Agriculture biologique principes fondamentaux [jardinage et agriculture bio (on dit aussi agriculture biologique ou agrobiologie) : description des principes fondamentaux, avec quelques exemples et un lexique]

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Agriculture bio (agrobiologie),
principes fondamentaux

Voici quelques fondements de l'agriculture dite « biologique », aussi appelée Bio ou agrobiologie. Ils s'appliquent évidemment aussi au maraîchage et au jardinage. (NB : vous trouverez l'explication de certains termes techniques dans le lexique associé à cette page).

Pour commencer, dans le jardin ou au champ, un seul animal est nuisible et c'est le jardinier ou l'agriculteur. En réalité, il faut ajouter leurs voisins et plus exactement encore, l'Homo Sapiens en général. Tous les autres animaux ont une utilité dans l'équilibre biologique, qui permet par ex. aux salades de cohabiter avec les limaces du jardin. Si l'Homme est considéré ici comme nuisible, c'est parce qu'il perturbe l'équilibre en cherchant à éliminer d'autres espèces. Dès lors, telle espèce est gravement attaquée par telle autre. Lorsqu'une plante est victime de ravageurs ou de mycoses ou de bactéries, c'est souvent parce qu'elle est stressée. Comprendre l'origine du stress permet de remédier au problème. Ex. : un rosier victime d'une forte attaque d'oïdium, à cause d'une taille trop sévére (nocive à certains rosiers); cesser toute taille rend alors inutile l'antifongique (l'oïdium reviendra peut-être, mais sans gravité).

Pratiquer l'agriculture biologique, c'est bien plus que s'abstenir d'utiliser des produits chimiques de synthèse; c'est rechercher l'équilibre biologique, seul garant de la bonne santé du milieu cultivé. Trouver cet é quilibre consiste à autoriser les espèces tant animales (y compris les bactéries) que végétales ou autres (virus) à coexister. En fait, on pourrait terminer ici cette présentation de l'agriculture bio, tant ce principe de recherche de l'équilibre est l'agriculture biologique.

Bien souvent cette recherche de l'équilibre passe par la démarche suivante : « comment pourrais-je faire pour arriver au résultat escompté en intervenant le moins possible, donc en laissant agir la nature? ».

La démarche du jardinier en agrobiologie ou de l'agriculteur bio s'apparente à celle de certains médecins qui soignent un malade et non des maladies, selon le principe que le « terrain » est essentiel, car la maladie ne s'installe que si l'organisme y est favorable. Il est bien plus facile d'agir préventivement que curativement. Si un traitement curatif est parfois nécessaire, il n'est jamais suffisant : il importe de rechercher la cause du problème. Dans un jardin, l'Homme, par son action maladroite, est l'origine du problème dans la plupart des cas.

Le jardinage ou l'agriculture bio est donc avant tout une activité intellectuelle reposant sur l'observation du milieu. L'agriculture bio est alors multiple : il y a autant d'agrobiologies que de terrains. Une méthode qui marche à un endroit sera inefficace ailleurs. C'est pourquoi cette page reste très théorique.

Il n'y a pas d'agriculture biologique sans un sol sain. Un sol sain est un sol non-empoisonné, que cet empoisonnement résulte de produits chimiques de synthèse ou naturels. On pourrait dire aussi un sol propre au bien- être des plantes à cultiver. Ainsi, outre le bannissement des biocides (insecticides, herbicides, fongicides), l'agriculture bio veut éviter les déséquilibres dans la nature minérale du sol (par exemple en veillant à ne pas apporter de nitrates en excès, même sous forme de fumier) et essaye de ne pas tuer les micro-organismes du sol (en préférant l'aération du sol plutôt que le bêchage du jardin ou le labourage du champs). Ce qui explique le recours à des outils spécifiques, comme par ex. la Grelinette TM. Préserver la santé du sol implique aussi de pratiquer la rotation des cultures suivant un cycle long et des techniques de recouvrement du sol par les « engrais verts » (ex. légumineuses) qui servent aussi, une fois morts ou fauchés, à nourrir les micro-organismes des couches superficielles du sol et à améliorer la structure du terrain. On pratique aussi le dépôt en surface de matière végétale («  mulching ») et on choisit de semer des espèces naturellement résistantes aux conditions du milieu…

L'équilibre d'un milieu cultivé passe par sa biodiversité et par l'adaptation des espèces cultivées au milieu et aux objectifs de l'Homme.Ainsi pratique-t-on des associations de cultures et choisit-on des espèces adaptées au milieu. On ne modifie pas le milieu pour y cultiver absolument une plante, mais on cherche une plante qui s'y plait naturellement (il y en a toujours, mais on les a souvent oubliées). Précisons que l'agriculture chimique a sélectionné de nombreuses plantes pour leur rendement quantitatif, souvent au détriment de leur résistance aux conditions du milieu (et aussi du goût et des qualités nutritionnelles); il est donc souvent difficile, voire impossible, de cultiver en agriculture bio ces variétés fragiles, inadaptées à la vie en milieu naturel.

Enfin, dans la recherche de l'équilibre, il importe de tenir compte des facteurs minéraux (composition et Ph du sol) et météorologiques (vent, ensoleillement, variations climatiques, etc.).

Signalons aussi que l'élevage Biologique d'animaux suit les mêmes règles : nourriture Bio et conditions de vie optimales (ainsi, p. ex. refuse-t-on l'ensilage, qui rend les vaches malades, au profit d'un bon foin bien sec et fauché au bon moment). Tout agriculteur Bio est aussi un éleveur, de micro-organismes, de vaches, de poules ou autres… (les praticiens de la Biodynamie estiment d'ailleurs que la pré sence d'animaux de ferme est indispensable).

Si vous trouvez que certains principes sont redondants, c'est normal, car ils sont liés entre eux et sont des facettes d'une même quête : celle de l'équilibre biologique.

Voilà, vous savez mieux ce qu'est l'agrobiologie. Néamoins vous devez aussi savoir ceci : ces principes fondamentaux sont absents de certains cahiers des charges officiels, qui se contentent de définir l'agriculture Bio comme une « agriculture sans produits chimiques de synthèse », ce qui est bien insuffisant. Heureusement, ils sont appliqués par les pionniers de la bio que sont les partisans de la permaculture, les membres d'associations comme Nature & Progrès ou les biodynamistes (ces derniers y associent d'autres principes plus ou moins rationnels, selon les préconisations du visionnaire Rudolf Steiner). Ainsi, existe-t-il une agriculture Bio réellement en accord avec la planète — que nous avons présentée ci-dessus dans ses principes — et une autre, de nettement moindre qualité. Cette seconde agriculture bio, bien plus répandue, si elle constitue un réel progrès par rapport à l'agrochimie criminelle (y compris dans sa variante dite « raisonnée  » qui n'est que poudre aux yeux) est cependant loin d'être idéale et reste polluante par plusieurs aspects (nitrates, biodiversité…). C'est pourquoi, il importe de privilègier l'agriculture bio authentique et active, que l'on peut reconnaître (en France) par les labels Nature & Progrès, Demeter, S.I.M.P.L.E.S et Biofranc. Ces marques signifient que le producteur a respecté un cahier des charges bien plus strict et plus proche de l'idéal Bio.

NB : Rappel de logos identiant les produits bio en France
logo agriculture biologo Nature & 
Progrèslogo Nature & Progrèslogo Biofranclogo Demeter(logo SIMPLES)
Logo officiel AB français (assez laxiste)Logos Nature & Progrès (Bio authentique, international) Logo Biofranc (Bio authentique) Logo Demeter (Biodynamie, authentique, internat.) Logo SIMPLES (Bio authentique)

NB : le logo AB officiel étant devenu payant, de + en plus de producteurs français le refusent et pré fèrent recourir, quitte à payer, à un de ces logos plus sérieux (eux-aussi payants). Cela dit, le cahier des charges officiel français qui donne droit à acheter une licence d'utilisation du logo AB, s'il est largement perfectible est très supérieur à celui d'autres pays hors CE, comme les USA, le Canada ou Israel, qui autorisent bien des aberrations, fort éloignées de l'esprit Bio authentique.

(auteur Aloïs Durand, alduran@XXXfree.fr, pour lui écrire, retirer les XXX anti-spam de son adresse)


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Source : www.multimania.com/resister/ ou http://membres.lycos.fr/resister/ Mise en ligne : 06/07/ 2001Dernière modification : 30/11/2002