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STAGE MAFPEN DU 12/01/95 A CREPY EN VALOIS AU LP R. DESNOS EVALUATION D'UNE EXPERIENCE D'ARL EN LYCEE PROFESSIONNEL

PARTICIPANTS : Joël Sevczik, D. Madelin, D. Rieunier, J.C. Landat, J. Druez, G. Douchet, G. Pradales, Kefurus.

COMPTE-RENDU de la journée de formation du 12/01/95 à Crépy en Valois, Lycée R. Desnos

La journée a commencé en se réjouissant de cette manifestation qui allait peut-être faire en sorte qu'on se pose de nouvelles questions quant aux ARL. En effet, tout le monde a réaffirmé que les ARL devaient garder ce caractère expérimental, artisanal qui fait que les animateurs, pour que les ARL fonctionnent, doivent se voir, s'interpeler, travailler ensemble sur leurs impressions, sur l'édition de nouvelles fiches, ... C'est qu'il faut réaffirmer haut et fort que les ARL sont un dispositif pédagogique où les animateurs sont obligés de travailler en concertation afin d'être utiles aux élèves.

Joel Sevczik, psychologue du CIO de Compiègne, nous a, ensuite, présenté l'évaluation de l'expérience ARL qui s'était tenue dans ce lycée avec les 2 CAS 92/93 (cf. ARL BILAN de J. Sevczik - joint en annexe).

Cette évaluation est baptisée de pédagogique, donc portant sur la méthode mise en oeuvre avec des élèves et intéressant les enseignants l'utilisant ainsi que les décideur du système éducatifs français, par rapport à l'évaluation à fonction sociale que représente les examens et qui porte sur les performances de l'élève. Il semble évident qu'on ne peut pas simplement passer de l'une à l'autre et que sur cet exemple leurs référentiels ne sont pas les mêmes : le rendement de la méthode pédagogique utilisée pour l'une, connaissances individuelles et disciplinaires pour l'autre.

Il a tenu à préciser que pour éviter la critique sur l'utilisation en pré-test puis post-test d'un même test, il a utilisé deux test étalonnés, non issus des ARL, mais tout de même Piagétiens : l'ECDL (échelle collective de développement logique) et le TOF de Longeot (test des opérations formelles, outils : logique des propositions, probabilité et combinatoire, tests passés collectivement sans limite de temps, durée des épreuves : environ 2 heures), tous les deux édités par l'INETOP. Joël a réduit les résultats de ces deux tests à deux catégories : CONCRET et FORMEL, ce qui donne un degré de liberté de un.

Le schéma de l'expérience peut donc se représentée par la chaîne :

ECDL 6 mois d'atelier de raisonnement logique TOF CONCLUSION

(soit environ une vingtaine d'heures)

Joël précise que l'occasion se présentait cette année 1992/93 puisqu'il disposait de deux classes 2 CASS à recrutement identique et que test de comparaison réalisé, elles n'étaient effectivement pas significativement différente à moins de 1% de chance de se tromper ( test du khi deux, avec correction de Yates opéré ; X2 d'environ 1, D.L.= 1).

Ainsi, le manque de données objectives dans le domaine de l'évaluation de l'efficacité des Ateliers de Raisonnement Logique mise en oeuvre au sein de l'éducation nationale l'a convaincu de comparer l'évolution d'un point de vue logique de ces deux classes, une 2 CAS1 : faisant des ARL, l'autre 2CAS 2 étant la classe témoin. Cela, avec bien évidemment, le risque de contribuer à discréditer autant que de renforcer l'image de réussite des ARL dans le domaine de la remédiation cognitive.

Le résultat de cette comparaison est positif pour les ARL.

Avec un seuil de 0.05, c'est à dire avec 5% de chance de se tromper, seuil couramment admis en sciences humaines, on peut dire que les deux classes au bout d'un an n'étaient plus significativement équivalentes (X2 d'environ 5, D.L. = 1).

Il est aussi intéressant de noter que les animateurs des ARL n'étaient pas obligatoirement des professeurs de la section.

Il est donc établi, au seuil mentionné précédemment, que les ARL ont contribué à faire progresser plus rapidement des élèves en logique. L'ensemble des participants de cette journée a reconnu qu'il restait à montrer que les ARL aident particulièrement les élèves dans l'acquisition de nouvelles connaissances, notamment, disciplinaires, j'ajouterai qu'il serait intéressant de montrer aussi la fiabilité, la répétabilité d'une année sur l'autre des ARL ce que je pense avoir fait sur l'expérience de Compiègne en seconde Electronique.

L'après-midi a donc été employée à réfléchir sur la méthodologie à employer pour montrer que les raisonnements logiques rentraient en ligne de compte dans la didactique, tout en soulignant l'intérêt irremplaçable que le dispositif ARL possédait en proposant ainsi aux élèves d'apprendre à raisonner sans pour autant leur demander de pré-requis autres que ceux qu'ils ont déjà acquis antérieurement dans leur vie.

Jean Claude Landat nous a présenté une enquète réalisée chez des élèves qui suivaient des ARL. Les questions étaient :

1. Pourquoi, d'après vous, vous fait on faire des ARL ?

2. Ce que j'aime dans les ARL ?

3. Ce que je n'aime pas dans les ARL ?

Les réponses sont livrées en annexe mais Jean Claude qui en a fait le traitement indique qu'il n'était pas possible, grâce à elles, de "repérer" un animateur plutôt qu'un autre. Autrement dit les groupes ARL vivaient sensiblement la même expérience d'un point de vue qualitatif. Cela reflète sûrement les qualités des ARL : avoir un cahier des charges précis et rigoureux, être sous-tendu par de grandes théories de l'apprentissage, de la médiation ...

Après avoir vu combien il était difficile, sans tomber dans la facilité du simplisme, de repérer dans une tâche disciplinaire les opérations intellectuelles mise en oeuvre, ce qui s'appelle faire une analyse de tâche, il a été retenu un mode opératoire de travail commun dont nous discuterons les contenus lors des journées d'approfondissement des ARL 95 en présence de G. Hommage (coauteur des ARL) :

1. écrire la liste des noms des opérations intellectuelles Piagétiennes,

2. étudier les fiches ARL les plus représentatives leur faisant référence,

3. définir ces opérations dans un langage simple et commun,

4. repérer dans les différents livrets d'évaluation de l'éducation les exercices et les classer en fonction des opérations,

5. créer des exercices disciplinaires en fonction des opérations intellectuelles que l'on veut développer.

Chaque volontaire travaillera d'abord individuellement puis pendant les journées d'approfondissement partagera avec les autres son travail pour l'enrichir et enrichir cette réflexion psychopédadidacticologique !

pour le groupe Philippe Tixier le 20/01/95