The Crow
Eric Draven (Brandon Lee) et sa fiancée sont brutalement assassinés chez eux par un gang de criminels notoires. Un an aprés leur mort, un mystèrieux corbeau ressuscite Eric de sa tombe et le ramène sur les lieux de l'assassinat. Doté de pouvoirs surnaturels et d'une vision exceptionnelle, Eric va se venger de ses agresseurs qui mettent la ville à feu et à sang.





Le tournage du film commença le premier février 1993, le jour des vingt huit ans de Brandon. Les scènes dans l'appartement d'Eric et Shelley avaient été reportées à la dernière semaine, permettant à Brandon de travailler sans maquillage. Mais dès le début la production semble être frappée par une malédiction: un technicien se brûle avec un fil électrique, un autre rentre dans les décors avec sa voiture, un camion prend feu, un décorateur s'enfonce un tournevis dans la main et un attaché de presse se fait renverser sur le plateau, le tout dans des conditions atmosphériques des plus mauvaises. Cette malchance devient même un sujet de plaisanterie sur les autres plateaux, où tout le monde attend avec impatience de savoir quelle nouvelle tuile va tomber sur l'équipe de The Crow. Tout cela amuse beaucoup Brandon Lee qui confie alors à des amis inquiets "ne vous en faites pas: l'équipe technique sait ce qu'elle fait. Personne ne s'est jamais fait de mal sur ces films!". Le comédien sera pourtant la victime suivante de cette série de coups du sort. Dans la nuit du 31 mars, il fût blessé sur le plateau du loft aux studios Carolco, alors qu'il était en train de tourner la fameuse scène où il arrive chez lui et que Shelly sa fiançée se fait violer, il tente d'intervenir mais se fait tirer dessus par un des voyous. C'est cette scène qui lui sera fatale, transporté d'urgence à l'hôpital Wilmington, il subit une opération qui durera plusieurs heures, mais en vain la mort aura raison de lui. La production ferma sur l'ordre du FBI pour enquête et saisit la bobine ou figurait la scène maudite. Aprés l'enquête le verdict était "mort accidentelle" par négligence de l'accessoiriste qui avait oublié de nettoyer l'arme, dans tous les cas c'est la version de la police qui n'est pas discutable, même si l'on n'est pas du même avis on n'a pas le choix.
Maintenant la production et le réalisateur se posaient cette question: devons nous continuer?
C'était insupportable, se rappelait Pressman le producteur. La première réaction d'Alex Proyas fut qu'on ne pouvait pas continuer. C'était terminé. Linda la mère de Brandon et sa fiançée Eliza Hutton encouragèrent de finir le film qui lui tenait tant à coeur. Il fallait finir pour sauver l'héritage de Brandon, de plus la performance était réalisée et il en était fier. Continuer oui, mais comment? déjà dans un premier temps la décision fut prise de détruire la pellicule où figurait la mort de Brandon. Puis il fallut remanier le scénario et faire appel à des moyens techniques pour finir les scènes que Brandon n'avait pas eu le temps de tourner. Quand il décéda il ne restait pas plus d'une semaine de tournage et uniquement les scènes dans l'appartement ou Brandon devait figurer sans maquillage, ce qui simplifia la chose, c'est que les jours précédents son décès, il avait tourné toutes les scènes de flash-back avec l'actrice Sofia Shinas. Sept scènes exactement allaient être réalisées sans Brandon et pourtant, celles-ci serviraient à compléter son propre rôle. Quatre d'entre elles feraient appel à un trucage numérique d'un logiciel appelé Matador qui consiste à extraire la silhouette de Brandon et de l'incruster dans de nouvelles scènes tournées à cette effet ou de reprendre uniquement le visage sur le corps d'une doublure comme la fameuse scène de le fenêtre où il apparait. Les autres scènes seront réalisées plus simplement avec Chad Stahelski le cascadeur doublure de Brandon, qui le remplacera grâce à sa silhouette identique et dont on ne verra jamais le visage. Une fois toutes ces scènes bouclées, Alex Proyas allait pouvoir commencer le montage. Mais beaucoup de choses avaient changé avec la mort de Brandon et cela obligeait un certain remaniement, voire même à couper certaines scènes.


Un rôle fut même complètement coupé au montage, c'était celui du messager de la mort joué par Michael Berryman, son personnage l'origine des pouvoirs surnaturels d'Eric Draven et permettait de comprendre un peu mieux la vraie nature du personnage d'Eric Draven revenant des ténèbres. Autre scène qui fut coupée et d'autant plus importante celle-ci, puisque Brandon y figurait, c'est le moment où Eric blesse Funboy à la jambe et le tire inconscient dans la salle de bains où Darla se cache, armée d'un rasoir. Eric le met dans la baignoire et face à Darla, sur laquelle il utilise ses pouvoirs guérisseurs pour expulser la morphine de ses veines. Aprés que Darla s'enfuit en courant hors de l'appartement, Eric examine une des seringues de Funboy, à ce moment la scène est coupée. Ce que nous ne voyons pas c'est le drogué furieux qui l'attaque lâchement par derrière, en brandissant le rasoir abandonné sur le sol de la salle de bains. Le combat commence à la porte quand Eric ramasse la seringue. Funboy lui lacère le dos, le faisant tomber à genoux. Eric est sonné, souffrant énormément, Funboy saisit un gros sac de cocaine et l'hinale. Etonnement les blessures d'Eric ne cicatrisent pas, c'est le résultat de son intervention sur Darla, intervention sur le monde des vivants. Funboy totalement shooté saute sur Eric et recommence à le lacérer. Eric roule sur le dos, détournant les attaques avec ses bras qui sont coupés. Funboy essaye de lacérer le visage et le cou d'Eric, qui le repousse et ils luttent sur le sol. Eric finalement le repousse contre les meubles et le désarme. Le drogué essaye de récupérer son revolver, mais Eric l'assomme, puis ramasse à nouveau la seringue. Le combat au rasoir devait obliger Eric à utiliser du chaterton noir comme bandage rudimentaire. Ce détail vestimentaire est tiré de la bande dessinée, dans laquelle Eric se coupe les bras avec un rasoir, pendant une pèriode de desespoir. Les blessures étant des automutilations, elles ne cicatrisent pas et doivent être bandées. Du coup les bandages apparaissent dans le film sans raison, mais respecte le look du personnage d'origine. Alex Proyas explique qu'il a coupé cette scène pour adoucir le film qui était déjà assez noir, surtout en raison des évènements.


"Je ne sais pas si j'étais destiné à jouer ce rôle mais j'ai beaucoup de chance à le faire. Dans le film le corbeau, tu peux simplement le considérer comme un guide, presqu'un morceau de sa propre personnalité qui le guide à revenir dans sa vie et lui rappelle qui il était et ce qui lui est arrivé. C'est une personne qui a été poussée jusqu'aux limites de sa capacité de maitriser les évènements. Dans un sens c'est complètement démentiel, vous pouvez presque penser à une personne folle entendant des voix, des voix plus rationnelles qui essaient de le guider, des voix plus irrationnelles venant des profondeurs de l'intèrieur. Je pense que le corbeau est cette voix rationnelle, le corbeau aide Eric à entreprendre ce qu'il a, à faire dans un sens trés pratique, il le guide à l'endroit où il doit être, il l'aide à trouver les gens qu'il doit rencontrer. C'est une histoire de justice, sa mission est de retrouver les hommes qui les ont tué, lui et sa fiancée, et de se venger. C'est un rôle merveilleux à prendre sans restriction, une merveilleuse opportunité d'agir à sa guise, car personne ne peut dire comment va se comporter un être qui revient de l'au delà, aucune règle à respecter. Une part de lui est pleine de rage, il est déchiré d'une façon horrible, émotionnellement et physiquement. Je pense que la mission d'Eric est trés pure, il est revenu chercher justice. J'ai fait d'autres films où il y avait de la violence, mais je dois dire que je n'ai jamais rien fait où j'ai senti que celle ci était justifiée. On n'a pas besoin de se préocuper de la compassion, c'est de la justice. Je pense sincèrement que c'en est et si j'étais dans la même situation j'agirais surement de la même façon. Il y a une chose qu'il doit faire et il est obligé de laisser de côté sa propre douleur assez longtemps pour accomplir son devoir. Ce film traite de l'équilibre entre le bien et le mal. C'est le point de vue du personnage tout au long du film, parce qu'il a compris d'une façon brutale combien était précieux chaque moment de sa vie. C'est le meilleur rôle de ma carrière que j'ai pu avoir pour le moment".


Ce rôle sera le dernier et forcément le meilleur, car lui non plus n'a pas eu le temps de nous montrer toutes les facettes de son talent. Brandon avait déjà signé le contrat pour The Crow, The Crow 2, et The Crow 3. Les films existent bien mais ce qui faisait le charme du premier s'est perdu au fil des suites.