C’était dans l’air depuis quelques temps, c'est aujourd’hui
chose faite. A l'occasion de la célébration des dix ans du
Parti Occitan, une réunion au sommet s’est tenue samedi 13 décembre
1997 au Bijou (Tolosa) entre Claude Sicre, responsable du secteur Musica
de l’Institut des Études Occitanes , directeur de la publication
et rédacteur en chef de la Linha Imaginòt et Jean-Marc Buge,
François Bacabe, Jean-Paul Becvort et moi-même (Jacme Gaudàs).
Au programme, la passation de pouvoir et des responsabilités, pour
les années à venir, de la revue Linha Imaginòt et
du secteur Musica de l’IEO National. Historique, état des lieux
et perspectives du mouvement.
Claude Sicre .: Donc, il y a la Linha Imaginòt,
nom d’une revue mais aussi nom d’un concept, qui a joué un
grand rôle dans un mouvement qui n’est pas structuré, volontairement.
Ensui-te il y a les éléments d’une structure qui est l’IEO
Musica, que j’ai fondé en 1983-84, parce qu’il n’y avait pas de
responsable de la musique à l’IEO. Les musiciens étaient
en dehors, il y avait eu l’ACO (Action Culturelle Occitane) à la
fin des années 70, qui n’était pas à l’IEO, qui y
était même très hostile par certains côtés
et qui regroupait les gens de musique, de théâtre, etc. Cette
Action Culturelle Occitane n’a pas fait grand chose. Ils nous ont suivi,
à nous, c’est-à-dire VVAP Toulou-se du temps où je
m’en occupais, dans une manifestation pour l’occitan à la télé
; ils avaient essayé de récupérer, mais ça
avait été très mauvais puis ça s’est cassé
la gueule tout seul. Donc, étant à l’IEO, je pensais
que c’était bien qu’il y ait une structure musicale.
Après j’ai fondé la Linha Imaginòt dans
les années 86-87 et la revue elle-même s’est formalisée
en 1990. Depuis huit ans, elle est le bulletin de l’IEO Musica et depuis
quelques années elle est aussi le bulletin de la Grande Révolution
des Quartiers du Monde.
Jacme Gaudàs.: Pourquoi rajouter cette dénomination?
C.S. : Parce qu’on avait une vision beaucoup plus large que celle
de l’Institut des Études Occitanes, on voulait rester dans ce cadre
mais l’élargir aussi un peu avec des concepts. Alors on peut dire
deux choses. On peut aller assez vite sur la Linha Imaginòt
et revenir sur l’ IEO Musica :
J’ai fondé la Linha Imaginòt en 1990. J’ai fait
une réunion avec moi-même et j’ai décidé de
faire une revue. Après j’y ai associé des gens qui voulaient
être associés. Il y en a parmi vous qui y ont travaillé,
François (Bacabe) un peu , surtout Jacme (Gaudàs) qui écrit
beaucoup dans la Linha. Pendant longtemps je m’en suis occupé tout
seul, avec des aides, mais c’était moi qui dirigeait tout et, depuis
cinq ans, Jean-Marc (Buge) est entré dans la Linha. A partir de
1992 il a fait un travail de plus en plus important, il est devenu le pilier
administratif, le gestionnaire. Le fait de renvoyer, d’attirer, collecter
des articles, faire l’impression, la diffusion, le caractère légal.
C’est lui qui a joué le rôle principal, moi restant dans celui
de directeur de la publication et de rédacteur en chef.
Alors aujourd’hui je propose que ce soit scindé. La Linha
Imaginòt reste le bulletin de l’IEO Musica mais, pour se donner
la liberté, reste le bulletin de la Grande Révolution des
Quartiers du Monde, un ectoplasme, qui n’existe pas réellement vu
qu’il n'y a pas de structure de la GRQM.
J.G. : Pourquoi cela ?
C.S. : Parce que comme il y a une passation de pouvoir directe, Jean-Marc Buge peut d’un côté être en rapport, je dis pas contrôlé mais en rapport avec l’IEO, et d’un autre, c'est lui-même qui se contrôle, qui décide des choix qu’il fait. Ça lui donne une liberté, moi je crois beaucoup aux entreprises individuelles au sein d'un collectif, je crois que c’est très important. Donc voilà, je propose que ce soit Jean-Marc Buge qui prenne la Linha Imaginòt vu que c’est le principal animateur de cette revue depuis quelques années.
J.G. : Personne ne trouvera à redire sur cette passation, sinon qu’il faut aujourd’hui peut-être l’agencer, l’organiser d’une manière plus rigoureuse encore pour alléger sa tâche et aller plus loin...
Jean-Marc Buge : Disons que j’ai été surpris quand Claude m’a proposé ça, bon c’est vrai que je fais tout un travail pour formaliser les choses, organiser, etc. Il y a quand même toute une matière première que Claude amène, qui est théorique par tout ce qu’il remue comme documentation, comme concepts. On ne peut pas s’en passer non plus...
J.G. : Qu’il laisse la Linha ne veut pas dire qu’il ne va pas continuer à produire...
J-M B. : Oui, en plus de ça il y a tout un travail de collectage d’informations en tout genre, soit une info, un article, trois fois rien parfois, ce que vous avez fait à Marseille par exemple, ça peut être très important, et j’ai aussi besoin de sentir qu’il y a d’autres gens que moi qui s’intéressent à la Linha.
J.G. : C’est bien dans ce sens là que je dis qu’il faut aller plus loin...
J.M.B. : Bon, alors j’accepte ce rôle mais voilà, je suis en plus en situation personnelle où je n'ai pas les moyens de m’investir plus que ce que je fais, j’ai aussi besoin de soutiens en tout genre...
C.S. : Il n’est pas question pour moi d’arrêter ce que
je fais. Ce que je fais c’est quoi ? Je lis, fais des notes, contacte des
gens pour la Linha Imaginòt à qui je dis d’envoyer des articles...Ce
que je ne veux plus faire, c’ est la direction et la rédaction en
chef et cela pour deux raisons. Première raison, et qui est importante,
c’est que mes relations avec l’IEO en général sont complètement
distendues et c’est un peu dramatique qu’une revue, qui est en partie la
revue de l’IEO, n’ait pas de rapport direct, fréquent et systématique
avec l’IEO national. Moi je n'ai plus le temps, je ne veux plus le faire,
j’ai trop de travail, ça me prend la tête. Je pense que le
donner à quelqu’un d’autre, recréera plus de relation. Je
ferai mon boulot normalement, ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui,
mais je ne ferai pas le boulot de direction.
Deuxièmement, moi j’ai un fonctionnement, et je pense
qu’il était obligatoire, très solitaire ; sauf qu’en étant
seul à l’IEO Musica - et je ne regrette pas d’avoir fait comme ça
- j’ai eu finalement beaucoup de contacts. J’ai un réseau de gens
avec qui je travaille qui est très grand, mais n’empêche qu’à
un certain moment, peut-être maintenant, l’étape est venue
pour un travail plus d’équipe à l’intérieur de l’IEO
Musica et en partie de la Linha. Donc ne pouvant pas le faire pour des
raisons de disponibilité, je pense que c’est mieux que quelqu’un
d’autre le fasse. Mais ce n’est pas que des raisons de disponibilité.
En continuant à faire mon travail, si quelqu’un fait le travail
que je n’ai pas fait, et bien ça va faire double. Je me souviens
qu’une fois on m’avait proposé la présidence de Carnaval
étudiant, le COCU. Je faisais déjà plein de choses
au bureau. Si j’étais président, tous les gens qui s’adressaient
déjà à moi continueraient à s’adresser à
moi, plus les gens qui s'adresseraient au président. Si moi je n’étais
pas président, il y a plein de gens qui s’adresseraient au Président
plus les gens qui s’adresseraient à moi, ça fait un éventail
plus grand. Donc là, il va y avoir l’IEO Musica avec vous, la Linha
Imaginòt avec toi, moi je ferai toujours du boulot. Ils me verront
moi, toi, vous : ça fera une pluralité d’avis, d’angles d’attaque.
Je pense que c’est bien...
François Bacabe.: Tu parles d’entreprise individuelle, mais là on est en plein dans l’addition d’entreprises individuelles, c’est à dire avec tout une somme de convergences, une somme de biographies et de capacités personnelles qui s’additionnent et ça c’est quelque chose qui s’est pas fait pour les raisons que tu as dites...
C.S. : Ce que je peux dire, c’est qu’à une certaine époque dans le mouvement occitan, j’étais à l’IEO, tout le monde n’y était pas, et à l’intérieur de la musi-que, c’est vrai que j’ai trouvé des gens qui m’ont aidé. A cette époque j'étais seul à penser ce que je pensais, castanien, réfléchissant à la musique au plus haut niveau, réfléchissant à l’Occitanie, j’étais seul... Je voyais pas des gens, on aurait dit que je parlais dans le désert, un peu comme Castan pour qui sur certaines têtes les mots traversent. Les seuls qu’on a trouvé, c’est Jacme au niveau journalistique qui avait les idées, qui travaillait, qui s’intéressait à la musique et puis Jean-Marc, qui lui ne venait pas de la musique mais qui s’intéressait à l’occitanisme. Donc il y avait une solitude, fallait créer les réseaux, les concepts, avant d’associer les gens. Chaque fois qu’il y avait des réunions pour essayer un peu de formaliser, c’était des trucs, des retours en arrière, moi je ne pouvais pas avancer d’un pas. J’aurais créé un IEO Musica démocratique, avec des gens qui auraient adhéré, venez on va voter sur la question, j’en serais a la fête du rondeau chaque année, c’était pas possible...
F.B. : Il y a quelque chose qui t’as nourri quand même, c’est le travail d’organisation fait par des gens s’inspirant des théories que tu as développées. Je pense à des gens comme Mescladis à Decazeville, c’est important, c’est le prolongement dans l’action d’une théorie. Bon, même si la formalisation théorique ne vient pas se rajouter à la tienne ou au sein d’un débat...
C.S. : Mescladis, c'est super, mais c’est récent. Quand j’ai commencé l’IEO Musica, en 84, des Mescladis il y en avait nulle part, personne ne parlait comme ça. Maintenant oui, on voit des gens reprendre les concepts qu’ils ont vu sur la Linha Imaginòt, même parfois ils viennent m’expliquer ce qu’on a dit il y a dix ans. C'est génial...
F.B. : C’est très bien, c’est la démonstration que tu ne prêches plus dans le désert...
C.S. : Oui, c’est la démonstration aussi - et j’y tiens quand même - qu’à un certain moment, pour avancer, il faut des entreprises individuelles ou de petits groupes. J’ai co-fondé le Comité de quartier d’Arnaud-Bernard, je me suis toujours dit, là il faut mettre tout le monde d’accord, donc c’est un travail de persuasion démocratique, et puis quand il y a une marge minoritaire tu te tais. Mais par contre quand tu veux faire des trucs culturels, moi j’allais pas demander à la base du Comité de quartier si je devais faire venir demain Jorge Amado dans le quartier ou pas. J'allais pas demander parce qu’il fallait qu’ils lisent les bouquins et six ans après... Tu comprends ce que je veux dire. C’est comme quand tu fais une fête, à un moment donné, tu peux pas faire une fête en demandant l’avis à tout le monde pour savoir si tu la fais ou si tu la fais pas... Il y a certaines fêtes dans le quartier où on a pu le faire parce que c’est de l’animation, mais à un certain moment donné, tu vas pas mettre au vote pour savoir si tu dois faire venir Lubat ou pas, quatre vingt dix neuf pour cent ils ne savent pas ce que fait Lubat, là t’es bien obligé d’avancer...

F.B.: Rappelle toi quand même, il y a une période où on s’est retrouvé en tout petit comité, sur Arnaud Bernard, et où ça discutait sur le travail de quartier, sur des généralités qui ont donné naissance à la conceptualisation de la Linha...
C.S.: Oui mais pas sur l’IEO Musica. Quant à la conceptualisation de la Linha c’est antécédent, si tu regardes le premier numéro, en 90, toutes les bases fondatrices y sont. Ce que je défends là c’est pour vous que je le dis. Dans le cadre de l’IEO Musica, que vous prendrez, ce que je sais, c’est qu’une petite équipe c’est bien, et que ça peut être mieux qu’un individu à un moment donné mais dans l’action culturelle c’est un grand danger. Alors si vous vous retrouvez à trois, il y a quelqu’un qui peut vous dire “oui mais vous avez pas associé la quinzaine de gens qui sont intéressés...”, comme moi on peut me dire, “tu n’as pas associé les quatre personnes...”. Hé bien moi je vous justifie par avance parce que je sais que c’est une entreprise, que c’est une personne, ou deux ou trois ou quatre, enfin un petit groupe, qui à un moment donné fait avancer les choses. Je pense pas que l’IEO, secteur Musica, et je réponds par avance à des critiques que j’ai entendues vaguement, puisse marcher à la sauce démocratique. C’est pas possible, ça ne marchera pas ! Si vous prenez tous les gens qui vont adhérer au secteur Musica, et que pour faire une action vous voulez faire une réunion de tous ces gens là, vous ne ferez rien, là c’est mon expérience qui le dit, c’est pas une théorie. En tous cas je ne regrette rien, au contraire, je pense que j’aurais rien pu faire autrement que ce que j’ai fait, et en plus je pense, très sincèrement, que je l’ai fait très bien, je suis très content de moi.
J.G. : Alors passons de la Linha à l’IEO Musica...
C.S. : Ce qu’il faut savoir, c’est que quand j’ai fondé l’IEO Musica, tous les problèmes tels qu’on les pose maintenant, la musique, la culture, ne se po-saient pas. J’ai réussi à les poser, dans la musique, parce que j’avais d’un côté une réflexion musicale et puis d’un autre la théorie de Castan. Bon, rien qu’avec ma réflexion musicale, et elle allait loin..., mais par rapport à l’articulation avec l’occitanisme c’était difficile. C’est Castan qui m’a donné quand même les concepts de base, d’ailleurs quand j'ai dit la “Linha Imaginòt”, je l’ai écrit en 86, c’était une réplique directe de ce qu’il disait, c’est lui qui parlait d’une linha qui allait de Nice à Bordeaux... Castan n’avait pas beaucoup réfléchi à la musique, encore que sur Déodat de Séverac, quand j’ai fait ma thèse il m’a appris des choses, mais disons qu’il n’avait pas de concepts musicaux. Il faut que vous lisiez, parce que l’historique est importante, faut que vous reveniez aux questions qui se posaient en 1984. Je vous assure, lisez la revue de l’IEO des années 80-84, lisez Infoc, les autres revues occitanistes tel qu’elles posaient le problème de la musique à cette époque, vous allez voir que c’est la préhistoire. Une pensée comme celle de l’IEO Musica, ça faisait figure, c’était plus grand que de l’utopie, personne ne pensait dans ces termes.
J.G. : Alors qu’est-ce qui s’est fait, que s’est-il passé ?
C.S. : Surtout des rapports avec des groupes, plein de tentatives, des rapports avec le Comité d’Organisation du Carnaval Universitaire, qui ont été des grands moments, qui nous ont amené à des carnavals de 100000, jusqu’à 150000 personnes en 1985. Le Conservatoi-re Occitan a refusé de travailler, j’étais tout seul à accepter de travailler avec la COCU, bien m’en a pris, parce que deux ans après être rentré au COCU, je partais avec eux pour chercher des groupes et parler de l’Occitanie au Brésil alors que les autres étaient dans leurs petits trucs. Les rapports avec Lubat, se sont noués en 86, à l'occasion de la fête de Larrazet. Fin 87 rencontre avec Massilia, et là François a joué un grand rôle dans la mesure où c’est lui qui nous les a présenté, qui nous a fait venir pour les écouter. Les rapports avec Massilia ont été très importants. Tout de suite après je les ai présenté à Castan, ce qui a joué un rôle très important pour ce qu’est Massilia aujourd’hui. D’ailleurs Tatou a dit récemment: “ La chance pour Massilia c’est d'avoir rencontré Sicre.” J’ai dit : "Oui, votre chance c’est d'avoir rencontré Sicre ; et la chance de Sicre c’est d’avoir rencontré Castan et d'avoir rencontré Massilia quelques années après, et donc d'avoir pu présenter Castan à Massilia". Donc la filiation s’est faite là, l’IEO Musica a joué un rôle très important pour Massilia. C’est donc la rencontre Toulouse-Marseille qui a été importante, c’est ce rapport entre deux grandes villes qui a été fondateur, là on est en plein dans Castan. Toulouse tout seul, on était faible, on avait des conceptions très faibles, et politiquement et culturellement, par contre avec Marseille ça a balayé un champ, c’était plus un truc isolé. Marseille était isolée, ils n’étaient même pas occitanistes d’ailleurs, ils étaient même anti-occitanistes parce qu’ils voyaient que des conneries chez les occitanistes. Le résultat où on en est aujourd’hui était impensable en 84 et même il y a dix ans.
Jean-Paul Becvort : Il me semble, et c’est très bien que ce soit Jean-Marc Buge - de toute façon ce n’est que la réalité - qui s’occupe de la Linha Imaginòt. Par contre je pense pas qu’il faille distendre le lien entre l’IEO Musica et la Linha. Simplement que la Linha Imagi-nòt soit aussi le porte parole de la Grande Révolution des Quartiers du Monde, et même d’autres choses qu’on sait pas aujourd’hui, tant mieux, mais qu’elle reste un organe de paroles pour le secteur Musica de l’IEO, je pense que c’est très important
C.S. : Attends, j’ai jamais dit qu’il fallait distendre les liens, je sais pas à qui tu réponds... Moi je pense qu’il faut une indépendance. Ce que je propose, c’est que la revue la Linha Imaginòt ait une indépendance par rapport au secteur Musica, c’est-à-dire qu’il y ait une personne responsable en dernière instance de tout ce qui parait, et des responsables de l’IEO Musica qui réfléchissent aussi sur les recrutements a venir.
F.B. : Ce que vous dîtes là c’est une évidence. Dans la mesure où tu étais responsable de la Linha et du secteur Musica, dans la mesure où tu te retires de l’un et de l’autre, il faut bien que ça s’incarne dans différentes personnes. Donc je reviens sur mon histoire d’addition d’entreprises individuelles.
C.S. : Non, les mêmes personnes de l’IEO Musica pourraient prendre en charge la Linha, mais je propose que ce soit séparé, je veux pas que les liens soient distendus, au contraire je souhaite qu’ils soient rapprochés mais qu’il y ait une indépendance de la revue par rapport à l’IEO Musica. C’est pour ça qu il y a deux ans, j’ai pris le parti d'ajouter à "bulletin de l’IEO Musica" : "et de la Grande Révolution des Quartiers du Monde", qui n’est pas du tout une structure. Pour fonder l’indépendance totale de la Linha. Le responsable de la Linha, en dernière instance c’est lui qui décide de tout. Je pense que ça fait une dialectique entre les deux.
F.B. : Mais est-ce que tu peux parler d’un lien structurel entre une revue et une structure qui n’en est pas une ?
C.S : Elle en est une, il faut en parler. Le responsable de la Linha Imaginòt c’est le responsable de l’IEO Musica jusqu’à aujourd’hui, c’est pour ça qu’il faut faire une séparation. Mais le responsable de l’IEO Musica c’est un élu, c’est pas un mec qui dit : “ Je prends l’IEO Musica”, c’est un élu, je suis élu par une assemblée générale, enfin jusqu’à il y a quelques années ; ça a changé maintenant. Là je vous donne les responsabilités, c’est une convenance, si le bureau en est d’accord, ça va se passer comme ça mais l’année prochaine il faudra que vous vous fassiez élire, faut pas être trop formaliste non plus... Donc quel problème ça pose ? Que normalement la Linha Imaginòt c’est la revue de l’IEO Musica, donc c’est les gens qui sont élus à l’IEO Musica qui en sont les responsables. Moi je propose une séparation et cette séparation il faudra bien la formaliser à un moment donné. Pour cette année ça va, mais l’année prochaine il faudra bien la formaliser au niveau de l’Assemblée Générale.
J.G. : Mais de quelle façon ?
C.S. : Je propose que la Linha Imaginòt soit un secteur indépendant de l’IEO Musica. Ou arrangement similaire.
J.P.B .: Ça veut dire que ce n’est plus l’organe de l’IEO Musica. Par ailleurs qu’est-ce qu’on fait avec les gens qui adhèrent à l’IEO Musica, est-ce qu’ils reçoivent la Linha de fait ?
C.S. : Jusqu’à maintenant oui, et je pense qu’il faut le continuer.
J.G. : Ça fait partie de ce qui entretient les liens.
F.B. : Après chacun est porteur de ses propres entreprises. C’est-à-dire que si quelqu’un à Toulon fait quelque chose, a-t-il besoin de l’assentiment de Gaudàs, Becvort, Bacabe, pour se revendiquer de la Linha...C’est pas du tout un label...
C.S .: Jamais, jamais je fais ça. C’est tout le contraire de ce que je veux faire. C’est un label pour certains qui se l’imaginent, mais dans la réalité moi j’ai jamais donné le label IEO Musica. L’IEO Musica c’est une partie de l’Institut d'Études Occitanes, par contre la Linha Imaginòt c’est une revue, qui est faite par des gens. Donc elle a une propriété morale, financière et administrative, parce que si tu plonges, c’est le directeur de la publication qui paye. Donc je propose que se soit Jean-Marc Buge indépendant. Il est responsable du bulletin de l’IEO Musica donc il a à travailler avec l’IEO Musica mais il y a cette nébuleuse qui s’appelle la Linha Imaginòt qui lui donne en fait tous les pleins pouvoirs. Moi j’aimerais que ça reste ça parce que ça lui donne une dialectique. Vous serez obligés de travailler ensemble mais vous serez indépendants. C’est comme ça que ça me paraît le meilleur. Faites comme vous voudrez !