SamWeb : Réflexions sur l'utilisation de la Présentation Assistée par Ordinateur pour motiver l'attention des élèves en cours.

SamWeb : Mémoire

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samy@multimania.com

Réflexion sur l'utilisation de la Présentation Assistée par Ordinateur pour motiver l'attention et l'intérêt des élèves en cours


Auteur : Nicolas GUILLOUD

Date de rédaction du document : Année Scolaire 1998/1999

Conversion du document original vers le format HTML par Samuel DUSSUBIEUX
Remarque : La version originale de ce mémoire est accompagnée d'un cdrom comportant des vidéos ainsi que différents fichiers ne pouvant être mis en téléchargement pour des raisons de tailles trop importantes. Nous en sommes désolé.


Sommaire

Introduction

I. Pourquoi le choix de l’informatique pour stimuler l’attention en classe ?

I. 1) La télévision, Internet, la classe

I. 1) a. Premier constat :

I. 1) b. Deuxième constat :

I. 1) c. Troisième constat :

I. 2) La Présentation assistée par ordinateur

I. 2) a. Le logiciel

I. 2) b. Le matériel informatique

I. 2) c. Le matériel de visualisation

II. Comprendre les mécanismes de l’attention

II. 1) Attention et concentration

II. 1) a. L’attention

II. 1) b. La concentration

II. 2) Le fonctionnement de l’attention

II. 2) a. Emotions et pensées

II. 2) b. Les informations " utiles "

II. 2) c. Les informations stimulantes

II. 3) Les signes de l’attention

III. Fonctionnement d’un logiciel de Pré.A.O.

III. 1) Présentation

III. 2) L’animation

III. L’intéractivité

III. 4) La compatibilité

IV. Applications dans une classe de seconde

IV. 1) Déroulement

IV. 1) a. Le choix des leçons

IV. 1) b. Mise en condition

IV. 1) c. Premiers essais et premiers problèmes

IV. 1) d. Travail des élèves pendant les projections

IV. 1) e. L’après présentation

IV. 2) L’expérimentation

IV. 2) a. Un cours " traditionnel "

IV. 2) b. Cours avec l’utilisation de la Pré.A.O.

i) Outil d’analyse : un questionnaire

ii) Outil d’analyse : la vidéo

IV. 2) c. Lorsqu’un élève a été absent

IV. 2) d. Présentations réalisées par les élèves

IV. 2) e. L’avis des élèves

V. Bilan

V. 1) Bon coté des choses

V. 2) Quelques ombres…

V. 3) Conclusion

Remerciements

Références

Annexes


Introduction

Un élève de lycée suit en moyenne 30 heures de cours par semaine.

Dans chaque discipline qu’il rencontre pendant son parcours éducatif, il lui est demandé d’être attentif, de copier le cours, de le comprendre et le soir venu de faire ses devoirs. Il faut suivre une classe pendant une semaine (expérience proposée par la formation générale) pour prendre conscience de la quantité de travail que nous, professeurs, exigeons de nos classes.

Il est évident que pour l’élève un tel niveau de concentration est difficile à maintenir pendant une si longue durée. De plus, un rapide retour en arrière sur les étapes du processus cognitif permet de faire ressortir l’importance première de l’attention. En effet un manque d’attention à un moment important du cours entraînera une cascade de difficultés concernant principalement les étapes d’apprentissage, compréhension et réinvestissement des connaissances.

L’objet de ce mémoire est donc de tenter d’améliorer l’attention et l’intérêt des élèves en cours et ce par l’utilisation des nouvelles Techniques d’Information et de Communication (T.I.C.) telles que la Présentation Assistée par Ordinateur. (Pré.A.O.).

  1. Pourquoi le choix de l’informatique pour stimuler l’attention en classe ?
    1. La télévision, Internet, la classe
      1. Premier constat :
      2. Depuis ces cinq dernières années la mise en scène des émissions télévisées et de certains reportages a subi de véritables mutations. Initialement propres à Canal+ et M6 ces transformations qui tendent à se généraliser sur toutes les chaînes, touchent principalement le cadrage de la caméra et l’insertion dynamique de texte sur les images.

        La caméra y est sans cesse en mouvement, l’horizontalité perd sa suprématie, les secousses ne sont plus accidentelles : la vision subjective remplace l’objectivité apparente des anciens plans. Pour ajouter à ce dynamisme (quelque fois capiteux !) des graphismes et du textes sont superposés aux images. L’œil ne fixe plus globalement le centre du téléviseur, il saute d’un coin à un autre, jamais immobile : regarder la télévision devient de moins en moins un acte passif.

      3. Deuxième constat :
      4. Internet, réseau des réseaux, est un outil de l’information et de la communication qui ne cesse de se développer.

        Son importance accrue dans la société mondiale tient tant à l’augmentation exponentielle de son contenu (ouverture croissante des sites personnels, culturels, industriels et commerciaux ) qu’à son nombre d’utilisateurs. Sa teneur culturelle et encyclopédique justifie son succès à long terme. En effet seul l’utilisateur averti sait qu’il peut, et comment il peut, trouver sur cette toile labyrinthique les réponses à ses questions. Reste à savoir pourquoi le "surfeur " néophyte, quel que soit son âge et ses connaissances informatiques, qui utilise pour la première fois ce médium n’est pas instantanément découragé par la multitude de chemins qui s’offrent nouvellement à lui.

        Une connexion de 5 minutes sur le web suffit pour répondre en partie à notre question : Internet est vivant ! Et oui, ce dernier surprend par sa mobilité, son dynamisme et son aspect multimédia. L’information n’y est jamais statique à l’inverse d’un traitement de texte traditionnel : elle clignote, se déplace, disparaît, réapparaît accompagnée d’une musique rythmique. Les images bougent, il y a de petits films, le texte est coloré et lorsqu’on clique dessus à l’aide de la souris, on est transporté " électroniquement " vers un nouveau site qui traite plus précisément du thème que l’on vient de sélectionner : cela s’appelle l’intéractivité.

      5. Troisième constat :
      6. En classe les supports pédagogiques foisonnent : tableau, rétroprojecteur, magnétoscope et télévision, photocopies, ordinateurs. Cependant on peut regretter que leur utilisation soit souvent cloisonnée. Il est rare, en effet, d’allier l’emploi simultané de deux d’entre eux, jamais trois en même temps. Le multimédia, tel qu’il a été défini, a donc naturellement du mal a s’installer en cours. Lourdeur du maniement de plusieurs appareils, difficulté de trouver plusieurs supports traitant d’un même thème sont autant de circonstances " atténuantes " qui peuvent expliquer le difficile passage à un vrai cours multimédia.

        Ne serait-il pas intéressant de pouvoir utiliser textes, vidéos et sons à partir d’une seule et même machine ?

        Pour construire graphiques, cartes, schémas ou tableaux, l’enseignant a su utiliser à profit le rétroprojecteur et la possibilité de superpositions qu’offrent les Rhodoïd. Ainsi les étapes de la réalisation deviennent plus claires et cela permet même dans certains cas de simuler le mouvement d’un objet par rapport à un autre…à grand renfort de coups de crayon, ciseaux et morceaux de scotch !

        Ce bricolage, certes efficace pour la compréhension des élèves, n’en est pas moins un bricolage et à l’instar du traitement de texte qui a remplacé ciseaux, colle et machine à écrire, n’est-il pas venu le moment de passer à des moyens plus pertinents et plus efficaces pour les représentations schématiques du cours ?

    2. La Présentation assistée par ordinateur
    3. Partant de ces constatations il pourrait être intéressant de présenter des parties de cours qui reprendraient les caractéristiques dynamiques et multimédia précédentes afin d’évaluer leur impact sur les élèves.

      Quels sont les outils nécessaires ?

      1. Le logiciel
      2. Au premier abord on serait tenté d’utiliser le même type de logiciels qui permet de réaliser les pages web. Plusieurs difficultés se posent alors.

        La création de pages HTML sophistiquées (animation quelconque de texte ou image, présentation totalement personnalisée) nécessite le passage par un langage de programmation propre à Internet (Java Script,…). Comme tout langage de programmation, il nécessite une véritable initiation qui pourrait décourager l’enseignant désireux de passer rapidement à la création multimédia. Certes il existe des logiciels de type WYSIWYG, tel Front Page, qui permettent de réaliser à l’aide de la souris ce type de pages, mais leurs capacités sont limitées et leur compatibilité avec les navigateurs n’est pas à toute épreuve (d’où un problème d’échange de fichiers sur des ordinateurs ayant des logiciels d’édition HTML différents).

        De plus reste le problème de la présentation. Une page remplie, format A4, ne pourra jamais être utilisée devant un groupe :trop d’informations, difficulté de lisibilité.

        Il existe en fait de vrais logiciels dont l’emploi est totalement destiné aux présentations orales. Ils s’appellent Power Point, Freelance Graphics, Asymetrix Presentation ou Claris Impact et permettent de réaliser des transparents(diapositives) totalement animés, incluant tous les types de fichiers informatiques possibles (images, vidéos, sons, musiques et même textes !) : ce sont donc des logiciels multimédias.

        Parce qu’il est le plus répandu (donc le plus facile à trouver), et l’un des plus performant l’utilisation de Power Point a été choisi pour l’illustration de ce mémoire. Mais en aucun cas il ne doit s’imposer comme un standard, les autres logiciels présentent des capacités à peu près similaires et peuvent tout à fait convenir.

      3. Le matériel informatique
      4. Pour faire fonctionner le logiciel de Pré.A.O. il est nécessaire d’avoir un ordinateur multimédia équipé d’enceintes et fonctionnant sous Windows. Le PC n’a pas besoin d’être très puissant : un ordinateur suffisamment "performant" pour faire fonctionner correctement son système d’exploitation sera satisfaisant.

        La Pré.A.O. pourra aussi être utilisée individuellement par les élèves si l’établissement est équipé d’un réseau. Cette utilisation sera détaillée plus loin(cf. IV. 1) e).

      5. Le matériel de visualisation
      6. Relié à l’ordinateur on utilisera soit une télévision grand format (plus de 60 cm de diagonale), ou mieux, un vidéoprojecteur qui permettra l’affichage sur écran d’une image, d’environ 3m sur 4, identique à celle du moniteur.

        Il faut préciser que dans le premier cas il est nécessaire de posséder un adaptateur permettant de transformer le signal issu de l’ordinateur en signal vidéo utilisable par la télévision. Dans le second cas le branchement se fait directement de la carte vidéo de l’ordinateur vers le vidéoprojecteur.

        Power Point offre aussi la possibilité d’éditer des transparents ou diapositives couleurs. Ces supports ont peu été utilisés dans la mesure ou le logiciel perd alors son intérêt multimédia et interactif mais offre tout de même l’avantage de faire rapidement des transparents de très bonne qualité.

        Les hypothèses de départ étant posées, tentons d’identifier le fonctionnement de l’attention chez l’élève afin de voir si l’utilisation de la Pré.A.O. est susceptible de l’aider en cours.

  2. Comprendre les mécanismes de l’attention
  3. Trop souvent malmenée par l’environnement social et culturel, l’attention est une faculté nécessaire à l’équilibre du comportement ainsi qu’au bon déroulement des opérations mentales mises en jeu dans l’apprentissage.

    1. Attention et concentration
    2. Parfois difficiles à distinguer, ces deux mécanismes du cerveau jouent des rôles bien différents.

      1. L’attention
      2. L’attention à pour rôle de percevoir et analyser automatiquement le flot d’informations qui arrivent aux sens afin de permettre au cerveau, par un traitement rapide, un contact efficace avec l’environnement.

        Les deux principales tâches de l’attention sont le filtrage et l’analyse.

        Le filtrage permet d’éviter la surcharge que pourraient causer les stimulations du milieu. Il évite de percevoir simultanément tous les stimuli qui sont à portée de nos sens. Quant à l’analyse, elle consiste en un traitement inconscient des signes d’importance et des indices de danger. C’est cette fonction qui entre en jeu lorsqu’en cas de menace nous avons des sortes de " réflexes " ou des " impressions " permettant de s’adapter rapidement à la situation périlleuse.

      3. La concentration
      4. C’est un mécanisme mental qui isole notre cerveau des distractions extérieures ou intérieures. Il réduit le champ de l’attention par un effort de volonté. La concentration à donc un effet contraire à l’attention et tend à dégager notre réflexion de ce qui nous entoure.

        Intervenant plus principalement au niveau de l’attention, l’impact de la Pré.A.O. sur la concentration ne sera donc pas étudié ici.

        Retenons principalement que c’est un mécanisme conscient qui est à son origine.

    3. Le fonctionnement de l’attention
    4. Le but principal de l’attention consiste en la recherche et l’enregistrement des informations. Mais dans la multitude des stimulations reçues, le cerveau ne traitera que celles estimées " intéressantes ", elles sont de trois types.

      1. Emotions et pensées
      2. Tous les messages qui viennent de l’intérieur, passe en priorité dans la gestion des informations. Ainsi quelque soit la stimulation extérieure, si elle fait référence à un souvenir ou sentiment personnel, l’attention se fixera prioritairement sur cette dernière. On peut donc interpréter la motivation des élèves, lors de l’utilisation de l’ordinateur en classe, par le lien inconscient qu’ils ont avec ce matériel et qui appartient davantage au domaine du jeu et du plaisir.

        D’autre part nous verrons plus loin qu’il est possible d’insérer dans Power Point différents sons, parfois étrangers au cadre scolaire , ils font souvent référence à des clichés de notre esprit (crissement de pneu, caisse enregistreuse, explosion…). Ainsi ils déclenchent sporadiquement des références à nos émotions : autant de signaux qui stimulent notre attention.

      3. Les informations " utiles "
      4. Si l’information peut nous servir à quelque chose, elle sera captée par notre attention. Il faut pour cela qu’elle ait un rapport avec nos centres d’intérêts, nos interrogations personnelles.

        C’est là l’un des aspects de l’attention le plus difficile à exploiter en cours : faire comprendre aux élèves qu’il va de leur intérêt d’être attentif en classe. Cela doit, peut-être, passer par une reformulation des objectifs de la scolarité comme le souligne le professeur A. Jacquard :

        On s’efforcera aussi, pendant le cours, de concrétiser les explications et d’utiliser des exemples imagés. Mais soyons conscient qu’il s’agit là de faire un compromis : l’utilisation abusive des images nous rapproche tout autant de la réalité qu’elle nous éloigne du cadre abstrait de la théorie pure.

      5. Les informations stimulantes
      6. Bien, qu’après analyse objective, une information paraisse primordiale, il n’en passera pas moins totalement inaperçue si celle si n’est pas suffisamment attrayante ou excitante à nos sens.

        D’après le psychologue C. Bégin :

        Cette caractéristique de l’attention est particulièrement exploitée dans les dispositifs de sécurité : alarme incendie, signal de détresse, panneaux et feux routiers,…

        La présentation assistée par ordinateur utilise aussi largement ce phénomène. Tous les objets d’une diapositive ont, non seulement, la possibilité d’avoir une animation propre mais peuvent aussi être accompagnés d’un son. Les informations peuvent clignoter et se déplacer dynamiquement et tout ce qui sera jugé important par le professeur apparaîtra alors avec un bruitage ad hoc.

        L’attention est donc un mécanisme du cerveau que l’élève ne maîtrise pas. Il est totalement dépendant de la matière et du professeur : de sa façon d’écrire, du son de sa voix, de sa rapidité d’élocution, de ses supports pédagogiques ou même de son allure physique. Tout effort volontaire de la part de l’élève pour écouter ne sera donc plus du domaine de l’attention mais fera référence à celui de la concentration (cf. II. 1) b). C’est donc au professeur qu’incombe la difficile tache d’être captivant puisqu’il est le seul à pouvoir intervenir consciemment dans le mécanisme de l’attention de l’élève.

        Mais qu’est-ce qui permet de savoir si un élève est attentif ?

    5. Les signes de l’attention
    6. Les expériences psychologiques sur l’attention nécessitent des protocoles difficiles à mettre en place dans une classe. J-F. Richard décrit dans " L’attention ", un protocole de base qui permet d’étudier différentes influences (durée, régularité, multitude, nature des signaux) sur l’attention. Il s’agit d’un cadran, sur lequel se déplace une trotteuse, qui est placé à une distance de 2 mètre d’un observateur debout. L’aiguille saute de façon aléatoire de deux crans au lieu d’un, six fois par demi-heure. A chaque fois qu’il perçoit cette " anomalie ", l’observateur le signale à l’aide d’un interrupteur situé dans sa main. L’expérience peut durer jusqu’à trois heures.

      Il est clair qu’un tel dispositif est difficile à mettre en œuvre dans une classe. Et malheureusement les signes de l’attention ne sont que peu visibles sur l’individu. On notera cependant quelques critères traduisant une diminution de la vigilance: clignements des paupières, bâillements, attitude avachie avec nécessité d’un appui(main, mur, table,…) pour maintenir le corps, œil hagard, tête non axée vers l’origine des informations…

      Par opposition, une attention soutenue sera caractérisée, dans certains cas, par :un regard fixe, une position droite du buste, tout le corps et ses parties sensorielles sont dirigés vers la source des stimuli(Cf. Note de bas de page p.*.)

      Tels seront les difficiles critères qui seront recherchés dans l’expérimentation de ce mémoire lors de la détermination de l’impact de la Pré.A.O. sur l’attention des élèves. La recherche de ces critères se fera sur les documents vidéo enregistrés lors des présentations Power Point en classe.

      De plus, en se basant sur un travail effectué par quatre enseignants du collège Paul Bert de Fécamp(76) et présenté dans le document du C.N.D.P. : " Approche de l’image avec des élèves en difficulté ", des questionnaires(cf. Annexes p.*) remplis par les élèves vérifieront le niveau d’attention(et non de compréhension) de chacun .

      Face à ces constats, nous allons maintenant voir quelles remédiations propose la présentation assistée par ordinateur à l’épineux problème de l’attention en classe.

  4. Fonctionnement d’un logiciel de Pré.A.O.
  5. Rappelons que le logiciel étudié dans le cadre de ce mémoire sera Power Point (cf. I. 2) a ), il est possible de le trouver séparément ou accompagné des traditionnels logiciels de bureautique du pack Microsoft Office Pro.

    1. Présentation

    2. La fenêtre de Power Point se présente globalement comme celle d’un traitement de texte.

      On y retrouve des barres des menus (1), et d’icônes (2) tout à fait semblables à celles de Word 97.

      Au centre de l’écran, comparable à une feuille de texte, il y a la diapositive (3). C’est à l’intérieur de celle-ci que l’utilisateur saisira tous les objets(cf. Note de bas de page p.*) qui s’afficheront au fur et à mesure lors de la présentation à la classe.

      Remarque : Les objets d’une diapositive étant destinés à être animés, on ne définit que leur place finale, c’est à dire la position qu’ils devront prendre une fois l’animation terminée.

      Dans l’exemple ci-dessus, extrait de la présentation " Classification " (4) que l’on retrouve dans son intégralité dans l’Annexe (cf. p.*), nous trouvons 3 objets distincts :

      • Le texte (5)
      • L’image (6)
      • Le bouton hypertexte (7)

      Chacun d’entre eux peut alors être affecté d’une animation et d’un bruitage propres (8).

    3. L’animation

    4. Elle se gère très intuitivement à partir du bouton 8 qui permet d’ouvrir le menu ci-dessous :

      1. Dans l’onglet Minutage :
      2. On sélectionne l’objet à animer et on définit si le démarrage de l’animation se fera manuellement (clic de souris, barre espace, flèches de défilement) ou automatiquement (au bout d’un certain temps)

      3. Dans l’onglet Effets :

      On choisit le type d’animations parmi la cinquantaine d’effets prédéfinis. On peut alors décidé de l’accompagner de tout son ayant le format WAV

      Une fois les animations définies on obtient la séquence ci-dessous.

      Pour passer d’une étape à l’autre, il suffit alors soit de cliquer n’importe où avec la souris, soit d’appuyer sur la barre [Espace].

      Jusqu’à présent nous avons vu en quoi l’emploi de la présentation assistée par ordinateur était à même de remplacer l’utilisation du rétroprojecteur. Mais quand est-il de ses capacités interactives ?

    5. L’intéractivité
    6. L’objet (7) de la diapositive précédente, nommé " Vers PTOE " désigne un lien hypertexte. Dans ce cas précis il pointe vers un programme de classification périodique, mais il peut tout aussi bien indiquer une diapositive, une autre présentation Power Point ou un fichier numérique quelconque.

      Ainsi, par le biais de ces liens hypertextes, on passe d’un déroulement linéaire à un déroulement séquentiel : l’utilisateur peut alors choisir le chemin qu’il désire. Cela permet à l’élève de s’interroger sur ces connaissances, d’évoluer à travers les diapositives à son rythme(dans le cas d’une consultation individuelle) : c’est alors le point de départ vers une pédagogie différenciée où l’élève en difficulté comme celui qui est à l’aise peuvent progresser sans s’entraver mutuellement.

      Au cours d’une présentation faite devant la classe, la diapositive ci-contre (extraite de la présentation " Mole " cf. p.*) donna l’occasion à un vote à main levée. La suite de l’exposé dépendait donc de la réponse majoritairement donnée par les élèves.

      Mais est-il nécessaire de transporter l’ordinateur avec lequel on a réalisé sa présentation partout où l’on veut la diffuser ?

    7. La compatibilité
    8. Tous les ordinateurs ne sont pas équipés du logiciel Power Point. Aussi s’il on est amené à utiliser un ordinateur différent de celui qui a permis la création d’un diaporama, on utilisera l’option de ‘Présentation à emporter’, du menu FICHIER. Un fichier compressé comportant la présentation et une visionneuse libre de droit sera copié sur une disquette pouvant être utilisée sur tout ordinateur de type PC.

      Les possibilités théoriques de la Pré.A.O. étant présentées, intéressons nous à leur mise en pratique dans une classe bien réelle !

  6. Applications dans une classe de seconde
  7. La classe sur laquelle a été réalisée l’intégralité de cette expérimentation compte 36 élèves à tendance globalement scientifique.

    Notons que le lycée dont elle est issue appartient à un projet de développement des T.I.C. (cf. p.*) et a réalisé à ce titre la mise en réseau de l’ensemble des ordinateurs de l’établissement. Son accès libre, offre aux élèves un accès à Internet et la possibilité de consulter les documents numériques mis à leur disposition par les professeurs.

    1. Déroulement
    2. L’idée de l’expérimentation est de comparer le comportement " attentionnel " des élèves face à un cours traditionnel et un cours présenté au moyen de la Pré.A.O. .

      1. Le choix des leçons
      2. Etant donné que tous les cours n’ont pas le même niveau de difficulté et que certains suscitent un intérêt " naturel " chez les élèves, il a été décidé que la leçon traitée avec Power Point serait d’un contenu plus abstrait que celle traitée sans. Comme la perception de cet aspect est relativement subjective, un questionnaire (cf. Annexe p.*) a été distribué à des classes de premières (S et L) afin de repérer quelles parties du programme de seconde leur ont parues les plus difficiles à comprendre et les moins intéressantes. Les réponses majoritairement données à l’issu de ce questionnaire ont été :

        Leçons les plus difficiles à comprendre

        Leçons les moins intéressantes

        En PHYSIQUE

        En CHIMIE

        En PHYSIQUE

        En CHIMIE

        Amplificateur OpérationnelÄ

        Mole

        Amplificateur OpérationnelÄ

        Réaction chimique

        Stroboscopie

        Equation - bilan

        Intensité

        Alcanes - Alcènes

        Réflexion/ Réfraction de la lumièreÄ

        Alcanes - Alcènes

        Haut-parleur

        Matières plastiquesÄ

        Ä  : Etant donné la progression de la classe, ces leçons n’ont pu être traitées avec Power Point. Par contre tous les autres thèmes cités ont fait l’objet de l’utilisation de la Pré.A.O.

      3. Mise en condition
      4. Afin de limiter l’effet de première fois ou de nouveauté, plusieurs présentations ont été proposées aux élèves avant de réaliser les enregistrements vidéos qui sont utilisés dans ce mémoire.

        De plus, les élèves ont été préalablement habitués à la présence d’une caméra en classe afin de rendre leur comportement le plus naturel possible (quoique que l’on s’aperçoive qu’ils oublient très rapidement l’existence de cette dernière) : mais il ne faut pas se leurrer, la classe savait qu’elle était filmée et sans doute son comportement en a été légèrement affectée.

        Remarque : La caméra lors des enregistrements était en automatique : il a donc fallu choisir un compromis entre un plan large de la classe pointant la globalité des élèves et un plan serré plus sélectif mais permettant une meilleure observation des signes de l’attention( cf. II. 3).

      5. Premiers essais et premiers problèmes
      6. Dès les premiers tests de présentations quelques difficultés ou erreurs de choix sont ressorties.

        Tout d’abord comme le mode de visualisation choisi fut principalement le vidéoprojecteur, un problème de lumière survint dès le début. La nécessité d’une salle obscure semblait s’imposer mais une telle ambiance n’est pas très propice à l’enseignement, qu’il s’agisse de commenter les diapositives, d’interroger élèves ou d’obtenir le silence… Il fallut donc trouver un compromis de pénombre pour que de tout point de la classe les images projetées soient bien visibles, qu’élèves et professeur puissent se voir.

        Un autre problème de lisibilité apparu dans le même temps. Le fond de chaque diapositive est choisi parmi des modèles prédéfinis par Power Point. Les premiers qui ont été utilisés (cf. présentations " Classification " ou " Intensité " p. *), certes très jolis, étaient malheureusement trop sombres et le contraste avec la couleur de la police de caractère n’était pas suffisant. En accord avec les règles de composition des Rhodoïd, un passage à des polices sombres sur fond clair(ou vis versa) résolu cet inconvénient.

        D’autre part, le logiciel offre la possibilité d’insérer un fond musical, mais ne permet pas de régler son volume indépendamment de celui des bruitages d’animations. Il était alors difficile d’entendre les commentaires de l’enseignant pour les élèves situés à l’opposé de la salle. Une réduction du volume sonore ou, dans certains cas, la suppression pure et simple du fond musical mit fin à ce désavantage.

        Enfin, dans un souci de clarté, il fut décidé d’éviter la surcharge des diapositives et surtout de limiter le nombre d’informations par écran. Là encore il s’agissait d’un retour aux principes de présentation des transparents qui n’avaient pas été pris en compte dans ces premiers essais.

      7. Travail des élèves pendant les projections
      8. Pendant les présentations, du fait de son caractère " spectaculaire " et du phénomène de pénombre(cf. IV. 1) c), il était à craindre que les élèves prennent la Pré.A.O. pour un intermède de cours et que leur attitude soit plutôt passive.

        Pour prévenir ce risque avant chaque projection il a été défini le rôle et les objectifs de la séquence visualisée. Ainsi selon les circonstances, les élèves devaient soit repérer les points importants dans un exercice d’entraînement à la prise de notes, soit écrire à la suite de leur cours , compléter une feuille photocopiée à trous ou bien prendre en correction un exercice ou un devoir

      9. L’après présentation
      10. Comme tout document numérisé les présentations offrent l’avantage d’être dupliquables à l’infini. Sans atteindre cette extrémité, grâce à cette caractéristique il a été possible de mettre sur le réseau du lycée chaque fichiers Power Point après leur utilisation en cours. Les élèves pouvaient, pendant leur temps libre consulter librement, et à leur rythme, les fichiers mis à leur dispositions.

        Cela a pu être particulièrement utile pour les élèves absents lors d’une projection qui ont ainsi pu rattraper leur retard et bénéficier , aux commentaires de l’enseignant près, des mêmes supports que le reste de la classe. (cf. IV. 2) c).

        Remarquons aussi que dans ce type de consultation individuelle les élèves bénéficient du maximum d’intéractivité que propose le logiciel.

    3. L’expérimentation
      1. Un cours " traditionnel "
      2. En accord avec les réponses au questionnaire de première (cf. IV. 1) a) il a été décidé de traiter, sans présentation Power Point, un cours sur la tension électrique. Ce cours eut lieu au premier trimestre et les séquences vidéos fournies en Annexes ont été enregistrées 30 minutes après le début du cours( vendredi :13H30-14H30). La première demi-heure ayant été consacrée à une correction d’exercice et à un rappel des notions nécessaires de la leçon précédente.

        En visualisant ces cinq extraits vidéos on peut remarquer :

        • deux élèves au second rang en train de discuter, ils sont presque tourner l’un vers l’autre
        • au second puis au premier rang, des élèves soutiennent leur tête avec leur main
        • 2 groupes devant se mettent à discuter

        • Devant 2 élèves se tiennent successivement la tête
        • Un groupe d’élèves discute au fond

        • Phase de copie du cours : pendant 2 minutes 2 élèves devant à droite ne cessent de discuter puis la table de derrière prend la relève

        • Présentation d’un montage : les élèves sont " ailleurs ", certains discutent entre eux

        • Des élèves devant discutent entre eux, ils semblent se poser des questions
        • Au fond le même groupe d’élèves que précédemment continue à discuter

        Globalement on peut constater que la majorité des élèves n’est pas parfaitement attentive pendant ce cours. Cependant on ne peut pas dire qu’ils sont franchement " endormis " et outre des discussions et des postures corporelles relâchées (avachissements, maintient de la tête avec la main) on a du mal à retrouver les critères du manque d’attention(cf. II. 3)).

         

      3. Cours avec l’utilisation de la Pré.A.O.
        1. Outil d’analyse : un questionnaire
        2. En fin de premier trimestre une présentation ayant pour objectif d’introduire la notion de mole et de quantité de matière a été présentée aux élèves (cf. Annexes p.* : Mole). La tache avait été donnée aux élèves de prendre en notes ce qui leur semblait important et digne de figurer dans leur cahier de cours. Suite à cette présentation, un questionnaire " surprise " leur a été distribué. Ce questionnaire fut rapidement rempli en classe et son compte rendu est fait en Annexes. (cf. p.*)

          Il est nécessaire de rappeler que ce questionnaire n’a pas pour but de déterminer si les élèves ont bien compris mais s’ils étaient attentifs au moment de la présentation.

          Face à ces résultats, force est de constater que l’ensemble de la classe est en position de vigilance lors de l’utilisation de la Pré.A.O. et les différents stimuli visuels et sonores ont plutôt bien été captés.

          Il y a cependant une petite ombre au tableau concernant la question 4):, puisqu’elle ne remporte que 14 % des réponses justes. Si on visualise la présentation correspondante, on s’aperçoit que la question fait référence à une diapositive ayant un fond sonore et que le bruitage correspondant se noie dedans. De plus le bruitage auquel il fait allusion est difficilement descriptible (un carillon était la réponse à donner) et, peut-être, que si certains se sont trompés c’est que le cerveau n’a pu trouver à quel objet ce bruitage faisait référence.

          Aussi je ne pense pas que, malgré ce faible pourcentage de réponses justes, il faille remettre en question l’utilisation des bruitages. Comme en témoigne la partie qui suit, ils peuvent être très efficaces lorsqu’il s’agit de " rappeler à l’ordre " des élèves devenus moins vigilants.

        3. Outil d’analyse : la vidéo
        4. Lors de cette présentation qui eut lieu au milieu du second trimestre ( un vendredi après-midi), il s’agissait d’un cours-TP sur les alcanes (cf. Annexes p.*). La classe était donc séparée en deux groupes. Pendant cette leçon, les élèves complètent une feuille et manipulent des modèles moléculaires.

          En visualisant ces quatre extraits vidéos on peut remarquer :

          • Elèves tournés vers le tableau
          • La prise de notes se fait au " top " des bruitages d’animation

          • Bien que 2 élèves discutent (apparemment de la leçon) leur corps est tourné véritablement tourné vers l’origine des informations

          • Le regard est fixe et soutenu
          • Lors de la prise de notes les têtes se relèvent en fonction des bruitages de la présentation qui soulignent les points importants.

          • La lumière est revenue, la présentation est arrêtée pendant 5 minutes : au fond à droite 2 élèves recommencent à discuter mais sinon l’ensemble du groupe reste concentré.

          De façon globale, on constate que les élèves sont plutôt attentifs. L’utilisation de la Pré.A.O. semble captiver leur attention.

          Cependant gardons à l’esprit qu’il s’agissait d’un cours-TP. C’est à dire que les élèves, contrairement au cours sur la tension électrique, manipulaient des modèles moléculaires ce qui a, pour le moins, un aspect ludique à leurs yeux.

          Par contre, pendant les phases d’explications, lorsqu’ils ne manipulent pas, on remarque qu’ils sont véritablement tournés vers la source d’informations, leur regard est fixe :ils sont donc en position d’écoute. Même lorsque, chez certains, la vigilance commence à baisser, les bruitages impromptus du diaporama attirent à nouveau leur attention.( cf. ‘avec2’ ; 45s.ci-dessus) pour les replacer dans le vif du sujet.

          Un autre aspect intéressant, qui n’apparaît pas sur la vidéo, c’est qu’au cours de cette leçon les élèves apprenaient les conventions de représentation des molécules en trois dimensions. Au moment de la correction, lorsqu’étape par étape la molécule se dessinait automatiquement au tableau, il fut possible à l’aide d’un modèle moléculaire de comparer la représentation en 2D à celle en 3D, explications à l’appui. Il est certain que cela aurait été possible sans l’utilisation de Power Point - comme il aurait été possible de vivre jusqu’à présent sans l’eau courante – mais cela facilite bien les choses !

      4. Lorsqu’un élève a été absent
      5. Pour la présentation ‘Synthèse mole’ (Cf. Annexes p. *) il était prévu initialement d’enregistrer son déroulement avec la caméra, malheureusement un problème technique l’a empêché. Cependant une élève ayant été absente ce jour-là, il fut décidé de saisir cette opportunité afin de tester les possibilité de Power Point lors d’une utilisation " en différée ". En effet, comme à chaque fois qu’une présentation est faite, elle est mise sur le réseau du lycée à disposition des élèves. C’est cette consultation en salle informatique par l’élève absente qui a été filmée, nous pouvons observer :

        • L’élève compare la feuille à trous à son écran
        • Elle tient sa tête avec la main
        • Son regard est fixe et ses paupières ne clignent pas
        • Sa stature est plutôt rigide et tournée vers l’écran

        Apparemment, cette fois-ci on retrouve peu des signes de l’attention. Pour être précis, il s’agirait davantage des signes de la concentration (Cf. II. 1) b), l’élève est captivée par son écran mais n’est pas pour autant en position de vigilance absolue. C’est sans nul doute une caractéristique propre à l’utilisation individuelle de l’informatique : l’utilisateur est totalement dans ce qu’il fait, son cerveau s’est consciemment isolé de l’extérieur. Ne vous êtes-vous jamais laissé " prendre " par un travail informatique à un tel point que vous en ayez perdu la notion du temps ou que vous en ayez oublié de manger ? Concernant le thème de ce mémoire nous n’irons pas plus loin dans cette voie car c’est le mécanisme de l’attention qui nous intéresse.

        Bien qu’utilisé dans le but principal d’aider l’élève, nous avons vu jusqu’à présent quelle utilisation de la Pré.A.O. pouvait être faite par l’enseignant, mais quand est-il de l’élève ?

      6. Présentations réalisées par les élèves
      7. Dans la mesure où l’utilisation de la Pré.A.O. n’est guère plus compliquée que cette d’un traitement de texte et que son aspect multimédia n’est pas pour déplaire aux élèves, pourquoi ne pas leur faire réaliser leur propre présentation Power Point ? L’idée qui se présente ici s’éloigne apparemment un peu du thème initial de ce mémoire mais le meilleur moyen de rendre des élèves attentifs n’est - il pas de les rendre acteurs de leur formation ?

        L’idée était donc, pendant une séance de TP, de faire travailler chacun des deux groupes sur un thème différent pendant 1H30. Pendant cette première phase expérimentale, chaque groupe informé qu’il devait réalisé la semaine suivante le compte rendu de son TP avec le logiciel de Pré.A.O. prenait en note les points importants des manipulations et préparait schémas, tableau de mesures ou petits extraits vidéos(lorsqu’il estimait qu’un phénomène était trop compliqué à dessiner). Au cours de la seconde séance qui avait lieu en salle informatique, chaque groupe se séparait en binômes ou trinômes et réalisait une partie de la présentation finale sur son ordinateur.

        Ce qui est sûr c’est que jamais de tout l’année la classe investit un TP avec autant d’entrain et de bonne volonté ! Une sorte d’esprit de compétition semblait pousser chacun des groupes à se surpasser et c’est certainement un soucis de perfection qui les empêcha de terminer à la fin de la seconde séance. La salle informatique étant en accès libre ils ne manifestèrent aucun désaccord pour prendre sur leur temps libre et terminer avant le vendredi suivant leur présentation. Le gros avantage des ordinateurs montés en réseau c’est qu’au cours de la seconde séance, il fut possible de faire partager au groupe entier, via un vidéoprojecteur relié à l’ordinateur- professeur, des avancements de chaque binôme ce qui conforte l’esprit de travail en équipe.

        Les deux produits finis furent exploités en classe où chaque élève possédait une photocopie reprenant les miniatures des diapositives des 2 présentations (cf. ‘Tp groupe1’ et ‘TP groupe2’ p.*) afin de suivre et compléter le cas échéant.

        Cette expérience fut très largement positive. Les élèves furent, tout au long de ces 2 séances, particulièrement impliqués (donc attentifs ?) dans leur travail, cette activité supplémentaire n’entraîna pas de retard notable dans la progression puisque 2 TPs ont été traités sur 2 semaines. Par contre, en procédant de la sorte, chaque élève manipule deux fois moins puisqu’il n’assiste pas à l’un des travaux pratiques, ceci est sans aucun doute dommageable et doit être évité. Aussi, dans l’idée de continuer avec ce principe de compte-rendu il faudrait que les élèves travaillent sur ordinateur pendant leur temps libre, ce qui peut s’envisager dans la mesure où ils connaissent le logiciel dans ses grandes lignes.

      8. L’avis des élèves
      9. Avant de réaliser leur propre présentation un questionnaire à remplir à la maison a été donné aux élèves Ce dernier ainsi que ses résultats figurent en Annexes (Cf. p. *). On notera que globalement l’utilisation de la Pré.A.O. est bien perçue par les élèves mais qu’elle ne les surprend pas pour autant. D’autre part, certains sont tout à fait conscients qu’une utilisation systématique ferait perdre toute saveur à cet outil informatique (Cf. Bilan) et ils ne sont donc pas pour son utilisation à chaque leçon.

  8. Bilan
  9. A l’heure de conclure, il me semble important de rappeler, même si parfois on s’en est un peu éloigné, le fil conducteur qui a été suivi au cours de cette année pour cette expérimentation : étudier l’impact de la présentation assistée par ordinateur sur l’attention des élèves en classe.

    1. Bon coté des choses
    2. Comme cela a pu être observé, la Pré.A.O. à un effet favorable par différents cotés :

      1. La classe est véritablement plus intéressée pendant son utilisation. Même lorsque la vigilance diminue, l’usage des bruitages permet de refixer l’attention des élèves.
      2. Par l’utilisation des animations, l’élève a pu davantage s’approprier des concepts difficiles, souvent décourageants et donc délaissés par ceux en difficulté. Bien que cet aspect semble appartenir plutôt au domaine de la compréhension, rappelons que dans les mécanismes de l’attention c’est, entre autres, les informations dites " utiles " (Cf. II. 2) b) qui captent notre intérêt.
      3. L’animation ainsi que les sons et les représentations iconographiques offrent l’avantage de créer un lien plus personnel avec l’élève. Le couple de psychologues Damazio à montré dans ses travaux que : on retient ce qui nous émeut. C’est ce phénomène qui, poussait à son extrême, se retrouve dans les madeleines chères à Marcel Proust. Ce critère de l’émotion, nous l’avons rencontré dans le fonctionnement de l’attention (Cf. II. 2) a) mais ici on s’aperçoit aussi de son impact dans le fonctionnement de la mémoire.
      4. Par sa nature informatique, elle est facilement duplicable et peut ainsi être mise à disposition des élèves sur le réseau de l’établissement. Cela permet, non seulement aux élèves absents de rattraper un cours en se plaçant dans les mêmes conditions que leurs autres camarades, mais aussi de leur faire bénéficier du support original de l’enseignant qui devrait présenter (en théorie) les caractéristiques de lisibilité, d’exactitude et de concision.
      5. Elle assure à l’élève un cours structuré, hiérarchisé et complet. En effet, une fois que l’enseignant a préparé sa présentation, il n’a plus qu’à se laisser guider par son plan ce qui lui évite donc de s’égarer ou bien d’oublier certains points. Ainsi, il mènera sa leçon de façon aussi proche que celle qu’il avait prévue.
      6. Elle permet aux élèves, par un contact ludique et convivial, de réaliser facilement leur propre présentation multimédia et donc de devenir eux-mêmes les acteurs de leur formation. A ce sujet citons Françoise Reitz, conseillère pédagogique :
      7. De manière plus générale, sa mise en œuvre ne présentant pas de difficultés majeures, auteur et acteur peuvent concentrer leurs efforts davantage sur les contenus.

      8. Son domaine d’application n’est pas exclusive aux sciences physiques, elle peut être utilisée dans toutes les matières.
    3. Quelques ombres…
    4. Cependant des limites à son utilisation sont apparues :

      1. Sur le plan technique, les vidéoprojecteurs (meilleur périphérique de sortie pour la Pré.A.O. ) qui existent dans les établissements ne délivrent pas une image suffisamment contrastée et une semi-pénombre (avec les inconvénients de discipline que cela engendre Cf. IV. 1) c) est nécessaire pour leur utilisation. Les progrès techniques résoudront cet inconvénient à l’avenir.
      2. Lors d’une utilisation individuelle, malgré l’intéractivité apparente, les choix de l’utilisateur sont sous forme de Q.C.M. Il ne peut donc aller réellement où il veut, les réponses ne sont pas ouvertes.
      3. Parce que préparées à l’avance, les présentations sont souvent rigides et bien que, tels des rails, elles évitent à l’enseignant de s’égarer, elles empêchent pour la même raison de sortir des chemins battus et limitent donc la liberté de l’exposé. Le risque est alors d’assommer son auditoire si rien ne vient rompre l’enchaînement des écrans.
      4. Elle n’apporte pas non plus de solutions miracles à la pédagogie de l’exposé : Quelle doit être la structure des diapositives ? Doivent-elles comporter les points importants du plan ou développer chacun des thèmes ? Comment éviter que les élèves se concentrent uniquement sur la lecture des transparents ? Autant de questions auxquelles il reste à répondre ?
      5. Inhérent à la représentation de phénomènes complexes, se pose le problème de la symbolisation. De deux choses l’une, soit l’image est une représentation exacte et alors le phénomène garde toute sa complexité, soit cette image est simplifiée ce qui la rend forcément fausse. Il est donc nécessaire de réaliser un compromis tout en gardant à l’esprit qu’à trop se rapprocher de la simplification on touche à l’affectif et l’émotionnel et on risque d’ajouter des faux concepts aux représentations mentales de l’élève.
      6. A une époque où l’on ne cesse de parler de multimédia, de renouvellement rapide des loisirs, où on propose plus de trente chaînes télévisées, il est à craindre que la Pré.A.O. renforce " l’incrustation " des élèves dans cette nouvelle génération, dite " génération zapping ". La question qui se pose alors est : " Doit-on d’adapter à ce phénomène ou bien vaut-il mieux rééduquer les élèves en leur apprenant, entre autre, la patience et à s’impliquer dans leurs activités ? "
    5. Conclusion
    6. La Pré.A.O. n’est pas la panacée. Elle n’est surtout pas le meilleur support pédagogique pour l’enseignant ou en tout cas ne doit pas le devenir. Elle ne représente qu’un progrès technique et n’est qu’un moyen de faire un peu mieux ou un peu plus facilement ce que l’on savait déjà faire. A l’évidence elle a un réel impact sur l’attention des élèves mais dans la mesure où son usage reste ponctuel et non systématique. Son emploi sera d’autant plus efficace qu’il s’insérera dans l’utilisation diversifiée des autres supports pédagogiques.

      Principalement manipulée dans ce mémoire, en classe ou pour le compte rendu de TP, la présentation assistée par ordinateur offre de nombreuses autres possibilités telles que: la réalisation de bornes d’informations interactives dans un établissement, la préparation d’expositions, la correspondance multimédia dans les échanges scolaires.

      D’autres applications sont à inventer…

 

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