Bibliographie
Une parole
exigeante, essai, 1964, Minuit (épuisé)
Un essai sur le nouveau roman, que je n'ai malheureusement pas pu lire.
Pour Samuel
Beckett, essai, 1966, Minuit,
Samuel
Beckett par lui-même, Seuil
Deux essais
sur Beckett, l'ami Sam, pour lequel Ludovic & Agnès Janvier
ont traduit Watt.
La baigneuse,
Roman, 1969 Gallimard, Le chemin (épuisé)
Ce premier
roman décrit les journées d'une baigneuse, on ne
connaîtra pas son nom, même pas sa vie. C'est le roman d'un
voyeur qui devient peintre avec les mots. La vision est
fragmentée, les gestes sont lents, très lents. Un texte
expérimental qui reste une curiosité, réussie
certes, mais une curiosité quand même.
Face, Récit, 1974, Gallimard, le chemin
Le texte le plus difficile de Janvier. Le verbe est cruel,
haché. La langue est " âpre ", comme le dit Monique
Petillon (article du Monde 09 février 1996). Un livre où
le sexe et la mort sont rois.
Naissance, Roman, 1984 Gallimard
La vie d'une femme qui veut "faire l'actrice".
La mer à boire, Poèmes, 1987, Gallimard
Premier recueil de poésie. Le chant, la voix, le rythme, Janvier
s'impose d'emblée comme un des poètes majeurs du
vingtième siècle (et du vingt et unième),
malheureusement oublié régulièrement dans les
diverses anthologies
Monstre, va,
Roman, 1988, Gallimard
" J'ai tué maman comme un rien ". Vaste programme.
Auto-psychanalyse dérisoire sur fond de meurtre
déridé. Drôle et pathétique à la
fois. Le roman le plus " accessible " de Janvier.
Entre jour et Sommeil, Poèmes, 1992,
Seghers
" C'était violent comme le nerf/qui déchire
l'épaisseur ", un recueil indispensable.
Brèves
d'amour, Nouvelles, 1993, Gallimard,
En mémoire du lit, Brèves d'amour 2, 1996,
Gallimard (Prix Goncourt de la nouvelle)
Ces deux recueils de nouvelles sont autant de soliloques de doux
rêveurs, de tendres marcheurs, de "beaux parleurs"...
Bientôt,
le Soleil, 1998, Le flohic.
Une réflexion poétique sur le peintre Bonnard.
Doucement avec
l'ange, Poèmes, 2001, Gallimard collection
L'Arbalète
Ce nouveau recueil est composé du superbe " Entre jour et
sommeil " paru en 1992, et " Encore une fois l'infini " composé
essentiellement d'inédits. Difficile de raconter la
poésie alors écoutons plutôt le poète. " Je
mords parce que le mot chien ne mord pas " " assoiffée par le
bleu tu brûles la fraîcheur /de nuit tu brusques la lenteur
du sang " " Elle dort close face à moi/brusquement j'ai envie de
Chine ".
Lyrisme, voix, humour aussi, parcours poétique auquel on a envie
sans cesse de revenir, " Doucement avec l'ange " est un livre
indispensable à ceux qui croient encore en la poésie.
Encore un coup
au cœur, 2002, Gallimard
Troisième volume de "brèves d'amour". Qu'est-ce que des
brèves d'amour ? Ce sont des nouvelles, un peu tranche de vie,
un peu voix qui soliloque. Ici un marcheur qui se retourne, là
un collectionneur de piano, ailleurs un conseil municipal
tragico-comique, ailleurs encore des voisins bien singuliers. Janvier
est passé maître du texte court, brossant des portraits
foncièrement poétiques, souvent pathétiques.
L'anecdote devient dilemme de vie, la parole toujours ce métal
précieux. On peut reconnaître cette fois l'influence de
Kafka (le Kafka des nouvelles), un kafka auquel on aurait
expurgé l'aspect fantastique. Reste la voix de Janvier, toujours
aussi forte, toujours aussi musicale. Ah j'oubliais, on rit aussi,
c'est important de rire. Avec Annie Saumont, Ludovic Janvier
réhaussent la nouvelle à sa juste valeur. A
découvrir vite...
Tue-le,
2002, L'Arbalète Gallimard
Deuxième
ouvrage de Ludovic Janvier paru ce mois-ci, Tue-le ! est aussi
un recueil de textes courts. Allons bon. Alors pourquoi deux livres ?
Question d’unité, bien entendu. Ici, tous les textes sont
à la première personne (sauf le dernier, on y revient),
voix en solo d’individus aussi divers qu’un boxeur, une
putain, un petit garçon, un géant… Le livre a
d’ailleurs pour sous-titre « voix ». De fait, le
style est plus âpre, plus exigeant aussi. Le dernier texte, lui,
est un dialogue entre une questionneuse et un écrivain, qui
ressemble étrangement à l’auteur. Une interview
imaginaire qui est comme une ode à l’écrit,
à la voix dans l’écrit, la voix dans la vie.
« Je préfère l’aveu à la vue »
disait Janvier dans un précédent recueil. On y est.
Sauvé par les mots.
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