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La technique des bassines avec
ADOUKPO                         Komla

Sous un soleil d'aplomb, un jeune homme âgé d'une vingtaine d'années arpente les rues et ruelles de son quartier. La température avoisine les 25°C rendant l'air chaud et torride. Sur son épaule, un sac de jute contenant le trésor du jour, produit d'une collecte effectuée dans les décharges publics, dans les dépôts de ferrailles etc... C'est ainsi qu'ADOUKPO Komla artiste plasticien de son Etat commence sa journée. Formé sur le tas, il a été à une école où il n'y a ni cahier, ni stylo pour prendre note. Seules la vivacité et l'attention sont de rigueur pour capter les faits et gestes du mentor. Il est l'un de ces nouveaux artistes qui croient en l'avenir de l'Afrique à travers l'art. Sous le regard médusé des badauds, il fouille coins et recoins à la recherche de sa matière de travail: les bassines. Autrefois ustensiles de ménage servant aux femmes à transporter de l'eau ou à exposer des produits vivriers au marché, les bassines qui finissent par s'user au fil du temps, sont jetées avec le titre de "déchets". Sous leur diverses formes (grande, petite, moyenne) elles sont pour l'artiste objet de fantasme, source d'inspiration et sont surtout à la base d'une certaine spécialité de l'art de la récupération. Récupérées donc, ces bassines sont soigneusement nettoyées de leur rouille, de leur souillure pour être martelées, taillées et modelées en une figure, en une forme dont seul l'artiste saura quoi en faire. " Tout objet dans la nature nous parle, sachons l'écouter ". Ensuite elles seront fixées sur différentes sortes de support: panneau en bois, toile et carton. Sur les panneau en bois, préalablement brûlés et troués, les bassines sont fixées avec du fil de fer. Un relief y est tracé avec du feu afin d'accompagner la vague dessinée par la matière. l'utilisation de la toile comme support est une innovation d'ADOUKPO Komla en perpétuelle recherche de création. " L'artiste doit muer dans son travail au risque de se faire emporter par le temps ". Sur la toile et le carton l'artiste utilise du fil de coton ou de nylon à la place du fil de fer. Les figures et les formes sont assorties par des tracées de charbon et de pastelles de couleur. Finissant leur parcourt dans un mélange de couleurs propres à l'Afrique, exposées sur le mur d'une chambre ou d'une galerie , les bassines semblent dire un éternel ''merci'' à leur ''sauveur'' pour les avoir ressusciter de leur rang de ''déchets'', pour leur avoir redonné vie et surtout pour leur avoir donné de la ''valeur''.

 

 

 

Texte : KUMANA Somanè O.