L'ouverture c'est aussi le vide. Le non-existant. L'absence. A la réflexion, ce n'est pas un concept négatif, mais bien le vecteur d'une dynamique. Vacuité n'est pas manque. C'est un concept qui transcende la relation causale. On peut même dire qu'il est l'ultime réalité. La réalité sans concession. L'art d'appréhender et de communiquer.
Le néant n'est « pas ceci ». Il n'est « pas cela » non plus. Il est informe, incommensurable, inqualifiable, inexprimable, inconcevable. C'est la négation de la négation. Toute qualification positive souillerait sa non-existence absolue.
Toutes les forces supérieures sont imperceptibles, invisibles, cachées, hors d'atteinte de l'entendement des mortels. L'absence est un fragment conceptuel de la réalité universelle. L'essentiel est ailleurs. Le silence est bien plus puissant que le son. Les notes jouées donnent du plaisir. Les notes non jouées, imperceptibles à l'oreille humaine, sont source de libération.
La roche sort des entrailles de la terre. Elle porte la mémoire de notre monde. Romy a collecté des fragments de cette matière révélée. Grâce à une perception qui transcende la causalité, il leur a imposé forme, taille et volume. Une connaissance surnaturelle, intuitive et prémonitoire a éclairé sa vision, se reflétant dans une inspiration qui l'a conduit à découper ces ouvertures, comblant ainsi un manque par un vide.
Ces fragments de masses et de vides nous entraînent dans un voyage sur les crêtes de la Méditation. Un mariage de l'ancien et du divin. L'accouplement du fini et de l'infini. Ce résultat n'est pas banal. Les œuvres de Romy sont le fruit d'une longue gestation dans le labyrinthe de l'ombre. Le besoin d'échapper à la nuit éternelle qui annihile toute velléité interrogative.
Aujourd'hui nous faisons face
à ces fragments de masses que Romy a voulu dépositaires de
ses vides créatifs. Un sentiment d'appartenance s'en dégage,
une invitation à une promenade imaginaire vers ces ides pour s'y
poser. En contemplant ces œuvres, nous nous sentons observés
par des forces supérieures. Un jeu à double sens conçu
par Romy pour accomplir son dessein. Pour ce que Romy recherchait,
il lui fallait plus que le son des mots et le flux des formes. Il
lui en fallait bien plus. Il lui fallait la mémoire de la
terre. Et il lui fallait la présence distincte et formelle
du néant.
Traduction libre du texte de Jot
Singh
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