"car même chose sont l'être et le penser"
Parménide V s av. JC
Je perçois bien les critiques fondées que Platon, ..., Hegel ont faites sur cette pensée de Parménide, mais je la crois au goût du jour lorsqu'on parle de l'aspect thérapeutique de la double contrainte (double bind) de Bateson and co.
Lorsqu'on utilise une injonction paradoxale, par exemple : Sois toi même" chez une personne, on fait le pari que cette personne est congruente (ou au moins en recherche), c'est à dire que son être et sa pensée sont en recherche d'accord.
Or cette injonction va les dissocier un temps, en effet s'il veut obéir à cette injonction, il n'est pas lui même puisque ce n'est pas lui qui a pris cette décision. S'il n'obéit pas, il a l'impression d'être lui même en désobéissant, mais ce faisant il obéit à cette injonction.
Cette personne est prise dans un tourbillon paradoxal qui lui permettra, c'est l'effet escompté, en l'arrêtant de repartir sur de nouvelles bases plus saines pour lui, et de récupérer sa congruence tout en pensant et agissant différemment d'avant cette expérience paradoxale.
Autrement dit, il est possible de dissocier notre être de notre pensée, c'est une capacité que nous avons en tant qu'humain et l'humain l'utilise pour avancer par exemple en philosophie, mais dans le contexte ordinaire de la vie, nous recherchons au contraire un accord de notre être et notre pensée parce que cet accord est écologique pour nous et garant d'homéostasie dans l'environnement de notre vie.
Philippe Tixier, tixierp@minitel.net
formateur auprès de
l'IUFM de Picardie
en ANAPRAT et ARL