PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS
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SOMMAIRE
- Il faut
s’unir pour être plus forts ! 23 avril 2011
- Une autre
politique est possible ! 16 avril 2011 Par Chawki Salhi
-
Réformes politiques. Chawki Salhi 09 avril 2011
-Tout le
pouvoir aux élus ! SN du PST 06 avril 2011
-
Que veut le peuple 02 avril 2011 Chawki Salhi
- Non à l'agression impérialiste en Libye ! SN du PST. 21 03 2011.
- Il faut agir pour un pôle de gauche en Algérie. Interview
Chawki Salhi Algérie News. 06 03 2011
-Non au massacre du peuple libyen ! Solidarité ! SN du PST 21 02 2011
-Non à la répression des étudiants en
lutte ! SN du PST 21 02 2011
-
Pour une solidarité avec les peuples égyptiens et tunisiens
- A propos
des annonces de Bouteflika. Chawki Salhi 06 02 2011
- A propos de la marche du 12 février.SN. 01 02 2011
- Déclaration lue par le camarade Samir Larabi à la
coordination du 27 01 au nom du PST.
- Que vive la révolution tunisienne ! SN du PST 18 janvier
2011.
-
بيان أول ماي-
-
- Déclaration du 1er mai 2010
-
- Avril
80 Avril2010 seule la lutte paie Declaration PST Béjaia
-
-
Ou va le capitalisme algérien ? Nadir Djermoune
31 03 2010
-
ضد الفساد
رفع السر
البنكي و
مراقبة شعبية 6 فيفري 2010!
-
Contre la corruption levée du secret bancaire et contrôle
populaire ! 06 fevrier 2010
- نضال عمال الشركة الوطنية المركبات الصناعية يبيّن الطريق
-
SNVI montre la voie. DN du PST. 09 janvier
2010.
-
بيان
القيادة الوطنية
لحزب العمال
الاشتراكي
-
Déclaration
de la direction nationale du PST 30 octobre 2009
-
Que
reste-t-il de la gauche en Algérie ?
Réponse du SG du PST quotidien El Watan le 05 septembre 2009
-
1er
mai 2009 rebâtir le camp des travailleurs !
-
A propos des résultats du 09 avril. Chawki
Salhi. Alger, le 14 avril 2009
-
Abstention
massive le 09 avril SN du PST 06 avril 2009
-
Pour
une abstention massive le 09 Avril 2009 !
-
-
A propos des commissions
de surveillance 26 fevrier 2009
-
Appel pour une
convergence démocratique 5 février 2009
-
Nous appelons au changement des règles du jeu politique
Chawki Salhi Algérie News du 4 février 2009
- Halte au massacre des Palestiniens ! Pour le respect de leurs droits nationaux légitimes ! 01 01 2009
- Résistance et dignité du peuple palestinien Le 04 janvier 2009
- Non à un troisième mandat libéral et répressif 29 octobre 2008
- Crise du leadership américain et résistances en Amérique latine
- 20 ans après le 05 octobre 88 Que reste t-il de nos acquis démocratiques et de nos aspirations sociales ? SN du PST. Alger le 05 octobre 2008.
- Entre patriotisme économique et politique libérale. Impasse du libéralisme algérien ! 20 09 08
- Bolivie Vénézuela solidarité ! 18 09 08
- Une rentrée sociale qui promet 18 09 08
- Autocritique de Bouteflika Un 3ème mandat pour réparer les erreurs commises durant le 2ème. 18 09 08
- Une délégation du PST à l'université d'été de la LCR août 2008
- Un grand parti de gauche est possible Les Débats
avril 2008
- Résistons à l’offensive libérale! Une autre politique est possible! Un autre monde est possible! 23 février 2006
-
TOUS ENSEMBLE, LUTTONS
- Les masses veulent autre chose que les solutions libérales ! 27 novembre 2005
- Kabylie : le PST appelle à l’abstention 20 novembre 2005
- Après les résultats du référendum sur
la charte 1er octobre 2005
- Le
PST appelle au boycott du référendum 24 septembre 2005
- Non au plébiscite ! 27 août 2005
- Construire un mouvement indépendant des travailleurs et des masses populaires – 1 mai 2005
- Contre la
loi sur les hydrocarbures. 05 mars 2005
- Résolution
du Secrétariat national du PST
-
Déclaration de la Conférence Nationale du PST 23
octobre 2002
Il
faut s’unir pour être plus forts ! 23 avril 2011
Il est rare, dans l’histoire d’un pays, d’avoir
autant de luttes, autant de mobilisations. Mais ces grèves, ces rassemblements,
ces cris sont dispersés. Il faut s’unir pour être plus forts.
L’une après l’autre, les entreprises, les
corporations se mettent en grève pour des augmentations de salaires. Les
secteurs, les plus forts, comme les bases pétrolières du Sud, les pompiers, les
cheminots, les douaniers ont obtenu 70% et 80% de plus sur leurs payes. Mais
d’autres, comme les communaux, bataillent encore pour des demandes pourtant
modestes. Les travailleurs, proches du SNMG, ceux du secteur privé, n’ont pas
réussi à se faire entendre.
Nos luttes seront plus efficaces si, ensemble,
nous exigions 15 000 DA de plus pour tous les travailleurs pour un salaire
minimum de 30 000 DA. C’est trop,
diront les milliardaires et leurs spécialistes. Non, ça ne suffit pas ! Ca
ne rattrape pas notre pouvoir d’achat de 1994. Notre salaire minimum était de
4000DA, soit 1000 euros, en 2011, avec les primes, il est de 15000DA soit 150
euros.
D’entreprise en entreprise, de secteur en
secteur, les contractuels se mettent en lutte pour exiger des emplois
permanents. A la BDL, aux chemins de fer, à l’ENAD, ils ont obtenu gain de
cause. La grande mobilisation des enseignants contractuels devant le palais de
la Présidence, a obtenu des promesses. Mais d’autres enseignants contractuels,
d’autres vacataires, continuent de réclamer le droit à la stabilité.
Mais où sont nos syndicats représentatifs, Ugta,
Cnapest, Unpef ? C’est à eux, de réclamer la titularisation de tous
les contractuels. L’administration joue sur cette division pour briser nos
grèves à la poste, à l’université, au
lycée. On ne peut demander une amélioration si on accepte que des collègues soient
écrasés.
Les luttes des jeunes du contrat de plein emploi,
celle des opprimés des emplois du filet social, sont encore plus dispersées, alors
qu’ils sont concernés par le même dispositif national. Parce qu’ils sont
désunis, ils n’ont pas pu imposer de changement important. Ces jeunes, ces
chômeurs sont nos enfants et les entreprises n’embauchent plus que ces emplois de
misère payés par l’Etat. Tous les travailleurs doivent s’unir pour imposer
la suppression de tous ces contrats indignes et la création massive d’emplois
décents.
Les travailleurs doivent s’unir pour être plus
forts !
Une autre politique est possible !
16 avril 2011 Par Chawki Salhi
Les
formidables mobilisations sociales ont obligé Bouteflika à reculer : il
promet d’annuler ses lois anti-démocratiques et de changer la constitution qui
évoluait vers une sorte de monarchie.
Pour
éviter que ça finisse comme en Egypte et Tunisie, Bouteflika veut défaire
l’arsenal législatif d’enfermement des libertés (pénalisation du délit de
presse, loi électorale de 2007 et projet de code communal). Ce dispositif antidémocratique,
il l’avait, lui-même, renforcé. Mais, s’il promet l’ouverture, Bouteflika veut
toujours contrôler notre liberté d’expression et de manifester, notre droit de
créer un parti, un syndicat ou une association. Ces droits ne sont pas
négociables !
Pire,
il veut décider seul des changements à la Constitution. Alors qu’en démocratie,
il faut un débat national libre. Et ensuite, il faut élire des représentants du
peuple à la proportionnelle des positions exprimées. Ces élus formeront une
assemblée constituante chargée de transcrire dans le projet de Constitution,
les aspirations des travailleuses et des travailleurs, de la jeunesse, celles
de la majorité laborieuse et démunie du peuple.
Bouteflika
est très satisfait de son bilan économique et social. Mais cette satisfaction
est contredite par les milliers de luttes. Si tout va bien, pourquoi toutes ces
marches ?
Certes,
il affirme qu’il ne capitule pas devant les lobbys du libéralisme sauvage,
importateurs, barons du marché parallèle, monopoles privés de
l’agroalimentaire. Certes, il réaffirme ses réserves devant l’agression
impérialiste en Libye. Mais il maintient une politique de bas salaires et des
dépenses publiques massives au profit des multinationales. Pendant ce temps, on
démantèle les capacités algériennes de production et de réalisation. On parle
de rectifier cette situation depuis plusieurs années. Mais on continue de
favoriser les sociétés étrangères et les capitalistes locaux. Il faut abolir ce
choix économique libéral qui développe la dépendance et qui étend la pauvreté. Il
faut restituer au peuple, les biens publics que Bouteflika a privatisés. Il
faut nationaliser ou renationaliser les secteurs stratégiques et les services
publics essentiels.
Mais
c’est aux travailleurs et aux masses populaires de conduire une autre politique
pour un vrai changement.
Car
si Bouteflika veut rétablir les libertés comme il les a trouvées en 99, nous
voulons plus. Nous voulons une vraie démocratie au service de la majorité
travailleuse et démunie de notre peuple.
Si
Bouteflika essaie, depuis quelques années, des réformettes pour corriger les
dégâts de sa politique au service des sociétés étrangères, nous voulons un vrai
programme de développement au service de l’emploi et des besoins sociaux du
peuple.
Nous sommes contre ce président, ce gouvernement, cette assemblée, ce
régime politique ! Mais un changement de personnes ne nous convient pas. Nous
voulons un autre ordre social qui bannisse l’exploitation et l’oppression.
Par Salhi Chawki
Le
palais est plein de rumeurs ! On va faire des réformes politiques !
Les médias des grandes puissances insistent : il faut un changement
politique. Il faut démocratiser l’Algérie, il faut permettre aux investisseurs
de faire des profits en toute liberté ! Les représentants des milieux bourgeois
algériens précisent : le changement doit permettre des télés privés pour
que les gens bien puissent s’exprimer, le changement doit éliminer ces
ministres bureaucrates qui font intervenir l’Etat dans l’économie au lieu de
nous laisser travailler, le changement doit arrêter ce populisme, qui gaspille
de l’argent et le distribue aux pauvres au lieu de le donner aux entreprises
privées qui savent l’utiliser.
Au
début, tous ces milieux voulaient aussi changer Bouteflika. Mais, depuis que
les Américains ont dit qu’ils voulaient la stabilité, il leur suffit de changer
Ouyahia et ses lois de finances qui
gênent les importateurs et les investisseurs étrangers.
Bouteflika
est rassuré du côté du peuple des fortunés. Il lui reste un problème. Comment
calmer le peuple des travailleurs, des démunis, des jeunes qui bouge partout,
qui manifeste sans autorisation, qui fait grève sans préavis ?
La
réforme politique de Bouteflika consiste à faire un grand cinéma pour que les
gens oublient leurs problèmes. Que faire ? Changer de gouvernement ?
Changer de députés ? La rumeur dit qu’il va modifier la Constitution.
C’est nécessaire. La Constitution actuelle organise une sorte de régime
monarchique. Le président a tous les pouvoirs. Les libertés ne sont pas
garanties. Les biens de l’Algérie sont ouverts au pillage.
Nous
ne sommes pas d’accord pour que Bouteflika et ses amis décident seuls des
changements à la loi fondamentale du pays. Ca nous concerne tous ! Le PST
a une vieille revendication : l’élection d’une assemblée constituante
représentative des aspirations de la majorité laborieuse du peuple. Il faut
organiser un débat national libre sur le contenu de la Constitution. Il faut
élire des représentants du peuple à la proportionnelle des programmes
politiques présentés. C’est à eux qu’il revient de transcrire dans la
Constitution les aspirations des travailleurs, des démunis et de la jeunesse
qui sont la majorité !
Car
la priorité pour les travailleurs, c’est que les droits fondamentaux (vie,
emploi, logement, santé, études) soient garantis, que les libertés ne soient
annulées par aucune loi, que les richesses minières, les ports, aéroports et
secteurs stratégiques ne soient vendus à personne, que l’assemblée des
représentants du peuple ne soit contredite par aucun sénat, aucun président.
Le code communal proposé par le gouvernement vient conforter et renforcer une tutelle des autorités administratives qui s’exerce y compris sur les attributions dévolues aux élus.
Le pouvoir surfe sur le discrédit immense des élus de toutes tendances, il fait campagne sur l’incompétence, sur la corruption, sur le népotisme, et sur l’argent sale évoqué à chaque élection pour offrir tous les pouvoirs au wali et à ses subordonnés.
Mais ces responsables désignés, ministres, walis, ont-ils été oubliés par les scandales qui s’étalent dans nos journaux ? Ont-ils brillé par leur compétence ? Ont-ils évité le favoritisme ?
Les élus sont les seuls responsables sur lesquels nous avons un droit de regard, les seuls que nous pouvons sanctionner par notre vote. Le mouvement populaire de 2001 ne s’y était pas trompé en exigeant de mettre sous l’autorité effective des élus tous les responsables de l’Etat ainsi que les corps de sécurité !
Il faut donner tout le pouvoir aux élus et donner au peuple les moyens de sa souveraineté,
- en instituant la révocabilité des élus en cours de mandat,
- en instaurant l’accès des citoyens à tous les comptes, à tous les dossiers
- en imposant la concertation des citoyens concernés avant toute décision
- en nous mobilisant pour exercer le contrôle populaire sur nos élus.
SN
du PST. Alger, le 6 avril 2011
Que veut le peuple ?
Par Salhi Chawki
Le
peuple veut le changement ! Mais quel changement ? Les centaines de
luttes sociales en cours donnent quelques réponses !
Le
peuple des travailleurs et des démunis manifeste et se rassemble sans
marchander une autorisation, il se met en grève sans passer par les procédures
destinées à nous entraver, il s’organise pour lutter sans demander d’agrément
aux autorités contre lesquelles il proteste. Car le droit de s’exprimer, de
s’organiser de manifester et de faire grève n’est pas négociable.
Les
contractuels de tous les secteurs ont refusé les emplois temporaires qui les
laissent dans l’instabilité et qui les privent de leurs droits. Ils ont demandé
leur titularisation, car ils pensent que le droit à un travail stable n’est pas
discutable.
Les
jeunes des contrats de premier emploi et les
moins jeunes des programmes anti chômage, les apprentis, ne veulent plus de ces emplois sous-payés du
filet social, ils veulent un emploi décent car ils pensent que leur dignité
doit être respectée.
Les
chômeurs s’organisent et luttent pour exiger un emploi. Certains sont diplômés,
d’autres non. Ils considèrent que le droit au travail est un droit incontestable pour tous les
citoyens.
Les
citoyens demandent un logement. Ils protestent bruyamment, ils contestent les
distributions, d’autres ont même envahi des logements vides. Le droit au
logement est un droit élémentaire.
Les
quartiers et les villages se révoltent pour le transport des écoliers, pour
obtenir l’eau, le gaz ou l’électricité. Le droit à une vie décente doit être
garanti à tous. Les étudiants réclament une université de qualité pour tous les
enfants du peuple.
Les
travailleurs luttent pour des salaires décents ! Les modestes
augmentations obtenues ne sont pas suffisantes. La plupart des travailleurs du
privé, mais aussi les communaux, les corps communs ont encore des salaires
indignes, indécents. Les travailleurs des bases pétrolières le disent pour nous
tous : il faut un autre partage des richesses produites par notre travail.
Nous ne voulons plus de cette politique de bas salaires destinée à augmenter
les profits des capitalistes étrangers et nationaux.
Les
travailleurs du Sud pétrolier dénoncent la surexploitation par les
multinationales ; les luttes d’El Hadjar, ceux du Port d’Alger dénoncent
le pillage et demandent la renationalisation.
Le
peuple ne veut plus de cette politique antisociale imposée par les grandes
puissances capitalistes. Le peuple ne veut pas de cet ordre social et politique
au service des fortunés nationaux et étrangers ! Le peuple ne veut plus de l’exploitation, du
pillage, de la corruption et de l’arbitraire !
02 avril 2011
Par Salhi
Chawki
Partout dans le
pays, les travailleurs, les démunis, les exclus ont relevé la tête !
Partout, les
travailleurs luttent pour un revenu décent. Les pompiers, les cheminots ont
déjà obtenu des augmentations de salaire, les pétroliers du Sud continuent leur
lutte.
Partout, les
précarisés exigent un emploi décent ! Les jeunes dénoncent les emplois
sous-payés du filet social. Les contractuels de l'ENAD, de la BDL, de la SNTF
ont imposé leur titularisation. Les
enseignants contractuels luttent encore.
Partout, les
chômeurs réclament un poste de travail. A Bordj Menaiel, à Annaba, à Hassi
Messaoud, à Laghouat, ils assiègent les APC, les bureaux de l'ANEM, ils
occupent les rues.
Partout, les démunis
demandent un logement digne, une route goudronnée, de l'eau, du gaz...
Partout, les
étudiants se battent pour en finir avec l'arbitraire administratif et avec la
clochardisation sociale pour un enseignement de qualité.
Nos luttes marquent
des points et obtiennent des concessions concrètes. Le pouvoir a reculé
partout, mais son programme d'urgence va multiplier et prolonger les emplois
indécents du filet social. Pire, en multipliant les projets ANSEJ, en
encourageant l'informel, il va développer les emplois précaires et le travail
non déclaré. Et, pendant ce temps, on offre le Parc Dounya et le complexe
Sonacome de Rouiba à des groupes de parasites capitalistes alors que nos
réserves de 155 milliards de dollars dorment dans les banques étrangères.
Nos luttes paniquent
le pouvoir, mais elles ne sont pas assez fortes pour imposer un vrai programme
de développement qui crée de vrais emplois durables et respectables.
Nos luttes sont dispersées.
Les syndicats représentatifs sont absents. Les étudiants construisent leur
syndicat. Les travailleurs ont besoin de s'organiser.
Nos luttes occupent l'actualité et ne se laissent pas
distraire par les diversions et par les manœuvres. Nos luttes dessinent les
contours du changement politique que veulent les classes populaires mais nos
luttes n'ont pas encore construit leur représentation politique.
Pour avancer, les travailleurs, les masses populaires
ont besoin de bâtir leur direction politique, pour imposer une politique au
service des travailleurs et des démunis.
Non à
l'agression impérialiste en Libye !
La révolte du peuple libyen, dans le sillage de ses voisins tunisien et égyptien, bute sur un double obstacle : la dictature féroce de Kadhafi et maintenant une attaque militaire des puissances capitalistes mondiales.
Cette intervention des puissances capitalistes mondiales, au nom des nations unies, n'a rien d'humanitaire ni de démocratique. Ils n'avaient pas proposé de zone d'exclusion aérienne quand les civils ghazaouis se faisaient massacrer par les avions israéliens.
En Afghanistan, en Irak, ce n'est pas la démocratie que ces interventions ont apporté, mais l'occupation militaire, les violences contre la population, la violation systématique des conventions de Genève et la rapine des richesses énergétiques. Pour quelle raison ceux qui ont détruit des milliers de vie en Irak viendraient-ils sauver des vies en Libye ?
C'est Sarkozy, l'ami de Moubarak et de Ben Ali, qui se fait le champion de l'intervention. C'est l'Union Européenne avec la complicité de la ligue arabe et le soutien des USA qui organise l'intervention. Cette même UE se préparait pourtant en janvier dernier à accorder à la Libye de Kadhafi le statut de partenaire favorisé, un statut qu'elle accorde à Israël. Les USA soutiennent activement l'intervention. Quel crédit donner à ces américains qui ont deux guerres sur les bras ; qui ont multiplié les investissements en Libye depuis le ralliement de Khadhafi durant les années 90 !
Les processus révolutionnaires à l'œuvre dans la région arabe concernent des pays riches en ressources énergétiques. C'est le cas de la Libye. Ses gisements se trouvent dans l'Est Libyen révolté.
Les enjeux sont clairs !
Le PST soutient la révolte en cours des Libyens désireux de chasser du pouvoir un dictateur au pouvoir depuis 40 ans, celui qui a réduit à néant toutes les libertés démocratiques et est prêt à tous les carnages pour rester au pouvoir.
Le PST dénonce catégoriquement toute intervention militaire des puissances impérialistes et refuse toute ingérence ou opération militaire étrangère, alors que ces puissances n'ont d'autre but que de garer le contrôle sur les ressources énergétiques.
C'est au peuple libyen de se débarrasser de Kadhafi, de construire une nouvelle société démocratique et décider souverainement de l'usage de ses richesses pour satisfaire les besoins de la population. Le PST appelle à la solidarité des peuples.
SN du PST
Alger, le 21 03 2011
Non
à l'agression impérialiste en Libye !
Non au dictateur Kaddafi !
Le PST dénonce l'agression militaire impérialiste en Libye portant la mort sous le fallacieux prétexte humanitaire. Notre parti a dénoncé avec énergie l’acharnement sanglant du despote libyen. Mais la mobilisation des puissances impérialistes, pour contrôler directement le pétrole libyen doit être dénoncée, car elle constitue une menace pour tous les peuples de la région. Les amis de Ben Ali et de Moubarak, les complices de Khaddafi, les protecteurs des monarchies rétrogrades du golfe sont mal placés pour se poser en tuteurs de la démocratie. A Bahrein, en Egypte, au Yemen, en Tunisie, en Arabie Saoudite, en Irak, partout, ils agissent, non pour aider les luttes démocratiques, mais pour imposer leur domination directe, pour recoloniser la région et le monde ! La complicité des néo-colonies majoritaires dans la Ligue Arabe et l'Union Africaine, la veulerie d'Amr Moussa soucieux d'obtenir le soutien US à sa candidature présidentielle donnent une couverture politique à une agression dangereuse pour notre pays et pour les pays du tiers monde. La timidité du pouvoir autoritaire algérien et des autres régimes opposés à l'intervention facilite aussi l'action de l'OTAN.
C'est au peuple libyen qu'il appartient de décider de son avenir ! Solidarité des peuples de la région ! 20 mars 2011. Chawki Salhi. SG PST
Chawki
Salhi, porte-parole du PST
«Il faut agir pour un pôle de gauche en
Algérie»
Dan cet entretien,
le porte-parole du Parti socialiste des travailleurs, revient sur les révoltes
dans les pays arabes. Il analyse également, l’ébullition qui caractérise depuis
quelque temps la rue algérienne.
Algérie News : Vous revenez de Tunisie où
vous aviez assisté au triomphe de la révolution du jasmin; quel diagnostic
faites-vous de cette expérience unique, qui a constitué le détonateur d’autres
soulèvements populaires ?
Chawki Salhi : Le modèle libéral benaliste tant vanté par
nos élites politiques et tant choyé par les grandes puissances capitalistes a
explosé. L’ordre autoritaire institué avec le programme d’ajustement structurel
de 1985 est tombé sous les coups de ses victimes. Le premier acquis, immense,
est ce sentiment de fierté, cette dignité retrouvée qui change le rapport de
forces dans la société et permettra une insolence de ceux d’en bas. La société
bouillonne, les gens discutent partout, des marches, des protestations
sociales, une effervescence sur Internet, la vie associative se reconstruit. A
Tunis, personne ne parle de jasmin. La préoccupation centrale : démanteler le
système despotique. Autour, on parle de fiche de paie, de titularisation, de
chômage massif des jeunes diplômés, de régions désertifiées, et du rôle des
structures de l’UGTT qui ont vertébré la révolte, l’auto-organisation populaire,
toutes choses occultées par la propagande impérialiste. Mais la révolution
tunisienne est en mal de perspectives. Dégager Ben Ali et les symboles de son
régime ne suffira pas pour sortir de la dépendance et bannir la précarité
sociale ainsi que l’autoritarisme politique qui va avec. Des décennies de
glacis benaliste ont empêché que se constituent des représentations politiques,
que se dessinent des alternatives. La révolution tunisienne commence à peine.
Les « révolutionnaires » en Tunisie
craignent-ils à ce que l’Algérie perçoive mal le changement ? Est-ce que vous
aviez relevé cette crainte auprès des Tunisiens ?
Avant la chute de Ben Ali, on attendait la
solidarité du peuple algérien. Ensuite, les luttes massives provoquées dans la
région par le 14 janvier ont conforté la fierté des Tunisiens.
Pour certains, la manière et surtout la
célérité avec laquelle se sont opérés les changements en Tunisie et en Égypte,
et éventuellement en Libye, laisseraient entrevoir un agenda préétabli de la
part des grandes puissances dans le cadre de la mise en place du projet du
Grand Moyen- Orient. Qu’en dites-vous et croyez-vous à la théorie du complot ?
Ce sont les masses qui font l’histoire et
non les complots. Les USA, L’UE, Israël ont soutenu Ben Ali et Moubarak jusqu’à
la dernière minute. L’Égypte est un pays central dans le dispositif US de
domination du monde. La rapidité de l’effondrement de ces dictatures libérales
à leur service les a pris de court. La contagion et la perspective d’autres
déstabilisations les inquiètent. Le complot consiste à parler d’une révolution
du thé à la menthe pour dissimuler que ce sont leurs
alliés qui sont contestés par les peuples. Le complot consiste à agir pour que
rien ne change, afin d’assurer la continuité de la soumission à l’ordre
impérialiste, la pérennité de l’ordre social injuste.
L’avènement d’une nouvelle société civile
dans ces pays n’annonce-t-elle pas la mort du nationalisme arabe, longtemps
brandi par les dictateurs déchus pour se maintenir au pouvoir ? Ne risque-t-on
pas de se retrouver face à des États dociles et compromis avec les forces
étrangères qui s’affichent ouvertement, allant jusqu’à proposer leurs services
aux insurgés ?
Il y a longtemps que ces régimes alliés
d’Israël, ne sont plus ni nationalistes arabes, ni nationalistes égyptiens ou
tunisiens. Les grandes puissances s’efforcent effectivement, de nous vendre des
remplaçants encore plus soumis comme Baradei, comme les lieutenants de Ben Ali
ou les courants libéraux algériens. Il s’agit de garantir que le système en
place soit la continuité du précédent.
L’Algérie n’a pas été en reste de la nouvelle
dynamique, à une seule différence que le changement escompté par certaines
organisations et partis politiques n’arrive pas à prendre forme. En quoi
d’après vous, l’Algérie diffère-telle de la Tunisie et de l’Égypte ?
L’insurrection populaire en Tunisie a
surpris une Algérie émeutière, dans une phase de contestation générale de
Bouteflika. L’explosion du 5 janvier a vite déçu et provoqué un repli
attentiste sur le plan politique, qu’on aurait tort d’identifier à un soutien à
Bouteflika. Simplement, après avoir appelé à enlever Mesmar Djeha en 1991 et
subi les horreurs qui ont suivi, les masses populaires ne peuvent se contenter
de dire «dégage» ! Elles veulent préciser l’alternative pour laquelle elles
mettraient à bas l’ordre libéral autoritaire actuel. Mais l’impact tunisien est
réel. L’absence temporaire de contestation politique du régime, n’empêche pas
une radicalité sociale impressionnante, le sentiment largement partagé d’une
urgence à remettre en cause la précarité sociale et à contester l’arbitraire
quotidien. Les Algériens sont très attentifs et prêts à se mettre en mouvement
si les perspectives politiques se précisent. C’est ce qui panique Bouteflika,
qui multiplie les gadgets. Les grèves générales massives des paramédicaux, des
communaux, des profs, les révoltes des chômeurs, les luttes des précarisés, la
mobilisation des étudiants, le réveil ouvrier, tout cela me semble plus
important que la tentative ultra-médiatisée d’offrir une direction libérale à
la protestation populaire. Cette manœuvre dérisoire me fait penser à une
coordination semblable qui tenta de cornaquer le mouvement populaire de 2001, avant que le reflux du mouvement ne facilite la folklorisation autour d’une prétendue coordination des tribus anachronique et impuissante.
Ne pensez-vous pas que l’avantage en Algérie,
c’est la présence de syndicats autonomes, de partis politiques ? En somme, une
société structurée, mais qui n’arrive pas à retrouver ses repères ?
Chaque pays a ses spécificités. La révolte
d’Octobre 88 nous a donné des libertés en cours d’étouffement, un pluralisme
politique et une presse privée impertinente. Vingt ans après, c’est le
désenchantement. Tous les partis ont perdu leur crédibilité. L’engagement
politique et même syndical est suspect d’arrivisme social ! Les secteurs
combatifs de l’UGTA et les syndicats autonomes représentatifs, n’interviennent
pas dans la contestation politique, pas plus que les directions spontanées qui
naissent à l’université où chez les jeunes. Le renversement de Ben Ali et
Moubarak met au premier plan l’armée. On a connu ça en 1992. Les peuples
égyptiens et tunisiens vont devoir inventer la suite. Nous aussi !
Des initiatives ont vu le jour depuis le 12
février, avec la création de la CNCD et de l’ANC. Il y a également, des
collectifs estudiantins, qui se sont constitués, au point d’évincer les
syndicats traditionnels. Peut-on arriver à un changement pacifique par des
actions coordonnées entre les acteurs de la société civile ?
Il y a eu aussi plusieurs initiatives de
gauche que la presse n’a pas daigné relayer. Si la CNCD s’était construite
comme coordination démocratique ponctuelle pour les libertés, pour l’ouverture
médiatique, nous aurions convergé avec elle. Et ce sera toujours possible. Elle
s’est constituée comme alternative politique, comme coalition pour le
changement de régime, tout comme l’ANC. Avec en plus, une rigidité et un parfum
de parti unique si courant dans notre pays. Nous ne sommes plus en 88.
L’Algérie a vécu diverses expériences et elle porte un jugement sévère sur les
divers acteurs qui se sont succédé sur la scène politique au pouvoir comme dans
l’opposition. Bien sûr, l’action pacifique a ses limites. Mais on n’en est pas
là. Cette coalition n’était simplement pas représentative des préoccupations du
peuple. Son écho médiatique national et international surdimensionné souligne
aujourd’hui, cruellement, sa petitesse et son inconséquence.
Pourquoi ces initiatives ont-elles toutes
échoué ? Pourrait-on justifier cet échec par le simple déploiement des forces
de sécurité ?
Le déploiement policier empêche-t-il les
étudiants de marquer des points, les chômeurs d’occuper les APC, de couper les
routes, a-t-il empêché les centaines de milliers de Tunisiens et d’Égyptiens de
chasser leur dictateur ?
Comment percevez-vous la présence au sein des
nouvelles initiatives pour le «changement» d’anciens ministres et personnalités
ayant servi au sein des gouvernements successifs ?
Le gouvernement Benbitour et ses deux
ministres RCD a commis le programme de gouvernement le plus libéral de notre
histoire. C’était l’époque où Bouteflika voulait tout vendre. D’autres anciens
Premiers ministres viennent en propriétaires de l’opposition. Et même ceux qui
n’ont jamais gouverné, faut-il les appuyer sans prendre en compte leur
programme, qui est fait de surenchère libérale et d’appels aux puissances
civilisées ?
Dernier mot ?
Voici venu le temps de la décantation
politique ! À Tunis, au Caire ou à Alger, on ne pourra pas se suffire de dire
«dégage», «barra». Il faut définir
plus précisément le chemin vers un ordre social et politique qui bannisse l’oppression,
l’exploitation et la tutelle impérialiste. Les islamistes, les libéraux
démocrates ont montré leurs limites, il faut agir pour un pôle de gauche dans
notre société.
Entretien réalisé par Arezki Louni
Motion adoptée
par la DN du 25 02 2011
La DN
rappelle son appel du 14 janvier à la participation à toutes les actions qui
vont dans le sens de l’unité la plus large pour les libertés démocratiques, le
droit de manifester, de s’organiser, le droit à toute personne, association,
collectif ou organisation d’exprimer librement son opinion… Mais si notre combat social et démocratique,
porteur des aspirations des jeunes et des travailleurs, ne doit pas renforcer
les campagnes hostiles au protectionnisme des courants ultralibéraux des
classes possédantes, il ne doit pas non plus servir à cacher le caractère
despotique et antisocial du régime que dirige Bouteflika. Notre combat contre
le libéralisme va de pair avec notre combat contre l’autoritarisme de
Bouteflika pour imposer son libéralisme patriotique. La
ligne de clivage du moment n’est pas d’ordre strictement économique, elle est
aussi d’ordre politique. Elle est entre les exigences populaires pour une
démocratie sociale et une dignité politique et une dictature libérale
bureaucratique qui privatisait hier et qui avance avec un « patriotisme
économique» conjoncturel timide et inconséquent qui cache mal la corruption, le
pillage capitaliste et l’arbitraire politique.
Non au massacre
du peuple libyen !
Solidarité !
Le PST dénonce la tuerie à ciel ouvert des manifestants libyens pour la démocratie. Alors que les victoires éclatantes des révolutions tunisiennes et égyptiennes viennent de chasser leurs dictateurs, alors que les protestations démocratiques massives se développent dans plusieurs pays de la région, l’acharnement sanglant du despote libyen qui massacre son peuple dans un silence assourdissant exige notre mobilisation. Solidarité avec le peuple libyen.
SN du PST, 21 02 2011
Non à la répression des étudiants
en lutte !
Le PST dénonce la répression brutale du rassemblement étudiant devant le ministère de l’enseignement supérieur. Alors que les incohérences en matière d’équivalence ont mobilisé de larges secteurs de la communauté étudiante, le pouvoir qui reconnait la légitimité des revendications et annonce de premiers reculs préfère continuer le débat social par la bastonnade de notre jeunesse. Cette répression est vaine, les étudiants ne renonceront pas à leur avenir pour éviter un coup de matraque. Cette brutalité ne fait que confirmer le caractère antipopulaire de ceux qui nous gouvernent.
SN du PST
Alger, le 21 02 2011
Pour une
solidarité avec les peuples égyptiens et tunisiens
Après la
révolution tunisienne qui a joué le rôle de catalyseur, les populations
égyptiennes ont repris le flambeau des revendications sociales et politiques,
pour converger vers une contestation totale du pouvoir en place. Malgré la
répression féroce des manifestations, des millions d’Égyptiens ont bravé le
couvre-feu en engageant des confrontations sanglantes avec les forces de
répression.
Ce mouvement
qui secoue la Tunisie et aujourd’hui l’Egypte contre la vie chère, contre le
chômage, contre la pauvreté, pour la démocratie et la liberté d’expression,
traduit l’ampleur de la crise politique est sociale de la région.
Soutenu
par les puissances dites « démocratiques » occidentales depuis 30
ans, en premier lieu les Etats-Unis, ces régimes dictatoriaux agonisent. Si la
crise touche cette partie du monde, elle n’est pas exclusivement arabe. En
Egypte, en Tunisie, l’explosion de la misère résulte des programmes
d’ajustement imposés depuis 20 ans avec son lot de déréglementation des prix
alimentaires et privatisations, ce qui ont valu des félicitations à
Moubarak et de Ben Ali de la part des bailleurs de fonds occidentaux. Les
chiffres de croissance affichés par ces champions du libéralisme économique —
l’Egypte, la Tunisie ou la Jordanie faisaient souvent l’objet de rapports
élogieux des organisations financières internationales — masquaient mal la
pauvreté grandissante. Au-delà de leurs régimes policiers séniles, ce sont ces
politiques que les révolutions en cours vont devoir démonter, si elles ne
veulent pas préparer de rapides et dangereuses désillusions.
Il s’agit aussi
de démasquer la tutelle impérialiste qui s’affiche de manière indécente en
Tunisie et en Egypte pour gérer la crise et garantir la continuité de leur
domination.
Ces révolutions
sont portées avant tout par des aspirations sociales, dans le sillage de
mobilisations ouvrières, comme celles de Gafsa (phosphates, Tunisie) ou de
Mehalla (textile, Egypte) à l’instar des grèves et des émeutes algériennes. Ce
sont ces luttes qui ont joué un rôle décisif dans le démarrage de la
révolution.
Manifestons
notre solidarité agissante, partout où c’est possible, par des rassemblements
et des chaînes humaines et tous les moyens à notre disposition. Exigeons avec
les égyptiens la destitution du dictateur et de son régime, l’élargissement des
libertés et de justice sociale. Créons des espaces de libertés. Imposons un
programme politique qui rompe avec l’ordre mondial néolibéral (chaîne de la
dette, accords de libre-échange, etc.), afin de permettre une redistribution
massive des richesses ; un programme qui implique la dissolution du noyau
dur des appareils d’Etat néocoloniaux (hiérarchie militaire, services de
renseignements, polices, gouvernorats locaux, etc.) et l’expropriation des
grandes fortunes privées, accumulées notamment au gré des privatisations.
Le PST
salut ces révolutions en soulignant que les défis à venir ne sont pas
minces : allier démocratie dans l’abolition de l’ordre social révoltant au
service des intérêts des grandes puissances capitalistes , droits de la
personne, justice sociale et développement économique sera une tâche ardue, qui
nécessitera sûrement de nombreuses luttes.
SN
du PST, Alger Le 08/02/2011
A propos des annonces de Bouteflika
Bouteflika
recule, affolé par les révolutions tunisienne et égyptienne qui bousculent les dictatures
libérales et font espérer les Algériens. Les maîtres du monde, inquiets,
félicitent Bouteflika !
Les
mesures disparates du conseil des ministres sont plus dérisoires que le
programme de relance hétéroclite improvisé, en 2001, face à la grève des
pétroliers et au mouvement populaire de Kabylie. Bouteflika et ses tuteurs impérialistes ont
compris que la violence des révoltes populaires est une réponse à la violence
de l’exclusion sociale. Ils veulent aussi assouplir leur modèle autoritaire en
faillite. Produit dans la panique, leur catalogue est dérisoire.
Non à la
démultiplication des contrats de la honte pour nous faire patienter. Abolition
de ces emplois précaires, nous voulons des emplois décents. Permanisation de
tous les contractuels. Non au travail non déclaré. Indemnité chômage à 50% du
SNMG ! II faut réorienter l’économie pour que les investissements massifs
de l’Etat assurent un emploi pour tous et visent, en priorité, les besoins des
citoyens.
L’extension
des prix administrés à plusieurs produits alimentaires essentiels est un
premier pas mais comment maitriser ce secteur sans nationaliser les monopoles
privés qui contrôlent la production, comment garantir les prix sous le règne
des barons de l’informel et sans confier la distribution à des offices publics.
Sur le
plan démocratique, Il y a surtout des effets d’annonce. Bouteflika veut
desserrer l’étreinte répressive car son système autoritaire, privé de médiations sociales, est inefficace pour
gérer la moindre crise. Nous, nous
voulons toutes les libertés démocratiques, nous voulons la démocratie.
Une
commission pour lever l’Etat d’urgence, il fallait y penser ! On en saura
plus après le métro ? D’ailleurs, on menace d’intégrer les dispositions
de l’état d’urgence dans les lois ordinaires.
Pendant qu’on réprime toutes les initiatives à Staouéli, au 1er mai,
à Oran, marcher dans la capitale sera toujours réservé aux Ben Ali et aux
Chirac au nom d’arguments sécuritaires irrecevables.
L’ouverture
des médias publics aux organisations agréées serait certes un progrès mais la
liberté d’expression et d’organisation n’existe que lorsqu’on supprime les
autorisations et les agréments, lorsque seront levées toutes les entraves à
l’expression et aux actions des citoyens, des associations, des syndicats, des
partis ou des journaux !
Après
les victoires des travailleurs à El Hadjar, à la BDL, à la SNTF, les grèves des
paramédicaux et des communaux, le rassemblement des chômeurs, les révoltes
populaires qui reprennent donnent le
ton.
Chawki
Salhi
SG du
PSTAlger, le 06 février 2011
A propos de la marche du 12 février
La presse a rapporté l’implication du PST dans la rencontre du 28 janvier.
Il est exact que le PST était présent pour rappeler les luttes des travailleurs et des jeunes contre la précarité que généralise le libéralisme. Les jeunes présents, étudiants et chômeurs, ont, tous, abondé dans ce sens revendiquant, par exemple, une indemnité de chômage à 50% du SNMG.
Notre représentant appelait à une mobilisation pour une alternative démocratique et anti libérale. Cela n’apparait pas l’objectif de cette coalition.
La coordination a refusé d’intégrer à sa plate forme les revendications sociales des masses ne proposant que des libertés formelles abstraites. Ce refus insistant interpelle le PST qui ne se voit pas en supplétif d’un pôle démocratique libéral à l’opposé des aspirations populaires.
Par ailleurs, la surenchère verbale et le radicalisme sans contenu ne nous semblent pas compatibles avec les rapports de forces réels et les tâches qui s’imposent à ceux qui veulent vraiment un changement radical.
En l’état actuel, les instances du PST n’ont pas signé la plate forme de la coordination et le PST ne s’est donc pas associé à la marche du 12 février. Nous restons toutefois à l’écoute et garderons le contact avec tous les acteurs du combat démocratique et social. SN du PST. Alger, le 01 02 2011
Déclaration
lue par le camarade Samir Larabi à la coordination du 27 01 au nom du PST.
Nous tenons à exprimer notre solidarité avec la révolte de la jeunesse et nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de tout les jeune arrêtes lors des révoltes populaires.
Nous dénonçons la politique libérale au service des multinationales et des monopoles privés d'importation , de production et de distribution de la nouvelle bourgeoisie affairiste, une politique qui est responsable de la vie chère, du manque d'emplois et de logement et enfin de la dégradation des services publics essentiels.
Nous considérons que les mesures prises par le gouvernement, concernant la baisses des taxes et des tarifs douanier est un cadeau supplémentaire pour les spéculateurs.
Nous tenons à dénoncer le verrouillage de toute expression syndicale et politique, la répression des marches, des grèves, des réunions, verrouillage qui ne laisse a nos jeunes que le choix d'une révolte désespérée.
Aujourd'hui nous ne pouvons rester indifférents de la détresse profonde de la jeunesse et du monde du travail. Il nous appartient aujourd'hui de créer notre propre instrument de lutte d'une manière autonome et démocratique et œuvrer à unir le peuple et les forces sociales en lutte autour des revendications politiques et sociales. Cet instrument doit prendre en charge les revendications des travailleurs, de la jeunesse et des couches populaires, comme elles ont été exprimées ces dernières années.
Le PST considère que les aspirations populaires ne sauraient être réduites a la seule dimension des libertés formelles, alors que la question sociale, celle de l'emploi du logement et de la vie chère, est au cœur de la révolte et qu'elle est de nouveau mise en avant par le jeunes désespères qui tentent de s'immoler. Des actions son nécessaires pour conjuguer la dimension démocratique et la question sociale.
Comme plate forme minimale le PST propose pour les membres de la coordination les revendications suivantes:
Revendications démocratiques:
1- Respect des libertés démocratiques, individuelles et collectives: liberté d'expression, d'opinion et de conscience. Libertés de manifestation, de réunion et d'organisation, droit d'affichage, ouverture des medias lourds (TV et Radios) a la population, syndicats et partis d'opposition.
2- Levée de l'état d'urgence et toute interdiction de manifestation dans les rues d'Alger.
3- Respect des libertés syndicales, du droit de grève et de l'immunité syndicale.
4- La consécration de l'égalité entre les hommes et les femmes.
5- Contrôle des élus sur les corps constitués et cesser toute forme d'espionnage des militants syndicaux et politique.
6- Tamazight langue nationale et officielle.
7- Non à l'utilisation des mosquées au profit de la propagande officielle et a criminaliser les mouvements sociaux.
Revendications économiques et sociale:
1-Monopole de l'état sur l'importation, la production et la distribution des produits alimentaires de large consommation. Et le rétablissement des prix fixés, subventionnés et contrôlés par l'état.
2-Nationalisation et renationalisation des entreprises stratégiques: les ports, télécommunication, El Hadjar, la Farge, EDL….etc. Réouverture des entreprises dissoutes et aide des entreprises en difficulté. Réouverture des entreprises communales et la dotation des EPIC de wilaya de moyens nécessaires pour assurer un service public de qualité.
3-Garantir un service public de qualité dans les domaines de: l'éducation, crèche et préscolaire, le transport, Etat civil, espace culturelle et de loisirs….
4-Augmentation substantielle des salaires, un SNMG a 25000 DA et toute convention collective doit inscrire l'échelle mobile des salaires: quand les prix augmente le salaire doit augmenter autant.
5 -Permanisation de tous les contractuels, emplois jeunes, saisonniers …et interdiction des licenciements économiques.et le strict respect des lois de protection sociale.
6 - Allocation chômage pour tout demandeur d'emploi a hauteur de 50% du SNMG.
7- Intensification de construction de logement de type: social, LSP et AADL pour répondre aux besoins du peuple en matière d'habitat, tout en les distribuant dans la transparence et sous le contrôle du peuple.
Que vive
la révolution tunisienne !
Le PST salue la lutte courageuse du peuple
tunisien qui a fait tomber le dictateur
Ben Ali et redonné espoir aux peuples de la région et du monde.
La
première victoire de la révolte sociale et démocratique des masses populaires
tunisiennes est d’avoir dévoilé le vrai visage de cette vitrine du libéralisme.
Un mois de luttes et de sacrifices ont montré au monde que le soit disant
miracle tunisien n’est pas seulement fait de la misère de l’arrière pays mais
que partout en Tunisie, il est bâti sur la répression, l’humiliation et la
corruption. Partout en Tunisie, le chômage des jeunes est massif et la
paupérisation progresse avec la crise mondiale condamnant ce modèle tant vanté
par nos classes dirigeantes.
L’autre leçon importante qui ressort de cette
épopée historique, c’est que la révolution est possible, même dans nos pays.
Les guerres de libération avaient porté haut l’espoir d’un changement par la
lutte des masses. Mais il y a eu tant de déconvenues, tant de déceptions.
Récemment encore, l’explosion populaire d’octobre 88 a débouché sur une impasse
barbare semblait déconsidérer la révolte. L’explosion de janvier 2011 finit
dans la confusion. Et bien, oui la révolution est possible ! Elle est,
même, le seul moyen pour un changement radical.
Le gouvernement provisoire, Benaliste sans
Benali, donne l’impression désagréable d’une révolution de Palais pour voler au
peuple sa victoire et maintenir la tutelle impérialiste. Mais ce n’est pas
fini. La révolution continue !
Nous ne reprochons pas à Sarkozy et à ses
prédécesseurs de soutenir la dictature comme s’ils étaient des modèles de
vertu. Nous leur disons arrêtez de piller la Tunisie ! Ce n’est pas par sadisme que Ben Ali, et
d’autres, ont fait de leur pays une prison, c’est pour satisfaire les exigences
des tuteurs impérialistes, européens et américains. La répression policière et
l’oppression sociale sont destinées à garantir à ses parrains, une main d’œuvre
bon marché et soumise pour procurer des vacances pas chères aux citoyens des
puissances protectrices, pour permettre aux multinationales des délocalisations
profitables.
Le PST salue l’UGTT dont les grèves et les
manifestations ont structuré la protestation populaire l’UGTT qui, aujourd’hui
encore, exprime sa loyauté aux aspirations des masses. Le PST salue les
militants qui continuent le combat pour la libération sociale et démocratique
du peuple tunisien.
SN
du PST. Alger, le 18 janvier 2011
حــــــزب العمـــــال الاشــــــــتراكي
PST ، 27 شارع
زيغود يوسف ،
الجزائر .الهاتف
: 071
97 4939 021
71
47 72 - البريد
الإلكتروني : pst_dz@yahoo.fr – موقع
الأنترنيت : www.pst-dz.org
لا للبرالية
! لا للسوق
الحرة !
من أجل سياسة في خدمة حاجيات الشعب !
تيبازة ، الجزائر، وهران، باتنة، بجاية ، الشلف، برج بوعريريج ...المظاهرات تجتاح كل المدن الكبرى عبر الوطن ،معلنة بذلك فشل السياسات المنتهجة منذ عدة عقود، مؤكدة بما لا يدع مجالا للجدل بأن الخيار الليبرالي يتناقض تماما مع ضرورة التكفل بالحاجيات الضرورية للجماهير الشعبية.
لقد عبّر الشباب في كل مكان عن غضبه أمام هذا الارتفاع الناري لأسعار المواد الاستهلاكية القاعدية، إنهم يصرخون بملء حناجرهم أمام حالة اليأس : انعدام السكن ، ندرة فرص العمل الحقيقية ، و عدم وفرة وسائل الترفيه في وطن أصبح سجنا حقيقيا ... سجن تمنعهم أوربا من مغادرته ولو على قوارب الموت !
مجتمع مشلول، في أزمة خانقة : شبيبة فقيرة في بلد غني ... إن هذه المظاهرات أيضا تعبير عن سخطهم أمام الثراء الفاحش للأغنياء الجدد ، تعبير أيضا عن رفض الفساد والرشوة التي تنخر البلاد ..
إنهم
يقولون كفى ،
كفى للحقرة
والذل والقمع
.
إن تقاليد المظاهرات والنزول إلى الشارع كلما ضاقت سبل الحياة، ليست جديدة : وما حدث في براقي وديار الشمس... مازال صخبه يتردد في الآذان مصاحبا كل معارك إعادة التسكين !
إن
الغضب الشعبي
كان في غليان
منذ أشهر
عديدة : في تلك
النزاعات من
أجل كيس من
الحليب ، في
البحث عن
مخبزة
مفتوحة... كانت
الجماهير
تعبر عن حنقها
الشديد أمام
الملايير
المسروقة ،
والهدايا
الملكية التي
كانت تمنح
لأمراء
الخليج ، و
السلاطين
الصغار
الجزائريين
،أو للسادة
الأوربيين ،
من أولئك
المعفيين من
الضرائب.
إن الشرارة الأولى لهذا الانفجار الاجتماعي هي الزيادة في أسعار السكر والزيت و المواد الغذائية العامة ، وكأن ما قام به الشبان التونسيون كان ملهما لشباب باب الوادي ووهران ! ثم جاء توزيع السكن الاجتماعي ليلهب نار الحقد على الفساد والرشوة .
إنهم يريدون
منا أن ننتظر،
بينما نحن نرى
ثرواتهم تزداد
دون انتظار !
إن الزيادات في الأجور ، التي حصل عليها عمال القطاع العام بعد سنوات من النضال والإضرابات والقمع ، لا تساوي شيئا أمام هذا الغلاء ،خاصة بالنسبة إلى الفئات الدنيا في هرم الأجور ، أي الأغلبية الساحقة .
وهذه
الزيادات
التي لم تطبق
بعد في كل
القطاعات قد
التهمتها
الزيادات في
الأسعار! هذا
فضلا عن كون
العمال في
القطاع الخاص
لم يحصلوا على
أية زيادة تذكر
!
إن
جميع
اتفاقياتنا
القطاعية يجب
أن تخضع لما
يسمى السّلّم
المتحرك
للأجور ،
بمعنى أنه بكل
بساطة :
كل
زيادة في
الأسعار يجب
أن تتبعها
زيادة مساوية
لها في الأجور
!
إن
قيمة الدينار
قُسمت على 20
منذ سنة 1994 ! كل
ذلك من أجل
توفير يد
عاملة رخيصة،
شبه مجانية
للمستثمرين
إنهم يتغنون
الآن بهذا
الدين الجديد
الذي يسمونه "
حرية السوق " !
ومع ذلك
يخفضون قيمة
الدينار
بقرار إداري
تلبية لأوامر
سادتهم في
صندوق النقد الدولي ،وفي
نفس الوقت
يقومون
بتحرير
الأسعار !
إننا
نطالب
بالعودة إلى
فرض الأسعار
من طرف الدول
،على كل
المواد
الاستهلاكية
الضرورية، مع
تحديد هوامش
الربح بكل دقة
وشفافية .
عائدات
البترول تصرف
في مشاريع
عملاقة، وفي نفس
الوقت يتم
تسريح عمالنا
، وشبابنا لا
يجد عملا !
إن
رجال الأعمال
يحبون جزائر
الصفقات
الكبرى
،وشبابنا
يهربون منها
على متن قوارب
الموت!
والمنعطف
الوطني الذي
أعلنوا عنه
،يتناقض
بشكل صارخ مع
الواقع
الميداني ، إذ
يقدمون
الوعود
والهدايا
لأمراء
الخليج وسادة أوربا
! لقد آن
الأوان للبحث
عن وجهة أخرى
لسياستنا !
كل
استثماراتنا
يجب أن تكون
في خدمة
التنمية المحلية،وتلبية
حاجيات الشعب
:
السكن،
الشغل، الصحة
،النقل،
التكوين ...
إنهم
يتهمون
شبابنا
بالعنف اليائس
، ولكن هل
تركت لهم
السلطة خيارا
آخر لإسماع أصواتهم
!
هل يمتلك شباب جمعية كاسري الحجر حلا آخر للتعبير عن وضعهم ،حين نعرف أن جمعيتهم حرمت حتى من قرار يسمح لها بالنشاط العلني القانوني ! وماذا بوسع النساء أن يفعلن حين يُمنع عليهن عقد ملتقى حول العنف الممارس ضد النساء في الجزائر ! وما العمل حين تواجه المسيرات والإضرابات بالهراوة والمتابعة القضائية !!
!معا من أجل حرية التعبير و التنظيم والتظاهر والإضراب
شوقي صالحي ألأمين
العام لحزب
العمال
الاشتراكي
الجزائر في 06
جانفي 2010
Non au libéralisme ! Non au libre marché !
Pour une politique au service des besoins du
peuple !
Tipaza, Alger , Oran, Djelfa, Batna, Béjaïa, Chlef, Bordj… les
émeutes qui s’étendent à travers le pays soulignent l’échec de la politique
suivie depuis plusieurs décennies et confirment que le choix du libéralisme
contredit la prise en charge des besoins élémentaires des masses populaires.
Partout, les
jeunes ont dit leur colère face à l’envolée des prix des produits de base, ils
ont dit leur détresse devant l’absence d’un logement, ils ont dit leur
désespoir devant la rareté des emplois, ils ont dit leur malheur dans une vie
sans loisirs, dans un pays prison que l’Europe leur interdit de quitter, dans
une société bloquée, en crise. Jeunesse
si pauvre dans un pays si riche, ils ont aussi crié leur haine des nouvelles
classes possédantes, leur refus de la corruption, leur rejet de l’humiliation
et leur détermination contre la répression.
La tradition
émeutière n’est pas nouvelle. Baraki, Diar Echems résonnent encore des
batailles pour le relogement. Depuis
plusieurs mois le mécontentement bouillonne. Dans les bagarres pour
l’introuvable sachet de lait, dans la recherche d’une boulangerie ouverte, on
disait sa rage devant ces milliards volés, devant ces cadeaux princiers faits
aux émirs du golfe, aux roitelets algériens ou aux seigneurs d’Europe, tous,
dispensés d’impôt.
A l’origine de l’explosion, l’augmentation du sucre, de l’huile et des produits d’épicerie. Le spectacle de la révolte légitime des jeunes de Tunisie a, bien sûr, inspiré Bab el Oued et Oran. La distribution des logements sociaux a ravivé la haine de la corruption. On nous demande d’attendre mais on voit les fortunes monter sans attendre.
Les
augmentations de salaires obtenues dans le secteur public, après des années de
luttes, de grèves, de répression, sont
dérisoires pour les petites catégories, c'est-à-dire pour la majorité. Et ces
augmentations qui ne sont pas encore appliquées partout sont déjà mangées par
la hausse des prix. Les travailleurs du privé, ont rarement été augmentés.
Toutes nos
conventions collectives doivent inscrire l’échelle mobile des salaires :
quand les prix augmentent le salaire doit augmenter autant !
La valeur du dinar a été divisée par 20 depuis 1994, pour offrir des ouvriers algériens presque gratuits aux investisseurs. On chante la nouvelle religion de la liberté du marché mais, sur ordre du FMI, on a administrativement baissé le dinar pendant qu’on libère les prix,! Retour aux prix imposés par l’Etat, pour tous les produits de base.
Les revenus du pétrole sont dépensés dans des projets géants mais nos vieux ont été compressés et nos jeunes n’ont pas de travail. Les hommes d’affaires des grandes puissances aiment l’Algérie des grands contrats et nos jeunes la fuient sur des bateaux de fortune. Le tournant patriotique annoncé est contredit sur le terrain par des cadeaux aux émiratis et les promesses aux Européens. Il faut réorienter notre politique !
Nos
investissements doivent viser le développement pour la satisfaction des besoins
du peuple logement, emploi, santé, transport formation.
On reproche à nos jeunes leur violence désespérée. Mais le pouvoir laisse t-il un autre moyen de se faire entendre quand l’association des tailleurs de pierre est privée d’agrément, quand un séminaire contre la violence faite aux femmes n’est pas permis, quand les marches, les grèves subissent la matraque et les poursuites judiciaires.
Pour les libertés d’expression, d’organisation, de manifestation et de grève !
Chawki
Salhi. SG du PST
Alger,
le 06 janvier 2011
بيان أول
ماي
يمثل
الفاتح من
شهر ماي من
هذا العام 2010 فرصة للوقوف
على مدى تطور
النضالات
العمالية و
الشعبية ، و
كذا للاحتفال
بالانجازات الأولى
التي حققناها
في معاركنا ،
إنه أيضا محطة لرصد
نقائصنا و رسم
معالم
المستقبل .
إن الرأسمالية
العالمية
تغرق في
أزمتها ، و تجرف
معها شرائح هائلة
من الإنسانية
و تقذف
بها إلى دوّامة
الحيرة ،
ساعية بذلك إلى
الحفاظ على
مكاسبها ،
فيما تزداد الرهانات
المتعلقة
بالغذاء و الصحة
و الطاقة
و المناخ .. إلحاحا . و في
بلادنا اليوم
حتى دعاة
الليبرالية ( في السلطة
كانوا أو في
المعارضة ) يقرون بفشل
هذه السياسة
التي أملتها
علينا القوى الكبرى
، سياسة بددت
مواردنا ، و
فككت قدراتنا
الإنتاجية ، و
فتحت أبواب
أسواقنا مشرعة
للشركات
المتعددة
الجنسيات .
منعرج وطني غير منطقي
و متناقض
يدّعي
بوتفليقة و
أويحيى اليوم
بأنهما تابا
عن سياستهما
الليبرالية
المتطرفة و
الانتحارية ، و لكن
المنعرج
الوطني الذي
يحاولان رسمه مبني
على اللامنطق
و التناقض : فهما يسندان
مهمة إعادة
الاعتبار
للمؤسسات الوطنية
، على نفس
الأشخاص
الذين أشرفوا على
تدميرها ، و
يكلفان من
كانوا
مسؤولين على
تبعيتنا
الغذائية
بحماية
اقتصادنا ! و فيما
يماطلون في
إعادة تقويم
المؤسسات يواصلون
منح العقود و
الامتيازات
للشركات المتعددة
الجنسيات .
و فيما تسعى
القوى العظمى
جاهدة
لإلغاء الإجراءات
المحتشمة الخاصة
بحماية الاقتصاد
، و تنظم
العقوبات
الديبلومسية ، و تحرك
شبكاتها
الداخلية ،
يبقى هذا النظام
المتمحور حول
شخصية الرئيس
، ضعيفا و هشا ،
بل و مشلولا . و يغرق
في صراعات
داخلية
تحضيرا
لاستخلاف الرئيس . أما الطبقات
الأكثر ثراء
فقد كشفت عن
ضحالتها الاقتصادية
، و تبعيتها
السياسية ،
بحيث جعلها
اندماجها في
دوائر
الاستيراد و الـ" بزنسة "تعارض هذا
المنعرج
الموجّه أصلا
إلى حماية المنتجين
المحليين .
!
العمّــــــــال هم الحـــل
في الوقت الذي
يجد الشباب
أنفسهم في وضع
هش جدا
، و فيما تحس
الجماهير
الشعبية
بتهديد الفقر و
الغبينة كل
يوم ، يتواصل
يوميا
الاعلان عن
مشهد للفساد
البشع و
الرشوة الشاملة
و النهب الجشع
في صالح
الأثرياء المحليين
و أسيادهم
الأجانب . خمسون سنة
مضت على
الاستقلال ، و
على الرغم من الثروات
الضخمة التي
أودعتها
السلطة في البنوك
الأجانبية ،
فإن الجزائر
اليوم
تتقهقر ! إن هذا
التبديد
الاقتصادي و
الاجتماعي
يزرع الفشل و اليأس . إلى ذلك
كله تضاف
الثقة
المنعدمة في
كل التمثيلات
السياسية ، هذا
اليأس و هذه الحيرة يشكلان
هدف كل العروض
التي يتقدم بها
كل يوم منقذو
الأمة
الصغار، في اقتراحاتهم
لتعويض
بوتفليقة و لاداء سياسة
مشابهة
لسياسته .
و لا
يكمن الحل في
المزايدات عن
الهوية. إن الاستغلال
الرأسمالي و
النهب
الإمبريالي لا
علاقة لهما
بالقضايا
الأخلاقية و الدينية
، و لا
يتعلقان
بمسألة جهوية
أو لغوية
، إنهما
استعباد
للإنسانية
قاطبة
في كامل
تعددها
الثقافي و
تجاربها
التاريخية .
إن تجربة
العقود
الأخيرة أكدت
بما لا يدع مجالا
للشك على
أهمية دور
العمال و
الجماهير الشعبية
في كل
الإنجازات
السياسية و الاجتماعية
، ففي المجال
السياسي و
الدفاع عن
الحريات كانت
محطات 80 و 88 حاسمتين جدا
، كما كانت
محطات 80 و 94 جوهرية بالنسبة
إلى الدفاع عن
الأمازيغية ،
أما فيما يتعلق
بالدفاع عن
مؤسساتنا فقد
تميزت
سنوات 2001 و 2003 بمدّ عمالي
هائل ، كما
تميزت سنوات 2002 و 2009 باستماتة قوية
من أجل الدفاع
عن مجانية
العلاج و كذا
التقاعد . نعم إن
نضالاتنا هي
التي أرغمتهم
الإنفاق أكثر من
أجل إسكاننا و
تعبيد طرقاتنا
، و إلا
لمنحوا تلك
الأموال
لـشركة بي ر سي و طونيك
أو فالكون أو
لوسطائهم من
الإمارات العربية !
في الحجار من
أجل إسقاط
القناع عن
وجوه المافيا ،
مع المعلمين ،
و عمال السكة الحديدية
، و عمال
المنطقة
الصناعية بالرويبة
من أجل الدفاع
عن الأجور ،
مع الشبان
في ديار الشمس
من أحل إعادة
الإسكان ..العمال و
الجماهير
الشعبية ليست
مصدرا
للمشاكل ،
إنها مصدر
للحلول دائما .!
عمال السكة
الحديدية
، و مستخدمي
البلديات يعيدون
الهجوم !
بعد
سنوات من
الإضرابات
الممنوعة و
التجمعات المقموعة
في أحيائنا
ومداشرنا ، و
بعد سجن و إدانة
شباننا
الثائرين و
التحرش بالنقابيين
و اعتقالهم ،
ها هي
النضالات الشعبية
تعود من جديد
و ترغم السلطة
على بعض
التنازلات ، و
هي قليلة
بالنظر إلى الاحتياجات
الاجتماعية
الهائلة ، و
قليلة
أيضا
بالنظر إلى
أسعار الخضر و
المواد الاستهلاكية
عامة . و لكن
أويحيى الذي
أرغم على قبول
الزيادات في
الأجور ، ثم
أرغم ثانية
على قبول
الأثر
الرجعي
للمنح و
التعويضات ، و
بعد أن تنازل على
بعض السكنات
ها هو يغتنم
فرصة ضبابية الرؤية
في الأوساط
النقابية في
قطاع التربية و
يحاول إخماد
شعلة
الاحتجاج و يريد
أن يفرض علينا
قانون العمل " الجديد " ، قانون
التقهقر
الاجتماعي ! و لكن
على الرغم من
التحرش و
التهديد ، فإن عمال
السكة
الحديدية
نجحوا في فرض
إضرابهم ،
و نفس الأمر
للمطالبين
بالسكن ، و
الأطباء من
جهتهم عادوا
إلى تجمعاتهم
الاحتجاجية ، و
الأساتذة على
أهبة
الاستعداد
للعودة إلى
ساحة الإضراب
، و العمال في
الحجار يعدّون
معاركهم المقبلة . من أجل
بديل
ديمقراطي
معادي
لليبرالية ، معادي
للرأسمالية !
هل
يمكن أن
نعوّل على
من يستفيد من
استغلالنا من
أجل تحسين حالة
الجماهير
الكادحة ! ! كــــلاّ ! فلنقم إذن
بتنظيم
التعبئة
العمالية و
الشعبية ! لنفرض حرياتنا
الديمقراطية ! و لنكن
كلنا من أجل
نقابة طبقية
مستقلة ديمقراطية
و مناضلة !
و هل يمكن
أن نعوّل
على أرباب
التبعية و
الاستيراد من أجل
بناء
اقتصادنا
الوطني !! و هل يمكن
أن نعوّل على
بورجوازيتنا
هذه ، و
هي تبني
ثروتها على
الصفقات
المشبوهة و الفساد ! كــــلاّ !!
فمن
أجل النضال
ضد الفساد و
الرشوة لا بد
على الأقل من
رفع السر
البنكي .
من
أجل برنامج
تنموي في خدمة
الحاجيات
الاجتماعية
للجماهير ! و
لنساهم كلنا
في بناء حركة
سياسية لحزب يمثل
حقا العمال والشباب
و كل المقهورين
. تحدياتنا
هي على صعيد
عالمي ،
فلنؤسس
لتضامن عالمي
حقيقي.
Déclaration du 1er mai 2010
Ce 1er mai 2010 est
l’occasion de fêter le développement des luttes ouvrières et populaires et de
célébrer les premiers acquis de notre combat, c’est aussi l’occasion de faire
le point sur nos faiblesses et de tracer nos perspectives.
Le capitalisme mondial s’enfonce
dans la crise et précipite dans le désarroi des pans entiers de l’humanité pour
préserver les profits alors que les défis alimentaires, sanitaires,
énergétiques et climatiques se font plus pressants,
Dans notre pays, les partisans du
libéralisme, ceux du pouvoir comme ceux de l’opposition, avouent l’échec de
cette politique dictée par les grandes puissances, une politique qui a gaspillé
nos ressources, démantelé nos capacités productives et livré le marché aux multinationales.
Un tournant patriotique inconséquent
et contradictoire
Bouteflika et Ouyahia, disent se
repentir de leur politique ultralibérale suicidaire, mais le tournant
patriotique qu’ils peinent à mettre au jour est fait de contradictions et
d’inconséquence. On confie la réhabilitation des entreprises à ceux qui ont
dirigé leur destruction. On charge ceux qui aggravé la dépendance de
protéger notre économie. Et pendant que le redressement des entreprises traine,
on continue d’offrir les contrats et les concessions aux multinationales.
Pendant que les grandes puissances
utilisent tous leurs moyens pour annuler les timides mesures protectionnistes,
organisent les représailles diplomatiques, mobilisent leurs relais locaux, le
régime, centralisé autour du Président affaibli, semble paralysé. Il se déchire
dans les luttes de succession. Les classes possédantes révèlent leur
inconsistance économique et leur vassalité. Leur intégration dans les
circuits d’importation et d’affairisme les place dans l’opposition à un
tournant pourtant destiné à servir les producteurs nationaux.
Les travailleurs sont la
solution !
Alors que la jeunesse est livrée à
la précarité et que les masses populaires sont menacées de clochardisation, le
spectacle odieux de la corruption massive et du pillage systématique au profit
des possédants nationaux et au profit de leurs tuteurs étrangers est révoltant.
50 ans après l’indépendance, l’Algérie régresse malgré les réserves immenses
prêtées aux pays riches. Ce gâchis économique et social sème le défaitisme et
le désespoir. Il y a aussi une perte de confiance dans toutes les
représentations politiques. C’est ce désarroi que ciblent les offres de service
de petits sauveurs de la Nation qui se proposent de remplacer Bouteflika pour
conduire une politique qui lui ressemble.
La solution n’est pas non plus la
surenchère identitaire. L’exploitation capitaliste et le pillage
impérialiste ne sont ni une question morale ou religieuse, ni un problème
régional ou linguistique, ils accablent l’humanité entière dans la diversité de
ses cultures et de ses expériences historiques.
L’expérience des dernières décennies
confirme le rôle nécessaire et déterminant des travailleurs et des masses dans toutes
les avancées politiques et sociales, pour les libertés en 80 et 88, pour
tamazight en 80 et 94, pour défendre nos entreprises en 2001 et 2003, pour
préserver la médecine gratuite en 2002 et nos retraites en 2009.
Oui, ce sont nos luttes qui les ont obligés à dépenser pour nous loger et
pour goudronner nos routes, sinon ils auraient offert cet argent à BRC, à
Tonic, à Falcon ou aux intermédiaires émiratis ! A El Hadjar pour démasquer les
maffias, avec les enseignants, les cheminots et Rouiba, pour les salaires, avec
Diar Eschems pour les relogements, les travailleurs, les masses populaires ne
sont pas le problème, ils sont la solution !
Les cheminots, les communaux ont
repris l’offensive !.
Après des années de grèves
interdites, de rassemblements matraqués à travers nos quartiers et nos
villages, de lourdes condamnations pour les jeunes révoltés et de
persécution pour nos syndicalistes, les luttes populaires ont obligé le pouvoir
à céder un peu. Trop peu au regard des besoins sociaux, trop peu quand on pense
aux prix des légumes. Mais après avoir concédé des augmentations et s’être
résigné à l’effet rétroactif, après avoir consenti quelques relogements,
Ouyahia a voulu profiter du cafouillage syndical chez les enseignants pour
éteindre la contestation et faire passer son code du travail, son code de
régression sociale. Mais malgré l’intimidation et les menaces, les cheminots,
les communaux ont imposé leur grève, les mal logés et les médecins ont repris
leurs rassemblements, les enseignants se mobilisent, El Hadjar se
prépare.
Pour une alternative démocratique,
anti libérale et anti-impérialiste!
Pour améliorer la situation des
masses, peut on compter sur ceux qui tirent profit de notre exploitation ?
Organisons la mobilisation ouvrière et populaire ! Imposons les libertés
démocratiques ! Pour un syndicat de classe autonome démocratique et
combatif !
Contre la corruption, peut-on
compter sur ceux qu’elle nourrit ? Levée du secret bancaire et contrôle
populaire !
Pour construire l’économie nationale
peut-on compter sur les organisateurs de la dépendance ? Peut-on reposer
sur notre bourgeoisie qui tire sa fortune des trafics ? Pour un programme
de développement au service des besoins sociaux des masses ! Construire le
mouvement politique le parti qui représente les travailleurs, les jeunes et
tous les opprimés !
Nos défis sont à l’échelle
planétaire, construisons la solidarité internationale !
SN du PST.
Alger, le 1er mai 2010
SEULE LA
LUTTE PAIE !
L’émergence de la question identitaire
Amazigh sur la scène publique le 20 avril 1980 a été l’aboutissement de la
résistance dans les années soixante et soixante dix. Les revendications posées
par le mouvement 80 méritent d’être rappelées :
-
Identité amazigh du peuple algérien
-
Reconnaissance des langues populaires ; Tamazight et arabe algérien
-
Les libertés démocratiques
-
Réécriture objective de l’histoire
Ces
revendications ont été posées de manière indissociable du cadre de
l’émancipation sociale à travers le mot d’ordre du « Vrai
Socialisme ».
30
ans après, par le combat unitaire de plusieurs générations de militants et
après beaucoup de sacrifices, des avancées sont enregistrées. La
constitutionnalisation de la langue Amazigh est acquise grâce aux événements de
2001, les libertés démocratiques ont avancé et la brèche démocratique, ouverte
par Avril 80 suivi par l’intifada d’Octobre 1988, ont permit d’arracher des
acquis considérables. Sur le terrain social, le capitalisme d’état des années
70 a produit une bourgeoisie qui a ruiné l’économie du pays et offre nos
richesses aux colonisateurs d’hier.
Mais
le chemin reste long pour l’officialisation de tamazight et la reconnaissance
de l’arabe algérien. L’identité, même intégrée dans la constitution, reste
insuffisante et nécessite l’ouverture d’un débat national. Sur le plan social,
la majorité du peuple est paupérisée et le tissu industriel détruit.
Aujourd’hui,
les choses ont évolué ; les adversaires du mouvement culturel berbère qui
ont assassiné Amzal Kamel parlent en tamazight et proclament leur origine
amazighe ! C’est tant mieux. Toutes les régions d’Algérie commémorent le
printemps berbère.
Pour
les militants de la gauche, les revendications identitaires et démocratiques
sont liées aux questions sociales. Pour faire aboutir nos revendications seuls
des fronts d’action unis peuvent nous faire avancer !
Le
PST est partie prenante de tous les combats pour exiger nos droits
démocratiques et sociaux.
Béjaia le 16 Avril 2010
Direction de wilaya du PST
Ou va le capitalisme
algérien ?
Nouveau
tournant du capitalisme algérien ?
Le gouvernement d’ Ouyahia, par le biais de son ministre de l’énergie et de
la promotion des investissements A. Temmar semble vouloir donner un nouveau
souffle à sa politique en cours depuis deux ans. Les sociétés de gestion des
participations (SGP) seront remplacées par de « entreprises
nouvelles ». La première opération réalisée dans ce cadre est l’installation
d’une nouvelle entité qui a absorbé les groupes cimentiers et les filiales de
l’ex-SGP-GICA. Cette « nouvelle entreprise » est financée totalement
par les fonds publics, selon Temmar. Elle devrait donc permettre, selon
toujours le ministre, de créer « un leader national d’industrie de
ciments et autres matériaux de construction » ; Une manière
d’échapper aux spéculations qui touchent ce secteur ?!
Ces fusions
d’entreprises se veulent cependant agir sur le long terme dans différents
secteurs jugés porteurs à l’instar de l’industrie, de l’électronique, de la
construction mécanique… D’ailleurs à-t-on indiquer, après la restructuration du
secteur du ciment, de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), de
Saidal, d’autres entreprises publiques seront touchées prochainement. La nouvelle vision prônée par le département
de l’industrie du ministère de l’énergie comprend aussi un aspect local. Il
s’agit de la création de cinq « zones intégrées de développement industriel »
(ZIDI), à Annaba, Sétif, Bordj Bou Arréridj, Oran et Blida pour un début, avec
à long terme son prolongement à 29 wilaya jugées ayant un potentiel industriel
porteur.
Mais pour mener à bon
port cette politique, le ministre a besoin de capitaux.
Polémique
et contradiction !
Cependant, il y a comme
une incohérence ou un manque de cohésion dans les choix de cette politique
économique au sein du gouvernement d’Ouyahia. Abdelhamide Temmar a soutenu,
lors de sa dernière sortie médiatique, que le pays doit rapatrier une partie
des ses réserves placées à l’étranger et la consacrer à des investissements
nationaux dans le secteur industriel. Attitude logique ou du moins elle est en
diapason avec le tournant que veut
prendre la politique économique du gouvernement, à savoir ne plus compter
fondamentalement sur l'investissement étranger pour doter le pays d'un tissu
industriel à même de réduire la dépendance à l'extérieur en ce domaine. En effet le tournant
« patriotique » qu’a pris la stratégie d’Ouyahia, souligné déjà
pendant quelque temps, se voit obligé, faute d’investissements étrangers, de
compter sur soit. Sa stratégie industrielle a donc besoin pour sa mise en œuvre
du financement public. Mais c’est de l’intérieur du gouvernement que cette
stratégie est contredite. Ce sont Karim Djoudi, l’argentier du pays et Mohamed
Laksaci, président directeur général de la banque centrale qui s’opposent à
cette démarche. Ils défendent pour cela la prudence dans les dépenses
publiques. Ils préconisent ne pas
toucher aux réserves financières de la nation qui sont sa protection contre
d'éventuels coups durs auxquels elle pourrait se trouver confrontée à un moment
ou à un autre dans l'avenir. Nous connaissons la prudence du gouvernement face
aux pressions des libéraux qui demandaient, dans un passé récent, l’injection de
cette manne financière dans « les fonds souverains ». Si cette
précaution avait un sens, la sortie de Djoudi de Laksaci reste problématique.
Il y a de quoi se poser des questions sur leur motivation. S’agit-il du même
scénario qui a vu le départ de A. Benachenhou du
gouvernement suite aux contradictions qui l’ont opposé au chef du gouvernement.
Pour rappel, Benachenhou s’opposait au chef du gouvernement de l’époque,
Ouyahia, à l’intervention de l’Etat dans la sphère économique et la gestion
financière. Il était dans sa logique du libéralisme ambiant et du dogme
triomphant en ce moment. Résultat des courses, on a assisté au départ de
Benachenhou. Temmar est-il donc la tête
visée ? Histoire de donner un os à la campagne contre la corruption !
Trois
générations de réformes :
Pour rappel, le
capitalisme Algérien a engagé des réformes économiques dés les années 80. Il
s’agissait à l’époque de réorganiser l’économie d’un capitalisme d’état jugé
étouffant. Cela s’est soldé par le dépeçage des entreprises publiques par la
création de plusieurs filiales, à l’image de Sonatrach qui s’est vu se
démembrer en 09 entreprises. Cette restructuration qui s’assimile plus à une
destruction du tissu industriel, faut-il le souligner, a mis en quasi faillite
ces nouvelles entités économiques en un rapide laps de temps. Des nouvelles
entreprises, appelées filiales, ont été érigées à la place. Mais elles vont
vite se noyer dans le passif des entreprises mères endettées et
bureaucratiquement gérées.
Après la crise
pétrolière et boursière de 1986 et 1987, le capitalisme algérien va engager une
nouvelle ouverture à travers le rééchelonnement de sa dette et marque ainsi le
début de la soumission aux injections du FMI et de la Banque mondiale. Le
gouvernement Hamrouche entame la première génération des réformes en mettant
les entreprises nationales sous la tutelle des « Fonds de
participations » avec comme crédo la rentabilité. La loi de janvier 1988
stipule de tirer le maximum de dividendes dans la gestion de ces entreprises
avec la nécessité d’une entraide entre entreprises, compte tenu des inégalités
de richesses et de difficultés existant entre elles.
C’est dans le milieu des
années 1990 que le plan de réajustement structurel entre en vigueur, avec en
prime la dissolution de 1500 entreprises, considérées comme déficitaires, et le
licenciement de prés d’un million de travailleurs. Les entreprises restantes
sont destinées à la privatisation. Une ordonnance est promulguée et adoptée
dans ce sens au cours de l’année 1995 par le conseil national de transition.
Des holdings sont mis en place pour mettre en œuvre cette politique de
privatisation, appelée les réformes de la deuxième génération.
En 2003 le gouvernement
décide de remplacer les holdings par les sociétés de gestion de participation
(SGP). Le but est de finaliser et de mener à terme le processus de
privatisation de ce qui reste des entreprises publiques et d’encourager par la
même occasion les investissements du captal privé et notamment du capital
étranger (IDE). C’est la troisième phase dans la libéralisation de l’économie
capitaliste algérienne. Mais ces SGP n’on que peu de pouvoir de décision. Leur
prérogatives seront réduite en raison surtout des contradictions et des
divergences avec les ministères de tutelles et les contradictions
interministérielles qui ont caractérisé les pouvoir de Bouteflika.
L’entrée du capitalisme
algérien dans l’économie de marché mondial est totalement chaotique. Ces
nouvelles réformes, ces « nouvelles entreprises » qui vont se
substituer aux SGP, celles d’une quatrième génération de réformes, peut-on
dire, marque le retour dans le giron de l’état. Peut elle donner une certaine
stabilité à l’économie capitaliste algérienne, tant revendiquée par le patronat
et les milieux d’affaires algériens et tant rêvé par une partie de la
population, avec comme avantage une manne financière conséquente ? Mais
quand on connaît les contradictions qui traversent aujourd’hui le capitalisme
mondial dans la quêtes de nouveaux marchés et de plus d’énergie ; quand on sait que c’est le même ministre
Temmar et le même gouvernement sous la même présidence qui ont dirigé la
privatisation, qui ont organisé la corruption, qui ont chanté les louanges du
libéralisme, qui ont faillit liquider Sanatrach…. !!!!
Nadir
le 31 03 2010
لا لبناء
جدار العار
الفولاذي
يندد
حزب العمال
الاشتراكي٬
بناء الجدار
الفولاذي من
طرف النظام
الموالي
للولايات
المتحدة و الكيان
الصهيوني. إن
هاذ الجدار
يذكرنا جدار
أخر حول أراضي
الضفة الغربية
المحتلة ٬ فمن
الواضح إنها
خطوة إضافية
لتدعيم
الحصار على
مليون و نصف
مليون من
الفلسطينيين
المسجونين في
ديارهم في
اكبر سجن ذو
سماء مفتوح ٬
منذ أكثر من
ثلاث سنوات.
تقام
هذه العملية
تحت رعاية
أمريكية و
أوروبية كما
تكشف قي نقس
الوقت عن
الطبيعة
الحقيقية
للعلاقات بين
مصر و
الولايات
المتحدة و الكيان
الصهيوني ٬
مبينة هكذا
خضوع نظام
مبارك كليا
للامبريالية
و حلفائها الصهاينة.
في
حقيقة الأمر
السبب في هذا
البناء ليس
منع تهريب
الأسلحة و
المخدرات من
غزة إلى مصر
كما يدعيه
النظام
المصري ٬ بل
الهدف هو منع
الغذاء ٬ و
الأدوية ٬ و
البنزين إلى
غزة و بذلك
تشديد الحصار
المحكم على كل
الغزاويين
لغرض تركيع
المقاومة و
حملها على
الاستسلام
أمام المشروع
الامبريالي
الصهيوني
الرامي إلى
التصفية
النهائية
للقضية و
الحقوق الوطنية
للشعب
الفلسطيني.
يؤكد
حزب العمال
الاشتراكي
دعمه غير
المشروط
للشعب
الفلسطيني
المكافح لأجل
استجابة حقوقه:
الحق في تقرير
مصيره بكل
الوسائل بما
فيها الكفاح
المسلح ؛ الحق
في عودة
اللاجئين كما
يؤكد مرة أخرى
على السعي في
تفكيك الكيان
الصهيوني
الذي يجسد
مشروعا عنصريا
و استعماريا
حليفا
للامبريالية٬
و ذلك لتمكين
شعوب
المنطقة من
التحرر و الانعتاق. فالقضية
هنا ليست في
مساندة حماس
في البقاء في
السلطة في غزة٬
بل مساندة شعب
يقاوم من اجل
الحياة.
إن
حزب العمال الاشتراكي على
يقين أن
فلسطينيو غزة
لا يقاتلون من
أجل حقوقهم
وكرامتهم
وحسب، بل من
أجل حرية كل
شعوب ، كما
يقاومون رؤوس
الامبريالية
المتحالفين ،
ويتصدون
لمحاولاتهم
استعباد شعوب
العالم ، بما
فيها
الجماهير
الشغيلة في
الحواضر
الصناعية. و من
الضروري تعزيز
حركات
التضامن مع
الشعب
الفلسطيني٬ و
توسيع حملة
المقاطعة –
وقف
الاستثمار –
فرض العقوبات (BDS)،
التي تساهم
في فضح
الحكومات و
المجموعات الرأسمالية
المتواطئة و
إضعاف الكيان
الصهيوني مما
سيقوي المقاومة
الفلسطينية
المناهضة
للامبريالية.
فكل انتصار
للمقاومة
الفلسطينية
هو انتصار للحركة
الجماهيرية
في العالم و
في بلادنا، وكل
انتصار لنضال
الفقراء
والكادحين في
بلادنا هو
انتصار
للمقاومة ضد
الاستعمار و
الامبريالية
والصهيونية.و
لهذا يجب أن
نسعى :
-
من أجل
المطالبة
بالوقف
الفوري لبناء
الجدار الفولاذي
و تدمير
الجدار
الفصل، و وقف
الحصار و
الحظر
العالمي.
-
من أجل فرض
احترام الحق
في الحياة، و
حقوق الإنسان
الحيوية
للشعب
الفلسطيني و
الاعتراف بحقوقه
الوطنية
الشرعية.
-
من أجل السعي
في محاكمة
مجرمي
إسرائيل و
إفشال مساعدة
أوروبا و أمريكا
لهم.
-
من أجل إيقاف
مساهمة
الحكومات
العربية
بطريقة فعالة
ضد فلسطين و
رفض كل أشكال
التطبيع.
-
من اجل
تفكيك نظام
الأبارتايد
الصهيوني.
-
من اجل
الاعتراف
بشرعية
مقاومة الشعب
الفلسطيني و
حقه في
استعمال كل
الوسائل بما
فيها السلاح.
-
من اجل مقاطعة
الكيان
الصهيوني
سياسيا و
اقتصاديا و
ثقافيا و رفض
كل أشكال
التطبيع.
-
من أجل حق
اللاجئين في
العودة.
-
من أجل حق
الفلسطينيين
في دولة وطنية
ديمقراطية و
موحدة.
الأمانة الوطنية
الجزائر
21 فيفري 2010
Présidente de l’association
féminine Tighri Ntmettouth de Tizi ouzou, Nabila Djahnine est assassinée dans
la matinée du 15 février 1995. Elle avait 29 ans.
Elle est issue d’une famille populaire de Bejaïa, qui lui a enseigné
l’ouverture d’esprit et l'a mise en contact avec le monde militant. Elle se
radicalise très vite quand la vague obscurantiste qui submerge le pays menace
d’emprisonner sa propre vie. Elle rejoint le PST vers la fin des années 80.
Etudiante à Tizi ouzou, elle contribue à la fondation du Syndicat national des
étudiants algériens qui s’était constitué après la grande grève générale de
87.
Elle prend une part active au travail de construction du deuxième séminaire du
Mouvement Culturel Berbère, en 1989, qui fit émerger le MCB comme acteur
essentiel de l'ouverture politique.
Membre de la commission femmes de son parti, elle est parmi les membres fondatrices de l’AEF (association pour l’émancipation de la
femme) et construit l’association de Tizi ouzou, Tighri ntmettouth (le cri de
la femme) qui essayait de faire parvenir le message de l'émancipation jusqu'aux
villages les plus enclavés sans déserter les étudiantes de Mdouha ou les
travailleuses.
Membre de la direction de ville de Tizi ouzou, elle n'hésitait pas à faire face
à une société particulièrement conservatrice.
Elue à la direction du PST en mai 1991, elle s’investit activement dans les
débats consécutifs à la victoire électorale du FIS et se retire de son parti au
courant de l’année 92 pour se consacrer à son activité féministe locale et à
son travail d’architecte.
Après le meurtre de la jeune Katia Bengana, lycéenne de Meftah, tuée le 28
octobre 1994 pour avoir refusé le diktat vestimentaire des intégristes, le
lâche assassinat de Nabila a eu un impact considérable parmi celles qui
n’avaient pas déserté l’Algérie dangereuse des années 90,
Car elle était de celles qui ont continué à vivre, à circuler, à travailler, à
militer refusant d’abandonner les espaces que les femmes avaient conquis dans
une Algérie qui restait dominée par le conservatisme patriarcal,
Elle était de celles qui avaient continué à rêver à haute voix d’un avenir
meilleur qui bannisse l’oppression des femmes mais qui abolisse aussi
l’exploitation sociale et l’oppression politique.
A Katia, à Nabila, à ses adorables parents tous deux morts de tristesse
quelques mois après leur fille, et à celles qui ont résisté et tenu à leurs
valeurs malgré la peur, nous disons merci pour la part de notre liberté que
vous avez préservée. Nous leur devons aussi de continuer le combat contre
l’oppression.
Nabila tighri inem naslat, ton cri nous l’avons entendu.
ضد الفساد
رفع السر
البنكي و
مراقبة شعبية !
في حين أن
الحجار و
المؤسسة الوطنية
للصناعات
الالكترونية
ببلعباس
يناضلان من
اجل إنقاذ
وسيلة العمل٬ في حين أن
منطقة
الرويبة٬ و
الأطباء٬ و
المدرسون
يطالبون
بأجور لائقة٬ في حين
أن الشباب
يتمرد من اجل
وظيفة و ظروف
معيشية كريمة٬
تقوم السلطة
بنشر فسادها في وضح
النهار و
الفضائح في
تزايد.
فليتوقف
النهب من
طرف الشركات
متعددة
الجنسيات!
إعادة
تأميم الحجار
و جميع
القطاعات
الإستراتيجية!
استرداد
النقابة٬ و
الانتصار ضد
القمع
النقابي ٬
الزيادة في
الأجور٬رفض
تقليص مناصب
الشغل٬ و
التعبئة
القوية في
الحجار شجعت
على بعث النضالات
العمالية. إن تفكيك
الشبكة
النقابية
المافايوية العاملة
لصالح ميتال ٬ رفض
عدمية
الاستثمار و
التبليغ عن
العديد من
المتاجرات
الغير
قانونية كشفت عن
الوجه
الحقيقي
للمستثمرين
الضواري الذين
يدمرون
صناعتنا
للاستفادة من
الواردات .جعلت
اسلور ميتال
من الحجار ٬المحروم
من مفحمته و
الاقتصار في
تشغيل فرن
عالي واحد٬مركبا
للحديد
يستورد
الحديد الصلب
و الفحم.
لكن
لماذا
الاستمرار في
خوصصة
الموانئ بينما
دبي تتوقف عن
الدفع٬لماذا نهدي
لشركة طوطال
حقول غاز
اكتشفتها سوناطراك٬لماذا تقدم
الدعوات
لشركات
أجنبية بينما
تصفى الشركة
الوطنية
للأشغال
الكبرى للطرقات
؟ لماذا
يتعامل
القطاع العام
مع شركة تأمين
خاصة أو ممول
خاص
للانترنت؟
الدين الجديد
هو خوصصة
أرباح الاستغلال
الرأسمالي. لكن
الدوغمائية
الليبرالية
لا تكفي
لتفسير لماذا
تعمل . قوة
الخوصصة٬تكمن
في عدم
إمكانية
المؤسسات
العمومية تقديم
الرشاوى!
إعادة
تأميم الحجار
و جميع
القطاعات
الإستراتيجية!
تأميم
المحروقات
والمناجم
والمصالح
العمومية!
لا
للمعاهدات الغير متكافئة
مع الاتحاد
الأوروبي
ومنظمة
التجارة
العالمية!
لا
لمنافسة
الغير عادلة
للمنطقة
العربية
للتبادل الحر (ZALE)! لا
الشراكة
الجديدة
للتنمية في
إفريقيا (NEPAD)
في حين أن
فرنسا
والولايات
المتحدة
تعاقب الجزائر
على التدابير
الحمائية
الخجولة ، يسعى بوتفليقة
إلى
ملاطفتهما عن
طريق شراء
أسلحة و وعود
عقود في الخطة
المقبلة٬ في حين يتردد
الحكام في
إنعاش المؤسسة
الوطنية
للصناعات
الالكترونية و
يضعون قطاع
المنسوجات في
حالة إفلاس ٬ فوطنية
أويحيى و
بوتفليقة
المتعارضة تقدم
امتيازات الوكالة
الوطنية
لتطوير
الاستثمار (ANDI)
إلى شركات
متعددة
الجنسيات . ماذا
ننتظر من
اتفاق تبادل
حر مع قوى تدعم
صادراتها ٬ و تحدد
المعايير
وتملي علينا
خيراتنا
الاقتصادية؟
في حين
ترفض دول
الجنوب ، منذ
سياتل في1999،
فتح الخدمات ،
فلماذا يعطى الماء ٬الهاتف
، ومترو
والطريق
السيّار
لشركات
متعددة
الجنسيات.
لماذا كل هذه
التنازلات
الانتحارية لإرضاء
منظمة
التجارة
العالمية ؟
هذه السياسة
أدت إلى تفاقم
الاعتماد على
النفط و ضعّفت ثلاثة
مرات
الواردات . تراجع الناتج
الداخلي
الخام بـ 20% فمن 175
مليار دولار
في عام 2008 إلى 140
مليار دولار
في عام 2009. السلطة
تعترف بأن
اختياراتها
أملتها القوى الكبرى
، و تقرّ
بالأثر
المدمر على
اقتصادنا،
كما تحذّر من
مكاتب
الدارسات
الأجنبية . و تتظاهر
بأسفها للصك
على بياض
المسلم
للشركاء
الأجانب . لكن
المعلومات
التي نشرتها
الصحف تشير
إلى أن هؤلاء
الشركاء قد
اشتروا ذمم
الكثير من
الناس. الرشاوى
الكبرى
نمت مع وصول
الشركات المتعددة
الجنسيات
التي تدفع
غاليا لتتحصل على
عقود التي
تلحق الضرر
بالمصالح
الوطنية.
إلغاء
المعاهدات
غير المتكافئة! تأميم
الخدمات
العمومية !
حماية
السوق
الوطنية ! من
اجل خطة
تنموية
لتلبية
الاحتياجات
الاجتماعية !
لمكافحة
الفساد ، يجب
علينا رفع
السر البنكي
يجب علينا
أن نفرض
الديمقراطية
والمراقبة الشعبية
تجديد
مجلس الأمة٬
الطريق السيّار ،
سوناطراك ،
صيد التونة ،
المجالس
الشعبية
البلدية
والفضائح في
تعاقب .و
هل
تستمر
السلطة في بث
معلومات جزئية وفقا
لتصفية
حسابات في
البلاط وإدانة
المرؤوسين
الصغار؟ يجب
التدقيق في
العقود
الكبرى لشركة
سوناطراك ،
تحديد
أولائك
الذين شلّوا
البريد و
المواصلات
لإعطاء
الاحتكار لجازي٬
وفضح الذين قدموا
مناجمنا
وحقول نفطنا ،
و توضيح لماذا
تستحوذ مؤسسة
الأشغال و
إنجازات الري
و البناء مجمع
حداد (Groupe
ETRHB HADDAD)
على الكم
الهائل من
العقود
لشركائها
الأجانب
بينما تجهل في
حد ذاتها
انجاز نفق
حضري (Trémie). البعض يدعو
القوى
الغربية
لتحسين
الجزائر أخلاقيا،
كما لو أن
الاستغلال
والنهب والفساد
لم يكن الوجه
الحقيقي
للرأسمالية ٬ كما
لو لم تكن
أميركا شركة (براون
أند روود
كوندور BRC) و أوروبا
شركة فالكون (Falcon Electro Mechanical
Contracting Co)
متورطتان في
هذه الفضائح .
تقترح
السلطة التي
تنشر في وضح
النهار
انحطاطها
المعمّم
٬
الاختيار من
بين خواصها
محققين أعفاء
و قضاة نزهاء . و من
سوف يراقب
المراقبين! في حين لا
زلنا لا نعرف
ظروف خوصصة
الحجار ، و لا
قائمة
المستفيدين
من الخليفة . فالسبيل
الوحيد
للتصدي
للفساد هو
تحرير كلمة الشعب ،
وفرض مراقبة
شعبية. نشر جميع
الملفات
وجميع العقود
لتمكين
المواطنين من
الاطلاع
عليها
وترهيب
الفاسدين!
فتح
دفاتر
الحسابات! رفع
السر البنكي! المراقبة
الشعبية!
شوقي
صالحي الأمين
العام لحزب
العمال
الاشتراكي
الجزائر ٬ 6 فيفري
2010
Contre la corruption
levée du secret bancaire et contrôle populaire !
Alors qu’El
Hadjar et l’ENIE de Bel Abbes luttent pour sauver l’outil de travail, alors que
la zone de Rouiba, les médecins et les enseignants réclament des salaires
dignes, alors que les jeunes se révoltent pour un emploi et des conditions de
vie décentes, le pouvoir étale sa corruption au grand jour et les scandales se
multiplient.
Halte au pillage des
multinationales !
Renationalisation d’El Hadjar et de
tous les secteurs stratégiques !
Reconquête du
syndicat, victoire contre la répression syndicale, augmentation des salaires,
refus de la compression d’effectifs, la puissante mobilisation d'El Hadjar a
encouragé la relance des luttes ouvrières. Le démantèlement du réseau syndical
maffieux au service de Mittal, le rejet du désinvestissement et la dénonciation
de plusieurs trafics ont révélé le vrai visage des investisseurs prédateurs qui
détruisent notre industrie au profit des importations. Arcelor Mittal a fait
d’El Hadjar, privé de cokerie et réduit à un seul haut fourneau, un complexe
sidérurgique qui importe de l’acier et du coke !
Mais pourquoi
continuer de privatiser les ports alors que Dubai est en cessation de paiement,
pourquoi offrir à Total les gisements de gaz découverts par Sonatrach, pourquoi
convier des entreprises étrangères pendant qu’on liquide Sonatro ?
Pourquoi le secteur public traite t-il avec un assureur privé ou un provider privé ? La nouvelle
religion est de privatiser les profits de l’exploitation capitaliste. Mais le
dogmatisme libéral ne suffit pas à expliquer pourquoi ça marche. La force de la
privatisation, c’est qu’une entreprise publique ne peut pas donner de pot de
vin !
Renationalisation d’El Hadjar
et de tous les secteurs stratégiques !
Nationalisation des hydrocarbures
des mines et des services publics !
Non aux traités inégaux avec
l’UE et l’OMC !
Non à la concurrence déloyale de la
ZALE ! Non au Népad !
Alors que la
France et les USA punissent l’Algérie pour ses timides mesures
protectionnistes, Bouteflika tente de les amadouer par des achats d’armement et
par les promesses de contrats du prochain plan. Alors qu’on hésite à relancer
l’ENIE et qu’on met en faillite le textile, le patriotisme inconséquent de Ouyahia et Bouteflika offre les privilèges de l’ANDI aux
multinationales. Que peut on attendre d’un accord de
libre échange avec des puissances qui soutiennent leurs exportations, qui
fixent les normes et qui dictent nos choix économiques ?
Alors que les pays du sud refusent, depuis Seattle en 99, l’ouverture des services, pourquoi avoir donné aux multinationales l’eau, le téléphone, le métro et l’autoroute. Pourquoi toutes ces concessions suicidaires pour plaire à l’OMC ? Cette politique a aggravé la dépendance au pétrole et triplé les importations. Le PIB recule de 20%, de 175 MM$ en 2008 à 140 MM$ en 2009. Le pouvoir reconnaît que ses choix ont été dictés par les grandes puissances, il reconnaît l’effet désastreux sur notre économie, il met en garde contre les bureaux d’étude étrangers, il fait mine de regretter la carte blanche laissée aux partenaires étrangers. Mais les informations publiées indiquent que ces partenaires ont acheté beaucoup de monde. La grande corruption s’est développée avec l’arrivée des multinationales qui paient cher pour obtenir des contrats qui portent préjudice aux intérêts nationaux.
Dénonciation des traités
inégaux ! Nationalisation des services publics !
Protection du marché
national ! Pour un plan de développement au service des besoins
sociaux !
Pour combattre la corruption, il
faut lever le secret bancaire
Il faut imposer la démocratie et le
contrôle populaire
Sénatoriales, autoroute, Sonatrach , pêche au thon, APC, les scandales se succèdent. Va-t-on continuer à distiller des informations partielles en fonction des règlements de compte du sérail et faire condamner les sous fifres ? Il faut éplucher les grands contrats de Sonatrach, identifier ceux qui ont paralysé les PTT pour donner le monopole à Djezzy, dénoncer ceux qui ont offerts nos mines et nos gisements pétroliers, expliquer pourquoi l’ETRHB obtient tant de contrats pour ses partenaires étrangers alors qu’elle ne sait pas, elle-même, réaliser une trémie. Certains en appellent aux puissances occidentales pour moraliser l’Algérie, comme si l’exploitation, le pillage et la corruption n’étaient pas le vrai visage du capitalisme, comme si les USA de la BRC et l’Europe de Falcon n’étaient elles mêmes impliquées dans ces scandales.
Le pouvoir qui étale au grand jour sa déchéance généralisée propose, lui, de choisir parmi les siens des enquêteurs incorruptibles et des juges intègres. Et qui va contrôler les contrôleurs ! On ne connaît toujours pas les conditions de la privatisation d’El Hadjar, ni la liste des bénéficiaires de Khalifa. Le seul moyen de faire face à la corruption c’est de libérer la parole du peuple et d’imposer le contrôle populaire. Publication de tous les dossiers, de tous les contrats pour permettre aux citoyens de savoir et intimider les corrompus !
Ouverture des livres de compte ! Levée du secret bancaire ! Contrôle populaire !
Chawki Salhi SG du PST
Alger, le 6 février 2010
نضال
عمال الشركة
الوطنية المركبات
الصناعية
يبيّن الطريق
يساند
حزب العمال
الاشتراكي (PST) التعبئة
الهائلة
لعمال الشركة
الوطنية للمركبات
الصناعية SNVI
صوناكوم
سابقا لا بد
من فرض أجرة
لائقة و كريمة
. لابد من رفض
كل محاولة
إعادة النظر
في نظام
حمايتنا
الاجتماعية
.إن حزب
العمال
الاشتراكي
يحي عمال
المنطقة
الصناعية
برويبة و الرغاية
الذين انضموا
إلى جانبهم.
يندد حزب
العمال
الاشتراكي
بشدّة القمع
الشرس و
محاولات
الترهيب و
التي ليس من
مقدورها الإحباط
من عزيمة
العمال.
35000 دج
أجرة قاعدية
كحدّ أدنى !
زيادة 20000 دج
للجميع !
الأجر الوطني
الأدنى
المضمون يرتفع من
حين إلى أخر ٬
على عكس القفة
التي تفّرغ
أكثر فأكثر. القوة
الشرائية
لدنانيرنا في
انهيار مستمر
. تمتلك
الجزائر منذ
السنوات
الأخيرة
كثيرا من
العملة
الصعبة ٬لكن
الدينار في
حالة تقهقر
دائمة.
النتيجة : فان
الأجر
القاعدي الذي
كان يساوي 4000 دج
في أول جانفي 1994
يعادل 5600 فرنك
فرنسي أي 850
يورو. فأما
مبلغ 15000 دج الذي
أقرّته
اللجنة الثلاثية
فلا يعادل
اليوم إلا 138
يورو. لماذا؟ لأّن
الحكام
الليبراليين
الذين كانوا
يرغبون في استقطاب
المستثمرين
الأجانب مع
العرض عليهم
يد عاملة لا
تكلف كثيرا!
فالجميع
يعترف أن 30000 دج
شهريا لا
تكفي لسد
احتياجات
أسرة واحدة ٬
لكن الثلاثية
تقترح تأجير
العمال بنصف
الثمن بأجر
وطني أدنى
مضمون وهو 15000 دج
و قيادة
الاتحاد
العام للعمال
الجزائريين
راضية عن ذلك.
هذا غير
مقبول ! فلابد
من 35000 دج كحدّ
أدنى ! و لابد
من 20000 دج كزيادة
للجميع ! كما
يجب إلغاء
الماد 87 مكرر!
لأن
العلاوات و
التعويضات
زائد لا يحتسب
في تحديد
الأجر! كذلك
لابد من ربط
الأجور
بالأسعار! و
إلّا سوف يلغي
سعر العدس و
البرتقال
زياداتنا.
المال
موجود
الشعب
شاهد على التبذير
. كما شهد
كل الثروات
التي تراكمت
منذ سنوات
قليلة ! و لم
يقدّم كل
سارقي
المليارات
أمام المحاكم
. بتأكيد أن
المؤسسات
مازلت تعاني
من صعوبات لكن
العمال ليسوا
المسؤولين عن
التسيير
الكارثي ولا
على تصفية
منتجات
القطاع العام
المباع بنصف
الثمن. هذه
الصعوبات
ناتجة كذلك عن
ا لمنافسة
الغير عادلة
من تلك
الشركات
المعفاة من
الضرائب و الأعباء
على النحو
جازي التي تضع
في جيبها و تحول
نحو الخارج كل
سنة ما 5000
مليار من
الأرباح و التي
لا تزال ترغب
في أن تستمر
الدولة في
الدعم لها . نريد بناء
اقتصاد
البلاد ٬ لهذا
لابد من
مساعدة
المؤسسات
العمومية التي
تدفع الضرائب
والأعباء
الاجتماعية .
كما يجب
المساعدة على
تحفيز
الكفاءات و
مؤهلات العمال.
لا تمسوا
مكاسبنا في
الحماية الاجتماعية
!
بالطبع، يجب على
أصحاب العمل
أن يدفعوا
المنح العائلية،
ولكن لا ينبغي
أن يسيروها. و إلّا سوف
تكون نهاية
تلك المنح. و
الذي سوف ينجرّ
عنه مشاكل في
التوظيف
للآباء. التعاقدية
و التعاضديات
تحضر نهاية
الطب المجاني.
و عندما يوضع
حد لمكسب
التقاعد
النسبي فهذا يتجه نحو
تمديد فترة
العمل و
الاشتراكات. بالنسبة لنا فإن
الأولوية
تكمن في
القضاء على
العمل الغير
معلنة،
والعمل الهش،
والأجور ما
دون الأجر
الوطني
الأدنى
المضمون.و التي
تشكل معظم
الوظائف
الحالية. هذه
الفضيحة تهدد نظام
الحماية
الاجتماعية
بأكمله و الذي
سوف ينهار
لنقص
المساهمين.معظم
شبابنا يفتقد
لمكاسب قرن من
النضال
العمالي ٬
يفتقد لأجر
أدنى مضمون
كما يفتقد
لتقاعد و تأمين
اجتماعي. هل هذا
يعني أن نسجل
أنفسنا جملة
كمعوزين للعلاج
في المستشفى.
من
أجل نقابة
طبقية مستقلة
ديمقراطية و
قتالية !
لمواجهة
الانحرافات البيروقراطية
،العمال
بحاجة إلى
نقابة
وديمقراطية.
نقابتنا لا
يمكن أن تكون
صديقة
الحكام
الليبراليين
الذين
يهاجمون
المكاسب
الاجتماعية
للجماهير٬
يجب على
الاتحاد
العام
الجزائريين
أن لا يبرم
عقدا
اجتماعيا مع
أولائك الذين
يغلقون مصانع
النسيج و
يخصصون
الموانئ. يخوض عمال
الشركة
الوطنية
للمركبات
الصناعية و
المنطقة
الصناعية
برويبة كفاحا
شجاعا في
مصلحة كل العمال
! هذه
المعركة
تستحق
التضامن
والتزام من
طرف الجميع. مع
إضرابات
ميتال الحجار
و شركة النقل
بسكك الحديدية
اللتان
فرضتا
الانتصارات
الأولى ٬ مع
نضال حاسي
مسعود و حاسي
الرمل ٬ مع
الأساتذة ٬الأطباء٬
مع مقاومة
عمال الموانئ ٬
عمال النسيج و
شركة أشغال
الطرقات و مع
الثورات
المتواصلة
للشباب
المحروم من
العمل٬
فالوقت هو
للتعبئة
لاستعادة
حقوقنا٬و
الكل في نضال
مع عمال الشركة
الوطنية
للمركبات
الصناعية
القيادة
الوطنية
لحزب العمال
الاشتراكي
الجزائر
في 09 جانفي 2010
Le PST soutient la formidable mobilisation des travailleurs
de la SNVI ex Sonacome. Il faut exiger un salaire décent. Il faut refuser la
remise en cause de nos protections sociales. Le PST salue les travailleurs de
la zone de Rouiba et de Reghaïa qui se sont joints à eux. Le PST dénonce la
répression brutale et les tentatives d'intimidation qui ne pourront pas briser
la détermination des travailleurs.
Salaire de base à 35 000
DA minimum ! 20 000 DA d'augmentation pour tous !
Le SNMG augmente un peu, de temps en temps, mais le couffin
est de plus en plus vide. Le pouvoir d'achat de nos dinars ne cesse de
dégringoler. L'Algérie a beaucoup de devises depuis quelques années, mais le
dinar continue de baisser. En 15 ans sa valeur en Euro/franc a été divisée par
20. Résultat : le salaire minimum de
4000 DA au 1er janvier 1994 correspond à 5600 Francs soit 850 Euros.
Les 15 000 DA de la tripartite ne font plus que 138 euros. Pourquoi ? Parce
que les gouvernants libéraux voulaient attirer les investisseurs étrangers en
leur proposant des travailleurs qui ne coûtent pas chers ! Tout le monde
reconnaît que 30 000 DA par mois ne suffisent pas aux besoins d'une famille,
mais la tripartite propose de payer les travailleurs à moitié prix avec un SNMG
à 15 000 DA et la direction de l'UGTA est satisfaite. Inacceptable !
Il faut 35 000 DA minimum ! Il faut 20 000 DA d'augmentation pour
tous ! Il faut abroger l'article 87 bis ! Car nos primes et nos indemnités sont
en plus ! Il faut aussi indexer les salaires sur les prix ! Sinon le prix
des lentilles et des oranges va annuler nos augmentations !
L'argent existe
Le peuple est témoin du gaspillage. Il a aussi vu les fortunes
accumulées en quelques années ! Et les voleurs de milliards ne sont pas tous
passés devant les tribunaux. Certes les entreprises ont encore des difficultés
mais les travailleurs ne sont pas responsables de la gestion calamiteuse ni du
bradage des produits du secteur public, vendus à moitié prix. Ces difficultés
sont aussi dues à la concurrence déloyale de ces entreprises dispensées
d'impôts et de charges comme Djezzy qui empoche et transfère chaque année plus
de 5000 milliards de bénéfices et qui veut continuer à bénéficier de l'aide de
l'Etat.
On veut construire l’économie du pays, il faut aider les
entreprises publiques qui payent les impôts et les charges sociales. Il faut
les aider aussi à rémunérer les compétences et les qualifications des travailleurs.
Ne touchez pas à
nos protections sociales !
Bien sûr, les patrons doivent payer les allocations
familiales, mais ils ne doivent pas les gérer. Sinon, c'est la fin des
allocations. Sinon, il y aura des problèmes d'embauche pour les pères de famille.
La contractualisation avec les mutuelles prépare la fin de la médecine
gratuite. Quand on met fin à l'acquis de la retraite proportionnelle on avance
vers l'allongement de la durée de cotisation.
Pour nous, la priorité est de bannir le travail non déclaré,
le travail précaire, les salaires en dessous du SNMG. C’est la majorité des
emplois actuels. Ce scandale menace l’ensemble du système de protection sociale
qui risque de s’effondrer par manque de cotisants. Nos jeunes sont déjà, pour
la plupart privés des acquis obtenus par un siècle de luttes ouvrières, privés
du salaire minimum, privés de la retraite et de la sécurité sociale. Faudra
t-il s’inscrire en masse comme indigents pour se soigner à l’hôpital.
Pour un syndicat
de classe autonome démocratique et combatif !
Face aux dérives bureaucratiques, les travailleurs ont
besoin d’un syndicat indépendant et démocratique. Notre syndicat ne peut être
l’ami des gouvernants libéraux qui attaquent les acquis sociaux des masses.
L’UGTA ne doit pas signer de pacte avec ceux qui ferment les usines textiles et
privatisent les ports.
La SNVI et la zone de Rouiba mènent une lutte courageuse
dans l’intérêt de tous les travailleurs ! Cette lutte mérite la solidarité
et l’engagement de tous. Avec les grèves de Mittal El Hadjar et SNTF qui ont
imposé de premières victoires, avec la lutte de Hassi Messaoud et Hassi Rmel,
avec les enseignants, les médecins, avec les résistances des ports, du textile
et de Sonatro avec les révoltes incessantes des jeunes privés d’emploi, le
temps est à la mobilisation pour rétablir nos droits. Tous en lutte avec
SNVI !
DN du PST. Alger,
le 09 janvier 2010.
بيان
القيادة الوطنية لحزب
العمال
الاشتراكي
من
العنصر وهران
إلى ديار
الشمس
الجزائر، من
سكيكدة إلى
تيزي وزو ثارت
الأحياء و
القرى لتطالب
بحياة كريمة .
الشباب يطالب
بالعمل،الثانويون
يحتجون. من
الحجار إلى
ميناء الجزائر،
من سوناطرو
إلى مؤسسة
التجهيزات
المكتبية
(ايدياد) من
عمال السكك
الحديدية إلى
المعلمين ،
تتواصل
الإضرابات
للدفاع عن
مناصب الشغل و
القدرة
الشرائية.وفي
الوقت الذي
يحتدم فيه
النقاش عند
الطبقات
المهيمنة حول
الخيارات
الاقتصادية ،
يجب على
الجماهير
الشعبية أن تنتظم لتنطلق
في بنائها
كبديل.
الأزمة
العالمية و
إعادة
الانتشار
الامبريالي
تواصل الأزمة
العالمية
أضرارها
الاقتصادية و
الاجتماعية.
فالدول أشركت
المجتمع
خسائر البنوك
و أممت في
عجالة. أصبح
الميل إلى
القطيعة مع
الليبرالية
المتطرفة أكثر
خجولا.
خففت
العدوانية
الامبريالية
من جراء الانسياخ
في العراق
وعدم القدرة
على الحد من
المقاومة في
أمريكا
اللاتينية و
الانحطاط
النسبي لاقتصاد
الولايات
المتحدة. يجري
اوباما تعديل
استراتيجي
للأخذ بعين
الاعتبار
موازين القوى
الجديدة مع
الاتحاد الأوروبي
و القوى
الصاعدة مثل
الصين و
روسيا.
لكن
الأزمة تزيد
من حدة
المنافسات و
تتأجج التوترات
حول نفط
الدار فور
كذلك نفط إيران
و الشرق
الأوسط
للسيطرة على
القوقاز و السوق
الإفريقية . و
ينتشر الحلف
الأطلسي في
أفغانستان و
أمريكا
اللاتينية.
أثر
الأزمة
العالمية على
الجزائر
زعموا
أن الجزائر لم
تمسها الأزمة
، في الواقع
الخسائر
وخيمة، حيث
بلغت حصيلة الصادرات
إلى نصف ما
كانت عليه من
جراء انخفاض سعر
البترول في
أعقاب الركود
العالمي، حيث
تقهقر الناتج
الداخلي
الإجمالي
بشكل حاد.
التقهقر الذي
موّهته
الدعاية
المتلذذة بالتطورات
خارج
المحروقات.
لقد
خفضت البنوك
المركزية أين
وضعت احتياطاتنا
نسب الفوائد و
التي لا تعوض
حتى قيمة التضخم.
إن
ارتداد قيمة
الدولار يبخس
من قيمة
ملياراتنا من
السندات
الأمريكية. و
بالاورو
الثابت انخفضت
قيمة ودائعنا.الدينار
في انخفاض،
القدرة
الشرائية
تتقهقر. في
الأزمة
النقدية،
المطورون
العقاريون (المجموعة
الإماراتية٬
حظيرة دنيا)
صرفوا النظر،
كما ندر
مبتاعوا بنك
القرض الشعبي
الجزائري .إن
غياب القرض و
ضعف الطلب
العالمي قد
ألغى العديد
من المشاريع، قلص
ميتال من
إنتاجه و
مستخدميه ، و
حد آخرون عن
طموحهم...
تأتي
الأضرار التي
لحقت على قدر
التبعية الاقتصادية
و الركوع
للنظام
الامبريالي ،
و تستمر
الجزائر في
استيراد
المواد
الغذائية، السيارات
، الطرق و
السكنات، لكن
الايردات لا تكفي .
و لتمويل
المشاريع
العمومية المتواصلة
لبد من السحب
من الاحتياط .
لو تجرأ هذا
المسار
الليبرالي
الانتحاري في
محاولة كاملة
لجعل الدينار
قابل للتحويل
؟ لو خاطروا
بتوظيف
الاحتياطات
في صندوق
سيادي ؟ و لو
اقبلوا في
خصخصة البنوك
؟ إن عدم
استكمال الإصلاح
الليبرالي و
فك الارتباط
من النظام المالي
الدولي هو
الذي خفف
من تأثير
الانهيار
العالمي على
الجزائر !
وطنية
اقتصادية ؟
بينت
الحملة
الإعلامية
العنيفة و
المضادة للقانون
المالي
التكميلي 2009
على إعادة
التوجه الجاري
و المتواصل في
القانون
المالي 2010 . اشتد هذا
التوجه منذ
عدّة شهور
بإجراءات
مضادة
للاستيراد.
ضرائب على
السيارات ،
قيود على
المستوردين ،
إلغاء القرض
الاستهلاكي ،
مراقبة
البنوك و
الشركات الأجنبية
، إنشاء
مؤسسات
عمومية كبيرة
، تركيب السيارات
...
سطحية ، تستحق
هذه الوطنية
علامات
الاقتباس.
يزعمون
مواجهة
الانفتاح
الجامح ، لكن
الليبرالية و
التبعية
باقية. هل
إضافة شريك
جزائري من
رجال الأعمال
قد يبدل من
الضرر
لاقتصاد شركة
استرا د او
مستثمر
مفترس؟ لماذا
لا يعاد تأميم
الحجار عندما
نعلم بفشل ميتال
؟ لماذا و
بهذا الحجم من
المال نقدم للآخرين
إنتاج الطاقة
الشمسية و
المشاريع
الصناعية؟
متناقضة ، الخطة
الموجّهة
للحد من خروج
العملة
الصعبة
وتثبيط ترحيل
الأرباح
مجاورة دائما
مع سياسة
تميّز القوى
العظمى.
السلطة تستمر
في الخصخصة ،
تريد بيع
الأراضي
الزراعية ،
تتخلى عن
ميناء
الجزائر و جن
جن ، الميترو
و الترامواي و
الطريق
السيار.إن
إنعاش المؤسسات
العمومية
مؤجل ، حيث
حكم عليها
بالخمول
والاضمحلال
،سناطرو تموت
كل يوم في حين
تمنح المشاريع
لشركات
متعددة
الجنسيات .
غير
متناسقة ، كلفت
السلطة منظمي
النهب و
الافتراس
لإعادة بناء
الاقتصاد
الذي فككوه
منذ زمن قريب.
و تدٌعي
الدفاع عن
الاقتصاد
الوطني لكنها
وعدت باحترام
الاتفاقيات
الغير
متكافئة و الموقعة
مع الاتحاد
الأوروبي ، و
المنافسة الغير
عادلة
للمنطقة
العربية
للتبادل
الحر؛ كما
تخلت السلطة
على الطابع
بالأثر رجعي
للقيود
المفروضة على
الأجانب و
المستوردين و
المستثمرين ،
تحت تهديد
الاتحاد
الأوروبي.
بيروقراطية،
تصلٌح
السلطة بسن
التدابير
الإدارية، ولا
تهتم بالشعب
لأنها قائمة
على تزوير
انتخابي.
الجماهير
ملقى بها
للهشاشة ،
النضالات مقموعة،
فهل تعتقد هذه
السلطة أنها
ستحتوي و تكبت
نزوع تحالف
رجال أعمال
الذي يدعمها
بمراسيم
تنفيذية ؟
ﺇنتقداتهم
ليست
انتقاداتنا
تشارك
جميع قطاعات
البورجوازية
في الحملة المناهضة
للخطة
المضادة
للاستيراد .
فالأصوات
المؤيدة تبقى
نادرة، فأين
هم أصداح
البترونا
الذين كانوا
يدافعون عن
الإنتاج
الوطني؟ يبقى
الصناعيون
متورطون في أنشطة
المضاربة النابعة
من أصولهم:
مستوردون ،
وكلاء
للعلامات الكبرى
. و غالبا ما
تكون مصانعهم
فروع لمجموعات
أجنبية ، أو
أنشطة
التركيب
بينما قام
آخرون بنقل نشاطات
إنتاجهم.
إن الحملة
العنيفة
للوبي
المستوردين
أظهرت التوجه
السياسي
المهيمن في
وسائل
الإعلام و الطبقة
السياسية بما
في ذلك
المعارضة. و
باسم حملة
مقدسة ضد
الدولانية ،
فهم يدافعون
عن أرباح
وكلاء بيع
السيارات ، كما
كانوا
يدافعون
بالأمس عن
صاحب بنك
الخليفة ، و
مجمع تونيك ،
و تعفى مؤسسة
التعليم المهني
عن بعد
الخاصة
(ﺇيباد) احد
مموني
الانترنت من
ديونها.
ﺇنتقداتهم
ليست
انتقاداتنا !
فنحن نؤيد كل
التدابير
التي تحمي
السوق
الوطنية ، و
الإنتاج الوطني،
و الثروة
الوطنية، و كل
عمل يسعى في
تطوير
قدراتنا
الإنتاجية.
نحن
نؤيد تدخل
الدولة لوضع
سياسة تنموية
في تلبية
الاحتياجات
الاجتماعية
للجماهير . وعلى
عكس الحملة
الساخطة
للوبي
المستوردين،
فنحن نعتقد
بان أنصاف
التدابير
ليست كافية
على الإطلاق و
تحتاج إلى
تغيير أكثر
جذرية وأكثر فعالية.
كما هو
الحال في كل
الانتخابات
فالصحافة تتكلم حول
انتخاب مجلس
الشيوخ وعن
المال.و
لإجراء هذه الإصلاحات
فالسلطة لا
تعتمد على
النواب ولا حتى
على
كوادر أحزاب
الائتلاف ،
إذن على من
سوف يكون
الاعتماد ؟
على
المستوردين و
" شركائهم"
الجزائريين
المتواطئين ؟
لا يمكن الحد
من النهب
الامبريالي
دون الجماهير
. لكن
الجماهير
مقهورة، ملقى
بها للبطالة،
و العمل الغير
معلن، و
الأجور الدنيئة،
و يبقى الشباب
محروما من
الأمل.
مهامنا
السياسي
تضاعف
الحكومات في
جميع أنحاء
العالم من
الخطط المعادية
للمجتمع و
الهجمات
المضادة
للخدمات العمومية.
معدلات
البطالة في
ارتفاع مستمر.
في كل مكان
تنهب الثروات
و يخضع اقتصاد
البلدان . إن
رفض استسلام
الفلسطينيين
لنظام
الأبرتاد
الصهيوني منع كل
تسوية و
تطبيع، لكن
كيف له أن يفرض
حقوقه تحت وضع من
القوة
الساحقة كهذه.
لبد
لنضالات
العمال، و
مقاومات اميريكا
اللاتينية ،
والغليان
الاجتماعي
في
شمال
إفريقيا رغم
القمع ، أن
تبني بديلا عالميا مناهضا
للامبريالية
، مناهضا لليبرالية
، و مناهضا
للرأسمالية.
تحتدم
صراعات القصر
في بلادنا ، و
مع ذلك يستمر
الانحراف "
الملكي
"للمؤسسات .
فالإغلاق السياسي
يستمر في كبت
التعبير
الشعبي، و قمع
النضالات، و
حرمان الجمعيات
من الاعتماد ،
و اضطهاد
المضربين و
النقابيين، و
والأحكام
الشديدة ضد
الشباب الغاضب
من اجل
المطالبة
بحياة كريمة.
رغم
القمع ، فان
أهمية
التعبئة
الاجتماعية و الشراسة
الشعبية تؤكد
على أن
الجماهير لم
تستسلم، رغم
الارتباك كما
تشهد عليه
الحرقة.
ليس
للنضالات
الشعبية ناطق
سياسي، و لا
إطار منظم
اجتماعيا و لا
سياسيا و لا
حتى نقابيا لتبني
نفسها كبديل.
بدون وعي واضح
لمصالحها الخاصة
، سوف تبقى
الطبقات
الشعبية
تتفرج على تحويل
و هدر
نضالاتها. لبد
للرهنات
الطبقية أن تظهر
لتكسير هيمنة
الخطاب
النيوكلونيالي
و اليقينيات
الليبرالية.
لبد للأصولية
المحافظة و
الشوفينية و
النظرة
البوليسية
للتاريخ أن
تتراجع .
يجب
التوجه نحو
الجماهير و العمل في
النقابات و
الجمعيات و
الجماعات
النضالية
لإيجاد وسائط
التواصل مع
العمال،
الشباب و المجتمع.
ولبد من بناء
التضامن و دعم
النضالات.
من
اجل برنامج
ديمقراطي ،
مناهض
لليبرالية و مناهض
للامبريالية .
لا لأنصاف
التدابير!
-
بدلا من رش
الدواوين
العمومية ،
الغارقة في
اقتصاد مخصص و
غير مرسٌم و
مسلٌم للفساد.
-
بدلا من
سن تدابير
إدارية.
-
بدلا من
ترميق مشاريع
مثل تركيب السيارات
في الوقت الذي
تضيٌع فيه فرص
التنمية و
تقدٌم
الصفقات
لشركاء
أقوياء.
لبد من برنامج
تنموي متماسك
، في صالح
الاحتياجات
الاجتماعية
للجماهير.
-
نريد جعل
القرض في خدمة
التنمية و
محاربة الفساد
و محاربة
تهريب رؤوس
الأموال : فتح
دفاتر الحسابات
، تأميم
البنوك،
الرقابة
الشعبية.
-
نريد حماية
السوق
الوطنية:
إلغاء
المعاهدات الغير
متكافئة مع
الاتحاد الأوروبي
، رفض
المنظمة
العالمية
للتجارة و
المنافسة الغير
عادلة
للمنطقة
العربية
للتبادل الحر.
نعم لاحتكار
الدولة
للتجارة
الخارجية.
-
نريد وسائل
التنمية: توقيف
عمليات
الخصخصة.
تأميم
القطاعات
الإستراتجية
لصناعة الطاقة
و المناجم.
إلغاء نظام
الامتيازات
من قانون المحروقات.
-
نريد
الرفاهية
للمواطنين:
الاحتكار العمومي
للخدمات
الأساسية: الصحة،
المدرسة،
النقل و
الاتصالات.
لن يتغير شيء
دون مساهمة
الجماهير.
لن
يتغير شيء دون
التعبئة الشعبية
، لإيقاف
الانهيار
الاجتماعي و
إحباط القمع .
لبد من إعادة
الأمل للشباب
و الشعب فهي التي
ستفرض
التنمية و
نهاية النهب
الامبريالي.
توقيف تفكيك
الحميات
الاجتماعية و الحق
في العمل. قمع
أرباب العمل الغير
مشروع. حضر
أنصاف
الرواتب (ما
قبل التشغيل...)
.منصب شغل و اجر
لائق
للجميع.الحق
في السكن
.الحق في
الصحة. لا لسلعنة
المعرفة ، لا
لمدرسة ذات
مستويين.
حرية
التعبير و
التظاهر و
الإضراب،
الحق في إنشاء،
جريدة جمعية،
حزب، نقابة. احترام
حقوق المرأة،
الحقوق
الثقافية و
جميع حقوق الإنسان.
تضامن
دولي معادي
للامبريالية
و معادي
للمحدلة
الليبرالية.
القيادة
الوطنية
لحزب العمال
الاشتراكي
الجزائر
في 30 أكتوبر 2009
Déclaration de
D’El Ançor Oran à Diar Shems Alger,
de Skikda à Tizi, les quartiers et les villages se révoltent pour exiger une
vie décente. Les jeunes demandent du travail, les lycéens protestent. D’El
Hadjar au port d’Alger, de Sonatro à l’EDIED Béjaia, des cheminots aux
enseignants, les grèves se suivent pour sauver l’emploi et le pouvoir d’achat.
Mais, à l’heure où les choix économiques font débat parmi les classes
dominantes, les masses populaires doivent s’organiser et commencer à se
construire en alternative.
Crise mondiale et redéploiement impérialiste
La crise capitaliste mondiale
continue ses dégâts économiques et sociaux. Les Etats ont socialisé les pertes
des banques et nationalisé dans l’urgence. Puis les velléités de rupture avec
l’ultralibéralisme se sont faites plus timides.
L’agressivité impérialiste est
tempérée par l’enlisement en Irak, par l’incapacité à réduire les résistances
en Amérique Latine et par le déclin économique relatif des USA. Obama opère un
réajustement stratégique pour tenir compte du nouveau rapport de force avec l’UE
et avec les puissances émergentes comme
Mais la crise aiguise les rivalités et les tensions s’attisent pour le pétrole du Darfour, celui de l’Iran et du Moyen Orient, pour contrôle le Caucase et le marché africain. L’Otan se déploie en Afghanistan et en Amérique latine.
L’impact de la crise mondiale sur l’Algérie
On a prétendu que l’Algérie était
épargnée par la crise. En fait, les pertes sont immenses. Comme les recettes
d’exportation ont été divisées par deux par la baisse des prix du pétrole
consécutive à la récession mondiale, le PIB a subi un net recul. La propagande
camoufle ce recul en s’extasiant sur les progrès hors hydrocarbures.
Les banques centrales où sont
déposées nos réserves ont baissé leurs taux d’intérêt. Ca ne compense même pas
l’inflation. Le reflux du dollar dévalue
nos milliards de bons US. En Euros constants, nos réserves ont été dépréciées.
Le Dinar baisse, le pouvoir d’achat recule. En crise de trésorerie, les promoteurs
immobiliers (Emaar, parc Dounia) ont renoncé et les acheteurs du CPA se sont
faits rares. L’absence du crédit et faiblesse de la demande mondiale ont annulé
bien des projets, Mittal réduit sa production et son personnel, d’autres
réduisent leurs ambitions...
Les dégâts sont à la mesure de la
dépendance économique et de la soumission à l’ordre impérialiste. Certes,
l’Algérie continue d’importer nourriture, voitures, routes et logements mais
les recettes ne suffisent plus. Certes, les projets publics ont continué mais
il faut puiser dans les réserves pour les financer. Et si le processus libéral suicidaire avait
osé la convertibilité totale du Dinar ?
Et si l’on avait risqué les réserves dans les placements d’un fonds
souverain ? Et si les banques avaient été privatisées ? C’est
l’inachèvement de la réforme libérale et la déconnexion du système financier
international qui ont atténué l’impact sur l’Algérie de la déroute
mondiale !
Patriotisme économique ?
La violente campagne médiatique
contre la loi des finances complémentaires
Superficiel, ce patriotisme
mérite des guillemets. On prétend contester l’ouverture débridée mais le
libéralisme et la dépendance restent. Ajouter un partenaire affairiste algérien
change-t-il la nocivité pour l’économie d’une société d’import ou d’un
investisseur prédateur ? Pourquoi ne pas renationaliser El Hadjar quand on
sait l’échec de Mittal ? Pourquoi, avec tant d’argent en réserve, offrir, à
d’autres, la production d’énergie solaire et les projets industriels ?
Contradictoire, le plan
destiné à réduire les sorties de devises et les rapatriements de dividendes voisine
avec une politique qui privilégie toujours les grandes puissances. On privatise
encore, on veut vendre les terres agricoles, on concède les ports d’Alger et
Djendjen, le métro, le tramway, l’autoroute. La relance des entreprises
publiques traine, les condamnant à végéter et dépérir, Sonatro se meurt pendant
que les chantiers sont donnés aux multinationales.
Inconséquent, le pouvoir
charge les organisateurs du pillage et de la prédation de reconstruire
l’économie qu’ils viennent de démanteler. Il prétend défendre l’économie
nationale mais promet de respecter les accords inégaux signés avec l’UE et la
concurrence déloyale de
Bureaucratique,
ce pouvoir réforme en édictant des mesures administratives. Il ne soucie pas du
peuple car il repose sur la fraude électorale. Les masses sont livrées à la
précarité, les luttes sont réprimées. Croit-il canaliser et réfréner les
appétits de la coalition d’affairistes qui le soutient par des décrets
exécutifs ?
Leur critique n’est pas la nôtre.
Tous les secteurs de la bourgeoisie participent à la campagne contre le plan anti-importation. Les voix favorables sont rares. Où sont les ténors du patronat qui défendaient la production nationale ? Nos industriels restent impliqués dans les activités spéculatives de leurs origines, importateurs, concessionnaires de grandes marques. Et leurs usines sont souvent des filiales de groupes étrangers, des activités de montage. D’autres ont délocalisé leur production.
La violente campagne du lobby des importateurs a mis au jour l’orientation politique dominante dans les médias et la classe politique y compris dans l’opposition. Au nom d’une croisade contre l’étatisme, on défend les profits des concessionnaires automobiles comme hier le banquier Khalifa, l’industriel Tonic, on excuse Eepad pour ses dettes.
Leur critique n’est pas la nôtre ! Nous sommes pour toutes les mesures qui protègent le marché national, la production nationale, la richesse nationale, toute action pour développer nos activités productives. Nous sommes pour l’intervention de l’Etat, pour une politique de développement au service de la satisfaction des besoins sociaux des masses. Au contraire de la campagne furieuse du lobby des importateurs, nous pensons que ces demi-mesures sont tout à fait insuffisantes et qu’il faut un changement plus radical et plus conséquent.
Comme à chaque élection, la presse parle pour les sénatoriales, d’argent. Pour ses réformes, le pouvoir ne compte ni sur les députés ni sur les cadres des partis de la coalition. Alors, sur qui compter ? Sur les importateurs et les « partenaires » algériens complaisants ? On ne peut mettre fin au pillage impérialiste sans les masses ! Or, les masses sont réprimées, livrées au chômage, au travail non déclaré et aux bas salaires et les jeunes sont privés d’espoir.
Nos taches politiques
Partout dans le monde, les
gouvernements multiplient les plans antisociaux et les attaques contre les
services publics. Le chômage monte. Partout les richesses sont pillées et les
économies sont soumises. Le refus des Palestiniens de se résigner à l’apartheid
sioniste empêche toute normalisation mais comment imposer ses droits dans un
rapport de force si écrasant. Les luttes des salariés, les résistances
d’Amérique Latine, l’effervescence sociale au Maghreb malgré la répression,
doivent bâtir une alternative mondiale anti-impérialiste, antilibérale et
anticapitaliste.
Dans notre pays, les luttes de sérail font rage. Pourtant la dérive « monarchique » des institutions se poursuit. Le processus de fermeture politique continue de museler l’expression populaire, de réprimer les luttes, de priver d’agrément les associations de persécuter les grévistes et les syndicats, de condamner lourdement les jeunes qui se révoltent en exigeant une vie décente. Malgré la répression, l’importance de la mobilisation sociale et l’insolence populaire confirment que les masses populaires ne sont pas résignées, malgré la désorientation dont témoigne la harga.
Les luttes populaires n’ont ni porte voix politique ni cadre organisé social, politique ou syndical pour se construire en alternative. Sans conscience claire de leurs propres intérêts, les classes populaires verront leur combativité sociale, détournée ou gaspillée. Les enjeux de classe doivent émerger pour briser l’hégémonie du discours néocolonial et des certitudes libérales. Le conservatisme intégriste, le chauvinisme et la conception policière de l’Histoire doivent reculer. Il faut aller aux masses, s’impliquer dans les syndicats, les associations et les collectifs de lutte, trouver les médiations pour s’adresser aux travailleurs, aux jeunes et à la société. Il faut bâtir la solidarité et le soutien aux luttes.
Pour un programme démocratique, antilibéral anti impérialiste.
Pas de demi-mesures !
- Au lieu de saupoudrer des offices publics noyés dans une économie privatisée et informalisée, livrée à la corruption, au lieu d’édicter des mesures administratives
- Au lieu de bricoler des projets comme le montage auto pendant que les opportunités de développement sont perdues pour offrir des marchés aux puissants partenaires,
il faut un
programme de développement cohérent, au service des besoins sociaux des masses.
o On veut mettre le crédit au service du développement et combattre la corruption et la fuite des capitaux : ouverture des livres de compte, nationalisation des banques. Contrôle populaire.
o On veut protéger le marché national : dénonciation des traités inégaux avec l’UE, refus de l’OMC et de la concurrence déloyale ZALE. Monopole de l’état sur le commerce extérieur.
o On veut les moyens du développement : Arrêt des privatisations. Nationalisation des secteurs stratégiques de l’industrie de l’énergie et des mines. Abrogation du régime de concessions de la loi sur les hydrocarbures.
o On veut le bien être des citoyens : Monopole public sur les services de base : santé, école, transport, télécoms
Rien ne changera sans l’action des masses !
Rien ne changera sans la mobilisation populaire pour stopper l’effondrement social et faire échec à la répression ! Il faut redonner espoir à la jeunesse et au peuple
car ce sont les masses qui imposeront le développement et la fin du pillage impérialiste.
Arrêt du démantèlement des protections sociales et du droit du travail. Répression des employeurs au noir. Interdiction des emplois demi- solde (pré-emploi …). Emploi et salaire décent pour tous. Droit au logement et à la santé Non à la marchandisation du savoir non à l’école à deux vitesses.
Liberté d’expression de manifestation et de grève, droit de créer un journal, une association, un parti, un syndicat. Respect des droits des femmes des droits culturels et de tous les droits humains.
Solidarité internationale contre l’impérialisme et contre le rouleau compresseur libéral.
DN
du PST. Alger, le 30 octobre 2009.
Que
reste-t-il de la gauche en Algérie ?
Réponse du SG du PST parue dans le quotidien El
Watan le 05 septembre 2009
La gauche organisée a reflué depuis les années 80, plus sévèrement en Algérie qu’ailleurs, mais malgré le discours néocolonial dominant et malgré les illusions libérales massives, la société a résisté plus qu’ailleurs et ne renonce pas aux valeurs égalitaires et le poids du PST et des militants socialistes dans les batailles démocratiques est sociales est disproportionné par rapport à son impact électoral ou médiatique.
L’impasse du nationalisme progressiste, boumedienniste, nassérien ou péroniste et l’effondrement du bloc de l’Est ont fait prospérer le repli identitaire islamiste ou nationalitaire. Chez nous, comme ailleurs la socialdémocratie, le populisme socialisant s’est reconverti en gérant de la réforme libérale sous la houlette des grandes puissances. La disparition du PAGS a anticipé le déclin de ce courant mondial. Les intellectuels se sont souvent mis au service de l’offensive capitaliste libérale contre les acquis sociaux et nationaux des luttes du 20ème siècle. Les masses populaires sont politiquement et idéologiquement désorientées mais leur résistance a empêché le programme ultralibéral de Bouteflika tout au long de son premier mandat. Quelques poignées d’intellectuels et de militants socialistes, des directions syndicales des secteurs issus du populisme ont accompagné et encadré cette bataille. La combativité sociale est impressionnante et on assiste à une renaissance des valeurs de gauche à travers les grèves et les révoltes désordonnées de la jeunesse.
L’humanité a besoin de réinventer un rêve collectif. La jeunesse altermondialiste a offert les premiers repères. Les résistances d’Amérique latine, les luttes de France contre le CPE ont confirmé. La crise actuelle du capitalisme mondial dissipe le mirage libéral même si le processus sera lent. Le PST a résisté et survécu comme tous ceux qui se sont démarqués des caricatures staliniennes. Il prend sa part de la recomposition en cours et il œuvre à la reconstruction d’un mouvement anti-impérialiste, anticapitaliste et démocratique.
Chawki Salhi
SG du PST
1er
mai 2009 rebâtir le camp des travailleurs !
Au lendemain de la réélection sans gloire de
Bouteflika, les travailleurs, les jeunes et les masses populaires qui ont déserté
massivement les bureaux de vote retrouvent leurs priorités sociales. Médecins,
cheminots, dockers, des sidérurgistes de Mittal Arcelor El Hadjar à ceux de la
Chassure Mac Soum à Akbou en passant par les chantiers de l’autoroute de Todini
Bouira et les enseignants vacataires, partout, les travailleurs et les jeunes
ont continué à crier leur colère sans prêter attention au déluge d’affihes
géantes et à l’envahissement des écrans de l’ENTV par celui qui n’hésite plus à
afficher l’argent des affairistes milliardaires qui le soutiennent. A l’Est, à
l’Ouest comme au Sud, les APC ont continué à être assiégées par les jeunes qui
ne croient pas aux trois millions d’emplois promis alors que le pouvoir ne
reconnait qu’un million de chômeurs.
Mais en l’absence d’un puissant parti socialiste, au
service des travailleurs et de la jeunesse,
capable de conduire une alternative politique au concert des partis
libéraux et pour organiser la résistance à la fraude, les travailleurs et les
jeunes se sont retrouvés atomisés et dispersés. Ils ont été contraints de subir
dans l’isolement les convocations obligatoires pour les meetings électoraux et
les invitations impératives à signer à blanc pour un candidat. Faut il parler de ceux qui ont été
réquisitionnés pour assister, impuissants, au triplement de la participation
éléctorale dans des bureaux de vote déserts ou de ceux qui ont voté par peur
pour leurs papiers administratifs.
Désarmés politiquement, les travailleurs l’étaient
aussi syndicalement puisque l’UGTA, dont le nom est synonyme de syndicat pour
l’essentiel des secteurs salariés, s’est mobilisée pour un candidat qui combat
publiquement les acquis sociaux des travailleurs. Pourtant, la pression sociale
qui ne s’est pas relâchée, a contraint les candidats à gauchir leur discours.
Tout au long de la campagne électorale, les Algériens n’ont parlé que du prix
de la sardine et de celui de la pomme de terre et au lendemain du 09 avril,
après 48h d’étonnement et d’anecdotes sur le miracle de la fin d’après midi,
l’Algérie parle de la hausse du SNMG.
Au lendemain d’un triomphe officiel, aucun officiel
n’a l’air de triompher à l’image de Bouteflika qui bredouille son discours. La
non participation massive a des millions de témoins. Ils savent que nous
savons. Il n’y a pas, non plus, parmi les masses, la résignation de 2004 qui a
facilité le durcissement autoritaire et fait accepter, sans résistance, le
pillage libéral. L’échec du plébiscite affaiblit le président, le régime et
aiguise les rivalités et les luttes de succession.
Il faut néanmoins rester vigilants. Les résultats du
09 avril sont une violence contre la démocratie. Mais le désaveu populaire est
si cinglant, les luttes sociales sont si importantes que le pouvoir se voit
contraint de différer les attaques contre les maigres acquis démocratiques qui
nous restent. Il nous faut pourtant mettre au premier plan la nécessité de la
résistance et de la reconquête de nos espaces démocratiques. Notre appel à la
convergence démocratique garde toute sa pertinence. Il ne s’agit pas d’unifier
l’opposition sous la bannière des libéraux démocrates, il s’agit d’apprendre à
être solidaires contre la répression et l’intimidation même quand on diverge
politiquement. Il s’agit d’agir pour exiger la liberté d’expression,
d’organisation politique et syndicale, de manifestation et de grève.
Mais la réélection de Bouteflika va aussi conduire à
un changement de discours. Il est à craindre que nos gouvernants fassent
semblant de découvrir la crise du capitalisme mondial pour justifier une politique
d’austérité avec le rétrecissement des promesses électorales et avec les
attaques contre le système actuel de protection sociale.
A nous de leur rappeler, par nos luttes, que leurs
promesses ne nous suffisent pas, que les 18000DA qu’ils nous font miroiter ne
permettent pas de vivre dignement, que les millions d’emplois en dessous du
SNMG nous révoltent, que l’importation de travailleurs surexploités nous
indigne, et que nos jeunes attendent toujours un travail décent.
A nous de défendre les droits actuels à la retraite et
d’agir pour interdire le travail au noir qui devient la règle. A nous
d’empêcher le nouveau code du travail promis pour la fin 2009 qui rêve de
légaliser le travail précaire.
Le disours de patriotisme économique s’est aussi radouci
pour rassurer les protecteurs impérialistes occidentaux et obtenir leur
bénédiction pour le 3ème mandat. Pourtant, aujourd’hui que la
privatisation du téléphone mobile, de la sidérurgie ou des activités de soutien
à Sonatrach sont apparues comme autant d’opérations de pillage, il est urgent
de stopper les ventes d’entreprises, de reprendre Elhadjar, de mettre fin aux
concessions sur le port d’Alger ou sur les richesses pétrolières et minières et
d’annuler les contrats ruineux de gestion de l’eau et l’aéroport. Nous sommes
tous concernés ! Ce n’est seulement l’affaire des dockers ou des
travailleurs de l’hôtel Riad.
Les travailleurs ont besoin d’urgence de construire
l’instrument syndical qui organise leur résistance. Les jeunes ont besoin de
s’organiser Les masses populaires ont besoin d’un grand parti qui représente
leurs aspirations et qui rebâtisse l’espoir pour que sur la crise béante du
capitalisme mondial renaisse un autre monde sans exploitation ni oppression. Le
socialisme.
Chawki Salhi SG du PST.
Alger, le 30 avril 2009
A propos des résultats du 09
avril
Bouteflika et ses
partisans ont fait d’une réélection quasi certaine, un non évènement total dont
plus personne ne parle 48 heures après le vote. Après des années d’entrave à
l’expression politique des citoyens et des courants politiques, nul ne semblait
pouvoir empêcher le 3éme mandat. Le camp Bouteflika s’est chargé lui-même, par
ses excès de discréditer un triomphe attendu, porté par une campagne
pharaonique.
Dans toutes les
régions du pays, les Algériens se sont demandés qui sont ces prétendus quinze
millions de votants que personne n’a vu aux alentours des bureaux de vote
déserts. Comment les 6,5% constatés à Jijel centre en début d’après midi, les
3% de Tkout Batna, les 19% d’Oran, le vide sidéral des bureaux de Nador Tipaza,
la quiétude des centres de Tiaret, Mila, Blida et d’Alger se sont ils
transformés en ce raz de marée invraisemblable dont on ne trouve aucune trace
parmi ses voisins ses collègues et ses parents ? L’indécent défilé des bus
d’électeurs des corps constitués, mis en scène pour figurer la participation
populaire, ne peut justifier à lui seul un tel taux. Ce miracle, habituel en
fin de vote, avait été épargné aux Algériens en mai 2007 et cela a donné un
pourcentage presque authentique de 35%.
Mais n’a-t-on pas
déjà appris l’improbable mobilisation de 5 millions d’électeurs, soit un
Algérien sur quatre, lors du recueil des signatures ? N’a-t-on pas déjà
subi une campagne unilatérale sur les murs de la ville et sur les écrans de
l’ENTV, n’a-t-on pas déjà été témoin de la mise à disposition de
l’administration et du monopole sur les médias publics, comme si l’on avait
peur que les modestes challengers de Bouteflika lui ravissent la victoire ?
Quand le sommet exige un vote massif, la concurrence effrénée des zélateurs
fait le reste ? La monarchisation du régime a, sans doute, affecté la
lucidité et la capacité de rationaliser de nos gouvernants. Et pendant que les
Etats Unis, soutiens de toutes les dictatures libérales, font des remontrances
amicales, Zerhouni parle avec déférence des normes US qui réservent la
propagande électorale aux candidatures milliardaires en dollars.
Privé de la
mobilisation des clientèles familiales et locales, le scrutin présidentiel ne pouvait pas, en ces temps de désaffection
politique, atteindre les taux de participation des élections législatives et
communales. La campagne d’intimidation a permis d’éviter l’absence totale des
électeurs comme au référendum de septembre 2005, mais le vote pour les papiers
est resté limité. Le rouleau compresseur de la campagne Bouteflika a d’abord
impressionné et il a réveillé les peurs mais, trop c’est trop, cette campagne
s’est révélé contre productive. Le triplement de la participation, au profit du
vainqueur, a aussi aggravé la défaite des autres candidats dont les scores très
modestes sont apparus dérisoires en pourcentage. En dépit de ses
contradictions, il y a eu un effet dans l’opinion de Louisa Hannoun. Cela
indique que le discours anti-libéral intéresse les masses.
Dans le principe
démocratique, les élections ne sont pas seulement un moyen formel, légal, de
conquète du pouvoir, elles sont avant tout un moyen de légitimation pour celui
qui le détient.
Là, c’est
raté ! Mal réélu, c’est avec une légitimité entâchée que Bouteflika devra
faire face à une société qui ne s’est pas résignée, une société qui parle librement de la mascarade, une société
dont les protestations sociales ont continué jusqu’au scrutin et ont repris
sans attendre la proclamation officielle de résultats peu crédibles. Alors que
le capitalisme mondial est en crise, cette indifférence manifeste des masses à
la campagne tapageuse de Bouteflika et la combativité sociale qui ne se dément
pas offrent l’occasion d’un nouveau départ. Il faut agir pour structurer le
mécontentement massif autour d’un programme politique alternatif. Il faut
construire un mouvement politique démocratique et antilibéral au service des
aspirations des masses populaires. Chawki Salhi SG du PST. Alger, le 14
avril 2009
Abstention massive le 09 avril
Après des années de
fermeture politique progressive et d’entrave à l’expression politique des
citoyens, l’élection présidentielle était évidemment faussée d’avance. Dans une
société qui, trop souvent, ne s’exprime plus que par l’émeute, on a criminalisé
le mouvement social, le syndicalisme, la grève et œuvré à discréditer l’action
politique et associative. L’administration et les médias publics se sont
habitués à une expression unilatérale au service du pouvoir en place qui veut
abolir les conquêtes démocratiques d’octobre 1988. La dérive monarchique de nos
institutions étouffe même les partisans zélés du troisième mandat.
Trop c’est
trop ! Le rouleau compresseur de la campagne pour la réélection de
Bouteflika a mobilisé les moyens de l’Etat depuis plusieurs années, mais l’on
reste surpris par le mépris des apparences que signifie l’occupation sans vergogne des espaces
publics et le matraquage médiatique à peine interrompu par les interventions
minutées des challengers comme si Bouteflika et ses soutiens zélés avaient peur
de la radicalité théâtrale des autres candidats. Les moyens financiers
considérables, mis à disposition par les gros affairistes reconnaissants, ne
grandissent pas, non plus, le Président
qui a su détruire l’économie productive nationale et aggraver sa dépendance au
moment où le pays dispose de ressources inédites grâce au pétrole.
Pour convaincre les
Algériens, il ne reste plus que l’intimidation. Les dizaines de milliers de
visiteurs polis qui viennent rappeler que l’on sait que vous ne votez pas, le
déferlement ininterrompu des partisans rémunérés et le déploiement des forces
de sécurité qui leur balisent le chemin espèrent pousser au vote « pour les
papiers ». Quant à la campagne de lynchage contre un parti qui a exprimé
sa tristesse, c’est une dérisoire opération de diversion, comme si la
démocratie n’était pas, aussi, le droit d’étaler à sa fenêtre, sans offenser
personne, des tissus rouges, noirs ou bleus selon son choix. Il s’agit
d’occulter l’agacement provoqué par une campagne envahissante, illégale,
devenue contre productive et d’imposer le passage en force, le fait accompli
d’une réélection imposée.
Mais il n’y a pas que
des raisons d’être pessimiste. La société n’a pas abdiqué. Elle est
momentanément désorientée mais ne cède pas. Les luttes sociales continuent par
dizaines, les cheminots reprennent le flambeau des praticiens du service
publics faisant du 09 avril un non évènement.
La parole reste libre partout malgré les menaces. La liberté de
critique, bien plus large qu’en 2007, concédée aux candidats sur les médias
publics, montre que le pouvoir a pris la
mesure de la désaffection populaire. Et le patriotisme économique du discours
officiel montre qu’ils savent que les travailleurs et les masses populaires
rejettent la politique ultra libérale.
Les autres candidats
libéraux, aussi, se démarquent bruyamment d’une gestion condamnée par la crise
du capitalisme mondial. Mais ce gauchissement des discours, l’espace d’une
campagne électorale, ne trompe personne. Ainsi, la référence retrouvée au
socialisme et l’éloquence des arguments de la candidature anti-privatisation ne
va pas jusqu’à se démarquer du Président candidat responsable de la politique de
suicide économique au profit des affairistes nationaux et des impérialistes.
Le combat pour imposer le respect des libertés démocratiques
est toujours devant nous. Pour redonner aux travailleurs, aux masses populaires
et à la jeunesse la force de se battre pour imposer la démocratie, il faut
construire au sein des masses, un mouvement porteur d’une alternative politique à même de satisfaire
les besoins sociaux et les aspirations populaires. L’absence d’une candidature
conséquente au service des masses populaires ne nous laisse que le choix de
l’appel à l’abstention massive pour
signifier à tous ces partenaires, complices politiques des échecs
passés, qu’on ne demande pas un troisième mandat quand on avoue avoir lamentablement
échoué durant le deuxième. Le 09 avril Abstention massive !
SN du PST.
06 avril 2009
Pour une abstention massive le 09 Avril 2009 !
Bouteflika a bénéficié d’une conjoncture pétrolière
exceptionnelle. Pourtant, son bilan est négatif. L’argent du pétrole fait le bonheur des multinationales
qui importent de la main d’œuvre surexploitée tandis que nos entreprises
ferment et leurs travailleurs sont licenciés après des mois sans salaire. En
2007, les sociétés étrangères ont rapatrié plus de 7 milliards de dollars de
bénéfice contre 4,5 en 2005, 3,12 en 2004 et 2,2 en 2003. Des millions de
logements construits ? 1,4 million de sont inoccupés et les masses
populaires s’entassent toujours dans les maisons familiales.
On consomme des biscuits turcs, du thon de Thaïlande,
des vêtements de Chine et des camions d’Asie et nos usinent ferment. La part de
l’industrie dans la richesse qui était de 18% en 2000 n’est plus que de 5% en
2007.
Nos importations ont doublé en quelques années passant
de 20 milliards de dollar en 2004 à 40 milliards en 2008, aggravant
dangereusement la dépendance économique du pays et faisant le bonheur de ces
nouveaux riches qui écument la rente pétrolière.
Notre pain dépend de la farine du Canada, notre lait
vient d’Australie…Le budget de l’agriculture ne représente que 2% du budget
national en 2008. Il était de 4% en 2007. Les importations alimentaires sont
passées du simple au double en l’espace d’une année alors que nos meilleures
terres disparaissent sous le béton et nos fellahs sont voués à la misère.
L’Indice de développement humain classe l’Algérie à la
102° place sur 170 pays. De 1998 à 2008 le pouvoir d’achat a baissé de 10%. Les
maigres augmentations de salaires ne sont que des rattrapages. Organisations
patronales et bureaucratie syndicale déroulent le tapis rouge à Bouteflika.
Seuls les grèves des travailleurs et les jeunes émeutiers aculés par la misère
sauvent l’honneur en résistant.
Bouteflika se targue d’avoir baissé le taux de chômage
à11%. Hors, 67% des emplois sont à durée déterminée, soit plus de 6 millions
d’emplois temporaires et précaires par lesquels on berne une partie de notre
jeunesse. 1,5 millions de femmes seulement sont salariées, 6 millions d’autres
sont au chômage. Cette discrimination homme/femme est liée au conservatisme
dominant qui définit les rôles sociaux des hommes et des femmes dans la société
que pérennise le code de la famille et qu’aggravent les réformes néo libérales
sur le travail.
En matière de démocratie, c’est l’étouffement des
libertés individuelles et collectives, la remise en cause du droit de grève, la
répression des syndicats revendicatifs, l’instrumentalisation de la justice, le
verrouillage du champ politique, l’atteinte à la liberté de la presse. Même les
jeunes qui jouent leur vie sur des embarcations de fortune en mer sont
condamnés à la prison s’ils sont repêchés vivants.
Halte à la dérive monarchique !
Bouteflika a fait voter par le parlement, à qui il a
triplé les salaires, la réforme des institutions en se basant sur l’art 176 de
la constitution. Lequel article l’oblige pourtant à recourir au referendum. Il
viole la constitution rien que pour prolonger son règne et préparer sa
succession. Il écrase l’APN qui n’a plus d’autres attributions que
d’enregistrer la volonté du monarque. Le déroulement de la campagne électorale
prouve que le sort du scrutin est scellé. Bouteflika utilise les deniers
publics. L’administration réquisitionne le personnel et les moyens de l’Etat à
son profit. Le corps électoral est gonflé pour la circonstance. Dans ces
conditions, les autres candidatures ne servent que d’alibi à une élection
fermée.
Non, le Peuple ne peut pas vouloir de Bouteflika ni de
ses élections !
A défaut d’empêcher son élection, discréditons-là par
une abstention massive.
Tant que c’est le pouvoir en place qui fixe les règles
du jeu, il n’est permit aucun changement.
Nos luttes populaires et sociales sont le seul moyen
de reconquérir nos espaces démocratiques et d’améliorer nos conditions de vie
et de travail. Mobilisons nous pour imposer une assemblée constituante qui garantie :
* Un travail décent pour tous.
* Un logement pour tous.
* Une économie
publique et prospère.
* La terre aux travailleurs de la terre.
* Santé gratuite et de qualité.
* Une éducation de qualité et gratuite ouverte sur le
savoir.
* L’Egalité hommes/femmes.
* Reconnaissance de tamazight dans toutes ses
dimensions.
* Laïcité de l’école et de l’Etat.
* Libertés individuelles et collectives.
PETITION NATIONALE
Cinq millions de signatures pour les libertés
populaires !
Pour
une politique au service des besoins des masses populaires et de la
jeunesse !
Tant de milliards et tant de
désespoir ! Tant de châteaux et tant de bidonvilles, tant de nouveaux
riches et tant de nouveaux pauvres.
Notre jeunesse est privée d’avenir
dans son propre pays. Les contrats temporaires, au quart du SNMG, l’absence de
logement pour vivre sa vie et ses rêves, l’absence de loisirs, le poids du
conservatisme. La scolarisation est
massive mais la clochardisation règne dans les cités universitaires et l’échec
massif brise combien de vie. Nos diplômés vont au Canada, en Europe ou au
Golfe, les autres aussi rêvent de fuite,
de harga en Europe où les attend la cueillette des tomates en Espagne ou
le balayage des rues de France quand ce n’est pas la chasse aux émigrés.
On consomme des biscuits turcs, du
thon de Thailande, des vêtements chinois, des camions coréens et nos usines
ferment. Nos importations ont triplé en quelques années. L’industrie produisait
le sixième des richesses du pays en 2003 elle ne produit que le vingtième des
richesses en 2007. Le FMI et la banque mondiale sont contents. Pendant ce temps
nos travailleurs perdent leur emploi et les jeunes cherchent du travail.
L’argent du pétrole permet de
construire un million de logements, mille kilomètres d’autoroutes. On en profite pour fermer nos entreprises du
bâtiment, pour disperser nos compétences en matière de routes, de tunnels et de
voies ferrées. Les multinationales s’enrichissent et on importe des frères travailleurs chinois ou
pakistanais pour nous apprendre à travailler sans réclamer nos droits.
Notre pain dépend de la farine du
Canada et de France et notre lait vient d’Europe et d’Australie, les prix des
légumes flambent mais les paysans, les travailleurs de la terre, sont dans la
misère. La campagne algérienne se vide de sa jeunesse à la recherche d’une vie
décente en ville.
On a fait disparaitre le travail
décent au profit d’une généralisation des emplois précaires et du travail au
noir sans sécurité sociale, sans droit à la retraite, sans droit au congé. On
nous promet d’autres lois plus dures encore. Partout dans le monde les
possédants capitalistes veulent des travailleurs moins chers et sans droits.
Les Algériennes sont nombreuses
parmi les diplômés, nos sœurs, nos mères nos filles sont de plus en plus
nombreuses à chercher un travail. Mais le congé de maternité et le droit au
respect se perdent quand il n’y a plus que des contrats temporaires. Et surtout
le poids des traditions et certaines lois et certaines pratiques ne
reconnaissent pas aux femmes leur statut d’être humain. Toute notre jeunesse
rêve d’aller ailleurs où les hommes et les femmes semblent vivre ensemble dans
la dignité.
Le peuple est privé des libertés
élémentaires. La politique libérale qui s’attaque aux droits des travailleurs
et organise l’appropriation privée des biens collectifs a besoin de nous faire
taire. On ne donne pas d’agrément à nos associations, on réprime les grèves des
travailleurs et les protestations de nos jeunes, on traine dans les tribunaux
les syndicalistes et les jeunes révoltés, on condamne les haragas alors que la
liberté de circuler à travers le monde est un droit humain reconnu pour
d’autres peuples.
Il faut une autre politique au
service du développement national et des besoins sociaux du peuple.
Il faut une autre politique qui
respecte les libertés populaires.
Il faut une autre politique qui
offre une vie décente aux travailleurs et aux travailleuses de la ville et de la
campagne.
Il faut une autre politique qui
fasse une place aux jeunes et leur redonne espoir car ils sont l’avenir.
Le changement est possible
organisons nous pour l’imposer !
A propos des commissions de surveillance
Le PST
a annoncé le 02 février, sa non participation aux élections présidentielles.
Dans
la même conférence de presse, notre parti a appelé à une convergence
démocratique autour de revendications minimales pour rétablir la liberté
d’expression, d’organisation syndicale et politique et de grève, celui de
fonder un journal et d’accéder aux médias publics. Ces conditions minimales
font partie des préalables à une confrontation électorale équitable.
Par
ailleurs, le PST a annoncé une campagne nationale pour dire non à la dérive
monarchiste autoritaire, pour dire non à la politique libérale anti-sociale au
service de l’impérialisme.
Nous
avons reçu une correspondance de la présidence nous invitant à une commission
de surveillance des élections.
Notre
dénonciation du caractère déloyal de la confrontation présidentielle est
publique. Le PST ne désertera aucune occasion de l’exprimer et nous la dirons
dans tous les cadres qui nous serons offerts et dans tous ceux que les
mobilisations populaires pourront construire. Nous participerons à cette
commission sur une pratique de rupture, loin d’être une caution, cette
participation sera une occasion de dénoncer la fraude et la déloyauté de ces
élections.
DN du
PST. 26 février 2009
Appel pour une convergence démocratique
Les élections présidentielles du 09 avril 2009 surviennent après des années de fermeture et de limitation des droits politiques fondamentaux des citoyens et des partis.
Avant même le démarrage de la campagne officielle, la confrontation politique entre les candidats apparaît inéquitable. La mobilisation de l’administration au profit de la campagne du candidat sortant et le monopole en sa faveur dans les médias publics et notamment la télévision discrédite totalement l’échéance du 09 avril 2009 qui apparaît au peuple algérien comme un fait accompli.
Aucune élection ne saurait être légitime sans l’établissement des conditions démocratiques minimales qui permettraient une compétition électorale loyale.
Car sans débat démocratique libre, sans une période de confrontation ouverte et équitable dans la société qui permette au citoyen de comprendre et de choisir, il ne saurait y avoir d’élection libre et reconnue légitime par le peuple.
Le PST propose à tous ceux qui s’opposent à ce coup de force antidémocratique une convergence de nos dénonciations autour de revendications précises et concrètes.
Il s’agit de lever toutes les entraves actuelles à la liberté de créer une association, un parti, un journal ou un syndicat. Il s’agit de lever toutes les limitations à l’expression des citoyen(ne)s et des courants politiques par un accès équitable aux médias publics, par la levée de l’interdiction des marches dans la capitale et par la cessation du harcèlement judiciaire des syndicalistes et des grévistes.
Sans ces libertés pour les citoyens et les courants politiques, aucune élection ne saurait avoir de légitimité démocratique.
SN du PST. 5 février 2009
Nous appelons au changement des règles
du jeu politique
Interview de Chawki Salhi SG du PST parue dans
Algérie News du 4 février 2009
1. Vous venez
d'appeler à une union avec l'opposition. Dans quel camp vous situez-vous?
Nous sommes dans le camp qui s'oppose
à la répression des jeunes, des travailleurs et à la remise en cause des libertés
conquises en octobre 88, le camp qui rejette la dérive monarchique de nos
institutions. Despotique parce que libéral, le pouvoir a développé la
dépendance économique malgré des ressources financières immenses. L'industrie
est liquidée, les EPE du bâtiment ont fermé, les importations ont triplé et les
contrats sont distribués aux entreprises étrangères. Le travail au noir et la
précarité se généralisent et l'on s'étonne du désespoir massif des jeunes.
Bouteflika fait des assauts d'éloquence autocritiques et au lieu de
démissionner, il nous demande un 3ème mandat pour rectifier les graves erreurs
commises pendant le 2ème.
Et y a-t-il réellement une opposition?
La
décennie
2. En quoi consiste votre initiative, et pourquoi a-t-on
toujours tendance de lancer ce genre d'initiative à la veille de chaque
échéance électorale?
Nous
avons appelé les partis et les militants à converger dans une action contre la
fermeture politique. Au lieu de rivaliser dans les anathèmes, on pourrait agir
pour la levée des obstacles au libre exercice de l'activité politique. Liberté
de créer un journal, un parti, une association, un syndicat, liberté de
diffuser sa presse, ses déclarations dans l'espace public, droit équitable
d'accès à
Nous avons construit avec d'autres une
coordination pour Ghaza qui a lancé une pétition pour le retrait de l'UPM. Nous
n'avons jamais dédaigné l'action commune. Avez vous oublié la coalition de 22
partis sur 24 à
3. Ne craignez-vous pas que
cette initiative ne subissent le même sort que les précédentes tentatives de
rapprocher l'opposition démocratique? Les velléités de récupération ayant
toujours pesé sur ces initiatives. Comment comptez-vous convaincre vos
interlocuteurs du bien fondé de votre appel ?
Le
projet politique que nous proposons aux Algériens ne peut se confondre avec
celui des libéraux démocrates. Nous appelons tous les partis à une convergence,
un front ponctuel. En 89, les partis philosophaient, nous avons proposé de
définir des demandes précises : le droit d'accès à
4. A trois mois de
l'élection présidentielle, les candidats potentiels ne se bousculent pas au
portillon. Les jeux sont-ils faits d'après-vous?
La confrontation est déloyale. Nous pensons que Bouteflika a réussi à faire de sa réélection prochaine un non évènement et un facteur d'affaiblissement majeur pour son régime. Les Algériens n'iront pas voter. C'est pire que le retrait des candidats en 99. Les élections ne sont pas seulement un moyen légal formel de prendre le pouvoir, elles sont surtout un moyen politique de légitimation de ceux qui le détiennent. Le pouvoir travaille actuellement à atténuer le coût politique de ce revers. Sans légitimité, il reste la matraque mais le peuple ne s'est pas résigné. et la combativité sociale est impressionnante. L'ampleur des marches pour Ghaza, les slogans virulents contre le régime et ses alliés montrent qu'une transcroissance des émeutes sociales en révolte politique est possible. Et cela n'a rien à voir avec un complot islamiste.
5. Vous ne participez pas à
cette présidentielle, mais vous n'appelez pas, non plus, au boycott. N'y a-t-il
pas de contradiction?
Nous appelons boycott l'empêchement
par le peuple des élections antidémocratiques, comme en 2002 en Kabylie.
Pouvons nous transformer la rage des jeunes et leur non participation annoncée
en un boycott ?
Il n'a pas été possible, non plus, de présenter une candidature dans les conditions de black out total et de limitation drastique à l'activité publique nécessaire des militants.
Le
PST appelle à ne pas participer.
6. Revenons à la vie
organique du PST. Par quoi peut-on expliquer le manque d'activités et de
présence sur la scène politique?
Certes
nous ne sommes pas satisfaits de ne pas être plus efficaces et plus forts pour
représenter les millions de jeunes et de travailleurs actuellement désorientés.
Nous avons des adhérents dans plus de 30 wilayas,
nos militants agissent toute l'année dans les luttes sociales aux côtés des
travailleurs et des jeunes. La trace médiatique est dérisoire.
Nos récents forums sur le 5 octobre 88, sur la crise du capitalisme mondial, sur l'avenir syndical en hommage à Redouane Osmane ont eu droit à quelques lignes dans la presse. Nos syndicalistes sont incontournables dans les syndicats autonomes comme dans l'UGTA, nos jeunes animent des associations, nos militantes sont à l'avant garde des campagnes contre les violences, contre le code. Notre contribution sur la révision constitutionnelle est évoquée dans un seul article. L'absence d'écho médiatique entrave certes notre essor. Les jeunes doivent savoir qu'il existe un parti différent des autres, le PST, qui agit dans la société. Des militants bénévoles pour leurs idées sur qui on peut toujours compter.
La dérive monarchique a isolé le régime et ses
institutions
Entretien
avec Chawki Salhi porte parole du PST paru dans El Watan du 3 février 2009
Le
PST a rendu publique dimanche sa décision de ne pas participer aux prochaines
présidentielles. Quels sont les arguments de votre décision ?
La
confrontation électorale est déloyale, le rouleau compresseur de la propagande
officielle unilatérale s'est déclenché en 2005. Des milliards investis de façon
irrationnelle, un recours systématique aux entreprises étrangères détruisant
les capacités nationales avec un objectif : tenir l'échéance électorale de
2009. Nous avons examiné la possibilité de transformer le désintérêt massif des
Algériens en boycott et aussi celle d'une candidature pour dire notre combat
démocratique et antilibéral.
Et
qu’avez-vous à répondre au Premier ministre Ahmed Ouyahia qui déclarait
récemment que personne n'a été empêché de se porter candidat ?
On interdit l'expression politique des Algériens qui ne peuvent manifester,
s'organiser, passer à la TV que dans le cadre du soutien au 3ème mandat. On
interdit aux courants politiques de se construire en les privant de marches
dans la capitale en imposant des procédures lourdes pour leurs activités. On
interdit le renouvellement politique en empêchant la création de nouveaux
journaux, de nouveaux partis, en réservant la candidature à neuf partis
seulement, en interpellant les diffuseurs de déclarations en empêchant les
associations en harcelant les syndicats, les grévistes.
Les
formations politiques de l’opposition et l’intelligentsia n’ont-elles pas
contribué à leur propre exclusion du jeu de l’alternance en désertant la scène?
Question
pertinente. Question douloureuse. Le boycott dans la tradition des socialistes
c'est l'empêchement des élections jugées antidémocratiques comme en 2002 en
Kabylie. C'est une alternative concrète. Nous avons jugés préférable de
proposer une action démocratique et une campagne antilibérale du parti.
Malgré sa crise apparente, le régime qu’incarne le Président Bouteflika
semble plus que jamais décidé à maintenir sa feuille de route électorale
?
Les
institutions ultra présidentielles autant que les traditions politiques
favorisent la personnalisation et l'émergence d'un personnage bonapartiste. Il
y a au sein du régime une unanimité apparente autour de la réélection de
Bouteflika, alors sourdent les rivalités et les dures luttes de succession
depuis sa maladie. Tant que la société ne produira pas une force politique
assez puissante pour les arrêter pourquoi voulez vous qu'ils aient des
scrupules démocratiques. C'est ainsi à travers le monde. En plus la dérive
monarchique produit un entêtement qui isole de plus en plus le régime et ses
institutions.
Quels
risques peut comporter selon-vous la perspective d’un 3ème mandat ?
Le
problème n'est pas tant dans le nombre de mandats que dans les pouvoirs exorbitants
du détenteur du mandat. La dérive monarchique est le principal problème
Pensez-vous que «la rue algérienne est politiquement en grève» comme
l’écrivit à la Une El Khabar il y a quelques jours ?
Les
Algériens et notamment les jeunes ne se reconnaissent plus dans les
institutions, ils ont divorcé d'avec les
représentations politiques même celles d'opposition ils vomissent les pratiques
politiques des notabilités bourgeoises. Cette négation de l'existant n'est pas
une expression positive, une proposition alternative. On y trouve la
cohabitation d'un discours néo-colonial désespérant de l'avenir du pays et
d'une protestation radicale mais confuse contre l'émergence arrogante d'une
bourgeoisie.
Vous appelez dans votre conférence de presse à la « convergence » des luttes
politiques et sociales, et aussi « à construire une alternative » par delà
l’échéance présidentielle du 2 avril ?
Le
PST propose à tous les partis à tous ceux qui s'opposent à la dérive autoritaire
et à la fermeture progressive du champ politique de converger dans une action
pour les libertés politiques et syndicales. C'est un travail ponctuel dans
cette campagne qui peut se prolonger dans une bataille démocratique au delà du
vote du 2 avril. C'est différent de l'appel à constituer une alternative
démocratique antilibérale qui redonnerait de l'espoir aux jeunes et aux masses
populaires. La plupart des partis d'opposition sont libéraux et divergeront
avec le projet politique que les socialistes proposent aux syndicalistes aux
militants de gauche etc.. Mais rien n'empêche de converger sur des points
démocratiques précis dans la diversité des projets politiques.
Vous dites que les cadres de lutte politique traditionnels, les « grands
partis » de l’opposition se sont effondrés durant la décennie 90.
La
coalition présidentielle a eu les suffrages d'un Algérien sur sept. Les
islamistes ont régressé malgré une religiosité massive, les partis démocrates
se sont effondrés et notamment en Kabylie depuis 2001. Il pourrait y avoir une
émergence populiste temporaire ou le redéploiement d'une nouvelle impasse
islamiste. Nous, socialistes, anticapitalistes, nous ne sommes pas encore la
représentation consciente de la protestation démocratique et sociale. Mais on
peut le devenir et c'est même la seule chance pour offrir une issue à nos
masses populaires. Nous y travaillons avec tous les militants qui se
définissent dans une perspective démocratique antiimpérialiste antilibérale.
Des
contacts, dans ce sens, vont être entrepris ou le sont déjà par le PST avec
certaines formations politiques de l’opposition, sur quel Smig politique ?
Les
marxistes ont un vieux principe frapper ensemble marcher séparément. Au lieu de
philosopher sur le régime autoritaire nous proposons d'agir ensemble autour de
points précis levée des entraves à l'exercice syndical et politique levée des
entraves à la vie associative et à l'expression organisée des citoyens levée
des obstacles aux manifestations aux grèves aux diffusions militantes. Liberté
de créer un journal, droit d'accès au médias publics service public étendu à
tous les médias d'information... Mais aussi, pour changer les règles injustes
du jeu politique, élection au terme d'une période de confrontation politique
loyale d'une Assemblée constituante porteuse des aspirations des masses.
L'éclatement actuel peut compliquer un regroupement il n'empêche pas une convergence autour de points précis.
Halte au massacre des
Palestiniens !
Pour
le respect de leurs droits nationaux légitimes !
Les raids meurtriers de l'aviation sioniste sur Ghaza, le spectacle odieux de ces centaines de morts, de ces milliers de vies meurtries et de ces destructions s'étale sur nos écrans. Le soutien agressif des USA, le positionnement pro israélien de l'UE et de l'ONU, les flots de propagande occidentale viennent démontrer, encore une fois, l'inhumanité de l'ordre impérialiste dominant et démentir ses prétentions démocratiques.
Le bombardement de population civiles vient s'ajouter à la longue liste de crimes de guerre sionistes que les puissances de la planète couvrent de leur bénédiction. Le blocus de Ghaza non plus n'a pas suscité l'inquiétude du monde alors que les palestiniens prisonniers de Ghaza étaient privés de nourriture, de médicaments et d'électricité.
Après avoir joué des divisions palestiniennes et évacué Ghaza pour affaiblir Ramallah, après avoir exigé des élections pour disqualifier leurs interlocuteurs, voilà qu'Israël bombarde et menace d'une incursion terrestre pour extirper Hamas de Ghaza comme hier elle assiégeait les bureaux de Arafat à la Mouqataa. Le véritable objectif est de gagner du temps. Car, de jour en jour, les colons confisquent de nouvelles terres et l'espoir de 86 d'un petit Etat palestinien sur la Cisjordanie et Ghaza se complique.
L'indignation sélective des donneurs de leçon en démocratie et en droits de l'homme continuera à légitimer les crimes actuels d'Israël au nom de crimes semblables passés dont sont innocents les Palestiniens. On menace des foudres du TPI les dictateurs du tiers monde surtout quand ils désobéissent à quelque injonction des banquiers occidentaux, mais l'armée israélienne bombarde, affame et tue impunément des civils et assassine sans procès, en direct à la TV, de présumés combattants.
Où sont les défenseurs des droits humains ? Les Palestiniens n'ont ils pas le droit à la vie, à la nourriture, aux soins médicaux, à des logements qu'on ne détruit pas. Comment peut on prétendre à l'humanité quand on refuse ses droits nationaux légitimes au peuple palestinien spolié de ses terres depuis la Nakba de 1948 par le colonialisme israélien ? Comment se réclamer de la démocratie et ne pas rejeter l'Etat sioniste basé sur l'appartenance ethnique, sur l'appartenance à une communauté religieuse ? Comment se taire devant l'odieux régime d'apartheid imposé aux Palestiniens, privés d'une vie décente et cantonnés dans des poussières de territoire, sans liberté de se déplacer dans des territoires privés de port, d'aéroport ou même d'accès terrestre libre au monde extérieur. Comment ne pas s'indigner de l'extension des colonies qui dépossèdent les Palestiniens pendant que les réfugiés chassés par le nettoyage ethnique de 1948 se voient refuser le droit au retour.
Les Etats arabes, si prompts à convoquer le patriotisme national ou la fraternité régionale pour se légitimer ou pour réprimer nos luttes sociales et démocratiques, se complaisent dans une passivité complice quand ils ne participent pas activement à administrer la prison de Ghaza. Pourtant l'Etat colonial d'Israël, gendarme impérialiste pour l'ensemble du Moyen orient, est l'ennemi de tous les peuples de la région. Le peuple algérien, lui, est empêché de manifester sa colère unanime dans les rues de nos villes par un pouvoir autoritaire qui ne permet que les cérémonies d'allégeance. Mais la désorientation des masses est notre principale faiblesse. Il faut agir, il faut s'organiser et s'unir et, d'abord, reconquérir, le droit de manifester notre solidarité dans nos rues :
Pour
imposer le respect du droit à la vie et les droits humains élémentaires du
peuple palestinien.
Pour
exiger l'arrêt immédiat des massacres et des destructions ! L'arrêt du blocus
alimentaire !
Pour
que cesse l'impunité et l'arrogance des criminels de guerre israéliens et
mettre en échec leurs soutiens impérialistes d'Europe et des USA !
Pour
exiger de notre gouvernement le droit de manifester notre solidarité dans nos
rues !
Pour
que cesse la complicité passive et parfois active des gouvernements arabes
Pour
exiger le boycott des réunions de l'UPM ou serait présent Israël
Pour
demander l'arrêt concerté des exportations pétrolières !
Non
au régime d'apartheid sioniste ! Pour la reconnaissance des droits nationaux
palestiniens !
Pour
le droit des Palestiniens à un Etat national démocratique, pour le droit au
retour des réfugiés !
Pour
une Palestine unie et socialiste !
SN du PST, le 1er janvier 2009
Résistance et dignité du peuple palestinien
C’est à la faveur de l'obscurité qu’Israël a lancé samedi soir une opération terrestre dans la bande de Gaza, une semaine jour pour jour après le déclenchement de raids aériens massifs contre la population palestinienne. Selon les informations, des colonnes de blindés appuyés par des hélicoptères ont franchi la clôture frontalière à partir de quatre directions dans le nord de cette petite enclave surpeuplée. Ce ne sera pas une simple excursion. Cette offensive terrestre « serait de longue durée » a déclaré le porte parole de l’armée israélienne. "Nous parlons ici de longs, long jours", a-t-il avoué.
Hypocrisie et lâcheté
Le motif avancé pour cette nouvelle offensive dévastatrice est le droit légitime à la défense, en réponse aux roquettes que des militants palestiniens lancent sur le territoire israélien. Un porte-parole de l’armée israélienne, en confirmant l'incursion, précise qu'il s'agissait de s'emparer de secteurs à partir desquels les activistes palestiniens lancent des roquettes sur le sud d'Israël. "L'objectif consiste à détruire les infrastructures terroristes sur le théâtre des opérations", a expliqué la commandante Avital Leibovitch.
Dans le même élan, l’Union européenne, par la bouche de sa nouvelle présidence tchèque, a qualifié l'opération terrestre d'Israël d'action "défensive, et non offensive"."A l'heure actuelle et à la lumière des événements des jours derniers, nous estimons que cette mesure constitue une action défensive, et non offensive", a déclaré à Prague Jiri Putuznik, porte-parole de la présidence tchèque.
Depuis le début de l'offensive israélienne le 27 décembre, les roquettes palestiniennes ont tué quatre Israéliens, bien mis en évidence par les médias européens. Il y a eu même des enfants qui ont eu peur et n’ont pas été à l’école pendant une demi journée, selon toujours les médias européens. Les bombardements israéliens ont pour leur part fait 446 morts et plus de 2.000 blessés dans la population gazaouie, selon les Nations unies. De tous les observateurs c’est la pire attaque sur la Palestine depuis 40 ans. De ces chiffres macabres, 300 des 2000 blessés sont dans un état grave. La plupart des morts et des blessés sont des civils, selon divers médias, dont la majorité est des femmes et des enfants. Des F-16 fournis par les États-Unis et des hélicoptères Apache ont largué plus de 100 missiles et plus de 100 tonnes de bombes sur presque tous les quartiers de la bande de Gaza, qui est un des endroits ayant une des plus grande densité de population de la planète avec ses 1.5 million d’habitants vivants sur 360 kilomètres carré. Israël a réalisé un véritable holocauste en frappant des postes de police, des centres médicaux, des écoles, des centres universitaires, des symboles de puissance publique, des infrastructures de base, des résidences.
Lucidité et
courage
Qui peut croire à cette hypocrisie devant cette barbarie réalisée par la troisième force aérienne du monde contre une population civile et sans défense. Seuls les naïfs, les imbéciles et les complices du carnage font semblant d y croire. Les complices et les naïfs existent malheureusement parmi les plus proches des palestiniens. Mahmoud Abbas lui-même, relayé par le président égyptien, accusent les résistants palestiniens d’aventurisme pour avoir rompu les conventions les engageant dans la voix de la paix !!!. Le courage et la lucidité nous vient de l’intérieur d’Israël, par la voix du militant socialiste et porte parole du Centre d'Information Alternative, M. Warshamski. « Il faut le dire et le répéter », écrit-il dans une déclaration signée la 1° janvier de Jérusalem, « le carnage de Gaza n'est pas une réaction "disproportionnée" aux roquettes que tirent les militants du Jihad Islamiste et autres groupuscules palestiniens sur les localités israéliennes proches de la Bande de Gaza, mais une action préméditée et préparée de longue date, ce que reconnaissent d'ailleurs la plupart des commentateurs israéliens. Il faut le dire et le répéter: ces tirs de roquettes ne sont pas, comme veulent nous le faire croire certains diplomates européens, des "provocations que rien ne peut expliquer", mais des ripostes, assez dérisoires il faut le reconnaître, à un embargo sauvage imposé par Israël, depuis un an et demie, au million et demie de résidents de la Bande de Gaza, femmes, enfants, vieillards compris, avec la collaboration criminelle des Etats-Unis mais aussi de l'Europe. Il faut le dire et le répéter: il ne s'agit pas, comme on essaie de l'expliquer à tous ceux qui ont la mémoire courte ou sélective, un acte d'auto-défense, longtemps retardé, face à une agression palestinienne que rien ne justifiait. Ehoud Barak l'avoue sans problème, cela fait des mois que l'armée israélienne se préparait à frapper l'"entité terroriste" dénommée Gaza. Comme l'expliquait avec pertinence Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme dans les territoires occupés, quand on définit comme "entité terroriste" une zone peuplée par un million et demie d'êtres humains, on entre dans la logique du génocide ».
Résistance
et dignité
Malgré ce pilonnage,
les combattants palestiniens poursuivent leurs tirs de roquettes sur l'Etat
sioniste. Quatorze projectiles se sont abattus sur le territoire israélien et
deux personnes ont été blessées dans la ville d'Ashdod. Risible face aux
centaines de victimes causées par l’armée israélienne. Pourtant, seule la
résistance paye. Il faut agir, il faut s'organiser et s'unir et, d'abord,
reconquérir, le droit de manifester notre solidarité dans nos rues, pour crier
haut et fort le droit des Palestiniens à la dignité dans un Etat national
démocratique.
Nadir u haddad
Le 04 janvier 2009
L’annonce de Bouteflika, à cinq mois des présidentielles, d’une révision constitutionnelle imminente, demeure trop vague. Elle appelle néanmoins des remarques de principe sur un plan démocratique.
Le Président annonce une réforme des équilibres entre les institutions, sans référendum, par l’article 176, alors que cet article énonce expressément que ces équilibres ne peuvent être changés par le seul vote du parlement.
Pour autant, la tenue d’un référendum dans les conditions politiques actuelles n’aurait rien de la consultation du peuple. Le monopole sur les médias lourds, la quasi impossibilité d’obtenir un agrément pour un journal, pour la moindre association ou pour un parti, fut il créé par un ex premier ministre, notable du régime, les entraves à l’exercice du droit syndical du droit de grève et du droit de manifester, les pressions sur les médias et les organisations agréées, il ne reste pas beaucoup de place pour l’expression libre et souveraine du peuple.
Nous ne savons pas encore le détail de la révision mais une remarque préliminaire s’impose : l’esprit et la lettre de la constituion actuellement en vigueur sont violés continûment. L’état d’urgence depuis 17 ans et la gestion par ordonnance prive le parlement de toute attribution réelle violant l’esprit de la Constitution qui les conçoit comme dispositif d’urgence à ratifier au plus vite. La fixation du cours du baril à 19 puis 37 dollars, sans rapport avec la réalité économique, fait échapper l’essentiel des dépenses de l’Etat au contrôle à priori des élus du peuple. Enfin et surtout, deux chefs de gouvernements successifs, Belkhadem et Ouyahia se sont dérobés à l’obligation constitutionnelle clairement énoncée de soumettre leur programme à l’approbation de l’APN et à présenter un bilan annuel au débat et la censure du parlement. Quand on ne respecte pas les lois actuelles, leur modification apparaît dérisoire. .
Nous sommes inquiets sur le souci annoncé de défendre les institutions ou les valeurs du pays qui ne nous semblent aucunement menacées. Cela augure de mesures d’intimidation contre la liberté d’expression des citoyens.
La réforme la plus grave est celle, évoquée précédemment, de l’équilibre des institutions. Sans connaître le détail proposé, notre inquiétude est la dérive monarchique engagée par le pouvoir alors que la démocratie recommanderait au contraire d’amender en sens contraire l’édifice, outrageusement présidentiel, de notre constitution actuelle.
Bouteflika parle d’assurer la liberté de choix du peuple. Mais la seule liberté envisagée semble être celle de le choisir, lui, pour un troisième mandat. Il y a pourtant tant de libertés autrement plus essentielles qui manquent au citoyen. L'expérience de son pouvoir autoritaire au profit d'une politique ultra libérale, au service des grandes puissances, fait notre opposition à son troisième mandat plus déterminée encore que notre opposition à son premier et à son deuxième mandat.
En attendant de connaître le texte exact, il est clair que la garantie d’une présence féminine dans les assemblées élues correspond à une demande démocratique légitime des militantes féministes. Que vient faire cet amendement dans cette réforme ? Tout le peuple sait que la révision est entièrement dédiée à la satisfaction des ambitions présidentielles, celle d’un troisième mandat et celle de la codification de ses pleins pouvoirs ?
En tout cas, l’annonce de la révision constitutionnelle termine une longue farce qui a déshonoré la coalition gouvernementale, les deux chambres et toute la société civile du président. Enfin les soutiens de la révision et de la ouhda thalitha qui monopolisent l’expression politique sauront enfin dans quelques jours ce qu’ils ont soutenu avec une ferveur indécente depuis plusieurs années.
Crise du leadership américain et résistances en
Amérique latine
La
crise des économies des pays capitalistes développés est aujourd’hui patente
notamment dans son volet financier. Elle touche essentiellement les Etats-Unis
d’Amériques et par voie de conséquence l’Europe avec les répercussions sur les
pays dépendants et dominés. Elle dévoile les limites du système libéral et avec
elles le leadership des USA et son rôle de gendarme du monde. L’enlisement
militaire de cette dernière au Moyen Orient (Iraq), la réapparition de la
Russie qui veut jouer le rôle d’un troisième impérialisme concurrençant ainsi
l’Europe et les USA, et l’arrivée de la Chine sur cet échiquier sont autant de signes qui accentuent cette
tendance.
Recomposition
impérialiste :
Face à cette
situation une logique d’affirmation nationale se met en place. Il y d’abord les
USA qui s’accrochent et qui rappellent à chaque occasion, par des menaces et
des guerres, leur leadership acquis depuis la deuxième guerre mondiale. Il y a
ensuite la Russie qui, depuis Poutine, tente de rétablir le rôle de puissance
politique et militaire qu’elle avait au temps de la guerre froide. La Chine
constitue une force « émergente » qui, sans avoir la force militaire
et politique des premiers, est en train de s’imposer dans le monde ne serait-ce
au niveau économique. Il y a bien sûr le vieux continent. L’Europe reste une
force impérialiste. Mais elle est traversée par un certains nombre de
contradictions qui risquent de l’affaiblir à terme. L’affirmation de sa puissance
économique et financière par l’Euro constitue par la même occasion son point
faible. Le leadership allemand et français dans cette logique d’unification
monétaire a tendance à exclure les économies périphériques, notamment
l’Espagne, l’Italie historiquement plus développés que les bourgeoisies des
ex-pays de l’Est qui ne sont pas encore en mesure d’affirmer quoi que soit. Un
retour vers les monnaies nationales n’est pas à exclure qui se traduira sur le
plan politique par un nationalisme chauvin et peut être même fascisant.
Du coté des dominés, la situation est plus
problématique et ambiguë. Face aux visées impérialistes de plus en plus aigues
pour l’exploitation de son énergie pétrolière et gazière le Moyen Orient
s’engouffre dans le piège des « guerres de civilisation » dans lequel
l’idéologie américaine et occidentale en complicité avec les cultures
religieuses des classes dominantes locales le cadenasse. Les peuples en pleines
luttes persévérantes et justes, à l’image de la lutte palestinienne et irakienne,
n’arrivent malheureusement pas à dégager une perspective révolutionnaire et
démocratique.
C’est en
Amérique Latine qu’un espoir de changement démocratique, social et même
socialiste s’esquisse. Les réactions intempestives de Chavez aux manœuvres de
déstabilisation américaines, le renvoie par Morales de l’ambassade américaine
avec le soutien de la communauté des pays de la région à l’initiative sont
autant de signes qui marquent la tension politique et diplomatique grandissante
avec les yankees et renforce une dynamique de construction démocratique et
sociale indépendante. Pour comprendre ce mouvement essayons d’esquisser les
grandes lignes d’un développement bien sûr inégal qui structurent l’ensemble
des pays de la région.
Trois
alternatives :
Ce qui
donne le caractère unitaire à l’Amérique latine c’est moins une lecture
idéologique d’une histoire commune que la définition d’un devenir commun en
cours d’élaboration. On effet on assiste aujourd’hui dans cette région du monde
à une tendance généralisée à la conception de programmes nationalistes en
termes régionaux. Cette attitude prédomine autant chez les classes dominantes
que parmi les organisations populaires qui perçoivent la nécessité dévaluer
leurs revendications à l’échelle régionale. Cette dynamique est traversée par
trois types de gouvernement qui prédominent actuellement : les
conservateurs (Uribe en Colombie), les centre-gauche (Lula au Brésil et
Krichner en Argentine), les socialisants, ou plus exactement, les nationalistes
radicaux (Chavez au Venezuela). Ces trois variantes ne font bien sûr que
proposer une typologie générale qui sert de référence comparative. Elle permet
de distinguer des orientations dans un cadre où prédominent largement des
situations intermédiaires. Cette classification est construite suivant les
critères de leurs politiques concrètes : leur politique économique, leurs
relation avec les Etats-Unis, la position de l’establishment et les réformes
sociales.
Sur le
plan économique, trois alternatives s’affrontent. Celle d’Uribe, renforcée par
les victoires des conservateurs au Honduras, au Mexique et au Salvador, est une
politique ouvertement néolibérale. Elle est explicitement proaméricaine avec un
fort assentiment des classes dominantes. Celle de Lula et de Kirchner suit un
cours néo développementiste, avec une tendance plus libérale chez le brésilien
et beaucoup d’oscillation chez leurs alliés au Pérou et au Chili. Ils ont des
relations ambiguës avec l’impérialisme. Enfin, Chavez incarne une politique
plus étatiste avec quelques hésitations chez son allié Morales mais plus
d’affirmation en Equateur. Leurs relations avec les Etats-Unis et les
bourgeoisies locales sont conflictuelles. Ces trois projets d’intégration en
cours comprennent respectivement des projets stratégiques de relance du
néolibéralisme dans le projet de la zone de libre échange (ZLEA), de régulation
du capitalisme dans le projet d’un marché commun (Mercusor) et de gestation de
forme de coopération solidaire compatible avec le socialisme dans l’alternative
bolivarienne pour l’Amérique (ALBA). Tout porte à croire que les deux camps
centre gauche et les nationalistes radicaux sont proches, dans la mesure où les
deux camps se déclarent idéologiquement à gauche. Pourtant la différence est
assez importante. Elle s’affiche dans leur rapport avec l’impérialisme, les
conflits avec les capitalistes locaux et leur allant pour l’action populaire.
De ces trois orientations qui
s’affrontent le néo dévelopementisme qui se veut centriste constitue la
tendance dominante plus sécurisante notamment pour les classes dominantes. Elle
pronostique sur le plan théorique que la construction du socialisme sera
précédée d’une longue période capitaliste préalable. Elle prétend développer
cette phase avec des politiques protectionnistes, afin d’améliorer la capacité
compétitive de la région. Dans les faits, c’est ce dernier objectif qui attire
plusieurs secteurs des classes bourgeoises et les amènent à engager un virage
nationaliste et à se rapprocher de cette dynamique néo développementiste
surtout devant le déclin de l’orthodoxie néolibérale à l’aune de la crise
actuelle. Tendance qui n’est d’ailleurs pas incompatible avec certaines normes
du libéralisme économique. Elle cautionne l’exercice budgétaire obligatoire,
les remboursements anticipés aux créanciers et la thésaurisation improductive
des réserves. Ces mesures ne sont pas des actes de prudence économiques, mais
des mesures soutenues par les financiers qui supervisent l’utilisation des
ressources publiques.
Conquêtes
démocratiques inégales :
L’importance
politique qui caractérise ce sous-continent américain réside dans l’importance
des libertés démocratiques acquises par des luttes politiques et sociales ces
vingt dernières années. Sur le plan de l’exercice du pouvoir, les trois types
de gouvernement partagent le même système politique, du moins dans la forme.
Les dictatures qu’exerçaient les forces armées ont disparu. Une pratique
constitutionnelle s’est imposée partout mais inégalement respectée et son
application est variable. (Venezuela et Mexique). Mais, dans cette pratique, on
retrouve un poids important du pouvoir exécutif derrière le président. Les
militaires n’opèrent plus comme une force de choc directe mais comme une
réserve latente pour des situations de crise. La répression est toutefois plus
féroce chez les conservateurs avec un terrorisme d’Etat (Colombie). Dans le
centre gauche (Brésil), les structures répressives sont reléguées au second
plan. Elles sont en revanche beaucoup moins brutales, avec un encadrement politique
et bureaucratique par en haut, chez les nationalistes (Venezuela).
Mais
ces conquêtes démocratiques restent marquées par une certaine instabilité
institutionnelle. L’émergence d’un constitutionalisme qui se veut une
transition manque de l'appui d’un capitalisme florissant qui prédominait par
exemple en Europe après guerre et encore plus de la stabilité connue par
l’Espagne, le Portugal ou la Grèce post dictatoriale. Cette absence a empêché
les conditions minimales de stabilité qui entourent un régime politique
durable.
Historiquement
le poids du présidentialisme obéit à la virulence des crises régionales. Ces
crises sont assez répétitives et dévastatrice qu’elles ont imposé
l’instauration de formes très personnalisées de direction de l’Etat (on peut se
rappeler de De Gaulle, Churchill….). Cette tendance n’est pas le résultat
d’ambitions démesurées. Elle est le résultat de la fragilité dominante dans
tous les recoins du capitalisme périphérique qui utilise cette forme de pouvoir
pour permettre et garantir la continuité de l’accumulation. Mais le sens
concret de chaque type de présidentialisme dépend du caractère conservateur,
centre gauche ou nationaliste du gouvernement. La similitude du comportement ne
doit pas occulter les objectifs divergents qui les différencient. Il est
impossible de comprendre le caractère fragile de la république si on utilise
des critères exclusivement institutionnels, si on renonce à l’utilisation de
certains concepts fondamentaux- comme dépendance, impérialisme ou capitalisme…
Pour dépasser cette situation seule une redéfinition et l’approfondissement de
concept de démocratie reste d’actualité.
Optimisme
et raison :
Or, à ce
niveau, beaucoup de choses reste à faire. Entre le chemin institutionnel et les
organismes parallèles de pouvoir populaire, la conjoncture actuelle de
l’Amérique Latine invite à clarifier tous les sujets à travers des controverses
franches et respectueuses. C’est le moment d’assumer les réalisations et de
tirer le bilan des limites avec une attitude critique et enthousiaste.
L’optimisme de la raison a toujours été un moteur puissant de la lutte
socialiste. L’objectif reste celui de déraciner l’exploitation et non
d'arracher le pouvoir à un groupe puissant pour le transférer à ses rivaux.
Nadir U.H
Pour
plus d'information sur l'Amérique latine il y a bien sur tous les textes d'Imprecor
qui ont servis de base bibliographique mais aussi des numéros du Monde
Diplomatique.
«NOVEMBRE 1954 est un moment essentiel du combat de l’humanité pour abolir l’oppression coloniale. Il vient des résistances du passé, il vient de l’ENA, nourrie des espoirs d’Octobre 1917, il porte l’idée nationale préservée dans l’adversité par le PPA au sein d’un mouvement national pluriel qui en irrigue la société. En ces temps de culpabilisation des peuples et d’autoflagellation, rappelons que notre peuple de parias était exclu de Bab El-Oued et de Gambetta, cantonné aux emplois non qualifiés et à la misère des campagnes. En ces temps de reprise en main des richesses pétrolières et d’asservissement économique, Novembre est d’actualité contre la reconquête coloniale, au-delà du reniement de ses rentiers et des limites de son expression d’alors.» ? Chawki Salhi, SG du PST - paru dans le quotidien le jeune indépendant du samedi 1er novembre 2008
PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger. Tel 021 73 61 41. 071 97 49
39 tel/fax 021 71 47 72. Email pst_dz@yahoo.fr Siteweb : www.pst-dz.org
Que reste t-il de nos acquis démocratiques et
de nos aspirations sociales ?
Il y a 20 ans exactement, le 5 octobre 1988, un mouvement national de protestation populaire ébranlait la dictature, forçait l'ouverture politique et imposait des acquis démocratiques aujourd'hui menacés.
Le 5 octobre culminait une tradition d’explosions spontanées de la jeunesse inaugurée par le printemps berbère de 80 prolongé à Béjaia en 81. Au long d’une décennie marquée par la répression brutale des grévistes de Rouiba et Beni Mered en 82 et par le reflux étudiant, les jeunes ont bougé sur des objectifs sociaux et démocratiques à Oran en 82, à la Casbah en 85, à Constantine, Sétif, Annaba, Ain Beida en 86.
En 1988, la révolte de la jeunesse était le débouché d’une vague de grèves ouvrières commencée à SNVI Rouiba le 3 juillet et reprise en septembre pour faire appliquer les promesses. D’un atelier combatif à l’ensemble du complexe, de celui-ci à l’ensemble de la zone industrielle de Rouiba, les grèves s’étaient étendues, par contagion, d'abord à la zone industrielle de Oued Smar puis à la zone d’El Harrach puis enfin aux unités industrielles d’Hussein dey, Belcourt et Alger centre.
Après les affrontements du 4 octobre à Bachdjarah et Bab el Oued, des manifestations violentes surviennent mercredi 5 octobre dans la matinée à Alger centre et s’étendent en après midi aux quartiers périphériques. Jeudi matin, toute la Mitidja est en mouvement notamment dans les sites de recasement des victimes de l’opération débidonvilisation. Vendredi Soir, à la TV, Khediri, ministre de l’intérieur, reconnaît son impuissance devant une révolte devenue nationale.
La répression s'est acharnée sur les adolescents, bastonnés, violés, castrés, assassinés... Elle a nourri la rage inextinguible des jeunes qui a chanté ses martyrs et construit ses comités de quartier à Ain Taya, Bab el Oued, Ain Bénian, Dély Brahim etc… Ni les brigades anti-émeutes, ni le déploiement de l’armée, ni les tireurs mystérieux n’ont empêché les manifestations quotidiennes qui n'ont cessé qu'après la promesse de réformes politiques concédée par Chadli le 10 octobre, au soir des tirs meurtriers devant la DGSN.
La tentative de quelques figures islamistes de rejoindre le mouvement pour le chevaucher, par l'initiative de la marche du 10 octobre, n’a pas pas rallié les jeunes à l'islamisme. La répression politique a plutôt concerné la gauche, interpellant nos camarades, ou enlevant ces deux cent syndicalistes ou pagsistes sauvagement torturés à la veille du 5 octobre. Car la manœuvre politique du pouvoir visait à utiliser la révolte des humbles contre la politique antisociale de la dictature afin de délégitimer l'étatisme économique et permettre l’infitah, l'ouverture libérale, le pillage du patrimoine public.
L'organisation de la riposte démocratique du peuple est due à la gauche GCR/PST PAGS, ORT, OST, MCA, syndicalistes.... Son principal levier était le puissant mouvement estudiantin né de la longue grève générale de 180 000 étudiants en 1987 et majoritairement animé par notre parti, nommé alors le GCR. Le défunt Redouane Osmane en était la figure de proue. Du grand meeting du 3 novembre 88 à Bouzarea répercuté par la presse mondiale à l'immense manifestation du 24 novembre 88, Place du premier mai, contrainte par le dispositif policier à se replier sur la fac centrale, du rassemblement au stade Oukil Ramdane à Tizi le 25 novembre aux actions universitaires de Constantine et d'Oran, cette jeunesse organisée en Comité contre la répression et la torture a animé les rues de ses diffusions et marqué de sa présence active et militante les autres initiatives démocratiques comme l’AG de la LADDH à l'Atlas ou les actions du comité contre la torture et la grande manif de Bab ezzouar.
Les militants de notre parti ont rejoint ces actions de masse, là où ils étaient présents, initiant même la première marche de Béjaia. Sur le mot d'ordre "élargir la brèche dans le mur de la dictature", ils ont coordonné les comités de quartier à Alger, dés la mi-octobre, occupé les premieres tribunes publiques qui s'offraient (Cité de jeunes filles, sciences politiques, babezzouar, coordination universitaire) car la liberté n'existe que si l'on s'en sert. Ils ont oeuvré patiemment à reconstruire le MCB et son 2ème séminaire de l'été 89. En avril 89, ils participent à l'occupation de la Maison du peuple et y initient une coordination syndicale de plus en plus influente. Nos militantes, actives sur tous les fronts, ont aidé à la création de noyaux féministes dans une dizaine de wilaya, initié la rencontre de decembre 88 à Bouzarea, calomniée par une campagne intégriste, travaillé au rassemblement de novembre 89 et au succès des 8 mars 89 et 90.
Mais la riposte démocratique s'est heurtée à l'absence de tradition aprés 26 ans de dictature et à la faiblesse des noyaux militants au sortir de la clandestinité face à la répression étatique qui s'est acharnée à nous contenir, à nous réduire, à nous étouffer pour rétablir le désert politique. Dans ce silence, les prêches enflammés qui continuaient dans quelques mosquées ont permis peu à peu aux intégristes de prendre l'hégémonie sur la jeunesse révoltée puis sur une société meurtrie dont les aspirations sociales n'étaient pas satisfaites par les débuts d'entr'ouverture politique.
Refusant aux travailleurs aux jeunes et aux masses populaires le rôle d’acteurs dans leur propre histoire, Mr Ouyahia après Mr Hamrouche n'y voient que complot de l'ombre, sans fournir, en 20 ans, le moindre indice. Les complots policiers, inévitables, sont dérisoires au regard du déferlement radical de centaines de milliers de jeunes, soutenus par toute la population, protestant contre la dégradation des conditions sociales et ripostant à la répression jusqu'à imposer l'ouverture d'une nouvelle période politique.
Car les acquis démocratiques ne sont pas le fruit des velléités d'ouverture de Khediri et Chadli, soucieux d'éviter l'explosion d'une société privée d'expression, ils ne sont pas dus aux calculs de la droite libérale réformatrice soucieuse de déstabiliser le bloc social au pouvoir, rétif à l'infitah. Et ce, même si les divergences au sommet ont fait parfois hésiter le bras de la répression et ouvert un espace. Les collectifs ont activé avant l'agrément de leurs associations ; les partis ont envahi la scène avant que le pouvoir ne consente des tendances au sein du FLN !!!, bien avant la loi "sur les associations à caractère politique" de juillet 89 ; les tracts, les journaux ont circulé avant la loi sur l'information. La pression populaire, le sacrifice des jeunes, leur détermination contre les tortionnaires ont imposé nos acquis démocratiques.
Mais les aspirations sociales qui ont fait les grèves de septembre et les émeutes d'octobre n'ont pas été satisfaites. Les jeunes du 5 octobre sont sortis dans les rues comme à l'appel des grèves ouvrières qui se généralisaient. Ils n'ont pas trouvé de repère adulte à la mesure des espoirs sociaux. Le retard de construction politique les a privés d'une direction politique socialiste voire progressiste et même de substitut syndical. C'est ce vide que les intégristes ont fini par occuper.
20 ans aprés, la régression sociale entreprise par les réformateurs libéraux de Hamrouche, radicalisée par le PAS du FMI se trouve aggravée encore par la politique ultra-libérale de Bouteflika. Les conditions sociales sont pires qu'en 88. Les grévistes de 88 ont perdu leurs acquis sociaux, souvent leur emploi, parfois leur entreprise et sont livrés à la précarisation et aux emplois non déclarés. La jeunesse des hittistes est remplacée par celle des gardiens de parking, des emplois au quart du SMIG et des harraguas.
Malgré la tragédie des années 90 et la désorientation qu'il a provoquée parmi les secteurs populaires qui s'étaient fourvoyés dans l'impasse islamiste, malgré l'effondrement social mis en oeuvre par le libéralisme et son effet désagrégateur sur le corps social, beaucoup de conquêtes d'octobre sont encore là aprés 17 ans d'état d'urgence et la pression intégriste liberticide. Les gouvernements successifs essaient de démanteler les lois de démocratie surveillée concédées par Chadli pour passer à la démocratie des sociétés de vigiles et des associations de soutien. Les plus audacieux n'entrevoient de libertés que pour les partis de notables et pour les élites cooptées par la "communauté internationale" des puissances. Car le projet libéral nécessite un ordre politique autoritaire. Le peuple qu'on veut dépouiller doit être privé de pouvoir, privé de parole. Mais la société n'a pas abdiqué. Et nos libertés d'expression de manifestation de grève sont à chaque fois reconquises par les pétroliers ou les enseignants, par le mouvement populaire de 2001 ou par les jeunes de Ain Fekroun, de Ouargla ou de Tiaret. Les grondements du peuple sinistré de Ghardaïa n'obtiennent pas seulement les budgets massifs de la reconstruction. Ils contribuent au rapport de force démocratique qui maintient nos libertés et les reconquiert. Car les acquis d'octobre ne disparaitront que si nous les laissons disparaître ! Quant aux aspirations sociales des jeunes du 05 octobre, l'Algérie de 2008 nous en a éloignés. Elles nécessitent un grand parti démocratique et socialiste au service des libertés populaires et des besoins sociaux des travailleurs et des masses populaires.
SN du PST. Alger, le 05 octobre
2008
Il y a 20 ans le 5 octobre
88 Analyses, témoignages, débat
Jeudi 09 octobre 2008 à 14h
au siège du PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger
Entre patriotisme économique et politique libérale
Impasse
du libéralisme algérien !
C’est d’abord ce dernier qui annonce l’amorce d’un changement dans son discours prononcé lors de sa rencontre d’été avec les maires en reconnaissant « s’être trompé » en matière de stratégie économique. Il a estimé entre autres que « les investissements étrangers n’ont pas toujours été dans l’intérêt de l’Etat algérien », que les entreprises étrangères ont réalisé de très bonnes performances sans pour autant apporter une quelconque valeur ajoutée à l’Algérie. C’est ensuite par un certain nombre de décisions auxquelles on assiste qu’une réorientation de la politique économique semble se concrétiser. On souligne ainsi un changement de cap dans l’instauration de l’incessibilité du foncier industriel appartenant à l’Etat ainsi que dans la décision relative aux projets d’investissement impliquant des capitaux étrangers dans lesquels l’Algérie entend, à l’avenir, détenir la majorité du capital. Cette dernière mesure est elle liée à la vente d’Orascom Cement, propriété du milliardaire Nassef Sawiris, frère de Naguib Sawiris, au groupe français Lafarge pour un montant de 8,8 milliards d’euros sans que l’Etat algérien n’ait été informé au préalable ? En tout cas, il a fallu un scandale patent, scandale toutefois normal compte tenu de la légalité libérale, pendant que d’autres restent latents pour que nos dirigeants se rendent compte que la souveraineté de l’Etat algérien est malmenée.
On constate par ailleurs un revirement
sur plusieurs dossiers sensibles. Il y a par exemple la volonté d'introduire de nouvelles règles du jeu pour l'activité des
banques étrangères que Bouteflika a confirmé lors de sa réunion consacrée au secteur
des finances. Elles seront désormais tenues, au terme d’un cahier de charges
qui doit être élaboré, de réserver une partie de leur capital au financement
des investissements productifs au lieu « de se contenter d’accompagner
le commerce et de financer les crédits à la consommation » dira-t-il.
Il y a aussi la décision de taxer des véhicules neufs et de 15 % les bénéfices
des entreprises étrangères transférés hors du pays. Nous pouvons souligner
aussi le niet prononcé par le président de la république sur la création des
« fonds souverains » en faisant valoir à juste titre que les besoins
d'investissements nationaux sont suffisamment importants pour ne pas y avoir
recours.
Toutes ces
annonces confirment que la tendance est à un serrage de vis après des années de
libre marché, c’est-à-dire de laisser faire et de quasi préférence aux
investissements directs étrangers. Une sorte de préférence nationale économique
se met donc en place. S’agit-ils de simples mesures conjoncturelles avec comme
arrière-fond des échéances électorales ? Il est vrai qu’un «nationalisme
économique» est redevenu mieux «vendable» à l'opinion qu'un discours libéral
comptant démesurément sur les I.D.E pour relancer la machine économique. Mais
si c’est le cas, cette découverte tardive de l'échec des politiques économiques
suivies marque la fin des illusions libérales et comporte ne serait-ce au
niveau du discours une attitude qui relève du bon sens.
En réalité,
la conjoncture algérienne marquée par l’échéance électorale de l’année 2009
coïncide avec une situation mondiale marquée par un marasme qui affecte
l’économie mondiale et en premier lieu l’économie américaine. Economie qui,
faut-il le rappeler, est présentée souvent comme l’exemple parfait de la bonne
santé de la concurrence libérale. La crise, dite des «subprimes», partie des
Etats-Unis, a été le phénomène déclencheur de celle qui affecte les plus
importantes économies mondiales. Elle a mis à nu les effets corrosifs que la
spéculation sans retenue ni garde-fous peut avoir sur ces économies. Même les
théoriciens les plus acharnés de l'ultra libéralisme, qui font la part belle
aux spéculations financières, reconnaissent ce fait. Mais ils préfèrent
minimiser la gravité de la situation en tablant sur la conjoncture difficile et
en pariant sur les capacités du système à faire redémarrer la machine
économique, américaine d'abord et mondiale ensuite, en faisant appel à….l’Etat
dit providence, c’est-à-dire concrètement aux finances publics après avoir
essayé en vain le dumping par des « fonds souverains ».
Seulement,
les indicateurs de ces économies stagnent au rouge, provoquant l'affolement des
responsables politiques, et, plus grave encore, la paupérisation rampante de
leurs sociétés. Au point que l'administration américaine, pourtant fervente
adepte de l'ultra libéralisme, n'hésite plus à transgresser ses dogmes en
prenant des mesures au contenu en totale antinomie avec ces derniers.
Mais la crise n’est pas seulement mondiale.
Elle est aussi nationale. Avec un taux de chômage qui frôle les 15%, une
inflation galopante et un coût de la vie qui a augmenté de prés de 5% au cours
du 1er semestre 2008, le marasme social ne fait qu’enfler. Et on
s’étonne encore que les émeutes marquent le quotidien algérien. Il est, dès lors, plus qu’urgent pour le
gouvernement de M. Ouyahia de calmer le front social, et d'obtenir un répit
politique au moins jusqu'aux prochaines élections présidentielles, qui doivent
être organisées dans un climat social apaisé, sinon maîtrisé.
En
elle-même, la mesure annoncée dans l'article 59 de la loi de finances 2009 qui
« vise à accorder au gouvernement, à travers le Trésor public,
une autorisation permanente en matière d’assainissement financier des
entreprises publiques déstructurées » est
bonne à prendre. Les entreprises publiques industrielles algériennes, du moins
ce qui reste, auront de ce fait des possibilités d‘engager le processus
nécessaire de développement et de croissance qui devrait leur permettre de
s'adapter aux nouvelles exigences du marché. Elle aura sauvé bien des emplois
et elle aura le mérite de rappeler aux esprits incrédules que le recours à
l’investissement public n’a rien d’idéologique. Il est le seul et dernier
rempart avant l’écroulement.
Bouteflika surfe donc sur une situation
d’instabilité et du déclin du libéralisme qui a fait des ravages dans
certaines sociétés et provoqué des crises d’instabilité chronique dans d’autres
et qui risque de l’emporter et avec lui le pays tout entier. C’est dans ce
contexte qu’il fait son mea culpa et fait appel à sa seule béquille assez
solide pour l’instant, la souveraineté de ses fonds, à défaut de faire appel à
son peuple comme c’est le cas en Amérique latine. Ce correctif de la voie ultra
libérale empruntée par le capitalisme algérien jusqu'à maintenant, qu’engage
aujourd’hui le régime Bouteflika trouve son explication dans cette crise
mondiale qui pointe le nez. Par peur d’enlisement dans cette spirale, peut-il
s’engager pour autant dans une dynamique de sauvegarde de ce qui reste de
l’économie nationale ? Il y a de quoi rester sceptique et même critique
sur certains aspects de la démarche quand on voit la manière antidémocratique
et le mépris avec lesquels le chef de l’Etat avec le même personnel nargue la
population.
La
démarche s’inscrit nécessairement dans la durée avec des projections
programmatiques au-delà de 2009 puisqu’elle défini les grandes lignes d’un
programme qui couvre la période allant de 2009 à 2014 avec toutefois un fort
clin d’œil à la campagne électorale qui s’annonce. Notons au passage que ce
comportement est à l’antithèse des deux précédentes campagnes présidentielles.
Signe des temps, les temps des crises capitalistes. C’est au moins ça de gagné.
Nadir u haddad
Le 22/09/08
Bolivie Vénézuela solidarité !
Evo Morales qui
vient de se voir renouveler la confiance populaire avec plus de 67% des
suffrages fait l'objet d'une tentative de déstabilisation. Sa politique au
service des couches les plus pauvres de la population et au servie des
populations indiennes opprimées déplait à Washington et à Bruxelles. Peut on
pardonner au régime qui a osé nationaliser son pétrole à 82% ? Une offensive
US, basée sur les élites blanches racistes, notamment dans certaines provinces
riches, entend saper l'autorité d'Evo Morales. Des bandes fascistes s'attaquent
aux indiens et installent un climat de guerre civile. Un dangereux processus
sécessionniste veut dépecer la Bolivie et d'autres pays qui comme le Vénézuela
résistent aux exactions impérialistes et refusent le pillage.
Le PST est
solidaire de ce front de résistance qui a contribué à redonner un peu d'espoir
aux peuples du monde entier. Bas les pattes devant la Bolivie et le Vénézuela
! Chawki 18 septembre 2008
XXème
anniversaire du soulèvement populaire du 05 octobre 1988
Une rentrée sociale qui promet
Travailleurs du
Bâtiment et du gardiennage de Skikda, personnels des bases pétrolières,
enseignants contractuels, chantiers chinois de l'autoroute à Bouira, ouvriers
de la cotonnerie de Draa Ben Khedda, ont animé le front social cet été.
Des émeutiers ici et là , de nouvelles vagues de harraguas ont continué à
signifier le désespoir de la jeunesse. La rentrée bruit de rumeurs qui n'ont
pas besoin de chef d'orchestre clandestin : la grande hargua, un nouveau 5
octobre.. Plus concrètement on attend une nouvelle mobilisation enseignante
contre le statut particulier, de nouveau les contractuels et de nouveau les
travailleurs de l'autoroute de Bouira... Rendez vous début octobre !
B. D. 18 septembre 2008
Un 3ème
mandat pour réparer les erreurs commises durant le 2ème.
Depuis son
discours aux chefs de l'armée en juin 2006, Bouteflika multiplie les critiques
sentencieuses à la politique de suicide économique qu'il inflige, lui même, à
l'Algérie depuis des années. Mais après l'amendement apporté à sa loi sur les
hydrocarbures qui demeure une menace grave pour l'économie nationale, nous
n'avons eu droit qu'à des déclarations d'intention. Et le pillage a continué. A
quelques mois de l'élection présidentielle, le ton se fait plus ferme lors de
l'autocritique de juillet 2008, une partie du secteur public se voit épargnée
par la liquidation et des mesures de containment de l'investissement étranger
sont prises. Que faut il en penser ?
Si nous prenons
acte de mesures qui marquent un renoncement au dirigisme "libéral" en
faveur de l'impérialisme, nous n'en sommes pas satisfaits pour autant. La
distribution de concessions pétrolières par l'Analft, le bradage des richesses
minières contredisent les beaux discours patriotiques quand le gouvernement de
la zone verte, de Maliki, refuse en Irak le régime des concessions. La perte de
monopole de Sonelgaz de Naftal nous prépare des lendemains néo-coloniaux. La
dissolution des EPLF prolonge la destruction de nos capacités de réalisation.
Le bradage des unités de SN métal continue l'effondrement de notre industrie.
Le projet géant de production d'ammoniac pose la question habituelle : pourquoi
la compétence technique de Sonatrach et l'argent de cinq banques algériennes
ont-t-il besoin d'Orascom ? Faudra t'il attendre le cinq juillet 2011 pour
entendre Bouteflika ou son successeur exprimer des regrets ?
Bouteflika et son
équipe avouent avoir échoué dans tous les domaines : pétrole, investissement
étranger, industrie, agriculture etc... mais il nous demande un 3ème mandat
pour réparer les graves erreurs de son 2ème mandat.
Les ambassades
occidentales s'inquiètent de cette" régression" !!! Comment ?
Contrôler les investisseurs désintéressés de la "communauté
internationale" ? Faire payer des impôts sur les bénéfices rapatriés ?
Shocking ! Si ce n'était la cagnotte juteuse des contrats du plan de soutien à
la relance on serait plus méchants...
Les travailleurs
n'ont pas la même critique du nouveau cours de Bouteflika ! Les premières
mesures annoncées ne changent pas radicalement la réalité du pillage qui
continue dans une économie livrée sans protection aux exportations
subventionnées de l'UE et offerte à l'OMC. Des entreprises sont bradées ou
liquidées chaque jour ! Nous ne voulons pas du pillage contrôlé qui est
proposé. Exigeons un gel immédiat des privatisations ! Un gel immédiat des
concessions prévues par la loi sur les hydrocarbures ! Le rétablissement
immédiat des monopoles étatiques sur les services publics ! La nationalisation
des banques des assurances et des secteurs stratégiques ! Chawki 18
septembre 2008
Une délégation
du PST à l'université d'été de la LCR
Les camarades Chawki Salhi et
Nadir Djermoune du SN du PST ont participé à la dernière université d'été de la
LCR qui s'est conclue par une journée consacrée aux ateliers sur le programme
du Nouveau Parti Anticapitaliste NPA. 1500 participants ont animé une centaine
d'activités balayant des thèmes comme le bilan de mai 68, les questions
internationales l'économie, la culture, l'écologie, l'initiation au marxisme et
la formation des élus..
Daniel Bensaid a promené son
érudition et sa subtilité à travers la relecture du capital de Marx la remise
en perspective de la question du parti et autres questionnements. La lucidité
et la fidélité des vétérans de 68, la qualité des jeunes animateurs tout cela
promet.. Le meeting central a fait plage pleine avec Olivier Besancenot et tous
ces jeunes travailleurs (euses) qui résistent farouchement aux projets de
Sarkozy Merkel et Bush. Congrès du NPA Janvier 2009.
L'atelier Luttes sociales et politiques en Algérie était animé par Salhi Chawki, Nadir Djermoune
de la direction du PST et modéré par Cathy Billard de la direction de la
LCR. D.B. 28 août 2008. Plus d'infos sur le site de la LCR
La
société algérienne est traversée de conflits sociaux. Ceux-ci sont le
soubassement d’une vie politique que les caricatures exotiques présentées sur
le mode paternaliste par la presse impérialiste ne permettent pas de saisir.
Mouvement radical de libération nationale des années 50, politique
dévelopementiste des années 70, particularisme amazigh depuis le printemps
berbère de 80, mouvement intégriste islamique des années 90, tournant libéral
agressif des années 2000 et résistances sociales d’abord victorieuses. Rien ne
se comprend sans les moyens de l’analyse marxiste. Rien, pas même le désespoir
qui envahit notre jeunesse qui explose en émeutes sporadiques et qui fuit sur
des barques de fortune une vie privée d’avenir, dans une Algérie qui prête 120
milliards de dollars à des taux dérisoires aux banques centrales des pays
riches. ND SC 06 août 2008
Un
passage de la conférence dans cette vidéo de la LCR
L'université d'été une école de formation

Voir la vidéo de l’université d’été
voir aussi une
interview de Chawki Salhi du PST algerien par LCR Marseille
Radio Rouge
Entretien paru dans l'hebdomadaire les débats Semaine du 2
au 8 avril 2008.
http://www.lesdebats.com/editionsdebats/020408/nation.htm#5
Salhi Chawki, SG du PST
"Un grand parti de gauche est
possible"
Le
secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs définit, de son point
de vue, le champ de la représentation de la revendication sociale et pense qu’un
grand parti de gauche est plus que jamais possible. Il situe pareil projet dans
le cadre d’un processus démocratique toujours à construire et le conditionne
par une mobilisation de toutes les forces opposées à l’orientation libérale.
Les Débats : Après plus de dix ans d’absence, le PST a renoué avec les élections aux locales de novembre 2007. Qu’est-ce qui a motivé une telle décision ?
Salhi Chawki : Les Algériens ne croient pas aux élections, le PST non plus. Sauf que notre scepticisme ne se limite pas aux élections algériennes et aux institutions algériennes. Prenons l’exemple des USA où les élections n’intéressent qu’une minorité de la population. La bataille est menée à coups de milliards de dollars entre le candidat Pepsi et le candidat Coca, qui ont le monopole des médias. Peu sont informés de l’existence d’autres candidats qui font pourtant des scores honorables, comme Ralph Nader (5%)... Il y a huit ans, la Cour suprême fédérale, conservatrice, a stoppé le Florida recount, recomptage pourtant autorisé par la Cour suprême de Floride, d’une autre obédience. Cela instruit sur l’indépendance de la justice. Quand aux libertés et aux droits de l’homme, ils ont été suspendus par le Patriot Act.
On nous rétorquera que chez nous, c’est pire. La fraude, le monopole médiatique du pouvoir sans parler de quelques uns qui contestent la présence du pouvoir et des islamistes dans les élections. Pour marginaliser les islamistes et les gens du pouvoir et pour faire cesser la fraude, que faut-il faire ? Cette démarche, largement partagée dans les milieux politiques et médiatiques, et au delà, présente une apparence démocratique radicale ; pourtant, son objectif non dissimulé est un régime de despotisme éclairé. Car sur qui compte-t-on pour changer le rapport de force dans la société et moraliser la pratique électorale ? L’armée ? Les ambassades occidentales ? Les démocrates, eux, travaillent à changer les choses par l’action de la majorité du peuple. Un peuple qu’il faut donc déjà gagner aux idées démocratiques.
En participant avec beaucoup de scrupules et d’hésitations aux commissions de surveillance des dernières législatives, le PST a contribué à cette fameuse lettre qui déclare «une fraude massive et générale». C’est la vérité. Qu’importe le jeu de telle partie ou de tel parti du pouvoir. C’est la vérité. Preuve en est qu’ils ont supprimé une commission de surveillance qui, enfin, pour la première fois, surveillait…
Mais pour empêcher la fraude, il faut plus que ça. Et il est possible d'y parvenir. Dans le rapport de force favorable de la Kabylie, la concurrence de deux appareils politiques rivaux assurait le contrôle des opérations de vote. Et en 90 et 91, l’hégémonie brutale du FIS dans les quartiers populaires a fait le résultat, provoquant l’arrêt des élections.
Cela ne signifie pas que nous proposons la participation systématique, la fleur à la bouche. Pour réaliser des élections démocratiques, il faudra bien un jour empêcher celles qui ne le sont pas. Mais un boycott signifie empêcher les élections et non faire un communiqué de presse.
La force du pouvoir, c’est la démoralisation passagère des travailleurs et des masses populaires qui ne s’organisent pas pour leurs intérêts, pour imposer leur volonté majoritaire.
Même dans les pays où l'illusion démocratique est parfaite, nous ne pensons pas que les changements viennent des élections. Ce sont les rapports de force dans la société tels qu'ils résultent des luttes sociales et politiques qui déterminent le cours des choses et ce sont ces rapports de force qu'il faut changer par nos luttes. Bien sûr, les luttes électorales font partie de ces luttes politiques, mais elles n’en sont qu’une partie non essentielle.
Le PST a comme démarche globale de participer aux élections qu'elles soient démocratiques ou non. Sauf exception dûment motivée. Il s'agit, selon la formule consacrée par un siècle de débats du mouvement ouvrier mondial, d'utiliser la tribune électorale, la tribune parlementaire, pour faire connaître au plus grand nombre les revendications des humbles, celles des travailleurs et de tous les opprimés. Il s’agit de profiter de la campagne électorale et du moindre espace conquis dans les institutions élues pour intéresser les masses populaires à notre programme socialiste mais surtout diffuser, le plus largement possible, les propositions immédiates que nous opposons aux politiques capitalistes Ces propositions réalistes sont elles mêmes porteuses du scepticisme de notre démarche. Nous les appelons revendications transitoires (car certes elles) vont dans le sens d’améliorer l’ordinaire d’une société injuste, mais leur but essentiel est d’éduquer à la nécessité de la remise en cause radicale de l’ordre social oppressif de nos sociétés actuelles.
Nous avons boycotté les municipales de juin 1990 parce que dans la foulée d’octobre 88, nous espérions mieux que l’ouverture contrôlée qui nous était proposée. Il n’était pas loyal, après 26 ans de fermeture, de proposer aux mouvements d’opposition privés d’expression de concourir pour 20 000 candidats dans 1 500 communes. Il fallait commencer par l’élection d’une Assemblée nationale dont les sièges seraient répartis à la proportionnelle entre les partis qui présentent leurs programmes aux suffrages des Algériens. Et cette Assemblée, nous la voulions constituante car il n’est pas normal que les règles du jeu soient fixées par un pouvoir en place délégitimé par octobre 1988. Le raz-de-marée FIS a ruiné la manœuvre des gouvernants de l’époque et relativisé notre protestation. En 1998, nous avons stoppé les fastidieux préparatifs administratifs au moment du massacre de Sidi Moussa. En 2002, nous ne pouvions pas nous désolidariser du mouvement populaire de Kabylie qui subissait une répression sanglante.
Notre participation plutôt symbolique aux locales prolonge une campagne législative très dynamique. Le PST y a gagné à chaque fois une certaine visibilité. Car malheureusement, notre dynamisme, important dans les luttes de terrain, ne permet pas souvent cette visibilité.
Vous avez remporté la majorité dans une commune, une seule. Sera-t-elle gérée différemment ?
Nous n’avons pas pu participer valablement aux locales en raison des conditions ahurissantes qui étaient exigées par la loi modifiée. Pour concourir à l’APW d’Alger, il faut 52 000 signataires mobilisés pour aller individuellement faire légaliser chacun son imprimé par le président d’APC en personne quand le FLN grand triomphateur en mai n’obtient que 63 000 voix contestées par la commission officielle de surveillance… Nous avons essayé, pour le sport, dans 31 wilayas. Seules quelques petites communes aux conditions particulières pouvaient permettre un tel défi. Sur six communes dans deux wilayas nous avons obtenu 15,7% des suffrages exprimés et obtenu neuf élus avec une majorité absolue dans la commune de Barbacha.
Sera t-elle gérée différemment ? Cela dépend beaucoup de la mobilisation de la population.
Comme le déclarait un membre de l’équipe élue : «nous n’avons promis que la transparence», nous avons pris l’engagement d’une loyauté envers nos électeurs et d’une détermination à œuvrer pour les besoins des masses travailleuses et des démunis. Notre maire Mohand Saddek Akrour est un militant du peuple depuis trente ans. Ce n’est pas un de ces arrivistes électoraux qui sont la norme dans notre pays, en ce moment. Militant du MCB, actif dans le syndicalisme étudiant, syndicaliste CNES, il fut l’un des principaux dirigeants du mouvement populaire de 2001. Il est aussi membre de la direction nationale du PST. Maintenant un exécutif communal n’a en réalité qu’un pouvoir limité devant l’omnipotence du wali. Saddek et ses camarades resteront plus sûrement des militants du peuple si le peuple de Barbacha les soutient les accompagne et les contrôle. C’est en tout cas ce que ces camarades demandent. Le contrôle populaire.
Le PST s’inscrit dans le combat socialiste. Vous avez parlé récemment de consensus sur le libéralisme dans le paysage politique. Un front opposé peut-il être encore édifié ?
J’ai ironisé sur l’unanimité en fin de campagne de tous les partis qui se sont souvenus des pauvres et ont commencé à dénoncer les effets du libéralisme. Mais malheureusement, tous les partis proposent des politiques libérales et pour certains, font même de la surenchère exigeant d’aller plus vite dans les réformes contre le système étatique. Certains affublent le libéralisme de qualificatifs antinomiques comme les tenants du « libéralisme social ». Puis, quand on quitte l’univers des slogans creux, ils approuvent l’accord avec l’union européenne ou l’entrée à l’OMC qui constituent, l’un et l’autre, un véritable suicide pour l’industrie nationale et pour toute l’économie productive de notre pays, publique et privée.
Le libéralisme d’aujourd’hui, plus proprement le néo libéralisme, demande comme son homonyme d’antan à ce que le capitaliste soit libéré de toute contrainte. Hier, il s’agissait de se libérer de l'Etat féodal, de ses impôts improductifs et de sa tutelle nuisible. Aujourd’hui, il s’agit de se libérer des lois sociales conquises par les travailleurs en un siècle de luttes, d’échapper au contrôle des gouvernements quand les gouvernements sont sensibles aux pressions de ceux qui les ont élus. Il s’agit aussi de remettre en cause, c'est ça leur liberté, les acquis nationaux obtenus par les luttes anticolonialistes de la seconde moitié du vingtième siècle, faire tomber les protections économiques mises en place dans la foulée des mouvements de libération afin de reprendre le contrôle des richesses minières et de tous les secteurs des économies les plus faibles. La mondialisation libérale est une recolonisation.
Nous ne mettrons pas tous les néo-libéraux dans le même panier. Il y a un courant furieusement libéral, favorable à l’abolition de toutes les protections contre les grandes compagnies internationales prédatrices, auxquelles il propose le contrôle direct de l’économie nationale. D’autres, favorables au démantèlement du secteur public, sont réticents au suicide immédiat d’un édifice économique auquel ils ont contribué. Ils sont aussi plus lucides sur les conséquences économiques, sociales et, en fin de compte, politiques, du cours ultralibéral. C’est le cas des grands commis de l’Etat qui font de la résistance sporadiquement. C’est le cas de ces grands patrons, notamment ceux du FCE, qui voient leur investissement mis en péril…
Nous pensons, nous, qu’une autre politique est possible.
Des parties mettent tous les malheurs du pays sur le dos du modèle socialiste des années 1970. Quelle vision avez-vous de cette expérience passée ?
Nous avons combattu le régime d'alors et pas seulement sur le plan démocratique. Les années 1970 sont infiniment meilleures du point de vue de l'intérêt national et surtout de celui des masses populaires. Nous identifions ce socialisme "spécifique"comme un capitalisme d'Etat. Après une colonisation longue et radicale, une colonisation de peuplement, le peuple algérien était tout entier marginalisé. L'Etat s'est substitué à une bourgeoisie quasi inexistante. Cela est arrivé souvent dans l'histoire, mais rarement la bourgeoisie en tant que classe a été si inconsistante. La bureaucratie bourgeoise qui conduisait ce processus a, en fait, oeuvré à l'accumulation primitive du capital algérien. L'Etat a inventé, de toutes pièces, les premiers noyaux de la bourgeoisie dans le textile, la chaussure.... Et reconnaissez-le, le but du socialisme n'est pas de produire des capitalistes. C'est cela qui a désorienté les Algériens qui acceptaient la relative austérité pour assurer un avenir meilleur à leurs enfants. Les premiers embryons de ce capitalisme naissant à l'ombre de l'Etat ont ensuite poussé à l'infitah. Trop faibles pour imposer le retour aux normes habituelles du capitalisme, ils étaient assez puissants, imbriqués à la bureaucratie de l'Etat pour freiner et étouffer l'essor du secteur économique d'Etat. Ceux qui tiennent le haut du pavé insistent sur l'échec et l'inefficacité de ces années pour agir sur la conscience populaire qui en garde un souvenir positif. Naturellement, les masses ne peuvent se donner l'objectif d'un retour à une situation qui a fait naître les classes parasitaires qui conduisent aujourd'hui le pillage et l'exploitation.
Depuis la chute du bloc de l’Est, c’est la généralisation des réformes libérales. La déception des masses dans les pays qui ont connu l’expérience socialiste serait-elle trop forte pour rendre impossible de nouveaux projets socialistes ?
L'échec patent du socialisme bureaucratique de bloc de l'Est a démoralisé l'humanité entière. Les réformes libérales dans leur substance, consistent à revenir sur les acquis sociaux arrachés par la lutte des travailleurs et des peuples. C'est cette démoralisation qui rend possible cette agression libérale. Il suffit d'une résistance même localisée ou partielle pour enrayer le processus. On a vu les émeutes de Seattle bloquer l'OMC, on a vu la petite et pauvre Bolivie renationaliser ses hydrocarbures après de grands mouvements de masse, et en Algérie les grèves ouvrières, les révoltes de la jeunesse à Aïn Fakroun, en Kabylie, etc. ont stoppé les privatisations et imposé le retour à un investissement massif de l'Etat.
Il y a eu, dans les pays de l'Est, un retour de balancier qui a fait voter pour des formations issues des anciens partis communistes. Mais la thérapie de choc libérale avait détruit l'économie ancienne et bouleversé la société. Et surtout les PC avaient changé. Dérive nationaliste ou socialdémocratisation, selon le cas. Et c'est de nouveau la déception.
En 1999, il y a eu dans l'opinion un fort courant de nostalgie de l'époque Boumediene. Qui se souvient de cette illusion ?
Il faudra du temps pour que l'humanité reconstruise son rêve collectif d'un monde sans exploitation. L'irruption de nouvelles générations radicales dans les rendez-vous altermondialistes a contribué à faire renaître l'espoir. Mais cette dynamique a ses limites. Il y a aussi les résistances massives comme chez Chavez ou Morales. L'incroyable épopée du peuple palestinien dans la prison collective des territoires, l'enlisement US en Irak...
L'offensive libérale antisociale menace de continuer. Mais l'avenir sera ce que nos luttes en feront.
Si le capitalisme était une solution pour l'humanité, pourquoi se plaindre ? Mais ce n'est pas possible. Alors des luttes surviendront, mobilisant chaque fois de plus en plus de monde parmi les esclaves modernes du capitalisme du XXIe siècle. Et on réinventera le socialisme.
Croyez-vous que le premier problème du socialisme soit dans la crise de sa pensée, de la difficulté des théoriciens de gauche à proposer un modèle qui soit sincèrement socialiste mais sans travers totalitariste ou bureaucratique, en tout cas liberticide ?
La réflexion sur ces sujets est permanente. Il y a par exemple eu des débats sur la mise à jour de la stratégie révolutionnaire renouant avec un examen critique du modèle russe qui a toujours été de mise dans la pensée marxiste depuis Lénine, Trotski et Rosa. La question de la démocratie est une exigence depuis aussi longtemps;
Malheureusement, les expériences concrètes de pouvoir des travailleurs ont été possibles dans des pays à développement bourgeois retardataire. Comparée à la Russie de 1917 ou à la Chine de 1949, l'Algérie actuelle est la Californie. L'étroitesse des conditions objectives a conduit à la bureaucratisation rapide. Mais surtout n'allez pas croire que la révolution socialiste est un acte de type militaire. Imaginez que pendant la révolution russe, les régiments votaient librement pour rejoindre ou non la révolution. Du point de vue des idéologues bourgeois, démocrates, la révolution présente le visage d'une grande pagaille. Les Soviets, cela ressemble beaucoup au processus d'auto-organisation que nous avons connu au printemps 2001. Du moins à ses débuts. Au sortir d'une crise dure sur les syndicats, les Russes ont suspendu le droit de tendance. Et c'est devenu la norme du régime de Staline. Ce sont les conditions objectives, celles d'une Russie arriérée, assiégée par les puissances impérialistes qui ont rendu possible la codification d'une telle régression.
Notre projet socialiste est étranger à tout monolithisme. Même dans nos rangs, le droit à la liberté d'opinion, le droit à s'organiser en tendance est un principe sacré. Mais il ne suffit pas de dessiner abstraitement un projet pour reconstruire l'espoir socialiste hégémonique dans l'humanité depuis octobre 1917 jusqu'aux années quatre-vingts. Il y a eu trop de déceptions en Russie, en Europe de l'Est en Chine, au Vietnam mais aussi dans les régimes nationalistes radicaux au "socialisme spécifique", dans les résistances symboles comme en Palestine. Les travailleurs et les peuples ne croient plus à leurs propres luttes. C'est la cause du repli identitaire dans les intégrismes, dans les radicalismes ethniques ou culturels... Le mouvement altermondialiste, malgré ses limites, a contribué à faire renaître une utopie collective pour l'humanité. Mais il a de grandes limites, de grandes faiblesses. La résistance de Chavez, de Morales peut engager une dynamique, mais au plan des rapports de force mondiaux, nous ne sommes pas optimistes pour le court terme. La résistance héroïque du peuple palestinien, l'enlisement irrémédiable des USA en Irak ne peuvent facilement faire émerger une issue positive. Mais l'immense prolétariat mis en esclavage en Chine, en Inde, aux Philippines... ne peut différer indéfiniment sa révolte.
Du temps du parti unique, la gauche algérienne avait une image et celle-ci a été brutalement bousculée par l’entrée dans la légalité et la compétition électorale dès 1990. Cursivement, que s’est-il réellement passé ?
Dans la clandestinité, il y a de grands mythes, il n'y a pas de grandes organisations. Si le mythe gigantesque du PAGS s'est brisé c'est, d'abord, pour des raisons politiques. Leur ligne de soutien critique à Boumediene puis à Chadli n'était plus tenable. Surtout après la répression massive qui a touché leur mouvance avec près de 200 torturés. L'effondrement du bloc de l'Est, leur principale référence, les a surpris dans un moment de désorientation politique important. Ils ont éclaté. Les jeux policiers, les erreurs organisationnelles patentes ne suffisent pas à expliquer l'effondrement d'une telle accumulation militante.
Le PT était un tout petit noyau. Il a choisi de s'adapter aux admirateurs de son porte-voix particulièrement efficace. Ce choix opportuniste est contradictoire avec la construction d'une identité politique forte à contre-courant des idéologies dominantes. Ils ont dérivé.
Le PST avait des forces plus consistantes. Son importance dans la grève étudiante de 1987 lui a donné une force de frappe considérable dans les luttes de l'immédiat après-88. A cette époque, la mouvance islamiste n'avait pas de moyen d'action de la même envergure que nous.
Mais il s'est passé ce que nous appelions le syndrome iranien. La répression étatique était capable de contenir et d'étouffer nos marches, nos rassemblements; Du coup, elle a laissé les prêches incendiaires de quelques mosquées tenues par les intégristes occuper seuls le terrain de la contestation radicale du pouvoir. Puis un jour, des jeunes de Bab el-Oued se sont mis sous la direction de Belhadj et des intégristes. L'hégémonie ultérieure sur le peuple des quartiers déshérités était en marche.
Au début de l'ouverture, quand je rencontrais des camarades d'Europe ou d'Amérique, j'étais frappé par le déphasage entre notre enthousiasme et leurs difficultés. Puis les rapports de force mondiaux se sont imposés à nous. A nous aussi.
Non seulement nous nous sommes retrouvés faibles devant le FIS mais, même dans les fronts de résistance à l'intégrisme que nous avions constitués, des courants droitiers prenaient le dessus. Les gens oublient souvent que les associations de femmes ont été suscitées par des militantes issues du PST et des groupes de gauche. Le MCB était du Printemps 1980 à la marche du 25 janvier 1990 et au-delà, animé par des gens de gauche. Il y a eu beaucoup de gens qui, dans l'affolement, ont changé de bord. Les effectifs des partis démocrates libéraux qui se sont constitués alors, ont regroupé d'abord d'anciens activistes de gauche.
Des analystes ont parlé de "déracinement de la gauche", allusion faite à la place de la religion dans la société. Cette problématique se pose-t-elle encore de la même façon ?
En l'occurrence, la religion a été un moyen d'exprimer un message politique, un drapeau inadéquat pour représenter la révolte de ceux d'en bas. L'émergence de l'intégrisme et la religiosité qui s'est exacerbée depuis cette époque sont le signe de notre absence, celle de l'absence de solutions rationnelles. Par retour de manivelle, cette percée de l'intégrisme pour cause d'absence d'un grand parti socialiste révolutionnaire, complique le travail des socialistes révolutionnaires que nous sommes.
Le programme des socialistes et de la gauche est seulement la séparation du religieux et du temporel. Certes, sur le plan de la pensée, les socialistes sont rationalistes. Mais au cours de l'histoire, ils ont selon les questions et les conjonctures adopté des attitudes diverses à l'égard des courants d'inspiration religieuses. On n'apprécie pas de la même manière Le FIS, Les Talibans, le Hamas palestinien et le hezbollah. Mais toujours et à chaque époque la liberté de conscience est un principe, y compris dans les rangs du parti qui ne se définit pas comme une secte. Un parti politique c'est un programme politique. Un programme pour changer la société et un projet de conquérir le pouvoir de réaliser ces changements. Ce n'est pas un nouveau rite.
Donc, s'il faut admettre une difficulté dans la conjoncture de l'hégémonie de l'intégrisme, un déracinement conjoncturel en quelque sorte, il faut se souvenir que la société change. Qui aurait cru, en 90, à cette irruption massive des femmes dans tous les secteurs de l'économie, dans tous les métiers. Aujourd'hui, l'islamisme radical est à son tour déraciné. En plein développement de la religiosité, il est minoritaire. La période des massacres témoigne tragiquement de ce divorce avec la population qui les avait soutenus et portés dans les premières années. Non, la gauche n'était pas fondamentalement déracinée. Elle n'était sûrement pas en terre étrangère dans une crise qui exprimait la révolte des humbles. Même si les démunis et les opprimés se sont momentanément trompés de drapeau. C'est pour cela que nous avons pu retisser la toile des solidarités sociales, agir dans la société réelle pour y mener, tout au long des années 90, des combats féministes, syndicaux ou culturels. Il y a par contre des déracinements culturels plus durables. La génération qui a fait les combats héroïques des années 70 s'est trouvée en porte à faux avec l'évolution culturelle du pays. On peut en dire autant pour d'autres secteurs mais cela nécessite d'autres développements.
Le combat démocratique fédérait plus ou moins l’opposition de gauche. Avec l’arrêt du processus électoral, ce fut la division dans l’analyse et dans l’action. Que fut le parcours du PST alors ?
Avant l'ouverture de 88, la gauche conduisait les combats démocratiques et aussi les combats sociaux bien sur. Pendant l'ouverture la gauche continuait sur ces deux terrains. Octobre 88 a commencé le 23 septembre par la grève de Sonacome Rouiba. Je me souviens avoir été, plus tard, l'un des fondateurs d'une coordination syndicale dans une démarche de réappropriation de l'UGTA, terme à l'époque synonyme de syndicat. Avant de nouvelles expériences radicales dans l'UGTA dans la métallurgie, dans l'éducation, il y a eu plusieurs tentatives de syndicats autonomes à Arzew à Setif, à Tizi Ouzou et à Alger.
Au moment de l'arrêt du processus électoral, la défaite était consommée. La défaite, c'est l'hégémonie intégriste sur le peuple, quelles que soient d'ailleurs sa légitimité et ses méthodes. Entre 1989 et 1992 nous avons ouvert plusieurs fronts pour faire face à la menace totalitariste intégriste. La marche pour tamazight du 25 janvier 1990, la marche des femmes du 8 mars 1990, la tentative de rassembler tous les fronts de masse dans un forum démocratique... Nous avons marqué des points, précieux pour l'avenir, mais après le 26 décembre 1991, nous devions nous résoudre à une longue période de résistance à la dictature intégriste. L'importance du choc a désespéré toute une génération militante. Beaucoup se sont réfugiés derrière le pouvoir ou derrière les occidentaux plus modernes. Nous refusions de minimiser le danger imminent d'une dictature intégriste, mais nous ne voulions pas partir perdant et disparaître en rejoignant avec armes et bagages un pouvoir honni ou un occident haï. Nous nous sommes fixés l'objectif de reconquérir les travailleurs et les jeunes. Contre la dictature intégriste mais aussi contre la répression contre la politique qui nourrit le parti du désespoir en semant le désespoir social.
Quand je relis les textes de l'époque je suis assez fier de notre lucidité. C'est d'autant plus méritoire que notre situation était assez précaire.
Souvenez-vous de ces discours fermés qui puaient le mépris social contre un peuple qualifié d'ignorant, ou de ces autres qui considéraient que la violence des Algériens, pouvoir et opposition, venait de je ne sais quel atavisme de la violence hérité des janissaires. Et bien nous avions raison. Tout change. Tout peut changer Le peuple Algérien a vécu une expérience odieuse qui a détruit une génération entière. Et aujourd'hui il a changé. Rien n'est fini. Rien n'est définitif. Ceux qui soutenaient l'intervention de l'armée, ont perdu toute légitimité pour parler de démocratie. Et ceux qui se sont déshonorés en accompagnant les montages occidentaux sur le "qui tue qui ?" se sont trouvés bien seuls lorsqu'en 2001, les priorités de leurs tuteurs ont changé.
Dans les années quatre-vingt-dix, les fronts démocratiques ne fédéraient pas que la gauche. Il y avait action commune de la gauche avec des démocrates libéraux qui, eux, faisaient par ailleurs de la surenchère libérale, trouvant le pouvoir trop timide dans ses réformes.
Pensez-vous que la priorité est dans un front de gauche, au sens large du terme, ou que l’urgence est dans un front démocratique ?
Nous sommes partants pour tous les fronts démocratiques ponctuels possibles et ceci sans exclusive aucune. Mais la proposition d'un tel front comme alternative politique, pêche par deux grands défauts.
Si l'on propose un tel front comme une solution politique. Ce front une fois au pouvoir va devoir gouverner le pays. Admettons qu'on soit d'accord sur les libertés et tous les aspects de la démocratie, ce qui reste à prouver. Que va faire ce front en ce qui concerne Air Algérie, par exemple, va-t-il la vendre ou la développer ? Et pour les privés "démocrates" qui ne déclarent pas leurs employés ? Et le rapport à l'UE, et aux USA, et le SMIG... Nous ne voulons certes pas servir de marchepied à des gens qui considèrent que le pouvoir n'en fait pas assez sur le terrain des réformes libérales fauteuses de misère et de désespoir. Nous avons une formule : frapper ensemble, marcher séparément.
Le second argument est évident mais échappe à nos analystes. S'il y a limitation aux libertés croyez-vous que ce soit par sadisme ? La volonté de changer le contrat social au niveau mondial pour rétablir les rapports sociaux du 19eme siècle avec la technologie du 21eme conduit aux régimes autoritaires et à la restriction des libertés. Si le pouvoir réprime sans raison, la solution ne serait plus politique elle serait psychiatrique. Et si l'intégrisme a eu tant de force' c'est qu'il a momentanément contenu la rage et la révolte des pauvres gens.
Alors on ne le fait pas reculer en pactisant avec les politiques anti-sociales, avec l'Occident impérialiste, avide de recolonisation, avec ces entrepreneurs qui ne déclarent pas les travailleurs.
Les changements politiques ont charrié des évolutions dans les discours. Que veut dire être de gauche aujourd’hui en Algérie ? Que veut dire être d’extrême-gauche, case où l’on classe généralement le PST ?
Gauche n'est pas un concept précis. Cela a commencé dans la révolution française quand les opposants au veto du roi ont pris l'habitude de se placer à gauche. Et c'est resté. Le sens s'est fixé ces dernières années dans la pratique parlementaire de pays d'Europe comme la France ou l'Italie qui ont des partis importants liés à l'histoire du mouvement ouvrier.
C'est en outre une notion relative. On est plus à gauche quand on est plus porté ou plus radical sur la défense de ceux d'en bas. Ainsi, en Algérie, dans les années 1970, le PAGS, était de gauche. Les groupes comme le nôtre qui préconisaient une politique plus radicale, refusant le soutien critique au régime d'alors, étaient donc plus à gauche. Nous aurions dit gauche radicale ou gauche conséquente. Nos adversaires nous disaient gauchistes ou extrémistes, l'extrême gauche. La réponse de défi fut de dire oui nous sommes l'extrême gauche.
Dans le panorama politique d'aujourd'hui où est la gauche ? Nous sommes certes les plus à gauche, donc à l'extrémité gauche de l'échiquier politique. Mais qui d'autre se réclame de la lutte de ceux d'en bas contre l'exploitation et l'oppression. A part quelques envolées lyriques en périodes électorales, les partis et les discours politiques rivalisent dans la course à l'adaptation au monde moderne, à la mondialisation libérale. Personne ne disant qu'il est à gauche, il serait bizarre de nous traiter d'extrême gauche.
Nos camarades en Europe ont une situation analogue. La gauche traditionnelle organisait les travailleurs et avait dérivé vers une politique de collaboration de classe, proposant de réformer le capitalisme. Ceux qui sont restés socialistes conséquents, donc anticapitalistes, sont devenus l'extrême gauche. Mais les formations de la gauche traditionnelle sont devenues sociales libérales. Elles conduisent les politiques agressives contre les travailleurs et les peuples. Pour marquer leur refus de contester le capitalisme, elles se veulent non de gauche mais du centre... Alors nous leur disons nous sommes toujours de gauche 100% à gauche.
Le PST est actuellement au coeur d'une recomposition politique qui implique tous ceux qui se considèrent à gauche, c'est à dire proches de ceux d'en bas, partisans d'une politique déterminée contre l'oppression et l'exploitation.
Pour finir, on voudrait bien savoir ce qui vous différencie du PT, dont le PST partage les racines…
L'opposition de gauche, à la dérive bureaucratique en URSS, a été désignée comme trotskiste. Ce courant s'est trouvée au lendemain de la deuxième guerre mondiale dans une situation inédite. La victoire contre l'Allemagne nazie a dissimulé les tares du régime de Staline et lui a donné un prestige immense. Pour notre courant, c'est la traversée du désert. Que faire ? C'est dans ce débat que se sont séparées les deux familles politiques qui ont donné le PST et le PT. Entrée tactique entriste dans les grandes organisations ouvrières ou démarche puriste préservant le splendide isolement. Ceux qui ont choisi une voie pragmatique sont allés à la rencontre de tous les mouvements de radicalisation. Ils ont, par exemple, soutenu le FLN et le mouvement de libération nationale algérien, par des actions concrètes. Nous en avons hérité le dynamisme dans le mouvement social réel et une tradition d'ouverture. Les autres dont le chef charismatique, Pierre Lambert, vient de décéder, se sont, quelque peu, sectarisés. Soutenant le MNA, ils se croient obligés d'en faire un mouvement quasi bolchevique et de traiter le FLN de parti bourgeois opposé à la révolution. Leur culture est assez différente de la nôtre. A la moindre divergence on est traité d'agent à la solde du pouvoir, des multinationales ou d'Israël. La scission date de 1953. Ca date donc. C'est de l'histoire.
Dans les années 1980, nous avons collaboré avec leur groupe. En 1990, nous les avons appelés à un front électoral, ainsi que le PAGS. Mais quelques mois plus tard, ce n'est plus possible. Leur alignement opportuniste sur les courants intégristes était incompatible avec la démocratie et avec une politique socialiste. Et la boucle est bouclée aujourd'hui avec leur soutien public au Président pendant que ronronne un discours antilibéral impeccable mais inoffensif.
Entretien réalisé par
Nabil Benali
PST 27 Boulevard Zirout
Youcef, Alger. Tel : 021 71 47 72 -
email : pst_dz@yahoo.fr -
siteweb : www.pst-dz.org
Résistons à l’offensive libérale !
Une autre politique
est possible ! Un autre monde est possible !
L’Algérie vit ce paradoxe
de moyens financiers inouïs avec 60
milliards de dollars qui dorment dans les banques occidentales et une richesse
insolente qui s’affiche dans nos villes, pendant que la majorité laborieuse de notre peuple s’enfonce dans une régression sociale
programmée. Alors que les puissances impérialistes mettent en œuvre leur
arsenal militaire pour reconquérir le monde, pour effacer le souvenir des
luttes nationales et pour écraser les noyaux industriels indépendants, le
pouvoir de Bouteflika cède pacifiquement aux multinationales le contrôle des
richesses du pays et réalise par avance tous leurs voeux.
Alors que les USA ont
interdit le rachat d’une petite entreprise
pétrolière UNOCAL pour des raisons de « sécurité nationale », les
entreprises étrangères contrôlent déjà prés d’un tiers de la production
pétrolière avant même la mise en œuvre de la loi sur les hydrocarbures.
Alors que l’UE et les
Etats-Unis ont imposé des quotas au textile chinois, le marché national est
ouvert à une concurrence déloyale des plus puissants de la planète avant même
l’entrée à l’OMC. Alors que la France se mobilise pour empêcher Pepsico
d’acheter Danone, notre économie productive continue d’être démantelée ou
bradée. Ceux qui s’opposent au projet de l’indien Mittal de contrôler la
sidérurgie européenne sont les mêmes qui l’ont applaudi quand il a pris El Hadjar.
Alors que les diplomates
des grandes puissances démarchent pour obtenir des contrats à leurs propres
entreprises, on dissout Batos (ex DNC) à la veille de bâtir un million de
logements !
Le gigantesque programme
d’investissement obtenu par les grèves et les révoltes populaires de 2001 est,
comme nous le craignions, une distribution de contrats juteux aux entreprises
européennes américaines ou chinoises au lieu d’être l’occasion de développer la
capacité productive du pays. Face à cette complaisance, les prestations sont
proposées pour des sommes mirifiques. Les capitalistes nationaux brimés ont de
beaux restes quand un seul industriel bénéficie d’un prêt bancaire sans
garantie équivalent au montant nécessaire pour prendre en charge les
augmentations générées par l’abrogation du fameux article 87bis.
Alors qu’à Cancun comme à
Hong Kong des Etats du Sud ont résisté à la libéralisation des services,
Bouteflika, lui, a donné la gestion de l’eau au groupe Suez pour un prix
astronomique, l’aéroport d’Alger, le seul rentable avec Hassi Messaoud, est
confié aux aéroports de Paris. L’activité portuaire est démonopolisée pour
s’offrir aux opérateurs impérialistes. Sonatrach cherche un partenaire français
pour concurrencer Air Algérie et Mittal veut la voie ferrée Annaba Tebessa, qui
procure l’essentiel des ressources de la SNTF.
Mais le pillage n’est pas
fini. Le FMI exige la privatisation des banques pour contrôler directement
l’économie. Les concessions pétrolières sont annoncées en Mars 2006…
Le capitalisme n’est pas
une solution pour l’humanité. Le miracle libéral a un secret : augmenter
les profits en payant le travailleur moins cher, en supprimant la protection
sociale et les droits sociaux conquis par un siècle de luttes ouvrières, en
abolissant les droits nationaux obtenus par les luttes de libération.
Le programme antisocial
cynique de la mondialisation libérale a un alibi : créer les conditions
pour attirer les investisseurs étrangers. D’abord abaisser le coût du travail.
Réduire nos salaires et les charges liées à la protection sociale. Réduire les
droits des travailleurs pour les mettre à la merci des employeurs. Réduire la
liberté des opprimés pour empêcher nos protestations et désorganiser notre
résistance.
L’humanité vit ce paradoxe
d’une prodigieuse progression de la technologie et de la productivité du
travail plongeant dans le désarroi et parfois la misère une part considérable
de la population du globe jusque et y compris au cœur des métropoles les plus
prospères. Jamais l’humanité n’a eu tant de moyens pour rendre possible un
autre monde débarrassé de l’exploitation et de la misère. La seule force de
l’offensive libérale réside dans notre faiblesse, dans le reflux des
résistances sociales et nationales. Elle se situe dans la lenteur de la
recomposition du mouvement ouvrier mondial après l’effondrement du bloc
stalinien et dans le retard de la reconstruction de l’avant-garde anticapitaliste
malgré l’ampleur des mobilisations de la jeunesse altermondialiste. Il faut
reconstruire nos instruments syndicaux et politiques, reconstruire une
internationale de masse pour organiser notre résistance et relancer la
perspective socialiste.
Toutes et tous avec le PST pour
bâtir
une alternative de résistance et
de lutte démocratique, antilibérale et anti-impérialiste.
PST 27 Boulevard Zirout
Youcef, Alger. Tel : 021 71 47 72 -
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siteweb : www.pst-dz.org
Pour nos emplois et nos salaires et nos libertés
Pour une politique au service des besoins sociaux
L’abstention massive du 29
septembre a marqué une perte de légitimité spectaculaire du régime Bouteflika
et un renouveau des luttes sociales. Certes la maladie présidentielle a ensuite
provoqué un certain attentisme. Elle a réveillé une peur du chaos qui indique
l’absence d’une alternative crédible. Mais cette crise n’a pas empêché les
révoltes populaires comme les actions syndicales de se multiplier, sans égard
pour le calendrier électoral, sans toujours se préoccuper des mises en scène et
des sorties publiques du Président.
Le retrait prolongé de
Bouteflika a révélé une concentration des pouvoirs contraire à la démocratie,
mettant à nu l’inconsistance et l’inutilité des différentes instances qui
meublent le paysage institutionnel. La coalition présidentielle organisée pour
partager les miettes et les privilèges procurés par le pouvoir du Bonaparte
sauveur de la nation s’est déchirée dans des surenchères dérisoires.
Majoritaires au parlement et au gouvernement, ils réclament l’augmentation de
nos salaires après avoir voté une loi des finances qui ne les augmente pas et
après avoir soutenu une action présidentielle au service de la mondialisation
libérale. Ces partis qui monopolisent l’ensemble de l’édifice institutionnel se
sont trouvés à la fois incapables de constater l’évidence de l’empêchement
prolongé du président comme ils se sont révélés impuissants à gérer ensemble la
mise en œuvre d’un programme politique présidentiel réclamé comme patrimoine
commun.
De nouveau, les révoltes
populaires exhument le désarroi de populations abandonnées sans perspective
d’emploi et sans espoir d’une prise en charge des besoins sociaux les plus
pressants. La lourdeur scandaleuse des peines de prison qui continuent
d’accabler les jeunes d’Arzew à Tindouf, n’empêche pas les protestations de se renouveler.
L’absence de solidarité est inacceptable.
Les travailleurs du
textile, du cuir, de l’agro alimentaire et du bâtiment tous promis à la
liquidation ont continué à exiger leurs arriérés de salaires. Si la promesse
récente de leur donner satisfaction en échange de la fermeture d’une bonne
partie des unités concernées n’a pas provoqué plus de colère parmi ces nouveaux
« liquidés », c’est que nous les avons laissé seuls à leur désespoir.
Les luttes de la
coordination des ports contre la libéralisation des services portuaires sont au
cœur de la résistance à la mondialisation libérale. Ces luttes ne peuvent
aboutir sans la mobilisation de tous.
Les grèves massives de
l’enseignement par delà les grades et les appartenances syndicales, la lutte
des vétérinaires, et des enseignants du supérieur, la mobilisation du secteur
de la formation professionnelle et l’effervescence dans le secteur des
finances, témoignent de l’impatience de l’ensemble des fonctionnaires. Elles
posent le problème d’une riposte unitaire, d’une grève générale de la fonction
publique. Elles soulignent la nécessité d’un instrument syndical à la mesure
des aspirations des travailleurs.
SN du PST
Alger, le 23 Février 2006
PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger. email pst_dz@yahoo.fr
siteweb : www.pst-dz.org
Les masses veulent autre chose que les solutions libérales !
Alors que la maladie de Bouteflika attise les rivalités au sommet depuis plusieurs mois, alors que le désaveu populaire infligé au projet plébiscitaire du 29 septembre réveille une contestation sociale multiforme, les élections partielles de Kabylie confirment un refus massif des travailleurs et des masses populaires d'adhérer aux solutions politiques libérales proposées.
70% des électeurs ont refusé d’appuyer les programmes et les bilans politiques des partis en lice. Ils n'ont pas oublié les aspirations démocratiques et sociales du mouvement populaire de 2001.
La prééminence du FFS, la remontée du RCD sont vaines. L'absence de majorité installe dans l'instabilité la plupart des APC déjà affaiblies dans leurs pouvoirs par le nouveau code communal.
Au delà des jeux de l'administration qui produit un bulletin de vote impraticable pour les illettrés, le FLN (5% des inscrits) et le RND (2,4%) n'ont émergé que par l'énorme recul en voix du FFS (8,9%) et du RCD (6,1%). Pour la même raison, le PT, avec sa campagne "pour sauver l'Etat", reste visible malgré ses 2,1%.
12% à Tizi ville, 15% à El Kseur et 19% à Béjaïa, les suffrages exprimés n'atteignent 30% des inscrits sur les deux wilayas que grâce aux luttes clientélistes et claniques dans quelques communes.
Ce premier scrutin sans incident depuis 2001, n'a donc pas permis la normalisation politique, échouant à encadrer la population dans les partis de la coalition présidentielle ou les partis démocratiques kabyles.
Après le refus massif du chèque en blanc à Bouteflika, le 29 septembre, les électeurs de Kabylie délivrent, ce 24 novembre, le même message que les révoltes populaires qui éclatent d'Arzew à Bordj Menaiel, de Laghouat à Kalitous et Mila, sans se soucier du calendrier électoral, ils expriment la même attente que les salariés de tous les secteurs qui préparent leurs grèves sans se préoccuper du psychodrame FLN- RND. Ouyahia l'a bien compris quand il s'empresse de promettre à Sidi Said une augmentation des salaires … après la tripartite de Février.
Il faut une perspective à la mesure de ces attentes. Vite ! Car les désaveux électoraux successifs n'ont pas ralenti la privatisation qui continue avec la mise en vente d'ENIP filiale Sonatrach à 100%, les émeutes qui se succèdent, malgré la dureté des condamnations, n'ont pas encore imposé la priorisation des besoins sociaux.
Il faut une mobilisation sociale puissante pour stopper le projet libéral de liquidation des acquis sociaux et nationaux.
Il faut un programme politique au service des travailleurs et des masses. populaires.
PST 27 Boulevard Zirout
Youcef, Alger. email pst_dz@yahoo.fr siteweb : www.pst-dz.org
Les élections locales partielles de Kabylie constituent pour le pouvoir une étape dans la marche à la normalisation pour effacer le souvenir du printemps 2001.
A la veille d’un scrutin censé désigner les représentants de la population, les négociations avec des « arouchs » sans représentativité, indiquent bien que la démocratie n’est pas le but.
Le PST avait décidé de ne pas présenter de candidat à ces élections.
Le PST appelle à l’abstention dans les élections locales partielles de Kabylie.
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PST 27 Boulevard Zirout
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Après
les résultats du référendum sur la Charte
A en croire les chiffres du ministre de l’intérieur plus de quatre millions d’Algériens soit 23% des Algériens n’ont pas dit oui à la paix au bonheur et à la prospérité. Le simple bon sens permet de rejeter ce résultat.
Quand à dire que prés de 77% des électeurs ont approuvé le projet de Charte présenté par Bouteflika, c’est absolument contraire à ce que nous avons observé le 29 septembre.
Tous les témoignages militants confirment que les régions les plus affectées par la décennie sanglante se sont massivement abstenues de voter. A Bentalha, Rais, comme à Bab el Oued, Ben Aknoun et Baraki., tous démentent aussi ce chiffre absurde de 71 % brandi pour Alger. La participation en Kabylie, évidemment surestimée, est plus proche de zéro que de 11%.
A Constantine, Annaba Mostaganem et Oran et dans toutes les autres régions où la participation est certes moins faible, il n’y a aucun enthousiasme. La télé n’a pas beaucoup trouvé de jeunes à nous montrer. Avant comme après le scrutin, presque personne ne parle de la charte, pas même ceux qui ont voté pour le projet.
Malgré une campagne scandaleusement unilatérale, malgré l’intimidation et la réquisition des moyens de l’état, malgré les milliards procurés par le cours du baril, c’est un pitoyable échec pour le président, réélu il y a à peine 18 mois, réduit à se fabriquer un triomphe factice. Le profil bas affiché au lendemain du scrutin indique que le ministre de l’intérieur semble avoir pris la mesure du désenchantement populaire. Les gouvernants pourraient avoir compris que le matraquage médiatique et l’intimidation ont commencé à faire fondre le crédit de Bouteflika.. En tout état de cause une fuite en avant autoritaire pourrait ouvrir une crise encore plus criante malgré les moyens financiers colossaux.
Enfin le soutien empressé à l’ Algérie des 55 milliards de dollars de contrats, déconsidère les leçons de démocratie données par les grandes puissances impérialistes.
Rarement les travailleurs et les masses populaires ont été si désarmés politiquement, désorientés par les opportunistes comme Louisa, si démunis d’instruments politiques, de moyens organisationnels pour la défense de leurs intérêts. Pourtant, cette massive prise de distance populaire à l’égard du sauveur de la Nation est une bonne nouvelle, une fin d’état de grâce qui pourrait libérer les luttes sociales.
Car les menaces qui pèsent sur la survie de notre économie productive, le danger imminent qui guette nos richesses pétrolières, les projets explicites de démantèlement de nos acquis sociaux et de notre système de protection sociale ne peuvent être stoppés que par la mobilisation sociale. Seul l’établissement, par nos luttes, d’un rapport de forces plus favorable peut stopper l’agression contre nos acquis sociaux et imposer une autre politique, une politique démocratique et anti-libérale, celle des travailleurs et des masses populaires.
SN du PST, Alger, le
1er Octobre 2005
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Youcef, Alger. email pst_dz@yahoo.fr siteweb : www.pst-dz.org
Communiqué
Le PST appelle au Boycott du
référendum !
La Direction nationale du PST s’est prononcée contre le projet de charte proposé le 29 septembre mais appelle au boycott du référendum.
La DN estime que sans justice et sans vérité cette charte n’éteindra pas le ressentiment légitime des victimes, même légitimement indemnisées. Au sein même de l’unanimité préfabriquée autour d’un oui d’allégeance, il existe un refus massif du contenu de la Charte.
S’il y avait réconciliation nationale, le pouvoir n’aurait pas procédé à cette intimidation du peuple tout entier, à ce matraquage unilatéral à travers toutes les activités de la société, interdisant l’expression dans les médias publics aux nombreuses opinions contradictoires. La déloyauté de la campagne enlève toute valeur au résultat du vote.
Vraiment, qui peut être contre la paix ? Bouteflika ne propose en réalité ni paix ni réconciliation, il veut un vote massif le 29 qu’il présentera comme un appui à la privatisation dont il avait oublié de nous parler pendant sa campagne de réélection. Il veut un plébiscite pour en faire un chèque en blanc pour sa politique.
Le déroulement de la campagne référendaire exige de mettre au premier plan notre refus de ces pratiques négatrices de la démocratie. C’est pourquoi nous ne nous associerons pas au simulacre de consultation du peuple du 29 septembre.
Le PST ne proposera pas de candidats aux élections locales de Kabylie.
Trois ans après, trois ans trop tard, le pouvoir reconnaît l’illégitimité des assemblées locales élues par des scores dérisoires. Mais il ne remet pas en cause les indus élus portés à l’APN par des scores encore plus ridicules.
Après discussion sur la situation de la région et celle du parti, la Direction nationale a décidé que le PST ne proposera pas de candidats aux élections locales partielles de Kabylie.
La DN a réaffirmé l’opposition du PST aux privatisations, à la loi sur les
hydrocarbures et à l’accord d’association avec l’UE !
Les produits subventionnés de l’UE, progressivement exonérés de douane depuis le 1er septembre, menacent de disparition l’essentiel de l’économie productive nationale hors hydrocarbures, sans même la contrepartie d’une liberté de circulation des personnes ou d’un traitement moins humiliant pour l’attribution des visas. La Banque Mondiale, elle, souhaite le démantèlement de notre système de protection sociale.
Et pendant que cette politique agressive est mise en œuvre contre nos acquis sociaux, pendant qu’on privatise les entreprises et les banques et qu’on menace le pétrole, il nous est proposé un pacte économique et social sans aucune contrepartie offerte aux travailleurs !
SN du PST, le
24 septembre 2005
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PST 27 Boulevard Zirout
Youcef, Alger. email pst_dz@yahoo.fr siteweb : www.pst-dz.org
Au moment où s’organise la perte de contrôle nationale sur nos entreprises, sur nos infrastructures et sur nos richesses pétrolières au profit des multinationales, on nous propose de voter ce 29 septembre sur une guerre civile qu’on prétendait achevée depuis six ans, « depuis Bouteflika ».
Le projet de charte proposé à notre suffrage prétend réaliser la réconciliation nationale. Qui donc se réconcilie ? Le peuple des victimes des groupes armés intégristes réconcilié avec ses bourreaux ? Les familles de disparus avec les auteurs des « dépassements » et autres atteintes aux droits humains ? Les jeunes égarés jusqu’à l’inhumanité avec les responsables de leur exclusion sociale et de leur désespoir ou avec les dirigeants du FIS revenus de leur projet totalitaire ? Non ! On ne se réconcilie pas même avec ceux qui divergeraient pacifiquement, interpellés sur un ton menaçant.
Ce qui nous est proposé se résume, en réalité, à un projet d’amnistie pour les islamistes qui se rendent et d’indemnisation des victimes diverses de la tragédie nationale.
Comment accepter l’amnistie sans justice, sans vérité. Les victimes l’ont déjà dit : comment pardonner à ceux qui ne demandent même pas pardon. On nous a proposé en 99 une démarche d’amnistie et d’allègement de peine pour honorer des engagements pris lors de la reddition de l’AIS. Quelle perspective militaire concrète justifie ce branle bas national ? La reddition de quelques uns des minoritaires du GSPC ? Quelle garantie que les crimes de sang, viols et massacres exclus de l’amnistie comme en 99, ne seront pas comme en 99 banalisés ?
Non décidément le référendum ne vise ni la réconciliation nationale, ni l’amnistie. L’indemnisation légitime de toutes les victimes n’a pas besoin de la convocation du peuple tout entier. En réalité, Bouteflika, qui, au lendemain de sa réélection, a engagé une périlleuse de dépossession de notre peuple, a besoin d’un plébiscite : Un plébiscite qui le dispense de rendre des comptes pour les choix suicidaires pour lesquels il n’avait pas de mandat populaire. Un plébiscite qui permette d’asseoir sa marche vers un pouvoir autocratique.
La révocation des indus élus de Kabylie, concédée trois ans trop tard, ne résout que les problèmes de Mr Zerhouni. Les mêmes arguments tardifs d’Ouyahia pour délégitimer les élus locaux s’appliquent avec plus de force encore aux élus de l’APN. Mais le but visé n’est pas de donner justice à la population de Kabylie. Il s’agit de normaliser la situation en vue des vote ultérieurs. La plate forme d’El Kseur qui conteste la clochardisation économique du pays propose une indemnité chômage à 50% du SNMG. Le pouvoir continue de rémunérer à moitié du SNMG les emplois jeunes et prétend adopter la plate forme du mouvement populaire de Kabylie.
Les Algériens qui sont interdits de manifester dans les rues de la capitale, qui vivent les entraves à l’exercice des libertés politiques et syndicales, sont invités à se soumettre à une cérémonie de légitimation politique le 29 septembre ! La répression continue d’accabler les jeunes émeutiers et d’intimider les militants syndicalistes mais nous devons applaudir la réconciliation entre tous. Le peuple est appelé à donner par un vote massif une légitimité populaire à Bouteflika qui constituera un chèque en blanc pour toute sa politique économique et ses projets de concentration du pouvoir.
SN du PST. Alger, le
27 08 05.
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1er mai 2005. Construire un mouvement
indépendant des travailleurs et des masses populaires
Après des années de résistance au rouleau compresseur libéral, les travailleurs et les masses populaires n’ont pas encore trouvé de riposte efficace à la dernière offensive du pouvoir qui commence à privatiser 1200 entreprises publiques et qui précipite la mise en œuvre de la privatisation du secteur des hydrocarbures.
Elu sur une politique qui gèle les projets de privatisation de Temmar et Khelil, qui saupoudre des investissements publics à l’encontre de l’orthodoxie libérale de Benachenhou et qui promet la satisfaction des besoins sociaux des masses, Bouteflika, comme prévu, ne cache plus son jeu. Il revient à l’exécution des instructions du FMI des grandes puissances. Il entreprend de réaliser les rêves des multinationales : démanteler l’embryon d’industrie algérienne indépendante, offrir le marché national aux multinationales, offrir le pétrole algérien aux USA. S’opposer à cette politique ne relève pas d’un nationalisme étriqué.
Bien sûr, la mondialisation libérale menace les acquis nationaux des peuples du monde entier. Car la tutelle agressive des Etats-Unis remet en cause les aspirations exprimées dans les luttes nationales 20ème siècle. Elle détruit les maigres acquis de développement économique indépendant pour imposer la recolonisation, la dictature des multinationales. La mondialisation libérale est aussi une agression contre les acquis sociaux des travailleurs du monde entier, et en premier lieu des travailleurs des pays riches. Car l’esclavage salarié proposé dans les pays du Sud « pour attirer les investisseurs étrangers » généralise partout dans le monde la précarité de l’emploi, la flexibilité du travail, la remise en cause du combat séculaire du 1er mai journée internationale de lutte pour la journée de huit heures.
Quand Bouteflika affirme qu’il applique ces « maudites réformes » pour éviter le sort de l’Irak, il apporte un démenti involontaire aux prétentions de la démagogie libérale à procurer le progrès. Il reconnaît que nous avons raison de nous opposer. Mais ce n’est pas la vraie raison de son aplatissement devant les intérêts US. Les USA n’ont pas le pouvoir d’asservir le monde entier. De petits pays comme l’Ouganda mènent des politiques qui mécontentent les USA, sans parler de Cuba. Dans les négociations de l’OMC à Cancun ou dans les débats du conseil de sécurité des pays ruinés ont résisté à la corruption américaine. L’UE, souvent, s’oppose aux USA. Ceux qui, il y a cinquante ans, ont déclenché l’épopée du mouvement de libération nationale contre la France et l’Otan ne disposaient pas des forces de l’Etat algérien actuel. Loin s’en faut. Bouteflika satisfait les appétits US et les convoitises européennes pour disposer de leur puissant sponsoring dans sa lutte contre ses rivaux algériens. Il devra méditer le sort fait par l’occident à Suharto.
Alors que les immenses réserves financières procurées par le cours élevé du baril de pétrole dorment inexploitées, la nouvelle loi sur les hydrocarbures met en place une dénationalisation périlleuse et organise le harcèlement de Sonatrach. Le secteur du mobile a déjà connu cette pseudo concurrence orchestrée par l’ARPT de Mr Tou, qui sabote les projets d’Algérie Télécom pour mettre en place une solide hégémonie d’Orascom. Les conditions légales sont désormais remplies pour permettre de détourner la rente pétrolière au profit des grandes compagnies américaines, ruinant le trésor algérien et menaçant d’une tutelle militaire US étroite sur le Sahara algérien. La mise en garde du FMI qui s’insurge contre l’obligation faite aux bénéficiaires de la grande braderie des privatisations de garder le personnel et de maintenir l’activité économique des entreprises achetées est un aveu éloquent de leur intention de liquider le secteur public.
Bouteflika impose aux repreneurs ces exigences minimales des travailleurs car il ne veut pas que la riposte populaire vienne contrarier ses projets. De même, les investissements massifs sont dans la foulée du plan de relance concédé en 2001 aux grévistes et aux émeutiers. Cette rupture avec les conseils de la Banque mondiale relayés par Benachenhou montre que le pouvoir craint encore les luttes des travailleurs et des masses populaires. Un million de logements ! Oui ! Et même plus. Des routes, des barrages, des hôpitaux, des écoles...Mais au lieu de promouvoir une production nationale performante ce programme quadriennal massif se présente comme un appui à la croissance des tuteurs impérialistes qui défilent à Alger pour prendre des commandes d’équipements, des contrats de réalisations d’infrastructures.
Bouteflika étouffe et démantèle les entreprises publiques du bâtiment dont le bilan à l’épreuve du tremblement de terre de Boumerdes est flatteur, mais il s’étonne de leur absence dans un marché promis aux esclavagistes chinois et aux géants européens et américains comme Halliburton et Bouygues. Il étouffe et prive de financement les entreprises publiques industrielles et s’étonne que les banques aient dix milliards de dollars qui dorment. Il oblige Sonatrach qui finance l’Algérie à recourir à des emprunts extérieurs massifs pour ses investissements pendant que l’argent de l’Algérie dort ; puis il fait mine de s’inquiéter du niveau de la dette extérieure. Il programme la régression de l’outil industriel existant et légalise le trabendo puis il s’étonne que les importations progressent.
Au lieu de sauver Ferrovial à Annaba on sauve Alsthom France, au lieu d’utiliser nos réserves pour une raffinerie géante, on programme la hausse des prix de l’essence afin de permettre à Total de placer ses produits sur notre marché. Au lieu de planifier la construction des cimenteries et des unités de matériaux de construction nécessaires pour produire les millions de logements nécessaires pour nos enfants, on brade les briqueteries, et les cimenteries et on nous met à la merci d’importations massives.
Un plan d’investissements est une occasion d’industrialiser le pays, une occasion de produire du rail pour les 1200 km de voie ferrée à moderniser, une occasion de développer le plan de charge de SNVI pour la mise en place des entreprises urbaines de transport. Les gouvernements des pays riches, eux, défendent farouchement leur production et leurs emplois au mépris des règles de l’OMC qu’ils imposent aux pays du Sud.
Adossé à une aisance financière procurée par la hausse du pétrole et qui ne doit rien à sa politique, le pouvoir conçoit aussi ces investissements comme un moyen d’endormir le front social. Le temps que finissent l’agitation des chantiers et leurs emplois temporaires, le temps que la fragilité des projets Ansej soit enfin avouée, les travailleurs qui rêvent légitimement d’un logement AADL laisseront faire le démantèlement de l’industrie nationale indépendante au profit de la régression sociale des ateliers de montage ou de l’informel.
A ce titre, l’offensive contre les libertés syndicales et le droit de grève, la sévérité contre les révoltes des jeunes sont aussi importantes que le démantèlement rampant du système de protection sociale.
La résistance sociale a su, face aux projets libéraux de Hamrouche à Zeroual, maintenir l’essentiel malgré l’isolement des métallurgistes et l’échec des postiers. Cette résistance qui des grèves de l’UGTA aux révoltes populaires a, depuis 2001, empêché le projet ultra-libéral agressif et maintenu le secteur public, le système de protection sociale, la médecine gratuite, ces luttes dures qui du CNES aux médecins au CLA et CNAPEST ont mis en échec le blocage des salaires, cette combativité semble faire place à l’attentisme et à la passivité.
En réalité les luttes sociales et les résistances syndicales n’ont pas cessé. Malgré les intimidations et la répression sourde la société n’a pas abdiqué. A l’image de la mobilisation d’El Achour et des autres briqueteries, à l’image des révoltes qui ont accompagné il y a quelques mois la distribution des logements sociaux. La coordination des ports, l’ensemble des fédérations UGTA concernées ont dit non à la privatisation, les autres fédérations et syndicats ont rejeté la dépermanisation dans la fonction publique. L’ensemble des syndicats du secteur pétrolier ont rejeté la loi sur les hydrocarbures. Sans se désolidariser de la renonciation de la centrale à combattre cette politique.
Car pour construire une contre offensive à la mesure des menaces, les travailleurs ont besoin de se donner un projet alternatif à la voie libérale qui soit praticable dans le contexte d’une économie mondiale agressive. Empêtrés dans la lutte désespérée pour assurer la survie de leur entreprise, et le maintien de leur emploi, les travailleurs ont besoin de définir une politique alternative qui utilise les immenses ressources procurées par le haut niveau des prix du pétrole pour satisfaire les besoins sociaux, pour développer l’industrie nationale et promouvoir une agriculture qui fasse cesser l’actuelle dépendance alimentaire.
Cette préoccupation est aussi celle des peuples du monde entier et rejoint la révolte des travailleurs et des jeunes dans l’immense mobilisation altermondialiste. Mais si la résistance sociale prendre, si souvent la forme de l’émeute. Si la résistance syndicale peine à conserver une expression politique centrale, si le maintien d’une culture populiste coexiste avec le vote pour des candidats plus libéraux les uns que les autres, c’est qu’une dimension du combat des travailleurs et des masses populaires souffre d’un grand retard. La protestation populaire a besoin de son propre programme politique, de son propre drapeau. Il nous faut un mouvement politique et syndical des travailleurs indépendant des classes dominantes de leur Etat et de leurs partis ; indépendant des officines idéologiques de l’impérialisme.
Alger, le 1er
mai 2005. Salhi Chawki Porte parole du PST
A propos des privatisations des entreprises publiques économiques et de la loi sur les hydrocarbures. (05 mars 2005)
Cette offensive libérale menace nos acquis sociaux et nationaux. La privatisation exigée par les tuteurs impérialistes vise le démantèlement de l’industrie nationale. Les hydrocarbures sont offerts aux USA comme le confirme l’incroyable aveu de Bouteflika justifiant ces réformes maudites par le souci d’éviter le sort de l’Irak. Depuis 2001, la force de la résistance syndicale et la pression des émeutes ont empêché ces réformes.
Aujourd’hui, l’UGTA qui avait été au cœur de la résistance capitule sans conditions et désorganise les rangs des travailleurs. Car, certes les masses ouvrières et populaires sont démoralisées et désorientées, mais elles sont surtout désorientées politiquement car privées d’une perspective politique indépendante et d’un puissant mouvement politique indépendant.
Salhi Chawki (PST)
paru sur Alger Républicain
PST 27 Boulevard Zirout
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Si le contexte mondial est toujours celui de l’émergence,
inaugurée à Seattle, d’une résistance de masse à la mondialisation libérale,
les attentats du 11septembre sont venus infléchir cette remontée de l’espoir
dans l’humanité et ont permis aux grandes puissances de reprendre leur
offensive libérale et de relancer la mise en place d’un nouvel ordre mondial au
service des multinationales.
Après s’être emparés de l’ Afghanistan et avoir soumis
l’espace yougoslave les USA prennent l’ Irak, deuxième réserve mondiale de
pétrole, dans la perspective d’une réorganisation de la domination impérialiste
dans le Golfe et de la remise en cause de l’OPEP.
Alors qu’une légalité internationale au service des grandes
puissances et l’allégeance forcée à ses institutions économiques ruinait, peu à
peu, tous les acquis sociaux et nationaux de notre peuple, la guerre coloniale
US, au nom d’une mondialisation libérale agressive, instaure de nouveaux
rapports de force encore plus menaçants.
Cette opération de gangstérisme international qui a
réveillé l’anti-impérialisme des masses algériennes, a provoqué l’alignement de
Bouteflika sur le camp des français et l’annonce par Khelil du gel de son
projet d’offrir le pétrole aux USA.
Depuis 2001, la situation nationale est marquée par les
grèves et par la survenue endémique d’explosions violentes de la jeunesse à
travers le pays qui ont continué malgré le reflux de la révolte populaire d’une
Kabylie qui n’est toujours pas normalisée.
Malgré le choc de la chute sans résistance de Baghdad, et
l’ouverture en fanfare de la compétition pour les présidentielles, la situation
restera marquée par les luttes sociales et par les préoccupations sociales. L’unanimité
réalisée autour de la grève générale de l’UGTA pour le retrait du projet de loi
de Chakib Khelil sur les hydrocarbures et pour l’abandon de la privatisation
massive annoncée par Temmar ne peut qu’être confortée par la leçon de choses
irakienne. Une expérience tragique qui a mis à jour le discours
anti-impérialiste enfoui dans la mémoire collective des masses populaires.
A l’inverse de 2001, le nouveau recul de Bouteflika opéré
depuis fin 2002, ne peut s’expliquer par la seule pression de l’UGTA et de sa
grève générale. La protestation est moins puissante, moins radicale qu’il y a
deux ans mais plus massive et surtout plus claire dans ses objectifs. Ces
luttes menacent sa réélection parce qu’elles révèlent à l’opinion populaire sa
politique anti-sociale. Ses adversaires au sein du sérail, les appuient et
mobilisent les appareils et la presse. Il reporte donc ses projets les plus
agressifs à l’après 2004 et pourrait injecter quelques crédits pour apaiser le
front social.
Avant cette offensive populaire, l’imminence d’attaques
brutales contre les acquis sociaux des masses conduisait le pouvoir à la mise
en place d’un ordre musclé remettant en cause ce qui restait des acquis
démocratiques d’octobre 88. Sous la pression populaire, Bouteflika et Zerhouni
ont du renoncer à certaines mesures de fermeture politique et médiatique. La
tentative de sauver la crédibilité des élections du 30 mai 2002 a même
contraint à la reconnaissance constitutionnelle de Thamazight.
Le printemps 2002 voit une nouvelle flambée sociale, animée
par les fédérations UGTA et les syndicats autonomes. La longue grève du CNES,
les trois jours de la FNTE et l’insistance des SETE les plus combatifs, la
mobilisation de la Santé, le maintien d’une pression sociale importante malgré
l’offre d’une augmentation appréciable pour les cadres, malgré la répression et
malgré l’absence d’un cadre organisé, ont alors fait hésiter Bouteflika.
Révoltes des jeunes qui continuent, crise Kabyle, radicalisation du discours de
la centrale, écho populaire grandissant des dénonciations de la politique de
privatisation et menace des pétroliers ont fait craindre une crise majeure mettant
en péril sa réélection. D’autant que ce tourbillon social interfère avec les
durs affrontements aux sommets même du régime et que le porte voix de la presse
privée démultiplie ses effets. L’unanimité de la grève générale de l’UGTA a
fini de le convaincre d’un repli tactique. La mainmise américaine sur le
pétrole irakien en démasquant le pillage projeté sur les richesses algériennes
l’oblige à se redéployer.
Pauvreté massive, extension du travail au noir et du secteur informel, paralysie du secteur public clochardisé, scandales financiers, accaparement de la Mitidja, menaces sur le pétrole et la protection sociale, recul des libertés, et reprise des attentats. Quel bilan !
Bouteflika, candidat de l’armée, a suscité une immense attente
par sa promesse aux accents populistes d’un retour à «l’âge d’or» des années
70, malgré son élection scabreuse sans ses six adversaires. Espoirs déçus par
l’autoritarisme de la campagne pour la concorde nationale et par la gestion peu
rassurante de la reddition des groupes islamistes. Espoirs bientôt trahis par
la mise en œuvre cynique d’un programme libéral agressif.
Car bientôt, Bouteflika qui n’offre au départ que des
discours brillants et inutiles, une ambition dévorante de tout contrôler, et une
volonté morbide de revanche sur son éviction de 80, trouve sa vocation. Celle
d’homme de confiance des occidentaux chargé de
défaire ce qui reste des conquêtes du mouvement de libération nationale
et de l’élan populiste des années 70, celle de leader du tiers monde offrant
dans le Nepad la soumission définitive de l’Afrique à l’ordre libéral, celle de
dirigeant arabe osant se satisfaire de l’indécent contrôle de l’ONU des grandes
puissances sur l’Irak, celle d’un président d’un pays prestigieux de l’OPEP
inaugurant la dénationalisation des hydrocarbures avant les monarchies vassales
du golfe. C ‘est pourquoi cet homme qui déclare que la Tunisie du
dictateur ben Ali est un modèle de démocratie peut compter sur le soutien des
Français et des Américains, sur la complaisance des bonnes consciences
occidentales indignées par l’Algérie des généraux et qui sont attentives à ses
tentatives… de réformer.
Parti d’une légitimité populaire inattendue qui lui donne,
au sein du régime, une marge de manœuvre immense qui n’était limitée que par
son incompétence et ses hésitations il dilapide son crédit populaire et
s’aliène l’immense coalition d’arrivistes agrégés autour de sa victoire.
Que ce soit à l’époque des prélèvements sur les contrats
publics ou celle de la mise en place des premiers « monopoles »
privés d’importation, la caste militaire est le pilier du régime, elle est au
cœur du processus d’accumulation primitive de capitaux et de mise en place
d’une bourgeoisie algérienne.. Les luttes furieuses qui la traversent depuis
Zeroual sont à la mesure de l’immensité du patrimoine public prévu à la privatisation.
Et sans doute le soutien résolu de Bouteflika à ses amis du
golfe, sa préférence marquée pour l’installation des compagnies étrangères les
plus puissantes, a nui aux intérêts bourgeois déjà en place, au sein desquels
les militaires naturellement. Les secteurs de la bourgeoisie affairiste
parvenus au stade de la production industrielle, à l’image du forum des
entrepreneurs, sont inquiets.
La bureaucratie bourgeoise, à l’image de Benbitour, qui
essayait, laborieusement, de mettre en œuvre ses très récentes convictions
libérales était brusquée par l’arrogance d’une triplette de ministres qui,
fraîchement débarqués de Washington,
appliquaient les préceptes du FMI sans égards pour les rapports de force réels
et les spécificités du terrain. Les jeunes d’octobre 88, les révoltés du
printemps berbère et du boycott scolaire, les courageuses militantes de 81 et
90 ont appris à Chadli et Zeroual à
tolérer Thamazight, à respecter la cause des femmes et à faire avec notre
liberté d’expression durement conquise. Le nouveau personnel dirigeant des
Bouteflika et Zerhouni, sortis du rapport de force des années 70 a du refaire
sa rééducation, dans l’urgence, face au mouvement populaire de Kabylie.
La gestion politique inconséquente de la reddition de
l’AIS, reddition offerte par l’armée au nouveau président n’est pas le moindre
des conflits. Avec son corollaire, l’appui de Bouteflika aux campagnes
occidentales de délégitimation de son propre régime, à la veille de
négociations économiques délicates.
Ces divergences graves, dans la gestion de leurs intérêts
communs ont depuis longtemps convaincu les chefs de l’armée de retirer leur
soutien à Bouteflika. Mais la hiérarchie militaire comme l’ensemble de la
bureaucratie des grands commis de l’Etat n’est pas une organisation politique.
Les nouveaux rapports de force internationaux qui ne laissent qu’une
souveraineté relative les dissuade de s’attaquer trop brutalement au protégé des
grandes puissances. Les partis alibis, FLN, RND, façades de ce pouvoir ne sont
que des façades inconsistantes. Le soutien du patronat, celui des grands titres
de la presse privée, la mobilisation de l’appareil syndical comme la fronde des
organisations issues de l’ancien parti unique ne compense pas assez sûrement
l’absence d’un vrai parti.
Car si Bouteflika est très discrédité dans les grandes
villes, s’il est privé de formation politique acquise à ses vues, il bénéficie
de son rôle de chef de l’exécutif et de représentation de l’Etat, pour
capitaliser l’allégeance au pouvoir en place, une allégeance que l’insécurité
et l’absence d’alternative peuvent étendre au delà des secteurs les moins
politisés de la société.
La campagne convergente autour du personnage terne mais
rassurant de Benflis entend aussi profiter de sa position de chef du
gouvernement pour affaiblir le contrôle présidentiel sur les moyens de l’Etat.
Les évènements du récent congrès du FLN appuient le scénario d’une candidature
de Benflis. Bien sûr, nous sommes intéressés à la défaite de Bouteflika et de
son projet ultra-libéral. Mais alors que les contours de l’affrontement sont
encore incertains, il importe de réaffirmer qu’en aucun cas le libéralisme soft
de Benflis ne saurait prendre en charge les intérêts des masses populaires.
Même si, dans l’hypothèse de sa candidature, il faut s’attendre à ce que le
discours de Benflis s’éloigne des
certitudes libérales du gouvernement actuel.
Discrédit des oppositions de droite
La défaite des groupes armés intégristes, le recul global
de l’islamisme n’empêche pas la survie du courant islamiste légal certes
discrédité et le maintien d’une capacité de nuisance minimale des groupes armés
certes isolés. Mais si la défaite islamiste a signifié aussi la défaite de la
révolte des masses qui avaient cru trouver un drapeau dans le FIS, la remontée
de la combativité sociale appelle à un débouché politique. L’absence tragique
d’une alternative politique progressiste, socialiste voire populiste etc..
laisse ouverte la possibilité d’une remontée islamiste. Au niveau mondial,
alors que le mouvement altermondialiste prend ses marques, le mythe Ben laden,
le succès du hezbollah libanais, les actions du hamas palestinien nourrissent
le courant islamiste.
La faiblesse évidente de l’islamisme aujourd’hui qui se
recompose notamment autour de Djaballah ne doit pas nous faire oublier que ce
courant peut rebondir, malgré son bilan, en l’absence d’un autre choix
politique pour les jeunes exaspérés par l’arbitraire et l’exclusion sociale.
Les exemples turcs et marocains, dans des pays qui, certes,
n’ont pas connu les horreurs du GIA,
renseignent assez sur la possibilité d’un regain de crédibilité. Même
s’il faut se réjouir de la modestie extrême des capacités de mobilisation islamistes
dans la campagne pour l’Irak et du faible écho populaire de leurs mots d’ordre.
Balayés par le mouvement populaire du printemps 2001, les
partis kabyles semblent au bout de leur trajectoire historique. Les divers
alliés libéraux modernistes du RCD en restent toujours à une existence
symbolique. Tout comme les personnalités du courant réconciliateur dans l’ombre
du FFS.
Le FFS qui a voulu se poser en alternative aux structures
pourtant moribondes du mouvement a subi lors des communales un échec cinglant
qui confirme la fin de son statut majoritaire dans la région kabyle. Sans
député, le FFS qui contrôle les municipalités avec une poignée de voix aborde
dans les pires conditions sa tentative de survivre au retrait de son leader
charismatique.
Le RCD, se retrouve empêtré dans une surenchère
jusqu’au-boutiste, qu’il a lui même nourrie, tout à fait incompatible avec son
passage récent au gouvernement et avec les ambitions de son chef. Il a certes
réussi à infléchir le discours du mouvement vers la droite et contribué
efficacement à écarter les militants de gauche d’un mouvement dont les
initiatives fortement soutenues par la presse privée, ne regroupent plus que
quelques dizaines de personnes le 10 décembre ou pour « perturber la
visite de Chirac ». L’émergence médiatisée du MAK continue d’être démentie
par l’affirmation algérienne des jeunes et des structures, malgré un isolement
qui n’exclut pas un repli identitaire.
L’immensité historique de la mobilisation anti-guerre qui
prolonge le succès incontestable du forum social mondial est à mettre en
balance avec le triomphe ambigu de Lula sur un programme droitier, avec
l’encerclement du régime populiste de Chavez par une grève efficace malgré le
soutien des plus pauvres, avec le passage à droite dans la plupart des pays
d’Europe marquant le désaveu populaire des sociaux- libéraux, avec la
réélection de Sharon lourde de menace pour le peuple palestinien.
Pourtant, l’explosion argentine, la continuité de
l’intifadha malgré l’adversité et l’épuisement économique et social, la
poursuite des révoltes de la jeunesse algérienne malgré la scandaleuse sévérité
des condamnations d’émeutiers et malgré l’impasse actuelle en Kabylie indiquent
le potentiel de résistance des masses populaires gaspillé par l’absence d’une
alternative claire et d’un mouvement politique à la mesure de ces espoirs.
En Algérie, l’unanimité du soutien des travailleurs à la
grève générale de l’UGTA des 25 et 26 février a exprimé une opposition à la
politique des privatisations au delà d’une plate forme moins claire que les
textes précédents de la centrale. La
floraison des slogans anti-libéraux a voisiné quelques jours plus tard avec une
attente massive exprimée à Chirac par une jeunesse désemparée.
Cette jeunesse défaite que l’évocation indécente par Chirac
des ambitions et des rêves de la colonisation n’a pas révoltée a ensuite
participé à l’unanimité du soutien populaire algérien au peuple irakien. Puis
la convergence des discours vers la dénonciation d’une violence coloniale fait
place à l’abattement et à l’étonnement devant l’effondrement rapide des
défenseurs de Bagdad et du régime de Saddam.
Face à la position pro américaine de Bouteflika que les
dénonciations abstraites ultérieures de l’agression n’ont pas rectifié, la
modestie des manifestations pour l’Irak en Algérie, alors que s’enfle le
ressentiment populaire contre cette guerre de conquête coloniale, renvoie
certes à la lassitude des masses populaires et à la régression de la tradition
anti-impérialiste. Mais cet échec du camp anti-impérialiste exprime aussi nos
faiblesses propres et celle du mouvement anti-impérialiste sur fond de recul
des libertés politiques et de l’engagement des masses.
La construction d’un vaste mouvement politique démocratique
anti-libéral et anticapitaliste est le seul moyen de dépasser l’impasse
actuelle du mouvement populaire et l’impuissance d’un syndicalisme à
réinventer.
SN du PST. Alger, le 16 avril 2003.
L'écrasante majorité du peuple voit, aujourd'hui, ses conditions de vie élémentaires se dégrader sous les coups de l'offensive libérale des grandes puissances.
La signature de l'accord d'association avec l'UE et l'adhésion projetée à l'OMC menace directement la production nationale au bénéfice des multinationales et des rentiers nationaux.
Les gouvernants algériens au service du FMI des grandes puissances préparent le démantèlement de la médecine gratuite et des oeuvres universitaires et continuent la liquidation des entreprises publiques.
Après la paralysie organisée du téléphone public pour réserver le monopole du marché aux amis détenteurs de la concession privée, après la loi sur l'électricité, c'est le secteur des hydrocarbures principale richesse du pays qui se voit menacé.
Cela traduit la force et la justesse de l’insurrection de Kabylie qui n'a, malheureusement, pas eu de débouché politique à la mesure des immenses attentes de la jeunesse dépossédée de ses structures de lutte par des courants droitiers. Quant aux révoltes courageuses des autres régions, elles ne sont pas parvenues au stade de l'action organisée.
Le refus de voter de la majorité des Algériens, exprime avant tout l'absence d'un véritable représentant des intérêts des démunis. Cette abstention massive qui porte un coup à la légitimité du régime souligne aussi cruellement l'absence d'une alternative politique démocratique antilibérale et anticapitaliste crédible.
Malgré le taux d’abstention, la nouvelle percée électorale du PT traduit l’intérêt populaire pour ses prises de position antilibérales qui voisinent malheureusement avec une dérive populiste et nationaliste chauvine.
La Conférence Nationale du PST accueille positivement l’appel de l’UGTA à un front contre la politique de privatisation. Le PST, partie prenante du combat syndical et antilibéral considère que cette rupture prendra son sens si elle se traduit par des actions de masse pour constituer un rempart pour la défense du secteur public et la résistance au libéralisme.
Le PST appelle les militants politiques et syndicaux se réclamant de la gauche à débattre avec nous dans cette perspective.