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Un pays bilingue est un pays infirme. Le Canadien français et un Anglais qui parle
français. Fédéralisme canadien = droit de la majorité
anglaise de disposer de la nation québécoise. Je sais aujourd'hui de façon définitive que dans
la cojoncture actuelle de notre vie nationale, mon pays, ce n'est pas et ce ne sera jamais
le Canada. J'ai honnêtement cherché un dénominateur commun entre Canadiens de langue
française et anglaise, et je ne l'ai pas trouvé. En conséquence, je reviens à la terre
Québec plus québécoise que canadienne-française, parce que j'ai appris durement,
douloureusement et définitivement que pour demeurer fidèle à la ligne profonde de mon
passé, de mon présent et de tout ce qui compose mon être de langue et de culture
françaises, je dois vivre au Québec dans un pays qui, un jour, deviendra peut-être mon
pays. À un certain moment de notre vie, on s'est tous
surpris, je crois, à être un peu peureux ou à ne pas foncer autant qu'on le voudrait
bien. C'est quand même drôle : il paraît qu'on gagne sa
vie. À plus ou moins longue échéance, le choix du
Québec est simple : c'est l'indépendance ou la Louisiane. Je n'hésiterai pas à m'engager dans la voie de
l'indépendance, si la preuve est faite qu'il n'y a pas de sécurité constitutionnelle
pour le français dans la fédération canadienne. Où est allé tout ce monde qui avait quelque chose
à raconter? On a mis quelqu'un au monde, on devrait peut-être l'écouter! »
Nous ne voulons pas être une province "pas
comme les autres", Si une pléthore de pays minuscules qui pourraient
se comparer à Montréal bien plus qu'à notre province sont capables de bien vivre comme
États souverains, le Québec en est certainement capable, et cela depuis belle lurette. Les Québécois et les Canadiens anglais ne seront
moralement unis que lorsqu'ils seront politiquement séparés. On ne se débarasse pas d'une habitude en la jetant
par la fenêtre. Il faut lui faire descendre l'escalier, marche par marche. La proximité du tu nous éloigne du nous et que le vous nous rapproche de toi. L'indépendance, c'est comme un pont : avant,
personne n'en veut, après, tout le monde le prend. La classe moyenne l'est vraiment. Les anglais ne donnent jamais rien sans qu'on ne
leur arrache pas la force ou sous l'empire de la peur. On ne paie jamais trop cher le privilège d'être
son propre maître. Les Canadiens anglais n'ont pas voulu d'une
"société distincte", Comment un peuple peut-il accepter de vivre
comme une minorité dans un pays, alors qu'il pourrait vivre comme une majorité dans son
pays? Mais vous avez tellement peur de perdre vos
REERs, votre BS, vos maisons, vos "jobs", que vous êtes prêts à perdre votre
identité pour de l'argent. L'indépendance est l'instrument des peuples faibles, des peuples qui n'ont pas de pouvoirs, des peuples qui manquent de moyens. C'est parce que nous ne sommes pas prêts qu'il faut faire l'indépendance. Elle vient non pas à la fin de la vie d'un peuple mais au début : c'est-à-dire au moment où ce peuple entend assurer sa pleine liberté et asssumer ses pleines responsabilités.... Comme si la lutte de libération nationale n'était
pas, en soi, un projet de société. Le bateau coule et des passagers veulent discuter de
l'aménagement intérieur de la chaloupe. Ramons, câlice! On discutera ensuite de la
couleur de la casquette du capitaine ou de la forme des rames. L'indépendance n'est pas
le paradis. Ce n'est pas la solution à tous nos problèmes. Mais il s'agit de choisir
enfin. Ou le statut de nation annexée à jamais, ou la liberté.
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