Brève introduction aux sciences sociales


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Introduction

Les sciences sociales sont jeunes. Cependant on peut affirmer que ce sont les sciences de l'avenir.

     Elles obéissent à l'impératif défini par la sagesse grecque: "Connais toi toi-même". Si l'on prend cet impératif dans des champs multiples d'acceptation, sans oublier sa dimension sociale, il apparaît particulièrement utile dans la situation contemporaine de crise multidimensionnelle (crise des valeurs, crise économique, crise de notre rapport à la nature, crise spirituelle...).

Quelques domaines

     Il y a en réalité une unité profonde des sciences humaines, parce qu'elles n'ont toutes qu'un but: comprendre l'homme dans son contexte social.

La séparation entre anthropologie et sociologie apparaît par exemple comme largement arbitraire et dépassée, tout comme la séparation entre homme moderne et homme primitif. Traditionnellement, l'anthropologie utilise des méthodes plus qualitatives, et étudie les sociétés de petites tailles, que l'on supposait plus simples, isolées et "primitives". La sociologie a une tradition plus académique, se nourrissant d'histoire, se proposant un objet plus proche (la société occidentale) et vu comme plus complexe.
Mais, à ce cantonner dans l'étude des civilisations dites "traditionnelles", ou pire "primitives", l'anthropologie risque de n'être qu'une production d'exotisme, alors qu'elle peut nous faire comprendre les ressorts les plus intimes de nos propres sociétés si ses méthodes leur sont appliquées. De son côté, la sociologie manquera une telle compréhension si elle se contente de l'application de méthodes quantitatives (statistiques) sur des objets prédéfinis.

De grands anthropologues/sociologues comme Georges Balandier ont su nous montrer le chemin pour dépasser cette division.

La démographie est l'étude des comportements et des phénomènes liés à la reproduction physique de l'espèce humaine. Mais elle ne peut non plus oublier l'importance des valeurs dans la définition de ces comportements, et doit accepter la pluralité des rationalités sociales dans la sphère de la reproduction.

L'économie prétend elle étudier la simple production de la base matérielle des sociétés. L'économie dite "classique" s'est disqualifiée en se concentrant uniquement sur la production de biens échangeables sur le marché, et en traitant comme des "externalités" la production et reproduction de l'environnement naturel, y compris humain.
L'économiste Karl Polyani a montré dans La grande transformation la singularité de la division occidentale de l'économique et des autres formes de l'activité sociale.

L'économie contemporaine a prétendu diviser les sociétés en "développées" et "sous-développées", ou "en développement". En propageant le mythe du développement elle a créé plus de ruines que de réussites.

Même en nous restreignant au champ du savoir, le mythe du développement s'est propagé bien au-delà de l'économie. Tel un virus moderne, il s'est immiscé dans de nombreux pans des sciences humaines. D'un point de vue concret, il a abouti à la disparition volontaire ou forcée d'une importante partie du patrimoine culturel, social et naturel de l'Humanité. Il est temps de se situer au-delà du développement pour rechercher les conditions d'une véritable convivialité et connivence, dans l'acceptation de nos différences.
 

Vivre ensemble non pas malgré nos différences, mais grâce à nos différences.

Des liens

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