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Qui, mieux que Djalâl-od-Din-Rûmi - ce saint, ce génie qui au temps des croisades parlait de la fission des atomes, des univers parallèles... - pouvait dire les liens entre la musique et le sacré ? Éva de Vitray-Meyerovitch, qui en a traduit l'oeuvre en français, ajoute dans son livre "Le Chant du Soleil" (La Table Ronde) les commentaires suivants, commentaires d'un derviche de Konya en Turquie : "Le Ney et l'insan-al-Kamil (l'homme de Dieu) sont une seule et même chose : tous deux se plaignent de la séparation, tous deux ont des blessures à la poitrine et sont entourés de liens. Tous deux sont desséchés, parce qu'ils ne sont pas nourris par leur terre, et vides, remplis seulement de l'air du musicien. Quand ils sont seuls, ils n'ont pas de voix, leur rôle est de se trouver entre les doigts et les lèvres du musicien et de lui servir d'instrument pour exprimer son désir. L'homme de Dieu est apporté de l'oseraie de la pré éternité du monde divin et tombe, par la force du destin, dans le monde matériel. On l'a enchaîné par les liens de l'humanité et de la nature. Son coeur est blessé par la brûlure de la séparation, il l'a vidé des choses charnelles, et il a vidé son esprit de l'existence imaginaire, puis il s'est abandonné entre les mains de Dieu. Il n'est plus désormais qu'un instrument pour manifester la volonté de Dieu : c'est là son seul devoir. Et quand la Voix divine veut s'exprimer, elle emprunte la tonalité propre que représente chaque spirituel. Quand ce dernier parle de son origine céleste et de la tristesse de la séparation, ses auditeurs, s'ils ont le coeur pur, éprouvent la même tristesse. Mais il existe beaucoup de degrés spirituels chez les hommes et chacun comprend selon son propre degré".
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