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24h30 |
Commentaire général sur la journée du 22 mars 2000
Dire que la journée a été inintéressante serait un euphémisme. L'euro
a évolué dans des marges extrêmement réduites, entre 95.8 et 96.2 cents pour
être précis. La monnaie unique finit quasiment inchangée à 0.961 USD, contre 0.962 USD
hier soir. A l'exception de l'inflation allemande, aucune statistique digne d'intérêt
n'a été publiée aujourd'hui et les marchés des changes sont restés totalement figés.
Le dépréciation soudaine de l'euro en fin d'après-midi hier reste mystérieuse. La
hausse des taux de 25 points de base était tellement attendue qu'elle n'a pu exercer
qu'une influence minime sur la parité euro/dollar. De plus, la devise européenne a
commencé à baisser avant même que la décision de la Réserve fédérale ne soit rendue
publique. Il faut donc croire que c'est avant tout la forte progression des marchés
boursiers américains qui a bousculé l'euro. Les choses ne changent pas vraiment
aujourd'hui puisque le Nasdaq a regagné plus de 150 points et n'affiche plus maintenant
qu'un retrait de 3.5 % par rapport à son record du 7 mars 2000. Le Dow Jones
s'accorde une petite pose (- 40 points) après avoir gagné plus de 2 % hier. En clair, le
moral des investisseurs américains est revenu au beau fixe, ce qui bénéficie bien sûr
au dollar. Les économistes s'attendent pourtant à deux, voire trois nouvelles hausses
des taux d'ici la fin de l'année, ce qui devrait refroidir les ardeurs des plus
optimistes. Le ralentissement de la demande intérieure, qui semble être devenu
l'objectif primordial de la Fed, se traduira assurément par une réduction du rythme de
croissance des bénéfices des sociétés, et donc des dividendes versés aux
actionnaires. Cette anticipations ne se traduit pas dans les cours. L'indice Wilshire
5000, qui prend en compte la quasi-totalité de la capitalisation boursière américaine,
est à un niveau record, en hausse de plus de 20 % au cours des six derniers mois.
L'effet-richesse devrait donc continuer à soutenir l'incroyable appétit de consommation
des ménages américains. Les premières prévisions font d'ores et déjà état d'une
hausse du PIB supérieure à 5 % annualisé au 1er trimestre de l'an 2000, un chiffre
largement supérieur à la croissance potentielle estimée par la Fed (3.5 à 4 %).
Indicateurs attendus demain :
- Zone euro : Indice allemand des prix à la production en février; Production
industrielle dans la zone euro en janvier (12h); Discours de Christian Noyer (14h45).
- Etats-Unis : Demandes hebdomadaires d'allocations chômage (14h30); Minutes de la
réunion de la Fed début février (20h). |
11h30 |
Allemagne : Indice final des prix à la consommation
en février 2000
L'indice final des prix à la consommation est ressorti en hausse de 0.4 %
en février 2000, soit une progression identique à celle de janvier. En glissement
annuel, la hausse des prix est dorénavant de 1.8 %, contre 1.6 % le mois précédent.
C'est le chiffre le plus élevé depuis le mois de décembre 1997. Les cours des produits
pétroliers continuent de peser lourdement sur les prix à la consommation : ils sont en
progression de 4.7 % par rapport au mois de janvier, et de 77.9 % en glissement annuel.
Sans tenir compte des produits pétroliers, l'inflation affiche une hausse limitée de 0.7
%.
Commentaire : L'inflation continue de progresser en Allemagne comme dans le reste
de la zone euro. Des quatre grands pays de l'Euroland, c'est l'Italie qui semble dans la
situation la plus préoccupante : avec une hausse des prix de 0.4 % en février et de 2.4
% en glissement annuel, l'économie italienne est largement au-dessus de la moyenne de la
zone (2.0 % en février), et ce malgré une croissance économique médiocre (légèrement
supérieure à 2 % au 4ème trimestre de 1999). L'Espagne est probablement en situation de
surchauffe (PIB en hausse de près de 4 % en 1999), ce qui débouche sur une inflation de
3.0 % en glissement annuel en février. La France apparaît comme le pays dont la
croissance est la mieux équilibrée : malgré une progression du PIB supérieure à 3 %,
l'inflation reste contenue à 1.4 % au mois de février. L'Allemagne, enfin, affiche des
résultats qui sont plus ou moins dans la moyenne de la zone; le retard conjoncturel de
l'économie allemande devrait pourtant exercer des pressions sur les prix et permettre à
l'inflation d'être inférieure à celle de la zone euro prise dans son ensemble.
Vers 11h30, l'euro reste faible à 96.2 cents, quasiment inchangé par rapport à hier
soir. Cette nuit, la devise européenne est temporairement passée sous les 0.96 USD. |
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