Novèlas de la seccion informala de la GRQM a Dunquèrc Nouvelles de la section informelle de la G.R.Q.M. à Dunkerque


Olivier Decool

J’avais lancé l’idée de repas-débat sur la péni-che Mosaïque à Dunke-rque. Il y a eu quelques diman-ches sympathiques. Une journée Chiapas avec des amis Belges + un atelier rommelpot. Une journée “urbanisme-démocratie” sur les projets foireux de Delebarre, débat très mouvementé avec fortes pressions de la municipalité pour l’empêcher, pour que les architectes ne viennent pas (ils ont réussi : ils ne sont pas venus). Le débat a eu lieu, ce qui devait être dit a été dit et nous sommes deux à nous être retrouvés au chômage !

 Le problème principal rencontré étant la faible mobilisation sur les quartiers concernés, que nous n’habitons pas. Il devient facile alors de nous traiter de “manipulateurs”.
 
C’est aussi tout le problème du statut “sociocul” ou analogue. A mon avis difficile d’être “payé par ses ennemis” pour soi-disant être au service de la prise de parole du “prenons notre vie en mains” etc...
 
Il y a contradiction. Je le savais déjà mais c’est une bonne leçon (il faut se prendre la claque pour bien comprendre). Donc changement d’optique. Il faut créer, s’implanter là où l’on est, sur son quartier.
 
C’est donc ce que j’entame maintenant avec l’idée de relier mon quartier aux autres, aux autres villes, au monde. Prouver que l’on peut changer la vie ici et bénéficier des expériences ailleurs, etc.
 
Concrètement : le quartier Bayard à St. Pol-sur-Mer près de Dunkerque est un quartier excentré par rapport au “centre” (tout relatif) de St.Pol. St.Pol étant la “banlieue” (toute relative aussi) de Dunkerque. Quartier ouvrier, arrosé par les fumées et poussières sidérurgiques de Sollac, 1/4 de votes Front National mais pas de militants visibles sur le terrain.
 

Notre atout : contrairement à d’autres, ce n’est pas un quartier trop dégradé, l’architecture y est humaine, pas de délinquance marquée et d’immenses (tout relatif) espaces verts au pied des immeubles. Et cela c’est intéressant. Notre “plaine” on peut tout y faire : des repas de quartiers, des spectacles, des constructions éphémères ou durables. Cette “plaine” peut devenir un espace de liberté, de créativité, de démocratie. D’autant plus que des projets sont en cours pour en faire un “Parc Urbain”.
 
Notre boulot va donc être de déplacer le centre-ville chez nous ! D’en faire le lieu qui bouge, où bougent les esprits, un lieu attractif puisque rempli d’attractions : nous. Un champ où l’on fait pousser... les idées. Pour ce faire nous lançons un atelier “théâtre-prise de parole” afin de monter un spectacle. L’idée étant toujours que tous créent eux-mêmes leurs textes, leurs histoires, que ce spectacle ait une qualité telle qu’il soit présentable, exportable (?), avec un impact au moins sur la région. Avec représentations régulières sur la Plaine.
 
Nous avons aussi réalisé de grands panneaux peints "images + slogans" sur des tissus (NDLR : voir page 56), qui sont “comme des voiles pour faire bouger la terre” dixit un gamin du quartier. Ces panneaux peuvent être mis sur perches, accrochés aux arbres, aux grillages, ils sont le décor en perpétuelle évolution d’un forum itinérant et permanent qui va circuler sur les marchés, sur la plage, les terrains vagues, les places.
 
Afin de faire connaître nos actions, nos projets découvrir ceux des autres et les autres. Et de lier tout cela à l’échelle de notre région dunkerquoise. En définitive, il s’agit là de créer du débat, de la démocratie (urgence!) de sauter les frontières entre villes (guerre des quartiers qui commence ici  !).
 
Un autre moyen sera les soirées “A Noste Kée !“, ( qui veut dire : à une autre fois, à la prochaine). L’idée est la suivante. Plutôt que d’organiser de simples spectacles avec notre groupe “Roody Kram-peut”, nous allons poursuivre la soirée avec un “débat-spectacle” sur la vie locale, pour mettre sur la table tout ce qui n’aura pas encore été abordé pendant le spectacle proprement dit. avec pour objectif: “cher public, vous ne ressortirez pas d’ici avant d’avoir vous-mêmes créé une chanson”. Le Karaoké c’est dépassé, venez aux soirées A Noste Kée !
 
Dans le même esprit je suis en train de finir une BD de 60 pages intitulée... “A Noste Kée !” qui précisera beaucoup de choses, elle reprend des morceaux des anciens numéros déjà envoyés mais plus structurés et surtout DK (Dunkerque) PANTE! Je crois que Baudis, pardon, Delebarre appréciera...
 
J’ai oublié de vous parler (aussi sur la Plaine) des projets CARTONISTES. Nous avons réalisé à Carnaval dernier un géant : Vulbak 1er (Vulbak veut dire poubelle en flamand). Il sortait d’une poubelle bleue (recyclage) de 3 mètres de haut ! Et c’était le 1er géant mobile. Sa tête tournait, ses deux bras aussi et sa bouche s’ouvrait. Voici ci-joint la chanson,  sur un air trad, qui allait avec.
 
Nous allons continuer (ces attractions) avec pour Pâques une Poule Aux Oeufs d’Or (à ne pas tuer), un village de yourtes, tipis, cabanes en tout genre... qui seront à chaque fois des occasions de nous retrouver et discuter, (repas de quartier).

 



 
 

Couplets (par 2) :
J’ai mis dans ma poubell’ bleue
plastiq’ et bouteill’ de verreu
du rouge du jaune et du rosé
Attention ne pas gerber !

J’ai mis dans ma poubell’ bleue
y en a qui trouvent ça vulgaireu
un vieux mot qu’est pas français
pour les turlupiner.

Refrain :
Si tu vois pas qu’est-ce qu’on veut dire
on t’a fait mieux qu’un m’tit dessin
on fait du neuf avec l’ancien
et ça mesur’ 6 mèt ' e haut !
Vulbak ! Vulbak !
T’es pas bûch’ron corsair’ou chevalier
Vulbak ! Vulbak !
premier géant recyclé !

Couplets (par 2) :
J’ai mis dans ma poubell’ bleue
des vieux tickets d’Millionnai-reu
ptêt qu’avec ça on l’verra
passer à la télé.

J’ai mis dans ma poubell’ bleue
la band’ de Saint Pol sur Mer-eu
tout le monde peut y entrer
bouger Vulbak premier

Couplet :
J’ai mis dans poubell’ bleue
oh la la ben c’t’affaire
......................................................
......................................................
 (à vous d’inventer la suite ! )