Entre collègues, il faut s’entraider. Le samedi 10 janvier, le Guingois a ouvert la route d’une tournée de concerts de soutien à son cousin, le café musique vitrollais le Sous-Marin.
L’ami Gna-Gna tour commença à la MJC de Montluçon par un débat sur le thème “racisme et citoyenneté”. Une quarantaine de personnes est au rendez-vous. Les élus de gauche comme de droite brillent par leur absence, sauf l’élu à la culture, venu parader pendant une demi-heure entre deux rendez-vous. “La Montagne”, journal local, venu pour la photo, ne restera pas, trop pressée sans doute d’accoucher d’une souris.
En introduction, Loïc Taniou et ses comparses du Sous-Marin, nous racontent les faits, les méthodes du F.Haine pour murer leur café musique, accusé de contribuer à “développer les mauvais instincts de la jeunesse”. Ainsi que la façon de faire de SOS Racisme aidé de Lang de Blois pour récupérer le premier concert de soutien qui eut lieu à Vitrolles.
L’écoute est attentive, les responsables de Ras-le-Front
Clermont-Ferrand sont dans la salle, ils ne se déclarent plus comme
par le passé pour l’interdiction du F.N. Je les interpelle sur le
terme de “province” afin d’éclairer leurs cerveaux généreux,
mais confus. Je les retrouverai à la fin du débat pour leur
donner quelques références utiles: l’adresse de la L.I. et
le Manifeste de Félix Castan.
Déjà dix-huit heures, je raccompagne les sous-mariniers
à leur hôtel. Ils sont debout depuis cinq heures du matin
et le besoin d’un petit brin de sieste se fait sentir, une heure soixante
sur chaque oreille, pas de doute ce ne sera pas de trop pour des lève-tôt
provençaux. Rendez-vous plus tard au Guingois, pour le catring préparé
par Catherine.
La soirée de concert commence avec le duo Zorro, (guitare, basse, chant), nos deux justiciers musicaux nous emmèneront de ballades en blues espagnol suivi de près par Paco, conteur de rage à la véhémence qui fera taire les plus rétifs à l’écoute de sa faconde.
Ensuite, ce fut au tour du Hip-hop avec les Dj’s de Slam, les last poets de Pierre Leroux, avec leur discours scandé avec force et précision. Derrière, dans les loges, le Trio Bouffard s’échauffe ; vielle, cornemuse, accordéon diatonique, Anne-Lise vocalise, le trio est prêt à faire feu, prêt pour le folklore qu’ils se sont réapproprié. Avant que la vielle à roue, que Cyril diatone et que Benoît cornemuse, Patrick Bouffard expliquera aux jeunes et anciens venus nombreux ce soir là, que la musique qu’ils pratiquent n’est pas figée. Elle s’inscrit dans la vie quotidienne, et que ce n’est en aucun cas la musique du présumé bon vieux temps, chère aux dévots de la maxime “travail, famille, patrie”.
Le public est sous le charme, il danse, il ronde sur les bourrées de Malochet, Rabaterie, Le Dromadaire La Charge, etc.... pour finir en chœur sur les Trois Petites Notes de Musique.
Voilà un exemple concret d’implication militante, à mille lieues du discours de l’Echo des Côtelettes qui n’est pour le moment qu’un outil de promotion, mais qui souhaitons-le, évoluera vers la réflexion. Je suis sûr que ce fanzine sera bientôt abonné à la L.I. pour nous montrer son action auprès du Sous-Marin, et sans nul doute rejoindre Jean-Marc Buge sur le concept de province. L’article paru dans la L.I. n°33, me booste à demander à tous les abonnés ce qu’ils pensent du mot “banlieue”, ce magma informe qui ceinture Paris, puisque Rambouillet, Cergy ou Malakoff n’ont bien sûr pas d’histoire, c’est la banlieue ? Ce sont des villes clones !
Province, banlieue, banlieusards, provinciaux, pecknots, ploucs
: même combat !
Décidément Paris-Centraliste, c’est loin de tout
!
Il est deux heures du matin, Lanzmann achève la partie
avec des reprises de Dutronc, pour finir dans un oaï général
avec tous les musiciens qui participent à cette soirée. Tout
le Guingois chante en chœur “Travailler c’est trop dur” ; certes, mais
quand il s’agit de lutter efficacement et sans branchimands contre le FN.
Loïc et ses compagnons sont repartis avec une galette de 12.000F.,
le Sous-Marin a fait recette au Guingois. Souhaitons leur le même
succès dans leur périple à travers les différentes
villes de France qui les accueilleront. Pour un café-musique, aller
visiter ses confrères, de ville en ville c’est une expérience
des plus enrichissantes, apprendre à connaître les autres
et leurs villes : tout le contraire de la politique mise en place par la
municipalité de Vitrolles.