Jean Sibelius (1865 - 1957)



Jean Sibelius entre au conservatoire d'Helsinki avant de poursuivre sa formation musicale à Berlin puis à Vienne. Il retourne en Finlande pour s'interesser aux riches traditions de son pays natal et à la poésie populaire. La première oeuvre de Sibelius ne verra le jour qu'en 1892 avec la Symphonie Kullervo : c'est la naissance de la musique finlandaise. Il épousera peu de temps après Aino Järnefelt, membre d'une des familles les plus anciennes de la Finlande. Des oeuvres telles le poème symphonique En saga, la Suite de Lemminkainen, ainsi que ses deux premières Symphonies s'imposent très rapidement. Très attaché à son pays, s'intéressant de près à la situation politique actuelle avec la domination de l'Empire russe, Sibelius compose en 1899 Finlandia : un poème symphonique soulevant les valeurs de la Finlande ; un genre de second hymne national. Hautement réputé dans son pays, il se voit accorder une rente annuelle par le gouvernement. Une rente qui se transformera en pension à vie quelques années plus tard. Dans les premières années du 20ème siècle, sa réputation gagne à l'étranger. Il est très admiré en Angleterre notamment, mais aussi en France lors de son voyage à Paris. En 1904, Sibelius décide de s'installer avec sa femme à Järvenpää, une petite localité située au bord d'un lac, lieu prisé par les artistes. Il restera là tout le reste de sa vie, sauf lors des voyages qu'il effectuera en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. C'est dans ce « petit paradis » sur Terre, que Sibelius composera toutes ses dernières oeuvres. Une nouvelle période commence pour Sibelius ; il se retire du monde, échappe à ses agitations et à ses périodes de tensions. Les oeuvres de cette période sont tout d'abord la Symphonie n°3 dite « la Pastorale du Nord », puis le célèbre Concerto pour violon op.47 ainsi que la musique de scène Kuolema qui contient la fameuse Valse triste. Sa Symphonie n°4 ou encore le poème Lunnotar sont d'un registre plus austère, qui tendent à rechercher une forme d'art pure. Ayant vécu isolé durant la guerre de 14-18, Sibelius entreprend au terme de celle-ci des voyages nombreux à travers l'Europe en Suède, en Angleterre ou en Italie. C'est alors que le compositeur décide de mettre un terme à sa carrière, après ses deux dernières symphonies (n°6 etn°7). Pourtant il lui reste une trentaine d'années à vivre ; il composera néanmoins une Symphonie n°8, qui ne devait donc jamais voir le jour.
La musique de Sibelius a pris longtemps pour s'imposer hors des frontières finlandaises, le personnage étant jugé trop "sévère" en France et en Allemagne notamment. L'Angleterre sera la première à apprécier sa musique.

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Je pense que la musique de Sibelius n'est pas immédiatement à la portée de tout le monde, dans le sens où il s'agit d'une musique qui nécessite un certain effort d'attention. Une écoute superficielle ne suffit pas pour embrasser les beautés de son style musical et comprendre la signification de ses oeuvres. Pour vous guider un peu à travers sa musique, je vous conseille notamment d'écouter le finale de sa Symphonie n°2 qui jouit d'un thème solide et puissant. Le dernier mouvement de sa Symphonie n°5 est encore plus grandiose, avec un thème qui transmet une formidable "puissance émotive" qui nous incite à méditer sur quelque chose qui nous dépasse... Pour ce qui est de la Symphonie n°6, dans une toute autre gamme d'émotions, elle débute sur une mélodie poignante et très triste, un climat sonore qui rappelle quelque peu l'atmosphère rêveuse et magique de la légende du Cygne de Tuonela : ce morceau est je crois mon préferé de Sibelius, c'est une musique douce et mélodique et surtout très très agréable à écouter. La Symphonie n°7 offre dans le premier mouvement une musique un peu similaire, bien que ce ne soit pas aussi évident de l'apprécier après une seule écoute. Dans un autre registre, le poème symphonique Finlandia est un incontournable : la puissance des accords et des mélodies lui donnent une carure tout à fait épique. La suite Karelia est aussi un spendide mélange musical dont Intermezzo et Ballade sont mes grands favoris, des morceaux plus facilement appréciables à découvrir peut-être avant les autres oeuvres que j'ai citées. Le Concerto pour violon est quant à lui une originalité à découvrir : le solo du violon de l'Allegro moderato est à la fois mystique, magique et envoutant. Enfin, j'ai récemment découvert une poème symphonique de jeunesse, la Nymphe des bois op.15, une formidable ballade pour orchestre, une musique entraînante très agréable à écouter.

Le TOP 3 de Sibelius :
- Cygne de Tuonela (Légende) *****
- Symphonie n°5 (finale) *****
- Symphonie n°6 (1e mvt) *****

Les plus beaux morceaux de Sibelius
- Symphonie n°2 (Finale) ***1/2
- Symphonie n°4 (début 1e mvt) ****
- Symphonie n°5 (Allegro molto) ****
- Symphonie n°6 (Allegro molto moderato) ****
- Symphonie n°7 (1e mvt) ****
- Suite Karelia (Intermezzo, Ballade) ****
- Musique de scène Kuolema ; Valse triste ****
- Concerto pour violon (Allegro moderato) ****
- Le Cygne de Tuonela (Legende) *****
- Finlandia ****
- la Nymphe des bois op.15 ****


Voici deux extraits MIDIS (de qualité moyenne...) :

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