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Cours de dialecte maure « Hassaniya »


Eléments de dialecte maure " Hassaniya "

première partie

I. Introduction


L'Arabe maure " hassaniya ", si l'on en croit les gens qui la pratiquent, est une langue très proche de l'Arabe littéral. Il faut savoir que dans le monde arabe, beaucoup de niveaux de langues se côtoient quotidiennement et sont employés par les populations en fonction à la fois du contexte et du niveau d'éducation. Il faut cependant distinguer de façon très nette ce qui relève du dialecte (langue souvent non écrite, sorte de " patois " national ou régional) et ce qui relève du littéral (ou littéraire encore appelé classique). La première langue est employée quotidiennement (bonjour, merci, au revoir, comment ça va, etc...) et nous intéresse donc au premier chef. La seconde est la langue des journaux, mais aussi de la radio et de la télévision. C'est une langue dérivée de celle du Coran, et c'est ce titre théoriquement la seule langue qui s'écrit. Elle est comprise par toute personne qui est allée un tant soit peu à l'école, dans la mesure où les cours se font dans cette langue.
Le hassaniya est donc un dialecte, mais il est relativement pur , émaillé de quelques sons et mots berbères. Cette pureté relative est sans dout liée au fait que ce dialecte est une langue de nomades, de bédouins, qui a à ce titre connu moins d'évolutions que les autres dialectes maghrébins marocains, algériens ou tunisiens. Il possède en effet beaucoup plus de voyelles que ces derniers ; il est donc à ce titre beaucoup moins " guttural ".
Ce dialecte se parle par toutes les populations arabophones de Mauritanie, du Sahara Occidental, voire de l'ouest du Mali, du Sud ouest algérien et parfois du sud marocain (au delà de l'Oued Draa). Il est unitaire, mais comporte des différences minimes d'une région à l'autre.
Eléments de bibliographie :
Général Claude Le Borgne : méthode de Hassaniya, CMIDOM ; vocabulaire technique du chameau en Mauritanie (dialecte Hassaniya), bulletin français d'Afrique noire, Tome XV, n°1, janvier 1963
Roger Pierret : Etude du dialecte maure, Paris, Imprimerie Nationale, 1948
David Cohen : Le dialecte arabe Hassaniya de Mauritanie (parler de la Guebla), Paris, Klincksieck, 1963
Soeurs de St Joseph, missionnaires spiritains, cours de dialecte Hassaniya, paroisse de Nouakchott, Mauritanie.
Catherine Taine-Cheikh, Lexique français-hassaniyya, dialecte arabe de Mauritanie, Institut Mauritanien de Recherche Scientifique, centre culturel français St Exupéry, Nouakchott, Mauritanie.

Sans se montrer très " scientifique " cette petite méthode pratique se propose de d'aiser tous ceux qui désirent mieux connaître ces pays et leurs habitants en sachant prononcer et comprendre quelques mots de ce dialecte. Pour cela, l'étude s'oriente autour de l'apprentissage de textes dans la mesure du possible contemporains de contexte, auxquels on ajoute des explications sociales, grammaticales et de vocabulaire.

II. Phonologie :


La langue arabe utilise 28 consonnes, donc beaucoup plus que le Français ; en outre, le Hassaniya en utilise de nouvelles et en confond d'autres. Il faut également savoir que la langue arabe n'écrit pas les voyelles, qui sont au nombre de trois en littéral ( a, ou, i ). Elles sont beaucoup plus nombreuses en Hassaniya, et leur " réalisation " dépend surtout de leur environnement consonantique.
Ainsi, une même voyelle arabe écrite n'aura pas toujours le même son ; de plus, elles ne font pas partie du mot au même titre que les consonnes. Le fatha, voyelle " ouverte " ó sera pronnonçé a, é, è ou e. De plus, les voyelles ne font pas partie du mot au même titre que les consonnes. Ainsi, elles n'auront pas dans le mot une place immuable. Les déplacements des voyelles ont pour fonction une meilleure prononciation des mots.
En somme, les mots ont une armature fixe, celle des consonnes ; sur cette armature, s'accrochent des voyelles, à des places variables suivant les cas.
Consonnes :

b


b français


t


t français


th


" th " anglais de " thing ", pas d'équivalent français


j


j français ; contrairement à d'autres parlers arabes, très rarement " dj "


h


h très fortement expiré, " buée sur vitre "


kh


" jota " espagnole, pas d'équivalent français


d


d français


dh


d zézayé ou th anglais de " this ", pas d'équivalent français


r


r roulé (toujours)


z


z français


s


s français


sh


ch français


ç


s emphatisé, pas d'équivalent français


d


d emphatisé


t


t emphatisé


dh


dh emphatisé


`


" cri de chameau "


gh


r grasseyé (parisien) = non roulé


f


f français


v


v français


q


k emphatisé


g


g dur (de guerre)


k


k français


l


l français


m


m français


n


n français


h


h faiblement expiré, dans équivalent français


w


" oua "


y


" ya "







Remarques sur le système de transcription des consonnes :
Le système de transcription retenu a privilégié la simplicité : il utilise les associations de caractères couramment employés traditionellement pour rendre des consonnes arabes sans équivalent français. Il utilise donc les italiques lorsqu'il s'agit de sons transcrits par deux caractères, afin de ne pas induire en erreur. De même, de façon générale, lorsqu'il n'a pas été possible de trouver un caractère pour différencier une consonne et son emphatique, le son emphatisé est rendu par un soulignement.

Remarques sur les consonnes hassaniya :
Le Hassaniya (à la différence de l'Arabe littéral) crée des consonnes et en confond d'autres ; il ya parfois des emprunts au Berbère ou au Wolof. Certaines consonnes sont prononcées différemment du fait de " l'accent maure ". Sans aller dans les sétails, voici quelques remarques pou s'y repérer :
- le " qâf " arabe est le plus souvent rendu par g.
- le " ghayn " arabe est parfois remplaçé par le son q. Bien souvent, gh et q sont parfaitement interchangeables.
- le " fa " arabe est rendu parfois par f et parfois par v, cela dépend des régions, des accents.
Si bien que dans les textes qui suivront, il faudra prendre en compte certaines possibilités de variations des prononciations. La plupart du temps cependant, la variation des prononciations ne gêne pas la compréhension.
Voyelles :

a


bref


é


bref


è


bref ouvert


o


bref


u


ou bref


i


bref


e


ouvert








â


long


ê


long ouvert


î


long


ô


long


û


ou long



Remarques sur les voyelles hassaniya
Les voyelles ne se transcrivent pas dans l'écriture arabe. Il n'existe théoriquement que trois voyelles courtes (a, ou, i)et trois voyelles longues en Arabe. La différenciation entre longues et courtes est d'ailleurs indispensable pour la bonne compréhension et la bonne prononciation de beaucoup de mots. En Hassaniya, il existe beaucoup plus de voyelles dérivées, en fait, des trois voyelles du littéral :
longues :

û				î
ô ê
â
courtes :
u						i
e
o è
é
a
D'autre part, la voyelle courte n'ayant pas de réelle existence au même titre que la consonne dans le langage, il est possible d'entendre parfois un ´é´ à la place d'un ´a´ ou un ´è´ ou un ´e´ à la place d'un ´i´. Il ne faut donc pas se formaliser des différences de voyelles qui peuvent être rencontrées dans les textes suivants.
Semi-consonnes :
Les trois " voyelles longues " du littéral se transcrivent en écriture arabe par des consonnes spéciales, appelées " semi consonnes ", au nombre de deux : le ´w´ et le ´y´. Ces deux consonnes en fonction du contexte phonologique peuvent se prononcer soit comme des consonnes, soient comme des voyelles longues, ey correspondent ainsi à :
w => û
y => î
Il est indispensable d'avoir à l'esprit ces équivalences pour être en mesure de reconnaître certaines racines de mots avec le mode de transcription retenu.
Diphtongues :
Le Hassaniya utilise un grand nombre de diphtongues, du fait, entre autres, de sa tendance généralisée à l'emploi du diminutif. Dans le système de transcrition retenu, il a été privilégié la simplicité, en accolant simplement voyelles et semi consonnes :
aw, ay, ôw, êw, êy, ei, etc..., pronocées comme une " juxtaposition " des deux sons.

III. Salutations, politesse

A. texte

es salâm `aleikum


la paix sur vous


`aleikum es salâm


sur vous la paix


eyyak el kheyr ?


il y a le bien ?


ella l kheyr, el hamdulillah


seulement le bien, grâce à Dieu


eyyak mâ târi bâs ?


il n'y a pas de nouvelles en mal ?


ma târi bâs el hamdulillah


pas de nouvelles en mal, grâce à Dieu


eyyak el `âvyé ?


il ya la paix ?


ella l 'âvyé l hamdulillah


seulement la paix, grâce à Dieu


el hamdulillah !


grâce à Dieu !


el hamdulillah


grâce à Dieu !


B. texte

es salâm 'aleikum


la paix sur vous


'aleikum es salâm u rahmatu llâh


sur vous la paix et la miséricorde de Dieu


eyyak la bâs ?


ça va ?


la bâs el hamdulillah


ça va grâce à Dieu


esh târi ?


quoi de neuf ?


ella lkheyr el hamdulillah


le bien seulement grâce à Dieu


ente menhu ?


toi tu es qui ?


ana shaqqâl


je suis ouvrier


u huwa ?


et lui


huwwa mwelli shaqqâl


il est aussi ouvrier


dha shenhu ?


ça c'est quoi ?


dha muvtah


c'est une clé


u dhak shenhu ?


et ça c'est quoi?


dhâk mûs


c'est un couteau


wedda'nak l mûlâna


je t'ai confié à Notre Seigneur


wedda'nak l mûlâna


je t'ai confié à Notre Seigneur



Explications
Les salutations commencent toujours par es salâm `aleikum, formule d'arabe classique dit par l'arrivant, ou celui qui entre, qui passe. Elles continuent par une série de questions mutuelles sur l'état la santé. Elles se terminent par une action de grâce à Dieu. Elles sont presque toujours suivies d'une question sur les dernières nouvelles. On se quitte en se confiant mutuellement à Dieu. Les formules de salutation sont très nombreuses, et beaucoup sont tirées de l'Arabe classique, d'où leur prononciation parfois particulière.
Les formules de salutations sont très nombreuses : certaines sont plus en usage dans telle ou telle région.
Seuls les vieux et les gens de la badiya prolongent les salutations d'une façon qui nous semble démesurée ; les jeunes ont tendance à les racourcir de plus en plus. (2 à 4 réponses).
Ces salutaions sont rituelles, elles ne renseignent jamais sur la réalité de la situation ; quelqu'un de malade répondra ainsi la bâs el hamdulillah.
En entrant quelque part, au lieu de crier " holà il ya quelqu'un ? " on dit es salâm `aleikum, très fort, quitte à le répéter.
La multiplicité des formules de contact permet d'expliquer l'usage de la répétition du " ça va " français, vraiment très sec en comparaison.
Quelques mots de vocabulaire : salutations, politesse.

èssalâm `leikum


la paix sur vous


`aleikum essalâm


sur vous la paix


eyyâk lâ bês?


est-ce qu'il n'y a pas de mal (à toi, m)?


eyyâk mâ waj`ak shî?


est ce que rien ne te (m) fait mal?


esh hâlak?


quelle est ta (m) santé (état)?


eyyâk mâ târi bês ?


il n'ya rien de neuf en mal ?


eyyâk el `avye (es salâm) ?


est -ce qu'il ya la paix ?


esh târi (ga`)?


quoi de neuf (donc)?


ella lkhéyr


le bien seulement


al hamdu lillâh


la louange à Dieu


ana esmi mohammed


je m'appelle Mohammed


wunta?


et toi (m)?


marhaba


bienvenue, voire " content de te voir "


tfaddal


je t'en prie


shukrân


merci


shukra `ala wâjib


pas de quoi


isallmak


(Dieu) te préserve : remerciement pour merci et s'il te plaît


bismillâh


au nom de Dieu (pour commencer une action)


aywa


allons ! OK, ça va, ça suffit, donc, aussi, bon (interjection)


ikathther kheyrî u kheyrak


Qu'il augmente mon bonheur et le tien


wedda`tak lellâh


je t'ai confié à Dieu


wedda`tak lmulâna


je t'ai confié à Notre Seigneur


ma`a salâme


au revoir



L'article
L'article en Hassaniya comme en Arabe est " al "ou " el ". Il se prononce différemment suivant la lettre par laquelle commence le mot. Lorsque cette lettre met en action la langue, le l de l'article ne se prononce pas, et la première letrre du mot est redoublée. Avec les autres lettres de l'alphabet, l'article de prononce tantôt en el, tantôt en le, ou même parfois simplement l.
Les lettres de la premère catégorie sont :
t, th, j, d,dh, r, z, s, sh, ç, d, t, dh, l, n.
Ces lettres sont appelées " solaires ", parceque le mot arabe " soleil " schems, commence par l'une d'elles.
Les autres sont appelées lunaires (lune : qamar)
el + râjel mtîn > er râjel mtîn l'homme est fort
lemra daîfa la femme est faible
er rajjêl kèdhdhâbîn les hommes sont menteurs
(n.b : ces phrases ne sont que des exemples, à ne pas prendre au sens littéral... !)
Pour faciliter la prononciation l'article aura souvent tendance à subir un déplacement de voyelles, spécialement pour un article plaçé avant une consonne lunaire suivie d'une voyelle longue.
Pronoms personnels
anâ je
enta tu (m)
enti tu (f)
huwa il
hiya elle
ehna nous (m) (dans certaines régions (Sud Est : nahna)
ehnâti nous (f)
entuma vous (m)
entumâti vous (f)
huma ils
humâti elles
Pronoms affixes
L'arabe utilise très souvent des des pronoms affixés en fins de mots. Ces mots peuvent être des noms (ktâbi, mon livre), des verbes (a`tinî, donne-moi), des conjonctions (eyyâk, est-ce que tu), des prépositions (`andî, lî, chez moi, à moi = j'ai).
exemple: ktâb = livre. ktâbî, ktâbak, ktâbik, ktâbna, ktâbkum, ktâbhum
esmî mon nom
esmak ton nom (m)
esmik ton nom (f)
esmu son nom (m)
esmha son nom (f)²
esmna notre nom
esmkum votre nom
esmhum leur nom

C. texte


èssalâm `leikum


- la paix sur vous


`leikum essalâm


- sur vous la paix


eyyâk lâ bês ?
esh hâlak ?


-quel est ton état?
-Est ce qu'il n'y a pas de mal?


lâ bês lhamdu lillâh.
eyyâk lâ bès `likum?-


- Pas de mal sur vous?
-pas de mal, la louange à Dieu


esh târi mèn lakhbâr?


- quoi de neuf en fait de nouvelles?


ella lkhéyr alhamdu lillâh.
alhamdu lillâh


- Seulement le bien, grâce à Dieu
- Louange à Dieu


entuma mènéyen jâyîn?
jâyîn mèn lmukhayémât


- D'où venez vous ?
- nous venons des campements


esh târi fi lmukhayèmât ?
ella lkheyr èlhamdu lillâh. u entûma, akhbarkum?


- quoi de neuf aux campements?
-seulement le bien, grâce à Dieu. Et vous, vos nouvelles ?


réytu shi târi ?
gâysîn ed deshra


-avez vous vu quelque chose de neuf?
- nous partons à la ville


ella lkhèyr elhamdu lillah
aywa! wedda`tkum lillâh


-seulement le bien, grâce à Dieu
-Bon ! Je vous ai confié à Dieu!


wedda`nak lmulâna


- nous t'avons confié à Notre Seigneur


Eléments de dialecte maure " hassaniya ", deuxième partie.

I. Se présenter

A. texte

entuma menhuma ?


vous, vous êtes qui ?


ehna bidân


nous sommes des Maures


u huma ?


et eux ?


huma tkârir yagheyr kâmlin muritanîyîn


Ce sont des Toucouleurs, mais nous sommes tous mauritaniens.


u ehna menhuma ?


et nous, qui sommes nous ?


entuma nçâra


vous êtes des nazaréens.


dha shenhu ?


C'est quoi ?


shûf : ehna mselmîn u entûma nçara ; evhemt ?


regarde : nous sommes musulmans et vous chrétiens ; tu a compris ?


evhemt, yagheyr ana mwelli varensî


J'ai compris, mais je suis français, aussi.


kivi ana muritânî


comme moi je suis mauritanien


hatte zâd


d'accord.



Vocabulaire



zayn, f: zayna


beau, belle


fi


dans, à


yassir men


beaucoup de


mushkila


problème


shor


vers


wâsa`, (f: wâsa`a)


vaste


el waqt


l'heure


el waqta


la montre


hawn


ici


b`id


loin


kbîr


grand


dâr


maison


ktâb


livre


esem


nom


umm


mère


mâhu muhim


ce n'est pas important


muhim


c'est important


B. texte

getlak, ahmed, 'andak dâr walla khayma ?


Dis-moi, Ahmed, tu as une maison ou une tente ?


ana 'andi dâr v nuakshut


moi, j'ai une maison à Nouakchott.


ana mwelli 'andi wahde v atar


Moi, j'ai aussi une maison à Atar


u sidi 'andu wahde showr butilimît


Et Sidi en a une à Boutilimit.


ana w khûti 'andna mwelli wate showr zuerat kiv ehel sidi muhammed 'andhum wahde w entuma ma 'andkum shi


Moi et mon frère, on en a aussi une à Zouerate comme la famille de Sidi Mohammed ils en ont une et vous, vous n'avez rien.


ma 'andna wate yagheyr 'andna lbel !


On a pas de voiture, mais on a des chameaux !


shwey walla yâsra ?


Un peu ou beaucoup ?


yâsra tbârek allah !


Beaucoup, béni soi Dieu



Prépositions



l (assimilable)


à pour


f , fi (v; vi)


dans


b ; bi


par, avec


îlâ


à, jusqu'à


mén


de


`an


de (loin de)


m`a


avec


`la


sur


showr


vers, chez


sâbég


avant


urâ


après


`and


chez


gèddâm


devant


gfa ; fégfa


derrière


fôwg


au dessus de


taht


sous


hdha


près de


bêyn ; bêynât


entre, parmi



Vocabulaire :
quelqu'un hadd
personne mâhu hadd
quelque chose shî
rien mâhu shi
jamais mâ gatt
très hatta
annexion (complément du nom)
Le verre d'Ali se traduit par " verre Ali "
Le verre de l'homme se traduit par " verre l'homme "
L'article du premier des deux termes disparaît.
le verre d'Ali kâs `Alî
la caisse de la femme çendûg lemra
le verre de l'homme kâs er râjel
Avoir : possession
Il n'existe pas de verbe " avoir " couramment utilisé en Arabe. Les dialectes utilisent `and+ pronom affixe pour l'exprimer. Littéralement, `andi signifie en fait " chez moi ".
Pour exprimer " ne pas avoir ", on fait précéder `and +affixe de mâ.
mâ `andi elketâb je n'ai pas le livre
La préposition l- peut également introduire une notion d'avoir, et se construire avec un affixe ;
(j'ai), lak, lik (tu as), lû, lha, lna, lkum, lhum...

`andî


j'ai


`andak


tu as (m)


`andik


tu as (f)


`andû


il a


`andha


elle a


`andna


nous avons


`andkum


vous avez


`andhum


ils ont


C. texte

ahmed sâlem, enta mneyn ?


Ahmed Salem, où es- tu ?


ana hown


Je suis ici


mneyn çahbak muhammed ?


où est ton ami Mohammed ?


muhammed mâhu b'id ; showr vdêrik


Mohammed n'est pas loin, à Fdérik.


u mneyn 'ali


Et Ali est où ?


showr vderik mwelli


A Fderik aussi.


mâhum hown


Ils ne sont pas là


ana hown


Je suis ici


mneyn muvtah lwâte ?


Où es la clef de la voiture ?


muvtah hâdhi lwâte lkahle ?


La clef de cette voiture noire ?


ebdé, dhik


non, celle-ci


'ali 'andu dhak


Ali a ça.


ma 'andak wâhed thâni ?


Yu n'en as pas une autre ?


eheyh, arâ'îh


Oui, la voilà.


el hamdulillah


Grâce à Dieu



Affirmation, négation
oui ahêh, ehêh
non abdê, voire (littéral)
négation renforcée = abdê mânallah non, pas du tout ; par Dieu, non
Pour exprimer la négation d'un verbe à l'accompli ou l'innacompli (cf infra) on fait simplement précéder ce verbe de la particule
ex :
mâ gaddéna nemshû nous n'avons pas pu partir
forme avec les affixes une série qui est utilisée pour la négation dans une phrase sans verbe à un mode personnel ; pour les première et deuxième personnes, on ajoute à cette particule un n de protection :

mânî
moïnî (diminutif)


je ne suis pas, je ne veux pas


mânak, (f mânik)


tu n'es pas


mâhu, (f mâhî)


il n'est pas


mâna


nous ne sommes pas


mânkum


vous n'êtes pas


mâhum


ils ne sont pas



; usage plus étroit. Dans les prohibitifs ;
ex : lâ tèmshu n'allez pas !
Synthèse : quelques phrases :
je ne suis pas d'accord ana mâni muwâfiq(a)
je n'ai pas de problème mâ `andi mushkila
j'ai un problème andi mushkila
tu n'as pas l'heure? enta mâ `andak el waqt?
je ne m'appelle pas John mâ esmî john
je m'appelle Jacques esmî Jacques
il n'y a pas beaucoup khalga yâssir mèn
de soleil à Paris esh shams fbârîz
je n'ai pas le temps mâ `andi el waqt
je ne veux pas acheterde turban ici mâ ndôr nechrî letham huwn
combien ça coûte hâdha bâsh?
je ne veux pas ça mâ nebghî hâdha.
tu désires quelque chose d'autre ? tebghi shî thânî ?
il y en a pas ici mahu khâlig hown.
c'est tout u tûf, u hâdha
diminue un peu (le prix) nges shwèy
tu ne diminues pas un peu ? mâ ttayyah shwèy ?
c'est trop cher dha wâ`ir hatta / ghâli hatta
donne moi s'il te plaît a`tini min fadlak
j'ai soif ana`atshân , (f: `atshâna)
j'ai sommeil ana na`san, (f: na`sâna)
j'ai faim ana ji`ân, (f: ji`âna)
pardonne moi asmahli, (à une femme : asmahîlî)
nous parlons un peu de hassaniya Ehna nttkalmu el hassâniya shwèy
traduis en Français tarjem bilfèransîa
Qu'est-ce que tu as dit ? Ech gèlt ? (f: gèlti)
que veux tu ? Ech tdôr ?
Où as-tu mal ? Esh iuj`ak ?
ma tête me fait mal waja`ni râçî
Viens voir ! Ta`ala tshûf !
Nous partons, en vitesse Nemshû bel`ajla
Viens ! wahây !
je parsshi
Je pars vers... Nemshî showr...
D'accord hatta zâd
Veux tu ... ? Shi tdôr ...?
allons, en avant aywa lgeddâm

D. texte

dhak anta ahmed salem ?


C'est toi A.S. ?


dhak ana ahmed salem


C'est moi A.S.


esh hâlak lyowm ?


Comment ça va aujourd'hui.


la bâs, el hamdulillah


ça va grâce à Dieu


ente vetrân ?


Tu es fatigué ?


shwey, wunta ?


Un peu, et toi ?


ebdé, ana shih !


Non, je suis bien portant !


huwa mewuju'


Il est malade.


menhu ?


qui ?


muhammed


Mohammed


muhammed yâsre hown !


Il ya beaucoup de Mohammed ici !


hag ! esmu muhammed wul muhammed


C'est vrai ! son nom est Mohammed [fils de ] Mohammed


ma na'rfu ; târi vi service ?


Je ne le connais pas. Il est nouveau au service ?


hag, ja yams


C'est vrai, il est arrivé hier.


u vat uja' ?


Et il est déjà malade ?


mâhu tab 'ala shaqla yagheyr idor yabra subh in sha allah


Il n'est pas habitué au travail, mais il va guérir demain, si Dieu veut



Quelques adjectifs et leur forme


masculin singulier


féminin singulier


masculin pluriel


féminin pluriel


fatigué


fetrân


fetrâna


fetrânîn


fetrânât


assoiffé


`atshân


`atshâna


`atshânîn


`atshânât


affamé


ji`ân


ji`âna


ji`ânîn


ji`ânât


content


farhân


farhâna


farhânîn


farhânât


occupé


minshtan


minshatna


minshatnîn


minshatnât


pressé


`ajlân


`ajlâna


`ajlânîn


`ajlânât


avoir sommeil


na`sân


na`sâna


na`sânîn


na`sanât


avoir froid


bérdân


bérdâna


bérdânîn


bérdanât


avoir chaud


hâmiân


hâmyâna


hâmyanîn


hâmyanât


important


muhim


muhima


muhimîn


muhimât


fâché


minfga`


minfag`a


minfag`în


minfag`ât



Le verbe être : " kân ", j'étais

j'étais


kent


tu étais


kent


tu étais (f)


kenti


il était


kân


elle était


kânit


nous étions


kenna


vous étiez


kentu


ils étaient


kânû



Etre, " kân " ne s'emploie qu'au passé (accompli). Très souvent, il est sous entendu (phrase nominale), par l'emploi d'un nom, d'un pronom comme terme de départ (mubtada) immédiatement suivi d'un complément - attribut (khabar).
Pour exprimer le passé on insère juste Kân entre ces deux éléments :

huwa fatâr


il est à Atar


(huwa) kân fatâr


Il était à Atar










II. Converser

A. texte

ahmed salem, wahay ila !


A.S., viens ici !


shi tdôr ?


Qu'est ce que tu veux ?


ndor netkellem m'ak


Je veux te parler.


neççannet lak


Je t'écoute


'ayyet mwelli l muhammed


appelle aussi Mohammed


muhammed, wahay !


Mohammed, viens !


edkhel, muhammed, u egval el bâb u ga'd , esh târi ?


Entre, Mohammed, et ferme la porte, et assieds-toi. Qoui de neuf ?


la bâs el hamdulillah


ça va, grâce à Dieu


esh hâl khaymtak ?


Comment va ta tente ?


la bâs 'aliha


pas de mal sur elle.


ehlak dhark mneyn sâknin ?


les tiens, maintenat, où sont ils ?


ummi v atar m'a khûti u khwâti yagheyr buye vi l badiyè


Ma mère est à Atar, avec ma soeur et mes frères, mais mon père est à la badiya


v esmen bled ?


dans [nom de l']endroit ?


hown greyb vi bled ingalu tentân ; ta'rfu ?


Ici près d'un endroit qu'on appelle Tentan ; tu le connais ?


na'rfu hatte. Kam 'andak men lkhût ?


Je connais bien. Combien as-tu de soeurs ?


'andi khamsa


J'en ai cinq


u lekhwât ?


Et de frères ?


'andi thentein


j'en ai deux


wefeit shaqeltak el yowm ?


et tu as fini ton travail aujourd'hui ?


ufat


fini


aywa, tged temshi


bon, tu peux t'en aller



Pluriels
Il existe de nombreuses formes de pluriel en Arabe, comme en Hassaniya. Seul l'usage permet vraiment de les connaître. Mais dans tous les pluriels, les lettres de la racine se trouvent comme au singulier (et dans le même ordre).
Voici donc quatre formes importantes de pluriel :
Terminaison en -în : employé pour tous les participes ou les mots à forme de participe.
(pluriel externe masculin)
Terminaison en -ât : pluriel de la plupart des mots terminés en a (féminins), et de la plupart des mots tirés du français. (pluriel externe féminin)
Forme a--â-
Forme --â-- : pluriel de beaucoup de mots de plus de trois lettres ; avec modification des lettres faibles (demi-consonnes ou voyelles longues) quand il y en a au singulier.
ex :
mharraç, pl : mharraçîn regardant
meslem, pl : meslemîn musulman
zeyna, pl : zeynât belle
lewn pl : alwân couleur
çâhèb, pl açhâb ami
çandûg, pl çnâdîg caisse
Note : seuls les adjectifs accordés avec des substantifs animés se mettent au pluriel. Accordés avec des objets inanimés, ils se mettent au féminin (simple ajout se la terminaison -a)

B. texte

ahmed gelt lak, enta mâshi showr esh shaqla lyowm ?


Ahmed, dis moi, tu vas au travail aujourd'hui ?


el yowm lâhi nemshi neshtqal showr vdêrik


Aujourd'hui, je vais aller travailler à Fdérik


teshtqal wahdak ?


Tu travailles seul ?


ebdé, neshtqal m'a sett shaqqâle


Non, je travaille avec six ouvriers


teshtaqlu hatte ?


Vous travaillez beaucoup ?


wallahi, ya khuye, neshtaqlu hatte u ana lyuwm vetrân biye esh shaqle yâsre


Mon Dieu ! Mon frère, nous travaillons beaucoup et aujourd'hui je suis fatigué parceque il ya beaucoup de travail


mâhi hâg !


Ca n'est pas vrai


hag b'ad ! wahay m'aye u tshûf !


C'est vrai pourtant ! Viens avec moi et tu verras !


aywa narkbu vel wâte u nemshu showr vdêrik


Allons, nous montons dans la voiture et nous allons à Fdérik


arkeb u egval el bab !


Monte et ferme la porte !



Conjugaison des verbes :
N.B : il n'y a pas d'infinitif ; pour désigner un verbe, on emploie la troisième personne de l'accompli masculin singulier

ya `raf


savoir, connaître


il sait, il connaît


`immal


utiliser


il utilise


yesh


acheter


il achète


yajbar


trouver


il trouve


yagfal


fermer


il ferme


yaftah


ouvrir


il ouvre


idôr


vouloir


il veut


yetkhammam


penser


il pense


yergd


dormir


il dort


igûl


dire


il dit


yatkallam


parler


il parle



Structure de


l'inacompli : (présent)


l'accompli (passé)


l'impératif


je


n---


---t



tu (m)


t---


---t


e---


tu (f)


t---i


---ti


e---î


il


i---


---



elle


t---


---et



nous


n---û


---nâ



vous


t---û


---tû


e---û


ils


i---û


---û


e---û


elles


t---û


---û



L'impératif se tire de la 2° personne du singulier masculin de l'innacompli dont le préfixe t- est remplacé par un e
ex : tekteb tu écris => ekteb ! écris !
Parfois, la voyelle change de place à la deuxième personne du singulier féminin :
ex : ektebî => ketbî !
Si la première radicale est suivie d'une voyelle longue ou brève, le prefixe t- se supprime purement et simplement sans être remplaçé par un e-
ex : tshûf tu vois => shûf vois !
Remarque :
A l'inaccompli, le i de la troisième personne du masculin se transforme parfois en ye, ya ou yi.
Ainsi : yadfa` il court.
Les voyelles sont peu fixes à la deuxième personne du féminin singulier, et aux trois personnes du pluriel :
tektèbî mais teshèrbî
nktèbû mais nesharbû
Ainsi, les voyelles peuvent changer entre l'accompli et l'inaccompli sur la même racine.
verbes à conjugaison particulière :
yishrab (boire), yajbar (trouver), yawkal (manger) igûm (se lever)
Accompli :

shrabt


j'ai bu


shrabt


tu as bu


shrabti


tu as bu (f)


shrab


il a bu


sharbit


elle a bu


shrab


nous avons bu


shrab


vous avez bu


sharbû


ils ont bu



voyelle longue en deuxième radicale;
i`ûm (nager), idôr (vouloir), ibî` (vendre), ishûf (voir) : igûl (dire)
ex : jâb (il a apporté) / ijîb (il apporte)
gâl (il a dit) / igûl (il dit)
shâf (il a vu) / ishûf (il voit)
gâl dire

ngûl


je dis


gèlt


j'ai dit


tgûl


tu dis


gèlt


tu as dit


tgûli


tu dis (f)


gèlti


tu as dit (f)


igûl


il dit


gâl


il a dit


tgûl


elle dit


gâlet


elle a dit


ngûlû


nous disons


gèlnâ


nous avons dit


tgûlû


vous dites


gêltû


elles ont dit


igûlû


ils disent


gâlu


ils ont dit







shâv voir

nshûf


je vois


shèft


j'ai vu


tshûf


tu vois


shèft


tu as vu


tshûfi


tu vois (f)


shifti


tu as vu (f)


ishûf


il voit


shâf


il a vu


tshûf


elle voit


shâfet


elle a vu


nshûfû


nous voyons


shèfnâ


nous avons vu


tshûfû


vous voyez


shèftu


vous avez vu


ishûfû


ils voient


shâfu


ils ont vu







verbes terminés par une voyelle longue
yesh (acheter), yikmî (fumer), yansâ (oublier), yaw`â ( se réveiller), yabgâ (rester), yahnâ (rester tranquille)
à l'accompli : a) même procédure sauf le w
b) i => eît
yesh acheter

nesh


j'achète


shreît


j'ai acheté


tesh


tu achètes (m)


shreît


tu as acheté


tesh


tu achètes (f)


shreîti


tu as acheté (f)


yesh


il achète


sh


il a acheté


tech


elle achète


shrât


elle a acheté


nesh


nous achetons


shrêyna


nous avons acheté


tesh


vous achetez


shrêytu


vous avez acheté


yesh


ils achètent


shrâu


ils ont acheté



ijî venir

njî


je viens


jeît


je suis venu


tjî


tu viens


jeît


tu es venu


tjî


elle vient


jeîti


tu es venue (f)


ijî


il vient



il est venu


tjî


elle vient


jât


elle est venue


njû


nous venons


jeîna


nous sommes venus


tjû


vous venez


jeîtû


vous êtes venus


ijû


ils viennent


jâw


ils sont venus







Futur
Le futur peut se rendre en Hassaniya, comme le présent, par l'inaccompli ; le sens général de la phrase suffit souvent à donner l'idée de futur. Ainsi, " je partirai demain " se traduira par " je pars demain ". Mais il existe en Hassaniya une particule qui précise un sens futur : lâhi.
Elle se place devant le verbe à l'inaccompli et elle est invariable. Elle indique plutôt un futur proche, comme notre verbe aller dans l'expression " je vais écrire ".
ex :
lâhi nektèb je vais écrire
Mohammèd lâhi yashrab Mohammed va boire
lâhi ngûl lak shî je vais te dire quelquechose


Eléments de dialecte maure " hassaniya ", troisième partie

I. Maladies, météo

A. texte

shi tdôr, ahmed ?


Qu'est ce que tu veux, Ahmed ?


ndôr nemshi showr ettab


je veux aller à la clinique


`alâsh ? manak mewuju`?


pourquoi ? Tu n'es pas malade ?


mewuju` ba`d. yuja`ni râsi u kershi.


(si je suis) malade. Ma tête et mon ventre me font mal


men aynta ?


depuis quand ?


men elyowm ; yâmes ed dahmis kent vi l badiyë u kelt shi ma na`raf shenhu


depuis aujourd'hui ; hier après-midi, j'étais à la badiya, et j'ai mangé quelquechose, je ne sais pas quoi.


aywa, emshi showr ettab yagheyr arja` sâbeg midi, ndorak.


Bon, va à la clinique, mais reviens avant midi, j'ai besoin de toi


aywa, lâhi narja` sâbeg midi in sha allah


Bon, je reviendrai avant midi.



Particularité :
le verbe ´dôr, idôr´ est parfois synonyme de ´lahi´ alors que son sens pur est vouloir.



L'interrogation :
L'interrogation en Hassaniya se fait de plusieurs façons :
portant sur les personnes :
men ? qui ? (différencier de mèn ou min, préposotion " de ")
men anta ? qui es tu ?
men jâ ? qui est venu ?
portant sur les objets :
Esh ? quoi ?
Esh gèlt lhum enta? Et que leur as tu dit, toi ?
Ech peut s'associer à de nombreuses particules : `lesh, (sur quoi),sh (par quoi),sh (au moyen de quoi), etc... Souvent se réduit à sh à l'intérieur des phrases.
she tdôr ? que veux-tu ?
she gâl ? qu'a t'il dit ?
forme particulière : shenhu, (f: shenhi) quel ?
shenhu ma`nâh? quelle est le signification de ceci ?
Eshenhi hiya ? qu'est elle ?
Ayy-+affixe ? de quel ?
Ayyhum ? lequel d'entre eux ?
Kem ? combien ?
Entûma kèm ? vous êtes combien ?
Kèm mèn ? combien de ?
Kèm shèft mèn lekhyâm ? combien as-tu vu de tentes?
Aynta? Quand ? (attention : différencier de anta, tu, toi)
Aynta msheît ? quand es-tu parti ?
Aynta dkhèltu ? quand êtes vous rentrés ?
Aynta lâhi ijî i`awânî? quand viendra t'il m'aider?
mnéyn ? Où ?
mnéyn mshât ? où est-elle partie
mnéyn huwa ? où est il ?

B. texte

el yowm hâmi hatte


il fait chaud aujourd'hui


esh kîf el hawa fi sh shita ?


Est ce que le temps est comme ça pendant l'hiver ?


el human ma yashâbih el yowm, u khâlig amzûm wa ghubâr


Il ne fait pas chaud comme aujourd'hui, il y a des nuages et de la poussière


vi blâdi, khâlig ikhtilaf kbîr bayn esh shita u eç çayf


dans mon pays, il ya une grande différence entre l'hiver et l'été


khâlig bârid ?


il fait froid ?


Eheyh u khâlig yâsir min es shab.


oui et il y a beaucoup de pluie



Il y a




masculin


féminin


singulier


khâlig


khâlga


pluriel


khâlgîn


khâlgât



Il y a un homme dans ma chambre
khâlig râjel fi bayti
Il y a une femme sénégalaise ici
khâlga mra min senegal hawn
il ya des hommes sur la maison
khâlgîn rejjâla fowg eddâr
il ya des femmes au marché qui ont un gros poisson
khâlgât `layât `andhum hut kbîr fil marça (çuwg)

II. Acheter de la nourriture

A. texte

esh hâlak elyowm ?


comment tu vas aujourd'hui ?


el hamdulillah, ndôr kilu tuffah u nûs kilu mârru u rub`a kilu sekkar


grâce à Dieu. Je voudrais un kilo de pommes, un demi kilo de riz et un quart de kilo de sucre.


shi thâni ?


autre chose ?


eheyh : ndôr mburu mwelli


oui, je veux du pain aussi


aywa, hâdhi arb'a mît ûgîya ; hâk


allons, voici 400 UM, tiens :


shukrân


merci



Explication :
´mburu´ est un mot d'origine sénégalaise (wolof) très employé en Mauritanie. Le mot arabe pour pain, ´khubz´ est également parfaitement compris.


B. texte

teshri warga u sekkar u na`na`


tu achètes du thé du sucre et de la menthe


temla elbarrad bi l mâ


tu remplis la théière d'eau


tegde el gaz


tu allumes le gaz


khalli el ma yetla`


tu laisses l'eau bouillir


tdîr elwarga


tu ajoutes le thé


wara dhak, tdîr es sekkar u en na`na`


après ça, tu ajoutes le sucre et la menthe


khalli el barrad yetla`


tu laisses la théière bouillir


tçub fil kisân


tu verses dans les verres


III. Mesure du temps, compter

A. texte

Esmen waqt ?


quelle heure il est ?


dhi s seb`a


il est sept heures


lâhi temshi teshtghal ?


tu vas aller travailler ?


eheyh, neshtghal men es seb`a ila midi u ura dhak min thlath ila sette u nus


Oui, je travaille de sept heures à midi et après ça de trois heures à six heures et demi


nhârat kâmlin ?


tous les jours ?


nhârat kamlin, kûn yum es sebt `ageb en nhâr u yum el had, wunta ?


tous les jours, du samedi avant le jour jusqu'au dimanche, et toi ?


ane mwelli neshtghal es sbu` kâmil, yum lethnen wa thletha u l`erb`a u lkhmis u l jumu`a wa es sebt. hâdha yâser min esh shaqqlë


moi aussi je travaille toute la semaine, le lundi le mardi le mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi. ça fait beaucoup de travail


el yum esmen nhâr ?


quel jour on est aujourd'hui ?


yum el khâmis, khamse fi juin elf u tis`a miyë `arb`a u seb`in.


on est jeudi 5 juin 1974.


Kam lak teshtghal ?


Depuis quand tu travailles ?


shetghalt men elf we tis`a miya u khamsë u settin, yagheyr shetghalt mwelli vi nuakshut `am elf we tis`a mîyë w`arb`a u settin


Je travaille depuis 1965, mais j'ai travaillé aussi à Nouakchott l'année 1964


u sâbeg dhâk ?


et avant ça ?


u sâbeg dhâk, kent vi l medresa v atar


et avant ça, j'étais à l'école à Atar



Mesure du temps, compter :

aujourd'hui


el yawm, el yûm


hier


yams


hier soir


el bârih


avant-hier


awannamess


maintenant


dhark, dhreyk (diminutif)


toujours


da'iman
kul waqt


jamais


abadan


tu as terminé ?


kamelt ?


pas encore


ma zal



En plus du singulier et du pluriel, le Hassaniya utilise le " duel ", c'est à dire le pluriel de deux :
ce duel se marque par la terminaison -eyn.
ex:
râjèl un homme râjèleyn deux hommes
nombres :

1


hed


21


hed u `ashrîn


600


sett miyya


2


ethneyn


22


ethneyn u `ashrîn


700


sa b'a miyya


3


ththa


25


khamsa u `ashrîn


800


thman miyya


4


arb`a


30


thelâthîn


900


tess `a miyya


5


khamsa


40


arb`în


1000


elf, pl alâf


6


setta


50


khamsîn


1001


elf u wâhed


7


sab`a


60


settîn


1056


elf u setta u khamsîn


8


thâmanîa


70


saba`în


1100


elf u miyya


9


tess`a


80


themânîn


1469


elf u arb`a miyya u tess`a u settîn


10


`ashra


90


tess`în


2000


elfeyn


11


ahd`ash


100


miyya


3000


thêlth alâf


12


athn`ash


101


miyya u wâhed


5000


khams alâf


13


thâlath`ash


110


miyya u `ashra


10000


`ashra alâf


14


arb`at`ash


150


miyya u khamsîn


20000


ashrîn elf


15


khamsat`ash


200


miteyn


50000


khamsîn elf


16


sett`ash


260


miteyn u settîn


100.000


mit elf


17


sb`at`ash


300


thleth miyya


200.000


miteyn elf


18


athmant`ash


400


arb`a miyya


500.000


khams mit elf


19


ts`ât`ash


476


arb`a miyya u setta u sab`în


645.358


sett miyya u khamsa u arbayn elf u thleth miyya u ethmânya u khamsîn


20


`ashrîn


500


khams miyya


million


mîliûn ; elf elf



Attention ;les substantifs qui suivent les noms propres prenent dans chaque centaine la marque du pluriel de 2 à 10 inclus, et restent au singulier de 11 à 99 inclus.
ex : 5 hommes khams rijâl
14 hommes arb`at`ash râjel
208 chameaux miteyn u thmân jmâl
312 chameaux thelth miyyé u thn`ash jmel

IV. Gastronomie maure

A. texte

hâku gheslu eydikum


tenez, lavez vos mains


`alesh ?


pourquoi ?


lâhi nowklu


on va manger


ana ba`d ma nged biye l bâreh kelt hatte


mais je ne peux pas parceque hier soir j'ai beaucoup mangé


wallah, yedennak towkel m`ana


mon Dieu, tu dois manger avec nous


em`addlîn keskes u lham. Aywa bismillah !


on a fait du couscous à la viande. Allons bismillah !


bismillah !


bismillah !


anta towkel b eydak walla b keddu ?


toi tu manges avec ta main ou avec la cuiller ?


nowkel b eydi


je mange avec ma main


(`ageb el ukîl)


(après avoir mangé)


el hamdulillah, hâdha tbark allah zeyn


grâce à Dieu, c'était - béni soi Dieu - bien bon


eheyh, yagheyr entuma ma keltu shi !


oui, mais vous n'avez rien mangé !


wallah, ella kelna hatte, nemshu nergedu


Mon Dieu, nous n'avons fait que manger beaucoup, nous allons partir dormir


hânu shwey, n`adlu ettay


attendez un peu nous faisons le thé


ma ngeddu , ehna `ajlânin, lâhi njû nhâr thâni


Nous ne pouvons pas, nous sommes pressés, nous viendrons un autre jour



Explication :
Avant de prendre chaque repas en commun, on se lave soigneusement les mains avec le ´maghsel´, et on prononce le ´bismillah´ (litt : au nom de Dieu) rituel.

B. Texte

dha sh ingâlu bel hassânye ?


Ca, comment ça se dit en hassaniya ?


dha yengâlu lehmûm


Ca, ils l'appellent lehmum [charbon]


teggeb ennâr u talla` lmaghrej ; lâhi n`addlu etay


allume le feu et fais bouillir la bouilloire, nous allons faire le thé


Esh lâhi nowklû ?


Qu'est-ce que nous allons manger ?


Lâhi nowklû shwey men emburu sâbeg etay, u `agbu nowklu tamrât


on va manger un peu de pain, avant le thé, et après nous mangeons des dattes


men tmar atar ?


des dattes d'Atar ?


ebdê ; men etmâr shingetti ; hâdhî lgetna dhark


Non, des dattes de Chinguetti


aynte lgetna ?


C'est quand, la getna ?


et`ud vi eshshâr juin v atar


Elle commence au mois de juin à Atar


atar zeyn, u ma `andna shi thâni ?


Atar, c'est bien. Et on a rien d'autre ?


eheyh, hâni shwey : dirt mârru u shi mèn ellham `ala ennâr. U bga shi mèn ellham nged neshwih lak ila bgheyt.


si, attends un peu : j'ai mis du riz et un peu de viande sur le feu que je peux faire rôtir si tu veux.


Ma nseyt elmèlh ?


tu n'as pas oublié le sel ?


ma nseytu, yaqeyr ma `andi ddhèn nîdem bih mârru


je n'ai pas oublié, mais je n'ai pas de beurre [avec lequel je graisse le riz]


Ana `andi dhèn : egbadhu. Mârru bila dhèn mâhu ma`lum


Moi j'ai du beurre. Prends le. Du riz sans beurre n'est pas bon.


dhak hagg !


C'est vrai !


aywa, el ma tla` ! mneyn ettâble u barred u lkisân ?


Allons, l'eau bout ! où est le plateau, et la théière et les verres ?


râ´i hûma ! u hâk mmwelli eççekker u lwarge.


Les voilà ! Et tiens aussi le sucre et le thé.


bismillah ! a `tîni jmâr ndîr `lih elbarred...


Au nom de Dieu ! Donne moi de la braise que je mette dessus la théière...


egbadh kâsak, shrob


prends ton verre, bois


dha lberrâd gâsi hatte


Cette théière est très dure


al berrâd lawwal warge, u eththânî metggaddîn, w eth thâlith sekker


la première théière, c'est le thé, la deuxième est équilibrée, la troisième c'est du sucre


u mâ tdir vih enna`na` ?


et tu n'ajoutes pas de la menthe dedans ?


wallahi, yagheyr en na`na` mâ inshâf el yûm ved deshra...


Mon Dieu [bien sûr], mais on n'a pas vu de menthe aujourd'hui en ville...


dha kâmel zayn ; çubb li shi men el ma isallmak


Tout cela c'est bon ; Verse moi un peu d'eau s'il te plaît


dhark. Kâvi dha walla nzîd shwèy ?


Tout de suite. Ca suffit ou j'ajoute un peu ?


kâvi dha


Ca suffit


arâni lâhi njîk es sbu` el jây.


voilà je vais revenir la semaine prochaine


Kiv tebghî ; wedda `tak lmûlâna


comme tu veux ; je t'ai confié à Notre Seigneur


wedda `tak lmûlâna


je t'ai confié à Notre Seigneur


V. Corps humain

amnâdem `andhu râç u éydeyn u kra´eyn


l'homme a une tête, deux mains et deux pieds


`ala râçu guffe, u fûjhu `ayneyn ikharraç u ishûf


et dans son visage il a deux yeux avec lesquels il regarde et il voit.


u uçt el ujeh lekhnâfer elli itnèfes bihim u ishèmm


et au milieu du visage est le nez avec lequel il respire et il sent.


taht lekhnâfer elfumm. u bfummu amnâdem yawkel, ishrob, u itekellem


sous le nez, la bouche. avec sa bouche, l'homme mange et parle


`andu mmwelli udheneyn içannet bihim u yesma`


il a aussi deux oreilles avec lesquelles il écoute et il entend.


elkersh lgèddam u edhdhhae lûra


le ventre est en avant et le dos en arrière


béydih ethenteyn amnâdem imess u yegbadh


avec ses deux mains, l'homme touche et prend


hde l `ayd el `arbiyye u lukhra layd el `asriyyë


l'une et la main droite et l'autre est la main gauche


u fkell ayd khmès açba`


et dans chaque main il y a cinq doigts


amnâdem yemshi `ala kra´eyn


l'homme marche sur ses deux pieds


wâhed mèn lekrâ´eyn el krâ el `arbi, u lakhar lekrâ el `asri


l'un des pieds est le pied droit, l'autre est le pied gauche.



Le relatif
Il n'y a qu'un seul pronom relatif en Hassaniya et il se construit de façon particulière : èllî
Si l'antécédant est indétermine (c'à.d. sans article el), ce relatif ne se prononce pas.
J'ai vu un homme il court (pour j'ai vu un homme qui courait ) shèft râjel yadfa`
J'ai vu l'homme qui a couru shèft errâjèl èllî df`a
D'autre part, étant unique, ce pronom relatif a recours dans certains cas :
à un pronom de rappel
c'est la femme que j'ai parlé à elle(pour :c'est la femme à laquelle j'ai parlé)
dhi hiyya lemra ellî tkallamt lha
Ce sont les lettres que j' ai répondues sur elles (pour : ce sont les lettres auxquelles j'ai répondu)
Hadhu lbrâwât ellî jawâbt `leihum
C'est la maison devant laquelle était ma voiture :
(C'est la maison que ma voiture était devant elle) :
Hadhi eddâr ellî kânet wattî geddamha

VI. Petites histoires

A. Juha et son âne

khâlig nhâr kân Juha yemshi showr ed deshra el awkhar iyak esellem `ala ahlu.


Un jour, Juha va à l'autre ville pour saluer sa famille.


Yaqayr Juha da´iman ilan isâvar bihmâru


Mais Juha voyage toujours avec son âne


mshû Juha u lehmâr lâhi yarkabu vilbus.


Juha et son âne vont prendre le bus


`jan Juha hatte ilayn rkâb


Juha pousse très fort pourqu'il monte


yaqayr lehmâr ma gâd yedkhal baynat en nâs,


mais l'âne ne pouvait pas entrer entre les gens


tkhemmam Juhâ bil `ajla u gâl :


Juha réflechit rapidement et dit


ayh ! hmâri lâhi yabgal !


Eh ! mon âne va rester [sur place]


u bel `ajla zrag lu `ashrin ugiya u gâlu :


et en vitesse il lui lance 20 UM et lui dit :


tlibni vel bus el jay !


suis moi dans le bus suivant !


dhakû en nâs min izgayltu marra khra u marit el `ashrin


Les gens rirent de sa bêtise une fois de plus et les 20 UM furent perdus


B. Juha gardien

khalig nhâr kânet um juha yalitha temshi showr el marsa lâhi neshri `awîn ed dâr


un jour, la mère de Juha devait aller au marché pour acheter des affaires pour la maison


u sâbeg temshi gâlet l uladha juha


et avant de partir elle dit à son enfant Juha :


" shuv : es sârrig yâsrin, ed deshra mâhi m`amna u kel hadd khâyaf dhark


" regarde : les voleurs sont nombreux, la ville n'est pas sûre, et tout le monde a peur maintenant.


yaltek tar`a vum ed dâr u ma temshi `annu showr blâd "


Il te faut surveiller la porte de la maison et ne bouge pas d'ici "


mshât um juha. u `ageb sa`at, jabrit uladha juha.


la mère de Juha partit et après une heure, elle trouva son fils Juha


yissadar vil marsa, vum ed dâr vowg râsu


qui se promène dans le marché, la perte de la maison sur sa tête.


gâlit el meskîna :


la pauvre [femme] lui dit :


" juha ?! enta esh `addalt emmwelli ? " jawab juha :


" Juha ?! Qu'est-ce que tu as encore fait ? " Juha lui répond :


"  `ala kulli hâl, ana ngardi vum ed dâr u arrâ´îh vowg râsi "


" en tout cas, je garde la porte de la maison, la voiçi sur ma tête ".


C. En Mauritanie, l'hospitalité est sacrée (1)

fi Muritan, ed dayf muqadas

Sid Brahim vaqîr



yesken v khayma dars `ala trig enna`ma



SB mâ `andhu elhaywân



`andhu na`ja wahda



yahlabha liwalu es sqayer Sidi



Khalga layla, jât watta jdîda viha musâvir u zawjtu



râjel kiv shi smîn vi ed danya u wagav wattu geddam khaymat SB.



gâl er râjel li SB :



" geltlak : ehna musâvirîn vatrânîn, u `andna eshâshra.



mindra yakan na ngeddu nastrâhu `andhum ? "



jawbu SB : " marhaba u sahla : tvedlu



el khayma kîv khaymetkum : marhaba, marhaba "



ugbadh dhak el waqt na `jtu el wahda `andhu u dbahha khattrha ed duyyuv lhâm zayn meshwi u matbûkh.



hâdha ed dayf wâli muvakti lilwilâya



sâbeg yemshi, sma ` zawjat SB, gâlit lu :



" enta dbeht en na `ja el wahda elli `andna leshir "



u sma ` SB jawab : " ya mentu, ed dayf muqaddas " u msha el wâli



D. En Mauritanie, l'hospitalité est sacrée (2)

kiv shavna vi en nâs el madî, dayf SB el wali ej jedîd muvakti lil wilâya u sma` leklâm elli jra bayn SB u zawjtu.



u `ageb ilayn gbâdh mansbu, qarrar `annu i`awan hadhi el khayma elkarîma.



shrâ el wâli eshrîn na`ja wâlidu u rja` showr khaymat SB



dhak el yuwm, kânet el khayma ma jabret shi tawklu u kân ishrihum es sqayer Sidi :



yebki bihelli mâ jbar elban



ed dahmis wagvet watte kbîra, kabyûn vih nesf ed dayf elli jâ esbu` el vâyit.



Gâl SB li zawjtu : " wâja` jâna dayv u ma `andana shi na`tû lu "



ja el wali u gâl lu :



" SB, strâh. la t `addel shi. Enta râjel karîm min Muritan. lawle dark karmak rabbak. 



shuv hadhi `ishrîn n`aja` walid lak.



u `ageb dhak, ana el wâli ilayn tevsel iddakar `anni sâhbak ;



ma `a salâme ", u mshâ el wâli



sad SB `ala zawjtu u gâl " al hamdulillah "



E. la radio ment

khâlig râjel min ahel el badiya mâ gat abadan u ja li ed deshra



râjel el badiya mshâ yassadar vil marça lâhi yeshri shi min qâyta



u vaj´a shâv radiû tetkellem



" hadha `ajîb bakat yetkellem, hâdha mahu ma´qûl, ir radiû gâlet :



" huwn Nuakshût, radiû Muritân "



u `ageb dhâk komâs el hawl.



qarrar el râjel hâlan `annu yeshri er radiû u shrâha



ilayn rjâ` showr el badiya u ja lizawjtu u awlâdu marrag er radiû



u trah ha baynhum u gâl lhûm :



" hâdha el bakat el `ajîb yetkellem u iqani "



vtah erradiû yaqayr er radiû gâlt :



" huwn radiû Nuakshut " " kedhab ! "



er râjel nkhbat radiû li degdegha u gâl



" wa`ja, ana shrayt radiû tekdhab ! "



F. la hyène 1

hrab yaqayr arâ`i wel `ammu



es sba` malik el haywanât kamlin



khâlig `andhu ishîr



ishîr wul el malîk lebkhânîs kâmlîn muradiyîn el lasam



el varah kân kbîr u l ahtival kân akbar min dhak



bil munasiba, kân ellhâm yâser u ellbân yâser u kel anwa` lewkil kânu mitwâfrîn el haywânât



`ageb el ukîl, kemsû ireddu etbêl u yargusu



kel bakhnûs yedkhal marra u yarges



u jât enn`ama u komsit terges



yaqayr rgîs enn`ama, kân azyân min rgîs el hyawanât kamlin huna kâmlin wagru



iyak ikharsa in `ama tirgas



el haywanât kâmlin kânu qayrîn min in `ama u sawlu :



" hâdha elli yargas hadha irgis menhu ? "



gâl lhum gabûn :



" dhak wul `ammi ana "



u tawmit en n`ama tergas, tergas ilayn utât `ala wul es sba` u kataltu



u nkhal `it u harbit.



jâ es sba` qadbân `aynih hamar u sawwel :



" men ktil wulli u igassar `amru ! "



Gâlu el haywânât kâmlin :



" huwa hrab yaqayr arâ`i wul `ammu ! "



Gâl Gabûn vât hâs n `aylu : " ahayh, mâni wull `ammu. shenhi el `alaqa bayn tayr u bakhnûs ? "

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