INTERNET À L’USAGE DE L’APPRENTISSAGE DES LANGUES ÉTRANGÈRES

 

ENSEIGNEMENT ET APPRENTISSAGE
LE CAS DES LANGUES ÉTRANGÈRES
EFFETS DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

L'avant-propos

0. Introduction

1. Cadre théorique et objectifs de la recherche

1.1 Bilan

2. Enseignement et effets des technologies de l’information et de la communication dans la société

2.1 L’éducation pour la société de connaissance

2.2 L’enseignement multiforme et l’école virtuelle

2.3 La nouvelle approche de l’apprentissage

2.4 Les types d’apprenants

2.5 Acteurs en situation d’apprentissage

2.6 Bilan

3. Le concept d’apprentissage des langues

3.1 Technologies de l’information et de la communication dans

l’enseignement des langues étrangères (TICE)

3.2 La classification de l’usage d’Internet

dans les langues étrangères

3.3 Trois types d’apprentissage dans les langues étrangères

3.4 Bilan

4. Apports de l’enseignement multiforme pour l’apprentissage des langues étrangères

4.1 Avantages

4.2 Désavantages

4.3 Bilan

5. L’enseignement à distance

5.1 On-line / off-line

5.2 Secteurs de l’enseignement à distance

5.3 Les effets de la transformation

5.4 Commercialisation et industrialisation de l’enseignement

5.5 Bilan

6. Un outil d’évaluation des ressources pédagogiques

7. Exemples de l’enseignement multiforme des langues

7.1 Niveau universitaire : Montpellier 3

7.2 Formation professionnelle : HTML-lesson

7.3 Dans les écoles : l’écriture collaborative

7.4 Tous les niveaux : Simulab – simulations en ligne sur le Web

8. L’enseignement des langues à distance

8.1 Niveau universitaire : West Valley College

8.2 Aux écoles : Jyväskylä

9. Bilan et perspectives

9.1 Bilan

Bibliographie

 

L’avant-propos

 

J’ai obtenu mon premier diplôme universitaire en 1998 en Finlande, de l’Institut Universitaire de la Formation des Maîtres. Au cours de mes études, j’ai passé une année universitaire aux Etats-Unis (1993-1994) et deux années en France (1996-1998). J’ai fait la maîtrise (BAC+5) en éducation, je suis institutrice titularisée.

Je me suis plutôt intéressée à la question de " comment enseigner " que de "quoi enseigner ". Pour cette raison la didactique et les différentes méthodes d’enseignement attirent mon intérêt. J’ai eu la bonne occasion d’observer des pédagogues différents et des méthodes très variées de l’enseignement en Finlande, aux Etats-Unis et en France. Sans vouloir les comparer, j’ai combiné les aspects intéressants de tout ce que j’ai vu dans ces pays.

Pour moi l’apprentissage des langues étrangères est devenu important. Je parle le finnois (ma langue maternelle), le suédois (la deuxième langue officielle en Finlande), l’anglais, l’allemand et le français. La maîtrise des autres langues que ma langue maternelle me permettent de voyager, d’habiter dans les pays différents et de m’intégrer dans les groupes différents. Non seulement je peux communiquer avec les gens, mais également atteindre des objectifs importants dans ma vie professionnelle. Cette année incluse, j’apprends le français depuis trois ans. Le DEA m’a demandé d’approfondir ma maîtrise de la langue, qui a été la difficulté la plus grande rencontrée pendant ce mémoire.

La continuité de ma recherche va être le stage à la Commission Européenne, à la Direction Général de 22 où je peux mettre en pratique mes connaissances. La DG 22 a pour les objectifs la jeunes, l’éducation et la formation. Mon stage se déroulera dans la sous-section qui s’occupe de l’enseignement à distance et des programmes européens des langues étrangères.

Dans ce mémoire je présente ce que j’ai trouvé les plus pertinents dans le domaine de l’enseignement et de l’apprentissage des langues étrangères via Internet. Pour moi c’est un travail de base qui me permet d’analyser ce qui est et ce qui devrait être d’actualité dans le monde de l’enseignement. Cette base solide me donne une vue panoramique de l’usage des technologies de l’information et de la communication et me permet de visionner des applications pédagogiques et didactiques possibles de demain.

 

 

 

ENSEIGNEMENT ET APPRENTISSAGE
LE CAS DES LANGUES ÉTRANGÈRES
EFFETS DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

 

0. Introduction

 

Internet est souvent associé au concept d’interactivité. Est-il possible d’exploiter cette propriété pour mettre en œuvre des techniques spécifiques pour l’enseignement de langues vivantes étrangères ? Au contraire de l’enfant qui apprend sa langue maternelle dans un environnement naturellement interactif - et de façon permanente - l’étudiant suit régulièrement un cours où l’immersion linguistique est artificielle et de courte durée. Jusqu’à quel point est-il possible de reconstituer, à partir d’un tissu social virtuel (=Internet) les conditions idéales d’apprentissage, particulièrement l’apprentissage des langues étrangères ?

Il y a deux extrémités opposées de la condition d’apprentissage : il y a un enfant qui apprend sa langue maternelle dans son contexte naturel et il y a un apprenant qui suit des cours scolaires normaux dans une langue étrangère. Cette étude se pose la problématique suivante : est-ce que l’usage du tissu social virtuel (=Internet) et l’usage des technologies de l’information et de la communication peuvent artificiellement simuler un environnement d’apprentissage d’une langue étrangère qui ressemble à l’immersion totale dans une langue maternelle ?

Cette étude analyse l’usage d’Internet, les méthodes et les matériaux pédagogiques employés dans l’apprentissage et dans l’enseignement des langues étrangères, notamment l'anglais et le français. Elle centre sur la qualité du contenu et des méthodes. Compte tenu de la grande diversité et quantité des ressources de l’apprentissage et de l’enseignement des langues étrangères sur Internet, cette étude essaye de rester vigilant vis à vis de la tendance à idéaliser les possibilités de la communication et de l’interactivité illimitée.

Internet peut être vu comme un média de communication polymorphe, délocalisé et qui peut être exploité en temps différé (c’est-à-dire non en temps-réel). Grâce à ses ressources riches et variées, son caractère transculturel et sa facilité d'usage, Internet a déjà suscité bon nombre d’innovations dans le domaine de la didactique des langues étrangères.

Dans le milieu éducatif, Internet est utilisé de diverses manières. Internet est un outil pour accéder au savoir, il sert pour (1) la recherche d’informations. Le réseau est aussi une nouvelle ressource à disposition des pratiques pédagogiques, il sert à (2) collecter, (3) partager et classer les expériences et les pratiques éducatives mises à disposition par différentes instances. Une orientation importante est (4) d’établir et de maintenir les relations entre collègues, enseignants et élèves via, notamment, le courrier électronique.

Utilisé à fins pédagogiques, Internet a trois aspects majores : d’une part, certaines instances scolaires publiques ou privées mettent à disposition du public sur Internet des ressources pour l’apprentissage des langues étrangères. Ces banques des ressources proposent du matériel interactif de l’apprentissage pour les enseignants et les élèves. D’autre part, des cours classiques de langues proposent les leçons à distance sanctionnées par un diplôme. Ces cours fonctionnent souvent dans une logique d’auto-apprentissage utilisant le multimédia et Internet à des fins didactiques et pédagogiques. Enfin, l’apprentissage d’une langue étrangère peut provenir d’une autre façon d’utiliser Internet, lorsqu’il est utilisé comme outil d’apprentissage. Cette utilisation fait ressortir une notion importante : l’apprentissage guidé par des tâches et des projets.

L’objectif de cette étude est de mettre en évidence des exemples caractéristiques de cette nouvelle tendance en présentant quelques ressources et matériaux éducatifs. Nous explorerons aussi les méthodes d’enseignement et d’apprentissage utilisés. Cette étude, sans prétendre être exhaustive, aura pour but de rassembler des exemples significatifs dans les domaines constitués par l’enseignement multiforme et l’éducation à distance.

La première partie présente le cadre théorique, les objectifs, la problématique et les questions générales de l’étude.

La deuxième partie offre une vue générale et panoramique des attentes, des perspectives et des problèmes liés à l’usage d’Internet, notamment ceux qui découlent des programmes scolaires et de la formation. Les notions de l’école virtuelle et l’enseignement multiforme seront évoquées. L’accent est mis sur l’apprentissage  par le biais de la pédagogie constructiviste et des nouvelles approches de l’enseignement qui voient l’apprenant un individu actif pleinement conscient de la construction de ses connaissances. Egalement la question de l’éloignement et du contexte social dans laquelle l’apprentissage se situe.

Dans la troisième partie sont présentés le nouveau concept d’apprentissage des langues étrangères et les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement (TICE) des langues étrangères. Il y a un effort pour analyser et classifier les ressources pédagogiques sur Internet. Egalement une classification des types d’apprentissage est présentée.

La quatrième partie étudie les nouvelles approches et leurs applications vis à vis de l’apprentissage des langues étrangères sous l’angle du profit qu’elles peuvent tirer de l’Internet, de l’hypertexte et du multimédia.

La cinquième partie étudie l’enseignement à distance via Internet. L’intérêt est montrer comment la nouvelle approche d’enseignement multiforme influence le développement des méthodes didactiques utilisé par l’enseignement des langues étrangères à distance via Internet.

La sixième partie présente une méthode d’évaluation de la qualité des matériaux pédagogique des langues étrangères. Cette méthode est un outil, un Guide Qualité, pour les enseignants des langues étrangères et pour les concepteurs des matériaux pédagogiques.

L’analyse des exemples donnés dans la septième et huitième partie est pour part fondé sur la méthode présentée dans la partie précédante. Les exemples retenus pour ce mémoire ont été sélectionnés en fonction de la qualité innovative de leurs applications et leurs méthodes pédagogiques. Il y a deux classes différentes ; l’enseignement multiforme et l’enseignement à distance. Ces exemples ont été classés en fonction de leur public-cible. La première catégorie est composée des ressources destinées aux institutions universitaires et la deuxième regroupe les écoles et les lycées. Dans la septième partie il y a également un exemple de la formation professionnelle et un exemple qui est appliqué aux tous ces niveaux.

La dernière partie - le bilan et les perspectives - essayera de répondre aux questions soulevées dans les parties précédentes, et notamment, comment l’offre proposée par et sur Internet répond véritablement aux besoins de la Société de la Connaissance en ce qu’elle suppose des individus autonomes capables d’auto-orientation dans leur vie professionnelle et privée. Le but final est d’évaluer et de prévoir les apports d’Internet concernant les besoins d’apprentissage des langues étrangères dans la Société de la Connaissance.

 

1. Cadre théorique et objectifs de la recherche

 

Dans l’Agenda 2000, la Commission Européenne constate que les principaux moteurs des politiques internes de l'Union Européenne sont l’innovation, la recherche, l’éducation et la formation. Ils sont liés à la progression des connaissances, par le biais de la recherche et de l’innovation. Leur transmission s’effectue à travers l’éducation et la formation. Ces sont les quatre axes fondamentaux pour s’intégrer à la Société de la Connaissance qui constitue, selon l’Agenda 2000, la base même de notre société.

 

" Ceci rejoint directement l'objectif que s'est fixé l'Union de développer l'éducation et la formation tout au long de la vie – objectif réaffirmé par le Traité d'Amsterdam – qui confirme sa volonté de promouvoir le développement du niveau de connaissance le plus élevé pour son peuple grâce à un large accès à l'éducation et à la mise à jour permanente des connaissances. " [POUR UNE EUROPE COM, 1997].

Inspirée par cette déclaration officielle, la base théorétique de cette étude est fondée sur les mêmes objectifs que la Société de la Connaissance. L’intérêt est d’évaluer plus particulièrement comment ces objectifs sont atteints par l’usage d’Internet et d’évaluer la qualité de l’offre des ressources éducatives des langues étrangères sur Internet et par l’enseignement à distance.

D’une part ce mémoire s'efforce de dégager les caractéristiques de l’enseignement multiforme à travers Internet, particulièrement dans l’apprentissage et l’enseignement des langues étrangères. L’enseignement multiforme se définit par la diversité des formes de l’enseignement dans une classe au sein de l’école traditionnelle. L’enseignement multiforme juxtapose les moyens des nouveaux supports dans les situations d’apprentissage. Les mots clefs de l’enseignement multiforme sont : l’usage fondamental de la technologie de l’information et de la communication dans l’enseignement, le concept du savoir structuré comme un tissu et l’enseignement centré sur l’apprenant.

D’autre part ce mémoire se concentre sur l’enseignement à distance, notamment l’intégration des méthodes de l’enseignement à travers l’usage d’Internet, ainsi que de sa didactique propre par rapport à l’enseignement des langues étrangères.

L’approche de ce mémoire concentre beaucoup sur l’apprentissage en général. Le but est de montrer la complexité du processus de l’apprentissage, et de la situation d’apprentissage. Celle-ci est fortement liée :

    • à l’interactivité
    • aux aspects sociaux
    • aux émotions de l’apprenant

 

Ces aspects doivent être pris en compte dans la conception des matériaux pédagogiques et du multimédia éducatif. Car, le processus actif de l’apprenant, qui est fondé sur les métacognitions, est le moteur principal de l’apprentissage.

Le côté didactique et pédagogique est essentiel, car la situation d’apprentissage, créée par les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement (TICE), a besoin d’une base solide. Les méthodes à enseigner avec les TICE ne devront pas être appliquées selon les vielles méthodes à enseigner. Nouveau support a besoin des nouvelles méthodes ; comment enseigner et la qualité de l’enseignement deviennent valorisés. Les idées et les méthodes présentées dans cette étude peuvent être appliquées dans toutes les disciplines, mais particulièrement dans l’enseignement moderne des langues étrangères. C’est pour cela que les aspects didactique et pédagogique sont mis en valeur. Cette étude entends les termes didactique et pédagogie selon la définition de T. Toma :

 

" Le didacticien est un scientifique, spécialiste en didactique. La didactique est la science qui a pour objet l’étude et la constitution de méthodes d’enseignement. Le pédagogue est celui qui réfléchit, de manière théorique et pratique, à la façon d’enseigner devant des étudiants. " [TOMA, 1996, p.153]

 

Cette étude s’intéresse à l’usage innovant et stimulant d’Internet dans l’apprentissage des langues. Généralement deux dimensions opposées de l’enseignement se retrouvent sur Internet : il y a les cours de méthode traditionnels et les approches nouvelles utilisant l’enseignement multiforme. Les exemples choisis pour ce mémoire s’attachent plutôt à faire connaître la part de l’enseignement multiforme présentant les nouvelles approches d’apprentissage.

La base sur laquelle ces expériences s’appuient est la théorie constructiviste, qui sert de " parapluie " regroupant plusieurs nouvelles théories d’apprentissage et de construction des connaissances. Selon l'idée principale du constructivisme, le besoin de l’apprentissage se fait sentir quand l’apprenant participe au processus en échangeant et partageant ses expériences avec ses pairs. Dans ce mémoire la notion de l’apprenant comprend un individu actif, peu importance son âge, qui s’engage au processus d’apprentissage et qui est pleinement conscient de la construction de ses connaissances.

Dans cette étude l’ordinateur et le tissu social virtuel (=Internet) créé par l’usage d’Internet sont considéré comme :

 

    • un outil de médiation, un des éléments dans une situation d’apprentissage
    • d’outil à l’amélioration des aptitudes cognitives dans un ensemble complexe d’apprentissage

 

D. Jonassen a élaboré une classification des catégories de l’usage des ordinateurs et du média (au sens large) dans les situations d’apprentissage. Cette classification définit la technologie comme:

 

    • 1. instrument de travail
    • 2. associé intellectuel, le " Mindtool "
    • 3. contexte

 

1. Les exemples de la technologie utilisée comme un instrument de travail sont les traitements de texte, les éditeurs multimédia, les tableurs, l’accès à Internet, l’usage des newsgroups et mail lists et du courrier électronique. Quand utilisé à fins pédagogiques, ces outils aident les apprenants à construire et structurer les documents comme aussi leur savoir et leurs perceptions personnelles.

Par exemple en utilisant le traiteur de texte avec l’orthographe ou un tableur pour expliquer une idée en langue étrangère, l’apprenant doit réfléchir sur la structure de sa présentation. L’accès à Internet peut rendre les apprenants plus actifs à ce qui concerne la recherche d’information et la reproduction d’information. Egalement la collaboration et l’interactivité au sein du groupe et avec les autres personnes sont enrichi par la création d’un tissu social virtuel (=Internet) via le réseau Internet.

 

 

Technologie

Comme

Instrument

 

Accès à l’information

 

Représenter des idées et la communication

 

Produire des documents

Fig. 1 : Technologie comme instrument

 

2. La technologie considérée comme un associé intellectuel confirme le point de vue que l’ordinateur est comme une extension des facultés intellectuelles de l’homme, comme un outil du développement cognitif. Les "outils " sont les bases de données, la réalisation des documents d’hypermédia et la communication par le courrier électronique et les vidéoconférences.

Par exemple la construction des bases de données personnelles dans une langue étrangère utilisant les hyperliens entre les documents du multimédia, aide l’apprenant à construire et à percevoir la hiérarchie la plus élevée à ce qui concerne le système linguistique ou autres. Les TIC ont le pouvoir de stimuler le développement des habiletés intellectuelles, il s’agit de la construction des représentations internes d’aborder la connaissance. Cela est lié à la compétence des capacités métacognitives de l’apprenant, c’est-à-dire à la réflexion sur l’acquisition et l’expression du savoir, et au soutien de la réflexion interne de l’apprenant. Il y a une interaction entre les actions de l’apprenant et les opérations de l’ordinateur : cette interaction peut offre un cadre homogène pour les modèles utilisés dans le processus de développer la structure des représentations internes.

 

 

Technologie comme

Associé intellectuel,

Mindtool "

 

Expression du savoir

Soutien de la réflexion interne de l’apprenant

 

Soutien du processus de réflexion

 

Réflexion sur l’acquisition du savoir

Construction des représentations internes de la connaissance

Fig. 2 : Technologie comme associé intellectuel

 

Les didacticiels et les logicielles éducatifs qui exploitent du multimédia, les exercices basés sur l’interactivité avec une application éducative sur l’ordinateur, et les sites Web contenant des exercices sont inclus dans la technologie comme un associé intellectuel. Il ne s’agit pas seulement l’interactivité avec les machines des applications intelligences, car il y a également l’interactivité humaine incluse dans la communication qui se produit dans les situations d’apprentissage, comme également par l’échange du courrier électronique et dans les forums de discussion. Ces derniers ne sont pas seulement basés sur une forme textuelle, mais la communication peut prendre des formes visuelles et auditives selon les possibilités multiples de l’usage de la technologie de l’information et de la communication.

 

3. La technologie comme contexte considère les technologies de l’information et de la communication comme un outil à représenter des arguments, des idées et des perspectives. Cette notion contient des facteurs qui peuvent représenter et stimuler les situations de la vie réelle. Ils sont vus comme un espace-problème qui se basent sur le discours de communauté des apprenants et sur le tissu social de savoir. La technologie comme contexte a les " outils " tels que des applications pédagogiques utilisant l’hypertexte, les micro-environnements (comme Stimulab 7.4), l’apprentissage basé sur la résolution des problèmes (Cf. 3.2), le CSILE (Computer-Supported Intentional Learning Environments, pas traité dans cette étude) et le Web-based learning.

La technologie comme contexte valorise l’interaction sociale dans l’apprentissage des langues étrangères. L’accès à l’information sur Internet et la possibilité de communiquer, en théorie, avec le monde entier peut aider l’apprenant à constituer une appartenance dans un micro-environnement, qui le motive à apprendre une langue étrangère. Cet environnement peut être par exemple un groupe de chat, qui communique dans une langue étrangère permettant à l’apprenant une immersion linguistique artificielle, mais naturellement interactive. L’apprenant trouve son envie d’échanger ses opinions et être compris dans cet environnement. Cela pourvoit le besoin d’être accepté au groupe, le point qui motive l’apprenant à apprendre cette langue pour communiquer.

 

 

Technologie comme

Contexte

Representer et simuler les situation de la vie réelle

Représenter des arguments, des idées et des perspectives

Définir un espace- problème controlable soutenant tissu de savoir

Soutenir le discour de

la communauté des apprenants

Fig. 3 : Technologie comme contexte

 

Il faut noter qu’il ne s’agit plus seulement stimuler les sens auditifs et visuels par le multimédia, mais désormais les émotions sont impliquées dans le processus d’apprentissage. Une autre dimension importante est la création d’un tissu virtuel social de la communication et du savoir, qui a son importance à ce qui concerne l’échange du savoir et les sentiments d’appartenance dans une communauté virtuelle ou réelle.

 

 

1.1 Bilan

 

La classification de l’usage des ordinateurs et du média dans les situations d’apprentissage, crée par D. Jonassen, date déjà de 1995. Dans quatre ans le domaine des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement a beaucoup changé et évolué. Pourtant aujourd’hui, cette classification peut encore servir comme une basé des catégories dans l’usage éducatif des TIC. Enrichi par les nouvelles applications et des modernes formes de l’usage d’Internet dans l’enseignement, elle garde sa place pour cadrer le concept de la qualité.

Actuellement l’usage de la technologie comme un instrument est considéré comme un usage courant quotidien, même dans l’enseignement des langues étrangères. L'hypothèse que la technologie est un associé intellectuel, un " outil-pour-penser-avec ", est également répandue, même s’il n’y a pas de claires preuves qu’il existe des meilleurs résultats d’apprentissage avec ou sans des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement. C’est la manière d’apprendre et d’enseigner qui gagnent l’importance. De toute façon la technologie n’est plus considérée comme quelque chose qui pourrait remplacer l’enseignant, mais comme quelque chose qui aide le processus complique de l’apprentissage.

Pour les nouvelles approches de l’enseignement et pour l’enseignement multiforme c’est surtout la technologie considérée comme contexte qui ouvre les possibilités multiples, c’est-à-dire la création des environnements ouverts et stimulants d’apprentissage. Ce qui concerne l’apprentissage et l’enseignement des langues étrangères, la technologie considéré comme contexte permet l’idée de l’immersion totale dans un nouveau contexte linguistique, qui, grâce aux aspects sociaux et émotionnels, favorise l’apprentissage d’une langue basé sur la communication et sur les situations réelles de la vie.

Ces méthodes innovatives d’apprentissage s’accordent bien le besoin croissant de maîtriser des langues étrangères dans les situations diverses de la vie privée et professionnelle dans le monde de demain. Plusieurs exemples choisis pour ce mémoire présentent la catégorie de la technologie comme contexte, qui approuve qu’un nouvel outil à enseigner, c’est-à-dire les TICE, profite des nouvelles méthodes d’enseigner et d’apprendre pour bien fonctionner.

 

2. Enseignement et effets des technologies de l’information et de la communication dans la société

 

Cette partie offre une vue générale et panoramique des attentes, des perspectives et des problèmes liés à l’usage d’Internet, notamment ceux qui découlent des programmes scolaires et de la formation. Les notions de l’école virtuelle et l’enseignement multiforme seront évoquées. L’accent est mis sur la notion de l’apprentissage  par le biais de la pédagogie constructiviste. La question de l’éloignement et du contexte social dans laquelle l’apprentissage se situe est traitée.

 

Le développement de la technologie de l’information et de la communication a un effet global sur la société d’aujourd’hui. Il n’y a pas que les moyens de communication qui changent, mais ce développement influence également notre vie quotidienne et professionnelle. Il y a des nouvelles demandes de la part de société, qui émergent, et il est nécessaire de pouvoir savoir y faire face pour s’adapter à ces transformations.

Les problèmes principaux posés par ce développement sont, parmi les autres, liées à l’utilisation d’Internet. Il y a la question du libre accès à l'information qui crée des débats animés. Un des problèmes, qui est très débattu, est des celui droits d’auteur et des droits propriétés intellectuelles (DPI) du savoir sur les réseaux. Il n’est pas toujours clair savoir qui a le droit d’utiliser un matériel ou une ressource. Un autre problème est que la liberté de choix, d'expression, de la presse et la liberté d'agir ne sont pas les mêmes à l’échelle virtuelle d’Internet.

L’usage d’Internet changera la manière traditionnelle de travail. In n’est plus nécessaire de travailler dans un lieu fixé, en certain temps et avoir une certaine manière fixée de travail. La désynchronisation du travail, la délocalisation et la dématérialisation du travail créent une nouvelle profile de travailleurs. Ils sont les travailleurs du savoir dans la Société de la Connaissance. Peut-être les travailleurs d’aujourd’hui peuvent-ils encore continuer de les ignorer, mais pour la génération à venir ce sera la réalité quotidienne. Pour que ces problèmes ne constituent pas des obstacles insurmontables dans l’avenir, il est nécessaire de relever ces défis.

 

 

2.1 L’éducation pour la société de connaissance

 

L’une des fonctions la plus importante du système éducatif est la préparation de la jeunesse à la prise de responsabilité dans la société. Mais pour que le système éducatif puisse répondre à cette mission, il doit changer ses méthodes. Les aspects culturels, pédagogiques et sociaux sont estimés essentiels pour atteindre la compétence demandée par le développement de la technologie de l’information et de la communication.

Les innovations technologiques se transforment en innovations sociales d’un rythme plus lent que les capacités d'assimilation des individus. Pour cette raison l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement, dans les établissements scolaires, en formation professionnelle et en formation continue doit s’imposer dans le système actuel. Les apprenants d’aujourd’hui doivent être préparés dès l’enfance aux défis de la Société de la Connaissance, qui se sont composés de complexité, d’incertitude et d’abstraction.

Les apprenants doivent apprendre à profiter de ces nouvelles technologies qui les entourent continuellement. Le développement des ressources humaines est un acteur important pour le développement global. Pour y arriver, il est nécessaire d’accepter le fait de l’apprentissage tout au long de la vie. Les apprenants de tous âges devront être prêts à changer leurs stratégies d’apprentissage, leur mode de travail, et leurs aptitudes cognitives du savoir, pour être compétents dans la vie professionnelle. Le renouvellement des compétences personnelles est exigé pour permettre une meilleure adaptation aux nouvelles conditions de travail et une meilleure intégration professionnelle.

Puisqu’il n’est pas toujours évident de savoir de quels types de formation les apprenants auront besoin dans les années à venir, ces derniers devront être munis des meilleurs outils des capacités d’acquisition possible. Ils sont :

 

    • le concept d’apprendre à apprendre (défini dans la partie 2.3.1)
    • la capacité coopérative à la prise de décision
    • la capacité à travailler en équipes multidisciplinaires et multifonctionnelles
    • la capacité à prévoir le travail global
    • la maîtrise des outils informatiques
    • la maîtrise de deux langues étrangères
    • la connaissance et la compréhension de la culture de son propre pays comme également celle des autres
    • la créativité, la curiosité, l’innovation dans la résolution des problèmes
    • la capacité de prendre des risques
    • le passage d'un savoir objectif à un savoir construit
    • le passage d'une société industrielle à une société cognitive
    • le rôle croissant d'un processus de communication et d'acquisition de la connaissance au travers une technologie [RINGSTED, 1998]

 

Les établissements éducatifs sont en train de perdre la position dominante du savoir dans la société. Les entreprises industrielles sont devenues des lieux d’innovation de notre jour. Il est important que le système éducatif ait des liens avec ces lieux d’innovation, pour cela il faut se pencher vers l’extérieur et créer son propre tissu social virtuel de savoir. Pour le créer les apprenants ont besoin les bonnes capacités en communication dans leur propre langue comme dans les langues étrangères. Les possibilités sont illimitées, parmi elles, il faut noter :

 

    • les correspondances scolaires internationales
    • les liens vers des communautés
    • les liens vers le monde des affaires et le monde industriel

 

Un bon exemple de ce tissu social virtuel est le Netd@ys, une initiative de la Commission Européenne. Netd@ys est pour le but d’apprendre dans la société de l’information et de promouvoir les possibilités des nouveaux médias pour l’éducation, la formation et la culture. C’est surtout pour échanger des expériences et pour créer les partenariats entre les pouvoirs publics, les pédagogues et les entreprises. En 1998 il y a eu plus que 5000 événements dans tous les pays européens et 35000 organisations au participé, parmi lesquelles des écoles, des musées, des centres culturels, des maisons des jeunes et plusieurs entreprises.

 

 

2.1.1 La question de la citoyenneté

 

La citoyenneté ne peut plus être vue sous un angle limité aux frontières d’une communauté ou d’un pays, elle doit être considérée comme quelque chose plus vaste et globale. Grâce aux nouvelles technologies de la communication, notamment Internet, des communautés s’établissent sans accepter les limites géographiques, linguistiques et même ethniques. Ces communautés peuvent être centrées sur les mêmes intérêts éducatifs, professionnels, culturels, ethniques ou seulement pour le loisir. Au sein de ces groupes de gens sur le réseau, il y a le sentiment d’appartenance à groupe uni, à une citoyenneté.

Le système éducatif a un rôle à jouer dans la promotion d'une citoyenneté globale et active, à partir des institutions formelles, des initiatives des communautés et des individus. Pour ceux qui ont la chance de vivre dans une communauté activement connectée aux réseaux, la recherche d’information, le courrier électronique, le partage du savoir et le stockage des documents n’est plus une procédure étrange, cela est devenu une habitude normale. La communication par le tissu virtuel social devient une évidence.

Mais de nouveaux problèmes qui surgissent à cause de ces nouvelles formes de communication : avoir le droit de participer à la vie économique, politique et sociale n'équivaut pas toujours à pouvoir le faire dans la pratique. Cette possibilité limitée créée un écart avec les gens qui n’ont pas la possibilité d’être connectés et de s’exprimer sur Internet.

" A l’inverse de ce que donne à croire la représentation globaliste et égalitariste de la planète, ces logiques nous rappellent que la mondialisation des économies et des systèmes de communication et indissociable de la création de nouvelles disparités entre les divers pays ou régions, et entre les divers groupes sociaux ; en autres termes, source de nouvelles exclusions. " [MATTELART, 1999]

 

L’habitude à utiliser les technologies de la communication et de l’information est importante dans la société à venir et il y a des conséquences d’une grande portée. En forme de système éducatif, les décalages trop forts entre les gens " connectés " et " pas connectés " peut être réduit sur un certain point. La société devra offrir la possibilité à la compétence de l’usage informatique, parce que l’appartenance et la socialisation à la Société de la Connaissance se produisent en valorisant l’égalité dès l’enfance. Pour les apprenants qui ne sont pas favorisés dans ce domaine auront peut-être moins des chances dans la vie professionnelle.

Pour la société à venir, qui compte beaucoup sur la croissance des nouvelles technologies, la conscience globale est importante. Dans ce scenario Internet pourra jouer un rôle du média de résistance et des initiatives humanitaires. Dans  Accomplir l’Europe par l’éducation et la formation les auteurs soulignent les facteurs importants de la citoyenneté de la société à venir, qui devront être transmis par le système éducatif. Il y a :

    • la citoyenneté sociale
    • les droits et devoirs sociaux
    • le combat contre l'exclusion
    • la citoyenneté paritaire, c'est-à-dire le rejet des préjugés discriminatoires de genres ou d’ethnies

    • la compréhension de la valeur de l'égalité
    • la citoyenneté interculturelle
    • à savoir la valeur de la diversité et de l'ouverture au monde pluriel
    • la citoyenneté écologique

 

 

2.1.2 Le modèle-enseignants

 

La technologie de l’information et de la communication joue un rôle important dans le travail des enseignants d’aujourd’hui. Il apporte des changements majeurs, qui peuvent être vus soit comme inconvénients, soit comme avantages. L’enseignent peut donner l’exemple de l’apprentissage qui ne se produise pas uniquement à l’école, mais qui se gère dorénavant tout au long de la vie

Il est important d’encourager les enseignants à maîtriser leur domaine en pleine mutation, ce qui demande un travail continu de gestion des nouveaux flux d’information. Se préparer aux défis de la société à venir et se former dans le domaine des nouveaux médias en obtenant la compétence des nouveaux outils est devenu nécessaire. Permettre un accès à ces nouveaux outils de travail sera essentiel pour le travail d’enseignant. C’est un grand défi pour la formation des enseignants. De même, se pose la question du financement dans les établissements scolaires qui ne doit pas devenir un obstacle démotivant pour l’enseignant. Le rôle de l’enseignant se multiplie et les secteurs de compétence s’élargissent. A la fois, l’enseignant moderne doit :

 

    • maîtriser la préparation et la planification de l’enseignement via les TIC, c’est-à-dire qu’il devra être un ingénieur pédagogique, un expert de technologie et un éditeur de documents qui maîtrise l’usage des TIC
    • être un enseignant-instructeur, un tuteur, e maîtrisant le domaine de la communication interpersonnelle entre les apprenant.
    • être un évaluateur qui détecte les points forts et faibles de l’apprenant

 

Ce changement de rôle d’enseignant devra être mis en avant dans la formation des enseignants. Egalement l’exemple de l’apprentissage tout au long de la vie, car un enseignant est, par son action et par son comportement, un modèle pour l’apprenants.

 

 

2.1.3 Bilan

 

Pour répondre à sa mission, le système éducatif doit souligner les activités scolaires qui permettent la compétence de l’usage des technologies de l’information et de la communication et ses applications aux besoins de la vie réelle. Important est de créer les liens et les correspondances entre les collègues, les établissements scolaires nationaux et internationaux, et avec d’autres communautés pour d’élargir le point de vue et la connaissance. Par cette coopération, les apprenants comprennent l’importance du travail en équipe et l’intérêt d’un tissu social, qui grâce à Internet est devenu, virtuel.

 

2.2 L’enseignement multiforme et l’école virtuelle

L’enseignement multiforme et l’école virtuelle sont la nouvelle forme de l’enseignement, qui exploitent la technologie de l’information et de la communication comme un moyen de transmission du savoir. Ils s’appuient sur le concept de tissu social virtuel, un réseau de communication global liant des millions d’ordinateurs, d’instances et des individus dans la même structure de communication.

Il s’agit d’une métaphore du réseau, du tissu du savoir. Cette métaphore est plus profonde que les liens entre des ordinateurs, elle s’appuie sur le concept d’un environnement de réseaux d’apprentissage et sur le concept du savoir délocalisé dans chaque nœud de réseau. Il y a la notion de connaissance qui est homologue de la notion de savoir dans la théorie constructiviste de l’apprentissage. Ce réseau de savoir est une forme de tissu flexible, sans début ni fin, où chaque apprenant peut commencer son propre réseau en avançant progressivement dans son chemin.

Pourtant, la richesse de ce réseau du savoir n’est pas seulement dans ses nœuds innombrables de l’information et du savoir, mais surtout dans le contenu que les utilisateurs du réseau peuvent offrir les uns aux autres. Un individu étant souvent l’utilisateur de plusieurs réseaux sociaux, il peut enrichir le tissu social virtuel et rajouter des valeurs importantes dans cet ensemble. Cela valorise l’importance des activités scolaires de correspondances des utilisateurs du réseau avec le monde extérieur. Un des bons exemples, mise en pratique, est Simulab, qui est présenté dans la partie 7.4.

Cette métaphore est en opposition avec celle du savoir comme arbre, avec un tronc épais et long, et des branches qui ont plusieurs ramifications. Le fait d’acquérir la connaissance est perçue de la même façon que le fait de grimper cet arbre. Le début est le même pour tous. Ensuite la spécialisation est comme une branche se développant à sa direction. Cette métaphore de savoir comme arbre correspond à l’enseignent traditionnel.

La critique contre le système éducatif, peut-être depuis toujours, a été liée au fait qu’il ne correspond pas à la réalité de la société. D’où l’émergence de l’enseignement multiforme et de l’école virtuelle. Par le biais de tissu virtuel social, un réseau culturel et global, le système scolaire peut commencer à mieux répondre à cette critique.

Dans ce mémoire, en parlant de l’enseignement multiforme, la notion d’école virtuelle est incluse dans le concept. En fait l’école virtuelle est une forme plus évolué et plus abstraite de l’enseignement multiforme. Selon Tella, l’école virtuelle peut être considérée comme une forme d’évolution au-delà des établissements scolaires traditionnels. L’école virtuelle s’appuie sur le concept d’un environnement de réseaux d’apprentissage et sur les nombreuses possibilités des TIC. C’est un système éducatif basé sur les TIC. La différence la plus notable entre les méthodes traditionnelles de travail et ces nouvelles méthodes est l’usage fondamental de la technologie de l’information et de la communication en communication humaine.

Selon Tella, l’école virtuelle est une évolution logique de l’usage des ordinateurs dans l’enseignement. Elle permet une indépendance du temps, du lieu physique et une neutralité historique. Mais elle n’exige pas forcément une distance géographique ou temporelle. L’école virtuelle est centrée sur l’apprenant, mettant poids à son initiative dans le processus d’apprentissage.

Le phénomène de l’école virtuelle expliqué ci-dessous montre les côtés intéressants dans le développement rapide que l’enseignement dans les établissements scolaires et dans les campus des universités traditionnels est en train de prendre. Cela est également visible dans les changements qui bouleversent le domaine de l’enseignement à distance, qui s’approchent et évoluent dans la direction de l’école virtuelle prenant les formes de la technologie comme contexte. Dans ces domaines les technologies de l’information et de la communication et le tissu virtuel social créé par l’usage d’Internet peuvent être appliquées comme :

 

    • un instrument de travail pour les enseignants et les apprenants
    • un outil de l’enseignement et de l’apprentissage
    • un média de communication personnelle, multiforme et internationale

 

 

2.3 La nouvelle approche de l’apprentissage

 

La théorie constructiviste considère l'apprenant comme un individu qui construit ses propres connaissances à partir des expériences précédentes. Donc, tout ce que l'apprenant possède préalablement comme connaissance détermine comment il va désormais apprendre. C’est aussi la base pour appréhender comment il comprendra ce qu'il est en train d'apprendre et comment il l’intégrera dans ses connaissances à une nouvelle façon sensée.

 

" Constructivist theory (…) beliefs that learning is enhanced by ability to use content and context experiences to link and structure prior knowledge and new information in meaningful ways [NEWMAN, 1989]. Effective learning, therefore, needs to occur in social and active settings that have some authenticity as setting of learning and as gauged by later potential applications [SALOMON, 1995]. "

 

Le milieu dans lequel l’apprenant se situe a un effet très  important dans le processus de l’apprentissage, parce que l’apprentissage se produit en interaction avec le milieu, et aussi avec les pairs. Avec l’arrivée du constructivisme, le concept d’apprentissage horizontal, qui est constitué par les interactions et relations entre les apprenants, a été pris en compte de façon systématique comme une composante culturelle et relationnelle de l’apprentissage.

Utilisant les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement et l’apprentissage, il ne s’agit jamais uniquement des instruments. L’environnement physique et la présence des pairs influencent énormément le développement du processus d’apprentissage. J. Bruner, fondateur de la psychologie culturelle qui a beaucoup influencé les modèles de la médiation, fonde sa théorie d’apprentissage sur les dimensions sociales et émotives de l’apprentissage. A la suite des ses travaux le concept a évolué : l’essentiel de l’apprentissage réside dans les interactions qui se nouent au sein de la classe. La fonction de l’environnement est de placer l’apprenant en situation de confronter ses conceptions à celles des autres et de les transformer. L’avantage est que l’apprenant adopte un nouveau rôle, et ne prend plus celui de conventionnel.

L.S Vigotsky, un des fondateurs du constructivisme, a élaboré la théorie du niveau proximal de développement qui souligne la position d’un expert, d’un guide, dans les situations d’apprentissage. Selon cette théorie une tâche dans une situation d’apprentissage doit être ajustée légèrement au-dessous du niveau de l’apprenant pour qu’il puisse cibler ses objectifs, mais en même temps, constater ses possibilités de réussite. Si le devoir est trop facile ou trop difficile à poursuivre, il n’est plus motivant pour l’apprenant.

 

" La zone proximale de développement est donnée par l’écart entre d’une part le niveau de développement atteint par un individu donné agissant seul dans la réalisation d’une tâche et, d’autre part, le niveau de développement qu’il atteint lorsqu’il est guidé par un autre individu expert dans la réalisation de cette tâche. La collaboration est le guidage réalisé par l’expert. " [PORTINE, 1998]

 

Le rôle du guide est être un tuteur plus expérimenté. Grâce aux technologies d’aujourd’hui, ce rôle peut aussi être joué par un ordinateur, un tuteur intelligent, utilisant les applications de l’intelligent artificielle, qui adaptent au niveau de l’apprenant lui guidant à accomplir sa tâche pédagogique. Mais, bien entendu, que cette interaction avec une machine ne peut pas remplacer l’interaction humaine entre deux individus, même si dans certaines cas la collaboration avec une machine peut être plus favorisant pour l’apprenant.

Selon la théorie constructiviste, le rôle de l'enseignant se transforme. Il n'est plus considéré comme l’unique source de connaissance et comme l'autorité absolue du savoir dans la classe. Son rôle est plutôt un rôle d’accompagnateur qui observe, aide et soutient l'apprenant qui cherche de l’information que même l’enseignant ne connaît pas.

 

" La vision constructiviste de l’apprentissage, selon laquelle l’apprenant construit ses connaissances en interagissant avec un milieu (au sens didactique du terme), ou un environnement, donne à l’apprenant et à son apprentissage le premier rôle, aux dépens de la vision "transfert de connaissances" de l’enseignant à l’enseigné. Cette appellation permet ainsi d’évoquer un "environnement d’apprentissage" …" [BARON, 1994

 

Cet " environnement d’apprentissage " considère le processus de l'apprentissage comme plus important que l'acte d'enseignement lui-même. L’enseignant tend à être un guide de la construction du savoir de l’apprenant ; celui qui soutient la progression de l’auto-orientation et l’auto-apprentissage. L’auto-apprentissage - qui définit à la fois le sens et le désir de l’exploration et de la découverte par soi-même - est déterminant dans la procédure d’autonomisation de l’apprenant.

La réflexion sur soi-même ainsi que l’observation de son propre apprentissage sont importantes, car elles sont le fondement d’une auto-évaluation. Dans cette nouvelle approche, l’évaluation individualisée est faite en fonction des objectifs définis pour chaque tâche d’apprentissage. C’est à l’enseignant et à l’apprenant d’évaluer ensemble les progrès du processus dans le cadre des objectifs fixés. La différence entre cette optique et l’approche habituelle est énorme. Au lieu d’une évaluation effectuée sur la base d’objectifs communs pour tous les apprenants de la classe, l’apprentissage est évalué selon des critères individualisés.

La pierre angulaire du constructivisme est la définition d’objectifs clairs, c’est-à-dire bien définir la tâche d’apprentissage. L’apprenant doit d’abord savoir ce qu’il a besoin ou envie d’apprendre et ensuite seulement, il se donne les moyens d’atteindre cet objectif, et finalement de le réaliser. Cela semble une lapalissade, mais trop souvent, ce fait est négligé par les enseignants.

Si l’enseignement dans la classe est établi suivant un programme général applicable pour tous les élèves, la progression s’effectue en fonction du niveau moyen des élèves, ce qui induit une assimilation moyenne de connaissance pour chacun. Dans cette situation ce sont les élèves moyens qui en tirent le meilleur profit. Les médiocres et les talentueux ne sont pas pris en compte selon leurs besoins spécifiques. Par manque de temps, l’enseignant ne peut partager son attention entre tous les élèves. L’inconvénient qui en résulte est la négligence du niveau individuel des élèves et de leurs besoins personnels.

Selon l’approche nouvelle de l’apprentissage, les objectifs de l’enseignement et des cours enseignés doivent être élaborés personnellement pour chaque élève. Définir les objectifs individualisés de l’apprentissage est une tâche importante qui doit être faite conjointement par l’enseignant et l’apprenant. A l’aide de son enseignant, l’apprenant saura comment définir, développer et faire évoluer ses objectifs et les modalités appliquées à ses besoins. La difficulté de l’enseignement consiste aussi à harmoniser l’individualisation de l’apprenant au sein des activités de groupe et des activités individuelles.

L’enseignement déterminé en fonction des objectifs, des dispositions et du niveau individuel de l’apprenant, dont il recevait l’information, rend possible la personnalisation des leçons, et l’adaptation individualisée des modalités d’application du programme général de l’enseignement. Les élèves ne sont plus obligés de suivre la même leçon en même temps et en même lieu. Des possibilités techniques d’aujourd’hui mises à la disposition des enseignants, comme l’usage des ordinateurs, des réseaux locaux et d’Internet, aident l’organisation didactique aux manières différantes. L’enseignant doit formuler les cours et poser les problèmes de façon innovante et individualisé pour chacun des apprenants.

Selon le constructivisme, un apprentissage approfondi ne peut pas se produire sans une bonne motivation de la part de l’apprenant. Dans cette optique, apprendre quelque chose par cœur n’est pas l’objectif principal, même si cela demeure parfois indispensable, comme dans l’apprentissage des langues étrangères. L’usage d’Internet peut conduire à augmenter la motivation, extrêmement importante dans l’acquisition des langues étrangères, car la lisibilité des sites explorés est fonction de la compréhension de la langue. Plus le sujet et le contenu sont priori intéressants, moins la langue demeure une barrière insurmontable.

La motivation implicite évoque par la résolution des problèmes, ainsi que la curiosité naturelle doivent être utilisées à des fins éducatives. L’usage fréquent de cycle de l’apprentissage, qui contient la découverte du sujet, l’introduction du concept, et l’application du concept à quelque chose de nouveau, peut aider développer l’enseignement.

 

 

2.3.1 Apprendre à apprendre

 

Selon la nouvelle approche de l’apprentissage, le concept le plus important est celui de compétence d’apprendre à apprendre. C’est la compétence de mise en œuvre adéquate de savoir-faire à haut niveau d’efficacité dans une situation donnée. Il s’agit des activités métacognitives réflexives, qui sont cruciales pour auto-piloter, c’est-à-dire pour adapter les savoir-faire de base de façon optimale aux circonstances complexes.

Dans le processus d'assimilation des connaissances, il est essentiel que l'apprenant soit conscient de cet aspect essentiel dans ce qu’on attend de lui. Ce n’est qu’une fois cette capacité établie, qu’il est possible de parler de transfert du processus d'apprentissage. L'apprenant est alors capable d'utiliser la connaissance issue de son apprentissage dans des situations nouvelles ; il se trouve du même coup légitimé pour se lancer de nouveaux défis sachant qu'il peut les atteindre concrètement.

La recherche de l’information, sa manipulation et sa reconstruction sont à la base d’une façon d’apprendre et de travailler qui s’est considérablement transformée avec l’arrivée des technologies de l’information et de la communication, notamment les hyperliens. La compétence d'apprendre à apprendre est exigée dans la vie quotidienne. Il est important de maîtriser des stratégies d’apprentissage, qui sont plus en plus demandées dans le domaine des nouvelles technologies.

Par l’utilisation active du Web à des fins pédagogiques, un utilisateur est en mesure de faire un auto-apprentissage qui lui ouvre toutes les possibilités de l’usage d’Internet. Le point essentiels est que pour chercher de l'information sur Internet, il est indispensable de savoir comment faire, quoi chercher et où chercher. Chaque apprenant peut constituer et reconstituer son information en fonction de ses besoins, afin de la mémoriser de la façon plus efficace possible. En travaillant de façon constructive, l’apprenant

 

    • classifie
    • analyse
    • prévoit
    • crée du savoir personellemt sensé

 

Ces quatre fonctions de construction du savoir ainsi développent les capacités métacognitives de l’apprenant. Se lancer à l’aventure, en disposant seulement de faibles capacités pour la maîtrise des procédures informatiques devient vite frustrant pour l’utilisateur. Le monde informatique est trop vaste, et le flou général devient vite un défaut qui freine l’apprentissage. Dans ces conditions se démotiver peut rapidement devenir un obstacle insurmontable pour l’apprenant.

Dans l’acquisition des connaissances, la nouvelle approche s’appuie sur la résolution de problèmes. L’innovation dans le processus de l’apprentissage est un point essentiel, souvent exploité dans les programmes de l’enseignement utilisant les technologies nouvelles. Le processus de l’apprentissage innovant commence par évoquer la motivation de l’apprenant en donnant les objectifs de l’apprentissage, c’est-à-dire en formulant le problème de l’apprenant de telle sorte qu’il suscite en lui son envie naturelle de le résoudre, et qu’il le motive.

Pour résoudre les problèmes posés, les apprenants ont besoin de méthodes et de moyens qui doivent leurs être enseignés de façon à apprendre à apprendre les méthodes.

 

 

" Pour les systèmes d’éducation et de formation, l’enjeu est de développer la capacité des individus à résoudre des problèmes, ce qui est une capacité très différente de celle que l'on manifeste en appliquant des algorithmes ou toute autre forme de pensée préconstruite. La capacité à résoudre des problèmes est aujourd'hui la capacité déterminante d’un individu pour s'adapter au monde mouvant actuel, de même qu’elle est essentielle pour favoriser son développement au sein des entreprises. Elle favorise son apprentissage de l’organisation, l'enrichit de nouvelles compétences et permet la constitution d'une base spécifique de connaissances qui devient un facteur décisif de compétitivité et de renouvellement. " [ACCOMPLIR L'EUROPE...

 

 

2.3.2 Bilan

 

L’objectif du constructivisme est de promouvoir le besoin d’expérimentation et de développer une autre organisation des classes, un autre type de cours que les cours standardisés. Les nouvelles technologies aident l’enseignant considérablement dans l’organisation d’une nouvelle forme du programme de travail. Le travail d’un élève sur une tâche pédagogiquement bien défini, sur un sujet choisi par lui-même à niveau parfaitement adapté à ses dispositions devient intéressant, et même fascinant. Cette organisation du travail lui permet d’avancer à son propre rythme.

 

Les notions importantes sont :

    • apprendre à apprendre
    • la tâche d’apprentissage
    • la résolution de problèmes
    • les composants culturels et relationnelles dans l’apprentissage
    • le rôle d’enseignant qui change

 

 

2.4 Les types d’apprenants

Dans une situation d’apprentissage chaque apprenant a des besoins et des fonctions spécialisées et individualisées ; il participe au groupe en tant qu’individualité ayant des caractéristiques personnelles et son propre projet d’apprentissage. La difficulté dans une situation d’enseignement est de créer les conditions pour que chaque apprenant puisse tirer le maximum de ses modes cognitifs.

L’organisation d’une leçon peut être simplifiée par la prise en compte des différents types d’apprenants. La classification peut être faite en fonction des capacités dominantes de l’apprenant. En gros il y a le type auditif et le type visuel. Ce qui convient au type auditif ne conviendra pas forcément aux apprenants de type visuel. Dans une situation d’apprentissage où les exercices utilisant les TICE sont basés sur le texte, les apprenants visuels en profitent, et il faudra penser à multiplier les messages auditifs pour satisfaire les auditifs. Egalement l’exercice basé sur le texte peut être utile pour les apprenants qui ne sont pas très spontanés et prêts à communiquer face-à-face au professeur ou aux autres apprenants. Pourtant pour les auditifs cela peut poser les problèmes, car pour eux une situation favorable stimule plutôt le sens auditif. Pour ces apprenants par exemple les vidéoconférences et les situations d’interaction avec les dessins, les images et le son conviennent mieux. La construction d’une représentation basée sur les tâches pour une grande diversité d’apprenants devra contenir une grande diversité de matériaux pour les différents types.

Il y également une façon plus fine de classer les apprenants. Pour T. Toma, il y a quatre grandes catégories :

 

    • les conceptuels
    • les kinésiques
    • les analytiques/systématique
    • les synthétiques

 

" Le conceptuel intériorisera et modélisera beaucoup plus que le kinésique qui aura besoin de faire pour "réaliser", le systématique procédera méthodiquement étape par étape, alors que le synthétique, après un parcours analytique très rapide, ira directement à l’essentiel, et s’en contentera. La difficulté consiste alors à mettre en œuvre des activités méta-cognitives correspondant à ces différents types, tout en sachant que chaque apprenant appartient dans des proportions variables à chacun des quatre types. C’est à ce point qu’il faut, en plus des modes cognitifs, prendre en compte les attitudes cognitives des apprenants, qui sont, elles, liées à leur personnalité. Certains ont peur "d’imaginer ou de déduire par eux-mêmes". Le didacticiel devra donc les rassurer en leur montrant souvent qu’ils ne se sont pas trompés. Certains au contraire sont du type "sûr de soi". Il ne faudra pas hésiter à parsemer leur parcours didactique d’interrogations au cas où ils ne se poseraient pas eux-mêmes les questions nécessaires sur leur degré de compréhension. D’autres sont plutôt du type "passif", et ont l’habitude de tout recevoir du "maître" sans faire d’effort pour trouver par eux-mêmes. Les activités de déduction des processus heuristiques seront alors susceptibles de les "réactiver". " [TOMA, 1996, p.164-166]

 

 

2.5 Acteurs en situation d’apprentissage

La compréhension des situations de l’apprentissage et de l’enseignement a été élargie et approfondie grâce à la recherche récente. Les résultats fournissent des apports importants au développement de l’enseignement multiforme utilisant la technologie de l’information et de la communication. Il y a quatre notions importantes dans la situation d’apprentissage qui ont été classifié. Ces notions sont :

 

    • la distance transactionnelle
    • l’interaction
    • le contrôle de l’apprenant
    • le contexte social.

 

1. La distance transactionnelle existe dans toutes les situations de l’enseignement ; c’est la quantité de dialogue et la structure du cursus entre l’enseignant et l’apprenant. C’est-à-dire qu’il y a plus de distance transactionnelle quand le cursus est fermement structuré et que le dialogue entre l’enseignant et l’apprenant est réduit. C’est particulièrement le cas dans l’enseignement traditionnel. Saba et Shearer [1994] ont constaté que la distance transactionnelle diminue quand le dialogue augmente. Donc, ce n’est pas l’emplacement physique qui détermine l’effet de l’enseignement, mais c’est la quantité de distance transactionnelle entre l’enseignant et l’apprenant. Il est constaté que l’usage des médias multiformes peut permettre une variété plus vaste de transaction pour améliorer le dialogue et diminuer la distance transactionnelle.

2. L’interaction dans les situations de l’enseignement existe en trois formes ; entre enseignant - apprenant, entre apprenant - contenu et entre les apprenants. L’interaction enseignant - apprenant a pour composant le modèle d’information qui existe en retour entre les deux. L’interaction apprenant – contenu correspond à la méthode d’obtention des informations intellectuelles concernant les matériaux éducatifs. Le dernier type, l’interaction entre les apprenants, concerne l’échange d’information entre les apprenants, le dialogue qui se produit soit sous forme structurée soit sous forme non structurée. C’est-à-dire l’apprentissage horizontal parmi les apprenants.

Ces concepts sont importants pour l’efficacité dans tous les types d’enseignement, mais spécialement pour l’enseignement utilisant les technologies de l’information et de la communication, il existe un quatrième type, qui est l’interaction apprenant – interface [HILLMAN 1994]. Ce constat détermine une composante critique qui se dégage l’interaction entre l’apprenant et la technologie qui transmet l’information. Le concept inclus la compréhension de l’utilisation de l’informatique et de l’usage d’une interface. L’apprenant qui ne dispose pas de la compétence nécessaire en informatique dépense énormément de temps et d’effort à apprendre à manipuler l’interface, et cela aux dépens de l’apprentissage du contenu. C’est un point essentiel qui doit être pris en compte dans la conception des matériaux pédagogiques pour l’enseignement à distance qui utilise les technologies de l’information et de la communication.

3. Le contrôle de l’apprenant est liée à l’indépendance de l’apprenant. Le lieu du contrôle du processus de l’apprentissage peut être fortement interne ou externe. Le concept du contrôle du processus de l’apprentissage est défini par l’indépendance (possibilité de choix) et par la compétence (des habilités et des capacités) de l’apprenant ainsi que par le soutien (humain et matériel) obtenu. Utilisant les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement, et surtout dans la formation à distance, les apprenants du contrôle externe prennent le risque d’abandonner leurs études. Les apprenants avec un contrôle plutôt interne persistent d’avantage dans leurs études. Pour une conception réussie des matériaux pédagogiques utilisant des TIC, ces deux aspects opposés doivent être sérieusement pris en compte.

4. Le contexte social de l’apprentissage quand les technologies de l’information et de la communication sont utilisées, est un domaine assez nouveau pour la recherche. Ce contexte social est important en notion de tissu social virtuel. Des étudies sont menées sur quelle façon le contexte social et la présence des nouvelles technologies influencent la motivation et le comportement de l’apprenant dans le processus de l’apprentissage et de l’enseignement. Il s’agit d’apports capitaux, puisque l’ambiance en utilisant les TICE est très différente des situations traditionnelles de l’enseignement, qui s’appuient surtout sur une présence physique de l’apprenant dans un cours.

Ce nouveau contexte créé par la technologie présente des effets sur l’ambiance sociale entre les apprenants. On est tenté de constater que l’éducation intégrant les ordinateurs dans l’enseignement diminue le mode de comportement discriminant par rapport à l’égalité sociale parmi les apprenants. Ceci par le biais de l’anonymat du sexe, de la race et de l’apparence physique. Pourtant les apprenants qui rencontrent des difficultés pour s’exprimer par l’écriture ne sont pas favorisés par ce média, qui est encore trop souvent basé sur le format texte.

La notion de la présence sociale contient l’évaluation du degré de l’apprenant quant à son sentiment d’être socialement présent dans une situation d’apprentissage via les technologies de l’information et de la communication. La présence sociale est inhérente au média de communication ; par le biais de tissu social virtuel l’apprenant rencontre une quantité variable de présence sociale. Cela peut s’appeler également la téléprésence. Les facteurs sociaux dans une situation d’enseignement utilisant le réseau sont l’information et l’encouragement en retour, le caractère immédiat des réactions et l’intimité.

 

 

2.6 Bilan

Des changements profonds qui transforment la société et le système éducatif d’aujourd’hui ont provoqué l’émergence de l’école virtuelle en sa dimension organisationnelle et la théorie constructiviste à son savoir humaine sur l’apprenant. Elles sont les réponses aux échecs confrontés par le vieux système. La théorie constructiviste, le développement de l’école virtuelle, les études sur les types d’apprenants et sur la situation d’apprentissage sont des domaines importants de la recherche éducative. Pour éteindre les plusieurs défis de la société à venir, ces pistes de recherche ont beaucoup consacré à la conception pédagogique et à la structure didactique des nouvelles manières d’enseigner et d’apprendre utilisant les technologies de l’information et de la communication.

Alors que le système éducatif est en pleines mutations il est nécessaire de prendre conscient des nouveaux courants d’enseignement et d’apprentissage. Les experts de la science de l’éducation et de la didactique ont une position stratégique dans la conception et la réalisation des systèmes, des modèles et des réseaux éducatifs et pédagogiques de demain. Leur savoir sur la nouvelle théorie d’apprentissage est prépondérante dans la mise en œuvre des nouvelles formes d’apprentissage et d’enseignement dans l’environnement numerique.

Le développement de l’usage des ordinateurs et de la technologie dans l’enseignement a progressé en parallèle avec les sciences humaines, spécialement avec celles de la théorie d’apprentissage. Dans les années 60 il y a eu la psychologie comportementale avec l’idée de l’efficacité basée sur rétroaction, qui a influencé la naissance de l’enseignement programmé et l’enseignement assisté par ordinateur (EAO). Ensuite la psychologie cognitive a beaucoup apporté à l’enseignement intelligent assisté par ordinateur (EIAO). Les connaissances accumulent sur la compréhension du processus d’apprentissage, et le développement de l’intelligence artificielle donne la possibilité de créer des agences pédagogiques virtuelles et des applications adaptables sur le niveau de l’apprenant.

Actuellement, la création d’un tissu social virtuel va déparie avec la notion du réseau de communication. C’est par le développement de Hyper Text Transfer Protocol (HTTP), qui a établi son domaine dès les années 80, et par le développement des browsers, des applets Java et de Java Script, que le World Wide Web, partie spécifique d’Internet, a pu prendre les dimensions actuelles.

L'usage des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE) est en train d’établir définitivement le bien-fondé de la théorie constructiviste - introduite pour la première fois dans les années soixante. Le développement des nouvelles technologies pour l’enseignement s’est accompagné de l'entrée des ordinateurs dans les établissements scolaires et universitaires. Même si aujourd'hui nous ne pouvons pas affirmer qu’un ordinateur individuel est à la disposition de chaque élève, il est constaté qu'en général, chaque école dispose au minimum d’un ordinateur connecté à Internet.

Les perspectives de la pédagogie utilisant les TICE sont axées :

 

    • sur l’utilisation des ordinateurs et des connexions Internet
    • sur la compétence des professeurs
    • sur le contenu et la qualité des logiciels, des programmes et des sites Web

 

Les notions de l’école virtuelle et de l’enseignement multiforme sont pertinentes dans l’évolution du système éducatif. Elles mettent en valeur l’importance du tissu social virtuel, c’est-à-dire l’usage fondamental des technologies de l’information et de la communication. Ce tissu social virtuel se fonde sur la communication et sur la co llaboration entre les diverses organisations. Ces organisations sont les acteurs clés de la société ; ces sont les pouvoirs publics, les bailleurs de fonds en matière d’éducation, le secteur privé et les propriétaires et les exploitants de réseaux de communication.

L’école virtuelle et l’enseignement multiforme se concentrent sur l’apprenant actif. Leur approche considère l’apprentissage une activité dynamique, complexe et intentionnelle avec des composants biologiques, psychologiques et sociaux, l’approche théorique se fonde sur les " nouveaux " courants (dont certaines datent déjà du début du siècle) de l’éducation et de la pédagogie. Ceci peut être regroupe au sein la théorie constructiviste.

Cette approche valorise le parcours individualisé de l’apprentissage, donc la connaissance de l’apprenant et de ses besoins personnels. La classification des types d’apprenant facilite l’enseignant dans cette tâche, même s’il faut se rendre compte que la classification des individus est toujours grossière, car chaque apprenant est différent. En gros, il est possible de parles des types auditifs et visuels, et les types conceptuels, kinésiques, analytiques et synthétiques. Chaque apprenant se comporte différemment dans les situations d’apprentissage telles que la distance transactionnelle, l’interaction, le contrôle de l’apprenant, le contexte et la présence sociale.

 

 

3. Le concept d’apprentissage des langues

 

Dans cette partie seront présentés le nouveau concept d’apprentissage des langues étrangères et la technologie de l’information et de la communication dans l’enseignement (TICE) des langues étrangères. Il y a un effort pour analyser et classifier les ressources pédagogiques sur Internet. Egalement une classification des types d’apprentissage est présentée.

 

Cette étude porte essentiellement sur les pays de l'Union Européenne, bien que quelques exemples viennent des Etats-Unis et du Canada. L'usage d'Internet étant un phénomène assez nouveau dans le milieu éducatif – à partir des années quatre-vingt-dix - les expériences s’accumulent dans les pays qui utilisent beaucoup Internet. Depuis quelques temps dans ces pays, l’usage d’Internet a été normalisé dans le cadre scolaire. Ce fait permet naturellement le développement de son usage dans l’apprentissage des langues étrangères.

L'anglais étant utilisé sur les sites Internet dans plus de 80% des cas, une bonne maîtrise de cette langue est un avantage pour explorer le réseau. C’est une des raisons pour laquelle l’apprentissage de l’anglais a été choisi comme exemple dans cette étude. L'autre langue choisie pour illustrer ce mémoire est le français, aussi bien pour des raisons culturelles que pour illustrer le dynamisme de la francophonie sur Internet.

Les langues constitutives de la zone Europe ont également joué un rôle déterminant sur le choix des langues de cette étude. Dans chaque pays d’Europe, l'apprentissage des langues constitue un élément crucial pour la construction d'une Europe unie et pour la promotion du sens d'appartenance à l'Union Européenne.

Dans le Livre Blanc de la Commission Européenne sur l'Education et la Formation [1995/1997], un des cinq objectifs généraux est que chaque citoyen maîtrise trois langues communautaires.

 

" Le plurilinguisme étant un élément fondateur de la société cognitive est devenu une condition indispensable pour pouvoir bénéficier de ses possibilités. "

 

L’apprentissage des langues est un capital primordial pour la mobilité des communautés, des étudiants et des travailleurs. Les compétences linguistiques facilitent l’accès aux pays en améliorant la connaissance des différentes cultures.

L'apprentissage des langues est un des objectifs principaux de l'éducation dans tous les pays concernés par cette étude, notamment dans les pays officiellement multilingues comme la Belgique, le Canada, la Finlande et la Suisse. L’enseignement des langues étrangères progresse dans les écoles primaires. Selon une enquête sur les jeunes européens, les trois langues les mieux parlées (en dehors de la langue maternelle) sont l’anglais (53,7%), le français (19,9%) et l’allemand (11%). 71,3% des sondés affirment être capables " de parler suffisamment bien pour participer à une conversation ".

Quant aux pays anglophones, comme l’Angleterre et les Etats-Unis, l'apprentissage des langues étrangères n’a pas exactement la même valeur que pour les pays non-anglophones. L’anglais étant la langue dominante dans le monde, les anglophones ont une position privilégiée dans la communication.

Cependant dans ces pays, la motivation vis à vis de l’apprentissage du français reste assez importante pour raisons culturelles. Selon une étude du Haut Conseil de la Francophonie, en dehors de la France, il y avait en 1994 plus de 50 millions de personnes qui apprenaient le français ou étudiaient en français.

Pourtant aujourd’hui, aux Etats-Unis, l'espagnol est devenu une langue importante en raison de l’importance de la culture hispano-américaine. Cela se passe surtout dans les états de haute densité de population d’origine immigrante, comme l’Arizona, la Californie, le Massachusetts, et l’état de New York. La question de l’enseignement bilingue (anglais-espagnole) est devenue politique et délicate, et elle divise les gens dans deux champs. Il y en a pour l’enseignement bilingue qui promouvaient l’enseignement dans la langue maternelle, et pour " English Only ", qui exige tout l’enseignement en anglais. Aux Etats Unis actuellement il y a 3.2 millions pupilles qui attendent l’école primaire possédant seulement les capacités limites en anglais.

La nature de l’apprentissage des langues étrangères a changé récemment. Il est important de comprendre que l’apprentissage dépend de la motivation à apprendre de nouvelles langues en général. Egalement aujourd’hui, apprendre une langue est devenue important du point de vue de son usage courant : la langue est avant tout un instrument, un média de communication. Auparavant, l’enseignement des langues était plutôt axé sur la construction grammaticale.

La compétence dans les langues étrangères se compose de deux aspects : les fonctions linguistiques et la compétence communicative. Actuellement l’aspect mis en valeur dans l’apprentissage et l’usage des langues étrangères est la valorisation de la communication : il est important de transmettre le message et d’être compris. Maîtriser la production et la transmission d’un message en langue étrangère est crucial.

L’acteur clé dans une situation de communication est l’interaction qui se fonde sur les fonctions linguistiques. Un message, soit verbal ou écrit, doit être :

 

    • produis
    • transmis
    • reçu par quelqu'un d’autre

 

Les autres acteurs dans une situation de communication se fonde sur la compétence communicative qui a trois composants :

 

    • sociolinguistique
    • linguistique
    • pragmatique

1. Le composant sociolinguistique est le lien entre la compétence communicative et les autres compétences d’apprendre à apprendre, il met en valeur les acteurs culturels qui sont essentiels en apprentissage des langues étrangères. Par l’intermédiaire d’une langue, les messages, les opinions, et même l’identité culturelle sont véhiculés. La langue permet d’amorcer un dialogue qui peut mener à la connaissance de cultures différentes. D’où émerge le fait qu’aujourd’hui l’apprentissage culturel est important dans l’enseignement des langues étrangères, car une culture s’expose dans sa langue, même si c’est souvent par le biais des médias.

2. Le composant linguistique contient les domaines comme la connaissance lexicale, phonologique et syntaxique. C’est la connaissance de vocabulaire et de terminologie spécifique liée aux secteurs différents, par exemple aux structures fixes utilisées dans une langue, comme aussi à la connaissance de prononciation et d’intonation.

3. Le composant pragmatique valorise l’usage de la langue dans son propre contexte, par exemple la différence entre la langue familiale et officielle. Il n’y a plus seulement une langue de norme enseignée dans les cours, mais il a y ses plusieurs applications selon le but d’usage. Les expressions quotidiennes, les proverbes et les idiomes deviennent importants, ils sont un genre d’échange culturel ; dans la plupart des cas, ils ne peuvent pas être compris mot à mot, sans faire appel à la connaissance culturelle à laquelle ils sont souvent intimement liés.

 

L’enseignement privilégiant la communication accepte les fautes dans la langue pratiquée, car elles forment une composante naturelle du processus de l’apprentissage. De ce point de vue, c’est l’usage de la langue qui est encouragé, parce que, parfois, il est important d’oser prendre des risques de commettre une faute pour "passer" un message.

Cette tendance dans l’enseignement correspond au CLIL (Content and Language Integrated Learning), l’apprentissage intégrant un cursus et une langue étrangère. Le CLIL est un objectif encouragé par l’Union Européenne. Il s’agit d’une formation intégrée, où des cours portant sur une ou plusieurs matières sont données dans une langue étrangère. Selon cette approche, l’apprentissage d’une langue étrangère n’est plus la fin en soi : elle sert pour d’autres finalités.

Une autre orientation nouvelle systématiquement recherchée est l’enseignement précoce des langues étrangères. L’enseignement commence de plus en plus tôt à l’école, ce qui permet de développer des approches méthodologiques nouvelles correspondant mieux aux besoins des enfants. Dans l’enseignement précoce, il est noté qu’il faut choisir de privilégier plutôt l’initiation à une langue, et qu’il faut optimiser les conditions et les facteurs qui déterminent la continuité de l’apprentissage et l’efficacité du résultat.

La recherche menée dans le domaine de l’enseignement bilingue a également des apports à l’enseignement des langues étrangères. Il y a deux méthodes principales de l’enseignement bilingue : la méthode de l’immersion totale et l’approche d’intervalle. La méthode de l’immersion dans une langue s’appelle sink or swim, se noyer ou nager, est une situation de deux options. Cette approche est très efficace, mais peut facilement devenir violante et traumatisante pour l’apprenant. Pour cela la création de l’environnement positif d’apprentissage et l’accompagnement de l’enseignant sont essentielles. L’autre approche commence plus doucement, par les intervalles ; l’enseignement en une autre langue commence d’abord partiellement seulement dans quelques disciplines.

 

 

3.1 Technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement des langues étrangères (TICE)

 

L'usage des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement (TICE) des langues étrangères et la théorie constructiviste de l'apprentissage ont beaucoup en commun. Il y a des idées, des concepts et des objectifs qui sont partagés et soutenus par les deux approches, comme par exemple la notion de la tâche. Pour qu’une tâche linguistique puisse être profitable pour l’apprenant :

 

    • elle doit partir dès objectifs pédagogiques bien définis
    • elle utilise des données riches et authentiques
    • elle propose des activités d’un bon niveau cognitif
    • elle doit prévoir des interactions variées pendant et après l’exécution de la tâche.

 

Lorsque la façon d’apprendre les langues étrangères change, il faut aussi changer la façon d’enseigner. Le vieux modèle ne fonctionne plus. Aujourd’hui il est essentiel d’apprendre à profiter des technologies de l’information et de la communication dans l’apprentissage et l’enseignement des langues étrangères, car cette compétence a des effets longues portées. Ce nouveau domaine d’apprentissage ne rejette pas forcément toutes les méthodes existantes, mais les met sous une considération critique. La différence caractéristique entre les méthodes traditionnelles des nouvelles est la transition du média de masse à l’usage fondamental et individualisé de la technologie de l’information et la communication dans l’enseignement.

Selon S. Tella, le développement de l’enseignement des langues étrangères et les TICE ont progressé en parallèle au cours des vingt dernières années. Par exemple, dans l’apprentissage des langues étrangères, la méthode de la rédaction, qui est un processus de la rédaction - révision - réécriture – édition, n’est devenue appropriée qu’avec l’usage des traitements de texte qui a des outils comme le correcteur de grammaire et d’orthographe. Cela présent la technologie comme instrument. Actuellement les avantages sont plus nombreux avec des logiciels développés à des fins pédagogiques, comme par exemple avec le traitement de texte et du discours, et avec des moteurs d’idées pour l’écriture (Cf. FIG. 4).

Le premier cycle du développement de la didactique des langues a abandonné progressivement le structuralisme et s’est tourné vers le fonctionnalisme, en favorisant une interaction qui s’appuie sur l’expérimentation. A cette époque, des années 70, l’enseignement assisté par ordinateur était déjà à la mode.

L’étape suivante dans le développement du TICE a constitué en une ouverture vers des réseaux favorisant l’apprentissage par équipe dont chaque membre est spécialisé dans un domaine. L’orientation générale est celle d’une compétence communicative, et dans le TICE une compétence en multimédia est de surcroît nécessaire. La didactique des langues tend à accepter les fautes de langue comme un facteur normal du processus de l’apprentissage. En même temps, la communication établie par les gens entre eux – ainsi qu’avec les machines - renforce le processus de dialogue aux dépends du monologue, dont les exemples classiques sont les émissions de télé ou de radio.

Actuellement le monde informatique ouvre ses standards et il devient de plus en plus convivial. Dans le même temps, la didactique des langues étrangères est sortie des systèmes fermés en évoluant vers une construction ouverte du savoir. Les relations internationales sont revalorisées dans le contexte de tissu social virtuel. La didactique s’appuie à la fois sur le contenu d’un cursus qui valorise l’innovation dans l’apprentissage des langues, ainsi que sur des situations significatives et pertinentes dans ce processus. Il est essentiel d’apprendre des façons et des moyens différents de communiquer dans des situations variées.

La communication basée sur une télécommunication interactive multiforme s’inscrit dans la communication via le réseau des ordinateurs grâce à la télécommunication vidéo et au courrier électronique. Cette communication est indépendante du temps et de l’emplacement des personnes, ce qui selon Balle [1991, 95] a créé une utopie des connaissances universelles dans laquelle la possibilité de communication avec le monde est présente. Les trois formes de communication (le monologue, le dialogue et la communication multiforme) devront être impérativement incluses dans une didactique des langues étrangères de la société d’aujourd’hui.

Les correspondances par le courrier électronique avec les établissements internationaux sont devenues populaires. La communication entre des établissements scolaires jumeaux, quelque soit leur éloignement réel, est utilisée à des fins éducatives. Cela constitue les meilleures manières d’apprendre les langues étrangères qui facilitent la communication quotidienne entre les gens et les cultures différentes. Cette interaction provoque la maîtrise des fonctions linguistiques, qui sont liées à la compétence communicative. Un exemple de cela est le dispositif de l’Université de Montpellier 3, qui est présenté dans la partie 7.1.

La variété des langues vivantes utilisées sur les sites Web, dans les chats et les forums de discussions constitue un bon exemple des compétences sociolinguistique, linguistique et pragmatique, et de leur usage éducatif. Sur les chats et forums de discussion l’apprenant peut trouver des variantes différentes dans chaque langue, par exemple de l’anglais américain, de l’australien, du britannique et aussi du " bad english ", souvent utilisé par des interlocuteurs de langue non maternelle. Simultanément, l’apprenant peut identifier les différences entre l’origine des participants via leur langue exploitée. Cet avantage de l’usage d’Internet est lié au fait de délocalisation. L’apprenant peut bénéficier de plusieurs langages différents par la téléprésence, auparavant ces bénéfices ont été accessibles seulement en format textuel dans les livres scolaires et dans le littérateur ou l’apprenant a du voyager aux ces endroits.

 

Les forums de discussions sont utiles pour l’apprentissage de la langue parlée et des expressions usuelles, l’apprenant est à même d’y trouver du vocabulaire qui convient ses centres d’intérêt. Souvent cette langue ne satisfait pas les standards d’une langue officielle, dans ce cas c’est à l’enseignant de signaler à l’apprenant la différence entre la langue officielle et la langue informelle dans un discours.

La barrière de participer à la discussion n’est pas si élevée qu’elle empêche l’usage de la langue étrangère. L’utilisateur peut plus facilement prendre des initiatives et s’exprimer dans une langue étrangère quand il discute d’un sujet à la fois intéressantes et pertinentes pour lui, ce qui lui donne envie de communiquer et comprendre le contenu des propos échangés. Ces forums de discussions constituent également un bon entraînement à l’écriture d’une langue à condition de respecter l’usage d’orthographe, ainsi qu’aux capacités fonctionnelles linguistiques. La part de l’interactivité est présente dans cette réussite, ainsi que le vrai usage de la langue, qui est basé sur la communication entre les individus. Selon Tella ces composantes ont des rapports avec les capacités metacognitives et métalinguistiques de l’apprenant.

Pour les méthodes d’apprentissage des langues étrangères, l’usage du courrier électronique et des forums de discussion créent un passage d’un usage instrumental des ordinateurs à un usage de médiation. Alors le cadre théorique traditionnel est remplacé par l’introduction d’un nouveau cadre pédagogique.

" Dans les modèles de la méditation, l’apprentissage est une transaction et la médiation humaine, fondée principalement sur l’échange verbal, son unique mode de réalisation. Cependant, l’observation montre que dans bien des cas, la médiation se réalise par le truchement d’objets matériels dont la fonction est beaucoup plus que celle d’un simple auxiliaire. " (Par des objets matériels il entend parler des ordinateurs). [POUTS-LAJUS]

En ce qui concerne l’apprentissage des langues étrangères, ce concept met le poids sur l’usage d’une langue et ses expressions linguistiques en communication. L’initiation des expressions linguistiques est un des domaines les plus difficiles, car il exige non seulement la connaissance des mots, mais aussi une compréhension plus approfondie. Cette situation peut être vue comme une situation de résolution d’un problème. De la part de l’apprenant, dans ce processus de compréhension, il s’agit de s’adapter à la situation culturelle. Le terme utilisé en anglais est la capacité d’intake, au lieu d’input.

Par exemple l’usage pédagogique des sites Web que l’apprenant a cherché sur Internet, montre cette importance en ce qui concerne la compréhension du contenu et la transmission du message. Le matériel sur le Web est plus divers et actuel au niveau de la langue utilisée, donc l’apprenant a besoin d’être plus actif en ce qui s’agit de la motivation, du processus de recherche et de compréhension (intake). Il est évident de voir l’avantage pour l’apprenant par rapport à l’usage traditionnel du matériel imprimé qui est le même pour tous les apprenants, et qui met l’apprenant dans une situation d’un récepteur passif (input).

Une hypothèse supposée que l’usage des technologies de l’information et de la communication dans les méthodes d’apprentissage des langues étrangères peut avoir des apports dans les métacognitions des apprenants. Cette conception vient de l’idée qu’en utilisant les TIC dans le processus d’apprentissage, les utilisateurs deviennent conscients de leurs comportements : qu’est ce qu’ils font, et pourquoi. De ce fait se forme la conscience de leurs métacognitions et de leurs capacités en acquisition des langues. Pour les passages d’apprentissage tout au long de la vie ces sont des capacités métacognitives qui servent.

G.C. Farrington, l’auteur du Dancing with the Devil, constate aussi qu’Internet peut servir à autre chose que la diffusion et la transmission de l’information. Le réseau peut être utilisé pour expliquer les concepts du matériel enseigné. Sa proposition s’appuie sur des cours de masse au style de l’amphithéâtre dans l’enseignement supérieur. L’auteur suggère une décontraction du contenu de ces cours et sa mise à disposition, par plusieurs unités, aux apprenants sur le réseau. Les apprenants pourront consulter ces matériaux sur Internet selon le rythme et le besoin de chacun. Ils le serviront comme livre interactif, avec des images et du son. Cela permettra, d’après l’auteur, " save live class time for the intellectual interactions that only humans can provide ".

Cela changera la fonction de l’apprenant dans une situation des cours de masse. Il n’est plus un auditeur passif, mais il devient un acteur dynamique prêt à participer à l’interaction.

 

3.2 La classification de l’usage d’Internet dans les langues étrangères

Les matériaux et les ressources pédagogiques existent en nombre sur Internet. Leur classification et leur évaluation ne sont pas toujours évidentes, surtout si la connaissance des usages et des ressources d’Internet n’est pas solide. Un grand nombre de réseaux pédagogique ont été mis en ligne au cours de ces dernières années. Il existe des réseaux dans toutes les disciplines scolaires, qui offrent des idées, des ressources, et permettent à la fois une consultation professionnelle et des forums de discussion pour les enseignants et les apprenants. Une simple inscription suffit le plus souvent pour accéder à ces ressources et à des forums d’échanges d’idées.

En gros, sur le Word Wide Web, il y a des pages qui forment un ensemble d’un site Web. Les sites Web sont en général créés par le HTML. La taille d’une page Web, qui s’identifie au contenu d’un écran, peut varier. Elle peut contenir seulement l’information visible sur l’écran ou une longueur de page qui peut atteindre l’équivalent du contenu de plusieurs de pages papier. Un site Web est un ensemble de plusieurs pages Web, qui sont reliées entre elles par des hyperliens. Une même page peut avoir des liens qui partent vers plusieurs pages différentes ainsi reliées entre elles.

La classification de l’usage d’Internet suivante ne s’appuie pas sur les définitions des sites Web, mais sur un certain usage de la part des utilisateurs. Les deux groupes d’utilisateurs sont les enseignants et les apprenants. Les cinq éléments cruciaux sont :

 

    • les sources d’information
    • les activités et les produits pédagogiques
    • la publication
    • l’outil de recherche
    • la communication

 

1. Les sources d’information peuvent être les sources " brutes " qui ne sont pas forcement créé pour l’usage pédagogique, mais qui peuvent être utilisé à fins pédagogiques dans l’apprentissage les langues étrangères. Ces sont les sites de presse et d’actualités, les grands journaux, et quelques magazines sont en accès libre sur Internet. Il y a des émissions de radio, et aujourd’hui aussi des émissions de télévision aux quatre coins du monde, par exemple le site de BBC est très complet ; existent aussi plusieurs types d’extraits de vidéo et de cinéma. Les sites informatiques et touristiques concernants un pays, les sites de villes ou d’ambassades, les sites d’entreprises ou d’organisation publics et les sites d’agences de voyage offrent également des possibilités de fournir un bon matériel innovant à des fins pédagogiques. Les sources d’information peuvent être également les dictionnaires multilingues en ligne et les lexiques d’en domaine spécifique.

 

2. Les activités et les produits pédagogiques sont mises à disposition des utilisateurs par les instances publics comme par exemple le Ministère de l’Education Nationale et par la Commission Européenne, par les équipes académiques, les établissements scolaires ou les organismes de recherche. Les enseignants peuvent utiliser ces banques d’activités pédagogiques existent sur le Web. En France il y a par exemple EducaSource crée par le Ministère de l’Education Nationale de la Recherche et de la Technologie. Le site de la Commission Européenne s’appelle Linguanet Europa, il est pour objectif de promouvoir l’enseignement des langues étrangères.

De plus il existe un nombre illimité d’associations et de groupes mettant les activités pédagogiques et les idées utiles pour l’apprentissage des langues étrangères à disposition des autres. Le site ClicNet est un bon exemple. Cette rubrique regroupe par sujet des ressources pédagogiques virtuelles directement utilisables dans les cours de française langue étrangère (FLE) et français langue seconde (FLS), pour les étudiants, les enseignants et tous ceux qui s'intéressent aux cultures, aux arts et aux littératures francophones. Le site est situé à l'Université de Swarthmore, Pennsylvanie, il est réalisé par Carole Netter. Un autre bon site pour l’apprentissage des langues étrangères est CityNet qui regroupe les liens pour l’apprentissage des différentes langues étrangères et donne les bonnes idées didactiques et pédagogiques pour les enseignants.

 

3. L’enseignant peut également publier ses propres sources éducatives. Il peut mettre en ligne ses exercices et matériaux utilisés pour sa classe afin d’être consultés à n’importe quel moment par les apprenants ou les autres. Un autre but pour la publication de matériaux pédagogiques est le partage des idées et des ressources entre les autres enseignants. Pour les apprenants l’intérêt est de publier leurs projets et leurs travaux sur Internet et les partager avec une audience mondiale. Ceux qui utilisent Internet ont accès à tout le savoir disponible sur le réseau, qui est un point intéressant pour partager des expériences éducatives, mais également un fait important au sein de la société de l’information.

 

4. Internet est un outil de recherche, par exemple de matériaux destinés à être exploités en classe sous forme numérique ou imprimée sur papier. L’enseignant peut donner aux apprenants des tâches différentes à effectuer sur Internet : trouver des informations sur une question précise ou réaliser des activités ludiques et éducatives liées à des données qu’il faut rechercher sur le réseau (jeux, quizz, questionnaires …). L’apprenant pour sa part, peut consulter les bases de données sur le réseau et faire des recherches de document ; il peut réaliser des activités et des exercices.

 

5. Plus que l’usage des logiciels éducatifs, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans l’apprentissage des langues étrangères se penche vers les environnements ouverts du Web. Donc, la communication via Internet, au sens large, devient un point crucial. Il y a des possibilités de communication, notamment le courrier électronique et des chats. Grâce à la vitesse du courrier électronique, la communication devient facile et efficace. Par le courrier électronique, l’enseignant et les apprenants peuvent se communiquer entre eux sans le problème de distance, du temps et du lieu. Le courrier électronique peut aussi stimuler et faciliter la communication entre les apprenants, comme il y a aussi une sélection de choix portant sur le monde entier est possible.

 

 

 

3.3 Trois types d’apprentissage dans les langues étrangères

 

Chaque apprenant a des caractéristiques spécifiques, ainsi qu’une façon particulière d’apprendre et de percevoir son environnement. L’environnement positif d’apprentissage, créé par l’enseignant, devra fournir l’information et des stimulus pour chaque apprenant. Une variété de moyens d’apprentissage devra être proposée aux apprenants, pour qu’ils puissent les exploiter et trouver celle qui leur convient. Egalement pour l’apprenant, il est important d’explorer les autres façons d’apprendre, pas uniquement celle qui lui convient le mieux. Ceci afin d’entraîner ses capacités métacognitives.

L’apprenant cherche un ordre sensé dans son environnement. La façon dont l’apprenant détermine et perçoit cet environnement peut être considéré comme intermédiaire entre l’individu et son environnement. L’apprenant préfère une situation d’apprentissage où il se trouve bien et se sent rassuré. L’enseignant doit connaître les apprenants pour essayer de leur offrir ce genre de situations stimulantes et variées. Avec l’utilisation des TICE, cette tâche devient moins difficile à effectuer dans une classe. En général, il y a trois façons d’aborder un problème et trois types d’apprentissage

 

    • par l’action
    • par l’instruction
    • par l’exploration

 

1. L’apprentissage par l’action se produit dans la situation de résolution d’un problème, l’apprenant devant atteindre un but dans une situation définie dont il ne sait pas immédiatement comment l’atteindre. Ce processus inclus des phases différentes. D’abord il faut comprendre le problème, son contexte et son potentiel, c’est-à-dire explorer l’espace-problème et trouver des hypothèses. Au fur et à mesure, cette situation ne sera plus fondée sur l’essais-erreur, mais les capacités d’évolution de l’apprenant et il y aura transfert de connaissances à partir de situations identiques.

Par rapport à l’apprentissage des langues étrangères cela peut être utilisé de plusieurs façons. Certaines ressources pédagogiques qui se trouvent gratuitement sur Internet comportent la résolution de problèmes. Par exemple CityNet est un site très complet pour l’apprentissage des langues. Les liens qui se trouvent dans ce site sont nombreux ; ils conviennent à la formation guidée et même à l’auto-formation. Dans un de ces exercices l’apprenant prend le rôle d’une agence de voyage avec un de ses clients. Ils établissent ensemble un plan de voyage dans le pays choisi, et recherchent l’information nécessaire sur Internet.

Un autre exercice du même type est A day in the life of a Parisian family où il faut faire un plan pour profiter au maximum d’une journée à Paris. Sur ce site, il y a des liens avec d’autres sites, comme le RATP, le Louvre, " Pariscope " ... Intéressant également, un jeu éducatif qui se trouve sur le site de l’Ambassade du Canada, conçu pour visiter Paris. Il s’appelle Say It In French ; il est destiné à apprendre le français dans le contexte des situations difficiles de la vie réelle. Les problèmes, qui surgissent tout de suite à l’arrivée en aéroport, doivent être résolus pour progresser et pour arriver faire un tour touristique à Paris. Comme cette application est audiovisuelle, l’apprenant entretient ses aptitudes écrites et orales. Présenté dans la partie 7.2, le CLIL donne aussi de riches possibilités dans le but de l’apprentissage par l’action.

 

2. L’apprentissage par l’instruction est assimilable à la compréhension de textes linéaires ou non. L’apprenant élabore un modèle de situation décrit par une lecture ou une écoute ; il suit un cheminement largement déterminé à l’avance. La situation et le sujet étudiés ne se transforment pas beaucoup en fonction du processus.

Dans l’apprentissage des langues étrangères cette approche correspond par exemple à la lecture d’un site Web avec des questions concernant le contenu. Cela peut également concerner les exercices que l’enseignant a mis sur le Web pour que les apprenants puissent les faire selon leur rythme. Quand il a accompli les exercices, l’apprenant les envoie à l’enseignant par courrier électronique.

L’apprentissage par l’instruction implique des activités de compréhension des mots difficiles dans l’instruction et dans le contenu du texte, et également des capacités de maîtriser la structure de l’argumentation  - liens articulés entre les arguments. L’enseignant peut, par exemple, mettre le contenu du prochain cours sur le réseau pour que les apprenants puissent le consulter à l’avance. Cela peut aider les apprenants qui ont des difficultés à suivre une leçon traditionnelle de langues, et leur permettre de se familiariser avec le matériel, le vocabulaire, et le cas échéant, avec un nouveau concept complexe. Un avantage de cette façon d’instruction asynchrone est le temps pour la réflexion et pour le processus d’apprentissage qui permet un peu de recul par rapport ce qui va venir. Egalement pour les apprenants qui ont des difficultés de s’exprimer devant la classe, ce travail préliminaire en temps asynchrone peut permettre de se préparer à l’avance et de gagner plus de confiance en soi-même. L’exemple 8.2 peut être vu comme un exercice ciblé les apprenants de type par l’instruction.

 

3. Dans l’apprentissage par l’exploration le lecteur doit se représenter le but de sa tâche. Par exemple dans l’apprentissage des langues étrangères, l’apprenant a une tâche, un projet à réaliser : par exemple il doit faire un exposé sur un sujet choisi. Appliquer les TICE à cette tâche est intéressant dans chaque phase du processus. En manipulant le processus de lecture, l’apprenant élabore une stratégie d’exploration, de sélection, de comparaison et de représentation de l’information. En fait, c’est le cycle d’apprentissage après le constructivisme qui a été présenté dans la partie 2.3. L’usage des logiciels de la création du hypermédia convient à cette tâche. Dans la partie 4.1.2 quelques exemples sont donnés sur l’usage de l’hypertext et le type de l’apprentissage par exploration. Egalement les parties 7.3 et 7.4. présentent les exemples de ce type d’apprentissage.

 

 

3.4 Bilan

 

Le tissu social virtuel crée par l’usage d’Internet et des ordinateurs est un outil plutôt récent dans le domaine d’apprentissage et d’enseignement des langues étrangères. L’application de cet outil (TICE) dans le vieux schéma de l’enseignement n’est pas raisonnable, car s’il est utilisé avec les anciennes méthodes d’enseignement, il perd beaucoup de son intérêt et il manque des dimensions plus profitables. Les applications innovatives de l’usage des TICE montrent leur fiabilité en diversifiant les processus d’apprentissage. L’aspect le plus fort est l’engagement personnel de l’apprenant au processus d’apprentissage. Ce type de travail demande beaucoup plus de participation individuel que le travail pendant un cours traditionnel des langues étrangères. Egalement l’usage des TICE dans les langues étrangères rend la situation d’apprentissage plus pratique en ce qui concerne l’application à la vie réelle.

L’apprentissage des langues étrangères prend une valeur de plus en plus importante dans ce monde qui ouvre ses frontières en grand. Les nouvelles tendances en apprentissage des langues étrangères sont la compétence communicative qui valorise l’interaction dans l’usage des langues étrangères, le CLIL qui intègre l’apprentissage d’un cursus et l’apprentissage d’une langue, et l’enseignement précoce.

L’utilisation pédagogique d’Internet y contribue. La qualité du contenu et la notion de tâche deviennent importantes dans l’usage des TICE dans l’apprentissage des langues étrangères. La classification des ressources d’Internet facilite l’utilisation du matériel sur le réseau à des fins proprement éducatives pour l’apprentissage des langues étrangères. Ce matériel est multiforme et mondial en forme verbal et visuel. Les catégories d’usage sont :

 

    • les sources d’information
    • les activités et les produits pédagogiques
    • la publication
    • l’outil de recherche
    • la communication.

 

Quand le concept de l’usage d’Internet est bien établi, il ouvre des possibilités multiples pour les différents types d’apprentissage. Ces types d’apprentissage sont par l’action, par l’instruction et par l’exploration.

Cette facette technique ne déshumanise pas pour autant l’enseignement et l’apprentissage ; par contre elle peut impliquer de nouveaux aspects. Sa vocation pour les langues étrangères est d’aider l’apprenant à se construire un environnement d’apprentissage innovant et pertinent qui lui permette l’intégration et l’immersion dans cette langue pour atteindre les objectifs d’apprentissage.

4. Apports de l’enseignement multiforme pour l’apprentissage

des langues étrangères

 

Cette partie étudie les nouvelles approches et leurs applications vis à vis de l’apprentissage des langues étrangères sous l’angle du profit qu’elles peuvent tirer de l’Internet, de l’hypertexte et du multimédia.

 

L’application des TIC dans l’apprentissage et l’enseignement des langues étrangères demande d’alphabétiser les enseignants et les apprenants aux multimédias et à l’usage d’Internet. Il y a deux phases dans ce processus :

 

    • l’acquisition et l’appropriation des techniques, c’est-à-dire comment utiliser les machines et les réseaux, et ensuite
    • la phase d’exploitation où il faut apprendre à utiliser le concept d’hypertexte et du multimédia en apprentissage et en enseignement.

 

Dans la suite seront présentées quelques avantages que l’usage des TIC peut apporter pour l’enseignement et l’apprentissage des langues étrangères. Ces avantages se sont liés plutôt au deuxième niveau. La liste ci-après est loin d’être exhaustive, car il existe déjà des articles et des ouvrages sur ce thème. Du point de vue de l’enseignement multiforme, il y a quelques bénéfices qui méritent d’être mentionnés et plus soigneusement étudiés, comme les promesses du multimédia et du hypertexte, la question de l’autonomie et du tutoring et les bénéfices des travaux communs. Dans les désavantages sont présentes les points comme la tentation du zapping, le témoin trompeur, le manque de contact face-à-face, le retard du retour des informations et la question de la direction.

 

4.1 Avantages

4.1.1 L’engagement personnel

L’engagement personnel au travail augmente l’acquisition des capacités qui sont, dans le cas des langues étrangères, liées à la compétence communicative et aux capacités linguistiques. Le travail avec une application du multimédia éducatif ou via TIC engage l’apprenant au travail qui peut être personnel ou il peut constituer des unités collectives. De toute façon, le processus de ce type d’apprentissage est intensif et demande plus de participation que un cours normal scolaire ou le rôle d’apprenant est différent.

 

4.1.2 Le multimédia et les logiciels éducatifs

Le multimédia a techniquement plusieurs centres d’intérêt pour l’enseignement et l’apprentissage des langues étrangères. Sa flexibilité convient bien aux enseignants et aux apprenants. L’utilisation optimale simultanée des différents supports du texte, du son, des images, des extraits de vidéo multiplie les possibilités du matériel traditionnel du fait de la mise en œuvre d’un maximum de stimuli.

Utilisant les logiciels éducatifs de multimédia et les documents avec les hyperliens l’apprenant a un choix de suivre un parcours guidé ou explorer le document selon sa préférence. Le parcours guidé est convivial quand il s’agit des documents en forme linéaire. Le parcours linéaire est souvent proposé dans les cas où il faut apprendre dans un ordre précise, par exemple pour comprendre l’ensemble du contexte linguistique. L’autre façon d’exploiter le matériel d’hypermédia est l’exploration utilisant des hyperliens, qui permettent de déplacer et se positionner à n’importe quel endroit voulu. Cela est important en exploitant les documents de texte, de sonore et de vidéo.

Le parcours interactif individualisé et ajusté au rythme de l’apprenant permet la répétition et le retour dans un exercice voulu. C’est qui concerne le travail d’un document sonore il y a la fonction de séquence automatique du son en temps réel. Elle permet d’enregistrer la voix, de la réécouter et de la comparer aux voix initiales. Un gros avantage pour l’apprentissage des langues est la visualisation des courbes sonores, qui permet l’apprenant de comparer sa prononciation à celle du modèle original, et puis retravailler à son résultat.

Selon T. Toma la difficulté des langues vient de la compréhension de la forme orale des mots, c’est-à-dire de l’ensemble des sons, contrairement à ce qui se passe pour les mots écrits. La chaîne sonore est continue ; entendre une langue, c’est entendre des sons qui lui sont propres. Pour comprendre il faut préalablement avoir mémorisé les mots, leurs sens et leurs sonorités.

Pour des étudiants de niveau faible, cela peut être facilité par les séquences sonores découpées courtes et nombreuses, et pour les plus forts, elles peuvent être plus longues. Cela permet de manipuler les séquences selon les besoins, et de travailler de la manière qui convient le mieux aux apprenants. L’ensamble de vidéo, du son et de l’image aident à perfectionner la prononciation. Il est même possible de fixer une caméra vidéo sur l’écran pour visualiser les mouvements des lèvres à la production de certains sons.

Les applications éducatives sont devenues des environnements de travail de plus en plus complets et même complexes dans lesquelles l’apprenant confronte de multiples opérations censées déboucher sur son apprentissage. Avec les logiciels éducatifs, l’apprenant dispose d’un nombre important de protocoles d’exercices, d’expression et de compréhension - à l’écrit et à l’oral. Il y a aussi des moyens d’appui qui sont des aides et des outils d’auto-formation sont à disposition de l’apprenant en permanence.

 

" Providing a variety of perspectives on the more abstract or highly conceptual materials that follow is believed to improve students’ ability to master difficult content in ways that promote the transfer and application of knowledge to new situation…The ‘product’ of learning, therefore, is two-fold : students acquire multilayered, rich semantic network of information integrated in ways that ‘criss-cross’ over each other, and they acquire the ability spontaneously to structure and restructure this knowledge in ways that anticipate and meet the demands of potentially variable and changing situations. " [ROSNER-MERRILL, 1998]

 

Le choix des exercices et du matériel divers a des effets enrichissants pour l’apprentissage et son transfert dans les situations complexes de la vie réelle. C’est dans la réalisation des tâches d’apprentissage que se développent les opérations intellectuelles et s’accroissent le savoir et la capacité à intégrer de nouveaux savoir.

Ce choix multiplié d’activités et d’exercices disponibles pour l’apprenant présente deux types ; l’apprenant a droit de répéter et refaire l’exercice avec les aides ou tuteurs fournis par le logiciel. L’autre type des exercices prend en compte seulement la première réponse, ce type est normalement présenté dans les testes d’évaluation. La correction instantanément et automatique des erreurs permet un suivi continu de l’évaluation avec possibilité d’une auto-évaluation.

Pour l’enseignement et l’apprentissage des langues étrangères il y a aussi la possibilité de l’interaction utilisateur – acteur lorsque l’apprenant peut créer son propre matériel. L’apprenant peut créer une arborescence et des hyperdocuments qui lui permettent de naviguer dans les documents créés par lui-même soit qui sont déjà prêts.

 

4.1.2 Hypertextes

Le signe distinctif de l’hypermédia est constitué par les liens entre des documents et des contenus qui peuvent être des textes, des images, du son ou même des extraits vidéo. En cliquant sur un objet activé un lien est établi entre les deux objets, et un autre document est envoyé à l’utilisateur.

Grâce à l’hypertexte, le traitement de documents, de données et d’information devient plus pratique. Cette façon de traiter d’information peut positivement fournir des outils cognitifs à l’apprenant. La valorisation de certaines données, et l’établissement de liens hypertextuels entre des documents permet, de façon rationnelle, de créer des liens par rapport à l’argumentation, à la prise de décision et au contrôle du processus de la pensée. Dans l’enseignement et l’apprentissage, l’hypermédia est utilisé sous des formes différentes. Il existe des documents où les liens sont déjà établis et des documents où l’apprenant les crée lui-même selon ses intérêts et sa façon de percevoir les choses.

Selon A. Moreira, de l’Université d’Aveiro, au Portugal, l’hypermédia est une innovation qui possède l’avantage d’un traitement de l’information. Son ouverture est incompatible : il n’impose à l’utilisateur aucun modèle d’apprentissage préétabli.

 

" Ce système d’information, utilisé à des fins didactiques, permet la présence simultanée de différentes utilisations des connaissances. L’utilisateur peut être stimulé simultanément par du texte, des sons, des représentations imagées, ainsi que par les démonstrations animées relatives aux contenus présentés. On voit aussi apparaître un processus facilité d’associations d’idées personnalisées, á différents niveaux d’analyse (favorisée par une liberté de mise en œuvre des stratégies d’apprentissage caractéristiques de l’utilisateur). "

 

A. Moreira insiste sur le fait que l’utilisateur est comme un filtre autonome de l’information. Il la sélectionne selon sa pertinence, dont il évalue l’importance, la hiérarchise par rapport aux autres informations ; il assemble de manière originale, construisant ainsi des connaissances nouvelles. Alors l’utilisateur d’hypermédia devient un individu actif et sélectif qui analyse son fonctionnement métacognitif selon ses expériences et intérêts, appliquant sa pensée critique et autonome. Pour arriver à ce niveau de construction de son savoir, l’apprenant doit avoir un certain entraînement dans l’alphabétisation du multimédia. Ces capacités cognitives ne sont pas un truisme. Lire dans le cadre des hypermédias semblent modifier la manière de penser. Ceci peut promouvoir, à long terme, des conduites particulièrement heuristiques, flexibles et innovatrices chez les utilisateurs d’hypermédia, pour l’ensemble de leurs activités intellectuelles.

 

" L’hypermédia apparaît comme un environnement adapté à un tel objectif (la pensée de haut niveau), en raison des possibilités de chaînage flexible de l’information. Le principe de chaînage doit donc être considéré comme un guide par rapport à la nature des compétences que nous voulons développer chez l’utilisateur. " [PASSARDIERE, 1991, p.40]

 

Jean-François Rouet, chargé de recherche au CNRS, Université de Poitiers, constate qu’il existe un décalage entre les attentes liées aux systèmes d’hypertextes et les résultats objectifs des expérimentations. Certaines épreuves indiquent que ce type de système peut effectivement faciliter l’interaction entre apprenant – contenu des ensembles complexes, à la condition que les informations soient conçues de façon rationnelle. Il rappelle que les caractéristiques psychologiques liées à l’activité de lecture, s’appuient sur des mécanismes cognitifs élémentaires comme les micro- et macroprocessus de compréhension. Une lecture active exige l’évaluation préalable du niveau de compréhension, des connaissances stratégiques et rhétoriques.

Des logiciels pour créer son propre hypertexte et hypermédia (Hypercard, Hyperstudio, Story Space, Tool Book,…) sont déjà utilisés dans les établissements scolaires. Les groupes qui en profitent sont les enseignant - pour préparer et monter leur matériel de classe - et également les apprenants, qui peuvent monter leurs propres projets d’hypermédia, partager des documents avec les autres dans une banque des données hypertexte, soit sur Internet soit localement.

Ces applications conviennent parfaitement à l’apprentissage des langues étrangères par exploration. Les apprenants peuvent par exemple créer leurs propres dictionnaires hyperactifs avec des images et du son. Cela peut être un projet qui dure tout au long de l’année scolaire. A la fin, l’apprenant aura une banque de mots, des contextes d’utilisation, ainsi que du matériel lié à ces mots, aux images etc. Un tel dictionnaire permettra aussi à l’apprenant de suivre les étapes de son progrès.

 

4.1.3.Autonomie et tuteurs

L’autonomie dans le processus d’apprentissage consiste, selon H. Portine, à construire un projet d’action et à gérer la réalisation de ce projet au sein d’une structure susceptible de définir des contraintes globales et d’apporter une aide lorsqu’elle est nécessaire. C’est

 

" se fixer des objectifs que l’on peut atteindre et gérer son temps et ses activités en fonction de ces objectifs au sein d’un ensemble plus grand qui détermine ce qui est possible et ce qui ne l’est pas… Apprendre à apprendre, c’est donc se préparer à être autonome. " [PORTINE, 1998]

 

L’usage les TICE dans l’apprentissage des langues étrangères demande de l’autonomie de la part de l’apprenant. L’autonomie ne signifie pas qu’il faut travailler seul ; c’est un rapport complexe entre l’apprenant et un tuteur. Selon le terme de J.S. Bruner, l’étayage ou le soutien, est une procédure d’accompagnement de l’acquisition des connaissances d’un apprenant (un enfant, un adolescent ou un adulte). Egalement Vigotsky souligne l’importance d’un autre individu expert dans la réalisation d’une tâche dans la zone proximale de développement (dont parlé dans la partie 2.3).

Donc, dans une situation d’apprentissage, l’autonomie et le soutien d’un tuteur sont fortement liés. C’est un processus en spirale, avec des reculs qui sont liés à des pertes de confiance que l’apprenant peut avoir vis-à-vis de son processus d’apprentissage ou de la réalisation d’une tâche donnée.

Un tuteur peut être un autre apprenant, qui permet de mettre à la disposition de l’apprenant l’aide et le soutien. Mais également un tuteur artificiel ou un agent virtuel peut fonctionner intelligemment grâce à l’intelligence artificielle. Les promesses des tuteurs artificiels sont nombreuses ; suivre l’apprentissage d’élève pas à pas, diagnostiquer les problèmes, remédier ou renforcer le processus quand il faut d’apprentissage et l’emmener dans une bonne vois quand l’apprenant se perd. En plus ce qui concerne de la répétition des mots difficiles ou des erreurs, un robot est plus patient qu’un humaine. Egalement pour l’apprenant ce point peut être soulageant.

Actuellement à l’Université de la Californie du Sud, aux Etats-Unis des tuteurs et enseignants virtuels sont développé. Le développement des agents pédagogiques, qui s’appellent aussi des softbot, a commencé en 1995 pour l’usage de l’armée américaine. La tendance en moment est "humanisation" des agents pédagogiques et d’augmentation des possibilités d’interaction avec les apprenants par les agents pédagogiques qui sont sensibles à des signaux non verbaux, tel que des gestes ou des expressions du visage, grâce à la recherche de l’intelligence virtuelle, des environnements virtuelles et des possibilités de l’univers troisdimensionnel.

Les difficultés pratiques et les dilemmes théoriques sont nombreux quand il s’agit de rendre une machine intelligente et l’incorpore des connaissances pédagogiques. Le processus d’apprentissage, même du regard technique, s’inclus beaucoup des sciences humaines et des acteurs qui ne pouvant et ne devront pas être contrôlé par une machine. Les questions de rôle contribue à la machine reste toujours ouvertes et discutables.

Le soutien humain ou artificiel est important dans le processus d’apprentissage des langues étrangères, comme également dans le processus de l’alphabétisation du multimédia. Quelques exemples de ces deux systèmes de tutorat sont présentés dans les parties 7.1 et 8.1.

 

4.1.4 Travaux communs

Dans les travaux de J.S. Bruner l’importance du travail en commun, notamment la création collective d’une œuvre dans le cadre éducatif est soulignée. C’est un terrain fertile pour les TICE sous la forme de travaux réalisés sur Internet, sur cédérom ou sur une banque des données collective. Cette idée s’approche des pédagogies libres et actives comme par exemple celle de Freinet au début du siècle.

 

" Cette activité (la création collective d’une œuvre) aide à construire une communauté d’apprentissage ; elle sensibilise à la division du travail, mais surtout, elle externalise le travail mental sous une forme concrète qui permet, bien mieux que le seul échange verbal, le partage et la négociation. " [POUTS-LAJUS]

 

Ce travail collectif permet également aux membres du groupe de trouver leurs propres points forts. Le fait de devenir un spécialiste dans un des secteurs du projet permet à l’apprenant de prendre sa part de responsabilité de façon entière et totale. Egalement la connaissance de la dynamique de groupe se développe.

Pour l’apprentissage et l’enseignement des langues étrangères, les projets mis en commun sont idéaux. Ils peuvent être réalisés dans une classe, une école ou avec un correspondant. Il existe des sites Web créés dans ce but. Un exemple est fourni par le projet européen piloté par une école primaire à Bruxelles. Le but est de réaliser un site commun à l’an 2000 avec les huit capitales culturelles de l’Europe. Comme l’apprentissage doit se faire en langue étrangère, cette école a lancé trois projets d’apprentissage de langues étrangères.

Un autre projet connu de l’apprentissage du français s’appelle L’immeuble. C’est une ouverture à la stimulation et à l’écriture collaborative en temps asynchrones. La communication est faite par courrier électronique, et l’animatrice, la fondatrice du projet F. Debyser, effectue la mise en réseau. Chaque classe de n’importe quel coin du monde joue le rôle d’une famille. Toutes ces familles sont locataire d’un immeuble au 109, rue Lamarque à Montmartre, Paris. La vie de cet immeuble s’affiche sur le site Web du projet, où sont rediffusés tous les courriers et les photos des habitants. Ces habitants d’un immeuble virtuel écrivent leurs histoires, parfois banales, comme un baptême, un vol ou une histoire d’amour etc., dans leur classe avec leur enseignant qui les accompagne et les guide dans cette tâche. Ce n’est pas seulement un exercice d’aptitudes écrites, mais aussi un œuvre collective qui s’agrandit avec l’avancement du processus d’apprentissage.

Une nouvelle tendance du travail de collaboration est possible par le SDG (Single Display Groupware). C’est une application qui permet le travail de collaboration sur le même document utilisant un seul ordinateur. Par exemple, il y a un ordinateur avec deux souris qui permettent deux personnes de travailler et de manipuler ensemble le même document. Cette forme de collaboration est très naturelle pour quelques types des apprenants. Cette possibilité de collaboration est déjà utilisée dans les applications ludiques, et actuellement son développement se dirige vers les buts éducatifs. Cela est un domaine assez inconnu dans le monde éducatif, mais très promettant.

 

4.2 Désavantages

Les désavantages de l’enseignement multiforme utilisant les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement sont surtout organisationnels, car c’est l’infrastructure du système éducatif qui doit être changé. Les problèmes sont liés à la malléabilité structurelle et à l’adaptation au nouveau système. L’autre point fort qui empêche l’application des TICE est les problèmes et les limites techniques, par exemple la faiblesse du réseau dans la transmission de l’information en grands quantifies et en formats lourds comme les images de vidéo. Egalement l’acquisition des matériaux informatiques récente pose les problèmes financiers. Dans la liste suivant l’attention est tirée aux autres points, qui sont plutôt liés aux côtés didactiques et aux problèmes dans l’enseignement à distance.

 

4.2.1 La tentation du zapping

Dans l’usage des TIC dans l’apprentissage et l’enseignement, la tentation du zapping est un problème grave. L’apprenant peut avoir des problèmes pour se concentrer dans le travail : il est tenté de parcourir plusieurs contenus simultanément ou il va d’un exercice à l’autre en sautant celui qui représente un obstacle, sans recourir à l’aide qui lui permettrait de résoudre le problème.

Un problème posé par cette façon de travail est le rejet du document écrit dans un environnement où dominent le son et les images. Dans l’apprentissage des langues étrangères, le document écrit, c’est souvent des écrans d’aide grammaticale, un texte expliquant le but de l’exercice ou des conseils méthodologiques. L’interruption d’un texte peut être ressentie comme inopportune. La durée de consultation prend trop de temps, et cela a des conséquences graves pour la réussite des exercices.

Il y a aussi la résistance à revenir sur une leçon qui a été déjà faite, parfois seulement au niveau passable. L’apprenant ne considère pas que une situation de révision peut lui apporter quelque chose d’important par rapport à l’avancement rapide dans les exercices. Ce problème se produit souvent dans les exercices qui permettent de faire l’autocorrection. Une réponse donnée par hasard peut satisfaire l’apprenant, mais il ne permet pas réellement l’apprentissage profond.

Des directives bien établies par l’enseignant sont nécessaire enfin d’éviter ces situations et ces obstacles. Par exemple dans la première séance, le savoir dans la réussite des exercices via TIC est présenté par l’enseignant. L’enseignant et les apprenants s’engagent ensemble dans ces procédures. A long terme, la connaissance de ces procédures favorise le sens d’autonomie dans l’apprentissage.

 

 

4.2.2.Témoin trompeur

H. Papadoudi a soulevé le problème du témoin trompeur, d’une fausse perception de la performance en utilisant les TIC pour manipuler des données et des images, et pour produire des documents sur l’écran de l’ordinateur. Elle craint que " l’enfant en train de grandir " puisse être en danger, si la distinction critique entre "processus cognitif " et "produit " n’est pas assez marquée. Selon elle, le paradoxe réside là : l’utilisateur se laisse agir sans avoir conscience de l’intelligence (du processus) qui intervient entre l’action et le produit de cette action. Il y a trop de distance entre cette action et ses conséquences, et cela permet à l’utilisateur d’ignorer la façon dont certaines conséquences suivent certaines actions.

Cela peut devenir un problème si l’usage des TIC n’est pas bien contrôlé et expliqué de la part de l’enseignent. Rarement l’usage des TIC dans l’apprentissage et l’enseignement prend la majorité du temps des activités. L’usage des TICE ne peut pas remplacer les activités normales du développement d’un enfant, qui, après tout, suit les étapes du développement cognitif selon la théorie de Piaget.

 

4.2.3 Manque de face-à-face

Des cours diffusés via Internet peuvent avoir des obstacles insurmontables pour quelques apprenants. A cause de ces inconvénients le cours entièrement via Internet ne convient pas à tout le monde. Il y a des apprenants qui trouvent que le manque de contact face-à-face les empêche de se mettre dans une situation favorable à l’apprentissage. Ils ne trouvent pas les instructions et les exercices assez personnalisés et individualisés pour leurs besoins. Ils n’aiment pas être seulement les apprenants virtuels sans visage, sans contact et sans présence physique. Pour certains apprenants cet anonymat devient un obstacle, pour d’autres il est un avantage.

Par une bonne conception des cours ces obstacles peuvent être minimalisés, mais pas complètement surmonté. Faire disparaître la distance dans une situation d’apprentissage renvoie aux aspects traites dans la partie 2.4 Acteurs en situation d’apprentissage. Même si la distance physique peut être minimalise, reste le problème de distance transactionnel. Il faut admettre que les cours via Internet ne conviennent pas à tous les apprenants.

 

4.2.4 Retard du retour des informations

Dans quelques situations d’apprentissage et d’enseignement, la distance peut faire un retard considérablement désavantageux pour l’apprenant. Même si avec le chat et le vidéocam la connexion est synchrone, dans la plupart des situations d’apprentissage utilisant les TICE, le travail est de façon asynchrone, en décalé. Il y a les situations d’apprentissage où l’apprenant a besoin d’une aide immédiate, mais il ne peut pas l’obtenir. Quand l’apprenant est confronté à un échec grave, il n’y a pas toujours un système d’aide ou un tuteur intelligent pour le résoudre.

Le retarde peut s’effectuer également dans le retour des résultats et de l’évaluation. Si le décalage du retour des résultats est trop long par rapport à l’action d’apprentissage, ils perdent de leur intérêt. L’évaluation n’est donc plus considérée comme un apport supplémentaire dans le processus d’apprentissage, mais seulement comme une récompense externe.

 

4.2.5 La gestion de vidéoconférences

Dans les situations de chat et des vidéoconférences le problème souvent rencontré est la question de direction et de gestion . Pour qu’une situation puisse être efficace et avoir des apports pédagogiques, elle doit avoir des buts pédagogiques et doit être menée par personne qui est en responsable. Si la conversation sur les forums de discussion se bouscule sans direction évidante ou sans objectifs, elle risque de perdre l’intérêt pédagogique.

Les situations des vidéoconférences ont également le même risque de perdre leur but pédagogique. Le problème est la cohérence de la conférence. Elle peut être perturbée par les problèmes techniques, qui souvent détruisent des bons plans éducatifs. De même il ne faut pas sous-estimer la création d’une ambiance positive. Les situations pédagogiques doivent être dirigées d’une façon encourageante et positive. Peu de participants connaissent le système de vidéoconférence et ne se sentent pas rassurés devant la caméra ou le vidéocam. Enfin la vidéoconférence nécessite la présentation de tous les participants. C’est pour les engager à un dialogue ouvert.

Les problèmes évoqués précédemment sont liés à la création d’une situation pédagogique créative et stimulante via une vidéoconférence. Souvent les participants de la vidéoconférence se trouvent dans une situation traditionnelle de l’enseignement où le professeur fait son cours devant la classe sans faire intervenir les apprenants aux situations et aux actions. Parfois cela dépend du fait que les apprenants ne se sentent pas rassurés dans une nouvelle situation. Cela peut être évité par une bonne conception des cours et par la préparation des apprenants à cette nouvelle situation interactive.

Pour toutes ces raisons, une réflexion sur la direction de ces situations s’impose préalablement. Il est conseillé d’avoir un leader qui est responsable des questions techniques et de la connexion d’Internet. Un autre leader peut être responsable de la direction des ressources humaines et de l’animation.

 

4.3 Bilan

Les avantages de l’enseignement multiformes résident surtout dans la dimension organisationnelle du travail dans une classe. Pour arriver à bénéficier de tous les potentiels des technologies de l’information et de la communication présentes précédemment, les responsables de l’enseignement doivent remettre en question les méthodes didactiques appliquées dans la situation de l’enseignement. A cette condition, l’enseignement utilisant les TICE profite au maximum des possibilités d’évolution qu’offrent les nouvelles technologies.

De cette façon l’utilisation des TICE peut provoquer l’acquisition des aptitudes de travail qui servent à l’apprenant tout au long de la vie. Ce type d’acquis est d’abord les capacités liées à la maîtrise des langues étrangères, parmi lesquelles l’amélioration de la compétence linguistique est une évidence. De plus les capacités d’acquisition de l’information se développent dans la mesure où une fois un modèle d’apprentissage est acquis par l’apprenant, ce même modèle sera mis en service à la prochaine situation de l’apprentissage. La notion de travail de tâche et le travail en collaboration servent dans la vie professionnelle, donc, ils s’agitent des bénéfices à long terme.

Les désavantages de l’enseignement multiforme sont surtout du niveau organisationnel ; ils sont liés à l’acquisition et à l’appropriation des techniques. D’une part l’apprenant doit apprendre à maîtriser les ordinateurs et les contraints des réseaux, mais aussi les techniques didactiques, comment organiser une leçon efficace l’enseignement des langues étrangères utilisant les TICE. Les principaux difficultés peuvent être évités si les enseignants possèdent des bonnes compétences dans ces deux types de techniques. C’est un défi lancé à la formation des enseignants et à la formation continue des enseignants.

 

5. L’enseignement à distance

Cette partie étudie l’enseignement à distance via Internet. L’intérêt est montrer comment la nouvelle approche d’apprentissage et d’enseignement influence le développement des méthodes didactiques utilisé par l’enseignement des langues étrangères à distance via Internet.

 

La notion d’enseignement à distance renvoie à la situation de l’apprentissage, où l’enseignant et l’apprenant ont une distance géographique entre eux. A cause de cette distance la communication est faite par l’intermédiaire d’un média. Cette notion inclut le processus d’apprentissage et d’enseignement. La formation à distance est un synonyme.

L’enseignement à distance existe déjà depuis de la fin du XIXé siècle. Aux Etats Unis le besoin d’être formé professionnellement était urgent, mais les institutions n’étaient pas répandues dans tout le territoire. La formation par correspondance était faite au moyen de documents papier envoyés par courrier. L’enseignement à distance a répandu au besoin des gens qui devaient se former, mais qui ne disposaient pas de moyens ou de temps. A cette époque, un des buts de l’enseignement à distance était d’assurer des formations professionnelles ou universitaires dans les périphéries. Cela promouvait les possibilités qui permettraient le développement économique et culturel dans les endroits peu dense.

Actuellement un exemple de cette dimension de développement est les projets de l’université virtuelle africaine, lancée en 1996 et mené par la Banque mondiale. Grâce à l’installation d’un système TICE qui permet la réception de cours par satellite, les apprenants des universités africaines peuvent bénéficier des programmes de l’enseignement à distance par les instituts européens et américains. Ce système des TIC leur permet également les connexions internationales, les contactes avec le mode de recherche internationale, et la consultation des bases des données situées à l’étranger.

L’autre but important de l’enseignement à distance sert à combattre l’inégalité dans l’accès à l’éducation. Certaines personnes sont discriminées par l’isolement ou par les problèmes de temps. Pour eux, l’enseignement à distance reste le seul moyen d’accéder à la connaissance, comme c’est les cas pour les emprisonnés, les hospitalisés et pour les handicapés dans les institutions.

Pour être efficace la formation à distance doit présenter des paramètres qui peuvent varier d’un apprenant à un autre. Ces paramètres importants sont :

 

    • le temps ; l’apprenant doit avoir une possibilité à l’auto-formation et au rythme individualisé
    • la localisation est une question essentielle ; d’où apprenant fait ses études (domicile, lieu de travail, endroit hospitalisé, voyage …) et où se sont situés des centres de ressources et des rendez-vous, si l’apprenant en ont besoin
    • le contenu du cursus pose les questions par rapport au parcours plus ou moins libre, et par rapport à la modularité du contenu
    • le paramètre du style contient des facteurs comme la pluralité de style cognitif, le rôle des médias, les parcours dans les hypermédias et le degré de guidage
    • l’organisation institutionnelle présente un paramètre, qui est lié aux flux continus ou non, à la validation souple, comme également à l’importance des pré-requis des études.

 

Actuellement de plus en plus d’individus et de familles consacrent du temps à des activités informelles ou formelles d’apprentissage en vu d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences. La différence entre ces activités d’apprentissage et le système éducatif est la motivation personnelle de l’apprenant : l’engagement au travail qui est fait indépendamment exige la participation de haut niveau au processus d’apprentissage. Cela peut augmenter les résultats de l’apprentissage. Cette motivation est liée au contrôle interne ou externe de l’apprenant.

La croissance et l’internationalisation de la formation à distance ont vraiment commencé dans les années 1980, grâce au développement technique des médias et de la communication. Actuellement l’imagé idéalisée de l’enseignement à distance est qu’il est un mouvement global, qui, grâce à Internet, ne respecte plus les frontières géographiques. Cela existé déjà dans certains mesures, mais il y a un autre mouvement, qui se fondent sur les cours " partiellement à distance ". Ces cours exigent la présence de l’apprenant dans quelques unités. Donc, la téléprésence virtuelle n’est pas assez. Les questions provoquées par ces deux extrémités sont liées à l’interactivité ; est-ce que le processus d’apprentissage exige le contact humain de type face-à-face ? Dans quelle mesure peut être construit virtuellement un environnement d’apprentissage ? Quel est la qualité de l’enseignement des cours à distance ? Et quelle est la qualité de l’apprentissage à distance ?

 

5.1 On-line / off-line

Pour l’enseignement et la formation à distance, apprendre via les TIC il y a deux méthodes principales :

 

    • on-line qui est synchrones
    • off-line qui est asynchrones.

 

 

L’enseignement synchrone via les TIC se produit en temps réel entre l’enseignant et l’apprenant. Celui-ci discute dans chat avec le professeur, des pairs ou dans le cas de l’apprentissage des langues, avec des locuteurs natifs. L’apprenant peut recevoir une leçon qui est tenu dans un autre lieu, via Internet ou Intranet par exemple. Les outils d’on-line sont :

 

    • Chat : Un chat, une discussion écrite simultanément en ligne, peut être ouvert pour tous ou réservée seulement entre à quelques personnes. Selon le rythme de l’écriture, elle s’affiche sur l’écran d’un ordinateur connecté au réseau. Il est quand même difficile de maintenir une vraie discussion en " real-time ", car l’affichage d’un dialogue n’est pas séquentiel.
    • Vidéoconférence : L’émission d’un cours est diffusée simultanément via Internet à l’ordinateur personnel de l’apprenant. Elle peut être soit téléchargé sur les ordinateurs des participants, soit direct life, soit un enregistrement d’une vidéo en real time, qui veut dire qu’il n’y a pas de besoin de le télécharger.

 

    • Two-way vidéoconférence : Une émission est diffusée via une ligne ISDN entre le studio d’enregistrement, où le professeur donne le cours, et des autres lieux, par exemple une classe ou une bibliothèque publique, où sont les apprenants. Le dialogue se fait par le téléphone. Cette diffusion peut être soit vidéo ou audio, il n’exploite pas forcement Internet.

L’enseignement asynchrone n’est pas lié au temps, il peut être fait à n’importe quel moment. Le téléchargement des ressources éducatives sur le disque dur ou le courrier électronique entre le professeur et l’apprenant sont des exemples plus courants.

    • Cédéroms : le contenu d’un cours, les textes et les activités peuvent être mis sur support cédérom avec les liens directement sur Internet.
    • Message boards : C’est un tableau d'affichage ou une messagerie entretenue par le professeur. Il y a des sujets de discussion et des exercices en tant qu’activités annexe.
    • Web sites : C’est un site où sont mises des activités, les notes et les liens. Il peut y avoir également les éléments comme le cursus et les objectifs d’apprentissage. L’accès se normalement fait par un mot de passe personnel. L’entrée de l’apprenant et les activités faites peuvent être enregistrées automatiquement. Le courrier électronique est aussi beaucoup utilisé. L’accès est possible n’importe quel temps.

    • Courrier électronique : L’apprenant communique avec son professeur, son tuteur ou avec ses paires par le courrier électronique. La correction des exercices, comme également les avertissements concernant tous les étudiants peuvent être transmit par le courrier électronique et par les listes de distribution.
    • One-way vidéo : C’est une façon plus traditionnelle de l’éducation moderne à distance. La leçon est diffusée soit en direct, soit enregistrée via une station de télé locale ou un satellite.
    • Snail mail : Des cassettes vidéo et audio et des documents papiers sont envoyés par le courrier traditionnel.

    • Face-à-face: Parfois les apprenants se rencontrent entre eux,parfois ils rencontrent les tuteurs et les professeurs sur le campus ou dans un centre.

       

       

5.2 Secteurs de l’enseignement à distance

Aujourd’hui, généralement, l’enseignement à distance sert aux besoins de la formation continue, ces sont les travailleurs dans la vie professionnelle, qui ont besoin d’un autre diplôme pour avancer. Elle sert aussi aux besoins des gens qui ont envie de se former pour des raisons diverses : motivation culturelle, hobby ou passe-temps. Donc, cette motivation pour la formation est soit externe, soit interne.

Il y a des secteurs différents qui offrent des cours d’enseignement à distance. En gros il y a le secteur public et le secteur privé. Les diplômes fournis sont de différents niveaux aussi : il existe des diplômes universitaires et des diplômes spécifiques à la formation professionnelle. Il existe également l’enseignement à distance destiné aux enfants qui fournis l’enseignement scolaire.

 

 

Enseignement

à distance

Public

Privé

Enseignement universitaire

Universités traditionnelles

et virtuelles

Instances autorisées

donnant les diplômes

universitaires

Formation professionnelle

Les centres publics de la

formation à distance

Instances autorisées

donnant les diplômes

de la formation

professionnelle

Enseignement primaire

Etablissements scolaires

Publics

Instances autorisées

donnant les diplômes

scolaires

Fig. 8 : Tableau des secteurs de l’enseignement à distance

 

 

Les gens qui profitent de l‘enseignement à distance sont le plus souvent les adultes. Par exemple le CNED, Centre National d’Enseignement à Distance, une institution française qui est le plus grand fournisseur d’enseignement à distance en Europe, avait, en 1996, 350000 étudiants inscrits de 174 pays du monde, dont plus de 85 pour-cent des adultes. Le secteur de la formation professionnelle le plus populaire. Le State College à Denver, un des plus grands instituts aux Etats Unis pour l’enseignement à distance aux étudiants de premier ou de deuxième cycle, a cette année 17600 inscrits. L’âge moyen est 27 ans, dont 80 % de travailleurs.

En Europe, selon les statistiques de l’Union Européenne, la formation à distance est assez répandue. En 1996 il y a eu environ 1900000 inscrits, dont un peu plus de 50% dans le secteur privé. L’enseignement universitaire avait plus que 610000 inscriptions, dont 462000 dans les universités ouvertes, c’est-à-dire autres que les universités traditionnelles donnant des cours à distance. Ces statistiques nous donnent peu d’information sur l’importance de l’enseignement des langues étrangères à distance. Mais par exemple en Espagne au CIDEAD (Centro per la Innovacion e Desarrollo de la Educatión a Distancia) le cours d’anglais à distance était le plus demandé, avec 60000 inscrit.

L’enseignement à distance utilise de plus en plus les technologies de l’information et de la communication pour transmettre l’information aux apprenants. Les émissions de télé et les cassettes vidéo sont toujours utilisées. De plus, aujourd’hui, les satellites et les émissions numériques remplacent les formes traditionnelles de l’enseignement à distance. Souvent le contenu du cursus est mis sur un cédérom ou sur Internet. La correspondance avec les professeurs, le retour des exercices, les révisions et les examens sont fait plus fréquemment avec le courrier électronique que par la poste. Pour faire ses études à distance les apprenants doivent être équipés avec des matériaux informatiques assez sophistiqués, et cela peut être un obstacle à ceux qui n’en ont pas.

 

5.3 Les effets de la transformation

Les apports et les effets de l’école virtuelle (Cf. 2.2) et de l’enseignement multiforme sont nombreux et déjà visibles dans le monde éducatif. En ce moment il y a une grande croissance des établissements scolaires et de l’enseignement virtuel supérieur à distance offrant une diversité de cours à distance, on-line, par téléchargement des émissions numériques ou correspondance par courrier électronique. Simultanément il y a une crise profonde liée à tout ce qui concerne les méthodes de pédagogie et de la conception de ces cours.

Les gens du domaine de l’enseignement et de la formation sont extrêmement préoccupés par ces bouleversements. D’un côté ils considèrent ces bouleversements comme des menaces dangereuses pour le système éducatif actuel. D’un autre côté ils les considèrent comme des changements bienvenus dans ce domaine.

Si l’enseignement multiforme et flexible complète la fonction de l’école traditionnelle, il n’est pas nécessairement une menace envers cette vieille institution de l’enseignement que certains enseignants veulent garder intacte. L’enseignement multiforme peut être vu comme une extension symbiotique de l’école traditionnelle, qui renouvelle le système éducatif et qui élargit ses possibilités.

Le phénomène qui est en train de se produire dans l’enseignement traditionnel, cette métamorphose vers l’enseignement multiforme et flexible, est également visible dans le domaine de l’enseignement à distance. L’enseignement à distance fait par les établissements traditionnels prend surtout les formes et les modèles de l’enseignement multiforme et flexible, c’est-à-dire avec l’usage intentionnel des TIC où ils servent comme un moyen de transmission de l’information. Egalement, le côté pédagogique se rapproche des caractéristiques de l’enseignement multiforme, qui veut dire que l’approche est centrée sur l’apprenant et sur ses besoins.

La convergence en train de se réaliser entre l’enseignement à distance et l’enseignement multiforme est intéressant. Elle s’approche de l’idée d’école virtuelle. Ses cours sont des essais d’innovation et de création, comme par exemple les cours pilotes organisés par une université traditionnelle ou par un institut de formation professionnelle. Ces institutions fournissent des cours utilisant partiellement ou entièrement les modes de l’enseignement multiforme, voit virtuel, qui sont basé sur l’usage des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement.

Un exemple est le cours de français offert par le West Valley College présenté dans la partie 8.1. C’est un cours offert on-line, mais il est surtout ciblé aux étudiants du campus de WVC. La plupart de ces cours peuvent être étudiée à distance, mais il y a des unités qui demandent la présence de l’apprenant sur le campus. Ce modèle de cours, qui est " partiellement à distance ", est peu à peu en train de devenir à la mode, et peut-être un jour deviendra-t-il aussi une norme standard de cours universitaire. Ce type exploite les avantages des TICE et évite les désavantages (cf. 4).

Ces cours se trouvent dans les campus des universités nord-américaines et depuis quelque temps en Europe également. Les universités offrent aux apprenants une palette de choix de cours partiellement ou entièrement on-line sur Internet avec les vidéoconférences, une offre permettant l’indépendance du temps et du lieu. Que ce phénomène se développe en Europe à partir des Etats-Unis n’est pas seulement lié au fait que l’usage des TIC dans l’enseignement américain a commencé beaucoup plus tôt qu’en Europe. Aux Etats-Unis le concept de prestataire de services a été compris différentement qu’en Europe.

L’évolution de l’économie de marché américaine est plus ou moins liée aux termes " services ", " serviable ", " convivialité " et " effectivité ", qui est bien visible dans le marché éducatif. Les établissements scolaires, surtout les universités, sont considérés comme faisant partis du marché des matières premières. Ils sont des entreprises faites pour gagner de l’argent. Les apprenants sont des consommateurs qui font leurs choix selon leurs préférences et leurs besoins. L’offre du marché est conçue pour plaisir à l’apprenant qui profite du choix qui lui est proposé.

Cette attitude bouleverse les universités anciennes et évolue l’enseignement traditionnel. Les apprenants de la nouvelle génération qui entrent à l’université de leur choix pour faire leur formation, sont habitués à utiliser Internet et les outils de TIC quotidiennement, et ils attendent aussi cette possibilité dans l’enseignement.

 

 

5.3.1 La croissance à l’américaine

"  It's the Amazon.com approach" dit le Dr. Ryan, vice-président chargé du développement de l’assistance coopérative à University Penn State " You want to expand your product and position yourself for the marketplace, so you can be a very large provider of a variety of products. "

Le programme on-line de l’université de Penn State s’appelle Word Campus, il est le 25e campus autonome dans le système universitaire américain. En six mois, depuis qu’il existe, il a une croissance de 100 pour-cent d’inscrits. Ils ont prévu d’investir $12 millions en quatre ans pour arriver à 10 000 inscrits, la limite pour que le système soit viable.

Cet exemple décrit clairement la situation américaine dans le domaine de l’enseignement à distance, notamment ce qui est en train de se produire dans le monde universitaire américain. Il y a de plus en plus d’offres de cours via Internet, on-line. Il y a continuellement des nouvelles institutions de l’enseignement universitaire et de la formation professionnelle qui ouvrent leur portes virtuelles pour accroître leurs offres sur le marché, qui est en pleine mutation.

Jones International University est la première institution entièrement virtuelle et on-line, qui a pu obtenir la validation officielle pour ses diplômes. La question de la reconnaissance, de la validation, de l’équivalence et du statut légal des " diplômes virtuels " a, depuis le début, été difficile à régler. Résoudre ce problème était une grande bataille, et la réussite a beaucoup de valeurs pour les autres institutions qui suivent le même chemin. L’autre question est la crédibilité de ces diplômes sur le marché du travail, seront-ils valorisés dans la même façon comme les "diplômes normaux " ?

Stanley O. Ikenberry, le président d’American Council on Education, un nouveau groupe de l’enseignement universitaire on-line représentant 1 800 facultés et établissements de l’enseignement supérieur, affirme que le domaine n’est qu’à ses débuts, " I think these are the kinds of growing pains one should expect to see in any age of applying a new technology. " dit il.

California Virtual University, un répertoire des sites Web des cours on-line est en train de changer sa politique pour devenir une organisation à but lucratif. Sur leur répertoire il y a 112 institutions de niveaux différents, publiques et privées, offrant 2000 cours à distance et on-line en Californie. Depuis un an que le site existe, il y a déjà 25 000 inscrits aux cours, et qu’il y a mensuellement 120 000 visiteurs sur le site. " If anything, our experience proves that there is enormous interest in this, and it will only improve as bandwidth improves. " [NEW YORK TIMES, 29.3 et 4.4.1999]

5.3.2 La croissance à l’européenne

En Europe, au cours de l’année 1996, il y a eu plus de 2.5 millions d’inscrits dans les instituts d’enseignement à distance. Dans ce domaine les pays les plus performants sont l’Espagne, la France, l’Angleterre, l’Allemand et les Pays-Bas. Les moins performants sont la Grèce, l’Italie et le Portugal.

En ce qui concerne l’enseignement à distance au niveau universitaire, soit les cours sont offerts par une université virtuelle, soit par une université traditionnelle, par correspondance. Cette correspondance n’est pas toujours synonyme de la technologie sophistiquée de l’information et de communication. Donc, selon notre définition, elle ne tombe pas dans la catégorie de l’enseignement multiforme. En Angleterre, en Allemagne, en Espagne, aux Pays Bas et au Portugal il y a une université virtuelle. Plusieurs pays sont en train d’établir des plans pour les universités ouvertes ou virtuelles. Parmi ces pays il y a la Finlande et la France.

En Angleterre l’Open University a été crée en 1969. Elle est considérée une des plus expérimentés de ce domaine en Europe. Aujourd’hui cette institution compte plus de 210 000 inscrits pour des cours de différents niveaux. Ce seulement ces dernières années qu’elle a excellé dans les cours de l’enseignement des langues étrangères.

A la fin des années 1960, en Espagne, a été crée l’Universidad Macional de Educatión a Distancia (UMED), l’université espagnole à distance. Un côté intéressant est que depuis le début de sa création, ses diplômes sont équivalants aux autres diplômes universitaires espagnols. Open University of Catalonia créée en 1994, qui se décrit comme une université virtuelle, n’avait que 200 inscrits en première année. Cette Université se décrit comme une université virtuelle.

La France n’a pas d’université virtuelle, mais son Centre National d’Enseignement par Correspondance (CNED), qui est financé par l’Etat, est probablement le plus performant en Europe. Il faut remarquer qu’il y a des cours offerts par le CNED, qui ne sont pas du niveau universitaire en France, mais qui seraient considérés de niveau universitaire dans les pays anglophones.

Patrick Bloche, un député de Paris, a fait un Rapport au Premier ministre en 1998 qui s’appelle Le désir de France, la présence internationale de la France et la francophonie dans la société de l’Information. Il parle de la conception d’offres individualisées, comment les établissements éducatifs peuvent devenir prestataires d’une offre de formation à distance.

 

" Pour  l’heure, dans ce paysage, l’offre de formation française manque de visibilité et d’agressivité alors que celle des universités anglo-saxonnes est devenue plus attractive. Les diplômes français n’ont pas acquis une reconnaissance internationale suffisante pour attirer les étudiants en quête de débouchés professionnels. Pour leur part, les universités anglo-saxonnes mettent en œuvre de véritables politiques de marketing, dont l’objectif déclaré est retenir "les meilleurs", grâce à des procédures judicieuses d’allocation de bourses. " [BLOCHE, 1998, p.54]

 

 

5.3.3 Bilan

La croissance mondiale de l’enseignement à distance est fortement liée au développement des technologies de l’information et de la communication. Les réseaux à haut débit de transmission de l’information et les réseaux entre les établissements scolaires permettent les applications plus récentes, plus performants et plus efficaces qu’auparavant, mais sont-ils meilleurs ? Actuellement se développe l’infrastructure de la formation à distance, mais l’intérêt est déjà tourné vers la qualité du contenu, vers la question du comment la qualité de l’enseignement à distance être assurée ?

 

5.4 Commercialisation et industrialisation de l’enseignement

Le système éducatif varie beaucoup d’un pays à l’autre. Il n’est pas justifié de faire des comparaisons hâtives entre les situations dans lesquelles se trouvent ces différents pays. L’infrastructure du système éducatif américain est complètement différent de celle de l’Europe. Un outre, au sein des pays européens il y a beaucoup de différences. Mais, il y a tout de même des paradigmes qui peuvent être dégagés dans ce développement mondial.

L’usage d’Internet change beaucoup de choses dans le monde, surtout dans le domaine de l’apprentissage et de l’enseignement. Avec une connexion sur Internet qui relie des établissements d’enseignement, des bureaux et des maisons au sein du même réseau, les distances du monde entier se réduisent et la gamme des moyens d’apprentissage s’élargisse. Cela a inévitablement des impacts aux niveaux culturel et social, comme par exemple la commercialisation et l’industrialisation de l’enseignement. Ces phénomènes sont d’origine d’américaine, mais ils ne sont pas inconnus en Europe pour autant.

La création des universités ouvertes et virtuelles a été rendue possible par les technologies de l’information et de la communication, notamment par Internet. L’arrivée de l’usage d’Internet dans les établissements scolaires a crée une grande confusion dans le domaine de l’enseignement. Cette confusion est liée aux points qui ont été développés précédemment. Mais une confusion plus profonde est peut-être la commercialisation de l’enseignement et sa transformation en industrie. L’enseignement n’est plus une valeur sacrée, il fait partie du milieu des affaires, d’argent et de l’économie de marché. Il n’est plus une activité intellectuelle, un processus de socialisation ; il est devenu quelque chose qui peut être possédé, vendu et échangé contre de l’argent. La question de droits de propriété intellectuelle (DPI) est soulevée. Qui est le propriétaire des activités intellectuelles ?

Voici le point de vue de l’historien David Noble de l’Université de York qui dans son nouveau livre Digital Diploma Mills, usine des diplômes numériques, donne un avis très critique contre ce phénomène numérisé. Il ne craint pas la disparition de la qualité de l’enseignement supérieure, mais il craint que cela devienne un privilège réservé aux riches. Pour les autres il y aura l’enseignement via Internet, les vidéoconférences et l’enseignement par correspondance.

L’idée est développée de la façon suivante : depuis les vingt dernières années, des capitaux s’accumulent dans les campus américains. Il y a en conséquence un changement de perception sociale, qui vient du fait que les activités intellectuelles sont devenues des capitaux intellectuels, d’où la propriété intellectuelle. Ce changement est provoqué par l’exploitation de la recherche. Les connaissances scientifiques sont devenues des produits privés, c’est-à-dire que la propriété de connaissance peut être achetée et vendue.

Une autre raison de cette nouvelle perception sociale est l’industrialisation de l’enseignement. Les cours se sont transformés en courseware. L’activité de l’enseignement est devenue un produit privé, valable pour l’échange dans le marché de l’enseignement.

Tout d’abord les universités sont devenues des cités de production qui vendent les licences et les brevets d’invention. Ensuite, il y a une deuxième phase, qui est en pleine mutation, les universités deviennent des cités de production de vidéos, de cédéroms, de sites Web et de matériaux des cours.

Cette transformation de l’enseignement universitaire n’a plus rien à faire avec le travail des professeurs et des étudiants, parce que, en fait, il ne s’agit plus d’enseignement. C’est juste le nom du marché. Selon Noble, les promoteurs de cette transformation sont des vendeurs de hardware et de logiciels. Ces sont Apple, IBM, Bell, Microsoft, les sociétés de câble et les sociétés d’edutainment avec les éditeurs comme Disney, Simon and Schuster, Prentice-Hall, et al. " In the future, " dit le gouverneur d’Utah, Mike Leavitt " an institution of higher education will become a little like a local television station. "

Au Canada la tendance est similaire, il y a le projet de Virtual U piloté par l’Université de Vancouver, qui a pour but de rassembler les établissements d’enseignement universitaire du Canada dans le même réseau. Selon Noble, derrière cette opération il y a des sociétés comme Kodak, IBM, Microsoft, McGraw-Hill, Prentice-Hall, Rogers Cablesystems, Unitel, Novasys, Nortel, Bell Canada, et MPR Teltech. La confiance que ces sociétés ont dans ce projet est explicite. Ils prévoient un marché potentiel canadien de cinquante milliards de dollars américains qui peut prendre " an intellectual property policy that will encourage researchers and industry to commercialize their innovations. "

L’OCDE, dans Faits nouveaux dans le monde des logiciels éducatifs et du multimédia, parle de la création d’une série de partenariats et d’alliances entre diverses organisations mettant en commun leurs ressources pour faciliter la diffusion. C’est un réseau avec comme objectif la création de matériaux pédagogiques de qualité. Il y a des acteurs comme :

 

    • les écoles
    • les universités
    • les bibliothèques
    • les éditeurs
    • les radios diffuseurs
    • les fournisseurs de services de télécommunication

 

Les acteurs du marché sont le commerce, les établissements de l’enseignement et le secteur du divertissement.

Le marché de l’enseignement américain est devenu une nouveauté qui attire les affaires, il est estimé à plusieurs centaines milliards de dollars américains. La ventilation de ces sommes est difficile. Selon l’OCDE au niveau mondial le marché des technologies, des produits et services dans le domaine de l’information sont évalué à 853 milliards de dollars américains. Pour ce qui est des progiciels, en 1996, le marché était évalué à 109.3 milliards de dollars américains.

" Investment opportunity in the education industry has never been better, " dit un spécialiste de société d’investissement the Lehman Brothers. Selon lui, l’industrie de l’enseignement est en train de devenir " the focus industry " pour les investissements à but non-lucratif.

 

5.4.1 Industrialisation des cours

Aux Etats Unis, certains membres de faculté universitaire, s’opposent à cette transformation de l’enseignement en industrie. Par exemple à University of Washington, neuf cents membres de faculté des universités ont signé une pétition contre les projets des universités virtuelles. La pétition dit " Education is not reducible to the downloading of information, much less to the passive and solitary activity of staring at a screen. " Ils ont peur du taylorisme de l’enseignement, que l’enseignement soit divisé en parties et automatisé autant que possible.

Le représentant des professeurs de l’enseignement supérieur américain, the American Association of University Professors, soulevé les questions de l’arrivée des cours on-line et de l’embauche des enseignants62. Est-ce que les enseignants deviennent remplacer par les cours on-line ? Par exemple à York University, les enseignants non titularisés ont été forcés de mettre leurs cours sur vidéo, cédérom ou sur Internet et ensuite ils ont été embauchés pour enseigner leurs propres cours automatisés pour un salaire mois élevé. The New School à New York cherche les concepteurs des matériaux pédagogiques au chômage pour conceptualiser les cours on-line. Ils ne sont pas embauchés, mais juste payés pour leur travail et pour donner les licences de conception à l’université. Ensuite The New School peut fournir les cours sans vraiment embaucher personne.

Les questions soulevées par ces tendances sont multidimensionnelles : Est-ce que l’interaction humaine peut être remplacée ? Est-ce que les enseignants qualifiés sont remplacés par les moins qualifiés une fois que le contenu du cours est mis en place sur Internet ou sur le cédérom ? Qui a la propriété des contenus de ces cours qui sont devenus des produits à exploiter, le professeur ou l’administration de la faculté ? Qui a l’intérêt à vendre ces contenus, qui a les droits d’auteur et qui va gagner l’argent ?

 

5.5 Bilan

Les paramètres essentiels de l’enseignement à distance sont :

    • le temps
    • la localisation
    • le contenu
    • le style
    • l’organisation institutionnelle

 

Les modes de travail de l’enseignement à distance sont synchrone et asynchrone. L’infrastructure de l’enseignement à distance se développe et s’élargit sur les dimensions globales grâce aux technologies de l’information et de la communication. Le domaine est en transformation et en train de chercher les nouvelles vois à exploiter, ce que montrent les exemples développés précédemment.

Le développement du secteur de l’enseignement à distance a commencé par la création de l’infrastructure de l’information et des institutions de l’enseignement, y compris la technologie nécessaire à la transmission de l’information. Actuellement l’intérêt est plutôt tourné vers la qualité du contenu éducatif au dépends d’évolution de concept virtuel. L’écart entre les moyens et le contenu est en train de se déséquilibrer en faveur de d’efficacité de l’enseignement utilisant les TICE.

Malgré la tendance à la globalisation, les nombreuses entreprises et pouvoirs publics agissent localement pour trouver la compétence et les ressources multidisciplinaires dont ils ont besoin pour la création du contenu et des services éducatifs via TIC. L’aspect local a son importance, car il est impossible d’uniformisé l’enseignement à l’échelle mondiale. Il est nécessaire d’éviter la distribution des valeurs occidentales à traverse de réseau mondial et ainsi perdre la richesse de la diversité culturelle.

La collaboration des nombreux partenariats des secteurs publics et privés de domaine du développement, du commerce et d’enseignement semblent être devenu la tendance. Celle-ci tend de répondre à la fois aux besoins des utilisateurs et ceux des bailleurs de fonds ces domaines. L’aspect commercial est fortement présent dans les nouvelles applications éducatives utilisant Internet. L’objectif est de prendre une position dominante dans le domaine de l’enseignement à distance de demain.

Le manque de normalisation et de standardisation fait le jeu des conservateurs du système en place. Ils ne s’inquiètent pas seulement de la qualité de l’enseignement, mais aussi de l’évolution de l’industrialisation de l’enseignement. Des questions se posent au sujet de la qualité ainsi que l’égalité de l’enseignement. Quelle est la meilleure façon d’apprendre et d’enseigner ? Pour quel prix ?

 

6. Un outil d’évaluation des ressources pédagogiques

Cette partie présente une méthode d’évaluation de la qualité des matériaux pédagogique des langues étrangères. Cette méthode est un outil, Guide Qualité, pour les enseignants des langues étrangères et pour les concepteurs des matériaux pédagogiques.

Pour être pertinent, les leçons des langues étrangères demandent une organisation et une préparation soigneusement faite ; il faut prévoir les tâches attribuées aux apprenants et à quelles finalités pédagogiques elles vont servir. Il faut éviter de faire effectuer des tâches non guidées, de laisser trop de liberté - "surfing " sans but sur Internet - et de laisser se développer un courrier électronique superficiel et fragmenté qui ne sert à aucun but pédagogique. De ce point de vue, le Guide Qualité pour l’évaluation et l’élaboration de méthodologies et de matériaux pédagogiques pour l’enseignement et l’apprentissage des langues, peut servir aux enseignants comme un bon outil d’évaluation des matériaux pédagogiques et son organisation pour l’apprentissage des langues étrangères. L’application de ce Guide Qualité sur cédérom existe seulement en version beta, encore en cours du développement.

6.1 Méthode de l’évaluation des matériaux pédagogique

Le Guide Qualité pour l’évaluation et l’élaboration de méthodologies et de matériaux pédagogiques pour l’enseignement et l’apprentissage des langues, publié par la DG 22, Commission Européenne est une méthode d’évaluation des matériaux pédagogiques dans l’enseignement et l’apprentissage des langues étrangères. Selon ce guide les principes de la qualité des méthodologies et des matériaux pédagogiques comportent trois étapes principales, qui sont la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des résultats.

La qualité de la conception du matériel pédagogique facilitera la mise en œuvre, de la même façon que la mise en œuvre de ce matériel peut compenser une conception imparfaite. Le processus du développement des matériaux pédagogiques ne s’arrête pas, l’une étape profite de l’autre. Une fois que les résultats de ce matériel pédagogique ont été évalués, ces expériences pourront influencer la conception et l’amélioration de nouveaux matériaux. Le plus important dans le processus de la réalisation du matériel pédagogique reste quand même la méthodologie pédagogique et le contenu adéquate des matériaux pédagogiques.

 

1. Conception : c’est le processus d’analyse et de planification propre à assurer un bon contexte et contenu, et à les présenter de façon attractive et efficace pour les apprenants. La qualité de la conception du programme et des matériaux pédagogiques de l’apprentissage des langues est liée à la spécification du contenu et des activités d’une part, et à la présentation de ce contenu et de ces activités d’autre part.

Dans la spécification du contenu, l’accent est mis sur le contenu linguistique et thématique des textes. La spécification des activités est liée aux tâches pédagogiques, au niveau de l’interactivité et des aptitudes écrites et orales, à l’application à la vie réelle et aux stratégies d’apprentissage.

La présentation du contenu et des activités est liée à l’organisation du contenu linguistique, en adéquation avec des textes et des thèmes. Elle correspond à la conception des unités par rapport à l’ensemble, notamment la gestion de l’interaction et de l’évaluation. Les aspects de la présentation sont l’interface, la navigation, l’illustration des images et l’utilisation des couleurs. Dans cette étude ces aspects de la présentation ne seront pas approfondis.

 

 

Conceptionn

 

 

 

Spécification

 

Contenu

Contenu Linguistique

Thèmes etTextes

 

 

Activités

Tâches pédagogiques

Interaction

Aptitudes écrites et orales

Application à la vie réelle

Stratégies d’apprentissage

 

 

 

Présentation

 

Organisation du contenu linguistique

Adéquation de thèmes

Conception des unités

Gestion de l’interaction

Evaluation

 

Aspects de la présentation

Interface

Navigation

Illustration

Fig. 11 : Conception

 

2. Mise en œuvre  est la conception en action, c’est-à-dire un processus assurant à la fois un environnement affectif et positif pour l’apprentissage des langues étrangères qui puisse s’adapter de façon flexible et convenir aux objectifs donnés. Les besoins individualisés de l’apprenant doivent être pris en compte de façon flexible. Cette phase inclue la gestion affective, les actions de pilotage et les moyens d’appui.

La gestion affective s’appuie sur un processus d’apprentissage encourageant, motivant et stimulant, qui s’applique au rythme individualisé de l’apprenant. Le pilotage comporte des actions correctives liées aux activités, au retour d’information et à l’évaluation continue de l’apprentissage. Les moyens d’appui sont les outils d’auto-formation qui doivent être d’un accès aisé afin de faciliter le caractère autonome de l’apprentissage ainsi que la prise de conscience de cette autonomie. Ce sont aussi des outils d’aide en cas de difficultés.

 

Mise en œuvre

 

 

Gestion affective

 

Engouragement

 

Motivation

 

Stimulation

 

 

Pilotage

 

Action correctives

 

Informations en retour

 

Evaluation

 

Moyens d’appui

 

Outils d’autoformation

 

Outils d’aide

Fig. 12 : Mise en œuvre

 

3. Evaluation des résultats : la qualité des résultats peut être évaluée à la fois en termes de gains de compétence dans les langues étrangères et dans la prise de conscience des aptitudes cognitives, mais également en terme de satisfaction de l’apprenant.

L’évaluation de l’apprentissage productif de la langue étrangère contient les critères externes et internes retenus pour l’apprentissage, ainsi que l’étendue des acquis et la compétence gagnée dans les situations réelles. L’amélioration des aptitudes cognitives se mesure dans la transférabilité des modalités d’apprentissage aux situations de la vie réelle. L’évaluation des résultats est fondée sur l’ensemble des moyens constitués par la stratégie d’évaluation utilisée, les objectifs du programme et par l’information en retour en vue de sa révision.

La satisfaction de l’apprenant est mesurée par rapport à sa progression et aux objectifs réalisés au cours du processus d’apprentissage, ainsi que dans la convivialité des activités et des matériaux employés. Les modalités pratiques peuvent être évaluées également.

Les valeurs éducatives sont aussi susceptibles d’être évaluées. Les facteurs en sont la conscience interculturelle, les stratégies d’apprentissage et la confiance en soi. Egalement, les stratégies communicatives gagnées peuvent être prises en compte.

 

E

va

lu

a

tion

 

des

 

sul

tats

 

Apprentissage

Critères externes et internes

Compétance en situation réelle

Etendue des acquis

 

Moyens

Stratégie d’évaluation

Objectifs du programme

Information en retour

 

Valeur éducative

Stratégies l’apprentissage

Conscience interculturelle

Confiance en soi

 

Satisfaction de

l’apprenant

Convivialite des avtivités

Modalités pratiques

Objectifs personnels

Fig. 13 : Evaluation des résultats

 

 

6.2 Les principes de la qualité

 

Les principes de la qualité des matériaux pédagogiques sont divisés en quatre catégories :

 

    • la pertinence de l’ensemble
    • la catégorie de l’environnement et des matériaux pédagogiques
    • la catégorie des aspects interpersonnels du processus d’apprentissage
    • la catégorie de l’interface

 

1. Le principe de pertinence est fortement lié aux huit autres variables de l’apprentissage des langues, il joue un rôle central dans l’enseignement. La pertinence tient son importance d’une approche éducative centrée sur les apprenants, auxquels elle donne la priorité lors de l’élaboration ou de l’évaluation des programmes et des matériaux pédagogiques. La pertinence dans les matériaux pédagogiques signifie également l’adéquation sociale et politique des objets éducatifs généraux et leur adaptation au contexte d’apprentissage.

 

2. L’environnement et des matériaux pédagogiques doivent avoir :

  • la fiabilité la cohérence méthodologique entre les objectifs et leur réalisation est prise en compte. Ainsi la cohérence interne entre les différentes séquences et unités est essentielle. L’intégrité méthodologique, linguistique et textuelle fait aussi partie de la fiabilité, comme la faisabilité pratique des exercices et des activités.
  • la flexibilité est concentrée sur l’individualisation et sur l’adaptabilité des activités par rapport auxquelles les apprenants sont encouragés à l’autonomie et à l’initiative.
  • l’efficacité incluse la rentabilité dans l’utilisation du temps et des ressources disponibles est incluse dans la variable de l’efficacité, ainsi que l’ergonomie entre les moyens et les exigences
  • 3.Les aspects interpersonnels du processus d’apprentissage qui sont liés à la pertinence des matériaux pédagogiques des langues sont :

  • la participation tient compte de l’intérêt personnel de l’apprenant ainsi que du partenariat via le partage des projets éducatifs et l’échange des expériences et des responsabilités. De ce point de vue, les matériaux pédagogiques qui engagent à un dialogue avec les pairs et avec l’enseignant sont préférés.
  • l’évolutivité prend en compte le développement cognitif des capacités et des stratégies d’apprentissage de l’apprenant. C’est aussi la transférabilité des aptitudes cognitives à différents contextes d’apprentissage et aux situations de la vie réelle
  • la socialisation peut être sociolinguistique, c’est-à-dire la connaissance culturelle qui transmet travers une langue.
  • 4. L’interface entre le support et l’apprenant comporte les aspects essentiels de la qualité des matériaux pédagogiques comme

     

    La figure 14 est un tableau qui montre les trois étapes de développement, les catégories et les huit variables de la qualité. Cette formule peut faciliter l’organisation, la planification et l’évaluation des aspects importants des matériaux pédagogiques. Les principes regroupés dans ce tableau conviennent parfaitement aux besoins de l’enseignement multiforme. L’usage de ce tableau peut aider l’enseignant à éviter les principales difficultés de l’enseignement multiforme présentes dans la partie précédante.

    1.

    Pertinence de l’ensamble

     

    Conception

     

     

    Mise en Œuvre

     

     

    Evaluation

     

    2.

    Matériaux et environnements pédagogiques

     

    Efficacité

    Fiabilité

    Flexibilité

     

    Conception

         

     

    Mise en Œuvre

         

     

    Evaluation

         

    3.

    Aspects interpersonnels du processus d’apprentissage

     

    Participation

    Evolutivité

    Socialisation

     

    Conception

         

     

    Mise en Œuvre

         

     

    Evaluation

         

    4.

    Interface

     

    Transparence

    Attractivité

    Conception

     

       

     

    Mise en Œuvre

       

     

    Evaluation

       

    Fig. 14 : Grille d’évaluation des matériaux pédagogiques de l‘apprentissage des langues étrangères sur Internet 

     

    7. Exemples de l’enseignement multiforme des langues

     

    L’analyse des exemples donnés dans la septième et huitième partie est pour part fondé sur la méthode présentée dans la partie précédante. Les exemples retenus pour ces deux parties ont été sélectionnés en fonction de la qualité innovative de leurs applications et leurs méthodes pédagogiques.

     

    7.1 Niveau universitaire : Montpellier 3

     

    Cet exemple vient de l’Université Montpellier 3 (France). Le projet s’appelle " Espace Multimédia de l’Université Paul-Valéry ". Cet espace a été créé 1992 pour organiser l’enseignement des étudiants non-spécialistes de langues du premier, deuxième et troisième cycle. Cette expérience est en langue anglaise. Le dispositif est fondé sur un travail autonome de l’apprenant et sur l’utilisation des TICE. Il ne s’agit pas seulement de l’usage d’Internet, car tous les médias et supports sont utilisés. Cet exemple a été retenu comme un bon exemple pour son approche pédagogique et méthodologique ainsi que pour son organisation du travail.

     

    7.1.1 Conception

     

    A cause du nombre élevé des étudiants non-spécialistes de l’anglais du premier, deuxième et troisième cycle, l’Etablissement a dû rechercher une nouvelle méthode d’enseignement. L’Espace Multimédia est un lieu disposant de magnétoscopes, d’ordinateurs, de lecteurs de cédéroms, de postes collectifs de vidéo et de magnétoscopes. C’est un lieu du travail autonome où les apprenants peuvent venir en accès libre aux horaires de leur choix entre 9 et 19 heures du lundi au vendredi. La présence des apprenants et le type d’activité sont enregistrés sur un logiciel.

    Les apprenants de chaque cycle ont leurs propres programmes à suivre ; de plus les programmes sont différents pour le premier et le deuxième cycle. Le programme de l’année est commun à tous les groupes d’un même cycle, mais les apprenants ont le choix des activités au sein d’une vaste diversité de matériaux pédagogique et de documents d’accompagnement pour un travail autonome sur différents supports. Ces matériaux pédagogiques disposent d’orientations différentes selon la nature du produit : compréhension orale et écrite, grammaire et rédaction. Le rythme individuel du travail peut être choisi selon la préférence de l’apprenant, le matériel favorisant la prise de conscience du caractère autonome de l’apprentissage. En cas de difficultés, une aide peut être trouvée dans les documents d’accompagnement.

    Puisque le parcours est le même pour tous les apprenants d’un cycle, il n’est pas individualisé par rapport au niveau ou aux besoins des apprenants, même si les apprenants peuvent choisir leurs thèmes dans une sélection assez vaste. De ce point de vue, la spécification du matériel n’est pas vraiment au point, même si le contenu linguistique et thématique des matériaux est adéquat. D’un autre côté, le même programme de travail incite les apprenants à travailler ensemble et promouvait l’apprentissage horizontal. Cette façon de travailler implique la participation à une forme de travail en commun, ainsi qu’une socialisation au sein du groupe des pairs qui crée une ambiance positive pour apprendre.

    Pour les apprenants du deuxième cycle, il y existe un autre dispositif basé sur l’auto-formation guidée. Il s’agit d’un triptyque entre le tutorat, le travail autonome et la pratique guidée. Au début du semestre un tuteur est désigné à chaque apprenant, avec pour mission d’être son guide méthodologique. Le rôle du tuteur est de permettre à l’apprenant de poser des questions sur le dispositif, les documents d’accompagnement et les modalités d’évaluation, ainsi qu’à évoquer avec lui le mode de travail qui lui convient mieux, à établir ses objectifs et les pistes de son travail. Son soutien et son guidage vers un travail autonome sont importants également.

     

    7.1.2 Mise en œuvre

     

    Les matériaux et les activités existent sur papier, sur support vidéo et également sur ordinateur. Pour le deuxième cycle, il y a trois niveaux différents (facile, intermédiaire, avancé). L’apprenant peut choisir son support préféré et travailler au rythme qui lui convient ; une partie du travail pouvant être effectuée chez soi et l’autre partie à l’Espace Multimédia. Lorsque le temps consacré au travail à l’Espace Multimédia est enregistré sur le logiciel, les horaires peuvent être choisis librement.

    Le concept pédagogique de ces matériaux propose un discours de façon à mobiliser l’autonomie de l’apprenant aussi bien dans son travail indépendant, que dans les séances dirigées en groupes. Pour le premier cycle, il s’agit de séances de travaux dirigés où les exercices sont corrigés. Pour le deuxième cycle, concernant la pratique orale, un travail préparatoire doit être fait, qui sert à la base de discussion. Cette méthode de travail encourage fortement la prise de conscience du processus d’apprentissage tout en laissant une large part au travail autonome. Pour cela, l’apprenant a le soutien moral d’un tuteur et également des outils d’auto-formation qui facilitent ce processus.

    Un exemple du travail de deuxième cycle est l’usage du courrier électronique avec des correspondants américains, et la façon dont il est utilisé comme moyen de l’apprentissage de la langue écrite. Les apprenants établissent des contacts avec une Université américaine en écrivant des lettres à leurs correspondants. Le courrier électronique représente une façon flexible de travailler. Il est très efficace s’agissant d’acquérir des compétences dans la souplesse de la langue et son utilisation pratique dans les situations de la vie réelle, donc il s’agit de la compétence communicative. Un désavantage existe cependant : la correction de ces lettres n’aura jamais lieu, ce qui fait que l’apprenant ne peut pas apprendre de ses fautes de langue. Le discours oral  de la langue écrite, ce qui est souvent le cas du courrier électronique, peut également devenir désavantageux.

    7.1.3 Evaluation des résultats 

    Au cours du premier cycle, l’évaluation des apprenants est faite par le biais des épreuves du contrôle continu portant sur le contenu des matériaux étudiés en travail autonome, ainsi que sur les séances de travaux dirigés en demi-groupes. Il y a aussi les épreuves portant sur les exercices de grammaire, sur des textes d’actualité et sur la compréhension orale. L’évaluation de ces épreuves est directement liée aux objectifs retenus pour ces matériaux pédagogiques. Dans le premier cycle, il n’y a pas vraiment d’auto-évaluation, ce qui constitue une lacune. Concernant le deuxième cycle, l’auto-évaluation est encouragée par le tuteur, qui essaye de faire prendre conscience à l’apprenant de son progrès. Les documents d’accompagnement où les objectifs généraux de l’exercice concerné sont indiqués constituent un outil en vue de l’évaluation de ses propres objectifs. En général dans ce dispositif, la cohérence de l’ensemble repose sur le passage graduel à l’autonomie pendant les années de formation.

    Les apports personnels au processus d’apprentissage sont renforcés grâce à cette organisation du travail. Concernant les gains de compétence dans les aptitudes cognitives, le programme est efficace, parce que les supports des matériaux et des modes de travail sont variés. Le programme du premier cycle est néanmoins limité par la disparité des produits, qui provient, selon les enseignants-chercheurs de l’Université Paul-Valéry, du nombre limité des produits existants sur le marché. Cet état de fait tend à limiter des gains de compétence dans le vocabulaire des langues étrangères. Il peut aussi démotiver les apprenants.

    Le dispositif de formation peut être évalué en termes de satisfaction des apprenants, élément qui dépend directement de la motivation de l’apprentissage des langues étrangères. Ce type de travail ne convient pas forcément tous les apprenants, mais une grande partie d’entre eux en a été satisfaite. C’est grâce aux choix des produits, à la souplesse des horaires et aux parcours personnels que les apprenants apprécient ces programmes. Les enseignants-chercheurs de l’Université Paul-Valéry ont finalement dégagé deux types de comportement parmi les apprenants de ces programmes : le premier se fixe des objectifs à long terme et y reste fidèle sur l’année ; le deuxième change d’un produit ou d’un support à l’autre.

    A cause du manque de matériaux pédagogiques sur le marché, les enseignants-chercheurs de l’Université Paul-Valéry ont envisagé de créer leur propre matériel ainsi qu’un produit interactif mettant en rapport l’écrit et l’oral.

    Point forts :

     

    7.2 Formation professionnelle : HTML-lesson

    Cet exemple est une des innovations présentées dans Le label européen par la Commission Européenne [Stimuler l’apprentissage, 1999]. Il consiste en une initiative danoise de l’Odense Teknisk Skole, école technique d’Odense. C’est un exemple d’enseignement par la réalisation d’une tâche, dont le modèle est complet et transposable dans de bonnes conditions à d’autres situations pédagogiques. Il est conçu de façon à permettre un apprentissage des langues étrangères en conditions réelles ; d’inspiration interdisciplinaire, il accroît la motivation par le learning by doing. Egalement essentiel est travailler via le tissu social virtuel ; une part de formations s’agit de la création des liens avec l’institut jumeaux en Angleterre.

     

    7.2.1 Conception

    Le but de cet exercice est d’apprendre l’anglais ainsi que d’apprendre à réaliser une page Web. Grâce à cette page Web personnelle, les apprenants font les liens avec les correspondances scolaires dans les autres pays. L’exercice s’appelle Web Page Task (WBT). La méthode pédagogique employée repose sur l’enseignement par la réalisation d’une tâche ; cette méthode compte beaucoup sur la responsabilité de chaque apprenant dans le groupe. Le matériel pédagogique, réalisé en anglais, est destiné à l’apprentissage de l’utilisation d’Internet, du courrier électronique et de la manipulation d’HTML. Donc la spécification du contenu et des activités sont bien ciblées, ainsi que leur application à la vie réelle.

    Au total, il y a cinq unités dans ce projet, qui doivent toutes être accomplies pour que l’ensemble fonctionne. Chaque unité comporte une tâche à accomplir, quelques exercices linguistiques ainsi que des questions concernant la réalisation de la tâche. Les explications sont effectuées en anglais et les réponses aussi sont exigées dans cette langue. Les exercices proposés pour chaque tâche existent sur papier ainsi que sur Internet et sur support cédérom. Avant d’entamer ce projet, les apprenants ont déjà travaillé sur le vocabulaire de base de l’informatique en anglais, comme également, ils ont acquis des connaissances élémentaires en informatique.

    Chaque groupe, comprenant cinq apprenants, a son unité à accomplir. Dès que le groupe de cinq a accompli sa tâche, il l’enseigne aux autres élèves de la classe. Cela se fait encore dans les groupes de cinq, mais cette fois les groupes sont mélangés ; ils contiennent un membre différent de chaque unité. Donc chaque élève est à la fois un apprenant de quelque chose de nouveau et un "conseilleur", un expert qui enseigne aux autres.

    Les unités :

      • Se procurer un compte de courrier électronique sur Internet
      • Se procurer un compte Web
      • Programmer en HTML
      • Transférer des fichiers à l’aide d’un protocole FTP
      • Se procurer des images et d’autres éléments destinés à une page Web

     

    La conception de ce matériel pédagogique s’appuie sur la responsabilité commune dans le groupe et sur la stratégie d’apprentissage learning by doing. En ce qui concerne les aspects interpersonnels du processus d’apprentissage, cet exercice demande un haut niveau de participation et de coopération au travail de groupe. L’apprenant doit se placer dans le processus de socialisation dans le groupe, phénomène qui favorise l’apprentissage horizontal parmi les pairs.

    La transparence de ces matériaux pédagogiques est très claire, les objectifs des exercices sont bien ajustés aux besoins de l’apprenant, qui doit apprendre l’anglais dans des situations du travail, ainsi que la manipulation des sites Web. Il faut signaler également que la conception de l’interface numerique de ces exercices se concentre sur l’essentiel ; qu’elle est conviviale et claire.

     

    7.2.2 Mise en œuvre

     

    La finalité des ces matériaux pédagogiques est que chaque apprenant puisse connaître la manipulation d’HTML et avoir son propre compte de page Web personnel, avec un courrier électronique. La mise en œuvre de ce matériel donne la priorité aux apprenants, à leurs besoins et à leurs objectifs, fait qui garantit une bonne pertinence à ce projet.

    La spécification du contenu et des activités sont claires, les objectifs ciblent la compétence professionnelle de niveau international, garantie par le contenu linguistique et thématique des textes. Le contenu assure également les aptitudes écrites et orales, parce que chaque apprenant doit accomplir les exercices écrits et oraux dont la communication lui est faite en anglais. L’application à la vie réelle est forte dans ce projet ; cette méthode se base sur des stratégies d’apprentissage transposables à la vie professionnelle.

    L’ambiance d’apprentissage induite par cette méthode est motivante et stimulante pour l’apprenant, qui doit participer aux activités de façon constante pour s’assurer un bon niveau d’apprentissage. Le renforcement de l’apprentissage se produit quand à son tour l’apprenant devient un enseignant pour les autres. L’apprenant renforce son propre apprentissage grâce à la réflexion pédagogique dans laquelle il s’engage. Egalement, le nouveau vocabulaire et les termes qu’il utilise tendent à s’assouplir. Il progresse aussi dans son aptitude à parler en public.

    Le rythme individualisé de l’apprentissage est validé dans le cadre du calendrier des tâches. Parce qu’un groupe travaille ensemble pour atteindre un but, les apprenants doivent respecter un rythme commun pendant le processus. Au fur et à mesure du calendrier, l’apprenant peut avancer selon son propre rythme.

    Dans ce matériel pédagogique, la présentation du contenu et des activités sont très claires. La clarté simplifie le travail et aide à la compréhension de la méthode dans son ensemble, à laquelle chacun contribue par son apport personnel. La gestion de l’interaction se produit dans le groupe des pairs comme juste retour de la réussite d’une tâche. Si la tâche est mal effectuée, il ne fonctionne pas. Par exemple, en ce qui concerne la manipulation d’HTML, le retour est immédiat, puisque s’il y a des problèmes dans la réalisation, la page ne devient pas visible. Cela permet également l’évaluation continue pendant la tâche.

    Chaque apprenant a la possibilité d’utiliser des outils d’auto-formation pour faciliter l’apprentissage ; ce sont des textes d’aide sur Internet ou sur support cédérom. Mais probablement le soutien le plus efficace vient-il des pairs dans le groupe, qui en cas de difficultés, apportent aide et assistance. Le travail coopératif dans le groupe est essentiel, parce que chaque apprenant est responsable de sa connaissance ainsi que de l’accomplissement de la tâche. Donc, cet environnement de l’apprentissage souligne bien la responsabilité de chaque individu dans le groupe.

    Ce matériel pédagogique est efficace en ce qui concerne les aspects interpersonnels du processus d’apprentissage. Il encourage fortement la participation au travail de groupe. A cause du processus de socialisation du groupe, l’apprentissage devient interactif et dynamique ; on constate l’échange d’idées, des expériences et aussi des responsabilités. L’apprenant s’engage personnellement dans ce processus, qui le renforce.

     

    7.2.3 Evaluation des résultats 

    L’évaluation des résultats des unités du projet est facile, car l’ensemble ne fonctionne pas si une des unités est mal complétée. La satisfaction de l’apprenant peut être mesurée selon les objectifs achevés dans le projet, également comme par sa satisfaction dans le travail en groupe et par la convivialité des matériaux.

    L’évaluation du travail individuel peut également être faite dans les groupes par les autres membres. Ils sont invités à formuler leurs critiques et leur opinion sur le travail d’un autre membre. Cet aspect est aussi important dans la vie professionnelle où l’évaluation des tâches est faite par rapport à la réussite, et pas seulement par rapport à la simple réalisation d’une tâche. La pertinence du projet garantit à la fois des gains de compétence professionnelle et linguistique ainsi que des gains dans les aptitudes cognitives.

    La force de ce projet réside dans la réalisation d’une tache, qui est une aptitude de plus en plus demandée dans le milieu professionnel. La transférabilité de cette méthode aux tâches professionnelles est garantie. Le phénomène du partage du savoir, du savoir-faire et de la compétence professionnelle forment l’axe principal du travail en groupe. Dans cette méthode l’apprentissage est assuré par le fait qu’il doit être expliqué et enseigné à nouveau aux autres. Cela implique un apprentissage approfondi du vocabulaire anglais ainsi que des manipulations informatiques. Il arrive souvent que dans les situations professionnelles, les mêmes méthodes de travail soient exigées. Le partage du savoir-faire fait gagner du temps et économise des efforts, qui le plus souvent, peuvent se mesurer en termes d’argent gagné.

     

    Points forts :

     

     

    7.3 Dans les écoles : l’écriture collaborative

     

    Cet exemple est une initiative finlandaise des activités de l’écriture collaborative. Depuis son début l’idée a gagné la popularité parmi les enseignants des langues étrangères utilisant les TIC. Le projet est fondé en 1993 par R.Vilmi, et il s’appelle HUT E-mail Writing Projectt, l’application le plus populaire est Internationl Writing Exchange. Cette application convient mieux aux apprenants qui possèdent déjà un assez bon niveau de langue étrangère à l’écrit et à l’oral. Il y a des participants des écoles primaires jusqu’au niveau universitaire.

    7.3.1 Conception

    International Writing Exchange est un projet d’écriture et de compréhension de langue étrangère. Il s’est base sur un site Web où tous les participants publient leurs écritures dans une langue choisie. Ce travail de chaque apprenant souligne le processus de la rédaction, de son retravaille, de l’évaluation et de l’information en retour. L’interaction entre les participants du projet est importante. L’application de ce programme est très flexible, permettant les apprenant d’une classe de participer au projet collectif pour une longue ou courte durée.

    L’apprenant rédige un article sur un sujet choisi. Soit l’enseignant propose une liste de thèmes, soit l’apprenant choisit le sien. Selon l’âge des participants les thèmes varient. Pour les plus jeunes le sujet doit être facile à rédiger dans une langue étrangère. Pour les adultes, qui sont plus sûres de leurs connaissances de langue, ils peuvent rédiger des articles plus compliqués sur un thème actuel ou culturel.

    La rédaction de texte se passe dans la classe utilisant les TIC. L’enseignant accompagne le processus avec ses conseils de rédaction et d’écriture, qui sont donnés selon les aptitudes des apprenants. Une fois que la rédaction est finie, l’apprenant la présente dans la classe et reçoit des critiques productives. Ensuite il y a la réécriture, et l’article est envoyé au site Web de HUT, aux sites des autres participants et dans les newsgroups participant au projet. Le texte s’affiche sur les sites et il est lisible par tous les autres participants.

    La spécification de cette phase de conception est claire, parce que l’apprenant peut choisir le thème de la rédaction selon sa préférence. La tâche pédagogique est liée aux aptitudes écrites d’une langue étrangère et aux capacités à rédiger un texte bien argumenté.

    Du site Web chaque participant du projet choisit quelques textes à lire et fait des commentaires dessus. Le sujet, la forme, la structure, le style d’utilisation de la langue seront évalués et critiqués. L’apprenant doit bien formuler ses arguments et les envoyer à l’auteur du texte. Cette phase d’exercice entretient des stratégies d’apprentissage, qui sont bien applicables à la vie réelle de l’apprenant.

    Après la critique des articles, les activités dans chaque classe continuent sur les textes qui sont été envoyé sur le site de HUT. Ces textes seront analysés, évalués et classifiés. Les apprenants travaillent sur les matériaux créés par leurs collègues d’autres pays. Cela leur permet de faire connaître leurs rédaction, comme aussi leur point de vue sur les thèmes. Le but est de trouver les critères et les standards pour l’écriture efficace, mais aussi de faire la connaissance de gens et des styles d’une autre culture.

    Les critères et l’information en retour par les autres participants servent à améliorer le processus de rédaction des apprenants. Ils servent également à l’évaluation de la rédaction. Ces critères seront appliqués à la réécriture et à la révision des textes. Finalement en dernière phase, les apprenants se retrouvent dans un espace virtuel de centre les langues d’HUT pour faire une conférence virtuelle on-line.

     

    7.3.2 Mise en œuvre

    L’écriture de ces textes est faite par le traitement de texte, qui permet l’auteur de réécrire et de réviser son texte. Quand le texte est fini, il est envoyé par le courrier électronique au site d’HUT où il sera publié.

    La création d’une ambiance positive et encourageante est importante dans ce projet. Les apprenants devront se sentir rassurés d’envoyer leurs textes pour être lus par les autres participants. Cette attitude sera préparée dans la classe sous l’accompagnement et les conseils de l’enseignant.

    En ce qui concerne l’action de pilotage, les actions correctives du processus de rédaction, de l’information en retour et de l’évaluation continue d’apprentissage, elles sont pour la plupart faites par le feed-back que les apprenants recevaient les uns des autres. Cela se passe dans la classe entre les apprenants et avec l’enseignant, avant la publication du texte dans le site Web. Cela se fait également avec les commentaires que les autres participants font sur leurs travaux. Et l’enseignant donne son évaluation sur le texte final.

    Tous ces types de retours des informations sont importants pour l’auteur du texte. Dans l’ensemble il va avoir plusieurs points de vue sur son travail. Les avis et les commentaires faits par ses collègues d’un pays étranger sont intéressants, parce qu’il y a une différence de cultures. Selon le thème, les textes peuvent beaucoup varier entre eux. Par exemple les articles sur les questions comme l’avortement libre, la consommation d’alcool, les relations interculturelles, animent le débat parmi les apprenants un peu plus âgés. A travers ces avis différents, l’apprenant apprend des choses d’une culture différente.

     

    7.3.3 Evaluation des résultats

    La qualité de la rédaction est évaluée par les participants du projet dans une classe, et également dans la conférence virtuelle à la fin de la séance. Cette conférence a l’air plutôt informel, le but est d’encourager la communication entre les apprenants des différents pays. Cela leur permet de faire la connaissance de cultures différentes par la discussion du même sujet.

    Les apprenants trouvent cette façon de travailler stimulant. Ils aiment bien avoir le contact avec leurs collègues d’autres pays, le fait d’avoir des lecteurs internationaux pour sa rédaction en langue étrangère stimule la rédaction.

    Pour les lecteurs, il est intéressant de lire les textes qui viennent des collègues d’autres pays. Les apports culturels sont nombreux, mais à travers ces textes les apprenants peuvent marquer les différences d’une langue selon les pays. Par exemple l’anglais se diffère beaucoup selon le pays où il a été enseigné.

    Un commentaire d’une apprenant égyptienne " …by sending our articles to them we gain a lot ; for example, we benefit from their comments as it opens our minds to others’ beliefs, point of view and traditions, as we are not alone in the world. What makes me also happy is the feeling that we have a lot of friends in different countries, something that never makes us feel bored as we are dealing with different mentalities which is very interesting. "

     

    Points forts :

     

     

     

    7.4 Tous les niveaux : Simulab – simulations en ligne sur le Web

    Simulab est une des initiatives du programme Le label européen. Il a été créé en coopération entre plusieurs pays européen au nombre desquels on trouve la Belgique, l’Espagne, la Finlande, le Danemark et la Suède. Le projet est coordonné par la Norvège [Simuler l’apprentissage, 1999]. Simulab est un environnement de situations de jeux de rôles pour l’apprentissage des langues étrangères. Une session dure normalement entre six et douze mois. Le programme est axé sur la résolution de problèmes ; les stratégies employées sont applicables à la vie réelle. Simulab est ciblé pour les enseignants et les apprenants de langues étrangères de niveau secondaire, universitaire, ainsi qu’à l’enseignement destiné aux adultes ; la spécification du contenu des activités peut varier selon le groupe ciblé.

     

    7.4.1 Conception

    La conception de Simulab est fondée sur des échanges de communication entre les apprenants de langues étrangères issues de plusieurs pays différents. La communication s’effectue par Internet ; elle concerne un problème spécifique ou simulé. Ces simulations portent sur une situation réaliste de jeux de rôles où les différents membres s’engagent dans un scénario imaginaire, débattant d’une question et de sa résolution. Les scénarios peuvent être adaptés aux langues, thèmes ainsi qu’aux différents niveaux en fonction des besoins de chaque groupe, phénomène qui illustre la flexibilité des matériaux pédagogiques utilisés.

    L’idéal pour un scénario consiste dans trois groupes différents issus de plusieurs pays ; il peut aussi fonctionner dans un même pays. Grâce au logiciel TELSI créé pour ce programme, les apprenants communiquent entre eux sur Internet par courrier électronique ou dans des groupes de chat en ligne. Les apprenants collaborent entre eux pour accomplir un projet commun indiqué dans le scénario. Cette collaboration est surtout basée sur la résolution d’énigmes. Ces matériaux pédagogiques sont efficaces ; la majeur part de communication s’effectue en langue étrangère, ce qui fait que pendant 80 % du temps accordé au projet, l’apprenant l’utilise une langue étrangère pour ses recherches d’information et pour sa communication internationale.

    Grâce au système TELSI l’enseignant peut structurer et contrôler l’environnement des discussions et des débats. Les apprenants peuvent également créer des fichiers d’information et des hyperliens, ils peuvent les faire partager avec les autres apprenants par le réseau. L’accès aux fichiers peut être limité ou au contraire, tout le monde a la faculté d’ajouter ses propres contributions.

     

    7.4.2 Mise en œuvre des matériaux pédagogiques

    L’apprentissage se produit au fur et à mesure du développement du scénario que les apprenant modifient par leurs décisions et parfois, par leurs compromis, du fait que tous les groupes doivent être d’accord au bout du compte. Ce phénomène est très motivant et encourageant pour les apprenants, ce qui stimule leur envie de parler et débattre dans une langue étrangère. Dans ce scénario, la langue devient un moyen de communication ; pour convaincre les autres de son point de vue, il faut s’exprimer. Les interrogations des autres apprenants jouent en retour un rôle d’actions correctives ; si un message n’a pas été compris par les autres, c’est qu’il n’a pas été clair. Les outils d’aide sont accessibles aux apprenants à n’importe quel moment dans les fichiers d’information et dans les manuels. En général, l’enseignant doit être bien familiarisé avec ce matériel, pour que l’apprentissage soit harmonieux.

    Par exemple le scénario choisi pour l’apprentissage de l’anglais dans une formation professionnelle destinée à l’industrie du tourisme concerne le développement touristique d’une zone rurale en Angleterre. Les groupes des apprenants sont issus de trois pays différents, à savoir des français, des espagnols et des finlandais. Pour commencer le développement, il faut étudier sérieusement la situation du pays et de la zone concernée, particulièrement ses spécialités pour le tourisme. Chaque groupe d’apprenants effectue cette étude depuis sa propre région du monde ; les informations et les propositions sont ensuite mises sur un site Web commun à ce projet. Cette phase du projet permet aux apprenants de faire connaissance avec le pays et sa culture.

    Une fois que tous les groupes ont proposé des idées pour le développement de la zone touristique, il faut débattre afin de choisir le meilleur, car un seul projet peut être réalisé dans cette simulation. Dans cette phase, les apprenants doivent s’engager sur leur projet et convaincre les autres qu’il est le plus applicable à cette situation. Dans ce débat, les meilleures méthodes d’argumentation sont mises en valeur.

    La durée d’un projet varie normalement entre six mois et un an. Pendant ce temps, les apprenants des différents pays font des contributions personnelles au projet des autres, ce qui est un bon encouragement pour la communication et pour l’apprentissage des langues.

    L’idée de Simulab repose sur la simulation de scénarios, qui permettent aux apprenants d’utiliser la langue dans un milieu authentique et convivial où ils peuvent apprendre les situations culturelles du pays concerné. Une fois choisi le scénario de simulations, le projet peut être retrouvé dans une banque de scénarios où figurent des scénarios en allemand, en anglais, en espagnol et en français. Ils ont été créés pour une utilisation par les institutions scolaires, ainsi que pour la formation professionnelle. Ils peuvent être aussi créés par les participants. Grâce à ce logiciel l’enseignant a la possibilité de créer ses propres matériaux multimédias pour des scénarios pédagogiques.

     

    7.4.3 Evaluation des résultats

    En utilisation de longue durée, Simulab donne de bons résultats. A la fois les apprenants gagnent en compétence dans la langue écrite et orale, à la fois ils acquièrent des aptitudes cognitives très importantes, comme la stratégie du travail en équipe, la réalisation d’un projet, l’art de l’argumentation et surtout, le don de communiquer entre gens de cultures différentes. Ce dernier point est très intéressant car la communication de ce projet véhicule également les valeurs essentielles des gens issus des différents pays. Ces valeurs de connaissance des personnes et des cultures prennent une dimension approfondie, ce qui constitue un des objectifs de l’apprentissage des langues.

    L'évaluation de l’apprentissage de la langue au niveau de la réussite concerne les critères externes et internes choisis pour le projet par chaque individu. L’évaluation de l’étendue des acquis et des compétences gagnées dans la vie réelle devront être pris en compte. Ces critères sont évalués dans le groupe avec l’accompagnement de l’enseignant, qui a initialement aidé les apprenants à fixer des objectifs pour ce projet. Cette évaluation est faite sur les objectifs de ce programme ; il ne s’agit pas d’une évaluation sur la stratégie d’évaluation utilisée dans le programme.

    L’accomplissement d’objectifs éducatifs plus larges est un des enjeux majeurs de ce programme. Les valeurs ajoutées en ce qui concerne la conscience interculturelle, la confiance en soi et les stratégies communicatives sont des apports importants ; elles devront être prises en compte dans l’évaluation des résultats. Ce programme compte beaucoup sur la créativité individuelle ainsi que sur l’autonomie de l’apprenant, mais aussi et surtout sur la coopération au sein d’un groupe.

    Le côté important de l’évaluation vient aussi de la satisfaction dans le programme étudié. Avec Simulab les apprenants sont souvent très satisfaits des modalités pratiques, des activités et des supports pédagogiques, car ils sont adéquats et facilement applicables à la vie réelle et professionnelle.

     

    Points forts :

     

    8. L’enseignement des langues à distance

    8.1 Niveau universitaire : West Valley College

    West Valley College en Californie offre un cours de français via Internet. Le professeur de ce cours est Edith Zanotti. Elle est également le responsable de la conception et du contenu du cursus. Elle a réalisé le cahier des exercices qui fait partie du matériel de cours, même si la plupart du matériel est mise en disposition des apprenants sur Internet. Le cours est du niveau débutant avec quelques connaissances de langue préalablement demandées. Les apprenants doivent avoir une connexion à Internet et l’usage du courrier électronique est exigé. Par cette correspondance le professeur garde un dossier de chaque apprenant contenant les exercices et les révisions.

    Le cours demande un travail indépendant à distance, qui peut être fait selon le rythme de l’apprenant. Il y a un système très efficace du tutoring fourni par le centre des langues. Il y a des tuteurs et des locuteurs natifs sur place pour former des petits groupes de conversation et pour donner des conseils. Pour eux qui n’ont pas accès au campus, cela peut être fait par une vidéoconférence. La plupart des étudiants sont de West Valley College, main il y en a aussi loin que l’Alaska aussi.

     

    8.1.1 Conception

    Le cours contient sept unités :

      • la structure et la grammaire de la langue
      • la culture française
      • la prononciation
      • le chat room
      • les conférences
      • la salle de tuteur
      • l’examen final

     

    L’unité de la structure et de la grammaire de la langue est assez traditionnelle. Elle contient des exercices et des instructions, qui se trouvent sur le site de Web. L’apprenant est demandé à faire les exercices et les envoyer au professeur, qui va les corriger. Ensuite il fait un contrôle continu pour passer à l’exercice suivant. Le niveau de spécification et d’individualisation des exercices n’est pas très élevée, car tous les apprenants ont les mêmes exercices.

    L’unité de culture exige l’usage d’Internet. L’apprenant visite des sites de Web, par exemple celle du Louvre, et il y a des exercices concernant le contenu du site de Web. Dans cette unité l’application à la vie réelle est prise en compte. La compréhension du contenu est plus importante que la compréhension des mots. L’unité de prononciation, en ligne, contient les symboles phonétiques. La partie orale est conçue selon le besoin de l’apprenant, qui est évalué par le professeur.

     

    8.1.2 Mise en œuvre

    L’ambiance positive d’apprentissage de ce cours est fortement crée par le centre des tuteurs et par le chats où les apprenants peuvent communiquer avec les locuteurs natifs et avec leurs pairs. Particulièrement intéressant est le fait que ce centre existe physiquement sur le campus. Ce n’est pas seulement un forum de discussion virtuelle. Les apprenants de ce cours peuvent s’y rendre pour rencontrer les collègues, pour avoir de l’aide, du soutien et des conseils, mais surtout pour communiquer avec des locuteurs natifs. Ce service est gratuit pour eux. Donc, cette conception des cours est une forme de l’enseignement multiforme qui fonctionne bien. Il est une forme évoluée de l’enseignement traditionnel, qui utilise intentionnellement les TIC pour le processus d’apprentissage centré sur l’apprenant.

    Pour ceux qui ne peuvent pas venir sur le campus, à cause de l’éloignement ou du temps, il y a des vidéoconférences. Il existe également des cassettes vidéo qui peuvent être prêtées. Le chat room sur le Web est une option de communication et tutoring pour les apprenants à distance, il a la même fonction de soutien et d’aide individualisée que le centre sur campus.

    Les conférences sur Internet faites par le professeur peuvent être considérées comme un moyen d’auto-formation, où le professeur enseigne particulièrement sur chaque exercice. Alors, si l’apprenant a du mal à comprendre la leçon par l’instruction, il peut toujours trouver les explications sur ces sites. En plus de cela il y a des tuteurs on-line.

     

    8.1.3 Evaluation des résultats

    Ce cours est bien applicable au rythmé individualisé de l’apprenant, car celui-ci peut avancer selon son rythme. L’action corrective des activités est claire, parce qu’après chaque exercice l’apprenant a l’information en retour sur son évaluation. Le contrôle continu passé est également une confirmation qui permet à l’apprenant d’évaluer son propre apprentissage.

    Une partie de l’évaluation de ce cours de français est faite par un examen final, qui doit être pris sur le campus. La présence de l’apprenant est obligatoire. Par une autorisation spéciale l’examen peut être fait dans un autre campus californien, sous surveillance. Ce fait montre que la réalisation de ce cours n’est pas tout à fait " à distance ", pour faire disparaître les barrières géographiques. Le cours est plutôt conçu pour les étudiants du campus de West Valley College ou des universités de l’Etat de Californie, où le cours a une équivalence.

    En ce qui concerne les bénéfices de ce cours de langue, les critères externes mis par le professeur, les apprenants ont constaté qu’il est assez difficile. Selon le professeur, tous les apprenants ont passé le cours avec une note au moins passable (ang. c). La plupart des apprenants ont obtenu des bonnes notes.

    La conceptrice de ce cours, Madame Zanotti, constate que un cours sur Internet demande beaucoup plus de travail qu’un cours traditionnel. Mais ce qui est spécialement avantageux et agréable est le contact personnel avec chaque apprenant. Elle a un contact avec eux chaque jour pendant le cours.

    Une tâche particulièrement exigeante est les modifications du contenu du cours. Selon les paroles de Mme Zanotti : "  I am constantly modifying my program…I am never satisfied with what I have. I try new things, trying not to sacrifice the standards we want to uphold. " À cause de cela le contenu du cours n’était pas accessible pour le moment. La description de ce cours a dû être basée sur l’échange de mél avec M.Zanotti.

    Points forts :

    8.2 Aux écoles : Jyväskylä

    L’enseignement à distance au niveau élémentaire est souvent fait dans les endroits périphériques où les établissements scolaires sont éloignés et les ressources d’enseignement des langues étrangères sont limitées. Les problèmes sont généralement le trop peu de participants au cours et la disponibilité d’un enseignants qualifiés en langues étrangères. Dans les pays vastes comme l’Australie, le Canada et la Finlande, il existe beaucoup des projets scolaires de l’enseignement des langues étrangères à distance diffusés via Internet. Les cours exploitent les possibilités de la vidéoconférence et du travail synchronisé et asynchronisé.

    Cet exemple est un des projets pilote de l’université de Jyväskylä, du département de l’enseignement à distance. Il y a trois petits villages dans la région au centre de la Finlande qui ont participés à ce projet. Les écoles disposent de peu d’élèves, donc la possibilité de créer les classes pour l’enseignement des langues dites " rares " pose un problème. Dans ce projet l’enseignement de l’anglais est organisé dans chaque école, mais pour le français, qui est, une langue choisie volontairement par les apprenants, ça n’était pas possible. Les trois écoles et l’université ont alors réuni leurs ressources pour donner cette possibilité aux apprenants via l’enseignement à distance.

     

    8.2.1 Conception

    La communication entre les écoles est faite par un réseau liant tous les établissements sur un serveur commun. L’audio est transmis par un système téléphonique liant plusieurs postes dans un réseau de conférence. Chaque école possède un système pour exploiter ce réseau.

    L’enseignant du cours de français viens de l’université, il a donné les cours à distance. Une fois par semaine les apprenants reçoivent la leçon transmise via le réseau dans leurs classes. Les participants sont 22 et ont en moyen 12 ans. L’enseignant de chaque classe est toujours présent pendant la leçon virtuelle, en fait il participe aussi au cours pour apprendre cette nouvelle langue.

    L’objectif de cours est basé sur l’idée d’une langue comme un moyen de médiation et un moyen de connaître une culture. L’approche souligne l’importance de la communication entre les gens, donc le cours démarre par l’apprentissage des termes utiles pour la présentation de soi-même et de son environnement. Peu d’éléments grammaire est incluse au cursus. Comme les apprenants connaissaient préalablement l’anglais, les similarités entre de ces deux langues sont prises en compte et servent de bases.

    Le matériel du cours est une collection d’images, de bandes dessinées, de jeux, de chansons et de exercices communicatifs basés sur l’audio. Le matériel est le même pour tous les apprenants., donc la spécification du matériel n’est pas très évaluée. Par contre la spécification des sujets thèmes thématiques sont plus variés, parce qu’ils sont fondés sur l’application à la vie réelle.

    En ce qui concerne les aptitudes orales, ce côté est bien pris en compte. Le cours souligne la communication entre les gens dans les situations réelles. De même, l’immersion culturelle est importante, les aspects culturels de la vie française sont présents dans l’environnement de travail.

     

    8.2.2 Mise en œuvre

    L’idée de mise en œuvre de ce cours est de créer un environnement d’apprentissage à distance qui permet l’échange des matériaux sonores, textuels et visuels entre les différents lieux en temps réel. Dans ce programme pilote, il y a eu des problèmes techniques due à la connexion vidéo, qui a gêné la mise en œuvre.

    Les participants créent ensemble un environnement positif d’apprentissage. Dans une situation d’enseignement à distance, en particulièrement pour les jeunes apprenants spécialement, cela peut poser des problèmes. Dans ce projet le nombre peu élevé d’apprenant, a permit un bon travail de groupe, c’est-à-dire l’apprentissage horizontal, grâce aux instruction de professeur à distance

    La participation de l’enseignant de la classe comme un apprenant a servi des exemple aux jeunes. Cette motivation d’enseignant a gréée une ambiance naturelle d’apprentissage. Le fait que l’enseignant confrontait les mêmes problèmes d’apprentissage que les jeunes, a été bien utile.

     

    8.2.3 Evaluation des résultats

    Cette évaluation qui été basée sur une évaluation des courses à distance en Finlande n’a pas permit d’évalué ni d’étudier le matériel et les méthodes en profondeur. Dans ce projet pilote, les méthodes de participation des apprenants et les méthodes pédagogiques sont très variées. un des problèmes plus sérieux dans l’usage de téléconférences La leçon traditionnelle où l’enseignant est sur son estrade est un des problèmes de l’usage de téléconférences, a pu été évité en chantant de méthode pédagogique.

    La progression de l’apprentissage est assez lente avec cette façon d’enseigner une langue étrangère, surtout pour les apprenants assez jeunes. Ceci a quand même réussi à développer des aptitudes communicatives dans une langue étrangère au niveau de se débrouiller dans les petites tâches quotidiennes.

    Parce que c’est un programme pilote, les problèmes évoqués ont été ceux de la réalisation du cours. Par exemple les participants ont noté que la réalisation des exercices de prononciation a été assez faible. Ce qui était principalement due à de lacunes technique. Le niveau des aptitudes orales est un point extrêmement important dans le développement des cours à distance.

    Par exemple dans West Valley College, la conception et la réalisation de la partie orale, le cours a été une réussite. Les méthodes de prononciation se sont appuyé sur une série représentative d’image, des symboles phonétiques et le son caractéristique de la langue. Pour la pratique et pour l’application aux situations réelles, le système de tutoring a été associé aux méthodes de prononciation.

    Points forts :

    9. Bilan et perspectives
    9.1 Bilan

    Internet est un média de l’activité. Le réseau d’Internet lui-même n’est actif que quand il sera activé par un usager qui fait ses choix et qui est interactif selon ses préférences et ses besoins. L’information sur le réseau ne représente pas un savoir si l’usager n’a pas la compétence d’accéder et d’utiliser cette information pour atteindre les objectifs qu’il a fixé pour son action. L’usage pédagogique des TICE est fondé sur cet usage actif d’Internet.

    Internet et le tissu du savoir comportent des dimensions globales. D’un côté Internet offre " un accès libre au monde ", il est " international, pluriculturel et multilingue ", mais ceci est une image idéalisée d’Internet. D’un autre côté Internet est vu comme un média conditionné par McWorldet par les concepts d’américanisme à l’échelle mondiale. L’homogénéisation culturelle et le commerce électronique comptent sur l’idée que la consommation devient l’unique activité humaine qui uniforme le goût des consommateurs.

    Les vrais enjeux d’Internet se situent entre ces deux dimensions, entre l’usage actif d’Internet (pull medium) et l’usage " passif " d’Internet (push medium). L’utilisateur de ce dernier est considéré comme quelqu’un qui accepte les faits sans considération critique. Un utilisateur d’Internet pleinement conscient de ses actes est indispensable, ce qui est également un des objectifs de la théorie constructiviste d’apprentissage.

    Les structures traditionnellement figées d’espace-temps-hiérarchie n’existent plus dans le nouveau paradigme qui a surgi par l’usage d’Internet pédagogique. Les nouveaux paradigmes proposés sont les modèles de l’école virtuelle et de la métaphore du tissu du savoir virtuel qui sont fondés sur le concept d’un environnement de réseaux d’apprentissage, sur le concept du savoir délocalisé dans chaque nœud du réseau et sur la collaboration entre les gens et entre les diverses organisations via Internet.

    Le problème de l’usage des TICE est lié à l’initiation à l’hypermédia. Cette contrainte fait que l’usage des TICE dans le domaine éducatif n’est pas encore très répandu, par mangue de moyens et de compétence à les utiliser.

    Il y a deux aspects dans cette initiation ; d’abord il faut apprendre à maîtriser les ordinateurs, les contraintes des réseaux et le concept d’hypermédia. Ensuite il faut apprendre les exploiter en enseignement et en apprentissage, il faut connaître les techniques didactiques, comment élaborer une pédagogie efficace de l’enseignement des langues étrangères en utilisant les TICE. Les principales difficultés peuvent être évités si les enseignants possèdent des bonnes compétences dans ces deux types de techniques. Cela relève les défis pour la formation des enseignants.

    Par ailleurs les aspect de plus en plus importante sont la qualité du contenu et l’organisation du travail. Pour cela le curriculum doit avoir aussi bien les objectifs à long et à court terme qu’un plan solide bien défini didactiquement et pédagogiquement. Le Guide Qualité de l’enseignement des langues étrangères, présenté dans la partie 6, peut servir d’une base solide aux enseignants pour l’organisation de l’enseignement utilisant les TICE.

    L’école virtuelle et l’enseignement multiformes ont des dimensions multiples, les avantages résident surtout dans la dimension organisationnelle du travail. Les huit exemples présentés dans ce mémoire ont rendu possible de dégager les avantages et les désavantages de l’enseignement multiforme et de l’école virtuelle. Dans les avantages il y a l’engagement personnel au travail, les promesses du multimédia et des hypertextes, la question de l’autonomie et du tutoring au cours du travail et les bénéfices des travaux communs. Dans les désavantages comptent les points comme la tentation du zapping, le témoin trompeur, le manque de contact face-à-face, le retard du retour des informations et la gestion de vidéoconférence.

    L’école virtuelle offre des réponses pour la mise à jour du système éducatif et pour la demande de la qualité du contenu. Car l’école virtuelle, l’idée de l’enseignement multiforme et de l’enseignement à distance se fondent sur l’éducation pour l’autonomie et vers l’autonomie, ils s’adaptant parfaitement aux besoins de la formation tout au long de la vie. Cette autonomie sera exigée dans la Société de la Connaissance où l’usage des TIC est quotidien et fondamental.

    Pour l’enseignement et l’apprentissage des langues étrangères, l’école virtuelle et le tissu social virtuel offrent des aspects intéressants. L’argument de ce mémoire est que l’usage fondamental des TICE peut reconstituer l’immersion artificielle et partielle dans une langue. Cette immersion linguistique via Internet n’est pas identique à l’environnement d’un enfant quand il apprend sa langue maternelle, car cet enfant ne peut pas choisir son environnement. L’immersion dans une langue maternelle est totale et permanente, car l’enfant vit dans une microsociété qui l’entoure en permanence. L’interactivité avec son environnement et l’information en retour orientent et dirigent son processus d’apprentissage de langue.

    L’immersion linguistique artificielle créée par le tissu social virtuel a des aspects qui ressemblent à l’environnement naturellement et totalement interactif de l’apprentissage de langue maternelle. L’aspect le plus fort est le fait que l’apprenant lui-même peut choisir son environnement selon ses besoins et ses intérêts; il a le choix de participer virtuellement dans un groupe où il trouve ses intérêts. Ce choix de déplacement et de délocalisation est important car il influence également le contrôle interne de l’apprenant. 

    L’autres exploitation est l’interactivité qui est liée aux aspects sociaux et à la motivation de s’engager au processus d’apprentissage. L’usage des TICE peut évoquer le sentiment d’appartenance à travers des travaux communs, à travers la participation aux forums de discussions et aux chats, et également par les liens établis par les projets internationaux via Internet. Ce besoin humain de se sentir s’appartenir à un groupe peut servir d’objectif pour augmenter l’apprentissage des langues étrangères. S’il est possible de promouvoir cette motivation de communication dans l’enseignement des langues étrangères, l’engagement dans le processus d’apprentissage s’intensifie.

    La téléprésence sociale de l’apprenant est un aspect important dans l’apprentissage par TICE, c’est–à-dire dans quelle mesure peut l’apprenant se sentir socialement intégré au sein de ce groupe virtuel. Les facteurs qui influencent la téléprésence sociale sont l’encouragement, l’information en retour et le caractère immédiat des réactions. Par l’intermédiaire de téléprésence sociale dans un groupe l’immersion culturelle est effectuée. L’immersion artificielle dans une langue étrangère à travers le tissu social virtuel et l’immersion culturelle dans une langue étrangère ont des aspects en commun, car la langue représente une culture. Comme l’enseignement bilingue, l’enseignement des langues étrangères par les TIC profite de cette immersion culturelle.

    Quand utilisé de cette façon les TICE peuvent participer à l’immersion artificielle dans une langue étrangère. L’interactivité au sein du groupe et à travers des applications des TICE implique l’interactivité qui provoque la motivation pour communiquer. Le sentiment d’appartenance au sein d’un groupe et le temps consacré à l’apprentissage sont cruciaux. Plus l’apprenant est motivé, plus il consacre son temps pour l’apprentissage et plus il progresse. La langue est apprise pour communiquer : le besoin de passer un message et d’être compris dans un groupe virtuel est essentiel. Par l’engagement personnel au processus d’apprentissage il est possible d’éviter la sporadicité de l’immersion linguistique virtuelle. Ainsi la distance transactionnelle entre les participants du groupe diminue, la communication augmente et cela nous conduit à l’augmentation des capacités communicatives en langue étrangère.

    La motivation pour perfectionner la compétence linguistique dans une langue étrangère pour transmettre les messages individuels dans un environnement interactif via Internet se rapproche de la méthode utilisée dans l’enseignement bilingue. La méthode de l’immersion totale dans une langue s’appelle " sink or swim ", se noyer ou nager. Cette situation entre deux options peut devenir arrachante et traumatisante pour l’apprenant. Pour cela la création de l’environnement positif de l’apprentissage est essentielle. La présence de l’enseignant et du tuteur, un bon cadrage de la tâche pédagogique individuelle deviennent importants, car les obstacles sont nombreux pour l’apprenant et ils peuvent devenir facilement insurmontables.

    L’usage des TICE dans les langues étrangères fait progresser également les aptitudes qui peuvent être utiles dans les situations de la vie réelle, le transfert des capacités d’une situation créée artificiellement à une autre situation dans la vie réelle étant essentielle. Ce transfert ne produit pas seulement des capacités linguistiques, mais même des compétences de l’usage d’Internet pour la recherche, l’analyse et l’application de l’information.

    Egalement les apports de l’usage des TIC aux capacités metacognitives sont nombreux. La construction de l’information aux connaissances personnelles est essentielle. Ces capacités dans l’acquisition de l’information et dans la construction du savoir servent l’apprenant tout au long de sa vie. Elles préparent les apprenants à maîtriser des outils informatiques et l’usage d’Internet. Donc l’usage des TICE soigneusement définis pour les fins pédagogiques peut atteindre les objectifs que l’Agenda 2000 a fixé pour développer l’éducation et la formation tout au long de la vie. Ses objectifs sont liés au progrès élaboré des citoyens et à la mise à jour permanente des connaissances.

    Les avantages de l’usage des TICE dans les langues étrangères sont évidents. Même si l’utilisation des TICE suscite quelques inconvénients, ils sont moins nombreux que les avantages potentiels. Ce mémoire est une réflexion surtout sur les problèmes didactiques et pédagogiques. Les réponses résident dans le développement des méthodes et de la qualité du contenu, et les réponses surgissent de la réflexion : comment enseigner et pour quels objectifs ?

     

    9.2 Perspectives

    Les technologies de l’information et de la communication deviennent une partie naturelle de la vie quotidienne. Il devrait être également normal qu’elles deviennent une partie du système éducatif et de l’enseignement dans l’avenir proche. Pour cela le développement de l’enseignement devra se concentrer sur deux endroits cruciaux : sur le contenu et sur l’organisation des situations de l’apprentissage.

    Les potentiels de l’école virtuelle réside dans les deux niveaux de macrostructure et de microstructure. Pour les potentiels de macrostructure, il faut dégager les facteurs de la structure des organisations institutionnelles qui sont les curriculums et les programmes scolaires, l’organisation des classes et l’organisation de travail des professeurs. Les visions de demain opposent les paradigmes d’aujourd’hui ; le lieu de travail scolaire ne sera plus fixé ni dans l’établissement, ni dans le temps, les perspectives vont au-delà.

    Une des perspectives est liée à la valorisation de l’importance du tissu social virtuel, c’est-à-dire à l’usage fondamental des technologies de l’information et de la communication pour la communication et la collaboration entre les diverses organisations. Ces organisations sont les acteurs clés de la société et du marché économique: ce sont les pouvoirs publics, les bailleurs de fonds en matière d’éducation, le secteur privé et les propriétaires ainsi que les exploitants des réseaux de communication. Par ce tissu social l’apprenant commence à créer ses liens pour fonctionner pleinement dans la société d’avenir.

    Or, il y a les questions techniques : d’une part, l’acquisition des matériaux technique, l’installation de réseaux, l’organisation et le soutien technique, d’autre part l’alphabétisation des enseignants au multimédia et l’usage du multimédia dans l’enseignement. Dans notre société les investissements au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication sont énormes. Egalement des investissements aux technologies de l’enseignement devront suivre l’évolution de celles-ci. Sinon, les bénéfices des TICE risquent de rester à l’ombre et de rester à la disposition des groupes privilégiés, qui seuls auront accès au savoir d’élite.

    Les potentiels de microstructure résident dans les actes. Les enseignants, les pédagogues et les chercheurs du domaine de l’enseignement et de l’apprentissage devraient être à la fois des experts en éducation et en conception didactique, et des experts en réalisation et mise en pratique des applications pédagogiques. Leur compétence consistera de la maîtrise du niveau macroscopique et du niveau microscopique de la vision éducative, ce qui exige la réorganisation de la structure didactique et méthodologique. Leur rôle est également de défendre le bien-être des apprenants, en harmonie avec les objectifs importants de l’éducation.

    Les enseignants devront avoir une vision intégrale et transversale des possibilités de l’enseignement via les TICE en faveur d’une conscience globale. C’est un défi lancé à la formation des enseignants avec une position stratégique. C’est surtout pendant la formation et la formation continue que les méthodes innovatives des TICE seront évoquées et distribuées.

    Si les enseignants ne peuvent pas visionner l’avenir de l’enseignement avec les TIC, d’une part la scène risque d’être formulée par les pouvoirs du marché, les producteurs et les concepteurs du multimédia à but lucratif et par quelques consultants visionnaires. D’autre part la scène risque de rester dans les pratiques conservatrices et traditionnelles ou tomber dans des schémas classiques sans des changements profonds des bases. Il arrive trop souvent qu’un nouveau cours soit mis sous forme numérique sans que les changements nécessaires soient réalisés au niveau de la didactique et des méthodes d’accéder au savoir. Le nouveau support du cursus exige une nouvelle forme et des nouvelles méthodes de l’enseignement. L’un ne peut pas être complété sans l’autre.

    Le développement des technologies de l’information et de la communication multiplie les avantages de l’enseignement multiforme et de la formation à distance. La capacité de transmission de l’information sur le réseau augmente. Cela permet de transmettre de l’information de plus en plus lourde, par exemple des effets sonores, des images et des vidéos en temps réel. Le développement de cette évolution pour l’enseignement multiforme et pour la formation à distance est essentiel. La formation à distance pourra se dissocier du format dominant de texte profitant des vrais avantages du multimédia. Cela ouvre une autre perspective pour les autres types d’apprenants (auditifs, kinesiques,… ) que les visuels et analytiques.

    Les méthodes présentées dans ce mémoire sont déjà révolutionnaires comparées aux méthodes traditionnelles exploitées actuellement. Mais l’avenir existe déjà aujourd’hui, et il est important d’aller au-delà. Pour cela les perspectives restent ouvertes. Les chemins de la recherche dans une thèse de doctorat sont nombreux et fortement liés au développement des technologies de l’information et de la communication. Comment ce développement changera-t-il l’enseignement au sein de l’école traditionnelle ? Comment l’apprentissage et l’enseignement de demain seront-ils formés par l’arrivée des ordinateurs portables connectés aux réseaux internationaux et locaux ?

    Une perspective de recherche concerne la méthode de travail : Est-ce que l’enseignement valorisera le travail en solo, le travail individuel à distance ou bien le travail commun par les réseaux? Comment ses deux tendances opposées pourront-ils se rapprocher ou évoluer à une autre direction, plus intéressante pour l’apprentissage ? Est-ce qu’une convergence sera possible ou même nécessaire ?

    Le travail collectif est un domaine en pleine mutation, et il existe déjà des applications permettant le travail en commun dans le même environnement via Intranet, un réseau local. Voici des questions auxquelles nous cherchons des réponses :  Comment le travail se réalisera-t-il dans une classe avec les logiciels développés pour la collaboration ? Comment le CSCL (Computer-supported Collaborative Learning)71 reformera-t-il le paradigme de l’enseignement, de l’apprentissage et de l’interactivité ? Quels sont les avantages de SDG (Single Display Groupware), qui est une application permettant simultanément plusieurs usagers d’interagir dans le même environnement de travail ?

    Intéressant sera également étudier dans quel degré les réseaux internationaux seront impliqué dans l’apprentissage de différent niveau scolaire et universitaire ? Et qu’est-ce qu’ils ont à apporter à l’apprentissage des langues étrangères ? Comment la délocalisation peut aider l’immersion dans les langues et les accents qui existent seulement dans tel et tel endroit ? Comment la téléprésence sociale évoquera-t-elle l’immersion artificielle culturelle dans ce groupe ? Quels sont les apports de l’apprentissage qui s’effectue " indépendamment " de l’enseignement ? Comment apprenons-nous sans enseignement ? Comment Internet peut-il contribuer à cela ?

    Une autre piste de recherche sera l’industrialisation de l’enseignement. Les questions soulevées par ces tendances sont multidimensionnelles : Est-ce que l’interaction humaine pourra être remplacée ? Est-ce que les enseignants qualifiés seront remplacés par les moins qualifiés une fois que le contenu du cours est mis en place sur Internet ou sur le cédérom ? Qui aura la propriété des contenus de ces cours qui sont devenus des produits à exploiter, le professeur ou l’administration de la faculté ? Qui aura l’intérêt à vendre ces contenus, qui aura les droits d’auteur et qui va gagner l’argent ?

     

    Ouvrages :

     

    BALLE, F., (The Information Society, Schools and the media) In ERAUT, M. [ed] Education and the Information Society : A Challenge for European Policy, Cassell, London, p.79-114 [1991]

     

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    BLOCHE, P., Le Désir de France, La présence internationale de la France et la francophonie dans la société de l’information, Rapport au Premier ministre[1998]

     

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    TELLA, S., An " Uneasy Alliance " of Media Education and Multiculturalism, with a view to Foreign Language Learning Methodology, University of Helsinki, OLE Publications, no.4 [1997]

    TELLA, S., Media and Man—On Whose Terms ? Aspects of Media Education. In Tella, S [ed] Media nykypäivän koulutuksessa, Symposium in Helsinki, 12.4.1997. Department of Teacher Education. University of Helsinki. Research Report 178, p.11-21, [1997,2]

    http://www.helsinki.fi/~ tella/178mediaedu.html

     

     

    Site Web :

     

    A DAY IN THE PARISIAN FAMILY

    http://apollo.gse.uci.edu/uhs_lang/parislesson.html

     

    CITY NET

    http://polyglot.lss.wisc.edu/lss/lang/teach/teachlink.html

     

    CLICNET

    http://Clicnet.swarthmore.edu

     

    ERT [European Round Table] Investing In Knowledge [1997]

    http://www.ert.be

     

    LANGUAGE LEARNING IN THE EU – some figures, http://europa.eu.int/en/comm/dg10/infcom/epo/eb.html

    www.educause.edu

     

     

    L’APPRENTISSAGE A LA CITOYENNETÉ ACTIVE, Préface d’Edith Cresson, Un défi important pour la construction d’une Europe de la connaissance, Commission Européenne

    http://europa.eu.int/en/comm/dg22/dg22.html

     

    MELONI, C. Internet in the Classroom, A Valuable Tool and Resource for ESL/EFL Teachers

    http://www.eslmag.com/Article.htm

     

    POUTS-LAJUS, S., RICHE-MAGNIER, M. Education et technologies de l’information : des influences réciproque, Observatoire des technologies pour l’éducation européenne

    http://services.worldnet.net/ote/text0020.htm

     

    SAY IT IN FRENCH

    http://www.ambafrance.org/inndex_eng.html

     

    WORLDBANK

    http://www.worldbank.org

     

     

    CEDEROM :

     

    GUIDE QUALITÉ [1999], Pour l’évaluation et l’élaboration de méthodologies et de matériaux pédagogiques pour l’enseignement et l’apprentissage des langues. Publié par LASNIER, J-G, A.C.F.C.I./A.G.E.R.C.E.L., France

    http://europa.eu.int/en/comm/dg22/language/fr_inno.html

     

     

    BONNES ADRESSES :

     

    ALSIC, Apprentissage des Langues et Systèmes d’Information et de Communication

    http://alsic.univ-fcomte.fr/num1/default.html

     

    CITYNET :

    http://polyglot.lss.wisc.edu/lss/lang/teach/teachlink.html

     

    L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES SUR INTERNET

    http://www.arts.kuleuven.ac.be/webscope