implacable et offensive pour expliquer que seul le socialisme viendra à bout des graves défis auxquels l’humanité est confrontée du fait du capitalisme. Il n’y a aucune échappatoire. Ni le repli nationaliste, ni le rêve d’un retour au prétendu âge d’or d’une société précapitaliste ne nous protègeront. La seule solution réside dans la socialisation de l’économie mondiale et dans l’association internationale des producteurs. La situation de crise actuelle est donc propice à la propagation de nos explications et de notre projet socialiste qui peuvent enfin trouver une oreille attentive auprès de millions et de millions de travailleurs et de citoyens qui sont en train de revenir de leurs illusions libérales.

 

Pour une alternative politique immédiate

Mais il ne faudrait pas en même temps laisser à penser et encore moins considérer nous-mêmes que notre réponse idéologique, celle du socialisme, nous tient lieu de réponse politique. Il ne faudrait pas, en d’autres termes, réduire notre réponse politique à notre réponse idéologique. Car si nous confondions la nécessaire bataille idéologique socialiste et la bataille politique concrète que nous devons mener dans l’Algérie de 2008, nous laisserions croire, et croirions peut-être nous-mêmes, que la révolution socialiste serait immédiatement à l’ordre du jour dans notre pays et qu’il s’agirait-là de la solution politique immédiate à proposer aux masses.

Or, cela n’est malheureusement pas le cas. Certes, le socialisme est historiquement à l’ordre du jour, en Algérie comme dans le reste du monde. Mais il n’est pas politiquement à l’ordre du jour et ce pour de nombreuses raisons. En voici quelques unes. Nous ne sommes pas aujourd’hui dans une situation révolutionnaire, ni même dans une situation prérévolutionnaire. Le pouvoir est fort, le mouvement populaire est faible, le niveau des luttes est encore insuffisant et purement réactif, le degré d’organisation est élémentaire voire, dans nombre de secteurs, proche de zéro… Quant à l’organisation politique à même d’indiquer la voie et de prendre la tête d’une révolution socialiste, elle en est encore au stade embryonnaire. Les masses, y compris les ouvriers, ne remettent pas en cause le capitalisme. Et pour ce qui est des couches petites bourgeoises dont la classe ouvrière a besoin pour faire la révolution, elles sont dans leur majorité hostiles au socialisme.

Il convient donc de distinguer soigneusement les niveaux idéologique et politique de notre bataille sous peine de laisser d’autres courants bourgeois ou petits bourgeois récupérer le mécontentement populaire en avançant des réponses politiques immédiates et concrètes.

 

Infliger une défaite politique au néolibéralisme

Partant de la crise actuelle, de l’état d’esprit réel des masses, de leur faible degré de mobilisation et d’organisation, de l’absence d’une direction politique reconnue par elles et du fait que nous nous trouvons dans un pays dominé par l’impérialisme, nous devons, en étroite relation avec notre bataille idéologique anticapitaliste, donner une  perspective politique claire à notre bataille politique. Dans l’état actuel des choses cette perspective doit viser à faire définitivement échec aux forces néolibérales, celles en particulier qui impriment leur marque au régime. Nous ne pourrons aller plus loin si nous ne commençons pas par empêcher le retour triomphant d’une politique néolibérale.

Notre critique du néolibéralisme doit donc être offensive et concerner tous ses aspects, ceux de la remise en cause de la souveraineté économique nationale face à l’impérialisme, des acquis sociaux des travailleurs et des masses populaires et des libertés démocratiques. Il faut exiger le retour de l’Etat dans l’économie pour la protéger des appétits impérialistes et des appétits privés non productifs, défendre les acquis sociaux qui subsistent et en arracher de nouveaux, défendre les libertés démocratiques menacées et en imposer d’autres.

Dans un premier temps et au vu de l’état actuel du mouvement populaire et de sa direction, cette bataille doit s’appuyer sur la crise mondiale et participer de la pression objective qui s’exerce sur le pouvoir afin qu’il renonce à sa politique libérale ou, à tout le moins, à certaines mesures. Celles qu’il a prises depuis quelques temps déjà se trouvent quelque peu en contradiction avec son orientation ultralibérale menée jusqu’ici : amendements de la loi Khelil, maintien dans le secteur publique de 200 entreprises initialement promises à la privatisation, substitution de la concession des terres industrielles à la cession initialement projetée, non privatisation du CPA, majorité de 51 % au moins pour l’Etat algérien dans toute association avec un partenaire étranger…  Il faut continuer en ce sens en travaillant à mobiliser et à faire converger les forces syndicales et politiques susceptibles de faire échec à certaines mesures telles que la cession de la gestion des ports aux Emiratis, la privatisation d’Algérie Télécom, la remise en cause du Code du travail dans un sens plus restrictif, les atteintes aux libertés démocratiques, etc.

L’échéance de la présidentielle pourrait justement constituer une occasion de travailler au rassemblement de ces forces autour d’une plate-forme commune comprenant les mots d’ordre et revendications traditionnelles que le PST propage depuis plusieurs années à travers ses campagnes politiques et électorales, ses écrits et autres déclarations.

 

Préparer une contre-offensive

Au vu de l’actuel rapport de forces, les adversaires des politiques néolibérales ne sont pas en mesure de faire davantage, c’est-à-dire de contraindre le pouvoir à changer de politique. Toutefois, parvenir à le faire reculer dans l’application de certaines de ses mesures serait déjà très positif et constituerait un encouragement au mouvement populaire.

Mais il ne faut pas se faire d’illusions. Le régime de Bouteflika-Ouyahia n’est ni celui de Chavez, ni celui de Morales ni celui de Correa. S’il prend quelques mesures qui contredisent quelque peu la politique suivie jusqu’ici, c’est contraint et forcé, parce qu’il se retrouve face à un mur (l’absence d’IDE, le détournement d’entreprises nationales au profit de multinationales…) et toujours dans la perspective de revenir ultérieurement – dès que les conditions s’y prêteront – à l’orthodoxie libérale. C’est ainsi que la décision de privatiser le CPA ou Algérie Télécom a été gelée et non pas définitivement abandonnée.

Les anticapitalistes ne doivent donc pas s’illusionner ni développer la moindre illusion au sein des masses sur le fait que le pouvoir actuel pourrait « changer de politique », car celle-ci répond aux intérêts de sa base sociale compradore (import-import, relais des multinationales…). Une politique antilibérale ne pourra quant à elle être menée que par un autre bloc social, un bloc social populaire où la classe ouvrière jouera un rôle de tout premier plan, mais à condition toutefois que ce bloc parvienne au pouvoir. Car si l’on entend se constituer en véritable alternative politique, il faut se rappeler que le préalable au changement de politique économique, à la rupture avec le néo-libéralisme et au lancement d’une politique antilibérale, sociale et démocratique réside dans la prise du pouvoir par ce bloc social populaire. Ce n’est qu’une fois les dictatures de droite renversées que les régimes progressistes d’Amérique latine (Venezuela, Bolivie, Equateur…) ont pu entamer, avec plus ou moins de conséquence selon les pays, une politique alternative.

L’action actuelle du camp populaire visant à s’opposer à quelques mesures ou à préserver des acquis sociaux et démocratiques doit donc impérativement s’inscrire dans une démarche politique à plus long terme qui n’est rien d’autre qu’une alternative antilibérale, anti-impérialiste et démocratique se donnant pour perspective la prise du pouvoir par les forces progressistes.

Dans cette perspective, le mot d’ordre de démocratie doit viser non seulement à favoriser la reconquête des libertés démocratiques mises à mal par le pouvoir afin de permettre aux masses de mieux se défendre et de mieux s’organiser, mais également à poser la question du pouvoir en des termes antagoniques tant avec le régime actuel qu’avec les islamistes.

Il convient, pour conclure, d’être conscient que nous aurons à faire face à la concurrence de forces démocratiques bourgeoises et petites bourgeoises. La meilleure façon de gagner l’hégémonie sur le bloc social populaire, et donc d’en prendre la direction, sera de lier en un seul tout revendications nationales (anti-impérialistes), revendications démocratiques et revendications sociales, ce que les forces démocratiques libérales s’avèrent pour leur part incapables de réaliser du fait de leur nature de classe.

 

Cheikh Hocine

Le 24 octobre 2008

 

Sortir du sous développement grâce à une super mosquée...

 

Des centaines de milliers de jeunes au chômage qui ont un regard bien sombre sur l’avenir en Algérie (dépressions, harragas, suicides...)

 

Et l’Etat Algérien qui  leur répond en proposant un mégalo-projet de complexe religieux au centre duquel trônera une mosquée pour 120 000 fidèles ! Le projet en question va engouffrer un immense budget au détriment de priortés criardes tels que l'emploi et le logement !

 

La coalition nationalo-islamiste de droite au pouvoir prouve, par ce petit exemple, son manque total de sens des priorités et démontre encore une fois son incapacité à nous mener vers le développement et l'importance de la distance qui la sépare de la majorité des algériens…

 

Signé : Krimo

 

Hasbin koulchi akhtif

« Ils veulent faire main basse sur tout » 

Imarat cheikh el aar

par FATEH AGRANE

 Juste après la rupture du jeune en ce mois de ramadhan, nous avons  droit sur notre petit écran a une insulte chorba  ( imarat eheikh lakhdar)  A une médiocrité frisant la débilité est venue s’ajouter  une langue de  bois que les meilleurs ébénistes ne pourraient aussi bien tailler ! La 12eme partie de ce 12 septembre, a été un appel au crime, le sieur LAKHDAR BOUKHARS  était fier du voisin qui tabassait sa femme et l’encourageait à le faire pour qu’il soit un homme au sens plein du terme !

Il encourageait à frapper la femme, comme le font les sanguinaires ! Il l’encourageait a la T .V d’Etat dans le pays  des moudjahidate  des résistantes et des martyrs ! 

Il l’encourageait à tabasser la mère car je suppose qu’il n’est pas digne d’elle 

Il l’encourage à frapper la sœur car il ne mérite pas d’avoir la vie devant lui !

Il l’encourage à taper l’épouse car il est incapable d’aimer !

Il l’encourage à taper la femme car il est la haine !

Il piétine les droits élémentaires de l’Etre humain 

Il piétine notre constitution 

Il perpétue ce qu’avant lui des députés de l’ex parti unique à l’APN débattaient a savoir la longueur du bâton avec lequel on doit battre sa femme, c’était avant octobre 1988 !

Il le fait aujourd’hui avec la bénédiction des responsables de la culture de mon pays !

Chez un pouvoir qui respecte sa mère , ces derniers devraient être dégommés sur le champ !

Ce BOUKHARS qui sévit a la télévision d’état en petite famille,( regarder la liste du générique du film) et ses protecteurs devraient répondre de leurs crimes ! Sous d’autres cieux, on n’a pas le droit de frapper un chien ! Chez nous, les plus arabes que les arabes, les plus musulmans que les musulmans, les plus révolutionnaires que les révolutionnaires, en plein milieu de RAMADHAN,  à la TV d’Etat, on légitime le crime, l’agression et on organise la réconciliation comme l’a fait CHIKH LAKHDAR !

 NON A LA HAINE  ! DITES LE ! Envoyons tous une lettre a Mme KHALIDA MESSAOUDI pour lui dire que : NOUS NE VOULONS PAS QUE TU SOIS TABASSEE ! 

Qu’aucune femme ne soit battue ! 

Qu’aucun être ne soit agressé ! 

Fateh Agrane 13 septembre 2008

 

 

*titre de chanson écrite par Mustapha Toumi et chantée par HADJ M'HAMED EL ANKA

 

- Irak un texte de Hocine Guernane 27.01.03

«Nous continuons à nous réserver le droit suprême de déclarer la guerre à l’Irak si cela est nécessaire seuls ou avec une coalition volontaire». Collin POWEL à Davos le 26.01.2003.

 Défini comme faisant partie de l’axe du mal, l’Irak est dans le collimateur des USA qui se préparent à lui déclarer la guerre. Une guerre présentée comme un combat pour la démocratie, les droits de l’homme et la paix dans le monde.

Un dispositif militaire avec un arsenal d’engins de guerre des plus impressionnants et cauchemardesques, de quoi ensevelir le peuple Irakien sous les bombes, est amassé dans la région attendant le signal.

Officiellement, cette guerre consiste à écarter le dictateur Saddam du pouvoir, débarrasser le monde d’une menace nucléaire, chimique et bactériologique et installer un gouvernement démocratique coopère avec la communauté internationale. En réalité, comme en Afghanistan, cette guerre est une guerre de brigandage impérialiste dont les USA cherchent en fait à soumettre l’Irak et le doter d’un gouvernement servile totalement inféodé à Washington pour mieux contrôler la région, piller ses ressources…

Les USA désignent Saddam comme la cible à abattre c’est pourtant au peuple Irakien qu’on fait la guerre. Un peuple qu’on utilise comme cobaye sur un champs manœuvre qu’on appel l’Irak pour expérimenter leur engins de la mort avant que nos propres dictateurs accourent pour en acheter et s’en servir contre leur propre population

En 1991, lors de la première guerre du Golfe, les USA étaient sur le point de capturer Saddam avant de stopper  nette le progression pour accorder justement à Saddam la liberté de manœuvre et d’action, même aérienne, pour mater et écraser la rébellion des minorités qui se sont soulevées au nord, favorisées par l’état de guerre.

En Afghanistan, les USA et leurs alliés n’ont pas soutenu l’opposition islamiste disponible aux talibans, au contraire, ils s’en méfiaient et ont préféré faire cavaliers seuls pour avoir le butin à eux seuls. Ils ont interdit même aux français de prendre part aux combats et finissent par placer un gouvernement totalement inféodé à la maison blanche avec des gardes du corps et des hommes de main américains.

Les USA vont certainement balancer sur l’Irak leur stock d’armes et expérimenter de nouveaux gadgets pour relancer leur industrie d’armement principal moteur de l’économie américaine. Mais cette guerre constitue tout de même un véritable casse-tête pour les USA. La  première guerre n’a pas été sans perte humaine du côté des alliés, les conséquences de la radioactivité sur les soldats alliés, la présente guerre risquerait de déstabiliser la région, les USA ont besoin de cette guerre, l’expérience de la 1°  guerre du golf ont révélé un risque de rébellion des population du nord pour une réelle démocratie que les USA ne sauraient admettre. Tous ces éléments paradoxaux font que les USA sont plus favorables à une épuration du pouvoir baathiste. Ils ne sont nullement intéressés par l’anéantissement du pouvoir militaire et policiers Irakien, très efficace pour mater la population, mais uniquement par leur soumission à leurs ordres.

Sur le font intérieur américain, cette agitation guerrière comme celle qui a suivie les attentats du 11 septembre, que les dirigeants exploitent pour galvaniser les sentiments patriotiques des masses populaires et qui est en train de passer dans la mémoire collective comme la raison historique et politique majeure pour faire accepter aux travailleurs Américains tout les sacrifices et soutenir les visées guerrières de leurs bourgeoisie et leur capitalisme militarisé. Ils développent donc une extraordinaire propagande pour aligner le prolétariat Américain derrière sa bourgeoisie impérialiste en acceptant une large exploitation qui se traduit dores et déjà par des cadences de travail infernales dans les usines de fabrication d’armement.

L’ONU sert, elle, de couverture et de caution à l’impérialisme Américain en lui offrant la légitimité internationale, mais reste impuissante, honteuse et complice devant la tragédie palestinienne, kurde, tchétchène …Cette ONU qui légalise l’embargo imposé au peuple Irakien et qui pilote le programme « pétrole contre nourriture » qui affame des centaines de milliers d’enfants, de personnes…

Devant cette guerre, l’Algérie observe un silence complice. Après avoir soutenu fermement l’envoi d’inspecteurs de l’ONU pour fouiller l’Irak, elle intervient au Vénézuela pour prévenir la crise pétrolière qui nuirait aux USA important client du Vénézuela, en cas de guerre contre l’Irak (officiellement pour aider Chavez). C’est dans le cadre de cette guerre qui s’annonce qu’un accord est proposé aux Vénézueliens par les USA.

Aujourd’hui, en Amérique, en Europe, dans les pays Arabes…des manifestations ont lieu pour dénoncer et exiger l’arrêt de cette guerre. Les révolutionnaires dans le monde n’ont évidemment pas les moyens d’empêcher cette guerre et encore moins de la transformer en révolution. Ils ne peuvent qu’appeler et prendre part  à des mobilisations contre cette agression et mettre à la disposition et au service  des masses laborieuses  leurs connaissances, leurs intelligences politiques, leur théorie révolutionnaire,le « marxisme vivant ».

Salutations militantes.

Hocine, le 27.01.03

- Appel d'Azwaw 

Notre situation.

 Je m'adresse à tous ceux qui sont de gauche . Nous sommes dans une situation critique : on est en relâchement. La société algérienne vit un grand marasme social, politique et culturel, et ce sont des facteurs générateurs de mouvements de protestation et de rebellions, mais nous vivons une stagnation totale, après le mouvement de protestation de 2001 et sa désorientation, la société a abandonné toute lutte et toute revendication et a divorcé avec le mouvement social et avec tout parti politique.

 Les accords avec l'UE continuent a se faire, l'Algérie va entrer dans l'OMC, les multinationales investissent l'Algérie , la privatisation des sociétés nationales se fait de plus en plus , sans que tous ceci ne voie une protestation ou même une préoccupation de la part de la société , sauf une petite résistance syndicale .

 Par devoir, l'élite doit intervenir et orienter cette société ou cette masse populaire complètement perdues. Camarades , nous devons faire en sorte de mobiliser cette masse populaire et de l'orienter vers un mouvement de protestation et de revendications sociales .

Le travail qui reste a faire est un travail d'organisation et les facteurs d'organisation sont généralement les revendications sociales, et autre que ces revendications ne rassemblent forcement et sont sujet de critique et peuvent devenir utopique ( la plate-forme d'El Kseur ).  

 On peut organiser les masses, et faire un travail de revendication en rassemblant ces dernières près des associations qui aurons pour but de les préparer à être conscientes et prêtes au combat.  En étant organisés et unifiés, nous réussirons le mouvement, mais surtout en étant présents.

 Ceci est un essai de participation , à vous de répondre.

Azwaw

 

 


[1] Expression poétique empruntée tirée d’un texte d‘Imprecore.