Il était une fois :
Un miroir de couleur
mauve , précisément.
Dans l’antre
–corps :

le tempo est donné par le va et Vient éjaculatoire comme le ressac qui
n’en finit pas de se jeter sur la terre et la terre toujours le repousser-Dans
ce dortoir au bord de mer l’enfant est le prince de l’illusion des désirs
.C’est l’autre côté du miroir certes .Mais ,la fêlure est de même nature.
Dans l’en-contre :

Avec un jeune homme sans nom et prénom c’est
la Rencontre : l’authenticité ,Prend sa source dans le silence qui seul
authentifie une relation d’amour et d’amitié .Là où la gestuelle Vocale caresse
les corps .
L’un avise l’autre par la parole
,l’autre avise par la vue .Toute spiritualité est érotique Ou elle n’est pas
,mais en aucun cas de l’ordre de l’esthétique
..Le geste vocal enlace les corps
D’un homme en fin de vie et d’un jeune
homme plein de vie _la mer ici nous rapproche dans la distance.
L’antre –
corps :

« paroles
d’un corps interdit «
Une longue robe Noir : un homme , vigoureux me prend la main .Mes cheveux en brosse suivent
son enjambée militaire .Me fait
découvrir les bâtiments de l’administration
et du réfectoire.
puis ,après
avoir monté de longs et hauts escaliers :
mon lit à
faire ,juste à côté de la chambre du Prêtre qui ,par une haute et grande vitre
surveille les pensionnaires .
la valise .
La chapelle :
une énorme
boite noiRE
l’habite :
le confessionnal–
vous le voulez : je serais votre confesseur- Comment , dire non à un
homme aussi bon ?
Quelque chose
m ’attire dans cet homme : sa vigueur ,sa douceur. Dans sa façon de me
conduire la main ,
je le devine
fasciné par ma sensualité, manière provocante de le regarder , mes yeux clos
comme si de rien n’était !
Je sens
inconsciemment ,sans pouvoir la qualifier la force de séduction que je dégage .
Il a peur.
Il tente bien de retirer sa main .Je la pile
,la borde .
Je le tien bien en mains :
Mon dévolu dardé sur lui ,et sur lui seul .J ‘ en
conjugue déjà
sa fragilité : son besoin d’être aimé ,
de tendresse
,de caresse . peur de se dénoncer à lui
- même .Je sais ,sans le savoir que depuis la nuit des temps ,je suis ce Miroir
où tout visage se regardant est une fracture qui ne
s ‘ouvre jamais que sur le visage d ‘un
autre visage .
Un martèlement sans trêve
,concasse sa tête .J ‘ adore par
les vibrations de mon corps sentir l’autre .Je suis en mauve depuis ce
temps où je passais des heures à jouer
avec la poupée de ma sœur jumelle. Je l
‘ habillais et l ‘ déshabillais .Je tenais à cette poupée mauve ,comme si celle
– ci était mon destin !

Trahison
Rêve bleu
Emergence
Mensonge
Bleu, blond
Le garçon fleur
Androgyne
Non-sens
absence de sens
Tournant
Folie
Oubli
Idéal
C’est
un soir comme tous les autres .Nous étions en rang ,l’un derrière l’autre .Et
,toujours devant moi :Eric .C ‘est un
adolescent blond très clair .Il a toujours une mèche blonde qu’il remonte
constamment sur son front .Sa peau
bronze vite et au bout d’une semaine il devient très mât .Il possède un
charisme exceptionnel impressionnant .
Son
corps est très bien fait et ses lignes sont parfaites . 
A
chacune de ses longues files ,le soir en montant au dortoir :
Il
me sourit et me salue. Un soir ,comme tous les autres soirs ,il me sourit et me
salue .Mais ,un soir pas comme les autres ,il me demande de le rejoindre dans
son lit ..Je pose mes pieds sous les siens pour le lui réchauffer et lui
enfonces ses mains dans mon pyjama ..Il
est important ,que ses extrémités soient en contact avec la partie la plus
chaude de mon extrémité Ca me fait un drôle d’effet ,mon sexe accueille de façon glacial cette intrusion .Je sais
qu’il me faut peu de temps pour porter son corps au fer rouge .De mes mains ,je
frotte doucement son corps pour le réchauffer le plus rapidement possible Il tremble .Il a froid !SOn silence
dit son consentement à son désir ,son plaisirs. .Dans la pénombre ,Je sais
son sourire .Le silence en accentue les traits .Pourtant son visage est prés
du mien ,nous sommes joue contre joue sa respiration vient réchauffer mon cou
.Ses lèvres si épaisses m’attirent .Je
résiste à cette envie en massant encore plus généreusement son sexe. ..Sa vague charme mes désirs
inondant mon visage ,je remonte son ventre .Ma première gorgée
de sperme ,le sacrifice est accompli pour ma première communion. .Mon
appréhension de la confession demain matin me donne entière liberté de
pratiquer tous les gestes utiles à sont refroidissement que le froid au bord de
mer ,dans cette ville du bord de mer ne peut à lui seul expliquer .
ne vivre plus, que pour lui…mon regard est un peu fou, ma tête est envahie de songes et de
cauchemars, de rose et de noir ,je crée des images, joue avec les mots, invente
des musiques, des contes, ,je
bouillonne puis m’évapore en tendresse,
corps brut
d‘adolescent
tellement
déjà
homme,
esprit sensible et doux,
putain qu’il est beau...
Le chœur ce matin ,comme tous les matins
depuis murmure :
Je meurs d’amour pour lui, en
tout point accompli
et qui se perd en entendant de la musique.
Mes yeux ne quittent pas son aimable physique,
sans que je m’ émerveille à le voir si joli.
Sa taille est un roseau, sa face est une lune
et de sa joue en feu ruisselle la beauté.
Je meurs d’amour pour toi, mais garde mon secret :
Le lien qui nous unit est une corde sûre.
Que de temps il fallut, pour te créer, aux anges !
Tant pis pour les envieux : je chante ta louange.
Le prêtre tourne et retourne
,la bête flaire un danger !
J ‘ai peur ,intuitivement, de sa réaction
à mon encontre –j’ai peur de le
perdre .Et ,en même temps ,je le désire .Je le provoque .
La confession a bien eu lieu comme je la
prévoyais .
En sachant qu’en confession on
s’accuse de la seule faute et non des fautifs .
Depuis ,il ne cesse à toutes
heures de faire des rondes
dans le dortoir - A sens et à
contre - sens comme une bête félin en
cage .
Il tourne en carré .
Le chœur :
Comprendre c’est commencer à
saisir qu’il y a du sens
surtout si ce sens nous
échappe.
Dans la cour de récréation ,je ne sais pourquoi
certains ,c’est à dire un petit groupe de garçons de deux ans plus âgés que moi
Passaient en me souriant avec des regards
De poissons morts -…puis l’un
d’eux « oh la fille « c’est bon avec le curé ?
Depuis ,j’ai une certaine
appréhension de les voir tourner comme des serpents à sonnettes .Mais ,l’un
d’eux
C’est inscrit à la chorale .A
chaque répétition ,se
met à la colle, à côté .Sa voix
frôle toujours mes genoux-Il a sous ses airs poupon ,un aspect viril qui me
fascine ,un torse gonflé ,un rien de masculin se dessine déjà et m’attire .Je
l’aime ,je le désire.
A genoux entre deux « je
vous salue Marie « ce soir ,va au toilette et attends moi « .
Je n’ai pas le choix
,compte tenu du ton employé ?Mon désir tremble mon corps .Il entre ,ouvre sa
braquette - tu
« suce « ..seule la
peur d’être entendu l’oblige à la discrétion …puis me retourne pour me prendre
..
.
Mon anus craque et m’excite sous une violence très hard. Sous la
douche, dans mon lit où plusieurs fois , quand le sperme dessus
Nappe mon corps
Je le fais bander; je fais
bander tout le monde... .....
je cherche la chaleur de se liquide sur mon corps.
Il sort ,le premier ..j’attends
quelques instant pour le suivre…quand le même groupe de garçons de la
récréation me matte.. : alors
c’est bon ,tu aimes ..et lui fier
Ramasse les sacs de billes
qu’il vient de gagner … !
Je ne pleure pas .Mais ,toute
ma vie depuis ,ce joue là ,pour des
sacs de billes …
En confession ,j’élabore ma
vengeance ..en quelques
Silences fait de mots ..j’ai compris que le bon pére est mon
sacs de billes. .La confession : c’est le lieu des vengeances ,la mise en
scène ,j’en suis l’auteur et le metteur en scène et l’acteur.
Le samedi Denis est renvoyé du
chœur…puis des heures de colles tombent sur lui comme sauterelles dans le
désert…Son petit groupe de copains l’ignore ..Il est vrai que le bon pére ne
cesse de les traquer ..pour ramasser les papiers …Ils n’ont plus le temps de
perdre les billes.
Et moi ,de profiter du temps de mon corps efféminé pour
me pénétrer devant eux.. Me voir ,voir dans les regards ,d’un
corps à voir
le chœur :
.La vraie jouissance n’est pas
dans l’éjaculation ,mais dans ce corps que l’on devine que l’on offre ,qui se
déshabille ,qui se laisse deviner , la
jouissance du miroir.
Ils sont là ,ramassant les
papiers et les feuilles de ,platanes ..avec interdiction de mettre les mains
dans les poches…
je jouie. (avec un E
) !
le chœur :
Douze ans, c’est un âge ou l’on
ne se pose pas de questions sur le sexe quand on le pratique.
Il
m ‘arrive souvent pendant les heures d’études d’entendre psalmodier
le Coran-Il y avait à côté une
Ecole coranique .On dit que le
cheikh est mal-voyant-
Quand on lui posait la question
il disait que c’était Dieu
Qui avait amoindri sa vue pour
lui permettre de me voir en lui – même avec les yeux de l’âme.
Quand ,je sens une main
baladeuse me caresser la raquette - .
Et ,passe délicatement sous mon
short sa main lourde -C’est mon voisin un grand gaillard de 14 ans à qui j’en
donne 17..
Impassible son autre main danse
sur son cahier aussi rapidement que son ballon de foot entre ses jambes!
J’ai souvent contempler son
sexe énorme lorsque qu’il prend sa douche après la partie de foot-j’en suis
fasciné .Moi ,qui perçoit le mien comme très minuscule.
J’ai des difficultés à me
concentrer sur mon latin. Le fait de
bander me rend incapable de penser .Pauvre
Cicéron ,ma version latine est incompréhensible mais ma note ,à coup sur le serra.
Comment ,expliquer cette
apostille que je sais catastrophique
Alors ,que je suis dans les
trois premiers de la classe ?
Mon imagination pourvoit
souvent la réalité .
Il est là drapé d’un drap noir
Me tend une pommade ,
puis le pyjama sur les genoux
,lentement je dois oindre le
gland…Chaque geste est lent ,il est à voir non pas comme un miroir mais un
regard.
Les vacances de Noël dans deux
jours ,je suis un peu triste
De laisser mes compagnons de
nuit-
Dans la voiture ma mère me dit
qu’elle a invité nos cousins—et cousines…
étonné ,elle qui n’invite
jamais personne-je fais semblant de n’avoir aucune émotion-
Il avait dix ans lors de notre
dernière rencontre ,
il doit en avoir 16 ou 17
aujourd’hui-
Après avoir traversé des
plaines de vignes et d’orangers ,les odeurs discrètes de la plaine.
La cousine toujours aussi
gourde avec ses seins trop gros et son
nez trop petit .
Je n’ai d’yeux que pour
Laurent ,déjà un homme,
mais imberbe-il est vraiment
très beau ,les cheveux en brosse,
Le visage long ,fin et brut à la fois.
Un regard tombant ,ces yeux
plissés ,une légère contraction au niveau des joues :l’expression d’une
douleur !
Le
temps de jeter mes affaires dans la chambre ,il s’allonge sur le lit ,je devine
un slip généreusement garni…il surprend mon attention .A t-il devinait mon
penchant ,je le pense à voir ses jambes s’écarter comme pour mieux laisser
deviner une bosse qui ne fait que confluer…
A la messe de minuit ,je ne
pensais qu’à lui …le temps me semble long et les cadeaux toujours conformes au
choix de ma mère…elle se fait plaisir ..le seul lieu où elle n’a pas accès
c’est bien dans mon amour fou des garçons..
En détournant le prêtre ,j’ai
la certitude d’un pouvoir réel .je fais semblant …de lui obéir ,de correspondre
à ses désirs !Un petit garçon pur ,obéissant a qui elle ne prescrit
comme tout idéal de vie qu’il soit
prêtre »comme ce bon pére qui s’occupe si bien de toi »ma pauvre
mère ne sait pas quel point il se
consacre activement , si bien de moi et moi de lui.
Masturbation à voir ,son regard
me sert de miroir.
C’est tout excité que ,je monte
dans la chambre .
Laurent à l’aise tombe son slip
,se balade nu dans la chambre puis rentre dans ses draps . Il se branle ,
je lui propose de l’aider ,il
me dit non »tu es trop jeune pour savoir le faire bien ».
Vexé ,je l’ approche pendant son sommeil ,je le branle-bas .Il se ranime au moment de
l’agonie suprême et désir que je le suce
mais avant ,il me branle à son tour .La caresse étant au delà de mes
espérance. …ont se suce puis il
m’encule. Un petit anus pour une grosse bite n’a eu pour effet qu’un large
plaisirs et voilà des vacances comme Jamais plus ,je n’ en ai passé dans cette
maison, où seul le plaisirs de la table est autorisé.
Je quitte toujours ce petit
village , avec regret ,flanqué sur sa droite de la mairie , de l’école des filles et celle des garçons ,sur sa
gauche ,l’église qui fait face ..Ici la laïcité et l’église s
’affrontent toutes deux enfants de la république coloniale .Une ligne droite le traverse ,constitué de
vingt deux feux à l’origine de sa création par l’armée.
La fin des vacances…
retour à Oran.
Le chœur :
« Enfin nu sous la douche
..glissant du corps ,gland dépouillé ,habillé ,humilié ,un hurlement ,gland
rouge sang .L’écart alourdi d ‘un parcours écorché ».
Au dortoir ,juste à coté de mon
lit ,un nouveau.
A la couleur de la peau ,je
comprend qu’il n’est d’ici-
Il sourit .Il ressemble à une
grande autruche ,ne sachant que faire de ses longs bras et ses jambes longues .
Il se déshabille ,très
lentement me jetant un regard discret sous sa coupe de cheveux qui cachée un
front immense et de grands yeux noirs.
Le lit me semble trop petit
pour lui.
Il s’allonge en chien de loup
,le regard souriant
tourné vers le mien-
Comment t’appelles - tu ?
Moi c’est Mickael .
Un accent vraiment pas de chez
nous -
Il doit être fils de militaire
en garnison….c’est la
guerre.
Vers dix heures ,c’est l’heure.
Le Père vient me
Chercher ,à mon retour Mickael
me pose un regard plein de sous-entendu
_a t –il tout compris ?
Me voilà de service comme
enfant de chœur pour la semaine….Mais le père ,je ne sais pourquoi demande à
Mickael de se joindre à nous.
J’en suis un peux jaloux .Mais
heureux et je ne sais pourquoi.
Il nous arrivent l’hiver
d’entendre les ailes des mouettes et celles de la mer .Même battement d’ailes
,dans l’effroi de la tempête.
Pendant que l’on passait nos
aubes ,il murmure ,alors cette nuit ?
Mais ,rien
A d’autre ,mais pas à moi.
Son aube le rend souverain
prince ,pas de danse ,
chaque mouvement de l’aube est doux au regard.
Le chœur : 
Va et vient qui alimentent en
dégoulinant sur la glace regard perdu,
la mer . Mer buveuse de sperme ,ogresse
des jeunes en rut. ».
Dimanche ,et comme tous les
dimanches bataille des marins et des corsaires ,il suffit de quelques
balles de chiffon pour mourir- Comme par hasard ,Mickael et moi étions
mort dès le début. Furtivement glisse sa main dans mes cheveux
Assis l’un à côté de l’autre
faisant de l’ombre au mur .Enfin
seuls devant ces soldats de l’
antre - deux guerres .Assis à l’ombre
du soleil ,sa main câline la mienne Son autre
main dans sa poche Me laisse à voir un mouvement de ressac .
Alors hier soir ?
Mais que veux tu ?
C’était bon ?
Tu sais moi ,a cinq ans j’ai
sucé ma première queue à une jeune noir de 19 ans ,mon voisin dans une île du
pacifique où ma mère travaillait-
Il ne parle jamais de son pére
,il n’en parlera jamais –comme si ce
pére était absent .Peut être un militaire mort au champ d’honneur comme le dit
souvent ma mère parlant de son pére .
Ton curé lui n’a que la robe
noire !
Le soir ,au dortoir ,il prend
un long plaisir à garder
son slip sous lequel un engin
immense ,arrogant me
fait rougir de désir !
Établi à l'apparence du soleil
,les cris de la guerre de balles en
chiffons sont couverts par le rêve du désir.
C’est la première fois que j’ai
peur de mon attirance pour un mec
,quelque chose dans ses silences cache un mystère !
Son regard ne laisse rien
éclore ,sauf qu’il prend un ravissement à ce jeu tous les soirs .Il y a chez lui de la distraction du chat
avec une sourie . Il s’ égaye attendant le moment où la pauvre bête dans sa
fragilité se laissera croustiller.
Il me fait l’amour avec ses
yeux.
Le poison qu’il faut boire ,je
vais te le faire couler.
Tu viens ?
Le prêtre ayant éteint sa
lumière ,c’est l’heure qui sonne
Pour enfin m’offrir.
Mes doigts effleurent sa peau
,l’envie me dessine ,plus besoin des mots ,le désir s’accomplit .Violemment
Il me prend avec douceur .Ma
bouche sur ces lèvres souffle des mots d’amours .j’ai sus alors que son
souvenir ne cesserait jamais .
C’est samedi soir ,demain une heure de plus au lit ,la douche ,la
grande messe puis la bataille à la queue ,les uns devant les autres,( c’est fou
comme les durés aiment à nous mettre en queue le - le ) pour acheter les petits
pains que le père vend .
Mickael n’est plus là ,sont
père est mort au champ d’honneur.
J’ai mal de son absence .
Les miroirs brisés a jamais.
Parti sans un au revoir.
Que restera t –il de ses amours
quand mes yeux resterons éteints ?

Je viens d’apprendre que je quitte Oran pour
la France .Il paraît qu’il fait
très froid la –bas ?
L’ENTRE –CONTRE

Sur une plage ,un homme
sans nom ,d’un âge avancé dont le corps ne donne a voir qu’un long parcours a
façonné son visage .Dialogue avec un jeune homme de tout juste20.ans. La
voix laisse transparaître une beauté
toute intériorisée .On pourrait
croire que c’est un signe de timidité
,de manque de confiance –non ,rien de
cela chez lui_ Mais ,bien une
certaine pudeur à
s ’ abandonner en l’autre .
Tous deux allongés sur le sable .L’un
entend tomber
la nuit sur la mer ,l’autre lui décrit les couleurs.
-
Jeune homme:
-
A quoi penses – tu ?
-
L’homme :
-
A celui que j’ai attendu toute ma vie –j’ai
passé
-
ma vie à attendre que quelqu’un m’attende
quelque part.
-jeune homme :
Peut être trop tôt ou trop tard
à tes rendrez – vous ?
-
l ‘homme :
-
le
froid
-
le chaud
-
des mots pour une même chimère
-
écoute ,je l’entend
-
le jeune homme:
-
Je ne vois rien
-
L’homme :
-
Ecoute
, c ‘est le trot d ‘un cheval sur une vague .
-
Le jeune homme:
-
Tu as raison ,je l’aperçois tout au loin .Il
est beau ,
-
Dans sa robe noire ,un étalon arabe . Tu
vois ,
-
tu entends _il est à l’heure au rendez
–vous !
-
l’homme :
-
dans des gestes lents construit une écurie
pour accueillir le cheval noir !
-
le sable humide comme de la terre glaise se
donne
-
s’offre ,participe à cette construction .
-
La mer gronde ,sous le galop du cheval .La vague
-
Enfle
,la mer couleur d’un bleu colère
se jette sur le sable.
-
Le jeune homme :
-
Le cheval est à l’horizon
-
L’homme :
-
La mer est calme ,il fait doux ce soir ,ne
trouves –tu pas ?
-
Entre ses mains rien de plus que peu de terre
-
Humide –
-
le jeune homme:
-
Il était beau ,grand et mince ,du même élan
que sa monture.
-
Je t’offre ce chant me dit _ il est écrit
pour
-
tes jours de corps noir .
L’ ombre et la lumière
L’ ombre éclaire la lumière
D’ une intention semblable
A la lumière qui cache l’ ombre .
Le juste milieu, entre ces deux balanciers,
Se trouve dans l’ infini,
Dans l’ infinité du regard .
Il appartient à l’ œil de parler à l’ âme ,
A l’ oreille de la toucher,
A la langue de la regarder,
Au nez de l’ écouter,
A la main de la caresser.
Savoir est sentir,
Sentir est vivre .
L’homme :
Dans un long silence
merci
l’homme :
Il y a toujours un soleil
derrière le voile
et c'est la nuit
qu'on voit l'étoile
Sur la plage des corps se lèvent
d’eux mêmes
La mer murmure, une tortue nous caresse de ses grands
mirettes abandonnées.
Le vent dit
le chant :
Eternité.
Joli mot.
Plus éternel est son sens.
Eternel dans notre vie
Eternel dans notre mort.
Seul l’ éternité est immortelle .
Immortelle dans son sens,
Essence même de l’ immortalité.
Ne pas regarder.
Regarder au travers .
Nous consumons ses cendres .
Mais nous sommes sa fumée, aussi.
Le feu est dans la fumée,
Comme il est dans le bois,
Structure de notre navire ,
Celui du dernier départ,
Du premier, souvent .
Il faut sortir de la roue incessante ,
Pour avancer,’en dehors’,
Du clocher à trois temps,
Par soi ,pour soi ,
Pour s’évader,’en dehors’,
Et glisser sur le flot,
Celui des pensées humaines,
Souffrantes ,souvent.
Eternité
Vérité
Eternelle est la vérité.
Ne pas la chercher
La vivre
La vérité est la mort,
La vérité est la vie,
Lait de l’éternité.
Vrai ,Vivante est l’éternité.
L’homme :
Qu’est –ce que la vérité ?
le vent a ses pensées
qu’il ne peut mettre au jour,
venant nous caresser
la ligne dans un détour
en forme de spirale ,
sans fin ni loi.
Point de visages ovales,
Juste la foi.
Le vent a ses pensées
Et si dans les miennes ,
Par erreur
Il venait a s’introduire
Je l’accueillerais ,de sept couleurs,
Pour qu’il puisse s’y construire
Le vent a ses pensées
La lune a ses marées.
Le soleil ses rayons,
Les trois ,nous les frôlons.
Frisson intérieur,
Temps en suspend ,
Frayeur d’ ailleurs ,
Là , dedans.
Ici tout commence ,
Incorrigible inconnu,
La danse de la transe
Aux mille pas méconnus .
La mer flotte sur le sable
L’homme :
Qui est ton maître de danse ?
Le jeune homme :
La vie ne nous pardonne pas
de l'avoir mise au monde
le jeune homme :
Dans un entonnoir
J’ ai jeté un caillou.
C’est là que l’entonnoir c’est bouché ?
homme :
Un soir dans une clinique quelque chose d’étrange :
Une famille assiste leur mort
Au pied de son lit .
Et moi je fais le deuil ,
De mon cœur , de ma confiance ,
De mon partage , de mon amour
Pour toi .
Si peu … un
instant…
Clack !
Le règne de l’ imprévu
Qui s’ insurge en nous
Triste , heureux , haineux ,
Léger , dépité , accablé ,
Momentanément absent ,
Vivant ou mort .
Malades , dans notre propre clinique ,
Accidenté de notre propre route ,
Dépouille , dans notre propre mort .
Où sont ces larmes si sereines ?
Un clignement des yeux
Et je ne suis plus là ,
Une totalité , tu ne réponds pas .
Le hasard ne se hasarde pas
Sur les lèvres des dernières paroles
Dans le sang des situations ,
Au cœur de sensations .
L’ infini s’ y mêle avec
Volupté et grâce
De Dieu .
Le jeune homme :
Qu’est que dieu ?
L’homme :
On ne s'en va pas seul
on part avec un étranger
avec l'aube inutile
que tous auront manquée
Le jeune homme :
Moi et moi même ,
Unique absolu .
Moi et moi même ,
Unique absolu .
L’homme :
Remplace absolu par absurdité ,ne veux
- tu pas ?
Le jeune homme :
L’ illusion du temps
Cache l’ unité du début
Et de la fin .
Je commence où je m’ arrête ,
Quitte quand j’ arrive .
Je nais dans la mort
Et meurt en naissant .
L’homme :
On a toute l’éternité pour ne jamais
s’arrêter .Là où le passé ,
le futur soudain disparus ,l’instant
présent alors prendra alors toute sa
valeur .
-
la mer douce comme une caresse de lune donne
du silence à la nuit.
-
l’homme :
-
écoutes le mutisme de la mer.
-
Le jeune homme pose sa tête sur l’homme et
d’une main lui
-
sèche
le visage d’humidité
salée .
-
L ‘adolescent s’endort heureux dans ses bras . L’homme
s'engloutir
-
au
son de se cœur qui bat d’une partition en douce –l’un et l’autre enlacés par le
sable.
-
Tôt ou tard dans la nuit
-
L’homme :
-
J ‘entend
la mer s’ouvrir , pour un voyageur tendre
-
du
ciel . Nous sommes seuls dans la nuit –
-
-
Ma vue se brouille .
-
je ravale mes peurs qui sont restées sans
corps.
-
Le jeune homme:
On ne te pardonnait pas
ton regard des hauteurs,
ton insolence sombre
quand, déplaçant les collines,
tu semais des étoiles
parmi les herbes rousses
et collais ton oreille
aux plaintes des puits morts.
-
-
Ecoute cette musique des jours
effacés..
-
l’homme :
-
ma mémoire entres tes années d’enfance ?
-
j’ai peur !
-
le jeune homme:
-
d’être à l’heure au rendez –vous ?
-
-
parfois ,sable et mer changent de place ,pour
un nouvel ordonnancement mystérieux.
Un homme vient s’asseoir dans un rire imbécile mais
heureux –laissant sa mémoire ‘des autres et de
Personne’ au vertige des années
de boue sa main dans sa poche gauche (il porte à gauche )et hurle dans son rire
imbécile « il me suffit d’une couille en plus
Pour vous péter la mémoire
«
.il se gratte un poil ,puis
Part comme il est venu .
le jeune homme :
il part
Pêcher sa couleur
dans le filet du vivant
pour voler à vif.
la mer reprend sa place ,sans une
possible
-
perspective ,pour
s’évader.
-
-
Le jeune homme le corps déshabillé de la même couleur
-
que le soleil Primitif dans un mouvement de
vent primitif se jette dans la mer –Comme Aphrodite il est né d’une vague
-
-
l’homme :
-
nuit donne moi un corps .l’illusion d’un corps
-
contre mon âme –
-
Tant que l’autre est jeune ,on le voit
toujours accompagné d’une ombre vivante.
-
Le jeune homme :
Je te parle dans la langue des grésillements, celle de la
neige sur le ciel, quand les prières sont terminées. Tu te couches sur le dos
pour ne pas me voir. J'imprime tes mots d'absence avec ma salive ,des Maux nés
de l’absence de mots .
Je suis là .
-
Et toi ,non .Tu ne connais qu’hier et demain.
-
Tu as peur de ma présence ?
-
L’homme :
-
De la mort ,épaisse impénétrable comme une
-
statue de marbre indestructible
le jeune homme :
Tu veux dire ,comme une horloge
de granit ?
L’homme :
Oui ,mais devant Comme une
vitre transparente.
L’homme :
Tu entends ?
Il revient
Le jeune homme:
Mais non ,c’est la brise sur
les dunes .
L’homme :
(la voix irritée)
je vois mieux que toi avec mes
oreilles
le jeune homme :
Ce n’est que l ‘ombre d’un
nuage
L’homme :
Comment est – il ?
Le jeune homme :
Une sorte de moine ,dans une
robe noire –les cheveux
en brosse ,d’une quarantaine d’année ,l’air militaire –
Le moine -l’ ombre s’approche et parle au jeune homme
,il ne semble pas voir l’homme tout à côté –
Le moine :
Tu ressembles étrangement à un
enfant ,que j’ai connu voilà bien des années !
Non pas physiquement ,mais dans
le regard-
Je suis spécialiste de l’âme –
Le jeune homme:
Il flotte
autour de toi un parfum
d'éternité fêlée;
l'or se lasse de l'icône,
une lèpre ronge
les bords de ta prière
C’est
quoi un spécialiste de l’âme ?
Le moine :
C’est un ordonnancement
mystérieux que me donne mon Eglise –
Le jeune homme :
J’aime pas ton église -
L’homme :
Tu entends ce cri blessé d’un
enfant ?
Le jeune homme :
Juste une mouette qui a une aile volée par la marée noire –
Le moine :
J’avais pour mission de faire
de cet enfant un garçon au féminé –un garçon
- fille .c’était son destin –L’enfant n’est pas présumé innocent
–j’étais son père spirituel -
Le jeune homme:
Ton église est ogresse –
L’amant avant ,l’amour avant
nous en est Il inné avoir un est
L’homme :
avec le jeune homme il faut
savoir lire à l’envers ) .
le jeune homme :
Toi dans ton cloître tu as dieu
pour t’aider ,nous ici nous n’avons que la mer pour nous noyer.
Il s’approche de l’homme ,prend
son pied gauche , lui rabote la plante du pied –
l’homme
Ne semble rien sentir comme si
ce pied lui est autre , étrangers.
-
L’homme :
Il me faut alors rester le temps d'une vie sur
la plage
le jeune homme :
couvrant la colère de la
mer ,d’une voix douce me tapisse ce chant :
Mon oeil s'ouvrit.
L'autre fit de même.
Des cet instant un nain conclut
De m'observer, de m'affronte.
J'étais plus fort ,je le savais.
Je grandissais ,j'écrasais mais ,même
petit
Aucun doute il s'agitait.
Je m'inscris alors dans la poursuite et l'effort
Mes échos s'amplifiaient sans fin
Mes sens hurlaient mais virent que ,même petit,
Sincèrement il dominait.
Ainsi je n'en puis plus ,nerfs a terre.
Je m'assis et regarda.
Mes yeux se fermer ,il était toujours la.
Années après années ,s'évader ou s'asseoir
Dormir ou regarder ,Je ne cessais de le voir.
Vint un jour de printemps ,d'une couleur enivrante.
La quiétude prenait vie ,liberté
,légèreté .
J'inspirais ,j'expirais ,j'enveloppais mon ventre
Je me sentis porte ,oubli de gravite.
Je me vis, assis ,yeux hypnotises
Sur la main d'un homme qui tenait face a moi.
Il était vieux ,épuisé ,mais son
sourire était droit.
Soudain je reviens.
Il est la ,mais recule et me dit au revoir
Je déduis enfin,
Il tenait dans la main un miroir.
L’homme :
Surtout ne me raconte rien
Je lirai tout dans tes yeux
,quand les miens renaîtront.
Le jeune homme :
C’est pas pour demain !!
L’homme :
Assieds-toi
au bord du silence
Et tu t'entendras enfin au fond de toi.
Le
jeune homme :
Regardes
un homme prendre des notes à même la vague
L’homme :
C’est
pour annoncer d’ avance l’heure des
prochains clapotis du monde.
Le
jeune homme :
C’est
comme un film à l’envers emporté par le vent du désert

L’homme :
Le
temps s’enfuit ,il va comme un fou
Le
jeune homme :
Tu
t’es peut – être échoué sur les rives de l’ennui
L’homme :
Non
,oui peut – être ,je ne sais pas !
un
regard en arrière sur ces regards amères.
Le
jeune homme :
Regarde
pauvre fou non pas hier en regret
Mais
maintenant ta mémoire est ton avenir.
Sur
la mer un terrible brouillard alourdit les mots et les pas .
Le
jeune homme :
Deux
moines arrivent ,ils semblent tirer ,je ne sais quoi.
L’homme :
Raconte
Le
jeune homme :
Ils
sont sales ,des barbes a n’en pouvoir plus
qui collent au sable …mes des yeux d’un rire ,d’un fou rire.
L’homme :
C’est
toujours comique un fou rire ,mais deux c’est insupportable à l
‘œil .
Le
jeune homme :
Que
tirez – vous ?
Les
deux moines :
Un
fil rouge invisible
Le
jeune homme :
Mais
,je ne vois rien
Les
deux moines :
Comment
peux - tu le voir puisqu’il est
invisible. Pauvre idiot
Qui ne croit que se qu’il voit. Ce fil est un futur qui annonce un présent à venir .
L’homme :
Qu ‘ il y a t-il au bout du fil ?
Les moines dans une même voix :
Une complicité, un accord Encore invisible
Le jeune homme :
Autour de nous le temps, l'air, la mer
devenaient indécis.
Couché sur le sable, ce que j'en apercevais :
Une arche de lumière.
Qu'est ce qu 'aimer ?
L’homme :
J'ai peur de voir cette eau couler
Entre mes pauvres doigts.
L’un des deux moines :
une étrange immobilité réside dans tes
yeux ,un calme qui
s’avère
regarder le monde depuis une distance mesurée »
c’est le regard issu des profondeurs d’un rêve
désertique.
L’homme :
Perdre la vue ,c’est un peu cela .Oui rentrer
en désert ,
Pour figurer mes yeux dans l’attente .

apprends moi
moine à mourir .
le moine :
apprendre à mourir !
c’est inutile
tu verras la première fois on y réussit très bien.
Il y a plus urgent pour toi :
apprendre à
vivre un sens détaché de la terre
Une vague d’écume agonise
sur ce rivage oublié.
l’homme :
je l’entends
et j ‘en
perds la voix
je l’écoute longtemps
j’oublis de répondre
je crois qu ‘on m’appelle pour la première
fois !
le jeune homme :
Tais - toi
Regarde
Ecoute
Les moines :
Devant Lui le muet peut dire « je t’aime »
et l’aveugle connaît
La lumière inondée.
Et voir enfin la mer en verticale.
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