Serge Francotte
Rue du Prince, 35
4032 Chênée
Chênée, le 7 décembre 2000.
Lettre ouverte à ceux qui,
comme moi, s’interrogent sur les réformes
Chers Collègues,
Je viens de
terminer un article paru dans le journal Le Soir qui annonce
fièrement : Voici, en primeur, le décret qui sera ficelé et présenté la
semaine prochaine au
gouvernement – Des écoles supérieures des arts dès septembre 2001. Je dois
bien avouer qu’après lecture, je n’en sais pas beaucoup plus sur ce décret, qui
doit pourtant régler les questions d’organisation, de financement,
d’encadrement et de statuts, et j’en passe ! Mais pourquoi se
préoccuper de dispositions qui concernent les conservatoires royaux et
non les académies, me direz-vous ? Parce que ce n’est à mon
sens ni un hasard si la consultation est quasi nulle pour ce qui se rapporte à
l’élaboration dudit décret (rappelons-nous le peu de cas qui a été fait de
notre avis pour le décret de 98 concernant les académies), ni un hasard si le
pouvoir politique saucissonne les problèmes et élude le lien presque organique
qui existe entre les académies et les conservatoires. Le sort en est
jeté : tout ce qui concerne les arts est décidé dans des bureaux et tenu
soigneusement à l’écart des réflexions de ceux qui les vivent au jour le jour.
Et pourtant … profs en académies, profs au conservatoire, concertistes,
musiciens d’orchestre, comédiens, danseurs, n’avons-nous pas des propositions
communes à formuler sur la place des arts dans notre société, et donc sur la
manière dont on les enseigne ? Je pense que si cette prise de
conscience est possible, rien n’est fait à l’heure des actuelles réformes –
pourtant fondamentales – pour favoriser son développement.
Ces quelques considérations posées, je note qu’un frémissement significatif gagne nos institutions. Que dire des deux pétitions qui ont circulé récemment, toutes deux écrites de manière spontanée par des profs et des étudiants qui n’ont conçu qu’après la nécessité de s’organiser pour leur donner un débouché concret ? Que dire de la création d’un réseau de profs inter-académies, du reste sceptique – mais pas fermé – par rapport aux structures de participation existantes ? Que dire des débats qui ont maintes fois animé les réunions de conseil pédagogique dans différents établissements ? Que dire de l’inquiétude manifestée par les étudiants du conservatoire ? Que dire des articles dans les journaux et magazines ? Que dire des sagas juridiques ? Que dire de l’acceptation du changement mais du refus d’une baisse de qualité par des enseignants dont la maturité ne peut qu’impressionner ?
Ayant été contacté par des personnes appartenant à des réseaux d’action différents, je crois pourvoir affirmer qu’un besoin d’agir – constructivement – est présent et ne demande qu’à se structurer sur une base qui laisse à chacun son autonomie et sa liberté (on n’est pas artiste pour rien !). Dans ce cadre, je ferai de mon mieux pour soutenir ce qui existe (j’ai accepté, par exemple, d’être « prof-relais » dans le jeune réseau inter-académies) et aussi pour apporter ma pierre à l’édifice. Si vous avez besoin d’infos, j’essayerai de vous donner toutes celles que j’ai en ma possession. Par ailleurs, voici trois initiatives que j’ai prises parce qu’elles me semblent pouvoir aider au débat et à la réflexion :
Peut-être d’autres que moi auront-ils de meilleures idées … Je reste en tout cas disponible pour d’autres initiatives que celles qui ont déjà été proposées, en souhaitant que les énergies se rassemblent dans une spontanéité qui, si elle trouve les moyens de se propager, me paraît de bonne augure. Les multiples démarches effectuées par différents professeurs, auxquels je me joins aujourd’hui avec mes atouts et mes attentes, sont de nature à enrayer une lassitude compréhensible mais dangereuse. Ouvrons le débat, faisons tomber les cloisons, cherchons l’étincelle qui ne change pas tout mais bien l’essentiel. C’est en tout cas mon souhait pour notre enseignement, et pourquoi pas pour l’année nouvelle, puisque l’époque des vœux n’est pas loin. En effet, attendre un an de plus pour réagir n’aurait vraiment pas de sens.
L’enseignement musical, conservatoires et académies, garde sa pertinence à l’aube du troisième millénaire. Je crains – ou dois-je plutôt me réjouir ? - que son avenir ne dépende en partie de nous, aujourd’hui.
Serge
Francotte.
Pour me contacter, me transmettre des documents, me poser des questions, me demander une aide ou m’en proposer, voici mes coordonnées :
Professeur à l’académie de Chênée et à l’académie Grétry
Rue du Prince, 35 – 4032 Liège (Chênée)
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Ma page web consacrée aux
questions relatives à l’enseignement musical en Belgique francophone : www.multimania.com/sfrancotte/prio3.html
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