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mon pays |
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extrait de:le chemin parcouru
et la réfléxion sur les facteurs
qui ont entravé notre émancipation collective.
par DENIS MONIÈRE GUY BOUTHILLIER PIERRE DE BELLEFEUILLE
- . . . Le pouvoir québécois est limité par son
statut provincial et par
la division de l'opinion publique québécoise.
Cette nouvelle conjoncture pose un problème capital: voter OUI est-il
suffisant pour créer un pays? Ce qui est en cause, ce n'est pas le
pourcentage de vote nécessaire pour effectuer une sécession, c'est le
niveau d'engagement des citoyens nécessaire pour bâtir un pays. Dire oui à
la naissance d'un nouveau pays en déposant un vote dans une boite de
scrutin est un geste abstrait qui exprime une volonté de changement de
statut politique mais qui ne garantit nullement qu'on sera disposé à
prendre d'autres moyens pour faire respecter son choix. Lorsqu'il s'agit de
créer un pays, la simple mobilisation dans le cadre d'une campagne
électorale est insuffisante pour vaincre tous les obstacles que feront
surgir les adversaires de l'indépendance du Québec. Il faut que ce vote
s'accompagne d'une détermination à toute épreuve et qu'il procède d'une
forte politisation. Le soutien électoral d'une majorité de Québécois ne
sera pas suffisant pour réaliser l'indépendance à moins de postuler que
cette indépendance se fera avec l'accord du Canada.
Un projet d'action
Jusqu'à présent, les partis souverainistes ont négligé le travail de
formation politique de leurs militants pour se consacrer uniquement à la
formation de travailleur d'élection qui ne s'activent que durant les
périodes électorales et lors des campagnes de financement. La promotion de
la souveraineté est restreinte aux chefs et aux principaux ténors des
partis souverainistes qui misent essentiellement sur les médias pour
relayer leurs discours et susciter le soutien à la souveraineté. Cette
stratégie de communication est désastreuse parce qu'elle encourage la
mollesse idéologique, la passivité et la démobilisation. Une adhésion à un
projet politique qui s'appuie uniquement sur des connaissances et des
perceptions médiatisées sera toujours fragile et sujette aux zigzags
idéologiques. Elle variera selon les conjonctures et les performances
ponctuelles des porteurs de drapeau.
L'action électorale des partis (PQ et Bloc) doit être complétée par
l'action d'un mouvement d'action civique qui aura les coudées franches pour
agir sur l'opinion publique en formant des citoyens politisés qui à leur
tour pourront intervenir dans leurs milieux respectifs comme agents de
conscientisation. Il faut revaloriser l'engagement des citoyens, combattre
le sentiment d'impuissance et enraciner les convictions dans l'expérience
de la lutte politique. Les indépendantistes doivent se regrouper dans une
organisation non électorale pour agir comme force de conscientisation..
Les objectifs de ce mouvement seraient les suivants:
· favoriser un libre débat sur les orientations du mouvement
souverainiste
sans être soumis aux impératifs électoraux
· définir les modalités d'un Québec républicain et progressiste
· développer l'architecture institutionnelle du Québec indépendant;
· établir et diffuser un programme de formation politique des militants
indépendantistes;
· mener des actions combattantes afin de riposter aux initiatives des
adversaires de l'indépendance.
Le temps est venu de constituer un mouvement populaire de légitime
défense
afin de préparer la résistance psychologique et matérielle aux offensives
fédérales contre l'intégrité politique et territoriale du Québec.
- extrait de
- DENIS MONIÈRE
GUY BOUTHILLIER
PIERRE DE BELLEFEUILLE
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