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"LES DERNIERS TEMPS DE L'ABBAYE DE SAINT-DENIS EN BROQUEROIE"

(tiré du texte de Félix Leclercq - dans les Mémoires et Publications de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, T LXXIII, 1958, pp.9-38)

Les derniers abbés

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 Le dernier abbé (le 48ème) fut Hubert Alavoine (en religion dom Benoit Hubert) né à Pommeroeul, le 13 novembre 1737. Devenu abbé en 1783, il succéda à l'abbé Ambroise Rennard, décédé le 26 septembre 1783 et qui avait été élu dix ans plus tôt. Leurs prédécesseurs avaient été au XVIIIème siècle : dom Paul Franeau (Fasseau) élu en 1726, dom Eleuther (Martin) en 1739 et dom Joseph Motte en 1745.

En 1726, avait eu lieu la nomination de dom Paul Franeau en qualité d'abbé en 1739, nomination de dom Eleuther, en 1745, élection de dom Joseph Motte, 1793, Ambroise Renard, déjà cité.

L'abbé Alavoine mourut en 1801. De droit, dans l'ancien régime, l'abbé de Saint-Denis était membre de la Chambre du Clergé des Etats du Hainaut. L'abbé Alavoine en fut député jusqu'en 1794. Il fut nommé député avec le comte de Thiennes, le chevalier de Bousies et M. Gendebien, le 31 décembre 1789 pour se rendre à Bruxelles à l'Assemblée des Etats généraux qui proclama la déchéance de Joseph II, forma la confédération des Etats Belgique Unis, Ils avaient reçu la mission de notifier, aux Etats de Brabant, l'indépendance des Etats du Hainaut.

Lors de la première invasion française (à la suite à la bataille de Jemmapes de 1792), il eut quelques démêlés avec les français.

Après le retour des autrichiens (suivant leur victoire à Neerwinden), l'abbé Alavoine revint à Saint-Denis et s'occupa plus de cette abbaye. Il voulut redresser quelques relâchements, ce qui suscita une plainte de deux religieux mais elle fut classée sans suite. A cette occasion, il a été signalé que la première période française avait appauvri l'abbaye de Saint-Denis sans y provoquer de destruction.

Après la bataille de Fleurus (1794), l'abbé suivit cette fois les Etats du Hainaut en immigration comme bon nombre de notables et de bourgeois. Il fut rencontré à Cologne avec d'autres hennuyers qui avaient pris la route traditionnelle vers l'est (passant par Soignies, Hal, Bruxelles, Louvain, Saint-Trond, Looz, Tongres, Maastricht, Aix-La-Chapelle et Cologne). Continua-t-il plus loin que Cologne ? La date de son retour est également inconnue. Il n'est, par exemple, pas cité dans la liste des émigrés du département de Jemmapes alors que l'abbé de Bonne-Espérance, Bonaventure Doublin et celui de Saint-Ghislain, Augustin Leto, l'étaient au 28 juin 1794. Ce qui est certain c'est que l'abbé Alavoine était rentré quand son abbaye fut fermée et supprimée sous l'effet de la loi du 1er septembre 1796.

Comme dit précédemment, dom Alavoine mourut le 30 novembre 1801. Il eut un successeur "platonique" en la personne de Nicolas Joseph Genva (dom Robert Genva) qui fut désigné le 15 janvier 1802 par Monseigneur de Rohan, évêque de Cambrai, dont le Hainaut dépendait encore. Dom Robert Genva fut désigné à la demande de ses confrères. Ce qui indique que ces derniers comptaient d'une manière ou d'une autre pouvoir, dans l'avenir, relancer l'abbaye. L'abbé Genva était né à Onnezies en 1746 et il mourut le 16 juillet 1832 sans avoir pu le faire.

 

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Dernière mise à jour : le 4 novembre 1999