ecoute flottante

DE L'ANIMATION QUI N'EN EST PAS ?

Vous avez dit écoute flottante ?

La confiance pour se lancer...

C'est à la fois difficile à expliquer et relativement facile à faire ! Il y va de cette attitude comme de la marche à quatre pattes ! Il est plus simple de faire que de prendre conscience et surtout conceptualiser. Il faut vivre les choses et pour cela se lancer, faire confiance au dispositif que sont les A.R.L.

Quelques conseils : est-ce trop présomptueux ?

Au départ, quelques conseils ne seront pas inutiles : se sentir bien à l'intérieur du groupe ARL est primordial, ne pas prendre de note, laisser flotter son écoute, ne pas trop parler (on parle toujours trop). Quand on se laisse aller à vocaliser , s'exprimer toujours à la première personne, ne pas simuler, reformuler une situation, un propos d'un des membres de l'ARL. Evidemment, ne pas porter de jugement de valeur sur ce qui peut être dit en ARL car ce travail s'il doit être mené, doit l'être au sein et par le groupe : avoir confiance dans le dispositif (il faut avoir confiance car cela marche !), bannir les idées préconçues et les conseils qui ne sont par ailleurs jamais écoutés..

Et le questionnement ?

Le questionnement doit être subtil afin de ne pas tomber dans l'interrogatoire qui peut générer du stress. Il ne doit pas être une forme déguisée de reformulation de la part de l'animateur. Ce dernier doit toujours avoir en tête que le travail intellectuel doit être fait par l'apprenant, le groupe étant là pour l'y aider, lui faciliter la tâche. L'animateur appartient au groupe comme un membre qui possède juste une plus grande conscience du pourquoi il est là !

L'animation peut ainsi se modéliser de la manière suivante :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En ARL, l'élève a donc au moins trois entrée-sorties pour apprendre :

· - réflexive,

· - paritaire,

· - médiatrice

La représentation spécifique (liaison à part) des liaisons qui relient l'animateur aux élèves affirme que ces dernières ne sont pas tout-à-fait de même nature que celles qui existent entre élèves (de par le statut socio-professionnel de l'animateur). Ce dernier ne doit pas en profiter pour asseoir un savoir souvent facile à prodiguer en logique !

Au contraire, par un questionnement indirect, un contre-questionnement qui renvoie toujours au groupe, à l'élève, la recherche de solution est fiabilisée par le groupe dont l'animateur fait pleinement partie. D'une façon pragmatique, l'usage du "comment" peut être conseillé qui renvoie au savoir faire de l'apprenant plutôt que l'usage du "pourquoi" qui induit un jugement de valeur (cf. travaux de P. Vermerch)

Mais de l'animation qu'en reste-t-il ?

Est-ce vraiment important ? Cela est, ce qui n'est déjà pas si mal ! Au bout de quatre ans de pratique et de réflexion sur cette pratique ainsi que sur celle des autres, je serais relativement d'accord pour qualifier cette attitude : d'écoute flottante* pour toute une ribambelle de raisons mais plus spécialement par rapport aux conseils énumérés précédemment mais qui ne sont pour autant pas à prendre comme un bréviaire : animer c'est "être". Il faut vivre les conseils que l'on donne, les incarner par un travail constant réalisé sur soi. D'ailleurs, on n'est pas toujours bon, surtout en ARL mais cela n'empêche pas les ARL de tourner. Toutes les combinaisons sont possibles :

animation résultats

bonne bons

bonne mauvais

mauvaise bons

mauvaise mauvais

Mais, il faut quant même observer que les résultats extrêmement mauvais sont rares et sont souvent indépendants de l'animation (cas où le groupe est mal positionné...).

La logique est ici trop pauvre pour mettre en équation le dispositif ARL lui-même. Il faudrait pouvoir utiliser la logique floue (ou flottante) pour passer du binaire au presque continu.

L'animateur, Monsieur PLUS

En ARL, vous l'aurez compris, l'animation est un plus indispensable dont dépendra la qualité du travail entrepris. De l'animation dépendra l'accessibilité aux processus cognitifs préconscients, conscients de l'apprenant. De la verbalisation de ces processus, sera directement tirée l'entreprise d'assimilation-accommodation de l'apprenant sur lequel repose le travail de remédiation du dispositif ARL.

Quel est la signification de tout cela ?

Mais que tous ces propos n'effraient en rien ceux ou celles qui pratiquent les ARL sans avoir pensé à tout cela et à d'autres choses encore !

Ces divagations ne sont que l'oeuvre d'un apprenti médiateur qui s'interroge Ils n'ont voeux que de susciter des débats, questions et réponses. Tout n'est pas dit et ne le sera sans doute jamais. Ce qui n'est pas une raison pour ne rien dire, ne rien écrire !

Les premières expériences sont les plus fraîches alors à quoi bon remettre à demain ce que vous n'aurez que plus de mal à écrire à cause du nombre grandissant des questions qui ne cessent de s'engranger et provoquent une sorte d'anesthésie face à l'écriture. Alors à vos plumes et laissez le lecteur décider de prendre (d'assimiler), comprendre (prendre en soi, accommoder), ce qu'il veut, ce qu'il sent bon pour lui.

Philippe TIXIER le 24/02/94