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Historique
de la paroisse de St-Mathieu La paroisse de Saint-Mathieu
commence la deuxième rangée de paroisses qui bordent le Saint-Laurent.
Elle fut taillée à même la Seigneurie Nicolas Rioux qui fut concédée par le
Marquis de la Jonquière le 6 avril 1751. Les premiers habitants de la paroisse furent des Micmacs et des Maléchites. Ils vivaient de chasse et de pêche et étaient établis sur la pointe de terre qui s’avance dans les eaux au sud-est du lac. Cette pointe fut d’ailleurs appelée « Cimetière des Sauvages » ou « Pointe-à-la-Croix car, semble-t-il, quelques sauvages ont été enterrés à cet endroit. M
Germain-Siméon Marceau, curé de Saint-Simon, appuie les requérants
et suggère à l'évêque de Québec d'ériger la nouvelle paroisse
sous le vocable de Saint Jude puisque ce dernier était un compagnon de
Saint Simon. Le 8 mars
1858, Mgr Baillargeon érige la paroisse et lui donne comme patron Saint
Mathieu. Les
démarches pour la chapelle sont toujours sans résultat.
Le Il mars 1858, les paroissiens demandent à l'évêque de
localiser la chapelle. Devant
un autre insuccès, ils demandent la permission de bâtir une église et
un presbytère. Cette
dernière requête ne fut pas inutile.
L'évêque envoie un délégué pour déterminer l'emplacement et
les dimensions de la nouvelle chapelle.
Le 5 novembre 1858, M. Lazare Marceau, curé de l'Isle-Verte, se
rend à Saint-Mathieu comme -délégué.
L'assemblée se fait chez Louis Parent (grand-père de S. E. Mgr
Charles-Eugène Parent). La
chapelle fut fixée sur la terre d'Elie Dionne (aujourd'hui Georges
Dionne) et une croix fut plantée à cet endroit. Ce
choix réflète l'opinion de l'assemblée; mais non l'opinion de la
majorité des paroissiens. Ceux-ci font part de leur opposition à Mgr Baillargeon
alléguant
que le site choisi par le curé Marceau de l'Isle-Verte est à une
distance de 28 arpents du centre de la paroisse.
Pour sa part, Elie Dionne rédige une longue lettre à
l'Évêque.
Il implore Mgr Baillargeon de conserver le site choisi puisque,
selon lui, le site n'est qu'à 18 arpents plus haut que le centre et
que, à ce moment, il n'y a que 15 habitants du côté d'en bas. De
son côté, M. Marceau, curé de Saint-Simon, s'oppose à ce choix.
Sachant qu'Elie Dionne ne veut pas donner le terrain pour la
chapelle, il parvient à obtenir gratuitement de Louis Parent et Eucher
Thibault chacun un arpent de terre. Il
écrit à l'Évêque le résultat de ses négociations.
Ce dernier approuve M. Marceau, annule le procès-verbal du curé
de l'Isle-Verte et délègue son Grand-Vicaire, Charles-Félix Cazeau
pour régler définitivement le problème. Voici
une partie du décret de Mgr Baillargeon à ce sujet en date, du 30 août
1859: 1.
L'on se bornera pour le moment à bâtir la dite chapelle,
laquelle servira de presbytère dès que l'on. aura bâti une église
dans la dite paroisse. 2
La dite chapelle sera construite en bois, sur un solage en
pierre, sur un terrain appartenant aux Sieurs Louis Parent et Gabriel
Thibault, situé dans le troisième rang de la Seigneurerie-de-Rioux. 3.
Elle aura pour dimensions principales quarante-cinq pieds de
longueur, trente-trois pieds de largeur et treize pieds de hauteur
en-dedans des lambourdes. 4.
L'on ne procèdera à sa construction que lorsque le dit terrain
aura été cédé à la Corporation Archiépiscopale Catholique Romaine
de Québec. 5.
La dite construction devra être terminée au plus tard le ler
octobre 1860. "Ce
non-accord du curé de l'Isle-Verte et du curé de Saint-Simon créa une
division. Deux croix
avaient été plantées par les deux délégués et les partisans des
deux sites les défendaient de leur mieux. La
croix plantée sur le terrain d'Elie Dionne fut arrachée par un nommé
Stanislas Roy dit Lauzier, lequel mourut bien misérablement d'un coup
de pied reçu dans l'abdomen dans une rixe.
La croix plantée à l'endroit actuel fut arrachée par Henri Lagacé, lequel eut la
main brisée par un crochet de fer.
Toutes ces intrigues se passaient dans l'automne de 1860."
(1) (1) Extrait des Notes de M.Antoine Chouinard, premier curé de la paroisse.
Les
travaux pour la chapelle débutèrent au début de 1861.
Ils furent d'abord très lents; mais bientôt Elie Dionne, que M.
Chouinard appelle le chef du parti d'en haut, se rallia à l'opinion
de la majorité. Il y alla
même de ses deniers en fournissant 35 dollars.
Ses partisans l'imitèrent et tous se mirent à travailler avec zèle
à la construction de la chapelle.
La planche et les madriers nécessaires furent donnés en partie
par William Price qui possédait alors le moulin à farine et un moulin
à scie. Le reste du bois
fut fourni par les habitants. A
partir de ce jour, M. Marceau, curé de Saint Simon vient faire les
offices une fois par mois. La
Fabrique achète une cloche. Le
18 décembre 1862, M. Léon Roy, curé des Trois-Pistoles la bénit et
la baptise: Marie-Anne-Clémentine-Victoire.
Cette cloche sera donnée à Saint-Médard en 1922. Le
18 août 1865, la paroisse reçoit son décret d'érection civile.
Elle sera connue sous le nom de Saint-Mathieu-de-Rioux à la mémoire
du premier seigneur-colon Nicolas Rioux. Dès
1863, les paroissiens demandent à Mgr Baillargeon un curé résidant.
Leur désir n'est réalisé qu'à l'automne 1866 quand l'évêque
de Québec nomme un jeune prêtre: M. Antoine Chouinard.
Ce dernier est natif de Saint-Jean Port-Joli, tout comme Michel
Jean, notre pionnier. Le
premier rapport annuel du curé Chouinard mentionne qu'au premier
janvier 1867, la population était de 785 âmes réparties en 85
familles. Elle devait
passer l'année suivante à 879 âmes.
En 1868, deux nouvelles écoles élémentaires viennent
s'ajouter aux deux déjà existantes.
Ces quatre écoles donnent l'instruction à 103 enfants. Le
15 octobre, 1868, M. Gerrmain-Siméon Marceau, fait la bénédiction
du cimetière agrandi. Ce cimetière est situé au nord du chemin royal.
Il est le second site choisi.
Voici ce qui s'est produit: Dès
1870, une requête portant 76 signatures est adressée à Mgr Langevin
demandant l'autorisation de construire une église en pierre. Une autre
requête portant 53 signatures s'oppose à ce projet.
Mgr Langevin délègue M. Augustin Ladrière, curé de
Saint-Fabien. Au cours
d'une assemblée publique, le 13 octobre 1870, M. Ladrière fixe le lieu
de l'église sur le coteau à environ 60 pieds à l'ouest de la
chapelle. Comme
les travaux n'avancent pas, Mgr Langevin retire le prêtre résidant; il
fait desservir la paroisse par M. Joseph-Octave Béland qui prend résidence
à Saint-Simon. De fait,
quelques paroissiens sont encore opposés à la construction d'une église
et en retardent l'exécution. L'intervention
de Mgr Langevin eut de bons résultats: il fut décidé à l'unanimité
de faire une répartition légale.
En conséquence, le Rév. Béland
prit possession de sa cure le 8 février 1872. Le
3 septembre 1872, M. Béland fait la bénédiction de la pierre
angulaire de l'église. En 1874, il est remplacé par M. Cyprien Lebel.
Sous l'instigation de ce dernier, les travaux à l'église vont
bon train. Aussi, le 15
janvier 1875, M. Lebel bénit le temple paroissial fait en pierre.
Le 1 1 novembre, il érige le chemin de croix dans l'église.
Au même temps, Mgr Edmond Langevin, vicaire général, bénit
pour l'église une seconde cloche.
Elle s'appelle: Marie-Mathieu-Théophile-Arthémise-Etienne-Rachelle,
en l'honneur des pionniers Théophile Lévesque, sa dame, Arthémise
Michaud, Etienne Ouellet et sa dame Rachel Lévesque.
Cette cloche sera donnée en 1922 à Sainte-Jeanne d'Arc. En
1877, M. Lebel, qui est âgé de
67 ans, prend sa retraite et est remplacé par M. Thomas Gravel.
A son arrivée, la population est de 1086 âmes.
La terre de la Fabrique n'est pas tellement défrichée.
Il n'y a pas encore de
village. En
1881, les paroissiens réclament un presbytère pour loger leur pasteur.
Mgr Langevin agrée leur demande et bientôt s'élève à
cinquante pieds de la sacristie un presbytère ayant 40 pieds de
longueur et 36 pieds de largeur. On
en profite pour faire des réparations à l'église.
C'est le bois de la chapelle qui sert à ces travaux. A
l'automne de 1883, une rumeur veut que M. Gravel quitte la paroisse.
Les paroissiens signent une pétition pour demander à l'évêque
de garder M. Gravel. Deux
cent
quatre-vingt-douze noms apparaissent sur la pétition alors que la
paroisse ne compte que 152 familles. La
Fabrique fit alors l'achat d'une maison appartenant à Narcisse Jean
qui servit par la suite de salle publique.
A l'automne de 1885, une épidémie de picote atteint la
paroisse. Une quarantaine
de personnes en sont touchées et sept en meurent. Une
autre épreuve allait bientôt frapper la paroisse.
À la première heure du jour, le 28 avril 1887, le feu se déclare
dans la cheminée de la cuisine d'été du presbytère.
En quelques heures, le presbytère et le hangar sont la proie des
flammes. L'église est épargnée au prix de nombreux efforts.
Le curé par la suite doit loger dans la salle publique. Il
faut un autre presbytère, mais les paroissiens ont contracté de
lourdes dettes pour bâtir le premier.
C'est pourquoi, on décide d'acheter une maison et de l'aménager.
Mais après quelques mois et de nombreux pourparlers, on demande
à l'évêque la permission de bâtir. Par un décret daté du 21
novembre 1887, Mgr Langevin permet d'ériger le nouveau presbytère sur
les fondations du presbytère incendié. L'été
suivant, soit le 20 juin, les travaux commencent et ils se termineront
en octobre 1889, date où M. Tremblay pourra à nouveau loger dans le
presbytère. Le
cimetière d'alors devient trop petit.
De plus, une grande quantité d'eau s'accumule printemps et
automne. C'est pourquoi, on
décide de déterminer l'emplacement d'un nouveau cimetière.
Le premier choix (un terrain situé au pied du rocher à environ
deux arpents de l'église) est rejeté par le Conseil d'Hygiène. Le
30 juin 1895, à une assemblée publique les paroissiens décident de
placer le cimetière sur le terrain d'Alfred Théberge.
Un mois plus tard, une résolution veut placer le cimetière sur
le terrain de la Fabrique au nord-est du presbytère.
Ce dernier choix est accepté et le nouveau cimetière fut bénit
le 13 novembre de la même année. En
1900, M. Réal-Alphonse Cayouette devient curé de la paroisse.
Il procéda à la bénédiction d'un nouveau chemin de croix et
fit ériger à quelques pieds de l'église un monument dédié au Sacré-Coeur.
Il fut, plus tard assisté dans ses fonctions par M. Ludger
Harvey quand il devint malade de l'influenza.
Il mourut le 13 avril 1919.
M. Delphis-Salomon Giguère lui succède à la cure de la
paroisse. M.
Giguère fait restaurer l'église.
Il achète un carillon de trois cloches qui furent bénites par
Mgr J.-Romuald Léonard en 1922. Un
cercle d'études de l'UCC prend naissance dès 1929. En
1930, M. Giguère tombe malade et est assisté par M. Joseph Gauvin.
Il meurt le 21 décembre 1931 à l'âge de 68 ans.
M. Gauvin est nommé curé. M.
Gauvin s'intéresse à l'instruction.
Il organise des cours du En
1937, M. Charles Pelletier succède à M. Gauvin.
Ce dernier voit à la réparation du presbytère et à la
construction d'une salle paroissiale.
La Caisse Populaire est fondée.
Avec cette initiative, les gens acquièrent le sens de l'économie. Un
relevé de la population active à cette époque indique que la
paroisse compte 5 commerçants, 82 cultivateurs, 1 forgeron, 1
ferblantier-plombier, 43 journaliers et 7 domestiques. M.
Patrice Gallant, vicaire à la Cathédrale, devient desservant
en 1945. Il est remplacé
par M. Louis-Joseph Lavoie. Un
cercle Lacordaire est fondé dans la paroisse.
Un nouveau couvent paroissial est bâti sur la terre de la
Fabrique et est bénit en 1949. À
l'automne de 1949, M. Alfred Bérubé accède à la cure de
Saint-Mathieu. Il voit à
là restauration intérieure de l'église et à l'achat d'un orgue.
Il est remplacé par M. Gérard Cayouette, en 1959, qui devient
le douzième curé de la paroisse. Depuis
son arrivée, M. Cayouette s'adonna à l'embellissement des propriétés
de la Fabrique: il fit disparaître les granges, aménagea un terrain de
stationnement à l'ouest de l'église, procéda à l'électrification
des cloches. Des travaux
furent exécutés dans l'église en vue de sa consécration en 1960.
De plus, le cimetière fut aménagé; la salle paroissiale fut déplacée
et restaurée. M. Cayouette
s'est aussi occupé activement de la jeunesse en leur procurant des
loisirs appropriés. Voilà,
résumés en quelques pages, les principaux faits qui ont marqué l'histoire de la paroisse de Saint-Mathieu.
Les relater, c'est un peu les vivre; mais c'est aussi le moment
d'admirer le noble courage de nos pionniers.
Texte tiré de "Album souvenir Centenaire Saint-Mathieu 1866-1966", Imprimerie Gilbert Limitée, Rimouski Auteur: Charles-Édouard Jean
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