Michael Moore

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le 23 avril 1954 à Flint, Michigan, États-Unis
Acteur, réalisateur, metteur en scène, producteur, écrivain, journaliste et provocateur !


Difficile de résumer la vie de Michael Moore. Véritable symbole pour les uns, critiqué par les autres, une chose est sûre, son impertinence et sa ténacité dérangent... Alliant militantisme, journalisme, spectacle et action, le provocateur, coiffé de sa casquette, sillonne les États-Unis pour en montrer tous les travers.


- Son arme de prédilection: le militantisme -

Fils d’une secrétaire et d’un ouvrier de chez General Motors, Michael Moore grandit dans le Michigan. Tout comme sa famille, il est destiné à travailler pour le constructeur automobile. Mais tout jeune déjà, il ne parvient pas à entrer dans le rang. A l'âge de 22 ans, il se tourne vers le journalisme et décide de créer son propre journal: The Flint Voice (rebaptisé ensuite The Michigan Voice) est le début d'une aventure qui va durer 10 ans.

En 1986, l'usine General Motors de Flint, la ville natale de Michael Moore, ferme : 30.000 emplois sont supprimés. Le jeune journaliste qui commence à être connu pour ses performances militantes et ses attaques contre l'establishment américain, décide de réagir et vend tous ses biens dans le but de réaliser un documentaire pour le moins impertinent: il se donne pour mission d'obtenir une interview de Roger Smith, le PDG de GM. Roger and Me (Roger et moi) fait un carton. Au delà de l'accueil public et aussi minimes soient elles, le film a quelques répercutions concrètes : l'éclairage que son documentaire apporte sur la GM empêche celle-ci de fermer des usines pendant une durée de trois ans. Un léger sursis, il est vrai, mais qui permet aux personnes concernées d'envisager une sortie de secours et de ne pas se réveiller une matin devant des portes closes.

Roger et moi est donc un véritable succès commercial ; Michael Moore lance une suite Pets or Meat - Return to Flint et réinvestit les bénéfices dans la production d'une émission : TV Nation. Cette nouvelle aventure dure trois ans durant lesquelles le journaliste traque les travers des grandes firmes et des politiciens de droite.

Véritable militant dans l'âme, il poursuit son action à travers un livre: Downsize this! (Réduisez-moi ça) qui devient un best seller. Il y dénonce les méthodes de dégraissage des entreprises américaines.
En 1995, il réalise son unique film de fiction: Canadian Bacon traite bien évidemment d'un sujet peu conventionnel. Le président des États-Unis (alias Alan Alda), très bas dans les sondages, décide d'engager une guerre froide contre le Canada, pour augmenter sa cote de popularité...

- Sa volonté : l'action -

Deux ans plus tard, il revient à ses premières amours avec un nouveau documentaire militant: The Big One s'attaque aux firmes multinationales. Michael Moore tente d'y interviewer leurs PDG. Là encore, petite goutte d'eau dans l'océan, son documentaire a des conséquences visibles: le président de Nike qui avait expliqué devant ses caméras que le travail d'un indonésien de 12 ans n'était pas comparable à celui d'un jeune américain du même âge se voit contraint d'interdire le travail des enfants au moment de la sortie du film. Désormais, il faut être âgé de 18 ans pour pouvoir travailler chez lui.

En avril 1989, Michael Moore devient le leader d'une nouvelle nation : The People Democratic Republic of Television (PDRTV). C'est dans ce cadre qu'il lance un rendez-vous quotidien : The Awfull Truth (L’Amérique de Michael Moore), véritable satire politique télévisuelle, rend compte des problèmes rencontrés par l'Amérique profonde et dénonce les abus du système. C'est au Canada que Michael Moore trouve les financements de cette émission qui sera diffusée en 1999 et 2000 sur Bravo (aux États-Unis et au Canada) et Channel 4 (en Grande-Bretagne).

Le journaliste provocateur a désormais une solide réputation. Il pointe du doigt toutes les aberrations du système social. Il parcourt les routes des États-Unis à la recherche de réponses. Il n'hésite pas à constituer une chorale avec des personnes tout juste opérées du cancer pour les faire chanter dans le hall d'une compagnie de tabac.
Comme toujours, ce que Michael Moore retient, ce sont les effets directs qu'il parvient à tirer de son show. Pour exemple, après avoir embarrassé une compagnie d'assurance qui refusait de payer une opération chirurgicale à un de ses clients, et après avoir organisé les répétitions des funérailles de ce dernier (avec sa complicité bien sûr), la compagnie a cédé et la personne en question est toujours vivante...

Un peu plus tard, son nouveau livre, Stupid White Men and other Sorry Excuses for the State of the Nation, est un succès inattendu: il devient un best-seller aux États-Unis. Preuve qu'il existe encore un foyer d'anars dans le pays. Comme toujours, il y mène un combat ouvertement anti-droite et particulièrement anti-Bush. Dans un premier temps, l'évènement du 11 septembre compromet la sortie de son livre: son éditeur désire supprimer certains passages jugés trop critiques à l'égard du président. Michael Moore s'insurge, largement soutenu par des libraires et des bibliothécaires qui prônent la liberté et la démocratie. Le livre sort dans sa version intégrale. L'auteur sillonne les villes des États-Unis pour en assurer la promotion; son ouvrage s'arrache déjà un peu partout. Ses différentes haltes se transforment littéralement en forum.

En 2002, le journaliste fait à nouveau parler de lui avec la sortie du film « Bowling For Columbine » qui s'attaque au marché des armes en Amérique. Le réalisateur cherche à comprendre pourquoi les crimes à l'arme à feu sont si nombreux dans son pays. Une fois de plus, Michael Moore éprouve des difficultés pour financer ce projet et c'est vers le Canada qu'il se dirige à nouveau. Il retrouve la complicité de Michael Donovan qui avait déjà été de la partie pour The Awfull Truth et qui accepte sans hésiter de le suivre dans cette nouvelle aventure.
Si la sortie de son film est largement suivie en Europe, et présenté dans de nombreux Festivals (il est acclamé au Festival de Cannes), celui de New-York refuse de le présenter, jugeant son oeuvre trop populiste et trop centrée sur sa personnalité. Il est vrai que de nombreuses critiques émergent un peu partout, lui reprochant son égocentrisme et la mise en spectacle de ses démonstrations. Ce n'est pas tant le discours que le style Moore qui dérange.


On devrait le retrouver très prochainement car il s'est attaqué à un nouveau sujet de poids : comment l'Amérique a changé depuis le 11 septembre... ça promet !

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(www.planete.tm.fr/dossiers/cauchemard/moore.html)