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17h00 |
Commentaire général sur la journée du 24 mars 2000
L'euro a fini la semaine sur une nouvelle progression : en clôture du
marché New-Yorkais, la monnaie unique cote 97.8 cents, contre 97.15 cents
la veille. La devise européenne est ainsi à son plus haut niveau depuis le 25 février
2000. Il semble que l'appréciation de l'euro au cours de deux dernières séances soit
avant tout liée à la hausse de ses taux directeurs par la banque centrale suisse. Le
lien étroit existant entre les deux devises explique que l'euro ait été tiré à la
hausse par l'appréciation du Franc suisse. Les cambistes n'ont par contre attribué
qu'une importance limitée aux statistiques publiées ce vendredi. La forte progression de
la consommation des ménages français au cours des mois de janvier et de février aurait
pourtant dû apporter un soutien à la monnaie unique. En hausse de près de 8 % en
glissement annuel, la consommation des ménages a atteint un rythme de croissance "à
l'américaine". La progression plus forte qu'attendue des prix à l'importation
allemands en février plaide également en faveur d'un nouveau durcissement de la
politique monétaire de la BCE, ce qui devrait favoriser l'euro. Le déclin des commandes
de biens durables aux Etats-Unis pour le second mois consécutif a été largement ignoré
par les marchés. La révision en forte baisse de l'excédent courant de la zone euro en
1999 n'a enfin eu qu'un impact très temporaire sur l'évolution de la parité
euro/dollar.
Du côté des marchés actions US, le calme est revenu après plusieurs jours de forte
porgression. Le DJIA finit quasiment inchangé et le Nasdaq gagne encore une vingtaine de
points, à quelques encâblures du seuil des 5 000 points. Les anticipations de hausses
des taux, qui se sont renforcées après la publication des minutes du FOMC, sont toujours
négligées par les investisseurs. Ceux-ci préfèrent se concentrer sur les profits des
sociétés au cours du 1er trimestre de l'année, qui devraient à nouveau ressortir en
forte progression. |
14h45 |
Etats-Unis : Commandes de biens durables en février
2000
Les commandes de biens durables ont décru de 2.3% aux Etats-Unis au mois
de février, après avoir reculé de 2.2 % en janvier (- 1.9 % en première estimation) et
progressé de 6.5 % au mois de décembre. Les économistes interrogés par Reuters
tablaient sur une baisse de 0.2 % des commandes de biens durables. En glissement annuel,
elles sont encore en hausse de 7.3 %.
Le rapport du Bureau of Census est disponible ici.
Commentaire : Les chiffres de janvier et février doivent être appréhendés avec
circonspection. Ils font en effet suite à une progression considérable des commandes de
biens durables en décembre, principalement due à l'annonce de nombreux contrats par
Boeing. Il s'agit donc plus d'une correction conjoncturelle que d'un signe de
ralentissement durables de ces commandes. Les chiffres des prochains mois devraient donc
être marquées par une nouvelles progression des commandes de biens durables.
Vers 14h40, l'euro est quasiment inchangé à 97.1 cents. |
11h30 |
Zone euro : Balance des paiements en janvier 2000
Le compte courant de la zone euro s'est très fortement dégradé au cours
du mois de janvier : il affiche un déficit de 6.6 Md d'euros, contre un excédent de 2.6
Md d'euros le mois précédent et un déficit de 2.4 Md d'euros en janvier 1999. Deux
facteurs expliquent cette évolution : d'une part, l'excédent de la balance commerciale
est passé de 8.4 Md d'euros en décembre à 0.9 Md d'euros en janvier; d'autre part, les
revenus nets issus des investissements étrangers (direct et portefeuille) sont passés de
- 0.3 Md d'euros en décembre à - 4.3 Md d'euros. Ces phénomènes ont été
partiellement compensés par une réduction du déficit de la balance des services et des
transferts courants.
Le compte financier de la balance des paiements laisse apparaître une baisse très forte
du compte des investissements de portefeuille (-17.5 Md d'euros contre un excédent de 7
Md d'euros le mois pécédent), ce qui signifie que d'importants volumes de capitaux sont
sortis du territoire de la zone euro pour se placer sur les marchés financiers
étrangers. Le compte des investissements directs, qui est très volatile d'un mois sur
l'autre en fonction des opérations de fusions/acquisitions des firmes, affiche un
excédent de 2 Md d'euros, alors qu'il était déficitaire de 26.6 Md d'euros en
décembre.
Notons enfin que la BCE a modifié sa méthodologie de calcul de la balance des paiements
de la zone euro. Il résulte de cette révision que l'excédent du compte courants n'a
été que de 24.4 Md d'euros en 1999, contre une estimation initiale de 43.2 Md d'euros.
Rapporté au PIB de la zone, l'excédent ne représenterait plus en 1999 que 0.4 %, contre
0.8 % initialement estimés. Des révisions similaires ont été réalisées pour les
années 1997 et 1998, qui toutes deux se traduisent par une contraction importante de
l'excédent courant. La nouvelle méthodologie n'est pas détaillée dans le communiqué
de la BCE. La qualité des statistiques fournies pour la zone euro est encore une fois le
sujet de controverses. Il est en effet difficile de comprendre qu'une simple évolution
méthodologique puisse entraîner une révision à la baisse de l'excédent courant de
plus de 40 % pour l'année 1999.
Commentaire : Tout d'abord, il faut préciser que la comparaison entre les
statistiques de décembre et de janvier est biaisée par le modification de la
méthodologie de la BCE. Il est donc préférable d'utiliser les chiffres de janvier 1999
qui seuls tiennent compte de la nouvelle méthode de calcul. La dégradation du compte des
biens a des causes clairement identifiées : augmentation des prix à l'importation (liée
à la dépréciation de l'euro et à la hausse du prix de l'énergie), progression de la
demande intérieure de la zone euro. Par contre, la forte hausse du déficit des revenus
(de - 2.3 Md d'euros en janvier 99 à - 4.3 Md d'euros en janvier 2000) est plus
énigmatique. Sachant que l'Euroland est exportateur net de capitaux vers le reste du
monde, la balance des revenus devrait progressivement s'améliorer à mesure que ces
investissements commencent à générer des dividendes ou des intérêts. La très bonne
performance des investissements directs risque d'être temporaire car les projets
d'acquisitions d'entreprises étrangères par des sociétés de la zone euro se
multiplient. Le déficit des investissement de portefeuille, enfin, est le reflet de
l'attraction persistante exercée par les actifs américains sur les investisseurs de la
zone euro.
L'euro est repassé soudainement repassé sous les 97 cents après la publication de ces
statistiques. Il s'est ensuite repris et fluctue autour des 0.97 USD. |
10h20 |
Allemagne : Prix à l'importation en février 2000
Les prix à l'importation ont à nouveau progressé de 1.7 % en février,
après une hausse de 0.8 % en janvier. En glissement annuel, ils sont en augmentation de
10.9 % en février, contre 9.2 % le mois précédent. La hausse annuelle est la plus forte
depuis octobre 1981. Hors pétrole et dérivés, elle n'est plus que de 4,6%. |
10h10 |
France : Indice final des prix à la consommation en
février 2000
"Les prix de détail en France ont bien augmenté de 0,1% en
février après avoir été stables en janvier, et ils affichent une progression de 1,4%
sur les 12 derniers mois, selon l'Insee qui confirme son estimation de 10 mars. L'indice
harmonisé IPCH, qui sert de base de comparaison entre les pays membres de l'Union
européenne, en augmentation de 0,2% en février, progresse de 1,5% sur les 12 derniers
mois. Enfin, l'indicateur d'inflation sous-jacent, en baisse de 0,6% sur le mois, augmente
de 0,5% sur un an." [Reuters].
Commentaire : L'accalmie se confirme en ce début d'année sur le front de
l'inflation française. Alors que les autres grands pays de la zone euro (Allemagne,
Italie et Espagne) affichent un indice des prix supérieur à 2 % en données
harmonisées, les tensions inflationnistes restent contenues en France (1.5 % en
glissement annuel, soit 0.5 point de moins que la moyenne de l'Euroland). L'indice de
base, qui exclut les produits les plus volatiles (énergie, alimentation), se maintient à
un niveau proche de ses plus bas des dernières années. La détente des cours
pétroliers, et l'effacement progressif d'un effet de base défavorable, pourraient donc
ramener rapidement l'inflation française aux alentours de 1 % en glissement annuel. |
10h00 |
France : Consommation des ménages en produits
manufacturés en février 2000
"La consommation des ménages en produits manufacturés a
augmenté de 2,2% en février après une hausse de 2,0% en janvier, atteignant 106,28
milliards de francs, annonce vendredi l'Insee. L'institut a ainsi révisé en forte hausse
son estimation de la consommation du mois de janvier, initialement chiffrée à +1,4%. Sur
les 12 derniers mois, la consommation est en croissance de 7,8%.
En février, les dépenses de consommation en biens durables ont été encore plus
dynamiques qu'en janvier (+3,5% après +2,2%) grâce à la reprise des achats de voitures
(+3,8% après -0,1%). Les dépenses de consommation en biens d'équipement du logement
sont également restées très bien orientées (+3,3% après +4,6%). En glissement annuel,
les dépenses de consommation en biens durables progressent de 10,0%. Très dynamiques en
janvier, les dépenses de consommation en textile-cuir ont poursuivi leur forte
progression le mois dernier (+5,5% après +4,5%) et affichent sur un an une croissance de
14,4%. Par contre, les dépenses en autres produits manufacturés se sont repliées de
0,6% en février après +0,7% en janvier. Elles progressent néanmoins de 3,0% en
glissement annuel." [Reuters].
Commentaire : Le début d'année est marqué par une progression extrêmement vive
de la consommation des ménages en produits manufacturés. Si la tendance se confirme au
cours du mois de mars, le PIB français au 1er trimestre de l'an 2000 devrait afficher une
progression supérieure aux attentes. La croissance française apparaît d'ailleurs comme
l'une des plus équilibrées de la zone euro. L'investissement, les exportations, la
reconstitution des stocks et le consommation des ménages sont tous orientés à la hausse
et devraient permettre à l'économie hexagonale d'atteindre les 3.5 % en moyenne annuelle
en l'an 2000. La question se pose néanmoins de savoir si l'industrie française a les
moyens d'absorber la hausse de la consommation des ménages en produits manufacturés.
Avec un taux d'utilisation des capacités des production qui reste largement supérieur à
la tendance de long-terme, des goulets d'étranglement risquent de se manifester
rapidement dans le processus productif, ce qui pourrait entraîner des tensions sur les
prix ou, plus probablement, une progression rapide des importations.
Vers 10h, l'euro est quasiment inchangé à 97.2 cents. Les opérateurs
continuent à ignorer l'amélioration des fondamentaux de l'Euroland, pour se focaliser
sur la situation de l'économie américaine. |
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