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Les judas sont de petits orifices circulaires au travers desquels nous regardons et surveillons avant d'ouvrir la porte, un moyen de se parer contre de redoutables agressions.  Les ouvertures au centre des dômes sont des orifices par lesquels s'infiltre la lumière animant les intérieurs par la grâce des formes et des couleurs.  Le chas de l'aiguille est l'ouverture qui capte et maintient le fil assemblant le vêtement.  L'oeil est l'un des neuf orifices que possède le corps humain.

L'ouverture c'est aussi le vide.  Le non-existant.  L'absence.  A la réflexion, ce n'est pas un concept négatif, mais bien le vecteur d'une dynamique.  Vacuité n'est pas manque.  C'est un concept qui transcende la relation causale.  On peut même dire qu'il est l'ultime réalité.  La réalité sans concession.  L'art d'appréhender et de communiquer.

Le néant n'est « pas ceci ». Il n'est « pas cela » non plus.  Il est informe, incommensurable, inqualifiable, inexprimable, inconcevable.  C'est la négation de la négation.  Toute qualification positive souillerait sa non-existence absolue.

Toutes les forces supérieures sont imperceptibles, invisibles, cachées, hors d'atteinte de l'entendement des mortels.  L'absence est un fragment conceptuel de la réalité universelle.  L'essentiel est ailleurs.  Le silence est bien plus puissant que le son.  Les notes jouées donnent du plaisir.  Les notes non jouées, imperceptibles à l'oreille humaine, sont source de libération.

La roche sort des entrailles de la terre.  Elle porte la mémoire de notre monde.  Romy a collecté des fragments de cette matière révélée.  Grâce à une perception qui transcende la causalité, il leur a imposé forme, taille et volume.  Une connaissance surnaturelle, intuitive et prémonitoire a éclairé sa vision, se reflétant dans une inspiration qui l'a conduit à découper ces ouvertures, comblant ainsi un manque par un vide.

Ces fragments de masses et de vides nous entraînent dans un voyage sur les crêtes de la Méditation. Un mariage de l'ancien et du divin.  L'accouplement du fini et de l'infini.  Ce résultat n'est pas banal.  Les œuvres de Romy sont le fruit d'une longue gestation dans le labyrinthe de l'ombre.  Le besoin d'échapper à la nuit éternelle qui annihile toute velléité interrogative.

Aujourd'hui nous faisons face à ces fragments de masses que Romy a voulu dépositaires de ses vides créatifs.  Un sentiment d'appartenance s'en dégage, une invitation à une promenade imaginaire vers ces ides pour s'y poser.  En contemplant ces œuvres, nous nous sentons observés par des forces supérieures. Un jeu à double sens conçu par Romy pour accomplir son dessein.  Pour ce que Romy recherchait, il lui fallait plus que le son des mots et le flux des formes.  Il lui en fallait bien plus.  Il lui fallait la mémoire de la terre.  Et il lui fallait la présence distincte et formelle du néant.
 

Traduction libre du texte de Jot Singh
 
 

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