Histoire : La Basilique et l'abbaye de Saint-Hubert.
Localisation

Vue aérienne de Saint-Hubert :

Histoire de l'abbaye de Saint-Hubert.
Au VIIème siècle, une donation de Pépin de Herstal et de son épouse Plectrude permit à une communauté religieuse de s'installer dans une clairière naturelle de la forêt ardennaise à elle bénéficiait des largesses de princes et de seigneur, ce qui lui permit d'obtenir un domaine.
Cette Communauté connut un rapide déclin, ce qui incita l'évêque de liège WALCAUD à restaurer l'établissement en y installant des moines bénédictins en 817.
Ces moines bénédictins dirigèrent l'abbaye jusqu'en 1797.
En 825, le Pape accorda à l'Evêque de Liège l'autorisation de transférer à Andage le corps de saint Hubert, évêque de Liège et successeur de saint Lambert. Ce qui Dès lors, un mouvement de piété considérable de déclencha, qui substitua le nom de Saint-Hubert à celui de Andage, pour désigner la modeste agglomération qui s'était développée au pied du monastère.
Le domaine ne cessa de s'agrandir du XIème au XIIIème siècle, grâce aux largesses des seigneurs, mais aussi grâce à un politique d'acquisitions, d'achats, de ventes et d'engagères
Au XVème siècle, le domaine est presque entièrement constitué, la dernière acquisition importante fut effectuée en 1633 avec l'achat de la vicomté d'Anseremme par l'abbé Nicolas de Fanson.
L'Abbaye, moteur du développement de Saint-Hubert
L'abbaye, centre religieux et administratif
La croissance de Saint-Hubert est incontestablement liée au fait que l'abbaye devint un important centre de pèlerinage où de nombreux fidèles invoquaient le saint patron comme guérisseur et protecteur contre la rage. Son culte s'étendit jusqu'en Espagne et en Autriche. Grâce à ces foules toujours plus nombreuses, la renommée et l'abondance assurèrent la prospérité de l'abbaye durant plusieurs siècles.
L'abbaye, comme de coutume à cette époque, était aussi pouvoir temporel et donc au centre d'un domaine étendu appelé "Terre de Saint-Hubert". Celle-ci formait une seigneurie indépendante de plus de trente villages dont l'abbé détenait toutes les prérogatives. Cette terre de prospérité, à la croisée d'axes Nord-Sud et Est-Ouest importants, fut de ce fait aussi terre de conflit entre les puissances de l'époque. Ainsi en plus des "traditionnels" incendies qui régulièrement ravageaient les curs de ces villes de bois, on relèvera le passage destructeur des Huguenots français au XVIème siècle (événement qui entraîna la perte définitive des reliques du saint). Jusqu'à sa disparition, ce pouvoir essayera en vain d'être également plus politique.
Ainsi, le monastère puis l'abbaye, organisait et développait l'exploitation de biens et de terres dans son domaine, achetait et vendait, attirait bon nombre de marchands, d'ouvriers, d'artisans, devenant le moteur de la croissance hubertine.
L'abbaye, moteur commercial
En conséquence, des marchés et des foires prospérèrent très tôt dans la cité (9ème et 10ème siècle). Un marché hebdomadaire fut même organisé par le Duc de Bourgogne, suzerain du lieu, dès le XVème siècle.
Preuve d'un dynamisme toujours grandissant, vers 1680, l'abbé Cyprien Maréchal fit rédiger une coutume dans laquelle était prescrit qu'il y aurait un marché le mercredi et le samedi de chaque semaine.
En soutien de ce qui précède, il faut dire que depuis toujours la cité ardennaise se trouvait bien située sur le maigre réseau routier traversant cette contrée. Ainsi la superposition des possessions hubertines et des circulations existantes explique que cette localité, guère plus grosse que les villages environnants, accueillit beaucoup de visiteurs qui n'habitaient pas toujours près d'elle mais aussi polarisa très tôt commercialement et spirituellement l'Ardenne occidentale. Toutes les routes importantes y passaient pour s'y croiser à la place du Marché, privant ainsi tout pôle concurrent potentiel du transit nécessaire à l'établissement d'une activité commerciale.
Ainsi la route reliant Liège à la Haute-Meuse "dont les étapes de Saint-Hubert, Villance, Paliseul et Bouillon jalonnent un itinéraire qui aboutit à Mézières".
Elle fut dès le XlVème siècle un axe très important car il permettait aux voyageurs de commerce qui se dirigeaient vers Luxembourg d'éviter de payer les taxes douanières aux Pays-Bas. Ce n'est que bien plus tard et par combinaison de divers événements de politique internationale et locale que ce quasi-monopole prendra fin.
L'abbaye, moteur culturel
L'abbaye contribua également à attirer bon nombre d'artistes et d'intellectuels dès le XIème siècle. Un atelier de copistes et d'enlumineurs y était florissant. Son école produisit de nombreuses uvres grâce à ses moines, ses littératures ou ses savants archivistes. La botanique, la pharmacie et la médecine y tiendront une place importante.
En sus, une multitude d'artistes, musiciens, architectes, sculpteurs, peintres dont les Redouté sont les plus connus, furent attirés dans la cité pour la rénovation des bâtiments abbatiaux au XVIIème siècle.
Il y eut également de nombreux artisans dont des orfèvres, des maîtres-verriers, des ferronniers-serruriers qui furent séduits par la splendeur de l'abbaye.
Il n'est donc pas étonnant que, possédant la meilleure bibliothèque du pays, une longue tradition d'enseignement y débuta dès le Xlème siècle.
Vers 1055, deux écoles fonctionnaient à Saint-Hubert : une à l'intérieur du monastère formait les novices, l'autre à l'extérieur accueillait les garçons de la ville.
La basilique.
L'église abbatiale reste le dernier témoin du passé prestigieux de l'abbaye. Elle a été principalement élevée vers 1525-1567, en englobant des éléments médiévaux. Il a reçu une voûte un siècle plus tard et a été précédé d'une imposante façade-écran en 1700-1702, frappée des armes de l'abbé Lefèbvre. Elle est ornée d'un fronton an arc surhaussé, à l'intérieur duquel se déploie un relief figurant la conversion de saint Hubert. Cette façade monumentale se rapproche plus du style classique que du style baroque. Elle est réalisée en grand appareil de calcaire sur un haut soubassement. Elle se compose de 3 travées sur 3 niveaux de hauteur dégressive. La façade est rythmée d'entablements et de pilastres où se succèdent les ordres ionique, composite, et toscan. Elle s'élance vers le ciel par deux clochers octogonaux protégés d'ardoises.
L'intérieur de l'abbatiale impressionne par son ampleur : son chur profond, son déambulatoire à 5 chapelles rayonnantes, qui à hauteur de la 1ère, laisse admirer un autel décoré de vingt-quatre plaques d'émaux peints à limoges vers 1560. Elle impressionne aussi par ses pierres aux couleurs diverses, dont l'enduit a été arraché au début de ce siècle, par la qualité de son mobilier et de ses sculptures baroques du XVème et XVIIIème siècle. Le visiteur admirera aussi la nef bordée de doubles bas-côtés de 5 travées, marquée par des piliers à nervures en grès et calcaire. Sous le chur, il aura accès latéralement à une crypte demi-souterraine à 3 nefs voûtées d'ogives, qui laisse encore s'étaler une partie du pavement du XIIIème siècle. Le Transept droit abrite un autel renaissant dédié à saint Hubert. Le gauche contient un mausolée de saint Hubert. Le Trésor conserve précieusement les reliques du saint : une statue remontant au XIVème siècle y est notamment exposée.
Son style s'apparente au gothique brabançon dans ses grandes arcades, le triforium et les fenêtres hautes. Joyau d'un ensemble monastique bénédictin, le sanctuaire a été édifié à partir de 1525, la nef mise sous toiture en 1557, le chur et la crypte consacrée en 1560, le déambulatoire voûté en 1564, la nef et le transept voûté en briques plus d'un siècle plus tard, en 1683.
Aujourd'hui, c'est une des plus visitée d'Europe.

Dimensions:
Longueur totale : 90 m 50
Largeur: 30 m 50
Hauteur des tours : 60 m

La nef :

Bibliographie.
POUMON, E., Abbayes de Belgique, Office de publicité, Bruxelles, 1954.
DELMELLE, J., Abbayes et béguinages de Belgique, édition Rossel, Bruxelles, 1973, pages 71, 74-76.
HASQUIN, H., dictionnaire d'histoire et de géographie administrative, tome II, édition renaissance du livre, 1980, page 309.
MOURRE, M., Bénédictins, in, dictionnaire encyclopédique d'histoire, éditions Bordas, Paris, 1996, page 633.
COMPERE, G., LAMBOT, J.P., ROBERT, Y., SIMEONE, G.G., Wallonie, le guide, éditions Casterman, Bruxelles, 1994, page 339-340
Internet:
www.sthubert.be/texts/fr_basilique.htm
www.sthubert.be/texts/fr_histoire.htm
www.ftlb.be (fédération du tourisme du Luxembourg belge)
http://www.skene.be/RWJP96TXT/sainthubert.html (journées du patrimoine 1996).
Cette page a été réalisée par Laurent Wibrin, éléve de 4ème année à L'INDSE Bastogne, suite à un travail commandé par son professeur d'histoire Monsieur Leclère.
©11-05-2002
dernière actualisation le 04-06-2002.