Forte tension dans les universités parisiennes de la Sorbonne et de Nanterre, Pendant tout le mois d'avril, des étudiants de gauche, et des fascistes du groupe Occident se sont affrontés plusieurs fois. La faculté de Lettres de Nanterre est fermée. Le lendemain matin, la police envahira le campus. A la Sorbonne, des fascistes détruisent le siège du syndicat étudiant Unef.
Trois cents étudiants se réunissent à la Sorbonne pour protester contre la fermeture de Nanterre. Les CRS encerclent l'université. Les négociations entre les étudiants et la police durent des heures, tandis que des étudiants se rassemblent dans les rues voisines. Violents affrontements dans la soirée.
L'UNEF et le syndicat enseignant proclament une grève générale et une manifestation, à partir du 6. Pour le 6, est aussi prévue la réunion de la Commission disciplinaire de l'université devant laquelle doivent comparaître 6 étudiants, dont Cohn-Bendit.
Six étudiants sont poursuivis en justice pour les affrontements du 3 ; quatre sont condamnés à des peines de détention fermes. La Sorbonne reste occupée par la police.
Un cortège de 15.000 personnes part de la Sorbonne, passe sur la rive droite, et manifeste devant le Palais Royal, revient au Quartier Latin et tente d'occuper l'université. Les étudiants s'affrontent jusqu'à la soirée avec la police. 487 blessés.
50.000 étudiants passent en cortège dans la zone sud de Paris, évitant le Quartier Latin, en présence de la police. Le cortège remonte les Champs-Elysées jusqu'à l'Arc de Triomphe. Sit-in autour du monument devant la tombe du soldat inconnu, lieu des cérémonies officielles importantes de la république. Sur le chemin du retour, l'UNEF ordonne la dissolution de la manifestation, mais les militants maoïstes attaquent la police et réussissent à entraîner d'autres manifestants dans les affrontements qui durent jusqu'au lendemain matin.
Le gouvernement s'engage réouvrir la Sorbonne et Nanterre si le désordre ne se répète pas. Le soir, un cortège de 30.000 personnes défile dans le Quartier Latin. A la fin le service d'ordre de l'Unef impose la dissolution afin de respecter le pacte avec les autorités.
Le recteur réouvre la Sorbonne et Nanterre, mais la police n'abandonne pas l'université. Dans l'après-midi, devant un sit-in de milliers d'étudiants, le secrétaire du SNE-sup, Geismar, s'autocritique, pour avoir cherché un accord avec le recteur. Louis Aragon, étoile de première grandeur parmi les intellectuels du PCF, est apostrophé irrévérencieusement par des étudiants alors qu'il s'adressaient à eux à la Sorbonne. Il promet de leur ouvrir la revue qu'il dirige, "Lettres françaises".Un cortège de protestation défile devant la prison de la Santé. La police bloque les ponts vers la rive droite, les étudiants occupent le Quartier Latin et forment des dizaines de barricades. A deux heures, après des heures de négociations, la police attaque les barricades. Les affrontements sont très violents et durent jusqu'à l'aube.